Quelques amis de jeunesse approchant de la quarantaine se retrouvent à l’occasion de la venue à Paris d’une rock star québécoise, Bernadette Legranbois, qu’ils ont connu durant leur jeunesse. C’est l’occasion pour Jean-Michel, Richard, Guido, Antoine et Dany de régler quelques vieux comptes et de faire un bilan mi-doux, mi-amer de ce qui reste de leurs rêves d’adolescents. (Allocine)
Annie a la poisse. Son fiancé l’a quittée et son nouvel amant est un goujat. Lillian, sa meilleure amie, file quant à elle le parfait amour. Lorsqu’elle lui annonce son futur mariage, Annie oublie ses soucis pour se consacrer à son rôle de témoin et transformer les préparatifs en un moment magique et privilégié. Mais c’est sans compter sur les autres amies de Lillian, l’insatiable et athlétique dragueuse Megan, la candide Becca,l’ex-beauté Rita et l’ultra-snob Helen… toutes incontrôlables et décidées à donner de la voix pour imposer leurs choix dans l’organisation de l’enterrement de vie de jeune fille. Débute alors une délirante aventure…! (Allocine)
Même si elle n’est pas aberrante, la référence à Bridget Jones sur l’affiche fait quand même un tout petit peu mal au cul.
A l’origine de Mes meilleures amies (Bridesmaids en vo), il y a Judd Apatow. A l’époque, il est déjà auréolé de plusieurs succès mais 2 choses le chiffonnent : primo, on lui reproche de réaliser des films plutôt « masculins », en ce sens qu’ils s’attacheraient à décrire ou traiter de problématiques essentiellement masculines, et qui font donc la part (trop) belle aux personnages/acteurs masculins. Conjugué à ce reproche formulé par une partie de la critique, il y a le succès de Very Bad Trip, un film qu’Apatow n’affectionne pas vraiment et qu’il juge trop… « mecs » justement. Au sens virée d’une bande de mecs qui font des trucs à Vegas, la ville des virées de bandes de mecs par excellence. Je n’ai jamais vraiment compris l’aversion qu’il pouvait avoir pour ce film, même si la suite de la carrière de Todd Phillips, le réalisateur de la franchise Very Bad Trip, et notamment son horrible War Dogs sorti cette année lui a donné raison. Bon, toujours est-il qu’à ce moment là, Apatow a l’idée de produire une « vraie » comédie de filles, c’est à dire faite par, avec et pour les filles.
Il faut maintenant mettre en valeur le travail de Paul Feig, le réalisateur choisi, déjà aux manettes de la géniale série Freaks and Geeks, la première production de Judd Apatow. Simple exécutant ici (il n’est donc pas à l’initiative du projet et ne participe pas à l’écriture), Feig s’acquitte merveilleusement du cahier des charges de son producteur (film de filles + virée à Vegas) tout en le dynamitant à travers notamment la scène de l’essayage de la robe et du vol vers Las Vegas justement. Paul Feig a trouvé un second souffle grâce à l’énorme succès de ce film: il enchaînera avec les tout aussi drôles Les flingueuses (à voir absolument malgré son titre français débile !) et Spy. Son remake de SOS Fantômes sorti cette année n’est pas du même niveau mais il est chouette quand même.
Et s’il est chouette ce remake, et si Mes meilleures amies – Bridesmaids est un film aussi génial, c’est évidemment grâce au talent d’écriture et d’interprétation de Kristen Wiig. Elle a 38 ans quand sort le film et pas mal d’années de Saturday Night Live derrière elle : c’est sans doute cette maturité, aussi bien personnelle que professionnelle, qui lui permet de viser aussi juste et d’être aussi touchante sur un thème qui résonne pleinement avec son âge au moment de l’écriture et du tournage.
