Tu ne tueras point – critique

Quand la Seconde Guerre mondiale a éclaté, Desmond, un jeune américain, s’est retrouvé confronté à un dilemme : comme n’importe lequel de ses compatriotes, il voulait servir son pays, mais la violence était incompatible avec ses croyances et ses principes moraux. Il s’opposait ne serait-ce qu’à tenir une arme et refusait d’autant plus de tuer.
Il s’engagea tout de même dans l’infanterie comme médecin. Son refus d’infléchir ses convictions lui valut d’être rudement mené par ses camarades et sa hiérarchie, mais c’est armé de sa seule foi qu’il est entré dans l’enfer de la guerre pour en devenir l’un des plus grands héros. Lors de la bataille d’Okinawa sur l’imprenable falaise de Maeda, il a réussi à sauver des dizaines de vies seul sous le feu de l’ennemi, ramenant en sureté, du champ de bataille, un à un les soldats blessés. (Allociné)

J’ai décidé de davantage écrire sur les sorties cinéma donc voilà.

Je pensais Mel Gibson définitivement cramé à Hollywood après ses divers pétages de plomb. Il faut croire que non, pas vraiment, puisqu’il revient à la tête d’un projet très personnel, et pas vraiment un drame intimiste encore.
« Projet très personnel » parce qu’il faut le voir pour le croire : à la fois d’une violence graphique rare, sans doute insoutenable pour beaucoup (j’ai eu la nausée à plusieurs reprises), confinant tout bonnement au voyeurisme/sadisme pur et dur, et d’un prosélytisme catholique pour le moins embarrassant, Tu ne tueras point confirme à chaque seconde que Mel Gibson est complètement taré. Comment expliquer autrement ce besoin de s’attarder à ce point sur les tripailles à l’air et autre membres mutilés, tout en glorifiant, en béatifiant même les actions sacrificielles de son héros ? Taré je te dis.

En outre, se rend-il seulement compte, lui, le bon catholique père de famille nombreuse, adorateur du Christ Roi, prompt à exalter les valeurs les plus rétrogrades et réactionnaires, que son imagerie sulpicienne et/ou hyper-virile, diffuse un homo-érotisme à peine voilé ?

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« N’aie pas peur, viens jouer avec nous »

Si c’est inconscient, c’est très drôle. Si c’est délibéré, ça épaissit encore davantage le mystère d’une personnalité pour le moins complexe.

Un film édifiant, vraiment, mais à voir je pense tellement il se démarque de tout ce qu’Hollywood produit à longueur d’année. En termes de mise en scène pure, Tu ne tueras point possède une forme de naïveté, de premier degré sans calcul et sans filet qui m’a rappelé le meilleur d’Eastwood (notamment dans toute la 1ère partie, jusqu’à l’arrivée sur Okinawa ou ça vire sans crier gare à La Passion de Cannibal Holocaust) et qui m’empêche de trouver ça uniquement ridicule/édifiant.
A noter enfin qu’Andrew Garfield et son physique de tennisman chiant (raie et polo impeccables, coup droit et services solides) campent un Jésus des plus convaincants.

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