Les films du week end

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Complètement naze. Long, chiant, nébuleux… Nébuleux-naze en plus, nébuleux-« j’ai pas  tout bien compris mais en fait je veux pas savoir tellement je m’en fous », pas nébuleux-« mmmm je n’ai pas tout compris mais bons sang de bois, je vais chercher à savoir parce que je suis diablement intrigué! ». Parfois ridicule (le « havre de paix », franchement…). Sans intérêt en somme.

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Un beau film, indéniablement. Belle histoire, belles interprétations, belle mise en scène (très belle gestion des « temps morts » notamment, de l’attente, de l’hésitation). Avec de salutaires petites bouffées d’air frais comiques qui évitent au film de se prendre trop au sérieux.
Je n’ai pas été plus emporté que ça néanmoins pour 2 raisons purement subjectives.
Tout d’abord, ce postulat de départ (le coup de foudre, pour résumer) ne fonctionne jamais sur moi. 3 regards et demi échangés dans le train et c’est parti… Je n’y crois pas, c’est plus fort que moi.
Je n’adhère pas non plus à ce filmage « sensible et sensuel », gros plans, frémissement des corps, grain de la peau bla bla bla. Ca me gonfle tout simplement.
Bon et beau film donc, mais dont il ne me reste déjà pas grand chose, pour ne pas dire plus (ou moins… Enfin tu m’as compris). J’ai vu des choses autrement plus stimulantes en dévédé, j’en parle très bientôt.

Effets secondaires – critique

tout est sur l'affiche en fait
tout est dans l’affiche en fait

Il y a une vingtaine d’année, le samedi, les 2èmes parties de soirée de TF1 étaient dévolues au désormais mythiques (?) téléfilms de la série Hollywood Night : des pseudo-polars pseudo-érotiques et pas pseudo-nanardesques du tout puisque c’était des vrais gros navets irregardables à jeun.

Leur version prude était quant à elle diffusée le jeudi soir, en 2ème ou 3ème partie de soirée : des thrillers ou polars pseudo-hitchcockiens, avec maris adultères, femmes manipulatrices (ou l’inverse), baby-sitters instables et meurtrières etc. Avec au générique de préférence d’anciennes gloires des meilleures séries de l’époque (entrez ici Shannen Doherty, Rob Estes et Lorenzo Lamas). Petite parenthèse pour finir cette longue introduction mais tu vas voir je sais très bien où je vais en te remémorant tout ça : au même moment, M6 était nettement plus pointu avec ses Jeudis de l’angoisse qui diffusaient régulièrement des De Palma, Argento ou Cronenberg (pas mal de bouses aussi, c’est vrai). Suivi de Rock Express ou Metal Express avec Laurence Romance. Puis les clips. Ah, veiller jusqu’à 4h du mat pour avoir l’extrême privilège de s’enquiller un clip de Blur, de Pulp, de Lush et de Beck… Là oui, je m’’égare.

Eh bien Effets secondaires c’est un peu l’ancien téléfilm ricain du jeudi soir sur TF1 mais version gros budget hollywoodien, c’est à dire avec acteurs prestigieux/glamours, réalisation classieuse, sous-texte pseudo-engagé : ici une grOOOOsse machination machiavélique à base de biatchs sans scrupules, une grOOOOsse histoire d’injustice avec innocent accusé à tort comme les ricains les aiment, un mic-mac industrialo-financier très 2013.

Je caricature. Un peu… Si peu… Ca aurait pu être un thriller prenant et édifiant mais le scénario ne sait pas s’arrêter : un vrai mille-feuille au final qui devient un peu trop rocambolesque pour rester convaincant jusqu’au bout. C’est dommage. Mais on passe quand même un bon moment car le côté Bosch de Soderbergh (« du travail de pro ») n’est plus à démontrer. A part ça, Jude Law est très bien mais perd de plus en plus ses cheveux, Rooney Mara a des jambes immondes et Catherine Zeta-Jones est officiellement devenue une MILF.

Voilà, j’ai fait le tour je crois.

La session de rattrapage

Des films que je voulais voir depuis longtemps ou qui m’ont fait de l’oeil au video-club pendant que je cherchais des films que je voulais voir depuis longtemps.
Oui, je sais ce que tu penses: je loue des DVDs. C’est comme ça. Je suis trop flemmard pour paramétrer mes appareils afin de regarder sur ma TV ce que j’ai téléch acheté en ligne et les DVDs que j’achète… bah certains sont dans leur emballage depuis plus de 2 ans. C’est idiot mais c’est comme ça j’te dis.

Voici donc ce que j’ai regardé dernièrement :

Une soirée d’enfer – Take Me Home Tonight

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Genre de mix entre Une nuit au Roxbury (pour la bo et l’ambiance nostalgiques), Supergrave (pour la romance, le duo grande gueule/geek, gros/maigre) et les comédies de John Hughes. Mais ça ne fonctionne pas vraiment. On dit parfois à propos d’un joueur décevant au cours d’un match qu’il a « joué avec le frein à main » pour signifier qu’il était comme bridé, qu’il n’a pas réussi à se lâcher. C’est très exactement le sentiment que ce film m’a laissé : la fête n’est pas assez folle, la romance n’est pas assez émouvante, les gags ne sont pas assez drôles etc. Ca se regarde gentiment ceci dit (parce que je suis trop bon public pour ce genre de films) mais c’est très mineur et dispensable.

