Koh-Lanta

Saison globalement décevante : partie très fort, sans doute trop (les pompes de Sarah « y a pas d’fatigue qui soit !!! aaaaaaaaaaaaah !!! » Connor, Anthony la cagole « je suis pas à me travestir dans la rue », Ratvière, l’épisode ou Namadia sort son collier d’immunité, l’un des meilleurs toutes saisons confondues), elle s’est ensuite enlisée dans une gentille routine aux coups de théâtre méchamment téléphonés.
Mais bon, ça reste Koh-Lanta, la seule raison valable d’allumer son poste de télévision en l’an de grâce 2013 (avec l’Amour est dans le pré et Chris Esquerre bien sûr) donc ça se regarde très bien et je vais attendre la prochaine saison avant d’annoncer que l’émission a jumpé le shark. Ou pas.

Un point sur les 5 vainqueurs potentiels avant la finale.

Bernard

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Mi-Dominique Rocheteau, mi Raymond Domenech, le Gandalf de Loire-Atlantique finit de solder l’héritage de mai 68 façon droite décomplexée. Entre pseudo-sagesse new age lénifiante et coups de pute inattendus, il n’a pas choisi son camp. Une belle enflure post-sarkozyste.

Brice

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Pas spécialement sympathique mais pas immonde non plus, pas débile mais pas une flèche, pas très sportif mais pas à la rue dans les épreuves, il est le finaliste type (et un encarté Modem idéal) mais en aucun cas un vainqueur en puissance. Etait-il le stratège qu’on essaie de nous vendre ? Je crois surtout qu’il était là au bon endroit, au bon moment.

Vanessa

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Sympathique mais trop lâche. Ouaaaaaaaaaaiiiiiiiiiis, suuuupeeeeeeer le vote contre Brice 3 semaines après la bataille alors que c’est Bernard, l’homme-qui-vit-avec-une-boussole-dans-la-tête qu’il fallait virer en vue de la finale. Et puis ce physique de radio, purée…

Ugo

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Son passé de fumeur de marie-jeanne/manieur de bâton du diable n’est-il pas plutôt une réalité ? Son demi-sourire béat et ses yeux mi-clos en permanence, son phrasé au ralenti me font pencher pour la seconde hypothèse. Et puis le mec est fauconnier nom de Dieu, FAUCONNIER. Malgré ce lourd bagage et en dépit d’un parcours de suiveur manquant un peu de panache, il est d’assez loin le candidat le plus aimable et le vainqueur le plus légitime.

Philippe

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Alors là mon vieux… Gros, très gros dossier. Le mec mériterait que je lui consacre un article à lui tout seul. Un voile pudique sur son histoire personnelle (SUPER CHELOU sa nana quand même… Et puis appeler son gosse Timéo, sérieux…). Dans le jeu, il était en mode warrior dès le premier jour : mi-Colonel Kurtz je-ne-fais-qu-un-avec-les-elements-et-je-me-fonds-dans-la-végétation-en-t-observant-de-loin, mi-John Rambo, en guerre contre tout et tout le monde d’emblée alors que personne n’a manifesté d’hostilité à son égard. Le mec est tout simplement un pur psychopathe, point. J’ai toujours peur qu’il sorte un flingue de sous sa casquette, qu’il dézingue tous les candidats restants, Denis et se tire une balle dans la tête… Grand, très grand moment lorsque durant l’épreuve du tir à l’arc, il explique avoir fait exprès de manquer la cible, annonce au coup suivant et la bave au lèvre qu’il va se faire justice puis se chie lamentablement.

Mon prono : Bien conscient du danger que représente Nanardo dans l’épreuve d’orientation , Philippe, en total look camouflage, le suit à la trace, en loucedé. Et puis à un moment donné, soyons honnêtes, il faut dire les choses: il ne sait pas lire la carte. Il l’endort d’une fléchette empoisonnée fabriquée par ses propres soins (10 ans qu’il se prépare à Koh Lanta le mec, 10 ANS) et lui subtilise son totem. A son réveil, Bernard a un gros trou noir mais il est heureux : il est convaincu d’avoir vécu son meilleur retour d’acide depuis 20 ans.
Pendant ce temps, Ugo se perd dans la forêt. Il tombe sur une tribu autochtone hyper sympa, hyper ouverte, des gens tellement généreux, qui vivent avec rien tu vois, mais qui ont tout le temps la banane, j’ai vachement appris sur moi-même à leur contact. Il laisse tout tomber et part vivre avec eux.
Après 4h d’épreuve harassante et infructueuse, Denis a pitié de Brice et Vanessa et les envoie sur les mythiques-poteaux-de-Koh-Lanta en compagnie du père de Tisséo.
Au moment M, Vanessa n’arrive pas à monter sur les poteaux : elle regrette de ne pas avoir voté Philippe quand il en était encore temps. Brice se retrouve donc en finale face au père de Tissaia (qui a malgré tout insisté pour passer 2 jours sur les poteaux. Comme ça, pour le fun).
Le jury final a trop peur des possibles représailles : il vote à l’unanimité pour Philippe.

Django Unchained – critique

Je ne vais pas comme le font certains réécrire l’histoire et faire mon blasé : Tarantino a beaucoup compté dans ma formation cinéphilique. Même si je ne me considère pas comme un cinéphile mais c’est une autre histoire, je simplifie.

J’avais 19 ans à la sortie de Reservoir Dogs, c’est l’âge parfait pour découvrir les films de QT selon moi. C’est un âge en tout cas où il peut marquer durablement. De la même manière que Beck a décoincé ma discographie de péteux indie-pop en lui apprenant à bouger son petit cul, il m’a montré qu’on pouvait être cinéphile ET fun, qu’on pouvait aimer Truffaut ET Corbucci, Godard ET Argento, mieux, qu’on pouvait les faire cohabiter harmonieusement dans le même film.

Après, c’est la sempiternelle rengaine de la création originale passée au filtre contemporain: ne jamais avoir écouté Eddie Cochran quand on adore T-Rex, c’est dommage mais ça ne dévalorise pas le second pour autant ; ne pas connaitre tous les films de la Shaw Brothers ou ceux de Damiani quand on adore Tarantino doit-il forcément être passible de la peine de mort ? Et puis les gens qui connaissent VRAIMENT les films de la Shaw Brothers sont-ils aussi nombreux qu’ils le prétendent ? Je n’en suis pas si sûr.

