Jim Noir – Finnish Line – critique

Celles et ceux qui suivent régulièrement Grande remise savent que Jim Noir fait partie de mes chouchous, de mes musiciens contemporains favoris.

Il a sorti la semaine dernière son 4ème album, Finnish Line, dans l’indifférence quasi-générale : le « quasi » n’est dû qu’aux quelques échos retrouvés dans la presse spécialisée britannique. Et encore, ça reste très discret. Quand on tape « Jim Noir Finnish Line » dans Google, on obtient très très peu de réponses, c’est assez hallucinant (ouais ok, déformation professionnelle). Du coup, petit pochette merdique :

Jim Noir - Finnish Line
Mais encore une fois, je suis là pour tenter de réparer cette terrible injustice : Grande remise, le blog des causes perdues.

Alors déjà, il faut savoir que tu connais certainement Jim Noir sans en être conscient : il a en effet démarré sa carrière en trombe avec un 2ème single, Eanie Meany, qu’Adidas a utilisé pour son spot de pub durant la coupe du monde de foot 2006. Autant te dire que tu l’as entendue un paquet de fois :

Cette chanson, Eanie Meany, c’est à la fois son fardeau et son joyau : un titre dont il ne retrouvera jamais le « succès » mais qui résume à lui seul tout son art. Ludique, enfantin même, bricolé, joyeux et mélancolique à la fois, en un mot (évidemment), pop.

Ses 3 premiers albums sont peu ou prou issus du même moule : Jim Noir, de son vrai nom Alan Roberts, élégant slacker mancunien, dandy de la bricole sonore, enregistre seul chez lui des petites comptines pop electro-acoustiques, gentiment psyché, extrêmement mélodiques, d’une naïveté confondante.

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Jim Noir

Voici ce que je disais de lui dans mon top album 2012:

« Un de mes pitits chouchous, un des invités potentiels de mes soirées idéales: Jim Noir c’est l’Angleterre pleine de fantaisie, excentrique, élégante et insulaire dont la lignée débuterait avec Lewis Carroll et se poursuivrait avec les Kinks, le Magical Mystery Tour, les Small Faces, Le Prisonnier ou plus récemment Gruff Rhys. Un mec qui écrit des chansons sur le thé, sa maman ou sa vieille Ford Escort. Un mec bien. »

Je ne saurai dire mieux. Ce mec me touche profondément : plus le temps passe, plus je l’aime.

Son 4ème album, Finnish Line donc, se démarque  un peu de ses prédécesseurs. Pas dans l’atmosphère et l’ambiance générale, plus britannique, enfantine et nostalgique que jamais. Dans la forme : nettement plus « classique » que ses 3 premiers albums, (guitare-basse-piano-batterie sur la majorité des titres) il délaisse quasiment le bricolage electro régressif, réduit ici à de simples petites touches.
Surtout, il est ouvertement référentiel, frisant clairement le pastiche, avec en ligne de mire les Beatles du White Album.

Ce qui sauve Finnish Line du vain exercice de style, c’est évidemment cette « atmosphère et ambiance générale » que j’évoquais un peu plus haut, de même que ces petites signatures mélodiques qui n’appartiennent qu’à lui aujourd’hui. Putain mais QUI aujourd’hui écrit des chansons aussi aimables, limpides et tendrement poignantes que Come and See? Finnish Line parlera à ceux qui connaissent déjà son travail mais la forme plus « classique » devrait également lui faire gagner une audience un peu plus large. J’espère vraiment qu’il va toucher davantage de gens avec ce disque même si je me fais pas trop d’illusions.

Enfin, c’est quand même tout le mal que je lui souhaite car si  on considère que la Pop est ce pays mélancolique et joyeux qui tente de recréer la magie de l’enfance avec insouciance et innocence tout en sachant que c’est peine perdue, Jim Noir en est aujourd’hui un de ses plus dignes et brillants représentants.

Top of shame

Cette semaine j’ai reçu ma nièce car elle prenait l’avion à Toulouse pour l’Australie  où elle va passer un an.
Ca m’a donné envie de pousser un coup de gueule et de parler de ces jeunes, de plus en plus nombreux, qui quittent notre pays parce qu’ils ne croient plus en la France, en un projet collectif.

Non je déconne.

