#35 Richard Hawley

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Je résume en quelque sorte ce que m’inspire la musique de Richard Hawley dans cet article. Article que je n’aime pas beaucoup car j’y parle particulièrement mal de cet artiste merveilleux mais bon.

Je précise pour les puristes qu’au sein d’une discographie impeccable et dont chaque élément me ravit et me touche profondément, j’ai opté pour son premier album, qui n’est pas un album car c’est un long single (7 titres). C’est devenu un album par la suite (en 2007 pour être précis), lorsqu’il a été réédité et agrémenté de plusieurs titres. C’est cette version là que j’ai retenue.

Et cet « album » ci donc parce que… c’est le premier tout simplement. Parce qu’on y entend pour la 1ère fois la musique et surtout la voix d’un type dont on pressent, même quand on ne sait rien de lui, qu’il a vécu. Et en effet, après les sessions studio avec All Saints (!), les disques des médiocres Longpigs, après l’alcool, la came et enfin les tournées salvatrices en compagnie de Pulp, Richard Hawley a déjà vécu lorsque sortent ses premiers enregistrements véritablement personnels :  il a d’ailleurs 34 ans.

Et puis il y a cette pochette bien sûr, sublime, qui a de plus le mérite (exactement comme celle de son véritable premier album, Late Night Final) d’encapsuler absolument TOUT son univers : l’Angleterre (quoi de plus anglais que le bingo ?), la nostalgie (le manège), le rock’n’roll (total look blue jean), la coolitude (la clope), le romantisme (si on additionne tout ce qui précède).

Comme je le disais dans l’article auquel je renvoie en préambule, le dernier album de Richard Hawley m’a un tantinet déçu. A peine : avec le temps, je l’ai révisé à la hausse. Il est en tout cas celui qui se démarque le plus des jalons que celui-ci a posé il y a plus de 10 ans. Ca n’est sans doute pas un hasard : Richard Hawley fait partie de ses artistes qui ne sont jamais aussi bons que lorsqu’ils creusent encore et encore le même sillon. Et ce sillon, il n’a selon moi jamais été aussi pur et limpide que sur ces tout premiers enregistrements.

Bon, j’arrête là, décidément, je n’arrive pas à écrire de manière satisfaisante sur l’un des artistes contemporains, toutes disciplines confondues, qui me touchent le plus. J’ai vraiment beaucoup, beaucoup d’admiration et d’affection pour cet homme, son art et son parcours, je crois que c’est tout ce que je voulais dire finalement.

Ty Segall – Manipulator – critique

Depuis le temps que je te bassine avec Ty Segall, ici et ailleurs, il m’a paru logique de lui consacrer un véritable billet. La sortie de son nouvel album, Manipulator, en fournit l’occasion idéale.

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Pour faire court puisque tu peux toujours aller sur Wikipedia pour davantage d’informations, Ty Segall est un californien de 27 ans qui pratique un style qu’on pourrait qualifier de garage-psyché. « Pourrait » car évidemment, il ne se limite pas à cela. Et c’est ça qui est génial : ce type incarne tout bonnement toutes les facettes de ce que, faute de mieux, on qualifie généralement de « rock ». Et il l’incarne mieux que quiconque à l’heure actuelle : garage, psyché donc mais aussi punk, metal, pop, folk, rien ne lui fait peur, il maîtrise tout. Bien sûr il y a des francs tireurs ici et là (Reigning Sound, Lords of Altamont, Jim Jones Revue pour n’en citer que quelques uns au hasard) mais personne qui soit, comme lui, aussi transversal, aussi exhaustif. Ni aussi talentueux.

S’il a déjà fait ses preuves sur ses très nombreux enregistrements (souvent géniaux et, au minimum, dignes d’intérêt), il résume tout cela à merveille sur son dernier album, Manipulator donc.
C’est sans doute l’album à conseiller en premier lieu à ceux qui ne le connaissent pas du tout et probablement aussi l’album de la reconnaissance définitive.
Sa notoriété grandit depuis plusieurs années mais Manipulator, plus long, plus « poli » (au sens de « produit »), plus pop en somme que tout ce qu’il a pu enregistrer auparavant, devrait lui valoir un certain succès commercial et, au minimum, une exposition médiatique inédite pour lui.

Et tout cela, c’est là que Ty Segall est génial (oui, ça fait déjà 3 fois que j’emploie cet adjectif), sans que jamais on se dise qu’il a fait des compromis ou qu’il s’est un tant soit peu calmé (il a du jus ce garçon, je te prie de le croire).
Quoique plus facilement abordable que tout ce qu’il a pu sortir jusque là (à l’exception de Sleeper, son sublime album acoustique sorti l’an dernier) Manipulator multiplie les moments de pure sauvagerie rock’n’roll absolument dantesques et jouissifs. Le quintet d’ouverture mon Dieu… Je ne compte plus les passages du disque (un solo, un refrain, un riff) sur lesquels je me surprends à sourire comme un couillon juste parce que c’est bon. De l’adrénaline, de la joie, du plaisir à l’état pur. L’incarnation la plus parfaite, la plus immaculée, la seule en vérité à l’heure actuelle, du rock’n’roll.