Bon, tout ça pour dire que j’attends toujours ses films avec une certaine impatience. Là je restais sur 2 relatives déceptions : je n’aime pas beaucoup Boulevard de la Mort que je trouve très intéressant sur un plan théorique mais qui ne me procure tout simplement pas tant de plaisir que ça; Inglorious Basterds je le trouve bancal : des moments forts mais des moments vraiment faiblards aussi (tout ce qui est français en gros, acteurs et dialogues).

Là déjà j’étais content parce que je suis toujours content de voir un western sur grand écran. Et puis enfin, Tarantino a tourné un western, merde ! Evidemment, rien de plus logique mais ça commençait à se faire attendre. Même si au final, Django Unchained n’est pas SI spaghetti que ça : te laisse pas impressionner par les petits malins habituels qui feront la fine bouche en te citant Le Dernier Jour de la Colère ou Le Dollar Troué, Django doit autant, sinon plus à la blaxpoitation qu’aux spaghetti et son héros doit lui beaucoup plus à John Shaft qu’au personnage interprété à l’origine par Franco Nero par exemple.

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Tout ça pour dire, bis, que j’ai adoré. J’ai non seulement pris un plaisir énorme mais je trouve le film passionnant.

La première partie, la partie buddy movie si je puis dire, régale sans interruption : c’est un best of du meilleur de la crème que ce qu’on aime chez Tarantino. Vais pas faire l’inventaire, suffit de la voir.

La rencontre avec l’ancien second rôle de Quoi de neuf docteur ? marque une rupture assez nette : Tarantino y fait passer son « message » avec une conviction et une maestria admirables lors de 2 scènes à la violence difficilement supportables (le combat de mandingos et les chiens). C’est à partir de là que le projet Django Unchained prend tout son sens et corrige les erreurs d’Inglorious Basterds : réécrire l’Histoire en racontant une histoire mais surtout avec des personnages incarnés (chose qui faisait selon moi défaut à Mélanie Laurent… outre le talent je veux dire). Peut-être Tarantino lui-même a-t-il eu davantage de conviction et d’engagement dans ce projet-ci, tant l’Histoire et la culture black, on le sait, lui tiennent à cœur… Bref, c’est magnifique. Et c’est d’autant plus magnifique que pour ce faire, il utilise uniquement les armes qu’on lui connait depuis le début : la violence graphique et des dialogues superlatifs. Il joue ici merveilleusement des différents registres de langages, accents et intonations en cours à l’époque : anglais Vieille Europe du fancypants Dr Schultz, faconde Sudiste des planteurs (Don Johnson, génial, Di Caprio… génial lui aussi, comme toujours), anglais vernaculaire des esclaves. C’est brillant. Plus que jamais, les dialogues sont le cœur du film, son cœur et son cerveau.

En corollaire, chose déjà abordée dans Inglorious Basterds et même Boulevard de la Mort (via le personnage de Kurt Russell), les protagonistes prennent un malin plaisir à JOUER des personnages, afin de mieux arriver à leur fin. Ainsi, au terme de son périple, Django est devenu le Nègre Vengeur, un quasi-super héros et en tout cas un pur personnage de fiction.

La scène finale retranscrit merveilleusement cela : avant de partir avec sa belle, le héros effectue une parade sur son cheval, plein écran. Pour elle ? C’est ce que le premier champ-contrechamp laisse entendre. Mais quand on revient puis s’attarde un peu sur Django, la caméra effectue un léger mouvement qui révèle Broomhilda sur le côté : la parade nous était adressée à nous, spectateurs. Super Django peut maintenant partir vers de nouvelles aventures. Fuck yeah Quentin !

Chapeau l’artiste

Leos Carax a refusé le prix du meilleur film en langue étrangère que lui a décerné la semaine dernière la Los Angeles Film Critics Association. Il n’a pas besoin de prix Leos : il est un Poéte de l’Image, un Magicien des Mots, un Poéte de la Magie, un Imagier de la Poésie. Et il s’en est expliqué:

« Bonjour, je suis Leos Carax, réalisateur de films en langue étrangère. J’ai fait des films en langue étrangère toute ma vie. Des films en langue étrangère sont fabriqués partout à travers le monde à l’exception, bien sûr, des Etats-Unis. Aux Etats-Unis, ils ne font que des films en langue non-étrangère. Les films en langue étrangère sont difficiles à faire, car vous devez inventer une langue étrangère au lieu d’utiliser votre langue habituelle. Mais la vérité, c’est que le cinéma est une langue étrangère, une langue créée pour ceux qui ont besoin de voyager de l’autre côté de la vie. Bonne nuit ».

Merci Leos: merci d’exister, merci d’être toi.

Top films 2012 – 2ème partie, les winners

Eh oui mon vieux, que veux-tu, les tops c’est comme la vie: il y a des perdants et il y a des gagnants.

Ci-dessous, mes films préférés parmi ceux que j’ai vu au cours de l’année écoulée. Et comme ils sont winners jusqu’au bout de la pellicule (ho ho!) je leur ai choisi une belle photo tirée d’eux pour les illustrer. Eux.

19 – Peace, love et plus si affinités

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Un titre français débile pour une comédie relativement moyenne mais que veux-tu, c’est mon gros péché mignon. Ici, Paul Rudd, l’acteur-le-plus-sympa-du-monde et Jennifer Aniston (on l’aime tous elle aussi même si elle ressemble un peu trop à son oncle) forment un couple de new-yorkais qui cède à la tentation communautaire. C’est cousu de fil blanc (lui, moteur de l’initiative, va vite déchanter, elle, d’abord réticente, va s’y abandonner; le gourou qui trahit la communauté; l’égoïsme des babos), ça tombe parfois à plat mais je suis très (trop) bon public pour ce genre de films dès lors que quelques gags/scènes/répliques me font éclater de rire et que le casting est réussi.

