Clasico – Thibaud Leplat – critique

Le titre complet est Clasico, Barcelone/Real Madrid, La guerre des mondes.
Deuxième ouvrage de Thibaud Leplat dans ma série « foutchebol à lire », et pas des moindres évidemment : il était sur mes tablettes depuis longtemps, en tant que supporter madrilène, je ne pouvais pas passer à côté.

51jAsrQ+XjL._SX341_BO1,204,203,200_
Clasico, c’est donc l’histoire de ce qui constitue, dixit l’auteur lui-même, « la plus grande rivalité sportive du XXème siècle ».

Leplat construit son ouvrage très rigoureusement : il démarre avec ce qui a inspiré son désir d’écrire la dessus j’imagine, ou qui a déclenché l’acte, à savoir le climax de cette rivalité qui s’est incarné à la fois à travers les figures des 2 principaux protagonistes, José Mourinho d’un côté, Pep Guardiola de l’autre, et à travers les 4 confrontations survenues en 2 semaines au mois d’avril 2011 (championnat, finale de la Coupe du Roi, demie-finale de la Ligue des Champions). Il commence par ça et termine son bouquin par un récit plus détaillé du passage de Mourinho à Madrid, ce qui lui permet ainsi de boucler la boucle.

Au miyeu, il déroule la chronologie des dates et événements fondateurs de cet antagonisme ultime. Leplat raconte tout avec brio, avec un maximum d’objectivité (j’y reviendrai), en s’évertuant constamment de contextualiser et de prendre en compte les spécificités de chacune des parties.

L’occasion de définitivement combattre certains préjugés qui ont la vie dure :
– le Real, suppôt du franquisme : en réalité, c’est seulement lorsque le Real a commencé à tout péter que Franco y a vu l’opportunité d’une vitrine pour l’Espagne et pour son régime, ce n’est pas lui qui a « fait » le club. Leplat rappelle ainsi qu’après la victoire de Franco et durant une bonne décennie, c’est le Barca qui domine outrageusement la Liga et que ça ne dérange nullement le gouvernement central, au contraire (ça fait office de « dérivatif » pour les catalans).
– De même sur le transfert d’Alfredo Di Stefano, première grande figure du madridismo, que Franco aurait soit disant favorisé: c’est en réalité l’incompétence des dirigeants barcelonais, leur incroyable amateurisme, qui a conduit la saeta blanca à Madrid, alors que son 1er choix était effectivement le Barca. Episode encore aujourd’hui peu connu et passionnant.
– Idem sur la coupe d’Europe, LA compétition qui a fait du Real ce qu’il est : la première édition se fait sur invitation et le FC Barcelone, le club numéro de l’époque je le rappelle (début des années 50), est invité. Mais il décline cette invitation (au profit de… la coupe des villes de foire!), laissant de fait la place au Real. On connait la suite, c’est en Europe que se forge la légende madrilène.
– Le transfert de Luis Figo : ça c’est un épisode dont bizarrement j’ignorais les détails, alors que je l’ai vécu. Je savais seulement que le portugais aurait voulu poursuivre à Barcelone et qu’il a choisi Madrid pour une simple histoire de sous-sous dans la po-poche. Gros coup de pute de Florentino Perez là, je comprends qu’ils l’aient eu mauvaise les culés, hihi.

Ces épisodes là, les détracteurs du Real s’en servent encore pour étayer leur ressentiment, voire leur haine. Les barcelonais en premier bien sûr, qui ont pu cristalliser à n’en plus pouvoir. Ca m’énerve un peu cette méconnaissance de l’Histoire et des faits mais c’est ce qui constitue en grande partie le socle de cette rivalité géniale donc bon.

Thibaud Leplat revient également sur la genèse du Barca moderne : au début des années 70, lorsque le régime de Franco commence à vaciller et à laisser un peu de mou, le sentiment nationaliste et la catalanité du club s’affirment de plus en plus. La bascule se fait définitivement avec l’arrivée de Johan Cruyff dont le fils naît à Barcelone : il le prénomera Jordi, alors que le gouvernement franquiste interdisait les prénoms catalans…

Au final, même si certains clichés sont battus en brèche, c’est bien 2 mondes en constante opposition que l’auteur nous présente.
Extrait:

« A Barcelone, l’équipe est une prolongation des préoccupations de la société. A Madrid, c’est une avant-garde aristocratique. Les premiers croient en l’égalité, en l’effort collectif et en la construction d’une identité commune. Les autres croient en l’universel et en l’évangélisation footballistique globale. Madrid croit au talent, Barcelone en la méthode. Di Stefano, Raul, Butragueño, Ronaldo; les grands joueurs ont forgé la légende du Real, pas les entraîneurs. »

Une « avant-garde aristocratique ». Grande remise fucking like this.
Une opposition de tous les instants qui évidemment, n’empêche aucunement les 2 clubs de se rejoindre sur les structures financières, notamment ces 10 dernières années, alors que leur antagonisme, leur popularité et leur puissance n’ont peut-être jamais été aussi forts. Avec néanmoins une différence essentielle là encore. Pour vendre, le Real n’a besoin que de la victoire, au contraire de son ennemi:

« La particularité […] du Barça est d’avoir élaboré un discours identitaire fort. Pour vendre, il faut être aimé. Pour être aimé, il faut gagner en faisant plaisir.[…] Mais pour être aimé, il faut aussi savoir donner [à l’UNICEF NDA]. Le Barça c’est un projet identitaire dans lequel il y a Cruyff, la Masia [le centre de formation du club NDA], la Catalogne et le compromis social. C’est beau. Pour info, le maillot à la boutique du club, c’est 104 euros. »

J’aime ce petit taquet gratuit en fin de démonstration.
Car oui, Leplat est un madridista. En conclusion de son ouvrage, il se livre à un long entretien avc Jorge Valdano. Certes, ce dernier est connu pour sa mesure, son intelligence, son recul, et il peut aisément clamer son admiration pour le grand rival mais il est et sera toujours 100% dévoué au Real.
Il remet ainsi les choses à leur place lui aussi : oui, le Barca fait jouer les jeunes issus de son centre de formation, et c’est exceptionnel à ce niveau mais le centre de formation qui « sort » le plus de joueurs professionnels, c’est la Fabrica, celui du Real et de loin (le double). Simplement, ceux ci n’ont que rarement accès à l’équipe première, ils sont obligés de s’exiler dans d’autres clubs (ces dernières années, le Real a ainsi « laissé filer » Juan Mata, Alvaro Negredo, Roberto Soldado ou encore Alvaro Morata, qui cartonne à la Juve).
Il met également un terme aux préjugés idéologiques qui voudraient que le Real soit un club de droite et le Barça un club de gauche :

« Le Barça a eu Vazquez Montalban [célèbre romancier, poète et essayiste pro-indépendantiste et supporter du club NDA]. Madrid n’a pas eu de figure intellectuelle comparable. Celui qui a besoin d’élaborer tout un discours, c’est celui qui perd, pas celui qui gagne [et bim NDA]. Le Real Madrid gagnait sans avoir à fournir d’explications, sans trouver d’excuse pour créer un facteur identitaire. L’identité du Real, c’était le triomphe. Point. »

Barre, à la ligne.

En conclusion, ce qu’expliquent à merveille Jorge Valdano, Thibaud Leplat et son ouvrage Clasico, c’est que le Barça a toujours été dans la réactivité et a dû opposer une construction idéologique à la construction sportive de son rival.