Le côté pop, c’est avant tout des influences glam rock parfaitement assumées, voire transparentes. Il avait déjà enregistré un EP de reprises de T-Rex joliment intitulé Ty Rex mais ici il pare nombre de ses compos des attributs les plus identifiables du genre : guitares sèches, quatuor à cordes, vocaux haut perchés, refrains hyper catchy. Il nous gratifie même d’un petit intermède à la Mickey Finn (percussionniste de T-Rex) sur Feel, l’un des moments forts de l’album (et LE moment fort de ses prestations scéniques). The Singer fait ainsi figure de modèle du genre : une ballade enviolonnée qui n’aurait pas fait tâche sur The Slider. Plus loin, il chourre un peu l’intro de Jean Genie à Bowie sur The Faker, dont le simple titre l’exonère illico de la moindre accusation de plagiat (il est malin en plus ce coquin).

Pour conclure et finir de situer le gars dans ma hiérarchie personnelle, je me souviens d’une couverture de Technikart consacrée à Beck et titrée « L’Homme le Plus Fort du Monde ». Je m’en souviens encore après toutes ces années (ça devait être en 1996) parce que je trouvais ça absolument juste et justifié. Eh bien en 2014, l’Homme le Plus Fort du Monde, c’est encore un blondinet californien hyper prolifique, c’est Ty Segall.

#34 Gorky’s Zygotic Mynci – How I Long to Feel That Summer in My Heart

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Je pense que tout le monde s’accordera à dire que nous avons vécu cette année ce que les professionnels de la profession  ont coutume de nommer un « été de merde ».
Mais le hasard faisant bien les choses, l’entrée suivante dans mon top 100 est un disque estival, mieux même, un disque sur la nostalgie de l’été. Par un autre de mes groupes fétiches, malheureusement plus en activité depuis quelques années.

Il aura été actif durant plus de 10 ans et 8 albums mais les chefs d’œuvre alignés aussi implacablement que les moutons dans un pré gallois n’y ont rien fait : tout le monde se foutait de Gorky’s Zygotic Mynci (et tout le monde continue de s’en foutre d’ailleurs). Eux n’avaient pas l’air de t’en tenir rigueur pour autant (« tout le monde » c’est toi mon vieux) : ils semblaient jouer pour leur simple plaisir et pour leurs quelques fidèles fans (ça c’est moi), sortant tous les ans ou presque leur meilleur album depuis le dernier et jusqu’au prochain. Pour situer rapidement, une pop-folk rurale britannique et incroyablement naïve, mâtinée d’un psychédélisme ludique et tranquille.

Gorky’s Zygotic Mynci a pourtant débarqué en pratiquant une pop foutraque sur Barafundle ou Patio Song : des enregistrements assez barrés où ils n’avaient pas peur de fondre 3 chansons en une, chanter en gallois ou apparaître habillés comme des druides sur les photos de presse. Un groupe rapidement catalogué « excentrique », « rigolo » et « drogué ». Ce qui était certes réducteur mais pas faux non plus, il faut être honnête.

Leur musique s’est adoucie avec les années. Plus les années passaient et plus les Gorky semblaient seuls au monde. Plus ils semblaient seuls au monde, plus leur musique est devenue belle, fondamentalement belle : c’est tout bête mais je ne trouve pas d’autre mot pour définir cette musique simple et pure, qui ne connaît ni calcul, ni distance.

On entend chez eux à n’en pas douter ce qui se jouait dans le Village Green imaginé par Ray Davies, à ceci près que Daisy n’épouse plus le fils de l’épicier, et que Walter reste pour toujours l’ami qui fumait des cigarettes derrière le préau de l’école. Sur cet album en particulier, Gorky’s Zygotic Mynci joue la bande-son d’une campagne idéalisée, d’une perfection pastorale tout droit sortie des romans de Thomas Hardy : ici les filles vous transpercent le coeur de leur simple sourire (« Have you seen her smile? / Doesn’t it just make you wanna cry? » sur Stood on Gold) et on n’aspire qu’à des choses simples telles que contempler la lumière d’un nouveau jour et se retrouver entre amis autour d’un air antédiluvien.

Pas de méprise pourtant : aucune tentation folklorique ou traditionaliste chez eux (ils ne chantent d’ailleurs plus en gallois sur leurs 3 derniers albums), aucun clichés hippie sentant la crevardise : Gorky’s Zygotic Mynci est un groupe pop entiché de folk. Ils sont cette formation rêvée par tous les amateurs de chansons dignes de ce nom, capable de vous envoyer dans les étoiles et de vous faire sangloter en même temps, sur une seule mélodie ou harmonie. Il se dégage de leurs disques une chaleur, une joie et une mélancolie extrêmes auxquelles rien que ce que nous connaissons sur la scène musicale actuelle ne nous habitue plus (je le pense).
Ils semblaient être en quête de toujours plus de pureté, tant dans l’instrumentation utilisée que dans les sentiments évoqués. La chanson titre, vignette nostalgique d’un été parfait (« and the days were so long / and nothing could go wrong ») au moment où il faut quitter la campagne pour retrouver la ville (« oh I long to stay but I’ve got to go / where money is made, cold winds blow »), me noue la gorge à chaque écoute. C’est tout simplement une de mes chansons préférées (allez, au débotté, au moment où je tape ces lignes, elle accompagne Teenage FanclubThe Concept, The ByrdsFeel a Whole Lot Better, Super Furry AnimalsHometown Unicorn, The High LlamasCampers in Control).