Mais j’avais quand même envie de placer ce petit épisode personnel parce que je la trouve courageuse de partir comme ça sans rien et je pense bien fort à elle ❤

Sans transition, on a tous nos plaisirs coupables, voire honteux. Je parle pas des « madeleines sonores », ces merdes qu’on aimait quand on était petit ou ado et auxquelles on est resté fidèles par pure nostalgie ou parce qu’elles nous renvoient à un moment doux de notre histoire. Ni de ces chansons un peu débiles et/ou tubes du moment sur lesquels on peut chanter à tue-tête ou se déhancher sous couvert, le plus souvent, d’une bonne dose de second degré.
Non, des merdes, des daubes, des vraies. Qu’on aime sincèrement, malgré tout.

Voici un petit top 5 qui va crescendo non pas dans mon cœur mais dans l’horreur : Grande remise, le blog qui en a plus rien à foutre de rien.

5 U2One

Bon c’est pas à proprement parler une daube, c’est même plutôt une bonne chanson pour du U2. Voire une bonne chanson tout court. M’enfin, U2 quoi…

4 EaglesHotel California

Je suis comme le Dude : « I hate the fuckin’ Eagles maaaaaaaaaaan ». Même si tout n’est pas à jeter. Ce tubasse parmi les tubes internationaux de la galaxie qui doit passer 23 fois par jour sur Radio Nostalgie depuis 20 ans, vraiment j’adore. Je suis capable de jouer à la note près l’interminable solo final. A la bouche bien sûr.

3 Laurent VoulzyBelle Île en Mer

Les 2 premières, ça peut encore se discuter mais là ça devient un peu chaud… Du Beach Boys de sous-préfecture, du George Harrison de communauté de communes, par le mec dont je ne comprendrai jamais que Souchon lui soit resté fidèle aussi longtemps. L’a po compris. Mais j’adore cette chanson, elle me touche beaucoup. Et si je suis parfaitement honnête, je peux ajouter à ce top 3-4 autres titres de Voulzy

2 Renaud et Axelle RedManhattan Kaboul

C’est chaud je te dis. Là c’est une semie-madeleine car cette chanson est liée à un épisode bien précis (vacances en Bretagne). Mais c’était déjà inexcusable à l’époque. « Petit porto-ricain/ Bien intégré, quasiment new-yorkais« . Je la connais par cœur putain… J’ai choisi la video avec paroles pour que tu t’imprègnes bien toi aussi.

1 Pascal ObispoL’important c’est d’aimer

C’est SUPER chaud. J’ai absolument rien à dire pour ma défense, j’ai juste honte.

J’ai honte mais putain ça va mieux ! Pfiou je me sens délesté d’un poids là, j’ai l’impression d’être Don Draper à la fin de la saison 3 de Mad Men : sonné mais enfin libéré par La Vérité. Je vais pouvoir repartir de plus belle maintenant.

A bientôt pour une analyse plan par plan de L’Evangile selon Saint Matthieu de Pasolini.

2 ans

Je vais me répéter mais je sais pas ce qui se passe avec ce blog : je l’alimente relativement peu depuis pas mal de temps maintenant et pourtant il est de plus en plus fréquenté… C’est peut-être une histoire d' »ancienneté » qui fait qu’il est mieux référencé, je sais pas.

Tout ça pour dire, ou redire encore une fois, au moment où Grande remise souffle sa deuxième bougie : un grand merci à toutes celles et tout ceux, de plus en plus nombreux donc, qui viennent régulièrement faire un tour ici.

C’est tout. Je n’ai décidément pas énormément de temps à consacrer à de nouveaux articles en ce moment et ça risque de durer encore un bon bout de temps (because work). Je le regrette mais de toutes façons, je n’ai pas non plus énormément de temps pour aller au ciné, regarder des séries ou même découvrir de nouveaux disques. Ouais c’est la grosse lose.

Bon dimanche à toutes et à tous.

Attention !

Ce soir, c’est Halloween. C’est la fête. C’est la rigolade.

Cette année, les media nous mettent en garde contre les méchants clowns stephenkingiens (comme s’il existait des « gentils clowns ». Non mais OUVREZ LES YEUX BORDEL) qui harcèlent voire dans les pires des cas agressent des passants qui n’ont rien demandé. C’est un problème.

Mais ne perdons pas de vue l’essentiel : tous les jours, dans tous les centre-villes de toutes les villes de France, d’autres personnes plus ou moins déguisées harcèlent également des citoyens paisibles. Oh certes, elles les agressent rarement. Voire jamais. Elles ont souvent le sourire aux lèvres. Elles amusent les enfants, parfois même les parents.