21 Jump Street

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Alors là oui ! C’est d’autant plus chouette que si le film se place évidemment d’emblée dans la lignée de la meilleure néo-comédie US, il arrive également à trouver sa petite musique à lui, avec un recul et un second degré permanents dont on avait un peu perdu l’habitude. On est presque dans de la post-néo-comédie. La présence au générique de Dave, le jeune frère de James Franco, est à ce titre révélatrice et symbolique. Jonah Hill est vraiment génial. On le savait mais putain, quel talent…

The Descendants

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Contre toute attente, j’ai beaucoup aimé, pour ne pas dire plus.

« Contre tout attente » parce que je n’apprécie pas beaucoup Alexander Payne, même si je lui reconnais un certain talent d’observateur de la classe moyenne quadra/quinqua. Mais pour moi il est une sorte de Coen bros sans le goût pour l’absurde ni le vertige métaphysique. Comprendre, au final, un type condescendant et assez désagréable qui se croit plus malin que tout et tout le monde, plus particulièrement ses personnages.
Ca démarre d’ailleurs comme je le craignais : il cadre ou coupe toujours ses plans de manière à ce que les protagonistes soient ridicules ou pathétiques. Et puis une scène en particulier (le dialogue en pleine nuit entre Clooney et le copain de sa fille) change la donne et fait basculer le film du côté du premier degré pur et de l’émotion. Il est ensuite étonnant de constater que Payne ne faiblit pas et que, sans jamais verser dans le sentimentalisme, il ose l’émotion. Mais non, il ne faiblit pas, jamais et tient son sujet jusqu’au bout. Ce personnage veuf cocufié n’est ainsi plus ridicule ou pathétique mais touchant.
Au final c’est, je pense, son meilleur film. Il m’a en tout cas beaucoup ému. Il m’a également rappelé que je souhaitais depuis longtemps m’initier à la musique traditionnelle hawaïenne : je m’y suis mis via la très belle bande originale et j’ai découvert des choses magnifiques dont je parlerai sans doute dans un autre billet.

The Big Year

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Très joli film ayant pour héros 3 ornithologues lancés dans une big year, soit une année civile durant laquelle ils vont chacun tâcher de comptabiliser le plus d’espèces d’oiseaux différentes en parcourant les États-Unis en long, en large et en travers.
C’est très fin, très subtil, très élégant. Encore meilleur que le précédent film du réal, le très sous-estimé Marley et moi, qui sous une apparence de comédie bêbête (arf), disait déjà des choses très justes sur le couple, la famille, les frustrations qu’ils génèrent potentiellement, l’accomplissement personnel. Excellent film, vraiment.

Les coquillettes

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Film de l’année pour l’instant, haut la main. Rien à foutre si j’en ai vu que 3 ½, je pourrais en être à 52 que la conclusion serait la même.

A la nécessaire adhésion subjective, à l’empathie, que dis-je à l’identification extrême qui se noue ici (il s’agit là d’un film qui me parle autant que peuvent le faire Sébastien Tellier, Wes Anderson, Judd Apatow ou Raul Gonzalez Blanco) s’ajoute l’impression de voir se déployer de vrais, de beaux artifices de cinéma.

En effet, sous couvert de comédie parisiano-parisianiste, Letourneur fait preuve d’une maîtrise dans la mise en scène des dialogues et du récit absolument dingue. Paroles échangées, paroles rapportées, rapports de paroles échangées, sms, sms rapportés, histoires racontées, histoires qu’on se raconte à soi-même : tout ici se mêle avec une facilité et une fluidité déconcertantes. Les personnages sont croquées avec une précision et une justesse folles, parfois au détour d’un simple mot ou d’une simple attitude. Il est d’ailleurs, et bien évidemment, beaucoup question de détails: de ces mots, gestes ou actes parfois insignifiants, « joués » dans un cadre festif propice à la déréalisation, et qui semblent parés du pouvoir de « changer le cours de notre existence » pour paraphraser la réalisatrice.
Les 3 filles bien sûr, sont épatantes, chacune dans un registre très différent. J’ai particulièrement aimé Letourneur, personnage à la fois le plus touchant et le plus drôle (la cristallisation sur Louis Garrel, running gag génial et drôlissime).

C’est vraiment super quand le cinéma te donne ça. C’est con à dire parce que c’est une évidence mais « le cinéma c’est ce qui rend la vie plus belle que le cinéma » et tu ressors gonflé à bloc après un tel film.
Je n’ai maintenant qu’une envie : me ruer sur La vie au ranch et  Le marin masqué. Et bien évidemment, ajouter Sophie Letourneur à ma liste d’amis sur Facebook.