Le groupe n’existe donc plus à l’heure actuelle mais on imagine une séparation douce et cordiale, sans heurts ni querelles vulgaires autour des royalties (de toutes façons probablement très maigres). Le principal compositeur/interprète, Euros Childs (c’est son vrai nom, il est magnifique et il le porte à merveille) sort chaque année un nouvel album de chansons simples, naïves et belles que le monde continue d’ignorer royalement (‘le monde », c’est TOI). Il a également sorti il y a 3 ans et en compagnie de Norman Blake de Teenage Fanclub (un autre de mes héros) un super album de power pop-folk sous le nom de Jonny.

#32 The Flying Burrito Bros – The Gilded Palace of Sin

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Mon top, à quelques exceptions près, est très conventionnel : que des classiques ou au moins des groupes/artistes que tout le monde connait un tant soit peu désormais. Tu prends l’Iphone du moindre petit branleur à frange du parvis de Saint-Etienne (To Loose reprazent) et tu y trouveras du Phoenix, du Foals mais aussi du Tyler, du Rhianna, du Big Star, du Jackson C. Frank etc. Tout est désormais accessible, le populaire comme le (jadis) confidentiel… C’est bieng. Ils connaissent pas leur chance ces petits cons.

Je fais partie d’une génération qui a découvert certains disques autrement. Laborieusement parfois. Celui-ci, je l’ai découvert assez tard puisque mes dealers officiels ne le possédaient tout simplement pas. Pas le choix. Ou alors il fallait commander, pffff… C’était compliqué parfois la province. La vraie je veux dire, celle où la grande ville la plus proche de chez toi était à 1h de route et ne comptait de toutes façons que 60 000 habitants.

Le jour où je suis finalement tombé dessus, c’était du pur High-Fidelity : je l’ai trouvé sans l’avoir vraiment cherché et j’ai filé direct à la caisse, tout fébrile, comme si quelqu’un allait me le prendre des mains. Je l’ai tendu au patron des lieux, qui a regardé l’objet, m’a regardé, a baissé les yeux, pris une longue inspiration et prononcé ces quelques mots qui ont suffi à sceller une connivence de music nerd : « Super choix… C’est un très très bel album ». Il avait évidemment raison.

#31 Flotation Toy Warning – Bluffer’s Guide to the Flight Deck

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Eh oui c’est fini le bon temps où ça causait foot, gel Vivelle Dop, sauterelle géante et poutre apparente sur Grande remise. Retour à la normale donc car on ne change pas une équipe qui fait match nul.

Voici ce que j’avais écrit à la sortie de cet album il y a 10 ans :

« Lorsqu’on se rend sur le site officiel des anglais de Flotation Toy Warning, il faut y regarder à 2 fois pour se persuader qu’on n’a pas échoué sur une annexe du museum d’histoire naturelle. C’est en effet dans la peau d’explorateurs du XIXème siècle que le groupe aime à se présenter, (fausse) biographie et (fausses) photos à l’appui. Outre               un amusant pied de nez, la démarche (qui rappelle un peu celle de Simian pour son premier album) fait véritablement figure de profession de foi pour une formation qui entend redonner à la pop un certain esprit aventureux, une grosse part de mystère, ainsi que de nouvelles lettres de noblesse. Au sens propre.

Car malgré son indéniable aspect expérimental, il se dégage de ce premier album une atmosphère désuète, un certain hiératisme fourbu, la sensation d’entendre à l’œuvre quelque aristocrates désenchantés et sur le déclin mais toujours debouts.
Si la nostalgie se taille la part du lion, c’est toujours en accord avec une certaine excentricité toute britannique (voir le chanteur d’opéra qui déboule en plein milieu de Losing Carolina, immédiatement relayé par une slide-guitar divine). D’où également ce parfum de Vieille Europe que leurs morceaux exhalent la plupart du temps, malgré d’évidentes influences états-uniennes : on a beaucoup cité, et à raison, Mercury Rev, Grandaddy ou les Flaming Lips à leur propos. Ces longues chansons majestueuses (souvent 7-8 minutes) ne sont également pas sans rappeler celles de Polyphonic Spree. Mais alors un Polyphonic Spree qui aurait égaré son Prozac, dérivant entre l’Amérique et le vieux continent sur un radeau de fortune.
Attention, ne pas croire pour autant d’après cette comparaison que Flotation Toy Warning évolue dans une bulle dépressive/primante : ce qu’il donne à entendre est le son d’un groupe extrêmement mélancolique (ces rythmiques mollassonnes et métronimiques, ces arrangements comme sortis d’une vieille malle mirifique), mais toujours ludique, éminemment joueur, jamais avare d’un coq à l’âne ou d’une quelconque cocasserie.