18 – Thérèse Desqueyroux

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Je me dis qu’il serait bien plus bas dans mon top si j’avais vu davantage de films mais c’est pas si sûr… Oui c’est plan-plan, oui ça frise l’académisme, oui c’est Gilles Lellouche (qui ne démérite pas non plus) mais Miller transmet assez bien la sensation de claustrophobie, de mollesse étouffante de la bourgeoisie landaise, la nature foncièrement anxiogène du roman de Mauriac. Donc c’est plutôt pas mal, voire pas mal du tout et j’ai passé un bon-mauvais moment.

17 – Ted

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Dans le haut du panier mais c’est une déception. J’avais presqu’envie d’écrire une « franche déception »: j’en attendais beaucoup car sur le papier, c’était vraiment calibré pour moi. Malheureusement, malgré une super mise en place, malgré quelques gags/répliques formidables, le film n’arrive pas à rester sur le fil et à ne pas verser à de trop nombreuses reprises dans la vulgarité/la misogynie/le conformisme. Dommage, donc.

16 – Take Shelter

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Bon film, indéniablement, mais un peu surestimé. Je n’ai rien d’autre à en dire, ça veut sans doute tout dire.

15 – Astérix et Obélix au Service secret de sa Majesté

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Grande remise, le blog qui classe le dernier Astérix devant Holy Motors, Camille redouble et Take Shelter. Et qui le pense!
Le film de Tirard est non seulement une très belle réussite sur le plan de la direction artistique (c’est suffisamment rare en France pour être souligné), mais il tire en plus un excellent profit de ses 2 choix les plus tranchés: Edouard Baer en Astérix (il fait bien entendu du Edouard Baer mais il le fait ici avec une fraîcheur évidente) + un scénario basé sur 2 des meilleurs albums de la série, qui comptent également parmi mes préférés, Astérix chez les Bretons et Astérix et les Normands. C’est joli, c’est mignon, c’est drôle (pas super drôle non plus mais on sourit tout du long), le casting est nickel: c’était une des bonnes surprises de l’année.

14 – Radiostars

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Encore un film totalement surclassé mais j’assume: ca n’a pas le talent de ses ambitions (grosso modo les bromances de la neo-comédie US), Cornillac n’a rien à faire là-dedans, y a de grosses, très grosses maladresses mais y a aussi de très bons gags/répliques et de très bons moments (tout le long passage avec le rappeur même si ça se termine en hallucinante pub pour McDo, la saucinette, la scène dans la boîte de nuit en Province « c’est con t’as raté Dr Alban ») qui me rendent l’ensemble sympathique. Je regrette que ce film, qui malgré tout tente quelque chose dans l’univers pantouflard de la comédie française, ait fait un four. La BO est signée d’un de mes chouchous Rob, le morceau principal est sublime et on entend même West Coast de Coconut Records. Tout ça suffit à mon bonheur.

13 – Our Idiot Brother

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Joli film indé qui aurait pu être caricatural (hippies, hipsters et bobos new-yorkais à tire-larigot) mais qui adopte pile-poil la bonne distance. Un film cousin de Peace, love.. en quelque sorte mais si le premier est dans la farce et la caricature, celui-ci serait davantage dans la chronique tendre. C’est quand même dingue le capital sympathie dont dispose Paul Rudd, il est génial ce mec. Alors dans un rôle de proto-Dude naïf et un peu concon, n’en parlons pas. On a presque envie de davantage le câliner lui que son son beau golden retriever, Willie Nelson (le nom du chien dans le film). Sinon à part ça y a Elizabeth Banks, Rashida Jones et Zooey Deschanel qui jouent dedans. OK.

12 – American Pie 4

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Avec le temps, je suis devenu un énorme fan du premier épisode dont je connais par cœur et cite régulièrement bon nombre de répliques. En vf bien sûr, je l’ai jamais vu et je VEUX ABSOLUMENT PAS le voir en vo : « pur Arabicaca », « il s’agit manifestement d’un Piero della Francesca », « maman de Stifler… » suivi d’un râle de plaisir etc. Il s’agit en plus, de mémoire, de la première occurrence, je ne dirai pas invention, de l’acronyme « MILF », rien que pour ça (encore une parenthèse: j’ai du récemment expliquer à une collègue ce qu’était une MILF… en 2013… et après on dit que j’ai un chouette boulot, j’te jure…). Je suis donc allé voir avec motivation ce 4ème volet réunissant le casting originel et nostalgie mise à part, j’ai été très agréablement surpris, j’ai beaucoup ri. C’est essentiellement gras et y a donc du mauvais gras bien sûr mais  y a davantage de bon gras donc c’est chouette. Et Sean William Scott donne vraiment de sa personne, il force le respect.

11 – 5 ans de réflexion

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C’est bien mais c’est presque trop bien. J’entends par là qu’il manque peut-être un grain de folie voire quelques moments faibles, qui conféreraient au film un aspect un peu plus rugueux, un peu moins lisse… Ca manque à la fois de très bons gags et de moments réellement émouvants, comme on pouvait en avoir dans Sans Sarah, rien ne va, dont le film pourrait être la suite. Mais après tout, ça n’était peut-être pas l’objectif initial, peut-être les auteurs se situaient-ils délibérément sur le terrain de la chronique conjugale douce-amère… Auquel cas c’est une très belle réussite car c’est extrêmement bien écrit. T’as vu j’ai même pas parlé d’Alison Brie.

10- Moi, député

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Je l’ai évidemment adoré avant de l’avoir vu et je n’ai pas été déçu. Si la satire politique fonctionne parfaitement (on tient là un de ces films au cours duquel on peut se dire sans trop de risques et avec un léger frisson que « la fiction ne dépassera jamais la réalité », dé-délocalisation comprise), ce qu’on retient avant tout, ce sont évidemment les gags, énormes, culottés, outranciers, géniaux. Celui-ci comporte mon préféré de l’année, la beigne au chien de The Artist. Galifianakis est génial en freak white trash précieux et psycho-rigide, Ferrell trouve encore de nouvelles variations sur le personnage dont on peut dire qu’il l’a complètement réinventé tellement il l’a fait sien, celui de l’Abruti Congénital.

