Ty Segall + Destination Lonely + Slift + Les Soldes – Le Bikini, Toulouse

4ème concert de Ty Segall en 3 ans, c’est pas mal. Evidemment, quand on sort en moyenne et au minimum 1 album par an, on tourne beaucoup. Et Ty Segall tourne beaucoup. Et je l’aime beaucoup.

Cette fois c’était dans le cadre d’un mini festival garage qui se tient chaque année au Bikini.

Les Soldes pour démarrer la soirée, pas vus. J’arrive sur Destination Lonely qui remplace Yonatan Gat. Je suis pas en super forme et le son m’agresse littéralement, je sors boire un verre illico. Ce qui m’arrive aux oreilles depuis l’extérieur me donne pas franchement envie de retourner dans la salle.

Puis c’est au tour de Slift de prendre la scène.

Ce que j’ai entendu d’eux, entre Thee Oh Sees et King Gizzard m’a bien plu, je suis curieux de voir ce que ça donne sur scène. Et là, la grosse baffe : un power trio à l’ancienne, hyper en place, hyper précis, qui déroule pendant 45 minutes un garage-psyche certes pas bien original (Thee Oh Sees/King Gizzard encore une fois) mais super prenant et super efficace. Les compos sont pas toujours au rendez-vous mais le groove est là, tendance kraut, et le guitariste joue merveilleusement de tous les effets dont il dispose. Limite ils pourraient jouer que des instrus pendant 1h sans que ça gênerait personne. Ca headbangue, ça slamme, ça ovationne: les mecs ont fait un gros carton auprès du public et c’était foutrement mérité.

Ty Segall était évidemment la tête d’affiche. Il jouait pour soutenir son album sobrement intitulé Ty Segall sorti en début d’année, en compagnie d’une « nouvelle » formation nommée The Freedom Band. J’utilise des guillemets car on y retrouve 2 de ses plus fidèles acolytes: le beau Mikal Cronin à la basse comme toujours, et le très chevelu Charles Moothart, à la batterie cette fois (il est habituellement guitariste). La seconde guitare était tenue par le trop méconnu Emmett Kelly, un type qui mène habituellement l’excellent Cairo Gang, formation acoustique ayant notamment accompagné Bonnie ‘Prince’ Billy (versatile le mec donc). Au clavier, le dénommé Ben Boye qui a également joué avec Will Oldham ou Riley Walker par exemple.

« The Freedom Band », ça ressemble à un nom de groupe américain late 60s et les 20 premières minutes du concert, géniales, le confirment : Ty Segall n’a pas son pareil pour incarner le rock le plus électrique et l’enchaînement des 5 premiers titres, dont 2 nouveaux (Alta et Fanny), laissent entrevoir un grand concert de rock américain encore, qui balaierait aussi bien les Stooges que le Grateful Dead, le Jimi Hendrix Experience ou MC5.

Mais après un Finger d’une violence assez dingue, ça se délite sérieusement et ça prend les travers… du rock américain late 60s: The Warm Hand, long morceau déjà un peu pénible sur l’album sorti cette année est ici carrément insupportable. Une longue jam complaisante où chacun y va de sa petite impro, pffff… C’est d’un chiant. Pas mal de gens reculent dans la salle voire se barrent. Carrément. Ca continue un moment sur ce mode là: le groupe est très détendu, il a l’air de bien s’amuser, nous un peu moins.

Le concert reprend un peu de tenue grâce à des morceaux plus anciens type Caesar mais c’est pas ça… Je suis vraiment pas en grande forme, ça joue beaucoup mais tout ça est bien trop auto-complaisant encore une fois. Feel, l’un des moments forts des concerts de Ty Segall depuis 3-4 ans, sinon LE moment fort, est ré-arrangé dans une version plus lente et syncopée qui le vide de toute sa sauvagerie. Sur son final, il change d’instrument avec Moothart et passe donc derrière la batterie, l’autre empoignant une guitare. Et on s’en fout.

J’ai l’impression que Ty Segall se cherche depuis Manipulator ou plutôt qu’il cherche à proposer autre chose que ce qui l’a mis sur le devant de la scène. Il ne veut pas s’enfermer dans le créneau garage-glam-pop qu’il a investi et dans lequel son talent s’épanouit le mieux selon moi, et c’est tout à son honneur mais le fait est que ce qu’il enregistre depuis est moins abouti, moins intéressant. On a l’impression qu’il se force à saloper ses chansons, qu’il fait tout son possible pour les rendre moins évidentes alors que précisément, lorsqu’il les peaufine, ça donne des classiques tel que le sublime Orange Colour Queen de ce début d’année. Qui démontre qu’il a suffisamment de ressources et surtout de talent pour qu’on ne s’en fasse pas à son sujet.

Dirty Ghosts + Kelley Stoltz + Ducktails – le Saint des Seins, Toulouse

Quelle année mes aïeux, quelle année ! Liam Hayes/Plush en janvier, Super Furry Animals en Mai et donc Kelley Stoltz en Novembre : n’en jetez plus ! Paul Mac Cartney ou Brian Wilson joueraient dans le bar en bas de chez moi que je me déplacerais pas : non, c’est bon les gars, j’en ai vu suffisamment cette année, je passe.

La soirée démarre avec un court set de Dirty Ghosts, le backing band de Stoltz sur cette tournée : une bassiste, une guitariste, un batteur.

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Power trio carré donc, sans chichis, sans fioritures mais également sans trop d’inspiration : sans compositions réellement accrocheuses, difficile de tenir la distance et de soutenir l’intérêt de l’assistance. C’est pas désagréable, on pourrait même dire que c’est bien fichu mais pour moi c’est surtout sans relief et sans intérêt. Trop de sans ne saurait mentir.
Un petit quart d’heure s’écoule et Kelley Stoltz prend la scène avec les mêmes donc, la bassiste passant aux claviers sur quelques titres, la basse étant tenu par un 4ème gars.

Kelley Stoltz… Comment dire? Pour faire court:
– dans mon panthéon personnel, aux côtés de Liam Hayes et des Super Furry Animals donc, des High Llamas, The Coral pour citer quelques contemporains.
– la formule que j’utilise toujours pour le présenter à celles et ceux qui ne le connaissent pas encore : il est aux Kinks ce qu’Elliott Smith était aux Beatles. Chouchou des critiques et de l’Internationale Pop, son audience est très confidentielle. Je n’aurais jamais pensé le voir un jour en concert (il tourne peu en Europe), encore moins à Toulouse. Vraiment inespéré…

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Bon, je vais faire preuve d’un maximum d’objectivité : c’était décevant. 45 petites minutes, une dizaine de titres seulement et, au détour de 2-3 remarques, le sentiment qu’il avait pas vraiment envie de prolonger l’affaire. La certitude même, puisqu’à l’issue du dernier morceau, l’organisateur vient lui signifier qu’il a le temps de jouer un titre supplémentaire. Non, c’est bon,on a fini lui répond Kelley

