This Is Not A Love Song festival 2015

Une fois de plus, le festival nîmois This Is Not A Love Song écrase la concurrence des grands raouts estivaux. Mêlant grands noms/quasi mythes vivants (Thurston Moore, Swans), vieilles gloires indie toujours pertinentes (Gaz Coombes, Divine Comedy), alt-country (Sun Kil Moon, Giant Sand), WTF (Foxygen, Ariel Pink), découvertes (souvent françaises… et gratuites !) dans le cadre hyper accueillant de Paloma, je ne lui vois guère que La Route du Rock comme sérieux concurrent hexagonal. Il faut plutôt regarder de l’autre côté de la Manche, vers les superbes Green Man et End of the Road festivals pour trouver une programmation aussi pointue et cohérente (le End of the Road de cette année mon Dieu, quelle tuerie).10403319_941543639219698_1519468646241871777_n
Je vais à nouveau devoir méchamment jongler pour réussir à choper tout ce qui m’intéresse, surtout le 1er jour où la prestation de Gaz Coombes (ex leader de mes chouchous Supergrass pour rappel) chevauche celle de Caribou, et Thurston Moore celles de Shamir et des Swans. Problème de riche.

Un peu contrarié, et surpris, de noter que le groupe que j’ai le plus envie de voir (les Allah-Las) jouera le dernier soir, sur le (quasiment) tout dernier créneau soit à… minuit vingt. Et à l’intérieur qui plus est : je les imaginais nous balancer nonchalamment leur retro- pop 100% calif » en plein cagnard où encore mieux, au soleil couchant sur la scène extérieure, tant pis… Problème de riche là encore.

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La programmation 2015

Grande remise sera donc sur le qui vive durant les 3 jours cette fois (je n’avais assisté qu’aux 2 premières journées lors de l’édition 2014) pour des comptes-rendus de concerts bourrés de bonnes (j’espère…) et mauvaises vannes, sarcasmes, emballements injustifiés, coups de gueules gratuits mais également des réponses aux questions que personne ne se pose : les Foxygen tiennent-ils correctement la vodka-pomme ? Ariel Pink est-il aussi tordu qu’on le dit ? Les Allah-Las poussent-ils le vice jusqu’à utiliser des Iphones vintage ?

Stay tuned !

Super Furry Animals – O2 Brixton Academy, Londres

J’ai donc passé quelques jours à Londres, où la France a encore été dignement représentée.

J’y allais principalement pour assister au concert de l’un de mes 2 groupes préférés all time, les Super Furry Animals (l’autre étant les High Llamas. D’ailleurs Sean O’Hagan, leader de ces derniers, réalise les arrangements de cordes de leurs albums : y a pas de hasard comme je dis toujours).

Cette série de concerts, à laquelle ont été ajoutées des prestations dans quelques festivals estivaux, est arrivée un peu par surprise, annoncée à peine un mois avant la 1ère date, à un moment où le groupe n’a pas vraiment d’actualité sinon la réédition de Mwng, son album en langue galloise sorti en 2000. C’est ça (entre autres) que j’aime chez ce groupe : ils n’ont jamais annoncé qu’ils splittaient, ni qu’ils continuaient à enregistrer. Juste, ils font leurs trucs chacun de leur côté (Gruff Rhys notamment bien sûr, dont la carrière solo est magnifique) et se revoient quand ils en ont envie, naturellement et simplement. Là ils avaient donc décidé de se lancer dans une mini tournée britannique aux allures de célébration : les fans étaient invités à leur envoyer leurs setlists idéales.

Ces concerts, les premiers depuis 6 ans, possédaient donc une forte valeur symbolique puisque, même s’il n’y a jamais rien de définitif avec eux, on peut légitimement penser que le « projet » Super Furry Animals n’en est plus qu’un parmi d’autres pour chacun de ses membres. Pas évident du tout qu’ils ressortent un jour un nouvel album… En un mot :  je pouvais pas rater ça.