Au bout du conte – critique

Il était une fois une jeune fille qui croyait au grand amour, aux signes, et au destin ; une femme qui rêvait d’être comédienne et désespérait d’y arriver un jour ; un jeune homme qui croyait en son talent de compositeur mais ne croyait pas beaucoup en lui.
Il était une fois une petite fille qui croyait en Dieu.
Il était une fois un homme qui ne croyait en rien jusqu’au jour où une voyante lui donna la date de sa mort et que, à son corps défendant, il se mit à y croire. (Allociné)

Möbius n’était plus à l’affiche, 40 ans mode d’emploi non plus (il passait de toutes façons en VF, ça sera donc un visionnage tranquille à la maison dans les prochains jours) et le Malick merci mais non merci. Le Dumont m’intrigue pas mal mais j’ai pas envie de ça en ce moment.
J’ai donc opté pour ce film middle of the road et NQF (nouvelle qualité française). A ce sujet, j’ai  eu droit juste avant à la bande annonce de sa version UMP, Des gens qui s’embrassent, le nouveau chef d’oeuvre de Danièle Thompson.

Au bout du conte donc. Un film tout en couches, tout en superpositions : de la même façon que les personnages féminins de middle-aged gauchistes soft, genre instits ou assistantes sociales un peu fatiguées qu’il met en scène, rajoutent un jupon sur des collants en laine, un foulard puis un pashmina sur leur châle, et enfin un boa et un chapeau pour couronner le tout, le film empile les personnages, les histoires, les symboles, les uns sur les autres, au petit bonheur la chance, un peu en dépit de toute logique, dans un simple souci d’accumulation généreuse et bienveillante.

Comme il fait bon vivre dans cette cuisine... Note les mugs quand même.
Comme il fait bon vivre dans cette cuisine… Note les mugs quand même. Qui contiennent probablement un excellent thé vert issu du commerce équitable.

En tout cas, les lecteurs de Télérama et auditeurs de France Inter doivent adorer. Ils avaient bien sûr massivement investi la salle : lunettes rondes et barbe grisonnante pour monsieur, imprimés pseudo-ethniques, cheveux courts ou ramassées en chignon négligé pour madame.

Les sympathisants de droite doivent quant à eux passer un sale moment devant cet étalage de tolérance, de leçon de vie, de culture. C’est toujours ça de pris.
Sur le public enfin, on ne sait plus très bien si ce sont les films du couple BacriJaoui qui finissent par lui ressembler ou l’inverse : ça se drape dans son idéologie de gauche mais ça n’ira pas jusqu’à voter Poutoux ou même Mélenchon, ça glissera docilement son bulletin PS dans l’urne. Ca pourrait être méprisable mais c’est attendrissant quelque part cette tiédeur.

Et puis au fond, le film est un peu foireux dans sa tentative de faire dialoguer contes de fée/réalité, il manque un peu de subtilité et/ou de profondeur, il est très plan-plan mais il se suit agréablement. Les BacriJaoui ne sont pas des metteurs en scène de génie mais on oublie un peu trop souvent qu’ils ont écrit Smoking/No Smoking et On connait la chanson. C’est pas rien quand même. Ca déroule donc gentiment, Bacri bacrise avec un systématisme un peu lassant mais c’est aussi, voire surtout pour ça qu’on l’aime et la conclusion, aussi inattendue que logique, est assez jolie.

On passe donc un bon moment pour peu qu’on fasse preuve d’indulgence.

Les films du weekend

Spring Breakers

Je me suis légèrement emmerdé devant le premier tiers, pas franchement aidé par un quatuor d’adolescentes aussi bruyantes que promptes à utiliser leurs téléphones dans la rangée devant moi ni par le montage étrangement malickien. Je me suis finalement pris au jeu et maintenant je me surprends à y repenser en bien : ça ressemble donc à un film que j’ai aimé.
En fait, Spring Breakers, c’est une sorte de Projet X réussi : moins drôle certes mais aussi moins faux-cul, moins réac, plus naïf, plus sincère. On pense d’abord que Korine marche dans les pas moralistes de Larry Clark mais il est plus malin et plus subversif que ça. Plus jeune quoi. La conclusion se révèle ainsi à la fois joliment ironique et profondément morale (ce qui n’est évidemment pas du tout la même chose que chez Clark). Pas mal, voire pas mal du tout donc. Sinon, belle prestation de James Franco mais je manque d’objectivité, je l’aime beaucoup. Les filles sont impec elles aussi, mise à part Vanessa Hudgens qui n’a rien compris et nous montre tout du long comment c’est trop cool de casser son image, t’as vu.

20 ans d’écart

20 ans d'écart
Super !
Ah ça fait plaisir, après L’Arnacoeur, Radiostars et Populaire de voir une comédie hexagonale qui réussit à calquer son programme sur les réussites US du genre tout en gardant une spécificité très française. Qui tient à quoi finalement ? Des détails sans doute : le chauffeur de taxi invisible, le carton pourri dans lequel Efira va fourguer ses affaires de bureau, le look vaguement nappy (en plus casual quand même) de Pierre Niney...
Virginie Efira, en mode « belgian Katherine Heigl« , est taillée pour le rôle mais c’est bien l’épatant jeune homme qui crève l’écran. Tro mignon ❤ Charles Berling est surprenant dans un rôle dans lequel on ne l’attend pas forcément (mais à bien y réfléchir je crois qu’on ne l’attend plus nulle part lui… Si tant est qu’on l’ait jamais attendu quelque part d’ailleurs). C’est drôle (parfois très), c’est émouvant et le fond, très casse-gueule puisqu’encore tabou, ne pâtit pas de l’apparente superficialité de son traitement. On en oublie même les 2-3 défauts ou facilités, que je ne mentionnerai donc pas. Et la bo est chouette.
Vraiment super.