Sans parler de son talent, que dis-je, de son génie comique : des tonnes de sketches du Saturday Night Live sont visibles sur Youtube, il faut les voir et profiter du talent de ces gens-là : Kristen Wiig donc, mais aussi Andy Samberg, Bill Hader, Jason Sudeikis et Fred Armisen avec lesquels elle a travaillé dans le fameux show télévisé. Des génies, je le pense vraiment. Mais pour en revenir à Kristen Wiig seule : sérieusement, comment ne pas tomber amoureux d’elle dans ce film ?
Ted, le loser, décide de retrouver son amour de jeunesse, la splendide Mary. Il engage un détective privé, Pat Healy, pour la retrouver. Persuadé qu’il a affaire à un dégénéré, Healy file à Miami et retrouve Mary. Elle est belle, gentille, s’occupe d’enfants handicapés et elle est célibataire. Decidé à garder Mary pour lui, il raconte à Ted qu’elle est devenue grosse, qu’elle est paralytique et qu’elle a quatre enfants. Mais Tucker, un architecte, est également amoureux de Mary. Il va faire cause commune avec Healy pour se débarrasser de Ted qui finalement a décidé de venir à Miami. (Allocine)
4ème film des frères Farrelly dans mon top. J’ai hésité mais merde… C’est un classique ! Avec au moins 3 séquences « cultes » et inépuisables (j’utilise des guillemets car je n’aime pas cet adjectif mais bon…) que tout le monde retiendra : l’accident de fermeture Eclair de Ben Stiller, le sperme dans les cheveux de Cameron Diaz, le combat chien amphétaminé/Ben Stiller. Pas grand-chose à dire de plus : tout le monde le connaît par cœur et sait à quel point c’est génial non ?
Une petite saucisse s’embarque dans une dangereuse quête pour découvrir les origines de son existence…(Allociné)
C’est pas tant pour « découvrir les origines de son existence » que sa finalité. Détail.
Jusqu’à la semaine dernière, ce film était attendu en tant que nouveau projet du duo Seth Rogen–Evan Goldberg (Supergrave, Le Frelon vert, This Is the End etc etc) réunissant la fine fleur de la comédie américaine contemporaine : Rogen lui-même, Kristen Wiig, James Franco, Bill Hader, Jonah Hill, Danny McBride, Paul Rudd, Michael Cera, Nick Kroll (de la série The League, dans laquelle Seth Rogen tient un petit rôle récurrent). Costaud. Avec en prime et en ce qui concerne les extérieurs-à-cette-grande-famille Salma Hayek et Edward Norton par exemple. C’était la promesse à la fois d’un projet différent pour toute cette dream team, puisque Sausage Partyest un film d’animation, et d’un film d’animation différent, puisque très clairement destiné aux adultes. En France, il est d’ailleurs interdit aux moins de 12 ans.
Et c’est là que cette histoire prend elle aussi une tournure différente puisque les dégénérés de la Manif pour tous ont fait de Sausage Party leur nouvelle cible : ils se sont mis en tête de lui faire retirer son visa d’exploitation (via l’association Promouvoir), après La Vie d’Adèle ou Antichrist de Lars Von Trier par exemple.
On voit bien ce qui peut défriser ces abrutis : c’est grossier (très), délirant (très), on voit de la drogue (ça va plus loin que ça encore mais je n’en dirai pas plus pour ne pas spoiler), c’est même sans doute pornographique selon leur grille de lecture.
Ce qu’ils sont trop débiles et coincés pour comprendre évidemment, c’est que le film (qui ne plaira pas à tout le monde, c’est sûr, mais là n’est pas la question) n’est pas simplement une pochade hénaurme et iconoclaste : il diffuse en parallèle un joli message de tolérance, il plaide pour la différence, la jouissance sans entraves, sans l’entrave de croyances infondées surtout (et je passe sur le message anti-consumériste). Et ça évidemment, ça les fait chier. En plus de voir un champignon sucer une betterave (littéralement) ou une saucisse prendre simultanément un bun (enfin, « une » bun, puisqu’il est doublé par Kristen Wiig) et un pain pita je veux dire. Littéralement là aussi.