Super bouquin, super lecture, que je conseille à tous les amateurs de foot, voire de sport, compte tenu de la place que les 2 clubs ont prise ces dernières années à tous les niveaux.

Publicités

La vie (pas très) secrète des jeunes

Au Mc Do, à la table à côté de la mienne, 2 jeunes étudiants : lui, emmitouflé dans sa grosse parka, les yeux dans le vide, le rouge au joues du mec qui fait pas le malin et qui sait que tout le monde entend ce qui se passe.
Elle, rien à foutre, qui parle super fort avec force gestes et le lâche pas du regard.
Moi qui fait semblant de m’intéresser à tout sauf à ça et qui n’en perd pas une miette :

– Mais pourquoi tchu l’as fait?
– …
– Pourquoi tchu l’as fait?
– …
– Non mais pourquoi, vas y djis moi.
– Mais je sais pas moi, j’en sais rien putain, vas y tu’m’saoûles
– Ah tchu vois tu dis tu sais pas, ça veut dire que tu l’as fait alors, tu disais tu l’as pas fait
– Mais je sais pas pourquoi vas y j’en sais rien moi
– Moi tu vois en 5 ans, j’aurais pu le faire plein de fois, je l’ai jamais fait en 5 ans, PAS UNE FOIS.
– Mais c’est bon vas y, j’en ai marre là.
– Ouais moi je me retrouve avec un chlamydia maintenant alors c’est bon quoi.

Suite à ça, virage à 180°, comme si de rien n’était. Elle évoque tour à tour:
– un collègue étudiant « débile » et « chelou » qu’elle et ses copines surnomment « Chromi » (« -parce que tu sais les trisomiques c’est parce qu’ils ont 3 chromosomes et pas 2. C’est drôle non? Ca te fait pas rire? » « -Si, c’est drôle », en fixant le reste de son sundae chocolat)
– le tatouage qu’elle s’est fait faire la veille (« il était sympa le tatoueur mais il était un peu con aussi »)
– le film qu’ils allaient voir. Pas compris de quoi il s’agissait malheureusement. Lui : « vas y, faut que j’aille aux chiottes avant, il m’a baisé la vie ce Mac Do ». Il avait repris du poil de la bête le petit con.

Ils sont partis assez vite après que je me suis installé en fait, je regrette de pas être arrivé plus tôt.
Tout de suite après leur départ se sont installés 2 autres jeunes étudiants. Elle, style vaguement Beaux-Arts, lui de type asiatique et très propre sur lui. Ils avaient l’air très complices et parlaient tous les 2 de manière extrêmement posée. Je n’ai pas bien saisi de quoi ils parlaient mais il lui expliquait les subtilités d’une réplique en langue coréenne qui n’avait pas été bien retranscrite en français. « Donc, quand il dit phrasencoréenprononcéehyperviteetavecunsuperbonaccentselonmoi à sa femme, en fait il lui signifie « ma chérie, tu viens de te prendre une veste » « . Ils riaient de bon coeur, ils étaient très mignons.

Puis je suis allé voir le superbe Carol de Todd Haynes.

Une bonne soirée donc.

David Bowie et moi

Ca fait donc une semaine maintenant que David Bowie est mort.
Une semaine, le temps qu’il m’a fallu pour digérer un peu, rassembler mes souvenirs et mes pensées et finalement décider de participer moi aussi au déferlement d’hommages en tous genres.

Parce que comme l’a écrit Laurent Chalumeau, cette fois, c’est un mur porteur que l’on perd (il y en avait 6 pour moi : Bob Dylan, Mick Jagger, Paul McCartney, Brian Wilson, Neil Young et David Bowie donc), et parce qu’en ce qui me concerne, il s’agissait d’un mur porteur intime. Dylan et Jagger, je reconnaîtrai l’immense perte évidemment, mais ça ne me touchera pas, tout comme, par exemple, ne m’a pas touchée de manière intime la disparition de Lou Reed il y a un peu plus de 2 ans.

Mais là c’est Bowie.

Le premier 45t qu’on m’ait offert (tu sais ce que c’est un 45t ?), c’était Gaby Oh! Gaby de Bashung. Ca va, y a pire. Je vais pas me la jouer « je chantais déjà le Velvet à 4 ans », j’ai ensuite enquillé les disques pour enfants et les merdes de l’époque, normal. J’avais par exemple une grande passion pour L’Italiano, de Toto Cotugno.

Le premier 45t que je me suis payé avec mon argent de poche fut Let’s Dance. Le second, China Girl. Evidemment, à l’époque, j’ignorais que la chanson figurait initialement sur un album d’Iggy Pop. D’ailleurs j’ignorais qui était Iggy Pop et je m’en foutais. J’aimais simplement ces 2 chansons, surtout China Girl, que je trouvais plus joyeuse avec son motif oriental un peu vulgaire et très séduisant. Let’s Dance, j’adorais aussi mais de manière un peu plus inquiète: « let’s dance », « dansons », ok, mais pourquoi tu le dis d’une voix lugubre alors? Flippant. Mais fascinant parce que je trouvais Bowie très beau.
J’adorais aussi Modern Love ainsi que la video de Ashes to Ashes, SUPER flippante, qui curieusement, était l’une des rares videos régulièrement diffusées à la télévision.

J’ai continué à suivre Bowie durant les années 80 : Absolute Beginners, que j’adorais avec sa mélodie nostalgico-mélancolique, et que j’étais allé voir au ciné, son duo avec Jagger, sa prestation au Live Aid. On écoutait beaucoup les Stones (mes grands frères) et Neil Young (ma grande soeur) à la maison, mais mon éveil personnel au « rock », ce fut David Bowie.

Et puis je l’ai laissé tomber. Je me suis trouvé d’autres groupes/chanteurs, plus adolescents sans doute, et qui me parlaient davantage à l’époque.

Jusqu’à ce soir de 1993, où comme tous les soirs à l’époque, j’écoutais religieusement Bernard Lenoir sur France Inter. Ma nouvelle coqueluche, c’était Suede et son single The Drowners. Gros refrain, grosse guitare acide, glamour, androgynie : c’était, parail-il, un petit revival glam. Et qui dit petit revival glam, dit petit revival Bowie.
Bon. Je savais oui, que Bowie avait fait « autre chose » que Let’s Dance ou China Girl, avant, qu’il avait déjà une place réservée dans l’Histoire du rock mais je ne m’y étais pas encore intéressé.
Et ce soir là donc, chez Bernard Lenoir, pour éduquer un peu les petits cons indés dont je faisais partie, Lenoir a diffusé Starman.

Putain mais c’est CA le glam rock? Mais nom de Dieu de bordel de merde, dans ce cas je veux plus écouter que ça moi ! Ces cordes, ce sens de la mélodie, cette guitare électrique… Et cette guitare acoustique bordel : c’est ça qui me fascinait avant tout dans les disques de Bowie ou T-Rex, à savoir qu’on produise un son aussi électrique tout en mixant la guitare acoustique aussi en avant. Ca me fascinait, littéralement, et ça me fascine toujours.