Lincoln

Je n’ai pas vu les 2 derniers Spielberg. Tintin je voulais le voir mais je l’ai raté. Cheval de guerre n’était pas prévu mais j’en ai eu de bons échos qui m’ont donné envie (malgré ma crainte des images de souffrance animale). Finalement, le temps que je me décide, il ne jouait plus. Je les ai toujours pas vus évidemment. Tout ça pour dire que j’étais assez motivé pour Lincoln.

Eh bah putain…

J’avais pourtant lu des choses très encourageantes. Des critiques ou avis pertinents, qui soulevaient des choses intéressantes, notamment sur la mise en scène de Spielberg, sur sa vision de l’Amérique d’hier et d’aujourd’hui… Je savais ce que j’y trouverai en somme, j’étais prêt à recevoir ces informations là et je les ai même trouvées, si je prends un peu de recul.
Le problème (car problème il y a, t’avais bien compris va) c’est que je me suis fait chier comme un rat mort. Tout simplement. Ca va pas plus loin hein mais je me suis fait chier d’une telle force… Je savais que ça mettait un peu de temps à se mettre en place, que Spielberg nous assénerait comme souvent son didactisme et ses gros sabots mais là c’était tout simplement trop. Quel ennui putain… Et puis c’est vraiment TRES didactique. Et puis ce côté l’Histoire En Marche, pfffffffff… A tel point qu’assez vite, j’avais l’impression de voir une espèce de bande annonce parodique (2h30 la bande-annonce quand même) du type de celles que Ben Stiller a concoctées en prélude à Tonnerre sous les tropiques. « There was a time… And a man… » avec la grosse voix priapique et la petite musique de chambre qui annonce immanquablement la phrase ou le moment qui va passer à la postérité…

LE gimmick du film :  une salle de la Maison Blanche, des politiciens, amis ou ennemis de Lincoln qui débattent. M. President se tient au milieu. Silence. Il prend la parole, la plupart du temps pour relater une histoire qui fait écho à la situation qu’ils sont en train de vivre. Ca se produit un nombre incalculable de fois au cours du film, TOUJOURS de la même manière.

Putain de merde il va parler!
Et merde il va se mettre à parler…

Et puis Daniel Day-Lewis… Ah Daniel… THE actor! The artist… Quel couillon nom de Dieu. Dire que ce mec incarnait le nec plus ultra de sa corporation à une époque. Sans que personne trouve à y redire s’entend. Comme Adjani d’ailleurs, l’Actrice Ultime à une époque, à l’unanimité. Pas étonnant qu’ils aient eu un gosse ensemble tiens… Mais qu’est-ce qu’il s’est passé? Ils sont devenus caricaturaux? Ils l’étaient déjà? Ce sont nos critères de jugement qui ont évolué? Ils étaient (trop) ancrés dans une époque? Je n’ai pas la réponse.

Bon en tout cas, Danichou, il nous fait un festival là . Démarche, posture, fantastique… Accent (genre Sudiste mais déraciné tu vois), intonation de la voix, quel génie… Les critiques te l’ont dit: il EST Abraham Lincoln. OK mais enfin… Je veux dire: on a des documents qui attestent de tout ça? De ce timbre voilé, de cette démarche de grand échalas un peu dégingandé, de ce dos vouté? Ouais… Peut-être… Peut-être pas… Le Daniel, je le vois bien imposer sa performance, coûte que coûte, en dépit du bon sens, du réalisme, de la vraisemblance… Du film lui-même.

– Ouais super Daniel mais là tu vois, ce qui serait bien c’est que tu te lève et que tu prenne le tisonn…
– Non.
– Comment ça « non »?
– Comme ça: non.
– …
– Abe n’aurait jamais fait ça. Ca n’est pas ce qu’il me commande de faire.
– Oui mais là c’est moi qui te demande de..
– C’est lui Steven. LUI. Lui qui demande. Lui qui commande. C’est lui qui est venu à moi. Je ne crée rien Steven, je SUIS.

Enfin tu vois le genre: insupportable.

Django Unchained – critique

Je ne vais pas comme le font certains réécrire l’histoire et faire mon blasé : Tarantino a beaucoup compté dans ma formation cinéphilique. Même si je ne me considère pas comme un cinéphile mais c’est une autre histoire, je simplifie.

J’avais 19 ans à la sortie de Reservoir Dogs, c’est l’âge parfait pour découvrir les films de QT selon moi. C’est un âge en tout cas où il peut marquer durablement. De la même manière que Beck a décoincé ma discographie de péteux indie-pop en lui apprenant à bouger son petit cul, il m’a montré qu’on pouvait être cinéphile ET fun, qu’on pouvait aimer Truffaut ET Corbucci, Godard ET Argento, mieux, qu’on pouvait les faire cohabiter harmonieusement dans le même film.