C’est donc un film à voir en connaissance de cause (pour adultes effectivement), que je conseille vivement aux fans de la neo-comédie américaine, tendance team Apatow, puisqu’il est très drôle en plus d’être malin.
D’ailleurs, c’est drôle là aussi, le film (qui est sorti aux Etats-Unis en août dernier) anticipe avec plusieurs mois d’avance, et en le disant quasiment mot pour mot, la « morale » qui est ressortie de l’échec des Démocrates et de l’élection de Donald Trump, à savoir qu’il ne suffit pas de répéter avec virulence à ses opposants qu’ils ont tort voire qu’ils sont idiots : il faut proposer une alternative « positive », générer de l’espoir. C’est la conclusion à laquelle parvient le héros du film. Une saucisse donc. Créée par des keumiques. Qui ont compris ce qu’Hillary Clinton et son armée de communicants sur-diplômés ont pas été foutus de comprendre.
La vie de David Ghantt n’a rien de compliqué. Chaque jour, c’est la même routine : au volant de son camion blindé, il transporte des millions de dollars qui ne lui appartiennent pas. Le seul rayon de soleil dans son existence banale, c’est sa jolie collègue, Kelly Campbell. C’est elle qui va l’attirer dans une combine foireuse… Malgré la bande de bras cassés à qui il a affaire, dirigée par Steve Chambers, et en dépit d’un plan grotesquement mal ficelé, David réussit quand même l’exploit de voler 17 millions de dollars… Le problème, c’est qu’il se fait doubler par ses complices, qui disparaissent avec le butin et lui mettent tout sur le dos. David est dedans jusqu’au cou. Sa seule chance est de remonter la piste que laissent les braqueurs en claquant l’argent de façon aussi voyante que ridicule. En cavale, traqué par les autorités et pourchassé par un drôle de tueur à gages, David va tout tenter pour reprendre l’avantage et doubler à son tour ceux en qui il avait le plus confiance…(Allociné)
J’aime beaucoup les films de Jared Hess, il a un style véritablement unique dans la comédie américaine. J’en parle plus en profondeur ici.
Sur le papier, Les cerveaux est presque trop beau pour être vrai : un réalisateur très singulier donc, servi par un casting 5 étoiles (Zach Galifianakis, Kristen Wiig, Owen Wilson, Jason Sudeikis, Kate McKinnon, n’en jetez plus). Un genre de fantasme granderemisesque.
Sur l’écran, C’EST trop beau pour être vrai : ça ne fonctionne pas. Ou trop peu. Je crois que le style quasiment bressonien de Jared Hess s’accommode mieux de comédiens moins connus et donc plus malléables : ça fonctionnait déjà moins bien dans Super Nacho, vampirisé par Jack Black.
Les comédiens présents ici sont évidemment excellents (notamment Kristen Wiig, à croquer, et Galifianakis) mais ils donnent l’impression de surjouer, ou même de jouer tout court (Owen Wilson, complètement hors jeu pour le coup) annulant par là même toute la singularité d’un cinéaste qu’on ne reconnaît par conséquent que trop peu, encore une fois. L’humour de Jared Hess, au delà de son regard à la fois sans concession et plein de compassion pour l’Amérique white trash des trailer parks et des malls, repose en effet sur le minimalisme, l’absence de punchlines, un tempo offbeat, et des comédiens quasiment atones.Rien de tout ça ici. Disons, en caricaturant à peine, que la réalisation aurait pu être signée par n’importe qui d’autre. Et c’est quand même dommage quand on la possibilité d’avoir un regard et un style aussi uniques. Mais voilà, les 2 derniers films de Hess ont été des fours: j’ignore si celui-ci est une commande ou s’il a été embauché en tant que simple exécutant, c’est en tout cas celui qui s’éloigne le plus de ce qu’il a fait précédemment.