9- Voisins du 3ème type

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« Aaaaaaallez, encore une comédie US… ». Et c’est pas fini. On peut parler de passion à ce niveau-là, j’en suis conscient. C’est ma Nouvelle Vague à moi que veux-tu (je le pense en plus).
Voisins du 3ème type a divisé même les amateurs du genre, c’est un mystère. C’est le côté SF qui rebute? Je ne comprends pas. On s’en fout de l’intrigue… Car le film est un pur produit de l’école Apatow : ici ce qui compte c’est de discuter avec les gens qu’on aime. Le personnage-clé est ainsi celui de Vince Vaughn, faux beauf, vrai gentil: il s’en fout lui au fond de chasser l’alien ou de protéger le quartier; il veut bien faire plaisir à Ben Stiller du moment que ça signifie passer du temps ensemble en sifflant quelques bières. Ce sont les meilleures scènes du film, celles où il ne se passe absolument rien, où les dialogues s’étirent jusqu’à l’épuisement, créant une sensation de douce euphorie, concomitante du groupe, de la communauté. Le groupe, la bande, les amis, rendent plus fort. C’est très joli, très touchant. En plus d’être très drôle évidemment.

8 – La taupe

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Critiques hyper élogieuses, avis spectateurs très mitigés (« soporifique… alambiqué… étouffant… chiant »). Comme souvent, la vérité se situe sans doute au miyeu mais j’ai beaucoup aimé. Pendant la séance, c’est vrai, il faut un peu s’accrocher: l’intrigue n’est pas si compliquée que ça mais le montage, les ellipses, les dialogues un peu cryptiques (superbes dialogues dans une langue anglaise des plus soignée) prennent un malin plaisir à brouiller les pistes. Un peu trop, et c’est dommage. Mais formellement, c’est une splendeur. L’action se situe en 1973, qui est comme chacun sait, la plus belle des années, et pour peu qu’on ait comme moi un faible pour l’esthétique tout en tons brunâtres/orangés et les textures cosy de l’époque, c’est un délice. Découpage, mouvements de caméra, interprétation, décors, costumes (un festival de costumes en tweed) tout concourt à créer une atmosphère à la fois suprêmement élégante, feutrée, paranoïaque et étouffante: les personnages semblent dans l’impossibilité concrète de vivre ou se mouvoir à l’air libre (sinon pour mourir), ils sont tous des taupes (l’agent « reconverti » en professeur vivra d’ailleurs dans une caravane, comme pour reproduire les conditions d’enfermement de son ancienne activité), écrasés par la bureaucratie, la hiérarchie, le poids des responsabilités, les jeux de dupes. Vraiment remarquable et après Morse, que je ne n’avais que moyennement apprécié mais dont je reconnais les nombreuses qualités, une confirmation qu’Alfredson est un réal à suivre de près.

7 – Skyfall

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Des amis très chers et aux goûts très sûrs ont tenté, avec conviction, de me faire changer d’avis via des arguments tout à fait recevables. Je les ai écoutés, je les ai entendus. J’ai douté, j’ai fléchi même… J’ai vécu des heures sombres, j’ai traversé de sales moments: je vais pas te mentir, ça n’a pas été facile tous les jours. Mais je m’en suis sorti et je peux le clamer aujourd’hui haut et fort: j’aime Skyfall.

6 – Cherchez Hortense

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Je n’ai pas grand chose à en dire: c’est très péteux, très cultureux, très bourgeois, très français, assez agaçant j’imagine, voire indéfendable pour pas mal de monde mais j’ai adoré. J’aime beaucoup Bacri et il trouve ici un de ses meilleurs rôles. Chacune de ses confrontations avec Claude Rich, insupportable mandarin mitterandien, est un régal. Et puis sous le vernis Film Qualité France Culture, il y a de vraies propositions et de vrais « sentiments » de cinéma (injustice, rébellion, exaltation amoureuse).

5 – Populaire

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Il se passe un truc en France depuis quelques années. On a juste 30 ans de retard mais c’est pas grave, ça arrive lentement mais sûrement. Ca n’a l’air de rien mais c’est énorme: le grand public français est en train de découvrir ce qu’est la pop culture. La pop culture, c’est Radiostars et ses références californiennes, Astérix et ses références britonnes (une BD en plus) mais c’est aussi les Gordini, Roger Tallon, les Stinky Toys, les montres Lip ou Elli & Jacno. C’est ce qu’on voit dans Populaire, le bien nommé. Qui aurait même pu s’appeler Pop… Des couleurs… de la légèreté… une certaine élégance… une volonté d’universalisme (la pop culture n’est pas la culture de masse: plaire à tout le monde signifie également plaire aux plus élitistes).
Bon, je m’égare, pour dire que Populaire est fondamentalement un film pop que ça soit par son accessibilité, sa légèreté (de façade bien sûr), sa direction artistique etc. Quels décors mes aïeux, quels costumes! C’est précis, c’est chiadé et surtout ça transpire le plus grand dénominateur commun, sans démagogie, sans nivellement par le bas. Il y a dans Populaire des références au cinéma de Papa de Gilles Grangier mais aussi à Hitchcock, Clouzot ou Jacques Demy (entre autres). Ca brasse large et surtout, ça brasse juste. Quand en plus tout ça est enrobé d’une intrigue maline, virevoltante, pétrie de sentiments nobles et purs, difficile de lutter. Deborah François est adorable et après l’Arnacoeur, c’est la 2ème fois consécutive que je trouve Romain Duris quasiment craquant, c’est vraiment qu’il s’agit d’un film à part… Un délice, vraiment. En plus la BO est co-signée par Rob (qu’on retrouve également au générique de Radiostars, comme par hasard…) et on voit même Bill Trumendous à la fin! TOP 5, eh ouais mon pote!

4 – Une vie meilleure

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« Putain, ENFIN un vrai bon film dans son top de merde! »
Eh oh ça va, pas besoin d’être insultant non plus… Sache pour ta gouverne que mon top me plaît beaucoup et qu’il serait en bonne place dans mon top de tops.
Mais oui, Une vie meilleure est un vrai bon film et ça fait plaisir de retrouver Cédric Khan à son meilleur niveau, celui de Roberto Succo. Les 2 films sont d’ailleurs assez proches : dans les 2 cas, cette sensation étouffante et haletante de fuite en avant effrénée (pour Succo), de descente aux enfers sans fin (pour celui-ci) : on a le sentiment que ça ne s’arrêtera jamais, on se croirait dans 24.
Ca m’a également fait penser à L’Enfant des Dardenne: dans les 2 cas, la matière sociale n’est jamais utilisée à des fins purement discursives, psychologiques et encore moins lacrymales bien entendu, elle sert à élaborer une vraie fiction de cinéma, avec ses rebondissements, son suspens qui te prend aux tripes. Enfin, après mon coming-out Duris, je suis prêt à le verbaliser: dans un vrai bon film, avec un vrai personnage superbement écrit, Guillaume Canet peut être un super acteur.