Je les avais déjà vus en concert à Toulouse il y a près de 15 ans à l’occasion de la tournée consécutive à Rings Around the World, l’un de leurs tous meilleurs albums : une salle pourrie, un public très clairsemé et malgré une prestation haut de gamme, la sensation que je ne les avais pas vus dans les meilleures conditions.
Là, c’est sûr, ça serait une autre histoire.

La salle déjà, l’une des plus connues de Londres.20150509_193317
Superbe, dans un style classique tendance rococo, elle m’a un peu fait penser à l’Olympia.

Première partie assurée par les oubliés Magic Numbers. « Oubliés » car suite à une petite hype dans la foulée de la sortie de leur 1er album en 2005, ils ont un peu disparus de la circulation. Sans que ça soit réellement scandaleux, on va pas se mentir. Prestation carrée et honnête dans une salle quasiment vide (elle se remplira totalement au dernier moment), je me suis poliment fait chier selon l’expression consacrée. RAS, vraiment.

21h pétantes, la salle est enfin plongée dans le noir. Le public, masculin essentiellement, des mecs de mon âge, qui ont sans doute comme moi connu le groupe dès ses débuts en 1995 et l’ont religieusement suivi jusqu’à aujourd’hui, est chaud bouillant. Les premières mesures de l’instrumental (A) Touch Sensitive résonnent sur fond de projections de logos et animations emblématiques de la carrière du groupe. Le groupe dont la formation n’a absolument pas changé en 20 ans (c’est suffisamment rare pour être souligné) débarque en combinaison blanche de scientifiques, empoigne ses instruments et double la bande son, qui s’efface. Puissant, déjà. A l’issue, 1er tube, 1ère baffe : Rings Around the World, l’un de leurs morceaux les plus efficaces et fédérateurs, repris en choeur par TOUTE la salle. Premiers frissons* donc : quel plaisir que cette sensation immédiate d’assister à un grand moment, dans une communion totale, joyeuse et généreuse.

Do or Die et Ice Hockey Hair s’enchaînent immédiatement, sans transition : quel pied putain !

Mais comme disait le grand Francis, c’est que le début (d’accoreuh d’accoreuh) : le logo de l’album Radiator (le meilleur et le favori de Ceux Qui Savent) apparaît en arrière-plan, deux trompettistes rejoignent le groupe qui se lance dans Demons, premier très grand moment de ce concert. C’est parti très, très fort mais là ça décolle VRAIMENT pour le coup, sur un morceau-synthèse de ce groupe à la fois accessible, expérimental, fondamentalement joyeux et toujours mélancolique. Pas le temps de souffler et de se remettre d’une version alanguie absolument sublime, ils enchaînent sur Northern Lites  leur irrésistible calypso sauce mariachi ! « There’s a distant light / A forest fire burning everything in sight » : je chante à tue-tête, j’aurai plus de voix dans 2h.

Petit moment de répit, Gruff remercie la salle une 1ère fois. Je comprends pas tout ce qu’il dit, il a quand même un putain d’accent le bougre. Le logo de Mwng, leur album chanté en gallois donc, est désormais projeté derrière le groupe.

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Suivent 4 chansons tirées de ce disque merveilleux, plaidoyer humble et bouleversant pour une langue très largement minoritaire, qui réussit la prouesse de ne jamais sentir le folklorisme ou le régionalisme. Passage d’autant plus touchant que c’est le seul moment de le soirée au cours duquel le public montre une certaine distance voire inattention (j’entends nettement les gens discuter alors que je suis plus proche de la scène que du fond de la salle) : j’ai toujours pensé que les gallois étaient un peu les parents pauvres de la Grande Bretagne, moins populaires que les Irlandais, moins forts en gueules que les Ecossais. La preuve encore ce soir : quand ça chante en gallois, les anglais s’en foutent un peu, s’impliquent en tout cas nettement moins. Je trouve ça triste et beau à la fois car le groupe n’en a cure, il semble particulièrement impliqué, pénétré même durant ces 4 morceaux. Il ne revendique rien de toutes façons et cet album, Mwng, s’apparente davantage à un geste esthétique qu’à un véritable manifeste militant. En tout cas c’est un très beau passage et je chante en phonétique les paroles de Y Gwyneb Iau ou Pan Ddaw’r Wawr. Grande remise, le blog qui n’a pas peur du ridicule.