Après, c’est la sempiternelle rengaine de la création originale passée au filtre contemporain: ne jamais avoir écouté Eddie Cochran quand on adore T-Rex, c’est dommage mais ça ne dévalorise pas le second pour autant ; ne pas connaitre tous les films de la Shaw Brothers ou ceux de Damiani quand on adore Tarantino doit-il forcément être passible de la peine de mort ? Et puis les gens qui connaissent VRAIMENT les films de la Shaw Brothers sont-ils aussi nombreux qu’ils le prétendent ? Je n’en suis pas si sûr.

Bon, tout ça pour dire que j’attends toujours ses films avec une certaine impatience. Là je restais sur 2 relatives déceptions : je n’aime pas beaucoup Boulevard de la Mort que je trouve très intéressant sur un plan théorique mais qui ne me procure tout simplement pas tant de plaisir que ça; Inglorious Basterds je le trouve bancal : des moments forts mais des moments vraiment faiblards aussi (tout ce qui est français en gros, acteurs et dialogues).

Là déjà j’étais content parce que je suis toujours content de voir un western sur grand écran. Et puis enfin, Tarantino a tourné un western, merde ! Evidemment, rien de plus logique mais ça commençait à se faire attendre. Même si au final, Django Unchained n’est pas SI spaghetti que ça : te laisse pas impressionner par les petits malins habituels qui feront la fine bouche en te citant Le Dernier Jour de la Colère ou Le Dollar Troué, Django doit autant, sinon plus à la blaxpoitation qu’aux spaghetti et son héros doit lui beaucoup plus à John Shaft qu’au personnage interprété à l’origine par Franco Nero par exemple.

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Tout ça pour dire, bis, que j’ai adoré. J’ai non seulement pris un plaisir énorme mais je trouve le film passionnant.

La première partie, la partie buddy movie si je puis dire, régale sans interruption : c’est un best of du meilleur de la crème que ce qu’on aime chez Tarantino. Vais pas faire l’inventaire, suffit de la voir.

La rencontre avec l’ancien second rôle de Quoi de neuf docteur ? marque une rupture assez nette : Tarantino y fait passer son « message » avec une conviction et une maestria admirables lors de 2 scènes à la violence difficilement supportables (le combat de mandingos et les chiens). C’est à partir de là que le projet Django Unchained prend tout son sens et corrige les erreurs d’Inglorious Basterds : réécrire l’Histoire en racontant une histoire mais surtout avec des personnages incarnés (chose qui faisait selon moi défaut à Mélanie Laurent… outre le talent je veux dire). Peut-être Tarantino lui-même a-t-il eu davantage de conviction et d’engagement dans ce projet-ci, tant l’Histoire et la culture black, on le sait, lui tiennent à cœur… Bref, c’est magnifique. Et c’est d’autant plus magnifique que pour ce faire, il utilise uniquement les armes qu’on lui connait depuis le début : la violence graphique et des dialogues superlatifs. Il joue ici merveilleusement des différents registres de langages, accents et intonations en cours à l’époque : anglais Vieille Europe du fancypants Dr Schultz, faconde Sudiste des planteurs (Don Johnson, génial, Di Caprio… génial lui aussi, comme toujours), anglais vernaculaire des esclaves. C’est brillant. Plus que jamais, les dialogues sont le cœur du film, son cœur et son cerveau.

En corollaire, chose déjà abordée dans Inglorious Basterds et même Boulevard de la Mort (via le personnage de Kurt Russell), les protagonistes prennent un malin plaisir à JOUER des personnages, afin de mieux arriver à leur fin. Ainsi, au terme de son périple, Django est devenu le Nègre Vengeur, un quasi-super héros et en tout cas un pur personnage de fiction.

La scène finale retranscrit merveilleusement cela : avant de partir avec sa belle, le héros effectue une parade sur son cheval, plein écran. Pour elle ? C’est ce que le premier champ-contrechamp laisse entendre. Mais quand on revient puis s’attarde un peu sur Django, la caméra effectue un léger mouvement qui révèle Broomhilda sur le côté : la parade nous était adressée à nous, spectateurs. Super Django peut maintenant partir vers de nouvelles aventures. Fuck yeah Quentin !

Chapeau l’artiste

Leos Carax a refusé le prix du meilleur film en langue étrangère que lui a décerné la semaine dernière la Los Angeles Film Critics Association. Il n’a pas besoin de prix Leos : il est un Poéte de l’Image, un Magicien des Mots, un Poéte de la Magie, un Imagier de la Poésie. Et il s’en est expliqué:

« Bonjour, je suis Leos Carax, réalisateur de films en langue étrangère. J’ai fait des films en langue étrangère toute ma vie. Des films en langue étrangère sont fabriqués partout à travers le monde à l’exception, bien sûr, des Etats-Unis. Aux Etats-Unis, ils ne font que des films en langue non-étrangère. Les films en langue étrangère sont difficiles à faire, car vous devez inventer une langue étrangère au lieu d’utiliser votre langue habituelle. Mais la vérité, c’est que le cinéma est une langue étrangère, une langue créée pour ceux qui ont besoin de voyager de l’autre côté de la vie. Bonne nuit ».

Merci Leos: merci d’exister, merci d’être toi.