D’une grande richesse émotionnelle grâce notamment à des chœurs, cordes et cuivres renversants (ou plutôt « chavirants » vu le contexte très fortement aquatique dans lequel le groupe nous fait évoluer…), les indépassables Popstar Reaching Oblivion ou Donald Pleasance sont un peu les titres que Radiohead aurait pu un jour composer s’il avait décidé d’écouter son cœur plutôt que son cerveau. En mille fois mieux. Flotation Toy Warning est tout bonnement le groupe le plus sentimental, poétique et mystérieux que la pop nous ait offert depuis des lustres. »

Je pensais enrichir cette chronique voire la corriger mais en fait non, je suis d’accord avec ce que j’ai écrit à l’époque (je suis souvent d’accord avec moi mais là n’est pas le sujet. Pour info, je me fais également beaucoup rire).
Le groupe n’a toujours pas donné suite à ce disque et quelque part, ça fait tellement longtemps maintenant que j’aimerais qu’ils en restent là. Un diamant noir et puis s’en vont. La classe.

#30 The Flaming Lips – Yoshimi Battles the Pink Robots

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J’ai tenté d’expliquer ici ce qu’aura été l’immense apport des Flaming Lips à la musique de ces 20 dernières années.
Concernant le choix de cet album, y a eu gros match avec The Soft Bulletin qui est LE séisme Lipsien, y a pas débat. Disque majeur, l’un des meilleurs des années 90, par un groupe majeur, l’un des meilleurs des 20 dernières années. Et vu ce qu’ils ont encore réussi à pondre l’an dernier, c’est sans doute pas fini.

Mais je préfère celui-ci parce que plus pop sans doute, parce que l’enchaînement In the Morning of the Magicians / Ego Tripping at the Gates of Hell / Are You a Hypnotist?? (cette dernière me rend dingue). Et parce que Do You Realize?? évidemment.

This Is Not A Love Song festival – Nîmes – jour 2

Suite donc de l’édition 2014 du festival indie-pop nîmois This Is Not A Love Song avec une reprise à 17h seulement (le compte-rendu du jour 1 c’est ici).

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Wooden Shjips jouait à 14h, suivis de Courtney Barnett, je voulais vraiment les voir tous les 2 (surtout Wooden Shjips) mais tu comprends, y a un truc qui s’appelle la life et des fois la life elle a pas d’heure, elle a son propre emploi du temps tu vois et elle te bouscule et ça fait mal et c’est beau en même temps.

Donc démarrage avec les vétérans de Superchunk.
Superchunk c’est le quartet power pop US dans toute sa splendeur : guitare solo-chant, guitare rythmique, basse, batterie, pas plus, pas moins. Riffs au cordeau, solos saignants, refrains catchy, sauts grand écart à la Pete Townsend, tout ce qu’on aime quand on aime la power pop US dans toute sa splendeur. Superchunk, un groupe qui ne sera jamais génial (quoique) ni mauvais, idéal dans le cadre d’un festival, parfait pour se mettre en jambes.

Suite de cette grosse journée dans la grande salle avec Midlake.
Je me demande si Antiphon ne serait pas leur meilleur album finalement. J’aime beaucoup les autres (sauf The Courage of Others, une vraie purge) mais, même sur Trials of Van Occupanther, ils n’arrivent pas selon moi à se défaire d’une attitude d’élèves appliqués, de talentueux copistes (un coup Grandaddy, un coup soft-rock, un coup folk anglais). Sur Antiphon donc, et suite au départ en plein enregistrement de leur chanteur-leader, ils semblent enfin avoir trouvé leur voie.
Sur scène, ils sont encore un peu trop studieux à mon goût mais il faut bien admettre qu’ils reproduisent les compositions de leur dernier album, leurs subtiles textures, avec une maîtrise et une fidélité confondantes. Ils sont sur la bonne voie, indéniablement. D’ailleurs, quand ils interprètent des morceaux de l' »ancien » Midlake, ils sonnent comme un groupe de reprises de Midlake : c’est assez cocasse et déstabilisant à la fois…
Et puis ils ont l’air de bons gars : Eric Pulido, anciennement « simple » guitariste et nouveau chanteur, invite le public à les rejoindre à la table de merchandising à l’issue du concert pour les saluer, discuter avec eux ou simplement leur serrer la main. Ce qu’ils font donc de manière fort joyeuse et sympathique. Et du coup ils ont vendu plein de t-shirts les coquins : le nouveau Midlake c’est vraiment gagnant-gagnant.

Vais ensuite faire un tour à l’extérieur pour Findlay mais c’est vraiment pas pour moi (du rock briton chanté par une nana, en gros) puis dans la petite salle pour Meridian Brothers : bof.