Le best of reprend ensuite son cours. Bon, je vais pas citer les titres un par un, mais c’est absolument génial. Le groupe joue au cordeau des titres qu’il connaît et maîtrise par cœur. La setlist est idéale, parfaite, mêlant tubes attendus (Juxtaposed With U) et faces B ayant accédé au statut d’incontournables (Arnofio / Glô in the Dark). Immense émotion sur Hello Sunshine, une de mes chansons fétiches (tout court, pas seulement du groupe). Grösseu folieu sur Golden Retriever : toute la salle beugle et saute dans tous les sens. Mon voisin un peu imbibé me marche sur les pieds : il s’excuse très poliment; je lui réponds que c’est rien, il me prend par l’épaule pour sauter de plus belle sur la fin du morceau. Je retiendrai également un superbe Zoom ! auquel je ne m’attendais absolument pas.

Alors qu’ils jouent depuis près de 2h, Gruff se lance dans son plus long discours : il évoque bien sûr la réélection de David Cameron l’avant-veille et se déclare « pissed off for the next 5 years ». Il remercie ensuite chaleureusement le public et parle d’une série de concerts  très importants  pour eux (c’est le dernier ce soir avant les festivals d’été) et très chargés émotionnellement. Ovation.

Bim, Fire in My Heart, love song sincère et tordue. Beaucoup de types d’âge mûr ont les yeux humides en faisant les « papapapapa » du final. Faut en garder un peu car Gruff annonce le dernier morceau : Mountain People, déclaration d’amour au peuple gallois, ritournelle country-pop qui s’achève dans une frénésie techno surpuissante.

Dernier morceau ? Non évidemment : ils ne peuvent pas ne pas jouer le dernier morceau que tout le public attend, que nous savons pertinemment qu’ils vont nous asséner pour nous achever. Ils attaquent donc sans transition ou presque leur hymne anti-establishment (construit sur un sample de Showbiz Kids de Steely Dan, la classe de ces mecs putain), The Man Don’t Give A Fuck. Public en fusion. A mi morceau, ils quittent la scène quelques minutes alors que la coda techno du titre s’étire et reviennent affublés de leurs costumes de yétis pour reprendre la chanson là où ils l’avaient laissée. Là c’est VRAIMENT n’importe quoi dans le public, le délire total : « you know they don’t give a fuck about anybody else, you know they don’t give a fuck about anybody else, you know they don’t give a fuck about anybody else » ad lib, à gorge déployée, pendant que sur scène les 5 headbangent méchamment.

Là c’est fini, c’est sûr. 2h15 sans répit, un concert total comme on parle de football total : je me dis pour la énième fois que ce groupe est tellement et injustement sous-estimé alors qu’il touche à tout avec une facilité déconcertante (pop, folk, glam, punk, electro, psych etc), s’adressant au plus grand nombre comme aux music nerds les plus exigeants. Un groupe pop au sens le plus pur et noble du terme. Avec ce petit zeste de folie ou d’excentricité, peu importe comment on le qualifie, qui finit de le distinguer et de le rendre irrésistible.

C’est très rare que je connaisse au cours d’un concert ce sentiment sans doute un peu couillon de fraternité générationnelle, de partage, de communion autour d’une même passion. Les Super Furry Animals sont quasiment inconnus en France : lorsque je les avais vu à Toulouse nous étions je pense très très peu nombreux (la grande majorité étaient des britanniques) à partager la même ferveur. Et nous devions être une petite centaine à tout casser… Ce soir nous étions près de 5000 et c’était bon.
Ca fait beaucoup de superlatifs, j’en fais des caisses, j’en ai conscience. Mais j’ai illico rangé ce concert dans mon panthéon de concerts marquants et inoubliables, aux côtés de ceux d’Elliott Smith, Neil Young ou Ty Segall.