Bon là, évidemment c’était (re)parti pour la Bowie mania :  je crois que le lendemain, en tout cas dans la semaine, je suis allé à la FNAC pour acheter le CD de Ziggy Stardust et je l’ai écouté en boucle pendant des semaines. J’adorais l’injonction au verso de la pochette: « TO BE PLAYED AT MAXIMUM VOLUME ». Je l’adorais parce que c’était pas vraiment du rock, encore moi du hard rock ou du punk rock, et donc pas un truc à écouter à s’en faire exploser les tympans, c’était indubitablement de la pop soit une musique supposément inoffensive et pourtant, oui, la pop pouvait être aussi dangereuse et subversive, et ça devait s’écouter à « MAXIMUM VOLUME », la preuve. J’adorais aussi la guitare de Mick Ronson, la complicité qu’il semblait avoir avec son leader. Cette même année (1993), Mick Ronson produisit l’album de mon héros absolu de l’époque, Morrissey (Your Arsenal), juste avant de mourir à 47 ans seulement le pauvre. La boucle était bouclée.

Le Bowie contemporain de ma redécouverte, celui d’Outside ou Earthling ne m’intéressait pas: j’avais ses années 70 à explorer, je prenais évidemment baffe sur baffe. Le jour où j’ai écouté Hunky Dory pour la 1ère fois putain… Et Sound and Vision… Le mec, en 4 ans, il passe de Ziggy Stardust à Low. Avec 5 albums au miyeu. Evidemment, l’époque était différente mais la cadence frénétique des sorties propre aux années 60 avait commencé à ralentir et puis surtout on parle là de passer, EN 4 ANS, du glam rock de Ziggy Stardust à la proto-new wave de Low en passant par la soul de Young Americans. Et Pin Ups, putain, son album de reprises, tellement sous estimé…
Mis à part ça, la question du genre, de l’identité sexuelle, ne m’a jamais interpellé ni concerné mais j’étais évidemment sensible à ses différentes incarnations, à ses différents looks. Il a été mon éveil à ces questions là également. Tu sais combien je suis sensible à la mise de mes musiciens favoris, ça ne vient pas de nulle part.

Après… Je ne vais pas réécrire mon histoire après sa mort : même si j’ai continué à suivre sa carrière et à écouter ses nouveaux albums, le Bowie des années 2000 ou 2010 ne m’a pas passionné non plus.
Mais peu importe : il était là au tout début, il était encore là lors de mes années de formation, et même quand il n’était plus là tous les jours, il était avec moi, toujours, comme le sont encore Neil, Paul, Brian et quelques autres, plus jeunes. Il continuera à l’être.

Parmi les nombreux hommages qui lui ont été rendus, je retiendrai celui de Jarvis Cocker lors de son émission hebdomadaire du dimanche sur la BBC. 2 heures d’archives, de témoignages et de musique bien sûr. On y entend notamment, à la fin, Bowie magnifiquement résumer son rapport à la musique, la sienne et celle des autres, devant un parterre d’étudiants. Superbe.

http://www.bbc.co.uk/programmes/b06whnv6

Commentaires sur Game of Thrones

Je me suis donc lancé il y a quelques semaines dans le visionnage des 5 saisons de Game of Thrones. 5 saisons, 50 épisodes : j’en suis à la moitié, au 26ème pour être précis, soit le 3.06. J’avance vite.

Je devine ton front plissé et ta main sur le menton : pourquoi GoT (comme l’écrivent les geeks, avec un « o » minuscule surtout, trrrrrrèèèèèèès important le « o » minuscule), et pourquoi maintenant ?

J’ai pas pris la série à son démarrage et comme j’avais toujours d’autre trucs qui m’intéressaient davantage à regarder, j’ai donc accumulé 5 saisons de retards. Mais elle m’a toujours interpellé : sans être véritablement amateur et encore moins spécialiste, l’heroic fantasy est un genre pour lequel j’ai une certaine affection. Et puis je m’en cache pas, c’est un tel phénomène que je voulais voir de quoi il en retournait exactement. Me suis dit que le démarrage de la saison 6 serait ma deadline pour le rattrapage.

Je vais tâcher de pas spoiler.

Un truc déjà : Game of Thrones. Alors qu’il y en a qu’un de trône. De fer. Ca devrait être Games of Throne. C’est marrant hein ? Je suis sûr que t’as JAMAIS pensé ni lu ça nulle part.

Bon, pour l’instant, je ne suis pas déçu, au contraire : je trouve ça hyper prenant, bien écrit, bien interprété. Evidemment, le budget conséquent alloué au tournage de chaque épisode, ainsi que les superbes et nombreux décors naturels, aident beaucoup. Ca a de la gueule quoi même si parfois, on sent bien que les figurants font défaut et que la réalisation fait ce qu’elle peut pour masquer la misère (ça m’a principalement sauté aux yeux au cours de l’assaut de King’s Landing). Mais c’est pas Xena ni Kaamelott.
En revanche ça m’a pas mal fait penser à Rome (sexe + violence + intrigues intimes/politiques), et c’est un compliment car Rome, en plus d’être une excellente série, bénéficiait également d’une superbe direction artistique. J’utilise le passé composé car j’y pense moins maintenant que je suis bien immergé.

game-of-thrones
OK ça en impose mais ça doit pas être super confortable

J’ai été pris dès le 1er épisode (qui, si tu t’en souviens, s’achève de manière assez spectaculaire) et à ma grande surprise je m’y suis vite retrouvé malgré le nombre conséquent d’information balancées. C’est à ce niveau-là que je trouve la série vraiment excellente, d’autant que c’était une petite crainte : elle arrive à multiplier les décors, les personnages, les familles, les enjeux, les intrigues sans qu’on se sente jamais largué. Montage et construction brillants. Équilibre parfait entre les différents enjeux/intrigues/personnages.
Bon et puis en fait, c’est pas si difficile à suivre que ça : on pourrait résumer GoT à la guerre entre 2 familles avec au milieu une petite blonde aux grandes aspirations. Pas grave si on retient pas toujours le nom d’un personnage secondaire, il finira bien par se faire trucider à un moment ou un autre de toutes façons.

Deux familles, donc : les Stark, nobles, vertueux, courageux, justes. Et chiants. Les Lannister : les pires pourritures que Westeros ait jamais portées. Un régal donc. Au milieu, enfin, un peu à part pour le moment, Daenerys et ses mini dragons, un peu en retrait mais qui monte en puissance, à mesure que ses mini dragons grandissent et qu’elle même prend de la gueule.

J’apprécie également beaucoup et ça c’est un truc que j’ignorais complètement, que les acteurs soient britanniques. J’ai pas vérifié dans le détail mais bon, ça saute aux yeux ou plutôt aux oreilles. Ca sent la Royal Shakespeare Company tout ça. Ah Jaime Lannister, ses sarcasmes chiadés et son accent du Sussex… A l’opposé, les Stark et leur accent de fermiers du Northumberland… Régalade.
J’aime aussi beaucoup les incursions, au compte-gouttes pour l’instant, du fantastique :  les dragons encore une fois, la première apparition des White Walkers, toute la mythologie qui entoure ce grand mur blanc et ce qui est censé se trouver de l’autre côté.

Avec tout ça, tu m’étonnes que ça cartonne dans le monde entier, auprès de toutes les générations : c’est violent, y a du cul (sur la 1ère saison, c’est parfois d’une gratuité qui frise le ridicule), y a de beaux mecs, de belles nanas, de beaux paysages, des beaux sentiments, en avant la zizique. C’est très addictif.