M’installe sur les gradins de la grande salle pour Neutral Milk Hotel.
Encore un groupe culte de chez culte. Non mais… Bon, je dis rien, je vais encore passer pour un rabat-joie. Même si j’aime bien In an Aeroplane Over the Sea, je l’écoutais beaucoup à une époque.  Après, je comprends que Jeff Mangum exerce une sorte de fascination avec son statut d’ermite pop intransigeant et insaisissable, qu’il ait réussi touché de nombreuses personnes de manière intime.
La salle est bondée, le public très chaud, ils sont très attendus eux aussi. Sur scène, outre les traditionnels basse-batterie-guitares : trombone, trompette, cor anglais, accordéon, bandonéon, scies musicales. Pas grand chose à dire de ce concert : malgré de bons et même beaux moments, je me suis poliment ennuyé, je n’ai jamais été touché. Et puis ce côté orchestre de guingois/fanfare brinquebalante moi… Désolé pour les nombreux fans hardcore mais le grand groupe de l’écurie Elephant 6 dont Neutral Milk Hotel faisait partie, ça reste selon moi The Olivia Tremor Control, et de loin.

La suite de la journée devient problématique et montre les limites d’un tel évènement : le trop plein et l’inévitable sentiment de frustration qui en découle.

Ainsi, après NMH, Earl Sweatshirt et Rodrigo Amarante jouent en même temps.
Je suis naturellement attiré par ce dernier qui cadre davantage avec mes goûts mais le rappeur prodige, membre du collectif Odd Future, m’intrigue vraiment…

Je me rends donc à l’extérieur sur la grande scène : un DJ balance des beats et des samples bien sombres pendant une dizaine de minutes avant que Sweatshirt ne débarque avec son flow heurté : c’est très efficace. Le mec est un showman en plus : il dialogue beaucoup avec le public, lui demandant constamment sa participation. Il insistera par exemple pour que nous répétions après lui l’immortelle « I’ll fuck the freckles off your face (bitch) ». Mais il a l’air d’un gentil garçon. D’ailleurs dans une autre chanson, l’inévitable « bitch » est précédée de l’adjectif « pretty » : c’est pas tous les rappeurs qui se donnent cette peine, je peux te le dire.

Je veux quand même jeter un oeil au concert de Rodrigo Amarante donc je file vers la petite salle… mais elle est bondée, il faut faire la queue pour laisser sortir les gens qui veulent sortir puis y entrer au compte-gouttes alors que le concert a démarré depuis près d’une demie-heure, je laisse tomber. Dommage mais tant pis.

Je ne retourne pas voir Earl Swearshirt :  la suite c’est Cat Power, je sens qu’il va falloir jouer des coudes.
Et c’est le cas : la salle est pleine comme jamais depuis le début du festival. Public beaucoup plus varié que pour tous les autres concerts (comprendre : y a vachement plus de vieux), beaucoup plus « grand public » aussi, preuve que The Greatest a vraiment fait son chemin dans le… grand public.
Je ne serai pas très disert quant à sa prestation :  je l’ai trouvée absolument conforme à ce que j’attendais d’une prestation solo de Chan Marshall, à savoir « habitée », « sèche » parfois « émouvante » mais aussi « longuette ». Me suis un peu ennuyé là aussi… Faut dire que je commençais à sacrément avoir des fourmis dans la jambe pour la suite (Black Lips et Ty Segall) ! Sinon, puisque malheureusement la question se pose (je SAIS que tu te la poses) : elle paraissait relativement en forme quoiqu’un peu bouffie et en tout cas toujours aussi bonnasse bien gaulée filiforme avec son skinny et ses boots à talons. Grosse ovation en tout cas, force « we love you! » balancés par des jeunes filles entre les morceaux : elle a probablement contenté son public.

Bon, ça y est, on y est : les 2 concerts que j’attendais le plus de tout le festival !

Black Lips sur la scène extérieure d’abord.
Ah les Black Lips… Que j’aime ce groupe : du rock débile, avec des paroles débiles, joué par des débiles, avec une attitude débile. Le bassiste envoie une bière dans le public dès la fin du 1er morceau (Family Tree, ouverture parfaite !), un mec portant un maillot du Brésil monte sur la scène tranquilou dès le second etc etc. Ca pogote, ça headbangue, ça slamme, ça sourit dans le public : comment résister à ces bombinettes punk-pop aux occasionnels accents rockab’ ? Le rock a régulièrement été saisi à bras le corps à toutes les époques par des types pas très malins peut-être mais par de vrais entertainers qui n’avaient qu’une envie sincère : servir de joyeux défouloir à leur public. Depuis quelques années, les Black Lips jouent ce rôle à merveille, il faut les en remercier.