3 – Wrong

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Après le gros ratage Rubber, Dupieux rectifie le tir. S’il n’atteint pas le niveau des fulgurances freaky-hype de Steak (« bottine »), il ajoute dans Wrong un ingrédient qu’on n’attendait peut-être pas chez lui: l’émotion. C’est génial. C’est hyper précis esthétiquement. C’est flippant. C’est drôle. Et c’est donc désormais émouvant.

2 – Baby-sitter malgré lui

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La voilà la grande comédie US de l’année et évidemment, elle n’a bénéficié que d’une sortie technique. The Sitter (titre original) relève de l’évidence: il faut le voir, rire et être ému, point.

1 – Moonrise Kingdom

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Loin, très loin devant les autres, une évidence là encore. Je suis trop paresseux pour me lancer dans une véritable analyse, qui de toute manière me semble totalement superflue tellement tout est limpide, évident encore. Je n’ai pas non plus envie, je l’avoue, de me lancer dans une explication des raisons pour lesquelles les films de Wes Anderson me parlent et me touchent autant. Disons que je mets ses films sur le même plan que Pet Sounds, Hawaii ou Village Green Preservation Society (exemples évidemment pas du tout choisis au hasard). Voilà.

Top films 2012 – 1ère partie, les losers.

Ca commence à 36 parce que j’ai vu 36 films sortis en 2012. C’est peu, j’ai vu beaucoup trop de merdes et raté beaucoup trop de supposés bons films mais c’est comme ça.

Je démarre donc avec les films que je n’ai pas/peu aimés ou que je n’estime pas bons.

36 – Bachelorettes
Sale, vulgaire, prétentieux: un film vendu comme un complément à Mes meilleures amies alors qu’il en est l’antithèse la plus parfaite. Vraiment dégueulasse.

35 – Dépression et des potes
Je sais pas trop pourquoi je suis allé voir ça, le titre peut-être. En tout cas c’est vraiment, mais vraiment à chier. Une catastrophe de tous les instants, assez exemplaire à ce titre. Le genre de médiocrité qui devient embarrassante et qui te fait penser que c’est vraiment dur de réaliser un bon film ou même un film correct. Fred Testot est décidément un très mauvais acteur. Et le pire c’est que maintenant on dit, et moi le premier, « Fred Testot » et pas « Fred, d’Omar et Fred », comme on dit « Omar Sy » d’ailleurs; c’est flippant putain, genre ça y est, les mecs sont arrivés…

34 – Holy Motors
J’ai dit tout le mal que j’en pensais ici .

Pause détente en musique pour l'équipe de tournage d'Holy Motors
Pause détente en musique pour l’équipe de tournage d’Holy Motors

33 – Associés contre le crime
Paresseux et pantouflard, un vrai film de vieux. Et une vraie déception car j’avais adoré les 2 premiers opi. Un opus, des opi… Non? OK.

32 – Dans la maison
A chaque fois je me dis qu’il faut que j’arrête d’aller voir les films d’Ozon. Celui-ci est presque correct, en tout cas se regarde pendant une bonne moitié mais ce qui suit est tellement mauvais que je pense que cette fois-ci je me ferai plus avoir.

31 – Prometheus
Complètement con ce film. La scène de l’accouchement m’a fait bien rire mais qu’est ce que c’est con et mal foutu nom de Dieu… Saleté de marketing qui a réussi à me le vendre  sur la foi d’images splendides de l’île de Skye alors que j’exècre Ridley Scott.

30 – Chronicle
Ah oui tiens, j’ai vu ça aussi… Je viens tout juste de m’en souvenir. T’as raison, c’est pas bon signe.

29 – Le Hobbit
Ici

28 – Projet X
J’en ai rien à foutre que le film soit « un bouillant témoignage du régime d’images youtubesques nourrissant la génération post-MTV » (LE argument théorique des défenseurs du film): je trouve ça très désagréable, pas attachant du tout, pas assez drôle (quelques très bons gags mais trop isolés), très misogyne, voire réactionnaire. L’anti-Supergrave en somme.

27 – Rebelle
Bluffant et magnifique visuellement (les cheveux!) mais sans intérêt passé 8 ans.

26 – L’Odyssée de Pi
Me suis encore fait avoir par la critique. C’est pas aussi horrible que la bande-annonce le laissait craindre mais c’est quand même bien moche (sauf le début à Pondichéry) et ça pisse pas très loin. Réalité/légende, foi/croyance… Pffff, c’est convenu… Merde, je vais le dire: L’Homme qui tua Liberty Valance, c’était quand même un peu plus subtil et classieux!

25 – Argo
Ici

24 – Camille Redouble
L’incompréhension critique de l’année (avec Holy Motors évidemment): c’est plutôt un bon film évidemment mais c’est complètement surestimé non? Surtout, j’en reviens pas que si peu de critiques aient relevé qu’il s’agissait d’un remake pur et simple de Peggy Sue s’est mariée et pire encore, que Lvovsky elle-même ne l’ait jamais mentionné. C’est dingue…

Ah tu peux baisser les yeux ouais, y a pas de quoi être fière
Ah tu peux baisser les yeux ouais, y a pas de quoi être fière

23 – The Dictator
Quelques gags fantastiques mais trop peu nombreux. Sacha Baron Cohen semble de plus ne pas savoir sur quel pied danser: faux docu ou vraie fiction? Ca rend le film complètement bancal. Dommage.