Ne vous fiez pas aux apparences : cet enfant court un grand danger
Ne vous fiez pas aux apparences : cet enfant court un grave danger

Ces personnes maquillées, déguisées, déploient toute leur habileté et leur inventivité pour rendre supportable ta virée dans une Fnac/Mc Do/Foot Locker/Célio/Zara/H&M. Mais le résultat est inverse à celui escompté : cette pollution esthétique te donne des envies de meurtre.

"Barrez-vous cons de mimes !!"
« Barrez-vous cons de mimes !! »

Tous les jours, dans tous les centre-villes de toutes les villes de France, des mimes, statues vivantes et artistes de rue rendent ta vie un peu plus difficile. Aujourd’hui, plus que jamais, il faut ouvrir l’œil et rester vigilant.

Happy Halloween tout le monde.

Ma rencontre

Dans le parc, durant la pause déjeuner :

– Eh, faut pas rester là longtemps hein !

– …

– Eh faut pas passer la journée là hein !

– Ben on mange et quand on a fini, on s’en va.

– Ouais ça va… Faut pas traîner toute la journée là hein!

– Oui oui, on mange et on s’en va.

– Bon… Parce que sinon hein… Pfiutt, ça va pas aller, comme ça là…

– …

– Parce que j’ai fait l’armée moi hein ! J’étais dans l’armée! J’y étais en Algérie, j’y étais là bas dans le Rif… Aïe Hitler !! (avec 2 doigts en guise de moustache et le bras tendu)

– …

– T’as fait l’armée toi ?

– Euh non…

– Ouais… T’as essayé de… pfuit… (fait le geste du mec qui esquive avec une mine de dégoût)

Là, un éclair de lucidité, de grâce presque. Je pressens que s’il y a bien un moment où je ne dois pas me vanter d’avoir fait des pieds et des mains pendant plusieurs mois pour parvenir à me faire exempter, c’est maintenant. NOW.

– Je suis trop jeune.

– Hein ?

– Je suis trop jeune, c’était déjà fini le service militaire obligatoire quand j’ai eu l’âge de le faire.

– Ouais d’accord. (Le mec est vraiment très bourré pour ne pas voir que je lui raconte des grosses conneries sur mon âge ne peut qu’acquiescer sans ciller tant mon faciès exprime toute la vigueur d’un jeune adulte encore irrigué d’une sève adolescente) Non passqu’à l’armée ils t’en auraient foutu un peu là… (fait le geste du mec qui marche droit)… Ca t’aurait fait du bien un peu… Aïe Hitler !

– …

– Tu travailles ?

Il s’adresse brusquement à la personne qui déjeune avec moi. Il doit penser que n’ayant pas fait l’armée, je ne suis pas digne d’avoir un boulot.

– Oui, je travaille là (elle désigne le musée des Abattoirs qui jouxte le parc, derrière nous).

– Dans cette merde ? Pffffffffffff, grmlblgmlblr (salmigondis duquel il ressort que notre interlocuteur n’apprécie guère la création contemporaine). Ca t’aurait fait du bien l’armée oui… (ok, là il revient sur moi. Putain de favoritisme) Des coups de pieds au cul un peu… Regarde le là… Bosser à rien foutre là putain. Intellectuel de gauche va… Regarde le là, avec ses fringues, il pue ce mec là putain… PD va… Enfin, pas PD (fait un geste au niveau des fesses qui désigne justement des fesses) mais PD de la tête…

A sa décharge, je suis particulièrement colourful ce jour là et nous avons visiblement affaire à un homme qui va droit au bout et privilégie les raccourcis. Il continue, il doit sentir qu’il tient un truc là :

– Il te mettait pas assez de torgnoles ton père… Il t’en as mis des torgnoles ?

Là aussi, j’ai l’intuition que je me dois de garder pour moi l’information selon laquelle mon père n’a jamais levé la main sur moi.

– Oui.

– Il t’en a pas mis assez… Je vais arrêter là parce que sinon je vais t’en coller une moi (S’ensuit un nouveau mélange de paroles et onomatopées souligné par des expressions moyennement amicales)

Il s’approche encore. Y a moyen que ça dégénère vraiment à un moment ou un autre là quand même. Il remarque que la personne qui déjeune avec moi est enceinte.

– Ah vous êtes enceinte ?

– Eh oui.