Pour autant : 45 super minutes durant lesquelles il n’aura jamais montré ni lassitude (la raison de ce concert très bref, j’y reviens plus loin), ni mauvaise humeur, bien au contraire. Il introduit chaque chanson avec bonhommie, fait preuve d’humour et d’esprit. Il est fidèle en somme à son image de mec nonchalant et excentrique à la fois, de californien anglophile.
Et puis l’essentiel : c’est précis, ça n’a pas besoin de round d’observation ou de mise en place puisque lui, il les a les compositions. Il se focalise sur les 2 derniers albums, Double Exposure (dont il joue notamment les 2 « tubes », Kim Chee Taco Man et la sublime Marcy) et In Triangle Time, sur lequel il laisse libre court à ses influences new-wave voire bowienne.
Il joue également, et c’est une surprise, 2 titres de son alter ego Willy Weird, double fictif qu’il incarne sur un album également sorti récemment et qui lui permet de laisser libre court à des compositions et des interprétations plus loufoques voire carrément barrées. Mais même dans un registre plus foutraque voire expérimental, le mec ne sait écrire que des tueries : le génie modeste de Kelley Stoltz réside clairement dans son sens mélodique hors-pair. On loue souvent, et à juste titre, ses qualités de bricoleur et d’autodidacte qui en ont fait le parrain de la scène garage de San Francisco, Thee Oh Sees et Ty Segall en tête (il enregistre toujours tout tout seul) mais ces chansons nom de Dieu…

Plus frustrant que décevant donc car c’était quand même vachement bien putain, j’en aurais repris pour 3/4h de plus…

Suivent les Ducktails, émanation de Real Estate. Émanation, copié-collé, appelle ça comme tu veux. Sachant que les chansons elles-mêmes sont quasiment toutes identiques : oui, ça m’a bien gonflé. Encore une fois, c’est mignon ce revival indie-90s mais ça m’ennuie profondément.

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Du coup je vais sans trop tarder faire mon fan de au stand de merchandising devant lequel se trouve Kelley Stoltz. Très cool et accessible, il me présente tous ses disques disponibles. Il est étonné que je les possède déjà presque tous (big fan, je le répèterai jamais assez), je lui explique donc que je voudrais juste acheter le tout dernier album sorti la semaine précédente. Et là il veut me faire un prix…. Je refuse évidemment mais adorable, il tient quand même à m’offrir un superbe double 45 tours à tirage limité que je n’avais pas. Grande classe le mec. On discute le bout de gras, il confirme qu’il est super crevé ce soir: ils jouaient à Chamonix la veille et sont partis le matin même. Je comprends mieux.

Je me recolle un peu devant Ducktails : ah ben non, ils rejouent pas le même morceau en fait, c’est vrai, celui ci est un peu plus lent. Bon, ça me gonfle vraiment, je me casse.
A la sortie, je retombe sur Kelley en train de fumer : je ne peux décemment pas ne pas faire la groupie jusqu’au bout (c’est l’un des privilèges de l’âge mûr : on assume tout sans ciller).

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Si les quarantenaires calvitiques et pas au top physiquement t’attirent sexuellement, cette photo t’es dédiée.
Super soirée donc, malgré tout. Kelley Stoltz merde, un de mes héros !

Super Furry Animals – O2 Brixton Academy, Londres

J’ai donc passé quelques jours à Londres, où la France a encore été dignement représentée.

J’y allais principalement pour assister au concert de l’un de mes 2 groupes préférés all time, les Super Furry Animals (l’autre étant les High Llamas. D’ailleurs Sean O’Hagan, leader de ces derniers, réalise les arrangements de cordes de leurs albums : y a pas de hasard comme je dis toujours).

Cette série de concerts, à laquelle ont été ajoutées des prestations dans quelques festivals estivaux, est arrivée un peu par surprise, annoncée à peine un mois avant la 1ère date, à un moment où le groupe n’a pas vraiment d’actualité sinon la réédition de Mwng, son album en langue galloise sorti en 2000. C’est ça (entre autres) que j’aime chez ce groupe : ils n’ont jamais annoncé qu’ils splittaient, ni qu’ils continuaient à enregistrer. Juste, ils font leurs trucs chacun de leur côté (Gruff Rhys notamment bien sûr, dont la carrière solo est magnifique) et se revoient quand ils en ont envie, naturellement et simplement. Là ils avaient donc décidé de se lancer dans une mini tournée britannique aux allures de célébration : les fans étaient invités à leur envoyer leurs setlists idéales.

Ces concerts, les premiers depuis 6 ans, possédaient donc une forte valeur symbolique puisque, même s’il n’y a jamais rien de définitif avec eux, on peut légitimement penser que le « projet » Super Furry Animals n’en est plus qu’un parmi d’autres pour chacun de ses membres. Pas évident du tout qu’ils ressortent un jour un nouvel album… En un mot :  je pouvais pas rater ça.

Je les avais déjà vus en concert à Toulouse il y a près de 15 ans à l’occasion de la tournée consécutive à Rings Around the World, l’un de leurs tous meilleurs albums : une salle pourrie, un public très clairsemé et malgré une prestation haut de gamme, la sensation que je ne les avais pas vus dans les meilleures conditions.
Là, c’est sûr, ça serait une autre histoire.

La salle déjà, l’une des plus connues de Londres.20150509_193317
Superbe, dans un style classique tendance rococo, elle m’a un peu fait penser à l’Olympia.

Première partie assurée par les oubliés Magic Numbers. « Oubliés » car suite à une petite hype dans la foulée de la sortie de leur 1er album en 2005, ils ont un peu disparus de la circulation. Sans que ça soit réellement scandaleux, on va pas se mentir. Prestation carrée et honnête dans une salle quasiment vide (elle se remplira totalement au dernier moment), je me suis poliment fait chier selon l’expression consacrée. RAS, vraiment.

21h pétantes, la salle est enfin plongée dans le noir. Le public, masculin essentiellement, des mecs de mon âge, qui ont sans doute comme moi connu le groupe dès ses débuts en 1995 et l’ont religieusement suivi jusqu’à aujourd’hui, est chaud bouillant. Les premières mesures de l’instrumental (A) Touch Sensitive résonnent sur fond de projections de logos et animations emblématiques de la carrière du groupe. Le groupe dont la formation n’a absolument pas changé en 20 ans (c’est suffisamment rare pour être souligné) débarque en combinaison blanche de scientifiques, empoigne ses instruments et double la bande son, qui s’efface. Puissant, déjà. A l’issue, 1er tube, 1ère baffe : Rings Around the World, l’un de leurs morceaux les plus efficaces et fédérateurs, repris en choeur par TOUTE la salle. Premiers frissons* donc : quel plaisir que cette sensation immédiate d’assister à un grand moment, dans une communion totale, joyeuse et généreuse.

Do or Die et Ice Hockey Hair s’enchaînent immédiatement, sans transition : quel pied putain !

Mais comme disait le grand Francis, c’est que le début (d’accoreuh d’accoreuh) : le logo de l’album Radiator (le meilleur et le favori de Ceux Qui Savent) apparaît en arrière-plan, deux trompettistes rejoignent le groupe qui se lance dans Demons, premier très grand moment de ce concert. C’est parti très, très fort mais là ça décolle VRAIMENT pour le coup, sur un morceau-synthèse de ce groupe à la fois accessible, expérimental, fondamentalement joyeux et toujours mélancolique. Pas le temps de souffler et de se remettre d’une version alanguie absolument sublime, ils enchaînent sur Northern Lites  leur irrésistible calypso sauce mariachi ! « There’s a distant light / A forest fire burning everything in sight » : je chante à tue-tête, j’aurai plus de voix dans 2h.