22 – 38 témoins
Chiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaant. Objectivement un bon film mais putain que c’est chiant…

21 – Adieu Berthe
Moui… Mais non. L’horrible Bancs Publics a fait beaucoup de mal aux Podalydès puisque même s’il est incomparablement meilleur, Adieu Berthe n’est pas exempt de certains défauts rédhibitoires à mes yeux et qui rendaient donc Bancs Publics insupportable: caricature forcée, tentation du réalisme poétique voire de la poésie de la vie façon salle des profs-Télérama… Oui, je suis extrêmement strict sur ces choses-là, je n’admets aucun écart. Dommage là encore, ça aurait pu être tellement mieux…

20 – Cogan, killing them softly
Ici

19 – Cloclo
C’est nul bien sûr mais je sais pas, j’ai pas envie de l’enfoncer. Il y a parfois de belles choses, une bel allant dans la mise en scène. LE problème des biopics: comment éviter la simple imitation avec interprétation de singe savant césarisée/oscarisée? Cloclo aurait lui pu répondre  à une autre question, plus troublante: que faire quand l’interprète principal est le quasi-sosie du personnage, sans prothèse ni maquillage? On en est quand même loin, faut dire ce qui est. Benoît Magimel, avec prothèses et maquillage, en imitation de Paul Lederman, c’est grandiose de portnawak en revanche.

Les winners demain ou après-demain si j’ai le temps.

Lundi soir sur la Terre

Hier soir je suis allé au McDo et j’y ai reçu une quantité non négligeable d’informations notables.

Déjà, le Big Mac : c’est quoi ce bordel?!?! Il était tout rachetoque! Ils les ont rapetissé?! Ou alors ça faisait vraiment très longtemps que j’en avais pas commandé parce que je n’avais pas souvenir d’un aussi petit burger. Ca m’a contrarié.

Dans ce restaurant, des écrans diffusant des clips sont disposés un peu partout. Ca m’a permis d’effectuer une rapide mise à jour sur ce qui se produit actuellement dans l’industrie musicale (étonnamment, la réponse est : de la merde).

J’y ai ainsi vu un clip de Madonna, Turn Up the Radio (note l’originalité du titre, appel  désespéré à peine voilé qu’on pourrait traduire par: « écoutez ma chanson, je vous en supplie »). Il m’a curieusement fait penser au clip de Louxor, j’adore mais surtout, en voyant Madonna, j’ai pensé aux Yeux sans visage: elle est tellement botoxée, maquillée, sur-éclairée, que son visage se réduit désormais à un espace blanc entouré de cheveux blonds et dont n’émergent que 2 yeux et une bouche. J’en ai déduit qu’il y avait en elle davantage de l’inquiétante étrangeté du film de Franju que dans tout Holy Motors et j’ai trouvé ça d’une ironie assez réconfortante.

Suivait un clip des Beach Boys, That’s why God made the radio, tiré de leur dernier album sorti en 2012 et que je n’ai pas voulu écouter. C’était assez triste (et la chanson, et le clip) comme je le craignais. En faisant une petite recherche j’ai découvert que l’un des morceaux figurant sur ce disque était co-écrit par Bon Jovi. Tristesse, encore.

Enfin, un clip de Justin Bieber, featuring le dénommé Big Sean (déjà…). Sans intérêt évidemment jusqu’à l’apparition de Michael Madsen. Michael Madsen nom de Dieu… Mr Blonde dans Reservoir Dogs, Budd aka Sidewinder dans Kill Bill… Dans un clip de Justin Bieber putain… Ca m’a déprimé.

Heureusement juste après j’ai vu Populaire et c’était absolument super : j’en parlerai dans mon top films.

Le retour

Aussi incroyable que ça puisse paraître, j’avais bien mieux à faire ces derniers jours que de poster mon top films, commenter le dernier sketch de Groland (Depardieu en Russie) ou cracher sur le 4ème Ballon d’Or consécutif de Messi.

Mais je ne t’ai pas oublié pour autant !

Grande remise revient donc en 2013 pour encore plus de précision, d’élégance, de mauvaise foi et de méchanceté gratuite.

Coming soon : mon top ciné 2012 avec des restaurateurs précaires, des scouts, des baby-sitters et des professeurs de civilisation japonaise dedans.

Le Hobbit, un voyage inattendu – critique

Le prototype du FQTAAMCEVPP: le Film Que Tu Aimerais Aimer Mais C’Est Vraiment Pas Possible.
Tes a priori te font craindre le pire mais tu ne veux pas y croire: tu VEUX avoir tort. Et tu y crois parfois, oh, pas beaucoup, mais suffisamment pour te dire que tu avais bien fait de ne pas perdre espoir. Mais c’est trop peu, trop peu souvent et malgré toute ta bonne volonté, le résultat est sans appel: c’est moyen/sans intérêt/naze/nul à chier (rayer la mention inutile).

Le Hobbit n’est pas nul mais c’est peut-être pire: il est inutile.

Le savoir-faire de Peter Jackson (on le sent d’ailleurs peut-être un peu trop le savoir-faire, c’est justement le problème) empêche le film de sombrer dans l’ignominie mais à peine le générique de fin lancé, tu as oublié ce que tu viens de voir. Tu as oublié cette looooooooooooooooooongue séquence d’introduction à Cul-de-sac (rétrospectivement, tu te dis que c’était peut-être pas ça le pire), cette multiplication de panoramiques à la grue, de plongées numérisées dans les tréfonds de la Terre du Milieu, de filtres de couleur, ce bestiaire inconséquent à force de de virtuosité et de systématisme, voire de systématisme virtuose (on peut pas s’empêcher de se demander ce que Guillermo Del Toro en aurait fait…).

Martin Freeman... The Office... Eh ouais...
Martin Freeman… The Office… Eh ouais… (soupir)

Ca aurait pu fonctionner, ça frémit même parfois un peu. Bilbo le Hobbit est un récit foncièrement enfantin et ludique, moins sombre que le Seigneur des Anneaux: la forme se met au diapason, plus colorée, plus kitsch, plus fantasy en somme, moui, pourquoi pas… Le budget semble colossal et bien utilisé (= il se voit à l’écran), les progrès dans le domaine des effets spéciaux, stupéfiants… Mais les enjeux, déjà bien minces, s’effacent très rapidement devant une succession de morceaux de bravoure qui frise l’absurde et plonge en tout cas allègrement dans l’inconséquence. Quant à la psychologie des personnages alors là mon vieux…

J’ai revu les 2 premiers épisodes de la trilogie du Seigneur des Anneaux avant la séance. Je suis un grand fan du bouquin de Tolkien, j’avais adoré la trilogie à l’époque de sa sortie ciné mais je craignais de la revoir: j’ai été très agréablement surpris… Peut-être les (relatives) contraintes budgétaires, la nécessité absolue de tailler le récit dans le vif, l’enthousiasme manifeste et transpirant de chaque image des auteurs face au défi titanesque que constituait l’adaptation cinématographique d’une œuvre jugée inadaptable ont-elles suffi à assurer sa réussite?