– Ah je vous laisse alors. Je respecte, ça, je respecte… Allez bon appétit je vous laisse.

Bilan du déjeuner : je suis un « intellectuel de gauche » et un « PD de la tête ». Et je fais 10 ans de moins que mon âge. Une bonne journée donc finalement.

Ty Segall – Le Bikini, Toulouse

Je vais tâcher d’être concis et de mettre la pédale douce sur les superlatifs : je parle suffisamment et depuis suffisamment longtemps de Ty Segall ici et sur Facebook pour ne pas répèter qu’actuellement, pour moi, dans son registre, il y a Ty Segall devant et tous les autres loin derrière.

Encore un Bikini un peu dépeuplé, c’est une surprise. Davantage de monde que pour Sébastien Tellier mais je m’attendais à une salle bondée et chauffée à blanc, ça n’était pas le cas.

Première partie assurée par Left Lane Cruiser : 3 gros rednecks barbus à casquettes de truckers qu’on jurerait sortis du casting de Justified. Rock lourd, gras, épais : on pourrait presque palper le son. Je ne vois que la fin du set soit 3 morceaux et même si je trouve ça rigolo et relativement approprié, ça me suffit largement.

Public beaucoup plus homogène que pour Tellier une semaine avant. Plus jeune, plus rock. Plus signifiant. Entracte relativement courte puis retentissent les premières notes de Manipulator, la chanson.

Bon c’est là qu’il faut que je me calme.

C’était bien. TRES bien. Intense. TRES intense. Balance approximative sur les 3 premiers titres et puis après… Voilà, l’électricité, l’excitation, l’euphorie, en 2014, plus que jamais, c’est Ty Segall. CETTE GUITARE DE SAUVAGE NOM DE DIEU! Une heure de concert qui laisse complètement groggy avec, immédiatement, l’irrépressible envie qu’elle soit renouvelée au plus vite. Une drogue.
Ce qui m’a particulièrement frappé ce soir c’est la cohésion, la précision, l’abattage du Ty Segall Band. Quel groupe bordel. Même si la dénommée Emily, derrière ses fûts, ne paraissait pas totalement dans son assiette.

Difficile de ressortir un ou plusieurs titres en particulier tant le set s’encaisse et doit s’encaisser selon moi d’un seul tenant mais je retiendrai quand même un Singer t-rexien en diable (je m’attendais pas à ce qu’il la joue) et un Thank God for the Sinners furibard. Et Feel bien sûr, LE morceau de l’année, LE grand moment des concerts de Ty Segall.

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Un grand merci à Nancy Chauveau pour la photo

Il nous quitte sur un seul rappel :  le très approprié Wave Goodbye, dans une version d’une lourdeur, d’une puissance, phénoménales.

Je vais me contredire : il faut aimer Ty Segall, il faut s’emballer, en faire des caisses, l’écouter et l’écouter encore et encore, en parler autour de soi. Ce mec est précieux à l’heure actuelle car il est le seul. Il incarne en tout cas à lui seul les multiples facettes du rock électrique et le fait avec une pureté et un talent véritablement bluffants. Et après la réussite d’un album aussi « mainstream » que Manipulator, alors qu’il était jusque là malgré tout réservé aux uniques amateurs de garage rock en raison d’enregistrements parfois peu accessibles (dans tous les sens du terme), tout semble possible. J’ai hâte de voir la tournure qu’il va donner à sa carrière.

Sébastien Tellier – Le Bikini, Toulouse

4ème concert du grand Séb pour moi, je n’ai raté que la tournée Politics.
La dernière fois, sur la tournée de l’Alliance bleueMy God Is Blue, c’était grandiose. J’en parle un peu ici.

L’Aventura, c’est mon album de l’année pour l’instant, avec le Ty Segall. L’Aventura devant quand même. Quoiqu’impatient de découvrir l’album en live et surtout de revoir Tellier sur scène, j’avais quand même quelques craintes : comment un album aussi arrangé et foisonnant allait-il supporter la transposition live ? A moins de jouer avec 15 musiciens…

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Grosse surprise : alors que les fois précédentes la salle était bondé, ce soir le Bikini n’est qu’à moitié plein. Et encore, je devrais plutôt dire qu’il est à moitié vide tant on ne se sent jamais à l’étroit, même dans les 1ers rangs. Sébastien Tellier n’intéresse donc plus personne, même après son meilleur album à ce jour (ok, ça se discute parce que Sexuality quand même… Et la bo de Narco… M’enfin, un album remarquable en tout cas). Si, en bon music nerd un peu snob qui se respecte ça me fait un tantinet plaisir quelque part, je trouve ça quand même assez triste : Sébastien Tellier, pour le grand public, c’est donc probablement et définitivement le mec un peu bizarre qui a représenté la France à l’Eurovision il y a quelques années et qui fait sa promo un peu bourré chez Ruquier tous les 2 ans. C’est tout.