Petit moment de répit, Gruff remercie la salle une 1ère fois. Je comprends pas tout ce qu’il dit, il a quand même un putain d’accent le bougre. Le logo de Mwng, leur album chanté en gallois donc, est désormais projeté derrière le groupe.

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Suivent 4 chansons tirées de ce disque merveilleux, plaidoyer humble et bouleversant pour une langue très largement minoritaire, qui réussit la prouesse de ne jamais sentir le folklorisme ou le régionalisme. Passage d’autant plus touchant que c’est le seul moment de le soirée au cours duquel le public montre une certaine distance voire inattention (j’entends nettement les gens discuter alors que je suis plus proche de la scène que du fond de la salle) : j’ai toujours pensé que les gallois étaient un peu les parents pauvres de la Grande Bretagne, moins populaires que les Irlandais, moins forts en gueules que les Ecossais. La preuve encore ce soir : quand ça chante en gallois, les anglais s’en foutent un peu, s’impliquent en tout cas nettement moins. Je trouve ça triste et beau à la fois car le groupe n’en a cure, il semble particulièrement impliqué, pénétré même durant ces 4 morceaux. Il ne revendique rien de toutes façons et cet album, Mwng, s’apparente davantage à un geste esthétique qu’à un véritable manifeste militant. En tout cas c’est un très beau passage et je chante en phonétique les paroles de Y Gwyneb Iau ou Pan Ddaw’r Wawr. Grande remise, le blog qui n’a pas peur du ridicule.

Le best of reprend ensuite son cours. Bon, je vais pas citer les titres un par un, mais c’est absolument génial. Le groupe joue au cordeau des titres qu’il connaît et maîtrise par cœur. La setlist est idéale, parfaite, mêlant tubes attendus (Juxtaposed With U) et faces B ayant accédé au statut d’incontournables (Arnofio / Glô in the Dark). Immense émotion sur Hello Sunshine, une de mes chansons fétiches (tout court, pas seulement du groupe). Grösseu folieu sur Golden Retriever : toute la salle beugle et saute dans tous les sens. Mon voisin un peu imbibé me marche sur les pieds : il s’excuse très poliment; je lui réponds que c’est rien, il me prend par l’épaule pour sauter de plus belle sur la fin du morceau. Je retiendrai également un superbe Zoom ! auquel je ne m’attendais absolument pas.

Alors qu’ils jouent depuis près de 2h, Gruff se lance dans son plus long discours : il évoque bien sûr la réélection de David Cameron l’avant-veille et se déclare « pissed off for the next 5 years ». Il remercie ensuite chaleureusement le public et parle d’une série de concerts  très importants  pour eux (c’est le dernier ce soir avant les festivals d’été) et très chargés émotionnellement. Ovation.

Bim, Fire in My Heart, love song sincère et tordue. Beaucoup de types d’âge mûr ont les yeux humides en faisant les « papapapapa » du final. Faut en garder un peu car Gruff annonce le dernier morceau : Mountain People, déclaration d’amour au peuple gallois, ritournelle country-pop qui s’achève dans une frénésie techno surpuissante.

Dernier morceau ? Non évidemment : ils ne peuvent pas ne pas jouer le dernier morceau que tout le public attend, que nous savons pertinemment qu’ils vont nous asséner pour nous achever. Ils attaquent donc sans transition ou presque leur hymne anti-establishment (construit sur un sample de Showbiz Kids de Steely Dan, la classe de ces mecs putain), The Man Don’t Give A Fuck. Public en fusion. A mi morceau, ils quittent la scène quelques minutes alors que la coda techno du titre s’étire et reviennent affublés de leurs costumes de yétis pour reprendre la chanson là où ils l’avaient laissée. Là c’est VRAIMENT n’importe quoi dans le public, le délire total : « you know they don’t give a fuck about anybody else, you know they don’t give a fuck about anybody else, you know they don’t give a fuck about anybody else » ad lib, à gorge déployée, pendant que sur scène les 5 headbangent méchamment.

Là c’est fini, c’est sûr. 2h15 sans répit, un concert total comme on parle de football total : je me dis pour la énième fois que ce groupe est tellement et injustement sous-estimé alors qu’il touche à tout avec une facilité déconcertante (pop, folk, glam, punk, electro, psych etc), s’adressant au plus grand nombre comme aux music nerds les plus exigeants. Un groupe pop au sens le plus pur et noble du terme. Avec ce petit zeste de folie ou d’excentricité, peu importe comment on le qualifie, qui finit de le distinguer et de le rendre irrésistible.

C’est très rare que je connaisse au cours d’un concert ce sentiment sans doute un peu couillon de fraternité générationnelle, de partage, de communion autour d’une même passion. Les Super Furry Animals sont quasiment inconnus en France : lorsque je les avais vu à Toulouse nous étions je pense très très peu nombreux (la grande majorité étaient des britanniques) à partager la même ferveur. Et nous devions être une petite centaine à tout casser… Ce soir nous étions près de 5000 et c’était bon.
Ca fait beaucoup de superlatifs, j’en fais des caisses, j’en ai conscience. Mais j’ai illico rangé ce concert dans mon panthéon de concerts marquants et inoubliables, aux côtés de ceux d’Elliott Smith, Neil Young ou Ty Segall.

C’est couillon, encore, mais j’ai simplement envie de dire merci à ces 5 types, Gruff, Huw, Daffyd, Guto et Cian, parce qu’ils ont des prénoms géniaux déjà, mais surtout pour ce très beau moment et tous ceux, innombrables, qu’ils m’ont offert depuis 20 ans. Ils ressemblent à rien, ont un sens visuel proche du néant (toutes leurs pochettes d’albums, ou presque, sont véritablement immondes) mais je leur dois parmi mes plus belles émotions musicales, et donc émotions tout courts, depuis autant d’années. Je les aime encore plus après ce concert, ce qui n’est pas peu dire.

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Diolch i chi ❤

*les titres dont j’ai mis le lien on été enregistrés lors de cette dernière tournée. C’est sans doute ma subjectivité qui va s’exprimer là mais j’ai le net sentiment que les versions auxquelles j’ai eu droit étaient encore meilleures… J’ai fait mes propres videos mais j’ai pas pu m’en empêcher, on m’entend chanter dessus donc bon voilà quoi.

Liam Hayes and Plush – Le Pop up du Label, Paris

Je pense que pas mal de mes lecteurs ne le savent pas donc petite précision liminaire : Plush, c’est lui

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Eh non, c’est pas moi sur mon avatar.
Plus exactement, il s’agit de la pochette de l’album qui l’a rendu « célèbre », Fed (je reviendrai une autre fois et en détails sur le pourquoi des guillemets).

Il semble avoir abandonné son alias, passant progressivement de Plush à Liam Hayes and Plush et désormais Liam Hayes tout court pour son dernier album, Slurrup.