Après, y a quand même de bons moments et ça se regarde très bien : il doit encore jouer dans quelques salles, je le recommande. Mais ce réalisateur + ce casting, c’était sans doute une fausse bonne idée en réalité.
Casablanca 1942. Au service du contre-espionnage allié, l’agent Max Vatan rencontre la résistante française Marianne Beauséjour lors d’une mission à haut risque. C’est le début d’une relation passionnée. Ils se marient et entament une nouvelle vie à Londres. Quelques mois plus tard, Max est informé par les services secrets britanniques que Marianne pourrait être une espionne allemande. Il a 72 heures pour découvrir la vérité sur celle qu’il aime. (Allociné)
Un peu mou, un peu sage, un peu plan-plan, un peu programmatique (Robert Zemeckis décline à l’envi la fameuse théorie du suspense hitchcockien, en opposition à la surprise, telle qu’exposée par le maître dans le livre d’entretiens avec Truffaut) mais un peu bien sur la longueur aussi. Et puis c’est beau, sur le fond et sur la forme, et sur la longueur là aussi. On (« je » en tout cas) est toujours plus indulgent avec un film dont les qualités se révèlent pleinement dans sa conclusion. Souviens toi de ces profs qui te rabâchaient qu’il fallait toujours soigner sa conclusion pour laisser le lecteur sur une bonne impression… Alliés n’est évidemment pas du niveau des classiques hollywoodiens de l’âge d’or vers lesquels il lorgne mais il classicise joliment.Et il laisse sur une bonne impression, donc.
A part ça Brad Pitt soulève pas mal de réflexions : quand est-ce qu’il a arrêté de faire l’acteur au juste ? Parce que merde, y a une différence entre « sobriété » et « apathie » quand même… Deuxio : son visage est-il photoshoppé ou lifté ? Pas réussi à trancher (l’éclairage joue son rôle également) mais Brad Pitt IS Benjamin Button pour le coup…
Non mais sans déconner, cette peau…
Enfin, grosse gêne quand il parle français : murmure dans la salle, à chaque fois, hein-il-a-dit-quoi-t-as-compris-ce-qu-il-a-dit-j-ai-rien-compris-à-ce-qu-il-a-dit-putain ?
Tout ça pour dire, et même si ça me fait mal de le dire, que la Cotillard est bien. Voire très bien. Bien mieux que lui en tout cas. Ouf, j’ai fini par le dire. Que ce fut dur nom de Dieu.
Quand la Seconde Guerre mondiale a éclaté, Desmond, un jeune américain, s’est retrouvé confronté à un dilemme : comme n’importe lequel de ses compatriotes, il voulait servir son pays, mais la violence était incompatible avec ses croyances et ses principes moraux. Il s’opposait ne serait-ce qu’à tenir une arme et refusait d’autant plus de tuer. Il s’engagea tout de même dans l’infanterie comme médecin. Son refus d’infléchir ses convictions lui valut d’être rudement mené par ses camarades et sa hiérarchie, mais c’est armé de sa seule foi qu’il est entré dans l’enfer de la guerre pour en devenir l’un des plus grands héros. Lors de la bataille d’Okinawa sur l’imprenable falaise de Maeda, il a réussi à sauver des dizaines de vies seul sous le feu de l’ennemi, ramenant en sureté, du champ de bataille, un à un les soldats blessés. (Allociné)
J’ai décidé de davantage écrire sur les sorties cinéma donc voilà.
Je pensais Mel Gibson définitivement cramé à Hollywood après ses divers pétages de plomb. Il faut croire que non, pas vraiment, puisqu’il revient à la tête d’un projet très personnel, et pas vraiment un drame intimiste encore.