Top films 2012 – 2ème partie, les winners

Eh oui mon vieux, que veux-tu, les tops c’est comme la vie: il y a des perdants et il y a des gagnants.

Ci-dessous, mes films préférés parmi ceux que j’ai vu au cours de l’année écoulée. Et comme ils sont winners jusqu’au bout de la pellicule (ho ho!) je leur ai choisi une belle photo tirée d’eux pour les illustrer. Eux.

19 – Peace, love et plus si affinités

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Un titre français débile pour une comédie relativement moyenne mais que veux-tu, c’est mon gros péché mignon. Ici, Paul Rudd, l’acteur-le-plus-sympa-du-monde et Jennifer Aniston (on l’aime tous elle aussi même si elle ressemble un peu trop à son oncle) forment un couple de new-yorkais qui cède à la tentation communautaire. C’est cousu de fil blanc (lui, moteur de l’initiative, va vite déchanter, elle, d’abord réticente, va s’y abandonner; le gourou qui trahit la communauté; l’égoïsme des babos), ça tombe parfois à plat mais je suis très (trop) bon public pour ce genre de films dès lors que quelques gags/scènes/répliques me font éclater de rire et que le casting est réussi.

18 – Thérèse Desqueyroux

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Je me dis qu’il serait bien plus bas dans mon top si j’avais vu davantage de films mais c’est pas si sûr… Oui c’est plan-plan, oui ça frise l’académisme, oui c’est Gilles Lellouche (qui ne démérite pas non plus) mais Miller transmet assez bien la sensation de claustrophobie, de mollesse étouffante de la bourgeoisie landaise, la nature foncièrement anxiogène du roman de Mauriac. Donc c’est plutôt pas mal, voire pas mal du tout et j’ai passé un bon-mauvais moment.

17 – Ted

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Dans le haut du panier mais c’est une déception. J’avais presqu’envie d’écrire une « franche déception »: j’en attendais beaucoup car sur le papier, c’était vraiment calibré pour moi. Malheureusement, malgré une super mise en place, malgré quelques gags/répliques formidables, le film n’arrive pas à rester sur le fil et à ne pas verser à de trop nombreuses reprises dans la vulgarité/la misogynie/le conformisme. Dommage, donc.

16 – Take Shelter

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Bon film, indéniablement, mais un peu surestimé. Je n’ai rien d’autre à en dire, ça veut sans doute tout dire.

15 – Astérix et Obélix au Service secret de sa Majesté

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Grande remise, le blog qui classe le dernier Astérix devant Holy Motors, Camille redouble et Take Shelter. Et qui le pense!
Le film de Tirard est non seulement une très belle réussite sur le plan de la direction artistique (c’est suffisamment rare en France pour être souligné), mais il tire en plus un excellent profit de ses 2 choix les plus tranchés: Edouard Baer en Astérix (il fait bien entendu du Edouard Baer mais il le fait ici avec une fraîcheur évidente) + un scénario basé sur 2 des meilleurs albums de la série, qui comptent également parmi mes préférés, Astérix chez les Bretons et Astérix et les Normands. C’est joli, c’est mignon, c’est drôle (pas super drôle non plus mais on sourit tout du long), le casting est nickel: c’était une des bonnes surprises de l’année.

14 – Radiostars

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Encore un film totalement surclassé mais j’assume: ca n’a pas le talent de ses ambitions (grosso modo les bromances de la neo-comédie US), Cornillac n’a rien à faire là-dedans, y a de grosses, très grosses maladresses mais y a aussi de très bons gags/répliques et de très bons moments (tout le long passage avec le rappeur même si ça se termine en hallucinante pub pour McDo, la saucinette, la scène dans la boîte de nuit en Province « c’est con t’as raté Dr Alban ») qui me rendent l’ensemble sympathique. Je regrette que ce film, qui malgré tout tente quelque chose dans l’univers pantouflard de la comédie française, ait fait un four. La BO est signée d’un de mes chouchous Rob, le morceau principal est sublime et on entend même West Coast de Coconut Records. Tout ça suffit à mon bonheur.

13 – Our Idiot Brother

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Joli film indé qui aurait pu être caricatural (hippies, hipsters et bobos new-yorkais à tire-larigot) mais qui adopte pile-poil la bonne distance. Un film cousin de Peace, love.. en quelque sorte mais si le premier est dans la farce et la caricature, celui-ci serait davantage dans la chronique tendre. C’est quand même dingue le capital sympathie dont dispose Paul Rudd, il est génial ce mec. Alors dans un rôle de proto-Dude naïf et un peu concon, n’en parlons pas. On a presque envie de davantage le câliner lui que son son beau golden retriever, Willie Nelson (le nom du chien dans le film). Sinon à part ça y a Elizabeth Banks, Rashida Jones et Zooey Deschanel qui jouent dedans. OK.