Tout ça pour dire, puisque le mec fait partie des mes héros absolus depuis pas mal d’années, que ma carte bleue n’a fait qu’un tour lorsqu’il y a 1 mois environ j’ai vu qu’il jouait à Paris le 16 janvier.
J’en revenais pas bordel… Neil Young tourne régulièrement, Brian Wilson, Paul Mac Cartney aussi, plus ou moins… Disons que je sais que je peux les choper un jour ou l’autre (cette possibilité faiblit chaque année évidemment…), en tout cas, j’en ai déjà eu l’opportunité. Tout comme Belle and Sebastian ou Wilco pour citer 2 groupes que je souhaite ardemment voir sur scène un jour. Mais Liam Hayes… Il donne peu de concerts, encore moins en Europe, et il me semblait bien qu’en 20 ans de carrière, c’était la 1ère fois qu’il jouait en France (j’en ai eu la confirmation).

Le concert avait lieu au Pop Up du Label, restaurant-bar-salle de concert proche de la gare de Lyon.
Première partie assurée par les parisiens de Clint Is Gone, dont les amis et la famille remplissaient la salle aux 3/4 (je n’exagère pas). Folk-pop sympathique… Bon, ok je me suis fait chier. A ma décharge, tu m’aurais mis n’importe qui, je me serais fait chier aussi tellement j’étais impatient. Je dois avouer qu’ils étaient plutôt bien en place et que leurs compositions ne manquent pas de savoir-faire sinon de charme. Public très enthousiaste donc, ça a du leur faire chaud au cœur.

Mais du coup, quand vient le moment pour Liam Hayes de prendre la scène avec son imposant et débonnaire bassiste et son batteur évadé des Small Faces… ben tout le monde ou presque s’en fout et se rapatrie vers l’arrière de la salle : sans exagérer là encore, je pense qu’on devait être une 30aine, et encore (sur 200 à la louche), à être vraiment là pour lui (dont le grand Mehdi Zannad aka Fugu, aux premières loges). Ca me rend triste ce genre de choses, sachant que le mec fait partie selon moi des tout meilleurs orfèvres pop actuels et que sa carrière chiffre déjà 20 ans d’ancienneté (mais je pourrais justement dire la même chose au sujet de Mehdi Zannad qui lui aussi continue d’évoluer dans une scandaleuse confidentialité).

Bon, que dire? De toutes façons, je manque totalement d’objectivité, ce mec me fascine. Sa carrière, ses disques, ses compositions, en elles-mêmes puis à cause de l’importance qu’elles ont prises dans ma vie quel que soit l’enrobage qu’il a choisi de leur donner (piano-voix du petit matin, soul-pop tordue, soul-pop gouleyante, pop canonique, power pop). On touche ici à l’intime, à l’inexplicable, à l’irrationnel même, au fait que CETTE chanson, CE film, va résonner en toi au moment M, créer un cataclysme émotionnel et t’accompagner, tu le sais, pour le restant de ta vie. Et quand ces chansons (ou ces films) se multiplient chez le même artiste, on en arrive à mettre Liam Hayes sur le même plan que Sean O’Hagan, Neil Young, Wes Anderson ou Clint Eastwood dans son panthéon.

Pour en revenir à son art, le voir et l’entendre jouer ses compositions de la sorte (en trio guitare-basse-batterie) a révélé si besoin était, leur caractère unique de chansons certes aimables, foncièrement pop, mais pleines de chausses-trappes car basées sur des accords et des suites d’accords complexes (ces lignes de guitare de malade nom de Dieu…). C’était particulièrement flagrant sur les titres de Fed, son album le plus orchestré : joués de manière quasiment dépouillée en comparaison de l’album, elles révélaient encore d’insondables richesses.
Tu l’auras compris : c’était absolument génial puisqu’en même temps, très simple, très bonhomme, très joyeux et très dansant. Comme lu récemment, Liam Hayes est un artiste culte pour artiste culte mais c’est aussi quelqu’un qui compose des chansons que tout un chacun peut aisément fredonner : ce ce que son concert a encore démontré, et de quelle manière !
La set list ci-dessous :

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C’était d’ailleurs la 1ère fois que je récupérais la setlist d’un concert. Je vais la faire encadrer (je suis sérieux).

Il a joué des titres de tous ses albums, en privilégiant bien entendu le dernier, très power pop, qui se prête donc particulièrement à ce traitement scénique direct et nerveux. Mais les titres de Fed nom de Dieu (Whose Blues, I’ve Changed My Number)…

Une heure de concert je dirais, j’ai pas fait gaffe, c’est passé en un clin d’oeil.
A la sortie, il était à la table de merchandising, j’en ai donc évidemment profité pour acheter son dernier album sorti quelques jours auparavant à peine, me le faire dédicacer et lui dire tout le bien que je pense de lui.

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Instant groupie très embarrassant sur lequel je jetterai un voile pudique.
J’étais vraiment très ému, c’était un très très grand moment pour moi ce concert.

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François and the Atlas Mountains – Connexion café, Toulouse

Rapidement, quelques mots sur une très belle soirée.

3 groupes au programme : Babe, Petit Fantôme et François etc donc.
Je rate sciemment les premiers, because life. Je pense que c’est dommage mais c’est comme ça. Life.

J’arrive sur le 1er morceau de Petit Fantôme aka Pierre Loustaunau.

Il avait les cheveux bien plus courts en réalité.
Il avait les cheveux bien plus courts en réalité.

Un basque : autant dire tout de suite qu’il part avec un très gros avantage. Sur scène, il se produit avec quelques membres de François etc. dont François lui-même à la guitare. Dans chaque papier ou presque qui leur est consacré, on relève la cohésion des membres de François and the Atlas Mountains, leur générosité, leur don total et absolu à leur art et les uns avec les autres. Ca se confirme d’entrée, c’est assez spectaculaire et ça met tout de suite dans de bonne dispositions.
Comme celle de son ami, la musique de Petit Fantôme est assez indéfinissable : ses compositions fragiles et ouvragées peuvent aussi bien évoquer Robert Wyatt que Grandaddy ou encore plein d’autres groupes/artistes mais aucun en particulier pour être honnête et c’est très bien comme ça. C’est rafraîchissant. Belle prestation en tout cas.

Un petit quart d’heure s’écoule et les mêmes, ou presque, remontent sur scène.

Ils étaient 5 sur scène. A gauche, Petit Fantôme.
Ils étaient 5 sur scène. A gauche, Petit Fantôme.

C’était formidable. Une grosse heure de pop « totale » à la fois rythmique, mélodique et harmonique qui a finalement peu d’équivalents à l’heure actuelle et qui se vit davantage qu’elle se raconte (c’est con mais c’est vrai…). Là encore, on peut légitimement penser à beaucoup de choses mais davantage à des genres qu’à des groupes bien particuliers. Et je vais me répéter mais c’est très rafraîchissant. Les titres sont parfois très émouvants, d’autres fois très euphorisants, ils se terminent régulièrement dans une sorte de transe galvanisante, parfois les 3 à la fois comme sur le renversant The Way to the Forest, le plus beau moment du concert pour moi.

L’air de rien, François and the Atlas Mountains produisent une musique à la fois aimable d’emblée, pop donc (si ça c’est pas un tube de la mort, je sais pas ce que c’est), et très particulière, unique même. Très beau concert, vraiment, et très bel album (Piano Ombre) qui sera bien placé dans mon top de fin d’année (teaser).