Pour conclure, mon top personnages :

1. Tyrion Lannister : Excellent personnage à la base, on lui donne un max de répliques géniales et il est évidemment super bien interprété. Au top du game depuis le 1er épisode et jusqu’au dernier vu (le 3.06 donc).

Hipster Tyrion
Hipster Tyrion

2. Jaime Lannister : N° 2 with a bullet car il était dans ceux que je conchiais (à peine moins que Joffrey) mais là justement, sur les 2 derniers épisodes vus, gros revirement… Un personnage qui s’annonce passionnant. Bon évidemment, si ça se trouve il se fait éventrer dans l’épisode suivant.

Homeless Jaime
Homeless Jaime

3. Tywin Lannister : Personnage super bien introduit : sur le tard, il bénéficie en outre de l’effet de surprise car il est à peine mentionné par sa progéniture. Une belle raclure évidemment mais putain de charisme le patriarche…

OK, je viens de m'auto-spoiler
OK, je viens de m’auto-spoiler

4. Lord Stark : je serais Sean Bean, entre ça et le Seigneur des Anneaux, je l’aurais un peu mauvaise quand même.

Un gars sympa mais à cheval sur certains principes
Un gars sympa mais à cheval sur certains principes

5. Jaqen H’Ghar : un personnage très secondaire qu’on ne reverra peut-être pas mais quand je parlais de l’excellence des incursions du fantastique et du surnaturel, voilà qui se pose un peu là.

jaqen
Je suis là, je suis plus là

Sinon j’ai un petit faible, que j’assume totalement, pour cette roulure de Cersei.

Cersei-Lannister
SILF

J’aimais bien Ros aussi, la prostituée rousse instrumentalisée par Lord Baelish. « Aimais », donc. ‘culé de Joffrey.
Et Lady Melisandre, interprétée par la toujours stimulante Carice Van Houten. Daenerys est très jolie bien sûr mais cette décoloration à la Lady Gaga, c’est pas possible.
Grande remise, le blog qui se recentre sur l’essentiel.

Je ferai sans doute un autre bilan une fois que j’aurai visionné la seconde moitié des épisodes.

Top 10 cinéma 2015

Cette fois c’est bon, on y est. Et en plus, c’est un poil plus court que précédemment : c’est ta récompense après ce long et harassant périple dans le dédale des arcanes des méandres du labyrinthe sans fin et sans issue de ma rétrospective 2015.

10. Le Pont des espions

Plus fordien que jamais, Spielberg raconte comment un homme ordinaire va être amené à accomplir une action extraordinaire (et qui mieux que cette aimable endive de Tom Hanks pour tenir ce rôle?), tout en livrant un chouette plaidoyer pour la justice for all inscrite dans la Constitution américaine. Il fait ça avec une aisance assez confondante : sur le seul plan de la mise en scène, c’est d’une virtuosité tranquille vraiment bluffante, notamment durant la première heure.
Tom Hanks est donc chargé de défendre un mec accusé d’espionnage pour le compte de l’Union Soviétique : il devient de ce fait le mec le plus détesté des Etats-Unis, juste après le supposé espion (le film se déroule au plus fort de la Guerre Froide, à la fin des années 50). Mais ça c’est pas possible, on le sait bien nous:
1. c’est Tom Hanks, merde, ce mec est bon comme le bon pain
2. son personnage agit de manière juste, en offrant une défense digne de ce nom à un type qui en a simplement besoin.
Donc on sait pertinemment que ce personnage d’abord détesté va devenir un héros. On sait même quand et comment : dès lors qu’un espion américain se fera arrêter dans le bloc de l’Est et pourra donc servir de monnaie d’échange avec l’espion russe. Et là Spielberg est vraiment bon dans sa manière de faire monter la mayonnaise grâce à un montage alterné certes classique mais d’une maîtrise et d’une efficacité éprouvée. Exercice de mise en scène pure (comment donner au public ce qu’il sait qu’il va avoir tout en maintenant son intérêt). Régalade.
Dans la seconde partie, pour la négociation et l’échange des prisonniers, le film reste centré sur Berlin,  mais il n’en est pas moins intéressant : on y sent un peu la patte kafkaïenne des frères Coen, co-scénaristes du film.
En fait, Le Pont des espions, c’est un peu l’équivalent cinématographique d’un album de Wilco : classique et majestueux mais jamais pantouflard, adulte mais pas chiant.

le_pont_des_espions
Tom Hanks, le type que tu n’arriveras jamais à complètement détester.

9. Comme un avion

J’ai toujours regretté que Bruno Podalydès ne tienne pas le premier rôle dans un film. Je trouve que ce mec a un vrai talent comique, curieusement inexploité jusqu’ici. Comme on est jamais mieux servi que par soi-même, c’est maintenant chose faite. Et il est parfait dans ce rôle d’ingénieur informatique précautionneux voire maniaque, un peu rêveur, passionné par l’aéropostale, qui décide un jour de bousculer (un peu) sa petite vie routinière. Postulat classique certes, que Podalydès déjoue intelligemment en prenant à contrepied le concept de road movie et en offrant, contre tout attente, une conclusion inquiète et étrange à un film jusque là drôle, léger et charmant. Très drôle même. Et très charmant.

comme un avion
« Je crois énormément au matos »


8. American Sniper

Ici


7. Lolo

Julie Delpy se classe juste en dessous de Maïwenn dans mon top « j’ai envie de leur faire bouffer des parpaings » : souvenir de prestations télé hystériques à base de franglais, à faire passer JCVD pour Alain Rey. Mais voilà : elle a du talent, elle. Bon, c’est seulement le 2ème film qu’elle a réalisé que je vois, mais le précédent, La comtesse, m’avait également bluffé, dans un registre diamétralement opposé.
Ici donc, elle s’essaie à la comédie pure, dans une sorte de remake potache de Cyrus, le film des frères Duplass avec Jonah Hill dans le rôle tenu ici par Vincent Lacoste. Même si Jonah Hill ressemble davantage à un mec qui a bouffé Vincent Lacoste.
Lolo est une réussite car pour une des rares fois dans la comédie française, la greffe de la comédie américaine fonctionne à merveille sur un contexte, des situations, des personnages, extrêmement français. C’est osé, décomplexé, trash même parfois, mais on est pas dans Radiostars en gros (j’aime beaucoup ce film mais on sent trop que les mecs rêvent d’Amérique). Delpy réalise donc mais campe aussi à l’écran et avec beaucoup d’auto-dérision un personnage de pure connasse parisienne (pléonasme) finalement touchante, Dany Boon incarne lui LE provincial typique (gentil, enthousiaste, émerveillé par la capitale mais évidemment moins con qu’il n’en a l’air) etc. So French. Et Vincent Lacoste évidemment, idéal dans le rôle du petit con tête à claques qui n’a jamais coupé le cordon et va mener la vie dure au nouveau petit ami de sa mère. Super comédie donc. Française. Vive la République.
Et puis un film qui s’appelle Lolo quand même…

le-film-de-la-semaine-lolo-comedie-grincante-autour-de-l-enfant-roi-critique-8bbc27fa642fb9d50
Dany Boon, acteur trop sous-estimé.