12 – American Pie 4

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Avec le temps, je suis devenu un énorme fan du premier épisode dont je connais par cœur et cite régulièrement bon nombre de répliques. En vf bien sûr, je l’ai jamais vu et je VEUX ABSOLUMENT PAS le voir en vo : « pur Arabicaca », « il s’agit manifestement d’un Piero della Francesca », « maman de Stifler… » suivi d’un râle de plaisir etc. Il s’agit en plus, de mémoire, de la première occurrence, je ne dirai pas invention, de l’acronyme « MILF », rien que pour ça (encore une parenthèse: j’ai du récemment expliquer à une collègue ce qu’était une MILF… en 2013… et après on dit que j’ai un chouette boulot, j’te jure…). Je suis donc allé voir avec motivation ce 4ème volet réunissant le casting originel et nostalgie mise à part, j’ai été très agréablement surpris, j’ai beaucoup ri. C’est essentiellement gras et y a donc du mauvais gras bien sûr mais  y a davantage de bon gras donc c’est chouette. Et Sean William Scott donne vraiment de sa personne, il force le respect.

11 – 5 ans de réflexion

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C’est bien mais c’est presque trop bien. J’entends par là qu’il manque peut-être un grain de folie voire quelques moments faibles, qui conféreraient au film un aspect un peu plus rugueux, un peu moins lisse… Ca manque à la fois de très bons gags et de moments réellement émouvants, comme on pouvait en avoir dans Sans Sarah, rien ne va, dont le film pourrait être la suite. Mais après tout, ça n’était peut-être pas l’objectif initial, peut-être les auteurs se situaient-ils délibérément sur le terrain de la chronique conjugale douce-amère… Auquel cas c’est une très belle réussite car c’est extrêmement bien écrit. T’as vu j’ai même pas parlé d’Alison Brie.

10- Moi, député

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Je l’ai évidemment adoré avant de l’avoir vu et je n’ai pas été déçu. Si la satire politique fonctionne parfaitement (on tient là un de ces films au cours duquel on peut se dire sans trop de risques et avec un léger frisson que « la fiction ne dépassera jamais la réalité », dé-délocalisation comprise), ce qu’on retient avant tout, ce sont évidemment les gags, énormes, culottés, outranciers, géniaux. Celui-ci comporte mon préféré de l’année, la beigne au chien de The Artist. Galifianakis est génial en freak white trash précieux et psycho-rigide, Ferrell trouve encore de nouvelles variations sur le personnage dont on peut dire qu’il l’a complètement réinventé tellement il l’a fait sien, celui de l’Abruti Congénital.

9- Voisins du 3ème type

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« Aaaaaaallez, encore une comédie US… ». Et c’est pas fini. On peut parler de passion à ce niveau-là, j’en suis conscient. C’est ma Nouvelle Vague à moi que veux-tu (je le pense en plus).
Voisins du 3ème type a divisé même les amateurs du genre, c’est un mystère. C’est le côté SF qui rebute? Je ne comprends pas. On s’en fout de l’intrigue… Car le film est un pur produit de l’école Apatow : ici ce qui compte c’est de discuter avec les gens qu’on aime. Le personnage-clé est ainsi celui de Vince Vaughn, faux beauf, vrai gentil: il s’en fout lui au fond de chasser l’alien ou de protéger le quartier; il veut bien faire plaisir à Ben Stiller du moment que ça signifie passer du temps ensemble en sifflant quelques bières. Ce sont les meilleures scènes du film, celles où il ne se passe absolument rien, où les dialogues s’étirent jusqu’à l’épuisement, créant une sensation de douce euphorie, concomitante du groupe, de la communauté. Le groupe, la bande, les amis, rendent plus fort. C’est très joli, très touchant. En plus d’être très drôle évidemment.

8 – La taupe

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Critiques hyper élogieuses, avis spectateurs très mitigés (« soporifique… alambiqué… étouffant… chiant »). Comme souvent, la vérité se situe sans doute au miyeu mais j’ai beaucoup aimé. Pendant la séance, c’est vrai, il faut un peu s’accrocher: l’intrigue n’est pas si compliquée que ça mais le montage, les ellipses, les dialogues un peu cryptiques (superbes dialogues dans une langue anglaise des plus soignée) prennent un malin plaisir à brouiller les pistes. Un peu trop, et c’est dommage. Mais formellement, c’est une splendeur. L’action se situe en 1973, qui est comme chacun sait, la plus belle des années, et pour peu qu’on ait comme moi un faible pour l’esthétique tout en tons brunâtres/orangés et les textures cosy de l’époque, c’est un délice. Découpage, mouvements de caméra, interprétation, décors, costumes (un festival de costumes en tweed) tout concourt à créer une atmosphère à la fois suprêmement élégante, feutrée, paranoïaque et étouffante: les personnages semblent dans l’impossibilité concrète de vivre ou se mouvoir à l’air libre (sinon pour mourir), ils sont tous des taupes (l’agent « reconverti » en professeur vivra d’ailleurs dans une caravane, comme pour reproduire les conditions d’enfermement de son ancienne activité), écrasés par la bureaucratie, la hiérarchie, le poids des responsabilités, les jeux de dupes. Vraiment remarquable et après Morse, que je ne n’avais que moyennement apprécié mais dont je reconnais les nombreuses qualités, une confirmation qu’Alfredson est un réal à suivre de près.

7 – Skyfall

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Des amis très chers et aux goûts très sûrs ont tenté, avec conviction, de me faire changer d’avis via des arguments tout à fait recevables. Je les ai écoutés, je les ai entendus. J’ai douté, j’ai fléchi même… J’ai vécu des heures sombres, j’ai traversé de sales moments: je vais pas te mentir, ça n’a pas été facile tous les jours. Mais je m’en suis sorti et je peux le clamer aujourd’hui haut et fort: j’aime Skyfall.