C’est couillon, encore, mais j’ai simplement envie de dire merci à ces 5 types, Gruff, Huw, Daffyd, Guto et Cian, parce qu’ils ont des prénoms géniaux déjà, mais surtout pour ce très beau moment et tous ceux, innombrables, qu’ils m’ont offert depuis 20 ans. Ils ressemblent à rien, ont un sens visuel proche du néant (toutes leurs pochettes d’albums, ou presque, sont véritablement immondes) mais je leur dois parmi mes plus belles émotions musicales, et donc émotions tout courts, depuis autant d’années. Je les aime encore plus après ce concert, ce qui n’est pas peu dire.

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Diolch i chi ❤

*les titres dont j’ai mis le lien on été enregistrés lors de cette dernière tournée. C’est sans doute ma subjectivité qui va s’exprimer là mais j’ai le net sentiment que les versions auxquelles j’ai eu droit étaient encore meilleures… J’ai fait mes propres videos mais j’ai pas pu m’en empêcher, on m’entend chanter dessus donc bon voilà quoi.

La tour penchée de Londres

A la sortie de la station Westminster, au pied de Big Ben.

Le type, 25-30 ans, un selfie stick à la main (déjà…) m’interpelle en me faisant signe de venir  le voir, accompagnant son geste d’un « please ». Une fois arrivé à lui, il me montre la tour derrière :

– Is it Big Ben ?
– Euh… yes, obviously.
– Why is it not like that (il fait le geste d’une tour penchée avec sa main) ?
– Euh… because… it’s always been upright…
– Ah bon ? Mais je pensais qu’elle était comme ça (il refait le geste de la main. Il est passé au français, il a du reconnaître à mon accent que je n’étais pas anglais. Connard.)
– Je crois que vous confondez avec une autre tour en fait.
– Ah bon laquelle ?
– La tour de Pise.
– Ah bon, vous êtes sûr que c’est pas Big Ben ?
– Ah ben oui, je suis sûr oui, c’est la tour de Pise qui est penchée.
– Aaaaah ok ok, on pensait que c’était Big Ben ! Et elle est où la tour de Pise ?

Sans déconner. SANS DECONNER.

– Euh… à Pise
– Ah d’accord. Et c’est où exactement ?
– La ville de Pise… En Italie… (le désespoir me gagne irrémédiablement)
– Ah ok, ha ha non mais c’est elle là qui m’a dit que Big Ben était penchée (il désigne sa copine, toute mignonne, qui n’avait rien demandé la pauvre)
– Non mais en fait…
– Ha ha, excusez là hein, elle est blonde !

Il lui a pas laissé le temps de finir sa phrase, accompagnant la sienne d’une petite bourrade complice à mon égard. Puis tous 2 tournent brusquement les talons : ils étaient sans doute en retard pour leur visite du château de Versailles de Buckingham.

J’ai été con, j’aurais du jouer le jeu et lui dire que oui, Big Ben était bien penchée mais qu’elle avait été redressée par l’ours Paddington. Satisfait, il aurait alors posté une photo sur Facebook avec le commentaire idoine. Et tous ses amis n’y auraient vu que du feu bien sûr.

Le Colisée. De Melbourne.
Le Colisée. De Melbourne.

Eh oui mon vieux, j’ai beau ne pas poster très souvent, Grande remise est comme le 5 o’clock tea, la reine ou Pete Doherty : toujours pas mort.
J’ai donc passé quelques jours à Londres et c’était super bien sûr, comme toujours (c’était au moins ma 6ème fois). Je n’avais au programme que le seul concert des Super Furry Animals à la Brixton Academy (j’y reviendrai), pour le reste j’avais simplement envie de me balader dans les rues et parcs de Mayfair, Kensington, Chelsea, Shoreditch, principalement.
J’ai été surpris, et déçu je dois bien l’avouer, de constater que de plus en plus, les gens marchaient à droite sur les trottoirs ou dans le métro, et non à gauche, comme l’impose le sens de la circulation routière : l’influence grandissante des touristes sans doute. Ils sont en effet extrêmement nombreux, extrêmement partout.

Mais à part ça, l’essentiel est toujours là : les flics sont toujours hyper aimables, les pubs accueillants, les serveurs étrangers (quel que soit le type d’établissement et le quartier), la vue sur Houses of Parliament / Tower Bridge magique, les anglaises habillées de manière scandaleusement dénudée le vendredi/samedi soir. Rule Britannia.