LE gros regret du festival : si je veux voir la fin de leur concert, je raterai 15 minutes de celui de Ty Segall.
C’est donc la mort dans l’âme mais le sourire aux lèvres que je retourne juste à temps dans la grande salle pour LE concert de LE artiste que je voulais voir au festival This Is Not a Love Song.
Et là… Bah… « J’y étais ». « Je l’ai vu ». Ce genre de concert, pas moins… L’impression de voir un petit blondinet poupin et un poil grassouillet incarner le rock électrique le plus pur et le plus fulgurant depuis… Depuis ? Sincèrement, je ne sais pas. Ty Segall est fréquement étiqueté « garage-psyché » et c’est très juste mais c’est omettre qu’il a parfaitement assimilé et recrache avec une énergie, une conviction, un talent et une grâce folle TOUT le rock électrique. Il incarne aussi bien et le plus naturellement du monde les Who que Black Sabbath, les groupes Nuggets que Led Zeppelin ou Nirvana. Il ne sait composer que des tueries du coup il peut se permettre de balancer 4 nouveaux titres d’affilée (inconnus du public donc) sans que celui-ci y voit quelque différence avec les « tubes » qu’il a entendu auparavant et qu’il entendra ensuite (l’un de ces 4 morceaux, un espèce de groove heavy à la Black Sabbath… mamma mia, j’en ai encore des frissons de plaisir…).

Final en apothéose donc : une grosse heure passée un grand sourire aux lèvres, une ambiance de feu, une prestation hallucinante, au-delà de mes espérances (pourtant grandes) et c’est un euphémisme. Ty Segall passera par Toulouse à l’automne, j’ai déjà hâte d’y être.

Comme le disait Jean-Oui Aubert, le chaînon manquant entre Michel Houellebecq et Yannick Noah, « voilà, c’est fini ». Encore bravo aux programmateurs-organisateurs du festival en tout cas : si l’affiche 2015 est du même acabit, j’y retourne sans aucune hésitation.

This Is Not A Love Song festival – Nîmes – Jour 1

Grande Remise fait donc une incursion au pays des ferias, du total look Desigual et des 4×4 blancs pour le festival This Is Not A Love Song, oasis de précision et de bon goût au pays des ferias, du total look Desigual et des 4×4 blancs.

Le festival se tient à la Paloma, salle de concert flambant neuve (moins d’un an si j’ai bien compris) : 2 scènes à l’intérieur (une grande, une petite), une autre à l’extérieur pour le festival, 2 mini-plages avec transats pour se poser, des stands de boisson/nourriture, des concerts gratuits jusqu’à 18h, des hipsters, des hipsteuses, c’est bien foutu et bien organisé, y a pas à dire.
Après, c’est un festival et avec 3 scènes, il vaut mieux admettre d’emblée qu’on ne pourra pas TOUT voir : il faut parfois se hâter de quitter un endroit pour ne pas rater une entrée en scène un peu plus loin, certains artistes jouent en même temps ou se chevauchent un peu (les Black Lips n’ont pas encore terminé lorsque Ty Segall monte sur la scène par exemple et Har Mar Superstar joue en même temps que ce dernier…). C’est parfois frustrant mais c’est le principe des festivals et il faut faire avec. La programmation complète ici. Ma programmation sélective ci-dessous.

Je démarre avec les anglais de Temples que je considère un peu durement sans doute comme les Tame Impala du pauvre : même fixette psyché 60s, même objectif pop mais pas le même talent. Leur premier album sorti cette année est néanmoins prometteur et leur prestation sur scène largement à sa hauteur. Pas facile pourtant de passer à 17h… Le chanteur interpellera d’ailleurs un public un peu trop calme et passif à son goût. Ben ouais, sorry mate mais à Nîmes, fin mai à 17h, fait chaud. Quand tu seras un peu plus connu tu pourras jouer sur la grande scène de Glastonbury le soir sous la pluie mais pour l’heure il va falloir faire avec un public effectivement un peu assommé par le soleil. Ceci dit le groupe fait preuve de professionnalisme et de compétence : ses pop-songs lysergiques supportent haut la main le test de la scène avec quelques très bons moments (The Golden Throne, Mesmerize en clôture). Très chouette prestation au bout du compte.

Je passe dans la grande salle pour Man or Astroman, dont je ne connais pas grand chose et dont je n’attends rien de particulier. Sur fond de projections de films de la conquête spatiale (astronautes, fusées au décollage), ils jouent un surf-noise-punk essentiellement instrumental, efficace et rigolo . Avant leur entrée en scène, la sono diffusait les B 52s et on songe à une version survitaminée de ces derniers. Limitée aussi : j’ai l’impression d’avoir fait le tour de la question assez vite et retourne donc manger un panini non pas rue de Choiseul mais à l’extérieur, afin de ne rien manquer de la suite.