6. Le Nouveau

LA surprise de cette fin d’année : le pitch et l’affiche peuvent laisser craindre une comédie pour enfants ou pire, une espèce d’horreur à la Profs (et non pas « une horreur à la P.R.O.F.S » qui est une expression qu’on ne lira/dira jamais. Ceux qui savent, savent.). J’y suis quand même allé sur la foi d’une bonne critique (ici pour être tout à fait précis). Et aussi incroyable que ça puisse paraître, c’est exactement ça : une espèce de « Les Beaux gosses, le prequel », mâtiné de Supergrave. Eh ouais.
Je sais pas quoi dire de plus en fait : c’est une réussite assez dingue qui jamais ne prend les enfants pour des cons (ni ceux à l’écran, ni ceux dans la salle), jamais ne les pervertit non plus pour attirer l’adhésion d’un public plus adulte, c’est extrêmement drôle mais ça montre, et ça rappelle à ceux qui l’auraient oublié, combien les années collège peuvent être dures et cruelles. Gros coup de cœur donc. Et puis il faut dire les choses : Max Boublil est un super acteur comique.

le-nouveau-de-rudi-rosenberg-1_5487484
Freaks and geeks


5. It Follows

L’un des films les plus plébiscités cette année, et c’est mérité. Je ne m’attarderai pas, il a déjà été beaucoup, et bien discuté ailleurs : c’est effectivement la fusion parfaite du film d’auteur, du film d’horreur et du teen movie, le rejeton génial de la rencontre improbable entre John Carpenter et Gus Van Sant.

It follows
La beauté plastique de certaines séquences


4. Love and Mercy

Je m’en voulais de l’avoir raté en salle mais c’était davantage un acte manqué je pense car j’appréhendais pas mal de le voir. Je n’arrivais pas à croire les critiques dithyrambiques, venant parfois d’amis sûrs aux goûts irréprochables. Mais j’avais tort : Love and Mercy est bien la réussite totale décrite à peu près partout.
A la fois film sur la musique, sur la création artistique, la folie, la naissance de l’amour et pas mal d’autres choses encore, il parvient à être juste, sensible et beau quel que soit le thème abordé. Et ce sont les scènes que j’appréhendais le plus qui m’ont le plus emballé : les scènes de studio au cours desquelles Bill Pohlad s’attache à documenter l’enregistrement de quelques uns des plus beaux morceaux qui soient, des morceaux qui ont tant compté et qui comptent encore tellement pour moi (ceux de Pet Sounds). Magnifique. Le réalisateur, Bill Pohlad, est un mec chevronné, surtout connu en tant que producteur (12 years a slave, Into the Wild, Brokeback Mountain) qui signe là seulement son premier film : il fallait sans doute un petit génie inconscient ou au contraire, comme ici, un vieux routard lucide pour rendre grâce à l’histoire de Brian Wilson et dans une moindre mesure des Beach Boys.
Casting impeccable, montage génial, bande son bluffante, tout est parfait. Le générique de fin m’a terrassé.

love-and-mercy
John Cusack dans le rôle de sa vie


3. Crimson Peak

Quel cinéaste étonnant que ce Guillermo Del Toro… Après un blockbuster maousse dont je n’ai toujours pas compris s’il était du lard ou du cochon (Pacific Rim), c’est avec ce qui constitue peut-être son film le plus référentiel qu’il livre un de ses films les plus intimes. Et qu’il se replace au top du game. Yeah.
La Hammer, Mario Bava, Rebecca, Bram Stoker et toute la littérature gothique en général mais aussi sa propre filmographie (notamment le Labyrinthe de Pan et l’Echine du diable) : Crimson Peak évoque une multitude d’oeuvres passées. Mais à l’instar de Flaubert, il y a fort à parier que Del Toro pourrait dire « Edith Cushing (le nom de son héroïne, en hommage à Peter Cushing bien sûr), c’est moi » : aspirante écrivain moquée pour son penchant pour les fantômes et le fantastique, Edith (Mia Wasikowska, impeccable) épouse le ténébreux et séduisant Thomas Sharpe (Tom Hiddleston, effectivement charmant) et part s’installer dans son immense et inquiétant manoir mouvant (il est construit sur un sol argileux), quasiment vivant. Et si Edith est Guillermo, ce manoir qui veut sa peau, c’est évidemment Hollywood, qui l’a également rudoyé (l’adaptation avortée du Hobbit que Peter Jackson a finalement récupéré) avant de… Spoiler alert.
Mais à la limite, cette mise en abyme est accessoire : d’une beauté formelle époustouflante dans un style gothico-victorien, Crimson Peak fonctionne super bien en « simple » conte macabre et romantique. Beau, prenant, émouvant, profond, c’est tout simplement du cinéma populaire tel qu’on l’aime !

tumblr_ntzysycIrI1tofoejo3_1280
Rien à voir avec Tim Burton


2. Microbe et Gasoil

C’est con mais ça fait vraiment plaisir de voir des comédies françaises enfin au niveau des comédies américaines, tout comme ça fait plaisir de voir tous ces excellents groupes de pop français qui fleurissent un peu partout depuis quelques années (je vais pas faire la liste, ils sont dans mes tops musique). Marrant d’ailleurs la concomitance de ces 2 phénomènes, ça serait à creuser… Grande remise, le blog qui ouvre des pistes et ne les creuse pas.
Ici donc, Michel Gondry livre un film à la fois drôle et dur sur l’adolescence et l’amitié. On peut penser ce qu’on veut de ses films précédents (ses clips eux font l’unanimité je pense), mais parvenir à capter de cette manière des moments aussi intimes, aussi puissants, aussi violents, aussi cruciaux (et aussi drôles aussi, quand même) dans la formation d’un être humain eh bien… c’est non seulement remarquable mais aussi très rare. Gondry est un artiste qui a évidemment toujours gardé un lien fort avec l’enfance mais il ne l’avait jamais exploité et retranscrit de cette manière. J’espère vraiment qu’il continuera à tourner dans cette veine, où son amour pour l’artisanat, la bricole et la fantaisie se met au service du récit et non l’inverse.

microbe_et_gasoil_e
Gasoil et Microbe

1. La sapienza

L’an dernier, mon lauréat était Le Grand Hotel Budapest, un film qui regrettait la disparition mais luttait néanmoins pour la survivance d’un monde plus beau et plus raffiné comme rempart à l’ennui, à la petitesse, à la laideur voire à la barbarie du monde, parfois.
Je vois dans La Sapienza la poursuite, ou un écho à ce que disait Wes Anderson : le salut, personnel, du couple et donc du monde, peut venir de la beauté, pour qui sait la voir.
Je me rends compte en l’écrivant que ça a l’air complètement con mais c’est tout simplement brillant et lumineux, l’évidence de la simplicité. Bouleversant en vérité.
J’ai d’autant plus aimé ce film que je n’y attendais pas du tout : j’avais détesté La Religieuse portugaise, le précédent film d’Eugène Green. J’avais détesté le style Green pour être plus précis, qui privilégie le texte et la diction avant toute chose, et met donc en scène de manière très minimaliste (le champ/contrechamp face caméra a sa préférence) des acteurs qu’on pourrait qualifier de monolithiques. Mais ce qui m’avait paru terriblement ennuyeux et caricatural dans La Religieuse…, m’a ici semblé parfaitement adapté, et mieux encore, la seule manière possible de traiter cette histoire : les mots et les mots seulement pour évoquer la beauté des lieux, des intentions, des sentiments, des êtres.
Mon seul regret : ne pas avoir découvert le film en salles, d’autant qu’Eugène Green avait fait le déplacement pour le présenter au public toulousain.

la sapienza
« Le trésor de l’aube est la sapience. »

Top cinéma 2015 – 5ème partie : maxi best of

Non c’est pas fini. C’est LOIN d’être fini. Ah j’ai pas beaucoup posté l’an dernier mais tu vas en chier maintenant, je te le dis moi !

