#34 Gorky’s Zygotic Mynci – How I Long to Feel That Summer in My Heart

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Je pense que tout le monde s’accordera à dire que nous avons vécu cette année ce que les professionnels de la profession  ont coutume de nommer un « été de merde ».
Mais le hasard faisant bien les choses, l’entrée suivante dans mon top 100 est un disque estival, mieux même, un disque sur la nostalgie de l’été. Par un autre de mes groupes fétiches, malheureusement plus en activité depuis quelques années.

Il aura été actif durant plus de 10 ans et 8 albums mais les chefs d’œuvre alignés aussi implacablement que les moutons dans un pré gallois n’y ont rien fait : tout le monde se foutait de Gorky’s Zygotic Mynci (et tout le monde continue de s’en foutre d’ailleurs). Eux n’avaient pas l’air de t’en tenir rigueur pour autant (« tout le monde » c’est toi mon vieux) : ils semblaient jouer pour leur simple plaisir et pour leurs quelques fidèles fans (ça c’est moi), sortant tous les ans ou presque leur meilleur album depuis le dernier et jusqu’au prochain. Pour situer rapidement, une pop-folk rurale britannique et incroyablement naïve, mâtinée d’un psychédélisme ludique et tranquille.

Gorky’s Zygotic Mynci a pourtant débarqué en pratiquant une pop foutraque sur Barafundle ou Patio Song : des enregistrements assez barrés où ils n’avaient pas peur de fondre 3 chansons en une, chanter en gallois ou apparaître habillés comme des druides sur les photos de presse. Un groupe rapidement catalogué « excentrique », « rigolo » et « drogué ». Ce qui était certes réducteur mais pas faux non plus, il faut être honnête.

Leur musique s’est adoucie avec les années. Plus les années passaient et plus les Gorky semblaient seuls au monde. Plus ils semblaient seuls au monde, plus leur musique est devenue belle, fondamentalement belle : c’est tout bête mais je ne trouve pas d’autre mot pour définir cette musique simple et pure, qui ne connaît ni calcul, ni distance.

On entend chez eux à n’en pas douter ce qui se jouait dans le Village Green imaginé par Ray Davies, à ceci près que Daisy n’épouse plus le fils de l’épicier, et que Walter reste pour toujours l’ami qui fumait des cigarettes derrière le préau de l’école. Sur cet album en particulier, Gorky’s Zygotic Mynci joue la bande-son d’une campagne idéalisée, d’une perfection pastorale tout droit sortie des romans de Thomas Hardy : ici les filles vous transpercent le coeur de leur simple sourire (« Have you seen her smile? / Doesn’t it just make you wanna cry? » sur Stood on Gold) et on n’aspire qu’à des choses simples telles que contempler la lumière d’un nouveau jour et se retrouver entre amis autour d’un air antédiluvien.

Pas de méprise pourtant : aucune tentation folklorique ou traditionaliste chez eux (ils ne chantent d’ailleurs plus en gallois sur leurs 3 derniers albums), aucun clichés hippie sentant la crevardise : Gorky’s Zygotic Mynci est un groupe pop entiché de folk. Ils sont cette formation rêvée par tous les amateurs de chansons dignes de ce nom, capable de vous envoyer dans les étoiles et de vous faire sangloter en même temps, sur une seule mélodie ou harmonie. Il se dégage de leurs disques une chaleur, une joie et une mélancolie extrêmes auxquelles rien que ce que nous connaissons sur la scène musicale actuelle ne nous habitue plus (je le pense).
Ils semblaient être en quête de toujours plus de pureté, tant dans l’instrumentation utilisée que dans les sentiments évoqués. La chanson titre, vignette nostalgique d’un été parfait (« and the days were so long / and nothing could go wrong ») au moment où il faut quitter la campagne pour retrouver la ville (« oh I long to stay but I’ve got to go / where money is made, cold winds blow »), me noue la gorge à chaque écoute. C’est tout simplement une de mes chansons préférées (allez, au débotté, au moment où je tape ces lignes, elle accompagne Teenage FanclubThe Concept, The ByrdsFeel a Whole Lot Better, Super Furry AnimalsHometown Unicorn, The High LlamasCampers in Control).

Le groupe n’existe donc plus à l’heure actuelle mais on imagine une séparation douce et cordiale, sans heurts ni querelles vulgaires autour des royalties (de toutes façons probablement très maigres). Le principal compositeur/interprète, Euros Childs (c’est son vrai nom, il est magnifique et il le porte à merveille) sort chaque année un nouvel album de chansons simples, naïves et belles que le monde continue d’ignorer royalement (‘le monde », c’est TOI). Il a également sorti il y a 3 ans et en compagnie de Norman Blake de Teenage Fanclub (un autre de mes héros) un super album de power pop-folk sous le nom de Jonny.

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