Peu, très peu de monde donc, et sans doute pas mal d’invités : j’entends par là des gens qu’on n’imaginerait jamais assister à un concert de Sébastien Tellier voire à un concert tout court. Chelou…

Il est accompagné de 4 musiciens : un batteur, un bassiste, un percussionniste, un clavier. Le set démarre par Ma Calypso : il ne chante pas hyper juste, c’est pas super en place. Bon, ça va sans doute s’améliorer se dit-on. Sauf que non : ça reste bancal, ni fait ni à faire (le bassiste notamment, me semble totalement hors jeu). Cochonville fait presque peine à entendre… Les anciens morceaux se voient appliquer un traitement « tropicaliste » trop artificiel et léger, ceux de l’Aventura manquent de texture… Peut-être qu’avec une formation plus élargie, avec des cordes ? Mais là non, ça ne fonctionne pas. Curieusement, c’est sur l’Amour et la violence, pourtant l’un des morceaux qu’on aurait sans doute le moins imaginé subir ce traitement, que ça marche le mieux. Très belle version.

Après évidemment, reste le « personnage » Sébastien Tellier, superbe showman. Encore une fois, il a une dégaine incroyable : casquette, chemise à fleurs sous une sorte de veste de basketteur (type veste d’échauffement NBA), longue écharpe multicolore, pantalon rose pâle, y a que lui pour avoir la classe avec un tel accoutrement. Il est toujours aussi bavard et drôle entre les morceaux, digressant sur ses pratiques télévisuelles (« le Mentalist : aucun sens »), sur les boissons favorites des toulousains, sur sa démarche artistique, son comportement sur scène, imitant Stromae etc. Rien de nouveau pour qui l’a déjà vu sur scène mais je marche toujours.

Dans la dernière partie, il s’installe derrière son piano : « maintenant je vais jouer ma plus belle chanson, celle que j’aime jouer depuis toujours ». C’est évidemment La Ritournelle et c’est magnifique, la plus belle version qu’il m’ait été donné d’entendre sur scène, plus habitée, enveloppante et touchante que jamais. Je me dis qu’il aurait pu arrêter sa carrière après ce morceau, tellement unique, tellement emblématique, tellement parfait. Air a Sexy Boy, Daft Punk a Da funk, Phoenix a Too Young, pour Sébastien Tellier, c’est La Ritournelle. J’adore quand un artiste et une chanson se voient liés ainsi « pour la vie », lorsqu’après toutes ces années il continue à la jouer avec autant d’envie et de passion. Je trouve ça très touchant. Je lui en voudrais pas de capitaliser là-dessus (c’est très exactement ce que faisait son Confection sort l’an dernier, et c’était sublime) mais Sébastien Tellier préfère se réinventer tous les 2 ans, et ce soir, même si ça ne fonctionne que trop rarement (à noter un génial Sexual Sportswear quand même), même si on a le droit d’être déçu, je ne lui en tiens pas rigueur, j’ai entière confiance en lui et en sa capacité à continuer à nous surprendre et à nous bluffer. Ce concert est clairement le moins bon des 4 que j’ai pu voir mais paradoxalement, je le trouve encore plus touchant, je l’aime encore plus.

Et je n’ai qu’une envie, c’est de voir qu’il va nous réserver par la suite. Et le revoir sur scène un peu plus tard sur cette tournée. My God is Séb.

Les termes de recherche 3

Ca faisait longtemps que je voulais donner une suite à mes 2 articles précédents sur le sujet (ouane, tou) parce que ça me fait marrer, tout bêtement. Même si j’ai bien conscience que ça fait marrer que moi mais c’est un petit peu le principe de ce blog : un exercice un brin égotiste et auto-complaisant.
Petit florilège donc :

Les pragmatiques-que-ça-me-fait-plaisir-d’être-référencé-dessus :

Five leaves left
Creedence clearwater revival green river
Bill callahan dream river chronique
Ty segall manipulator chronique
La république bobo

etc etc. Tu vois l’idée.