Quarts de finale Ligue des Champions 2014-2015

Ils sont les meilleurs
Sie sind die Besten
These are the champions

Die Meister
Die Besten
Les grandes équipes
The champions

Je m’en lasse pas. Le morceau de musique classique préféré de Karim Benzema (true story).

En guise de préambule, si tu veux rigoler un bon coup et te foutre de ma gueule, tu peux jeter un oeil à ma nalyse pré 8èmes de finale. Grande remise, le blog numéro 1 sur les pronostics.

Atletico Madrid – Real Madrid

Comme ça va vite… Fin 2014, le Real était absolument intouchable, effrayant toute l’Europe du football. Certains évoquaient même la possibilité d’un contrat à vie pour Carlo Ancelotti… Aujourd’hui, après un terrible passage à vide en janvier-février (dû à l’absence, notamment, de la paire PepeRamos. Varane est super doué et prometteur mais va falloir se calmer, il n’est encore « que » prometteur, il lui reste beaucoup à apprendre), l’équipe semble en reconstruction et manque de confiance/repères. Le match à Barcelone a néanmoins montré de très belles choses (défaite très injuste) mais voilà, alors qu’on aborde le money time, tout semble à refaire ou presque. On évoque même un départ d’Ancelotti pour Manchester City… Quoiqu’il en soit, ça va un peu mieux : le retour en forme de Luka Modric, le Johan Guetta des Balkans, est essentiel. C’est LUI l’équilibre de l’équipe.
Côté Atletico en revanche, c’est d’une constance assez hallucinante : oh, ils se ratent bien sur un match ou 2 par-ci, par-là (comme ce weekend à Malaga d’ailleurs), mais une telle intensité, une telle envie et une telle qualité sur une 2ème saison d’affilée, c’est bluffant. Bravo à eux et à leur gourou, Diego Simeone, pour lequel les joueurs semblent prêts à tout sacrifier. C’est LA bête noire du Real sur les 2 dernières saisons, ils leur ont collé une danse monumentale début février (4-0, score flatteur pour le Real). J’ai peur. Très peur.

Paris Saint Germain – Barcelone

Oui, ça va vraiment très vite… Fin 2014, Luis Enrique était sur un siège éjectable. Aujourd’hui, l’attaque du Barca (Keen VHannibal Lecter-un expert comptable, pour mémoire) foutrait la trouille aux avocats de Sarkozy eux-mêmes, qui sont pourtant blindés.
Et le PSG… Bah, je me suis tellement planté en ce qui concerne leur confrontation face à Chelsea que je m’autorise plus aucune opinion. Ils m’ont fait vibrer ces cons !
Ceci étant, le match retour sera la 8ème confrontation entre les 2 équipes depuis 2 saisons, la 4ème celle-ci : les limites, déjà constatées évidemment, de cette formule « fermée » de la Champion’s League.

Juventus Turin – AS Monaco

Après l’élimination d’Arsenal, tous les observateurs s’accordent à donner de bonnes chances à cette belle équipe d’exilés fiscaux mais… Mais c’est oublier un peu vite que face aux londoniens, au match aller, les monégasques ont eu énormément de réussite, transformant 3 fois autant d’occasions, et ont serré très fort les fesses au match retour, faisant littéralement sous eux à chaque attaque des Wenger boys.
Et puis, même si Pogba est absent (il est si énorme que ça ce mec? Sérieux? J’attends pour ma part de le voir évoluer dans un vrai championnat l’année prochaine), c’est mettre de côté un peu vite que la Juve cette année c’est toujours Buffon, Pirlo, un Tevez en feu et un Morata en constante progression : le Real dispose d’une option de rachat « préférentielle » du joueur à l’issue de la saison prochaine. S’il continue sur sa lancée actuelle, il sera rapatrié à Bernabeu, ça fait pas un pli.
Belle confrontation en perspective en tout cas, avec un soutien inconditionnel de Grande remise pour la thune chelou contre la classe ouvrière. La base.