Car la suite, c’est Lee Ranaldo, the Man, the Legend. Super classe avec sa belle chemise rouge de cow boy, ses cheveux blancs en bataille et ses inévitables lunettes noires, il est accompagné d’un bassiste, d’un guitariste et du grand Steve Shelley à la batterie. C’est donc la moitié de Sonic Youth qui est là sur scène (plein de t-shirts Sonic Youth dans le public d’ailleurs) et ça me fait quelque chose même si je ne suis pas un fan inconditionnel du groupe. En tout cas Ranaldo a vraiment beaucoup d’allure, je le pensais plus nettement plus décati. Il nous balance une heure de rock new yorkais, plus pop que Sonic Youth mais non dépourvu d’embardées… soniques, attendues et magistrales. La grande classe, tout simplement. A noter dans le public un Jon Spencer super cool (quoiqu’un peu décati lui…) qui vient se poser à 2 mètres de moi ainsi que la quasi totalité des membres de Brian Jonestown Massacre, tellement lookés qu’ils ont l’air déguisés.

Retour dans la grande salle pour Slowdive, groupe surestimé dont le statut quasiment culte me laisse perplexe. Ils sont gentils et mignons, ils ont peut-être influencé Mogwai, d’accord mais bon, faut pas déconner quand même… Il s’agit en tout cas de leur grand retour sur scène après un hiatus de presque 20 ans et un petit concert de reprise en Angleterre il y a 10 jours. La salle est bien pleine, ils sont attendus. OK. Prestation noise et éthérée comme il faut, qui aura sans doute ravi les fans mais la salle se vide assez rapidement… Ils me confortent dans mon opinion, à savoir qu’il leur manquera toujours l’essentiel :  les chansons. A part ça, Neil Halstead a des cheveux super soyeux, une très belle barbe et Rachel Goswell est mignonne comme tout dans sa petite robe noire. « C’est tout ? » Oui c’est tout : moi aussi je me fais rapidement bien chier et sors donc manger un second sandouich dégueu.

C’est ensuite l’heure de The Fall, un groupe lui aussi culte et lui aussi assez rare sur scène (quelle programmation quand même, avec des concerts gratuits en journée et un tarif de 18€ la soirée, c’est quand même incroyable…). 2 batteries, un guitariste, un bassiste et une nana qui débarque sur scène avec un énorme sac sur le dos qu’elle dépose au pied de son clavier, et une espèce de mitre en laine sur la tête. OK. L’antithèse parfaite à la mignoncité et à la fadeur de Slowdive :  vieux, gros, chauves, mal sapés mais des chansons qui déboîtent. Et Mark E. Smith bien sûr… Complètement bourré (du moins je l’espère, dans le cas contraire ça serait carrément craignos), il déblatère des paroles incompréhensibles en arpentant la scène avec une morgue invraisemblable, tourne le dos au public la moitié du temps, mets 2 plombes à accrocher son micro à son pied, micro dans lequel il gueule bien entendu beaucoup plus qu’il ne chante. Aussi pathétique que génial, LE grand moment punk du festival.

Je m’éclipse néanmoins car je tiens à jeter un oeil à The Cambodian Space Project qui joue en même temps dans la plus petite salle. Et je ne le regrette pas ! Pop yéyé chantée en cambodgien par une jolie chanteuse en robe lamé or, ils sont précis, ludiques et sans prétention, offrant une belle et salutaire respiration. Définitivement, la Pop, c’est la vie.

Grande salle à nouveau pour The Brian Jonestown Massacre.
Alors comment dire… Encore un groupe au statut culte totalement usurpé selon moi… Pis : je les trouve absolument ridicules, ils font partie de mes têtes de turc favorites. En tout cas la salle est pleine de chez pleine pour la 1ère fois de la journée, l’attente visiblement énorme. L’a pô compris…
Ils arrivent à 8 sur scène (HUIT) : un batteur, un bassiste, un clavier, 4 guitaristes (QUATRE) et bien sûr l’inénarrable tambourine man, qui joue d’ailleurs de 2 tambourins différents : il souhaite manifestement qu’on comprenne bien qu’il a une vraie fonction dans le groupe. Accueil plus que chaleureux du public qui démarre au quart de tour dès la première note de la première chanson.
Et là… La Révélation. L’Épiphanie. La Rédemption. L’Adoubement granderemisesque : c’est sublime. SUBELIME. Vraiment. Tout le monde est en place, le son est puissant et clair, les guitares superbes (et on distingue très bien les 4 parties de guitares !) et Anton Newcombe chante merveilleusement bien. Aperçu dans le public pour Lee Ranaldo un peu avant, il faisait peine à voir (le mot du jour : « décati »). Là il est transfiguré, sur la droite de la scène, à la manœuvre du groupe : c’est très émouvant. Son groupe d’ailleurs, il me semble enfin et brutalement en comprendre le sens et la démarche : une pop sixties mais jamais passéiste, classique donc, à la fois accrocheuse, psyché et mélancolique. Un genre d’Echo and the Bunnymen californien parfois. Les titres les plus enlevés sont toutefois les meilleurs mais tout le concert est d’une qualité qui me laisse pantois. Et bizarrement, les 8 membres du groupe ne me paraissent plus du tout déguisés mais au contraire hyper classe. Bon, ok, « les 7 membres » parce que le tambourine man, c’est juste pas possible. Grand moment en tout cas.