Kingsman

Ici

Life

Après 2 excellents films d’espionnage que j’ai beaucoup aimés (The American avec George Clooney et A Most Wanted Man, dernière apparition à l’écran de Philip Seymour Hoffman, Anton Corbijn revient à un sujet plus personnel ou en tout cas plus proche de sa vie « d’avant », en tant que photographe (de U2 notamment). Il raconte ainsi ce moment où Dennis Stock, anonyme cheville ouvrière de l’industrie hollywoodienne (il travaille principalement en tant que photographe de plateau et d’avant-premières, sur les tapis rouges), rencontre James Dean, dont la carrière est sur le point de décoller (il vient de tourner La fureur de vivre). Stock sent que Dean peut marquer son époque et dans le même temps, lui servir de tremplin. Il le convainc de réaliser une série de photos qui, simultanément à la sortie du film de Nicholas Ray, feront de lui le mythe que l’on connait.
Au-delà de l’évocation d’un moment clé de l’histoire de la pop culture (James Dean a pour ainsi dire inventé l’adolescence), moment que Corbijn retranscrit avec la distance nécessaire (ni trop d’emphase, ni trop de froideur), au-delà également d’un épisode qui fait écho à la propre vie de Corbjin (qui a accompagné lui aussi l’explosion de U2 puisqu’il les a accompagné depuis leur première tournée américaine et a notamment signé la pochette de The Joshua Tree, l’album qui les a fait basculer dans le monde des superstars), Life montre surtout la rencontre de 2 personnes dans un moment à la fois de fragilité et d’espoir pour chacun d’eux. C’est un film qui prend son temps, qui peut sembler un peu atone dans un premier temps mais qui marque davantage que des films plus impressionnants sur le moment. Il repose évidemment sur l’interprétation et l’alchimie entre les 2 acteurs (Robert Pattinson dans le rôle de Dennis Stock,  Dane DeHaan dans celui de James Dean) et là aussi, il est irréprochable.
Un film donc, que je conseille particulièrement car j’ai l’impression qu’il est un peu passé inaperçu.

life corbjin
On Broadway

21 nuits avec Pattie

Il faut voir les choses en face : le meilleur des Larrieu est sans doute derrière eux. Quand on les connaissait pas ou peu, qu’ils tournaient avec des acteurs encore émergeant (quand Amalric n’était pas aussi célèbre en gros), qu’ils abordaient la notion de couple avec un regard vraiment neuf.
Depuis plusieurs années maintenant, ils se sont embourgeoisé. Les derniers jours du monde, sans doute leur film le plus coûteux ressemble à un magnifique baroud d’honneur, un geste un peu kamikaze dont ils ont je pense encore du mal à se remettre financièrement.
21 jours avec Pattie est donc à la fois un film bourgeois (Isabelle Carré, Karin Viard, André Dussolier au casting) et un « petit » film (ils ont tourné dans le village tarnais dans lequel, enfants, ils passaient de nombreuses vacances avec leurs parents). Ceci étant dit, on parle des Larrieu là : les longues tirades de Karin Viard dans la première partie, c’est de la pornographie, ni plus, ni moins. Il n’y a qu’eux pour écrire, filmer et mettra ça dans la bouche d’une des actrices les plus « installées » en France aujourd’hui.
Dans sa seconde partie, suivant le fil d’un récit distendu comme toujours chez eux, le film est encore meilleur : il délaisse délibérément le personnage interprété par Viard, qui a fait son ouvrage auprès d’Isabelle Carré, et peut donc laisser celle-ci faire son deuil et revenir à la vie. C’est très finement et sensiblement montré. Très émouvant aussi, avec ce final qui rappelle celui d’Un homme, un vrai, manière de boucler la boucle et de montrer qu’ils sont encore capables de très belles choses.

Eros et Thanatos
Eros et Thanatos


La tête haute

Les années passant, j’ai de plus en plus de mal avec les films « sociaux ». J’entends par là les films qui essaient de prendre un problème social à bras le corps ou qui prennent pour contexte une situation « délicate », des personnages « abîmés par la vie ». Parce que là ou les Dardenne montrent des personnages abîmés par la vie, on a vite fait d’en montrer d’autres qui sont abîmés par la life, tu vois. Autrement dit de charger la mule, adopter la mauvaise distance, surjouer l’authenticité (coucou La loi du marché).
Exercice ô combien périlleux donc, qu’Emmanuelle Bercot déjoue brillamment : parce que la bonne distance précisément, parce que l’authenticité (le casting, impeccable mélange d’acteurs chevronnés et amateurs) et parce l’ampleur du récit. La tête haute n’est pas une chronique ordinaire de l’inadaptation, de la misère sociale, que sais-je encore: le film se déroule sur une période de plus de 10 ans, ce qui lui confère une dimension de saga. Si j’osais, je dirais même qu’il y a du Dickens là dedans… Bercot a de plus l’intelligence et le talent de ne donner aucune date, aucun marqueur temporel autre que celui des événements de la vie de son héros. Le temps qui passe pour lui, passe pour nous par le montage uniquement et donc par le cinéma. Super film, vraiment.

Ca fait plaisir de revoir Benoît Magimel dans un bon rôle et un bon film
Ca fait plaisir de revoir Benoît Magimel dans un bon rôle et un bon film


Shaun le mouton

J’y allais un peu à reculons, regrettant que les studios Aardman se contentent à mes yeux de recycler un personnage existant et capitalisent sur la popularité de ce même personnage, au lieu de créer quelque chose de nouveau. Mais ces gens-là (du studio Aardman) sont vraiment des gens d’une sensibilité et d’une intelligence dingue. Même la « critique » des fashionistas et autres hipsters (entre guillemets car on est davantage dans le gentil brocardage), critique aisée et attendue, est subtile et pleine de bienveillance. Comme quoi on peut très bien faire un film pour les plus petits (mais vraiment les tout petits, un film de bébé, au sens propre) ET les adultes. Coucou Star Wars.
Enfin, Shaun le mouton est la preuve que les studio Aardman appartiennent définitivement au patrimoine britannico-britannique au même titre que les scones, Lewis Carroll, le Boxing Day ou les Kinks. Larmichette inévitable à la fin.

shaun le mouton
Le temps qui passe, là aussi

Crazy Amy

Je ne partage pas l’enthousiasme général au sujet de ce film mais je pense que c’est une réussite et ça fait plaisir de voir Judd Apatow revenir à ce qu’il sait faire de mieux : un mélange n’appartenant qu’à lui d’humour trash et d’émotion subtile.
Ne pas réaliser un scenario qu’il a lui même écrit et délocaliser l’action à New-York (et non plus Los Angeles comme tous ses autres films) lui a visiblement fait du bien : il laisse un peu de côté son obsession du couple qu’il a pu si bien traiter mais qui l’a mené dans une impasse lors de son précédent 40 ans, mode d’emploi. C’est encore la question du couple qui taraude son héroïne mais davantage à travers un questionnement et un cheminement personnels : c’est lorsqu’elle aura accompli sa mue de son côté qu’elle sera prête à changer de vie. Et ce sont les scènes familiales (avec sa sœur et leur père) qui créent le plus d’émotion.
Depuis Mes meilleures amies (qu’il n’a pas réalisé mais qu’il a produit avec beaucoup de conviction), Apatow semble davantage intéressé par la description de personnages féminins : voir aussi son implication dans la série Girls. Il s’est dans le même temps un peu détaché de ses poulains (notamment Seth Rogen). Ca l’oblige à se réinventer un peu, c’est intéressant mais du coup je vois davantage Crazy Amy comme un film de transition. A suivre donc.

