Dirty Ghosts + Kelley Stoltz + Ducktails – le Saint des Seins, Toulouse

Quelle année mes aïeux, quelle année ! Liam Hayes/Plush en janvier, Super Furry Animals en Mai et donc Kelley Stoltz en Novembre : n’en jetez plus ! Paul Mac Cartney ou Brian Wilson joueraient dans le bar en bas de chez moi que je me déplacerais pas : non, c’est bon les gars, j’en ai vu suffisamment cette année, je passe.

La soirée démarre avec un court set de Dirty Ghosts, le backing band de Stoltz sur cette tournée : une bassiste, une guitariste, un batteur.

Dirty Ghosts 11
Power trio carré donc, sans chichis, sans fioritures mais également sans trop d’inspiration : sans compositions réellement accrocheuses, difficile de tenir la distance et de soutenir l’intérêt de l’assistance. C’est pas désagréable, on pourrait même dire que c’est bien fichu mais pour moi c’est surtout sans relief et sans intérêt. Trop de sans ne saurait mentir.
Un petit quart d’heure s’écoule et Kelley Stoltz prend la scène avec les mêmes donc, la bassiste passant aux claviers sur quelques titres, la basse étant tenu par un 4ème gars.

Kelley Stoltz… Comment dire? Pour faire court:
– dans mon panthéon personnel, aux côtés de Liam Hayes et des Super Furry Animals donc, des High Llamas, The Coral pour citer quelques contemporains.
– la formule que j’utilise toujours pour le présenter à celles et ceux qui ne le connaissent pas encore : il est aux Kinks ce qu’Elliott Smith était aux Beatles. Chouchou des critiques et de l’Internationale Pop, son audience est très confidentielle. Je n’aurais jamais pensé le voir un jour en concert (il tourne peu en Europe), encore moins à Toulouse. Vraiment inespéré…

kelleystoltzjaguar
Bon, je vais faire preuve d’un maximum d’objectivité : c’était décevant. 45 petites minutes, une dizaine de titres seulement et, au détour de 2-3 remarques, le sentiment qu’il avait pas vraiment envie de prolonger l’affaire. La certitude même, puisqu’à l’issue du dernier morceau, l’organisateur vient lui signifier qu’il a le temps de jouer un titre supplémentaire. Non, c’est bon,on a fini lui répond Kelley

Pour autant : 45 super minutes durant lesquelles il n’aura jamais montré ni lassitude (la raison de ce concert très bref, j’y reviens plus loin), ni mauvaise humeur, bien au contraire. Il introduit chaque chanson avec bonhommie, fait preuve d’humour et d’esprit. Il est fidèle en somme à son image de mec nonchalant et excentrique à la fois, de californien anglophile.
Et puis l’essentiel : c’est précis, ça n’a pas besoin de round d’observation ou de mise en place puisque lui, il les a les compositions. Il se focalise sur les 2 derniers albums, Double Exposure (dont il joue notamment les 2 « tubes », Kim Chee Taco Man et la sublime Marcy) et In Triangle Time, sur lequel il laisse libre court à ses influences new-wave voire bowienne.
Il joue également, et c’est une surprise, 2 titres de son alter ego Willy Weird, double fictif qu’il incarne sur un album également sorti récemment et qui lui permet de laisser libre court à des compositions et des interprétations plus loufoques voire carrément barrées. Mais même dans un registre plus foutraque voire expérimental, le mec ne sait écrire que des tueries : le génie modeste de Kelley Stoltz réside clairement dans son sens mélodique hors-pair. On loue souvent, et à juste titre, ses qualités de bricoleur et d’autodidacte qui en ont fait le parrain de la scène garage de San Francisco, Thee Oh Sees et Ty Segall en tête (il enregistre toujours tout tout seul) mais ces chansons nom de Dieu…

Plus frustrant que décevant donc car c’était quand même vachement bien putain, j’en aurais repris pour 3/4h de plus…

Suivent les Ducktails, émanation de Real Estate. Émanation, copié-collé, appelle ça comme tu veux. Sachant que les chansons elles-mêmes sont quasiment toutes identiques : oui, ça m’a bien gonflé. Encore une fois, c’est mignon ce revival indie-90s mais ça m’ennuie profondément.

ducktails the band
Du coup je vais sans trop tarder faire mon fan de au stand de merchandising devant lequel se trouve Kelley Stoltz. Très cool et accessible, il me présente tous ses disques disponibles. Il est étonné que je les possède déjà presque tous (big fan, je le répèterai jamais assez), je lui explique donc que je voudrais juste acheter le tout dernier album sorti la semaine précédente. Et là il veut me faire un prix…. Je refuse évidemment mais adorable, il tient quand même à m’offrir un superbe double 45 tours à tirage limité que je n’avais pas. Grande classe le mec. On discute le bout de gras, il confirme qu’il est super crevé ce soir: ils jouaient à Chamonix la veille et sont partis le matin même. Je comprends mieux.

Je me recolle un peu devant Ducktails : ah ben non, ils rejouent pas le même morceau en fait, c’est vrai, celui ci est un peu plus lent. Bon, ça me gonfle vraiment, je me casse.
A la sortie, je retombe sur Kelley en train de fumer : je ne peux décemment pas ne pas faire la groupie jusqu’au bout (c’est l’un des privilèges de l’âge mûr : on assume tout sans ciller).

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Si les quarantenaires calvitiques et pas au top physiquement t’attirent sexuellement, cette photo t’es dédiée.
Super soirée donc, malgré tout. Kelley Stoltz merde, un de mes héros !

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