« Projet très personnel » parce qu’il faut le voir pour le croire : à la fois d’une violence graphique rare, sans doute insoutenable pour beaucoup (j’ai eu la nausée à plusieurs reprises), confinant tout bonnement au voyeurisme/sadisme pur et dur, et d’un prosélytisme catholique pour le moins embarrassant, Tu ne tueras point confirme à chaque seconde que Mel Gibson est complètement taré. Comment expliquer autrement ce besoin de s’attarder à ce point sur les tripailles à l’air et autre membres mutilés, tout en glorifiant, en béatifiant même les actions sacrificielles de son héros ? Taré je te dis.
En outre, se rend-il seulement compte, lui, le bon catholique père de famille nombreuse, adorateur du Christ Roi, prompt à exalter les valeurs les plus rétrogrades et réactionnaires, que son imagerie sulpicienne et/ou hyper-virile, diffuse un homo-érotisme à peine voilé ?
« N’aie pas peur, viens jouer avec nous »
Si c’est inconscient, c’est très drôle. Si c’est délibéré, ça épaissit encore davantage le mystère d’une personnalité pour le moins complexe.
Un film édifiant, vraiment, mais à voir je pense tellement il se démarque de tout ce qu’Hollywood produit à longueur d’année. En termes de mise en scène pure, Tu ne tueras point possède une forme de naïveté, de premier degré sans calcul et sans filet qui m’a rappelé le meilleur d’Eastwood (notamment dans toute la 1ère partie, jusqu’à l’arrivée sur Okinawa ou ça vire sans crier gare à La Passion de Cannibal Holocaust) et qui m’empêche de trouver ça uniquement ridicule/édifiant.
A noter enfin qu’Andrew Garfield et son physique de tennisman chiant (raie et polo impeccables, coup droit et services solides) campent un Jésus des plus convaincants.
Jacques (Denis Podalydès), 38 ans, part en vacances à l’Ile d’Oléron avec ses quatre enfants. Lassé des jeux de plage, il a cassé sa tirelire pour s’acheter un voilier, version dériveur lesté, baptisé « Liberté-Oléron », avec lequel il a décidé de rallier l’île d’Aix, distante de cinq kilomètres. Bien qu’incompétent en voile, Jacques déclare à sa famille qu’il est le seul maître à bord. (Allocine)
De Bruno Podalydès, on retiendra certainement Dieu seul me voit, son film le plus unanimement reconnu comme une œuvre majeure, même si tous sont salués pour leurs nombreuses qualités (y compris l’incompréhensible accident industriel Bancs Publics, l’exception qui confirme la règle pour moi). Mais ça n’est pas une comédie au sens granderemisesque du terme, et surtout, je l’avoue, c’est un film qui m’ennuie un peu.
Celui-ci en revanche est plus ouvertement comique de bout en bout : même son désormais célèbre passage du pétage de plombs sur le bateau provoque l’hilarité (jaune, certes). A la revoyure, on réalise que ce passage survient de manière assez brutale mais qu’il était larvé dans ce qui précède : le film fait preuve d’une vraie méchanceté, voire cruauté de bout en bout. C’est en tout cas un classique instantané selon moi et un film qui supporte merveilleusement le poids des années et des multiples visionnages.
Phil Connors, journaliste à la télévision et responsable de la météo part faire son reportage annuel dans la bourgade de Punxsutawney où l’on fête le « Groundhog Day » : « Jour de la marmotte ». Dans l’impossibilité de rentrer chez lui ensuite à Pittsburgh pour cause d’intempéries il se voit forcé de passer une nuit de plus dans cette ville perdue. Réveillé très tôt le lendemain il constate que tout se produit exactement comme la veille et réalise qu’il est condamné à revivre indéfiniment la même journée, celle du 2 février… (Allocine)
J’ai l’impression que ce film est devenu un classique avec le temps alors qu’il était passé relativement inaperçu à sa sortie en 1993. Mais je peux me tromper.