Le lendemain, je suis retourné au même endroit pour le concert d’Isaac Delusion. Je me contenterai d’un jaipasdutoutaimécestpaspourmoi parce que si je rentre dans le détail, je pourrais dire des choses très méchantes, ce qui ne servirait pas à grand chose. Grande remise, le blog qui a mûri.

Ty Segall – Le Bikini, Toulouse

Je vais tâcher d’être concis et de mettre la pédale douce sur les superlatifs : je parle suffisamment et depuis suffisamment longtemps de Ty Segall ici et sur Facebook pour ne pas répèter qu’actuellement, pour moi, dans son registre, il y a Ty Segall devant et tous les autres loin derrière.

Encore un Bikini un peu dépeuplé, c’est une surprise. Davantage de monde que pour Sébastien Tellier mais je m’attendais à une salle bondée et chauffée à blanc, ça n’était pas le cas.

Première partie assurée par Left Lane Cruiser : 3 gros rednecks barbus à casquettes de truckers qu’on jurerait sortis du casting de Justified. Rock lourd, gras, épais : on pourrait presque palper le son. Je ne vois que la fin du set soit 3 morceaux et même si je trouve ça rigolo et relativement approprié, ça me suffit largement.

Public beaucoup plus homogène que pour Tellier une semaine avant. Plus jeune, plus rock. Plus signifiant. Entracte relativement courte puis retentissent les premières notes de Manipulator, la chanson.

Bon c’est là qu’il faut que je me calme.

C’était bien. TRES bien. Intense. TRES intense. Balance approximative sur les 3 premiers titres et puis après… Voilà, l’électricité, l’excitation, l’euphorie, en 2014, plus que jamais, c’est Ty Segall. CETTE GUITARE DE SAUVAGE NOM DE DIEU! Une heure de concert qui laisse complètement groggy avec, immédiatement, l’irrépressible envie qu’elle soit renouvelée au plus vite. Une drogue.
Ce qui m’a particulièrement frappé ce soir c’est la cohésion, la précision, l’abattage du Ty Segall Band. Quel groupe bordel. Même si la dénommée Emily, derrière ses fûts, ne paraissait pas totalement dans son assiette.

Difficile de ressortir un ou plusieurs titres en particulier tant le set s’encaisse et doit s’encaisser selon moi d’un seul tenant mais je retiendrai quand même un Singer t-rexien en diable (je m’attendais pas à ce qu’il la joue) et un Thank God for the Sinners furibard. Et Feel bien sûr, LE morceau de l’année, LE grand moment des concerts de Ty Segall.

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Un grand merci à Nancy Chauveau pour la photo

Il nous quitte sur un seul rappel :  le très approprié Wave Goodbye, dans une version d’une lourdeur, d’une puissance, phénoménales.

Je vais me contredire : il faut aimer Ty Segall, il faut s’emballer, en faire des caisses, l’écouter et l’écouter encore et encore, en parler autour de soi. Ce mec est précieux à l’heure actuelle car il est le seul. Il incarne en tout cas à lui seul les multiples facettes du rock électrique et le fait avec une pureté et un talent véritablement bluffants. Et après la réussite d’un album aussi « mainstream » que Manipulator, alors qu’il était jusque là malgré tout réservé aux uniques amateurs de garage rock en raison d’enregistrements parfois peu accessibles (dans tous les sens du terme), tout semble possible. J’ai hâte de voir la tournure qu’il va donner à sa carrière.

Nick Waterhouse – Connexion café, Toulouse

Nick Waterhouse est un jeune auteur-compositeur californien (tout est « California » ou « from California » avec lui) qui a également produit le superbe 1er album des Allah-La’s.

Souvent assimilé à la scène neo-soul des Eli Paperboy Reed ou Mayer Hawthorne, son style est en réalité encore plus rétro, subtil alliage de rock’n’roll, jazz et surtout rythm’n’blues, avec une lichette de pop pour faire bonne mesure. En gros, un mec pour qui le public n’est composé que de ladies and gentlemen et qui, s’il avait vécu dans les années 60, aurait jugé les Beatles post-1965 un peu trop expérimentaux.

Nick-Waterhouse
Toujours très élégant, quoique dans un style plus casual qu’à l’accoutumée (et le mec rigole moyennement quand il s’agit de style comme le prouve cette petite video), il débarque à Toulouse accompagné d’un batteur, d’un bassiste, d’un organiste, d’une choriste et d’une barytone sax.

Pour l’occasion, le Connexion café réunit tout ce que la ville rause compte de mods, hipsters retro, fanas des late 50s etc. Un public bien stylé lui aussi donc et différent de celui des concerts auxquels j’assiste habituellement, c’est pas désagréable.

Sur ses 2 premiers albums, je trouve Nick Waterhouse un peu trop poli ou policé, soignant avec un poil trop de détails sa patine early 60s. C’est dommage car il n’a pas besoin d’en rajouter : il suffit de le voir, avec son look Ivy League, ses cheveux impeccables et ses petites lunettes, pour comprendre qu’il respire la classe old school. Je réalise immédiatement que sur scène, il fait preuve de nettement plus de nerf : sa voix se fait plus rauque, son style plus brut. C’est peu dire que ça démarre très bien. Au bout du deuxième morceau, on se croirait dans quelque bar de nuit angeleno au tournant des années 50-60.

Seul bémol en ce qui me concerne : il fait une chaleur proprement intenable. Il a fait chaud toute la semaine, la salle affiche complet, le public commence à gentiment se déhancher, il fait chaud bordel. Le genre où, d’abord agacé par les déplacements incessants de certains spectateurs, tu finis par les bénir car leur simple passage près de toi suffit à remuer un salutaire brin d’air. Le genre où des gouttes de sueurs finissent par te couler dans l’oreille. Le genre où, à contrecœur, tu commences à te diriger vers l’arrière de la salle. Qui est fort heureusement une petite salle donc ça ne nuit pas à l’immersion. Qui est totale car le mec sait y faire, et pas qu’un peu.

Après un démarrage en douceur, genre club-interlope-pour-amants-clandestins, il a décidé de nous faire danser. Toujours avec finesse et élégance mais le rythme s’accélère, morceau après morceau. Il parle peu mais il parle bien, présente ses musiciens avec beaucoup de classe et continue à se lâcher, lentement mais sûrement. ET LA IL REPREND TY SEGALL. Bordel. La classe. It’s #3, un de ses plus vieux morceaux, complètement ré-arrangé à sa sauce. Sur sa reprise de The harder they come, c’est un petit peu la folie : « Well if you’re not dancing, you got a problem my friend ». T’inquiète Nick, on danse. Ooooooooooooooh ouiiiiiiiiiiiiiiiii. C’est bon putain.

Là l’élan se brise un peu : un mec (un habitué des concerts toulousains il me semble), monte sur scène une bière pour Waterhouse à la main. Il la lui offre, discute un peu. Le chanteur annonce alors que contrairement à son habitude, il souhaite exceptionnellement un bon anniversaire au gars « because he’s wearing a tuxedo » (pas sûr que ce fut un véritable smoking mais je lui fais confiance. Je crois qu’on peut lui faire confiance en matière de fringues). Ils continuent à dialoguer un peu, ce que Waterhouse qualifiera de « surrealistic comedy show », il reste cool mais on le sent un peu agacé quand même et finit par conclure, alors que le gus se lance dans le public, qu’il s’agit de la « boldest stage invasion » qu’il ait jamais eu.