FC Porto – Bayern Munich

Non content d’avoir violé le Chakhtior Donetsk lors des 8èmes, le Bayern bénéficie du tirage dont tout le monde rêvait. Quelqu’un pour douter de leur passage en douceur ? Pas moi en tout cas : avec un Real en perte de vitesse et un Barca sans doute encore trop fragile défensivement, le Bayern est désormais LE favori de cette édition 2014-2015 de la Ligue des Champions. Je vois mal qui pourrait empêcher Xabi Alonso de soulever un 3ème trophée avec un 3ème club différent, même si ça me fait mal de l’admettre.

Vie sauvage – critique

Philippe Fournier, dit Paco, décide de ne pas ramener ses fils de 6 et 7 ans à leur mère qui en avait obtenu la garde.
Enfants puis adolescents, Okyesa et Tsali Fournier vont rester cachés sous différentes identités. Greniers, mas, caravanes, communautés sont autant de refuges qui leur permettront de vivre avec leur père, en communion avec la nature et les animaux.
Traqués par la police et recherchés sans relâche par leur mère, ils découvrent le danger, la peur et le manque mais aussi la solidarité des amis rencontrés sur leur chemin, le bonheur d’une vie hors système : nomades et libres.
Une cavale de onze ans à travers la France qui va forger leur identité. (Allociné)

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Je reviens brièvement sur ce film que j’ai raté en salle, comme pas mal de monde j’ai l’impression. C’est dommage car il est très intéressant et confirme le retour en forme de Cédric Kahn après l’excellent Une vie meilleure.

Le réalisateur est à son meilleur lorsqu’il filme des personnages en mouvement malgré eux, en cavale ou lancés dans une fuite en avant (comme dans Roberto Succo , Feux rouges ou Une vie meilleure donc). On comprend très vite que Vie Sauvage leur emboîte le pas via une ouverture impressionnante qui laisse entendre qu’on ne va pas respirer très confortablement pendant un bon moment. Et c’est le cas : Vie Sauvage est bien un film de cavale, et c’est sur cet aspect là qu’il convainc le plus.

Lorsque ce père en fuite et ses 2 garçons parviennent finalement à se poser, ou lorsque Kahn cède à la tentation « transcendantaliste » (communion avec la nature, rupture idéalisée avec la société corrompue-corruptrice, le côté Walden du film en somme), c’est un peu naïf.

Un peu seulement, et pas longtemps : une ellipse absolument géniale (quoi de plus symbolique et concret à la fois qu’une coupe de cheveux pour signifier le temps qui passe ?) retend le film comme dans ses premières minutes : ce père rebelle, anarcho-crevard (il se rêve en indien des campagnes gerso-normandes) a, le plus logiquement du monde, élevé 2 rebelles. C’est à la fois implacable mais également très beau car cette rébellion trouve finalement sa source dans les sentiments, qui, semble nous dire Cédric Kahn, prendront toujours le pas sur les convictions, la détermination, la force de caractère.

Dans sa dernière partie, le réalisateur se permet à nouveau un génial coup de force narratif en laissant totalement de côté un Mathieu Kassovitz jusque là omniprésent (et excellent, comme souvent) pour retrouver le personnage de la mère (Céline Salette, très bien également même si un peu trop jeune pour le rôle) dans un dernier quart d’heure huis clos assez ébouriffant où la sécheresse côtoie à nouveau les sentiments les plus violents (les Dardenne co-produisent le film, c’est pas une surprise).

Je ne saurais donc trop conseiller une petite séance de rattrapage pour ce film à la fois âpre et profondément émouvant.

#40 Michel Houellebecq – Présence Humaine

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Voilà un album dont la réputation est peu à peu en train de s’affirmer et de s’établir : c’est souvent la même histoire, à force de répéter que tel disque est un classique oublié, il devient un classique tout court au bout d’un certain temps.