Je voulais y croire. Il a très vite fallu se rendre à l’évidence: cette nouvelle trilogie part sur de très mauvaises bases. Quand les seuls points positifs sont des réminiscences de la trilogie précédente (le charisme de Gandalf, les décors de Fondcombe, la touchante monstruosité de Gollum) ça pue quand même un petit peu… Le Hobbit, un film qui joue sur la connivence/la nostalgie d’une oeuvre achevée il y a à peine 9 ans… Purée…

On en vient à suspecter l’appât du gain, le mercantilisme le plus vil d’avoir présidé aux motivations des auteurs de ce film: pourquoi 3 fois 3 heures pour un récit aussi « mince »? C’est moche. Et un peu triste.

Top albums 2012

1. Tame Impala – Lonerism

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La pop d’hier, d’aujourd’hui et de demain en 50 minutes tubesques, rêveuses, lysergiques. Un grand trip psyché qui s’achève au son des vagues du Pacifique, parfait. Le disque produit par Kevin Parker pour sa nana, Melody’s Echo Chamber est très bien également.

2. Beachwood Sparks – The Tarnished Gold

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Retour inespéré de l’un de mes groupes fétiches. J’ai déjà tout dit ici.

3. Neville Skelly – Poet & the Dreamer

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Richard Hawley s’est à moitié manqué cette année mais c’est pas grave : Neville Skelly a pris le relais d’un crooning anglais sombre et classieux mais versant folk/sixties. Il est accompagné par The Coral, y a pas de hasard. Sans doute ma pochette préférée de l’année.

4. Sébastien Tellier – My God Is Blue

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Un album qui m’a d’abord déçu (je n’aimais pas du tout la seconde moitié). Mais mais mais… Il propose des choses très fortes formellement: ces rythmiques hénaurmes, ce côté pop moscovite grandiloquent. C’est pas un disque tiède du tout quoi. Et puis c’est un grand disque d’amour… Je pense que Tellier essaie avant tout de manière un peu naïve peut-être, par la simple puissance d’une mélodie, d’un changement d’accord ou de tonalité, de toucher à des sentiments très purs. Disons qu’il y a là une croyance très touchante en la puissance universelle de la musique. Ca par exemple, c’est très très fort je trouve. Bon et puis y a eu ce concert incroyable qui biaise totalement mon avis sur ce disque.

5. Ty Segall – Twins

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L’homme de l’année (sauf en France évidemment où il bénéficie de zéro exposition): 3 albums, une compil de singles et à chaque fois que du bon, ou presque. Ici en tout cas c’est un sans faute: du garage-psych-rock qui lévite autant qu’il tabasse. C’est super pêchu, c’est mélodique, c’est malin, c’est joyeux, c’est malsain, c’est Nuggets à mort donc évidemment ça me parle beaucoup!

6. Father John Misty – Fear Fun

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Le grand disque Californien de l’année (il brasse plus large celui des Beachwood Sparks), succédant à celui de Jonathan Wilson l’an dernier . Le mec était batteur pour les Fleet Foxes… Tu m’étonnes qu’il s’y sentait un peu à l’étroit… Super, super album. Très varié, avec des chansons douces, mélancoliques et d’autres carrément enlevées, très basiques.

7. Jim Noir – Jimmy’s Show

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Un de mes pitits chouchous, un des invités potentiels de mes soirées idéales: Jim Noir c’est l’Angleterre pleine de fantaisie, excentrique, élégante et insulaire dont la lignée débuterait avec Lewis Carroll et se poursuivrait avec les Kinks, le Magical Mystery Tour, les Small Faces, Le Prisonnier ou plus récemment Gruff Rhys. Un mec qui écrit des chansons sur le thé, sa maman ou sa vieille Ford Escort. Un mec bien.

8. Spiritualized – Sweet Heart, Sweet Light

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Longtemps le number one mais je m’en suis un peu lassé… Je pense en réalité que l’album n’est pas complètement à la hauteur de son ouverture, LA chanson de l’année (je n’aime pas du tout ce clip ceci dit). Ces 3 dernières minutes ascensionnelles nom de Dieu… M’enfin, je pinaille, ça reste du très très haut niveau tout du long. La pochette WTF de l’année.

9. Neil Young & Crazy Horse – Psychedelic Pill

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Comment fait-il pour rester aussi pertinent et enflammé après tous ces albums, tous ces chefs d’œuvre, toutes ces années, toutes ces vies? Ce mec est un dieu…

10. Damien – Flirt

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Ici

11. Matthew E. White – Big Inner

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Modeste en apparence, assez dingue quand on creuse, le prototype du disque qui se bonifie avec les écoutes et les années. Entre Randy Newman, Allen Toussaint et Dr John, une soul sophistiquée et orchestrale absolument sublime.

12. Air – Le Voyage dans la Lune

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Depuis Love 2, Air semble complètement revigoré, osant à nouveau jouer des morceaux enlevés et rythmés, ne se contentant plus de faire (très bien mais un peu en pilotage automatique) du Air. Très impatient d’entendre la suite de leurs aventures.

13. Rufus Wainwright – Out of the Game

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Après un premier album parfait, Rufus a toujours un peu déçu malgré un talent hors-norme. Il y a encore ici des titres un peu faiblards mais le reste est délicieux: il a eu la bonne idée de lâcher un peu la bride à son producteur, Mark Ronson, qui lui a concocté un son 100% moelleux, 100% esprit Calif’. Ca lui va à merveille alors qu’on l’imaginait pas forcément sur ce créneau.