L’élan s’est un peu brisé mais à peine : ça continue à envoyer classieusement depuis la scène et à danser dans la salle. Sur le tout dernier morceau, il salut une dernière fois le public puis quitte la scène sans s’attarder, laissant la vedette et le soin de conclure à son groupe. La classe jusqu’au bout le mec.

Bon il reviendra quand même pour un rappel. Un nouveau morceau incendiaire tiré de son 1er album qui finit de nous achever : 1h30 de pur rythm’n’blues, raffiné et brut à la fois, toujours très, mais alors très classe. Le mot-clé de la soirée évidemment. Ladies and gentlemen, Nick Waterhouse, from Los Angeles, California.

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This Is Not A Love Song festival – Nîmes – jour 2

Suite donc de l’édition 2014 du festival indie-pop nîmois This Is Not A Love Song avec une reprise à 17h seulement (le compte-rendu du jour 1 c’est ici).

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Wooden Shjips jouait à 14h, suivis de Courtney Barnett, je voulais vraiment les voir tous les 2 (surtout Wooden Shjips) mais tu comprends, y a un truc qui s’appelle la life et des fois la life elle a pas d’heure, elle a son propre emploi du temps tu vois et elle te bouscule et ça fait mal et c’est beau en même temps.

Donc démarrage avec les vétérans de Superchunk.
Superchunk c’est le quartet power pop US dans toute sa splendeur : guitare solo-chant, guitare rythmique, basse, batterie, pas plus, pas moins. Riffs au cordeau, solos saignants, refrains catchy, sauts grand écart à la Pete Townsend, tout ce qu’on aime quand on aime la power pop US dans toute sa splendeur. Superchunk, un groupe qui ne sera jamais génial (quoique) ni mauvais, idéal dans le cadre d’un festival, parfait pour se mettre en jambes.

Suite de cette grosse journée dans la grande salle avec Midlake.
Je me demande si Antiphon ne serait pas leur meilleur album finalement. J’aime beaucoup les autres (sauf The Courage of Others, une vraie purge) mais, même sur Trials of Van Occupanther, ils n’arrivent pas selon moi à se défaire d’une attitude d’élèves appliqués, de talentueux copistes (un coup Grandaddy, un coup soft-rock, un coup folk anglais). Sur Antiphon donc, et suite au départ en plein enregistrement de leur chanteur-leader, ils semblent enfin avoir trouvé leur voie.
Sur scène, ils sont encore un peu trop studieux à mon goût mais il faut bien admettre qu’ils reproduisent les compositions de leur dernier album, leurs subtiles textures, avec une maîtrise et une fidélité confondantes. Ils sont sur la bonne voie, indéniablement. D’ailleurs, quand ils interprètent des morceaux de l' »ancien » Midlake, ils sonnent comme un groupe de reprises de Midlake : c’est assez cocasse et déstabilisant à la fois…
Et puis ils ont l’air de bons gars : Eric Pulido, anciennement « simple » guitariste et nouveau chanteur, invite le public à les rejoindre à la table de merchandising à l’issue du concert pour les saluer, discuter avec eux ou simplement leur serrer la main. Ce qu’ils font donc de manière fort joyeuse et sympathique. Et du coup ils ont vendu plein de t-shirts les coquins : le nouveau Midlake c’est vraiment gagnant-gagnant.

Vais ensuite faire un tour à l’extérieur pour Findlay mais c’est vraiment pas pour moi (du rock briton chanté par une nana, en gros) puis dans la petite salle pour Meridian Brothers : bof.

M’installe sur les gradins de la grande salle pour Neutral Milk Hotel.
Encore un groupe culte de chez culte. Non mais… Bon, je dis rien, je vais encore passer pour un rabat-joie. Même si j’aime bien In an Aeroplane Over the Sea, je l’écoutais beaucoup à une époque.  Après, je comprends que Jeff Mangum exerce une sorte de fascination avec son statut d’ermite pop intransigeant et insaisissable, qu’il ait réussi touché de nombreuses personnes de manière intime.
La salle est bondée, le public très chaud, ils sont très attendus eux aussi. Sur scène, outre les traditionnels basse-batterie-guitares : trombone, trompette, cor anglais, accordéon, bandonéon, scies musicales. Pas grand chose à dire de ce concert : malgré de bons et même beaux moments, je me suis poliment ennuyé, je n’ai jamais été touché. Et puis ce côté orchestre de guingois/fanfare brinquebalante moi… Désolé pour les nombreux fans hardcore mais le grand groupe de l’écurie Elephant 6 dont Neutral Milk Hotel faisait partie, ça reste selon moi The Olivia Tremor Control, et de loin.

La suite de la journée devient problématique et montre les limites d’un tel évènement : le trop plein et l’inévitable sentiment de frustration qui en découle.

Ainsi, après NMH, Earl Sweatshirt et Rodrigo Amarante jouent en même temps.
Je suis naturellement attiré par ce dernier qui cadre davantage avec mes goûts mais le rappeur prodige, membre du collectif Odd Future, m’intrigue vraiment…

Je me rends donc à l’extérieur sur la grande scène : un DJ balance des beats et des samples bien sombres pendant une dizaine de minutes avant que Sweatshirt ne débarque avec son flow heurté : c’est très efficace. Le mec est un showman en plus : il dialogue beaucoup avec le public, lui demandant constamment sa participation. Il insistera par exemple pour que nous répétions après lui l’immortelle « I’ll fuck the freckles off your face (bitch) ». Mais il a l’air d’un gentil garçon. D’ailleurs dans une autre chanson, l’inévitable « bitch » est précédée de l’adjectif « pretty » : c’est pas tous les rappeurs qui se donnent cette peine, je peux te le dire.

Je veux quand même jeter un oeil au concert de Rodrigo Amarante donc je file vers la petite salle… mais elle est bondée, il faut faire la queue pour laisser sortir les gens qui veulent sortir puis y entrer au compte-gouttes alors que le concert a démarré depuis près d’une demie-heure, je laisse tomber. Dommage mais tant pis.

Je ne retourne pas voir Earl Swearshirt :  la suite c’est Cat Power, je sens qu’il va falloir jouer des coudes.
Et c’est le cas : la salle est pleine comme jamais depuis le début du festival. Public beaucoup plus varié que pour tous les autres concerts (comprendre : y a vachement plus de vieux), beaucoup plus « grand public » aussi, preuve que The Greatest a vraiment fait son chemin dans le… grand public.
Je ne serai pas très disert quant à sa prestation :  je l’ai trouvée absolument conforme à ce que j’attendais d’une prestation solo de Chan Marshall, à savoir « habitée », « sèche » parfois « émouvante » mais aussi « longuette ». Me suis un peu ennuyé là aussi… Faut dire que je commençais à sacrément avoir des fourmis dans la jambe pour la suite (Black Lips et Ty Segall) ! Sinon, puisque malheureusement la question se pose (je SAIS que tu te la poses) : elle paraissait relativement en forme quoiqu’un peu bouffie et en tout cas toujours aussi bonnasse bien gaulée filiforme avec son skinny et ses boots à talons. Grosse ovation en tout cas, force « we love you! » balancés par des jeunes filles entre les morceaux : elle a probablement contenté son public.