Je n’ai qu’une envie à son issue : me replonger dans la discographie du groupe (14 albums quand même). Et aller me coucher : je suis vraiment épuisé par une longue journée. Je fais donc l’impasse sur Suuns que j’étais pourtant très curieux de voir sur scène et sur la tête d’affiche du festival, attention à pas t’étouffer avec un Knacki ball, Jon Spencer Blues Explosion. Eh ouais… je sais, je sais… Mais je suis pas vraiment fan du groupe à la base et pour être franc j’ai presque davantage envie de voir Moodoïd qui joue en même temps. J’ai également envie de rester sur l’expérience du concert de Brian Jonestown Massacre, c’était un très beau moment qui m’a beaucoup touché.

Alors rideau en ce qui me concerne, reprise du festival le lendemain à 14h.

#29 Jason Falkner – Presents Author Unknown

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Beaucoup de « D » au bout du compte dans mon top mais pas de Dylan :toocoolforschool: Je citerai encore une fois Nick Hornby dans son recueil 31 songs cette fois :

« Je possède bien évidemment Blonde on Blonde et Highway 61 Revisited. Ainsi que Bringing It All Back Home et Blood on the Tracks. Tout amateur de musique a ces 4 albums dans sa discothèque. Et je m’intéresse également assez à Dylan pour avoir acheté les volumes 1 à 3 des Bootlegs series et cet album live dont on sait aujourd’hui qu’il n’a pas été enregistré au Royal Albert Hall »

Il continue comme ça pendant un gros paragraphe en citant une dizaine d’albums de Dylan qui font également partie de sa discothèque.

« Certaines personnes – ma mère par exemple, qui n’a pas plus de vingt CD en tout et pour tout – en concluraient que je suis un fan de Dylan. Or, des fans de Dylan, j’en connais, et ils ne reconnaitraient pas l’un de leurs en moi. […] Je ne connais aucun texte de ses chansons en entier – juste un ou deux vers par-ci, par-là. Je ne considère pas que Dylan soit plus important ni plus talentueux qu’Elvis Presley, Marvin Gaye, Bob Marley ou plusieurs autres artistes majeurs […] Simplement, j’aime bien quelques mélodies, ce qui, ai-je été amené à croire, ne suffit absolument pas. » (31 songs, pp 53,54,55)

Ca ne lui suffit pas non plus pour intégrer mon top et crois moi qu’il doit bien avoir les boules à l’heure qu’il est mais tant pis pour lui, c’est la vie, eh oh c’est bon, il va s’en remettre quand même.

Donc le disque suivant dans mon top est ce sublime exemple de power pop anglophile qui n’aura malheureusement pas vraiment de suite digne de ce nom. Jason Falkner est un musicien supérieurement doué dont on s’est très rapidement arraché les services (Air, Beck, McCartney, Glenn Campbell pour ne citer que les plus illustres), au détriment sans doute de sa propre carrière d’auteur-compositeur. C’est dommage car ce 1er album tutoie la perfection : il fait partie de ceux auxquels je pense immédiatement lorsque je cherche un album qui équilibre à parts égales pop, rock et folk.

Katerine – Magnum

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Même si lui fera toujours partie de mes héros, la musique de Philippe Katerine n’a plus aujourd’hui la même importance qu’elle a pu avoir il y a quelques années. La faute à son virage comiquo-portnawak consécutif à Robos Après Tout : on a pu croire sur le moment qu’il s’agissait d’un magnifique pétage de plombs subversif et déviant, il s’agissait en fait d’une nouvelle direction donnée à sa carrière. C’est pas grave, je l’aime quand même mais puisque j’ai commencé en parlant de sa musique, c’est justement ce qui lui fait désormais défaut à mon sens : où est passé le compositeur, l’arrangeur, l’instrumentiste fin et délicat de tous ses albums jusqu’à Robots Après Tout ? C’est sans doute volontaire de sa part de ne plus « toucher » à ça mais c’est dommage.

Ici, il a confié les rênes de la production au talentueux SebastiAn. Et c’est une réussite : disco hyper-sexuée, langoureuse, cochonne même, très puissante, putassière dans le bon sens du terme (si tant est qu’il y en ait un). A la fois rétro et futuriste (mais pas rétro-futuriste), elle est selon moi le plus grand atout de Magnum (en référence à la crème glacée, pas à la série).

Parce que les chansons… Efficaces, oui, sans aucun doute. Mais Katerine tourne en rond. Il ressasse les mêmes thèmes, de la même manière, ça va pas du tout. Et puis bon… OK, il a le droit d’être amoureux de sa femme, de trouver ses enfants super, d’être heureux avec eux, il a même le droit de le faire savoir… Mais Julie Depardieu, merde… Bon, ça c’est mon problème mais il est de taille.

Quoiqu’il en soit, même si j’écoute l’album avec un certain plaisir, c’est pas brillant et c’est même assez triste. Disons que j’espère toujours un sursaut pour la suite de sa carrière mais j’y crois de moins en moins.