Ty Segall – Le Bikini, Toulouse

Je vais tâcher d’être concis et de mettre la pédale douce sur les superlatifs : je parle suffisamment et depuis suffisamment longtemps de Ty Segall ici et sur Facebook pour ne pas répèter qu’actuellement, pour moi, dans son registre, il y a Ty Segall devant et tous les autres loin derrière.

Encore un Bikini un peu dépeuplé, c’est une surprise. Davantage de monde que pour Sébastien Tellier mais je m’attendais à une salle bondée et chauffée à blanc, ça n’était pas le cas.

Première partie assurée par Left Lane Cruiser : 3 gros rednecks barbus à casquettes de truckers qu’on jurerait sortis du casting de Justified. Rock lourd, gras, épais : on pourrait presque palper le son. Je ne vois que la fin du set soit 3 morceaux et même si je trouve ça rigolo et relativement approprié, ça me suffit largement.

Public beaucoup plus homogène que pour Tellier une semaine avant. Plus jeune, plus rock. Plus signifiant. Entracte relativement courte puis retentissent les premières notes de Manipulator, la chanson.

Bon c’est là qu’il faut que je me calme.

C’était bien. TRES bien. Intense. TRES intense. Balance approximative sur les 3 premiers titres et puis après… Voilà, l’électricité, l’excitation, l’euphorie, en 2014, plus que jamais, c’est Ty Segall. CETTE GUITARE DE SAUVAGE NOM DE DIEU! Une heure de concert qui laisse complètement groggy avec, immédiatement, l’irrépressible envie qu’elle soit renouvelée au plus vite. Une drogue.
Ce qui m’a particulièrement frappé ce soir c’est la cohésion, la précision, l’abattage du Ty Segall Band. Quel groupe bordel. Même si la dénommée Emily, derrière ses fûts, ne paraissait pas totalement dans son assiette.

Difficile de ressortir un ou plusieurs titres en particulier tant le set s’encaisse et doit s’encaisser selon moi d’un seul tenant mais je retiendrai quand même un Singer t-rexien en diable (je m’attendais pas à ce qu’il la joue) et un Thank God for the Sinners furibard. Et Feel bien sûr, LE morceau de l’année, LE grand moment des concerts de Ty Segall.

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Un grand merci à Nancy Chauveau pour la photo

Il nous quitte sur un seul rappel :  le très approprié Wave Goodbye, dans une version d’une lourdeur, d’une puissance, phénoménales.

Je vais me contredire : il faut aimer Ty Segall, il faut s’emballer, en faire des caisses, l’écouter et l’écouter encore et encore, en parler autour de soi. Ce mec est précieux à l’heure actuelle car il est le seul. Il incarne en tout cas à lui seul les multiples facettes du rock électrique et le fait avec une pureté et un talent véritablement bluffants. Et après la réussite d’un album aussi « mainstream » que Manipulator, alors qu’il était jusque là malgré tout réservé aux uniques amateurs de garage rock en raison d’enregistrements parfois peu accessibles (dans tous les sens du terme), tout semble possible. J’ai hâte de voir la tournure qu’il va donner à sa carrière.

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