OK, je l'avoue : en fait j'ai un peu de mal avec Amy Schumer.
OK, je l’avoue : en fait j’ai un peu de mal avec Amy Schumer.


Pulp – a film about life, death & supermarkets

Les bons documentaires musicaux sont rares parce que
1. les documentaires musicaux sont rares
2. le type derrière la caméra ne pose pas toujours un regard super intéressant sur son sujet.
Exemple type : cette année, j’ai également vu un autre docu au sujet très proche, celui consacré à la reformation d’une autre vieille gloire britannique, les Stones Roses. Et le film est sans intérêt. C’est à dire que j’ai pris du plaisir à le regarder parce que c’est super de voir Ian Brown, John Squire, Mani et Reni rejouer ensemble, parce que c’est toujours émouvant de voir des fans qui n’y croyaient plus pouvoir assister à l’un de leurs concerts, et parce que l’identification marche à fond :  j’aime les Stone Roses et j’ai peu ou prou le même âge que leurs fans de la première heure. Mais passé ce plaisir immédiat et purement instinctif, le film n’a aucun intérêt artistique et cinématographique : il est réalisé par un fan absolu (il ne s’en cache pas) et en caricaturant, on pourrait presque dire de lui qu’il s’agit d’un publi-reportage à la gloire du groupe.
Ce que n’est pas Pulp, a film about life, death & supermarkets.
Ca n’est pas faire injure aux Stone Roses, qui ont énormément de qualité et qui sont un groupe que j’adore, que de dire que Pulp est à la base un groupe plus intéressant. Un parcours plus intéressant, une musique plus intéressante (et complexe), des paroles BEAUCOUP plus intéressantes.
A l’occasion de la reformation surprise du groupe en 2012, le réalisateur a donc décidé de se rendre dans la ville de Sheffield, leur ville, le jour du concert des enfants prodigues, afin de recueillir le sentiment des habitants à leur sujet. Le film comporte donc quelques scènes de concerts, quelques paroles des membres du groupe mais surtout des paroles d’anonymes, fans de la première heure, passants, commerçants, association récréatives, vieilles dames, universitaires etc. Le film offre ainsi d’abord un portrait de la ville et, ensuite, en creux, un portrait du groupe. Une ville industrielle dont la rudesse transparaît à chaque plan et dans la personnalité des personnes interrogées, et dont on comprend l’importance qu’elle a pu avoir dans le rapprochement de ces 5 parias sublimes, forcément marginaux dans un tel environnement.
Et en plus de cette approche singulière, il y a évidemment Jarvis, qui bouffe l’écran et donc le documentaire à chacune de ses apparitions, que ça soit sur scène ou lorsqu’il est interrogé par le réalisateur. Cet homme, Jarvis Cocker, a un charisme et une présence incroyables sur scène, une intelligence et un sens de la répartie merveilleux sur scène également mais aussi en dehors. Quand on fait le bilan, il est sans doute le dernier grand songwriter britannique, dans la lignée de Ray Davies, Bowie ou Morrissey.
Evidemment, ça marche sans doute mieux si on apprécie le groupe : Pulp me suit depuis plus de 20 ans (depuis le single My Legendary Girlfriend entendu chez Bernard Lenoir un soir de 1992 pour être précis) et plus le temps passe, plus ce groupe est précieux à mes yeux. Mais je pense que ce film est un modèle de documentaire musical original et stimulant pour quiconque s’intéresse au rock.

Héros ABSOLU
Show me a hero

Mia Madre

C’est un beau film, émouvant et sans pathos, sur la fin de vie d’une honorable romaine, à travers le regard de son fils ingénieur (interprété par Nanni Moretti lui-même) et de sa fille réalisatrice de cinéma (Margherita Buy). Sans pathos et sans voyeurisme mais avec beaucoup de douceur et de bienveillance.
J’aime la façon dont Moretti ne cherche pas à dire quoi que ce soit d’autre : évidemment, on est tenté de chercher un message ou une mise en abyme dans le personnage de la réalisatrice et de ce tournage d’une fiction militante sur la reprise en main d’une usine, avec la grève et le plan de licenciements qui va avec (un film que le jeune Moretti tournerait aujourd’hui?), mais non, je ne crois pas, c’est inutile. Tout comme sont inutiles les petites séquences comiques censés apporter une respiration : humour de vieux, plus embarrassant qu’autre chose. Mia Madre est réellement bon quand il est « seulement » ce qu’il annonce : un film simple et sensible sur le décès d’une mère.

mia madre

Top cinéma 2015 – 4ème partie : best of

Au menu aujourd’hui, des films que je trouve plutôt ou carrément bons, et que j’ai aimés. Toujours sans classement.

Get Hard

Tu connais désormais mon admiration, que dis-je, ma passion, pour la comédie américaine contemporaine en général et pour Will Ferrell en particulier : je ne pouvais pas passer à côté de Get Hard.
Ferrell y incarne une sorte de Bernie Maddof un peu benêt lui mais qui se fait également gauler et condamner à une peine de prison ferme. Blindé de thunes, totalement déconnecté de la réalité et a fortiori de l’univers carcéral, il demande au gars qui s’occupe de ses voitures de le coacher pour être prêt à affronter son futur quotidien en prison. En effet, le gars en question (Kevin Hart, pénible, comme toujours) est noir donc dans sa tête de blanc déconnecté de la réalité, il a forcément déjà fait de la tôle et pourra le préparer à ce qui l’attend. Kevin Hart, brave petit père de famille qui rêve d’améliorer son quotidien et de faire croître sa petite entreprise, ne le contredit pas et accepte car il a besoin d’argent.
Le pitch est drôle et si le film aurait pu être meilleur, Ferrell est génial, comme d’habitude : il faut le voir, trader richissime, flipper à l’idée de passer plusieurs années en prison et donc devenir la proie des caïds et gangs en tout genre, puis, au terme de sa « formation », se muer en véritable gangsta.
Bonne comédie potache donc, un peu plombée par les bons sentiments dont le pénible Kevin Hart se fait le convoyeur. Mais nom de Dieu de bordel de merde, quel putain de génie ce Will Ferrell. Et puis y a Alison Brie à moitié à poil. NEED I SAY MORE?

J'aime cet homme. Et cette femme.
J’aime cet homme. Et j’aime cette femme.