Quoiqu’il en soit, même si on peut évidemment ne pas trouver le film très drôle, ses qualités objectives me paraissent difficilement discutables : pitch au minimum « original » (je dirais plutôt « génial » en ce qui me concerne), développement de haut niveau, « message » universel et fédérateur approuvé par l’ONU, le WWF et l’AIGG (Association Interplanétaire des Gens Gentils). Et au-dessus de tout ça, royal, un Bill Murray en état de grâce dans le rôle du cynique au grand coeur qui passe par tous les états (sidération, panique, euphorie, dépression, bienveillance etc.). L’hiver est là, c’est la saison idéale pour découvrir ou revoir pour la énième fois cette merveille.
Dans une Amérique profondément sauvage, Hugh Glass, un trappeur, est attaqué par un ours et grièvement blessé. Abandonné par ses équipiers, il est laissé pour mort. Mais Glass refuse de mourir. Seul, armé de sa volonté et porté par l’amour qu’il voue à sa femme et à leur fils, Glass entreprend un voyage de plus de 300 km dans un environnement hostile, sur la piste de l’homme qui l’a trahi. Sa soif de vengeance va se transformer en une lutte héroïque pour braver tous les obstacles, revenir chez lui et trouver la rédemption. (Allocine)
Fort du succès incompréhensible de Birdman (public, critiques, Oscars), Iñarritu, qui avait déjà un bon gros melon, se prend désormais pour Dieu le père et nous inflige 2h30 de rollercoaster numérico-sanguinolo-salivo-Di Caprio absolument insupportable. Du « cinéma rollercoaster », je trouve que l’expression correspond bien à The Revenant, qui n’a d’autre finalité que d’en mettre plein la vue.
En vérité c’est bien simple, The Revenant c’est pas du cinéma, c’est le Puy du Fou avec des trappeurs et en Alaska (ou dans l’Oregon, on s’en cogne). En ce sens, y a aucune différence avec un Transformers par exemple, ou un San Andreas. Et pour quoi pas évidemment, si c’est fait honnêtement. Sauf que les 2 films sus-cités ont le mérite de pas se prendre pour ce qu’il ne sont pas. Dans The Revenant, Iñarritu parsème son histoire de trouées contemplativo-oniriques à la Terence Malick, censées élever son film au-dessus de la vulgate blockbuster pour l’élever au rang de film d’auteur. Sauf que non car il n’a strictement rien à dire, bouffi de son orgueil de petit démiurge trop occupé à faire dézinguer 6 indiens, 4 chevaux, 8 grizzlis et 2 hamsters dans le même plan séquence.
Outre cette prétention et, en creux ce mépris pour le cinéma-spectacle au sens strict et noble du terme, ce qui me dérange, c’est qu’il est extrêmement malhonnête le mec : il prétend à la vraisemblance, au réalisme, et s’en vante (« ouais trop cool, quand la caméra s’approche trop près des acteurs, y a de la buée sur l’écran »), mais bourre son film d’effets numériques, partout, tout le temps.
Bave probablement numérique, donc.
Et puis faut qu’il arrête avec ses courtes focales… Qu’est-ce que c’est laid nom de Dieu ! Le mec a des paysages absolument sublimes à disposition (ceux de l’Oregon donc) mais il sait pas quoi en faire sinon les saloper avec ses grands angles de merde.
Bon, après, ça dure 2h30 donc pendant tout ce temps j’ai pu manger, débarrasser, plier le linge, répondre à des sms. Et regarder un autre film. Je plaisante évidemment mais putain que c’est long…
Pour conclure, on l’a lu à peu près partout mais je le redis car c’est tout à fait juste : donner l’Oscar du meilleur acteur à Di Caprio pour ce rôle là, c’est vraiment une grosse blague tant sa « performance », bien réelle, et respectable, voire admirable sur un aspect strictement « physique », se rapproche davantage de celle d’un décathlonien que d’un comédien.