Les ça-me-fait-encore-plus-plaisir-d-être-référencé-là-dessus :

j’ai rien compris holy motors
djembe hippie
blouson de cuir cravate (alors ça, ça me fait HYPER plaisir.)

Les coupes de cheveux des footballeurs :

debuchy coupe de cheveux
remis cabella (sic)
coupe de cheveux de remy cabella
joueur de foot portugais coupe de cheveux
antoine griezmann hipster

La preuve que c’est un sujet qui interpelle, qui remue, qui fait débat.

Les WTF aka les gens sont fous :

jacky michel cerise
voir film debauche au garage avec alizee
film espionnage en français complétude
vincent macaigne fille
dans quel film une personne dit « c’est chiadé » (j’en sais foutre rien mon vieux)
comparaison les plus grands hommes a robber (????)

Les récurrents aka certaines personnes tapent systématiquement ces mots dans Google pour arriver sur Grande remise

hollywood night TF1
et l’indépassable et transversal fred testot mauvais acteur qui pourrait entrer dans chacune des catégories précédentes.

J’aimerais bien savoir qui vous êtes petits coquins. N’hésitez pas à vous faire connaitre.

En tout cas, le nombre de visiteurs de Grande remise est en forte progression depuis quelques semaines donc merci, sincèrement, à ceux qui viennent régulièrement voir ce qu’il se passe ici, qu’ils vivent au Japon, au Brésil, au Maroc, en Algérie, en Australie ou encore en Inde (et j’en passe). Vous êtes mes champions.

#38 High Llamas – Buzzle Bee

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Buzzle Bee est un album un peu à part dans la discographie des High Llamas, ne serait-ce que pour la simple et bonne raison que le groupe s’y présente sous le nom High Llamas tout court, sans « the ». Et puis il n’est pas sorti en Europe. Enfin, au moment où il est sorti en tout cas ; il a peut-être été réédité depuis, je sais pas et je m’en fous.
C’est aussi l’album où l’on entend pour la dernière fois la regrettée Mary Hansen, membre fondatrice de Stereolab et vocaliste-chanteuse régulière du groupe. Elle est morte en 2002, renversée par un camion alors qu’elle roulait à vélo dans les rues de Londres.

C’est enfin selon moi un album de transition très important dans la carrière du groupe, dans sa démarche artistique s’entend. Sean O’Hagan y décide de ne plus jouer que sur des guitares à cordes de nylon, ça fait toute la différence. Une tonalité d’ensemble encore plus douce, pour faire court.
Plus minimaliste que les précédents, il annonce également la « transition géographique » dans ce qu’évoque le groupe en quelque sorte, des côtes du Pacifique à celles de l’Atlantique. Il commence à ancrer le groupe dans l’esthétique davantage européenne et londonienne qui sera la sienne par la suite.
To be continued.

#37 The High Llamas – Hawaii

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Ah pour disséquer le documentaire sur Zahia, les bouses littéraires ou cinématographiques et les coupes de douille des footballeurs y a du monde mais pour parler d’un disque qui m’a autant marqué… (je dis pas « changé ma vie » mais c’est uniquement parce que j’assume pas le caractère pompeux de la formule. Top 3 des disques-séismes dans l’ordre chronologique de leur découverte : 1 The SmithsHatful of Hollow 2 The High LlamasHawaii 3 The ByrdsSweetheart of the Rodeo).

En tout cas, s’il ne fallait en garder qu’un sur les 100, ça serait celui là. Depuis de nombreuses années maintenant, donc je suis plutôt sûr de mon choix.

Les High Llamas, c’est le groupe qui me parle comme aucun autre, tout simplement. A la fois théorique et immédiat, il réunit absolument tout ce que je cherche dans la musique. Ce disque foisonnant, léger, euphorisant, mélancolique, moderne, nostalgique, d’une élégance rare m’a ouvert sur tellement de nouvelles œuvres et de nouveaux univers, m’a tellement affecté dans ma vie de tous les jours même que ne saurais pas par où commencer si j’avais l’occasion d’en parler à Sean O’Hagan. D’ailleurs je n’ai pas trop su quoi lui dire lorsque j’ai eu la chance d’échanger quelques mots avec lui après un concert. Hawaii, c’est mon Eden musical absolu, la matérialisation sonore de mon Eden tout court.

J’arrête, Sean lui-même a parfaitement résumé l’affaire : « I give up, this litterature is fluff ».