Ant Man

J’ai vu peu de blockbusters cette année, et ceux que j’ai vus m’ont profondément ennuyé (Star Wars, Jurassic World). Ant Man est l’exception qui confirme la règle mais je ne suis pas sûr qu’il puisse être considéré comme un blockbuster à proprement parler (un blockbuster à la Avengers ou San Andreas par exemple) : c’est réalisé par Peyton Reed, jusque là plus connu pour ses comédies (l’excellent Yes Man avec Jim Carrey par exemple), c’est starring Paul Rudd aka L’homme le plus sympa du monde© et habitué des meilleures comédies lui aussi et puis… ben… comment dire… c’est un homme fourmi quoi. LOL.
Là où le film est malin c’est qu’il ne nie jamais le potentiel comique dû à l’improbabilité de la nature de son héros. Ant Man est donc un film de super-héros relativement classique dans son déroulé (le mec ordinaire sur qui ça tombe sans qu’il ait rien demandé, la belle, le méchant qui a des vues sur la belle, la rédemption personnelle qui accompagne le combat bigger than life etc) mais il est sans doute le plus drôle. Et il est vraiment très drôle grâce notamment aux sidekicks de Paul Rudd, plus particulièrement au toujours excellent Michael Peña, immense je-le-connais-mais-je-sais-jamais-comment-il-s-appelle, que ceux qui savent ont notamment pu apprécier dans Observe and Report et dans la saison 2 de Eastbound and Down.
Et puis y a le grand Michael Douglas et la sublime Evangeline « Kate Austen » Lilly, non franchement c’est super. Déjà envie de le revoir.

Un film comme ça.
« Ant Man, c’est comme ça. »

Mad Max: Fury Road

Ca j’ai également du mal à le considérer comme un blockbuster mais pas pour les mêmes raisons : j’étais un peu sceptique mais faut avouer que c’est assez radical ! J’en viens presque à regretter que le film véhicule un message, aussi infime soit-il : l’action brute, décomplexée et virtuose fait tendre le film vers l’objet quasiment expérimental et ça m’allait très bien. J’en dis pas plus, le film ayant été abondamment et brillamment disséqué sur la Toile par des gens beaucoup plus intelligents et intéressants que moi.

Assurément LE personnage portnawak de l'année.
Assurément LE personnage portnawak de l’année.

The Visit

On est loin des réussites passées mais ça fait quand même plaisir de retrouver en partie le Shyamalan qu’on aime, que j’aime en tout cas. Pas grand chose à dire de plus: c’est simple, malin, assez drôle, raisonnablement flippant. « De la belle ouvrage ». Mais quand on y pense quand même… Au début des années 2000, ce mec était le nouveau Spielberg, à la fois adulé des critiques (dans leur grande majorité) et du public. Chacun de ses nouveaux films créait l’événement. Aujourd’hui The Visit sort en catimini et tout le monde s’en fout. Comme quoi, la routourne tourne vraiment, et ça c’est une leçon à méditer.

En cherchant une image d'illustration, suis tombé sur d'excellents photogrammes bien flippants quand même. Mais je voudrais pas spoiler.
En cherchant une image d’illustration, suis tombé sur d’excellents photogrammes bien flippants quand même. Mais je voudrais pas spoiler.

Ricki and the Flash

Ca commence comme une comédie pour vieux, avec des gags de vieux, sur les vieux. Rires des vieux, nombreux (Meryl Streep oblige sans doute), dans la salle. Mais c’est fait avec sincérité, au premier degré et s’il y a bien une chose qu’on peut accorder à Jonathan Demme, c’est d’aimer, et de savoir filmer la musique. Il filme ainsi les chansons (des reprises, puisque le film raconte l’histoire d’une musicienne qui a quitté sa famille pour accomplir son rêve de rock’n’roll star mais galère depuis des années dans un groupe de bar) dans leur intégralité la plupart du temps et ça fait évidemment toute la différence. En enregistrant et en retranscrivant les prestations de ce groupe gentiment pathétique de vieux rockers sur le retour comme s’il s’agissait des Stones, il rend un touchant hommage à tous les groupes gentiment pathétiques de vieux rockers sur le retour du monde.
Se greffe à cela une jolie histoire de lien défait et à renouer, touchante elle aussi, et traitée avec beaucoup de justesse, d’autant que le rôle de la fille est interprété par la propre fille de Meryl Streep, et l’ex-mari par le toujours excellent Kevin Kline. Le prototype du « joli film » au final, dont on ressort avec un sourire sincère. En n’ayant plus aucune envie de faire des remarques désobligeantes sur la fille moche de Meryl Streep.

Le toujours excellent Kevin Kline dans le rôle de l'ex-mari.
« Ne me traite jamais, jamais… jamais… de débile »

A trois on y va

« Joli film » encore, paré d’un vernis QFA (Qualité Française Auteuriste). C’est donc littéraire mais pas trop, auteurisant mais pas trop, grand public mais pas trop, subversif mais pas trop. C’est un film du miyeu en fait, et il pourrait aisément basculer dans la partie basse de mon top. D’autant qu’il y a un sévère côté « ta bite a un goût » dans les dialogues de Bonnell : il sent bien que parler des amours de ces jeunes adultes, raconter leur quotidien sentimental dans un décor et un contexte relativement réalistes, nécessite de sa part une certaine décontraction, un certain naturel, qu’il a bien du mal à retranscrire parce que précisément pas naturel chez lui. Jérôme Bonnell est un cinéaste très sensible et un peu précieux, et c’est très bien, c’est ce qu’on apprécie chez lui mais lorsqu’il se fait violence et fait parler ses personnages comme ils seraient censés parler dans la vraie vie, ça fait un peu pitié. Je n’ai plus les exemples précis en tête mais j’ai vraiment eu le sentiment de me retrouver face à un premier de la classe qui essaie d’avoir l’air cool en se prétendant fan de Snoop Dogg.
Je pinaille car encore une fois, c’est un joli film, mais le pinaillage C’EST Grande remise. Et c’est pour ça que tu m’aimes au fond.

J'ai omis de mentionner que ça s'achève sur le sursublimissime The Ocean de Richard Hawley et ça évidemment c'est un gros plus.
J’ai omis de mentionner que ça s’achève sur le sursublimissime The Ocean de Richard Hawley et ça évidemment c’est un gros plus.

Toute première fois

Ce top est vraiment interminable, j’arrive pas à faire court. On dirait donc que c’est sur ce film là que ça tombe : comédie française / Pio Marmaï / malin / drôle / mignon

Au centre, Franck Gastambide, une des Kaïra. J'étais au lycée avec un Gastambide, un sacré petit con. Je me demande toujours s'ils ont un lien de parenté.
Au centre, Franck Gastambide, une des Kaïra. J’étais au lycée avec un Gastambide. Un sacré petit con. Je me demande à chaque fois s’ils ont un lien de parenté.

Mission Impossible – Rogue Nation

Action / Acteur nain / Bonjour Madame / Le Troisième Homme

Je vais quand même préciser un peu ici parce qu’il est vraiment balèze l’Acteur Nain : il fait un film par an (un film seulement je veux dire), du coup il fait l’événement mais comme il est aussi fort qu’il est petit, il s’agit toujours d’un bon film : l’an dernier Edge of Tomorrow par exemple, et cette année, MI5 donc. Plus classique que ses prédécesseurs, il porte la patte de son réalisateur, Christopher McQuarrie, scénariste émérite et spécialiste es-film noir. D’où ce final très Troisième homme de Carol Reed : Londres (Vienne aura joué son rôle dans la 1ère partie du film), nuit, humidité, brume et quasi-noir et blanc. Classique et classieux donc.

Acteur Nain + Bonjour Madame
Acteur Nain + Bonjour Madame