14. Bonnie Prince Billy & Trembling Bells – The Marble Downs

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Depuis bientôt 20 ans, Will Oldham sort un disque par an (à peu près). Et chacun d’eux, ou presque, mériterait de figurer dans les tops de fin d’année. Celui-ci ne déroge pas à la règle. Et remet les choses à leur place: une bonne chanson country, c’est souvent un mec et une nana qui se chamaillent amoureusement dedans. La nana vient du Vieux Continent et fait partie des jeunots écossais de Trembling Bells (dont les albums sont d’ailleurs plus que recommandables), le mec c’est donc Will Oldham, Nouveau Continent. Et ça fonctionne à merveille.

15. The Fresh and Onlys – Long Slow Dance

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Groupe garage originaire de San Francisco. Plus pop que Ty Segall ou Thee Oh Sees. Pas leur meilleur, un peu trop produit à mon goût: ils perdent un peu leur mystère, leur côté « spectral » et mortifère (qui leur valaient des comparaisons avec The Coral). Mais ce sont de très bonnes chansons et le disque est très agréable.

16. Thee Oh Sees – Putrifiers II

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Again, from San Francisco, du garage rock mélodique, malin, vicieux. Du garage rock donc. Pochette immonde.

17. Euros Childs – Summer Special

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Non content de porter l’un des plus beaux noms qui soient, Euros Childs écrit depuis désormais plus de 20 ans (il était co-leader de Gorky’s Zygotic Mynci) quelques unes des meilleures chansons pop contemporaines. Cet album est dans la lignée de celui de Jonny l’an dernier (son projet avec Norman Blake de Teenage Fanclub): naïf, enjoué, primitif, mélancolique.

18. The Explorers Club – Grand Hotel

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Encenser Real Estate, Tristesse Contemporaine ou Lescop et balayer d’un revers de la main ce groupe parce qu’il serait passéiste, c’est quand même du gros foutage de gueule : il y aurait donc une hiérarchie dans le revivalisme? Allons allons… Explorers Club écrit de superbes chansons et les interprète impeccablement: c’est tout ce qui devrait compter. Magnifique pochette ceci dit.

19. Rumer – Boys Don’t Cry

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Alors là attention, c’est très précis. On est évidemment pas dans le rock, on est même quasiment plus dans la pop : on est dans la variété. La variété au sens Bacharach et Jimmy Webb du terme mais la variété quand même. Et ici plus qu’ailleurs, faut pas se rater : un milligramme de sucre, une lichette de crème fouettée en trop et c’est l’indigestion. Rumer reste toujours du bon côté de la barrière parce qu’elle a un goût à toute épreuve (reprises de Paul Williams, Todd Rundgren, Townes Van Zandt, ça calme), qu’elle sait s’entourer et qu’elle a une voix à faire passer Karen Carpenter pour Hélène Ségara. Évidemment, pour un fan de Minor Threat, Passion Pit ou Autechre, c’est juste de la soupe : il faut avoir les bons outils pour apprécier ce type de mixtures, c’est pas donné à tout le monde. En revanche, le premier qui dit que le sucre et la crème fouettée sont peut-être pas passé dans sa musique mais directement sur ses fesses a totalement raison.

20. Alabama Shakes – Boys & Girls

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Un des albums plébiscités dans tous les tops qui comptent et c’est mérité. Alabama Shakes c’est un peu le groupe que Kings of Leon aurait pu devenir s’ils avaient pas préféré être U2 à la place de Coldplay et s’ils avaient eu une chanteuse. De la country-soul sudiste comme on l’aime, qui donne envie de tailler la route dans son pick up, une casquette de trucker sur la tête, une serveuse un peu fatiguée ramassée après son service sur le siège passager, une glacière pleine de bières fraîches à l’arrière.

The Vaccines

Les Vaccines, un groupe anglais comme le NME nous en encense 23 chaque semaine : c’est la raison pour laquelle je n’avais jusqu’à il y a quelques jours jeté aucune oreille sur leur musique.

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La première écoute confirme en quelque sorte mon a priori négatif : c’est du pur indie-rock briton comme on en fait depuis Jesus & Mary Chain, en passant par les Smiths, Supergrass, les Libertines. Sauf que voilà… Je ne cite pas ces noms là par hasard : on va quand même attendre un peu avant de dire que le nom des Vaccines peut être accolé à cette belle liste mais ils en sont en tout cas pour l’instant les dignes héritiers.

Les Vaccines c’est l’air de rien le groupe indé qui peut changer ta vie à l’adolescence. Celui qui te fait découvrir ce qu’est le rock indé ; qui te fait ouvrir les yeux sur l’Angleterre, les modes, les chapelles; qui te rend un peu péteux, voire prétentieux; qui te fait changer d’amis, tomber amoureux de filles un peu différentes, pas du tout les mêmes qui te plaisaient jusque-là; qui peut te faire prendre une guitare, une caméra ou un stylo. Qui te fait grandir en somme, en ayant 17 ans pour toujours. Dans mon cas c’était les Smiths, pour d’autres ça aura été Blur ou Pulp, pour les plus jeunes Franz Ferdinand ou encore les Libertines ou The Pains of Being Pure at Heart (US mais c’est du rock anglais).

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Rien de très original donc, de l’indie-pop comme on en faisait en 1985 et comme on continuera à n’en pas douter à en faire en 2065 : mélodique, tranchante, énergique, dansante même. Car la particularité des Vaccines (il en faut bien une, sinon quel intérêt?) est de chercher son inspiration du côté du rock’n’roll, le vrai, celui qui sent bon le lait-fraise, la gomina et les guitares qui font twang. Évidemment, ils en livrent une version complètement filtrée et très 2012 mais ils seraient en quelque sort l’équivalent des américains de Girls ou des Drums, autres groupes très marqués par la musique des 50s. La leur est délibérément joyeuse et entraînante, ce qui n’empêche évidemment pas des instants plus mélancoliques, grâce notamment à des paroles assez futées. Chose de plus en plus rare, le deuxième album est meilleur que le premier.
Les Vaccines donc, que je classerai dans la même catégorie que Best Coast.

Le prochain article de Grande remise sera mon top album 2012. Je sais, c’est cruel de teaser ainsi, j’espère que tu réussiras quand même à dormir un peu d’ici là.