Bon, ça y est, on y est : les 2 concerts que j’attendais le plus de tout le festival !

Black Lips sur la scène extérieure d’abord.
Ah les Black Lips… Que j’aime ce groupe : du rock débile, avec des paroles débiles, joué par des débiles, avec une attitude débile. Le bassiste envoie une bière dans le public dès la fin du 1er morceau (Family Tree, ouverture parfaite !), un mec portant un maillot du Brésil monte sur la scène tranquilou dès le second etc etc. Ca pogote, ça headbangue, ça slamme, ça sourit dans le public : comment résister à ces bombinettes punk-pop aux occasionnels accents rockab’ ? Le rock a régulièrement été saisi à bras le corps à toutes les époques par des types pas très malins peut-être mais par de vrais entertainers qui n’avaient qu’une envie sincère : servir de joyeux défouloir à leur public. Depuis quelques années, les Black Lips jouent ce rôle à merveille, il faut les en remercier.

LE gros regret du festival : si je veux voir la fin de leur concert, je raterai 15 minutes de celui de Ty Segall.
C’est donc la mort dans l’âme mais le sourire aux lèvres que je retourne juste à temps dans la grande salle pour LE concert de LE artiste que je voulais voir au festival This Is Not a Love Song.
Et là… Bah… « J’y étais ». « Je l’ai vu ». Ce genre de concert, pas moins… L’impression de voir un petit blondinet poupin et un poil grassouillet incarner le rock électrique le plus pur et le plus fulgurant depuis… Depuis ? Sincèrement, je ne sais pas. Ty Segall est fréquement étiqueté « garage-psyché » et c’est très juste mais c’est omettre qu’il a parfaitement assimilé et recrache avec une énergie, une conviction, un talent et une grâce folle TOUT le rock électrique. Il incarne aussi bien et le plus naturellement du monde les Who que Black Sabbath, les groupes Nuggets que Led Zeppelin ou Nirvana. Il ne sait composer que des tueries du coup il peut se permettre de balancer 4 nouveaux titres d’affilée (inconnus du public donc) sans que celui-ci y voit quelque différence avec les « tubes » qu’il a entendu auparavant et qu’il entendra ensuite (l’un de ces 4 morceaux, un espèce de groove heavy à la Black Sabbath… mamma mia, j’en ai encore des frissons de plaisir…).

Final en apothéose donc : une grosse heure passée un grand sourire aux lèvres, une ambiance de feu, une prestation hallucinante, au-delà de mes espérances (pourtant grandes) et c’est un euphémisme. Ty Segall passera par Toulouse à l’automne, j’ai déjà hâte d’y être.

Comme le disait Jean-Oui Aubert, le chaînon manquant entre Michel Houellebecq et Yannick Noah, « voilà, c’est fini ». Encore bravo aux programmateurs-organisateurs du festival en tout cas : si l’affiche 2015 est du même acabit, j’y retourne sans aucune hésitation.

This Is Not A Love Song festival – Nîmes – Jour 1

Grande Remise fait donc une incursion au pays des ferias, du total look Desigual et des 4×4 blancs pour le festival This Is Not A Love Song, oasis de précision et de bon goût au pays des ferias, du total look Desigual et des 4×4 blancs.

Le festival se tient à la Paloma, salle de concert flambant neuve (moins d’un an si j’ai bien compris) : 2 scènes à l’intérieur (une grande, une petite), une autre à l’extérieur pour le festival, 2 mini-plages avec transats pour se poser, des stands de boisson/nourriture, des concerts gratuits jusqu’à 18h, des hipsters, des hipsteuses, c’est bien foutu et bien organisé, y a pas à dire.
Après, c’est un festival et avec 3 scènes, il vaut mieux admettre d’emblée qu’on ne pourra pas TOUT voir : il faut parfois se hâter de quitter un endroit pour ne pas rater une entrée en scène un peu plus loin, certains artistes jouent en même temps ou se chevauchent un peu (les Black Lips n’ont pas encore terminé lorsque Ty Segall monte sur la scène par exemple et Har Mar Superstar joue en même temps que ce dernier…). C’est parfois frustrant mais c’est le principe des festivals et il faut faire avec. La programmation complète ici. Ma programmation sélective ci-dessous.

Je démarre avec les anglais de Temples que je considère un peu durement sans doute comme les Tame Impala du pauvre : même fixette psyché 60s, même objectif pop mais pas le même talent. Leur premier album sorti cette année est néanmoins prometteur et leur prestation sur scène largement à sa hauteur. Pas facile pourtant de passer à 17h… Le chanteur interpellera d’ailleurs un public un peu trop calme et passif à son goût. Ben ouais, sorry mate mais à Nîmes, fin mai à 17h, fait chaud. Quand tu seras un peu plus connu tu pourras jouer sur la grande scène de Glastonbury le soir sous la pluie mais pour l’heure il va falloir faire avec un public effectivement un peu assommé par le soleil. Ceci dit le groupe fait preuve de professionnalisme et de compétence : ses pop-songs lysergiques supportent haut la main le test de la scène avec quelques très bons moments (The Golden Throne, Mesmerize en clôture). Très chouette prestation au bout du compte.

Je passe dans la grande salle pour Man or Astroman, dont je ne connais pas grand chose et dont je n’attends rien de particulier. Sur fond de projections de films de la conquête spatiale (astronautes, fusées au décollage), ils jouent un surf-noise-punk essentiellement instrumental, efficace et rigolo . Avant leur entrée en scène, la sono diffusait les B 52s et on songe à une version survitaminée de ces derniers. Limitée aussi : j’ai l’impression d’avoir fait le tour de la question assez vite et retourne donc manger un panini non pas rue de Choiseul mais à l’extérieur, afin de ne rien manquer de la suite.

Car la suite, c’est Lee Ranaldo, the Man, the Legend. Super classe avec sa belle chemise rouge de cow boy, ses cheveux blancs en bataille et ses inévitables lunettes noires, il est accompagné d’un bassiste, d’un guitariste et du grand Steve Shelley à la batterie. C’est donc la moitié de Sonic Youth qui est là sur scène (plein de t-shirts Sonic Youth dans le public d’ailleurs) et ça me fait quelque chose même si je ne suis pas un fan inconditionnel du groupe. En tout cas Ranaldo a vraiment beaucoup d’allure, je le pensais plus nettement plus décati. Il nous balance une heure de rock new yorkais, plus pop que Sonic Youth mais non dépourvu d’embardées… soniques, attendues et magistrales. La grande classe, tout simplement. A noter dans le public un Jon Spencer super cool (quoiqu’un peu décati lui…) qui vient se poser à 2 mètres de moi ainsi que la quasi totalité des membres de Brian Jonestown Massacre, tellement lookés qu’ils ont l’air déguisés.