6 – Cherchez Hortense

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Je n’ai pas grand chose à en dire: c’est très péteux, très cultureux, très bourgeois, très français, assez agaçant j’imagine, voire indéfendable pour pas mal de monde mais j’ai adoré. J’aime beaucoup Bacri et il trouve ici un de ses meilleurs rôles. Chacune de ses confrontations avec Claude Rich, insupportable mandarin mitterandien, est un régal. Et puis sous le vernis Film Qualité France Culture, il y a de vraies propositions et de vrais « sentiments » de cinéma (injustice, rébellion, exaltation amoureuse).

5 – Populaire

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Il se passe un truc en France depuis quelques années. On a juste 30 ans de retard mais c’est pas grave, ça arrive lentement mais sûrement. Ca n’a l’air de rien mais c’est énorme: le grand public français est en train de découvrir ce qu’est la pop culture. La pop culture, c’est Radiostars et ses références californiennes, Astérix et ses références britonnes (une BD en plus) mais c’est aussi les Gordini, Roger Tallon, les Stinky Toys, les montres Lip ou Elli & Jacno. C’est ce qu’on voit dans Populaire, le bien nommé. Qui aurait même pu s’appeler Pop… Des couleurs… de la légèreté… une certaine élégance… une volonté d’universalisme (la pop culture n’est pas la culture de masse: plaire à tout le monde signifie également plaire aux plus élitistes).
Bon, je m’égare, pour dire que Populaire est fondamentalement un film pop que ça soit par son accessibilité, sa légèreté (de façade bien sûr), sa direction artistique etc. Quels décors mes aïeux, quels costumes! C’est précis, c’est chiadé et surtout ça transpire le plus grand dénominateur commun, sans démagogie, sans nivellement par le bas. Il y a dans Populaire des références au cinéma de Papa de Gilles Grangier mais aussi à Hitchcock, Clouzot ou Jacques Demy (entre autres). Ca brasse large et surtout, ça brasse juste. Quand en plus tout ça est enrobé d’une intrigue maline, virevoltante, pétrie de sentiments nobles et purs, difficile de lutter. Deborah François est adorable et après l’Arnacoeur, c’est la 2ème fois consécutive que je trouve Romain Duris quasiment craquant, c’est vraiment qu’il s’agit d’un film à part… Un délice, vraiment. En plus la BO est co-signée par Rob (qu’on retrouve également au générique de Radiostars, comme par hasard…) et on voit même Bill Trumendous à la fin! TOP 5, eh ouais mon pote!

4 – Une vie meilleure

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« Putain, ENFIN un vrai bon film dans son top de merde! »
Eh oh ça va, pas besoin d’être insultant non plus… Sache pour ta gouverne que mon top me plaît beaucoup et qu’il serait en bonne place dans mon top de tops.
Mais oui, Une vie meilleure est un vrai bon film et ça fait plaisir de retrouver Cédric Khan à son meilleur niveau, celui de Roberto Succo. Les 2 films sont d’ailleurs assez proches : dans les 2 cas, cette sensation étouffante et haletante de fuite en avant effrénée (pour Succo), de descente aux enfers sans fin (pour celui-ci) : on a le sentiment que ça ne s’arrêtera jamais, on se croirait dans 24.
Ca m’a également fait penser à L’Enfant des Dardenne: dans les 2 cas, la matière sociale n’est jamais utilisée à des fins purement discursives, psychologiques et encore moins lacrymales bien entendu, elle sert à élaborer une vraie fiction de cinéma, avec ses rebondissements, son suspens qui te prend aux tripes. Enfin, après mon coming-out Duris, je suis prêt à le verbaliser: dans un vrai bon film, avec un vrai personnage superbement écrit, Guillaume Canet peut être un super acteur.

3 – Wrong

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Après le gros ratage Rubber, Dupieux rectifie le tir. S’il n’atteint pas le niveau des fulgurances freaky-hype de Steak (« bottine »), il ajoute dans Wrong un ingrédient qu’on n’attendait peut-être pas chez lui: l’émotion. C’est génial. C’est hyper précis esthétiquement. C’est flippant. C’est drôle. Et c’est donc désormais émouvant.

2 – Baby-sitter malgré lui

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La voilà la grande comédie US de l’année et évidemment, elle n’a bénéficié que d’une sortie technique. The Sitter (titre original) relève de l’évidence: il faut le voir, rire et être ému, point.

1 – Moonrise Kingdom

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Loin, très loin devant les autres, une évidence là encore. Je suis trop paresseux pour me lancer dans une véritable analyse, qui de toute manière me semble totalement superflue tellement tout est limpide, évident encore. Je n’ai pas non plus envie, je l’avoue, de me lancer dans une explication des raisons pour lesquelles les films de Wes Anderson me parlent et me touchent autant. Disons que je mets ses films sur le même plan que Pet Sounds, Hawaii ou Village Green Preservation Society (exemples évidemment pas du tout choisis au hasard). Voilà.