En tant que fan de Bertrand Burgalat ET de Michel Houellebecq, je l’ai évidemment tout de suite acheté, aimé et élevé au rang de classique de ma discothèque.
Si le rapprochement entre les 2 auteurs a pu paraître très surprenant à première vue, il est ensuite devenu l’évidence même : l’univers ultra pop et coloré de Burgalat se révèle souvent plus inquiet qu’il n’y paraît et l’écriture de Houellebecq, souvent qualifiée de glauque (pour faire court) n’en est pas moins pourvue d’un vernis ou d’aspirations très solaires. Sommets du genre, Playa Blanca et les Pics de pollutions, qui donnent à la fois envie de jerker avec style ET de se foutre une balle dans le cul (« Fin de soirée, les estivantes prennent un 2ème apéritif. Elles échangent des regards pensifs, remplis de douceur et d’attente »).

Présence humaine c’est aussi la naissance de l’un des meilleurs groupes français du monde, les magnifiques AS Dragon première mouture. J’ai dit tout le bien que je pensais d’eux dans ce papier. Et leur album live, en compagnie de Burgalat, fait partie de mon top 100.
C’est cependant le groupe Eiffel qui joue sur Présence humaine : AS Dragon s’est formé pour la tournée consécutive à la sortie du disque. Le clavier du groupe, Michaël Garçon, revient ici sur un des moments les plus WTF, sublimes et wock’n’woll de l’histoire du rock français.

J’ai eu la chance d’assister au concert toulousain de la tournée et 15 ans après, ça reste un souvenir très fort et vivace : Michel Houellebecq, transpirant et quasiment en transe dans sa parka, déclamant ses textes en dépit de tout sens du rythme, accompagné d’une bande de mecs un peu louches, super classe et qui envoient avec nonchalance, sinon détachement, un rock teinté de heavy soul qui tabasse violemment. Grand souvenir.

American Sniper – critique

Tireur d’élite des Navy SEAL, Chris Kyle est envoyé en Irak dans un seul but : protéger ses camarades. Sa précision chirurgicale sauve d’innombrables vies humaines sur le champ de bataille et, tandis que les récits de ses exploits se multiplient, il décroche le surnom de « La Légende ». Cependant, sa réputation se propage au-delà des lignes ennemies, si bien que sa tête est mise à prix et qu’il devient une cible privilégiée des insurgés. Malgré le danger, et l’angoisse dans laquelle vit sa famille, Chris participe à quatre batailles décisives parmi les plus terribles de la guerre en Irak, s’imposant ainsi comme l’incarnation vivante de la devise des SEAL : « Pas de quartier ! » Mais en rentrant au pays, Chris prend conscience qu’il ne parvient pas à retrouver une vie normale.(Allocine.com)

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Je savais, pertinemment, mais ça me troue quand même un tout petit peu le cul. Je savais qu’il n’en était rien, que les critiques, la pseudo-polémique autour du film n’avaient aucune raison d’être. Mais quand même… Du coup, je vais pas y aller par 4 chemins : comment peut-on voir dans American Sniper un hymne patriotique, un tract pour l’intervention américaine en Irak, un film réactionnaire et dangereusement militariste, autrement qu’avec de la merde ou de la mauvaise foi dans les yeux ? Désolé si tu es dans ce cas hein, c’est pas contre toi (contre tes yeux à la limite) mais mince…

« Who’s The Legend now ? » demande, rigolard, un vétéran en chaise roulante après avoir effectué un carton lors d’une séance d’entraînement au tir, à celui qu’on surnomme réellement The Legend. « You don’t want that name, trust me » répond ce dernier. Cet échange résume tout le film : American Sniper est l’histoire d’un homme qui pense avoir trouvé sa place et son rôle dans le monde, qui devient une légende pour de mauvaises raisons et qui va finir par se rendre compte qu’il s’est fourvoyé et qu’il porte ce surnom comme un fardeau.

Acte 1 : le Texas, ses armes à feu et sa Bible dès le berceau, ses cowboys bas du front, son insouciance aussi. Chris Kyle (Bradley Cooper, très bien) est un mec heureux. Un soir de biture avec son frangin, il se persuade, devant les images d’un attentat anti-US sur le sol africain, que son but sera désormais de servir et protéger son pays. Il s’engage alors dans les Navy SEALS, troupes d’élite de l’armée américaine. Il trouve sa place donc, en même temps que l’amour un soir de virée entre potes (Sienna Miller, très bien aussi).