Retour dans la grande salle pour Slowdive, groupe surestimé dont le statut quasiment culte me laisse perplexe. Ils sont gentils et mignons, ils ont peut-être influencé Mogwai, d’accord mais bon, faut pas déconner quand même… Il s’agit en tout cas de leur grand retour sur scène après un hiatus de presque 20 ans et un petit concert de reprise en Angleterre il y a 10 jours. La salle est bien pleine, ils sont attendus. OK. Prestation noise et éthérée comme il faut, qui aura sans doute ravi les fans mais la salle se vide assez rapidement… Ils me confortent dans mon opinion, à savoir qu’il leur manquera toujours l’essentiel :  les chansons. A part ça, Neil Halstead a des cheveux super soyeux, une très belle barbe et Rachel Goswell est mignonne comme tout dans sa petite robe noire. « C’est tout ? » Oui c’est tout : moi aussi je me fais rapidement bien chier et sors donc manger un second sandouich dégueu.

C’est ensuite l’heure de The Fall, un groupe lui aussi culte et lui aussi assez rare sur scène (quelle programmation quand même, avec des concerts gratuits en journée et un tarif de 18€ la soirée, c’est quand même incroyable…). 2 batteries, un guitariste, un bassiste et une nana qui débarque sur scène avec un énorme sac sur le dos qu’elle dépose au pied de son clavier, et une espèce de mitre en laine sur la tête. OK. L’antithèse parfaite à la mignoncité et à la fadeur de Slowdive :  vieux, gros, chauves, mal sapés mais des chansons qui déboîtent. Et Mark E. Smith bien sûr… Complètement bourré (du moins je l’espère, dans le cas contraire ça serait carrément craignos), il déblatère des paroles incompréhensibles en arpentant la scène avec une morgue invraisemblable, tourne le dos au public la moitié du temps, mets 2 plombes à accrocher son micro à son pied, micro dans lequel il gueule bien entendu beaucoup plus qu’il ne chante. Aussi pathétique que génial, LE grand moment punk du festival.

Je m’éclipse néanmoins car je tiens à jeter un oeil à The Cambodian Space Project qui joue en même temps dans la plus petite salle. Et je ne le regrette pas ! Pop yéyé chantée en cambodgien par une jolie chanteuse en robe lamé or, ils sont précis, ludiques et sans prétention, offrant une belle et salutaire respiration. Définitivement, la Pop, c’est la vie.

Grande salle à nouveau pour The Brian Jonestown Massacre.
Alors comment dire… Encore un groupe au statut culte totalement usurpé selon moi… Pis : je les trouve absolument ridicules, ils font partie de mes têtes de turc favorites. En tout cas la salle est pleine de chez pleine pour la 1ère fois de la journée, l’attente visiblement énorme. L’a pô compris…
Ils arrivent à 8 sur scène (HUIT) : un batteur, un bassiste, un clavier, 4 guitaristes (QUATRE) et bien sûr l’inénarrable tambourine man, qui joue d’ailleurs de 2 tambourins différents : il souhaite manifestement qu’on comprenne bien qu’il a une vraie fonction dans le groupe. Accueil plus que chaleureux du public qui démarre au quart de tour dès la première note de la première chanson.
Et là… La Révélation. L’Épiphanie. La Rédemption. L’Adoubement granderemisesque : c’est sublime. SUBELIME. Vraiment. Tout le monde est en place, le son est puissant et clair, les guitares superbes (et on distingue très bien les 4 parties de guitares !) et Anton Newcombe chante merveilleusement bien. Aperçu dans le public pour Lee Ranaldo un peu avant, il faisait peine à voir (le mot du jour : « décati »). Là il est transfiguré, sur la droite de la scène, à la manœuvre du groupe : c’est très émouvant. Son groupe d’ailleurs, il me semble enfin et brutalement en comprendre le sens et la démarche : une pop sixties mais jamais passéiste, classique donc, à la fois accrocheuse, psyché et mélancolique. Un genre d’Echo and the Bunnymen californien parfois. Les titres les plus enlevés sont toutefois les meilleurs mais tout le concert est d’une qualité qui me laisse pantois. Et bizarrement, les 8 membres du groupe ne me paraissent plus du tout déguisés mais au contraire hyper classe. Bon, ok, « les 7 membres » parce que le tambourine man, c’est juste pas possible. Grand moment en tout cas.

Je n’ai qu’une envie à son issue : me replonger dans la discographie du groupe (14 albums quand même). Et aller me coucher : je suis vraiment épuisé par une longue journée. Je fais donc l’impasse sur Suuns que j’étais pourtant très curieux de voir sur scène et sur la tête d’affiche du festival, attention à pas t’étouffer avec un Knacki ball, Jon Spencer Blues Explosion. Eh ouais… je sais, je sais… Mais je suis pas vraiment fan du groupe à la base et pour être franc j’ai presque davantage envie de voir Moodoïd qui joue en même temps. J’ai également envie de rester sur l’expérience du concert de Brian Jonestown Massacre, c’était un très beau moment qui m’a beaucoup touché.

Alors rideau en ce qui me concerne, reprise du festival le lendemain à 14h.

Gap Dream – le Saint des Seins, Toulouse

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Révélation electro-pop-rock de ce début d’année, le californien bien coolos Gabriel Fulmivar aka Gap Dream, joue une musique assez hybride et étonnante, mélange d’immédiateté pop, d’esprit garage rock et d’expérimentations kraut. Ca peut faire peur à lire mais, et c’est là qu’il est bon le gars, c’est très évident à écouter.

Au Saint des Seins donc, salle traditionnellement pleine d’ados bouillonnants et de hipsters-branchagas fatigants, que je ne goûte que modérément. Ces derniers sont bien présents en nombre. J’adore la façon dont ils affichent avec ostentation leur indifférence à ce qui se passe sur scène. J’adore aussi cette manière de signifier ouais-chuis-venu-au-concert-mais-j’ai-tellement-de-trucs-a-faire-je-sais-pas-par-où-commencer. Alors ils s’empressent en permanence, traversent la salle dans tous les sens 10 fois pendant le show pour bien montrer à tout le monde que « ouais, ça va, c’est pas mal mais je les ai déjà vus 12 fois et ma vie est nettement plus intéressante que ce qui est en train de se passer ». Ils s’empressent avec application genre faut-que-je-parle-tout-de-suite-au-premier-ministre mais si tu les observes un minimum, ils vont soit fumer une clope à l’extérieur, soit commander un verre au bar, soit aux toilettes. J’adore.

La 1ère partie est assurée par les locaux (?) de Quetzal Snakes : pseudo cosmic rock bruitiste et approximatif. Pas de paroles, des onomatopées. Need I say more ? Je sors prendre l’air au bout de 2 morceaux.

Le Gap Dream trio se met en place assez rapidement (Fulmivar aux beats/clavier + un guitariste + un bassiste, tous 3 fort chevelus et poilus)) et se lance dans son premier morceau alors que la moitié de l’affluence est encore dehors (il fait hyper beau et doux).
Longue, très longue intro planante qui peu à peu installe une rythmique krautrock des plus efficaces (= shake yer booty). C’est comme ça pendant une heure et c’est très bon. Gap Dream est évidemment un groupe débutant mais à la personnalité et à l’identité déjà bien affirmée. Ne cédant jamais à la tentation expérimentale, il met toujours un point d’honneur à délivrer de vraies chansons avec refrains accrocheurs.

Chouette concert donc et belle découverte.