Acte 2 : l’Irak. Chris Kyle y devient rapidement un sniper d’exception, ce qui lui vaudra le surnom de The Legend donc, en tuant des vies (irakiennes) pour en sauver d’autres (américaines). Tout va bien : pour un texan bas du front à qui on a appris dès le plus jeune qu’on a le droit d’user de la violence pour protéger les siens, tuer un enfant dans le cadre de sa mission ne génère que peu d’états d’âmes. Mais, et c’est là que Clint réussit remarquablement son film, si Kyle va pour le mieux, tout, et tout le monde autour de lui, s’évertue à remettre sa mission en perspective.
Sa femme bien sûr, qui voit bien lorsqu’il rentre au pays entre 2 missions, que son mari n’est plus le même. Son binôme de patrouille, qui se demande si ce qu’ils font est réellement justifié. Son frère, en poste en Irak également, mais totalement brisé lui, qui rentre au pays hagard sur un éloquent « fuck all this ». Etc. Et Eastwood lui-même bien sûr, trop intelligent, et trop confiant en l’intelligence de son public, qui préfère rester à échelle humaine plutôt que de se lancer dans un discours anti-militariste trop évident. La façon dont il laisse la parole à ses personnages, sans conditions, sans filtre, mais sans pour autant épouser leur point de vue non plus, m’a énormément fait penser à ce qu’accomplit Michael Cimino dans Voyage au bout de l’enfer, autre film que certains ont hâtivement et bêtement taxé de patriotique en son temps.

Acte 3 : de retour au pays de manière définitive cette fois suite à une dernière mission qu’il aura vécue comme une épiphanie (métaphore un peu lourde peut-être, mais très efficace, de la tempête de sable de laquelle il va falloir s’extirper), Kyle ne va pas bien. Il a compris : que tout ça était absurde, que ça lui a laissé des marques indélébiles (effrayante scène où il reste assis devant l’écran de téléviseur éteint alors que la bande son donne à entendre des scènes de combat), qu’il n’est pas « une légende ». Le titre, très certainement ironique connaissant Eastwood et son anti-militarisme forcené, peut alors légitimement faire froid dans le dos : quelle différence entre ce sniper américain qui tue à tour de bras avec l’approbation des puissances occidentales et ce sniper irakien, méchant officiel de l’h(H)istoire ?

Il faut donc voir American Sniper non pas comme l’hagiographie d’un assassin mais comme le portrait d’un destin brisé dès le départ, dès l’enfance, sans que le principal intéressé s’en rende compte. Ou trop tard…
Le film se situe ainsi dans le prolongement direct du trop sous-estimé Jersey Boys, le précédent film d’Eastwood sorti l’an dernier : fausse success-story, vrai tragédie humaine. Avec une petite couche de noirceur supplémentaire : Kyle a beau avoir pris du recul, il n’est pas encore prêt à briser le cercle de la violence avec sa progéniture. Triste et terrifiant… Encore bravo et merci Clint.

Kingsman : services secrets – critique

KINGSMAN, l’élite du renseignement britannique en costumes trois pièces, est à la recherche de sang neuf. Pour recruter leur nouvel agent secret, elle doit faire subir un entrainement de haut vol à de jeunes privilégiés aspirant au job rêvé. L’un d’eux semble être le candidat « imparfaitement idéal » : un jeune homme impertinent de la banlieue londonienne nommé Eggsy. Ces super-espions parviendront-ils à contrer la terrible menace que fait peser sur le monde l’esprit torturé du criminel Richmond Valentine, génie de la technologie? (Allocine)

Kingsman
Je n’ai pas grand chose à dire sur ce petit bonbon assez mineur mais je tiens quand même à le dire car il ne t’aura pas échappé que 1. j’aime bien parler pour ne rien dire 2. j’ai lu des choses qui m’ont parues totalement à côté de la plaque et d’une grande mauvaise foi. Grande remise, le blog qui remet les pendules à l’heure (du thé).

Drôle, violent et cool, Kingsman, c’est un peu le fantasme de cinéma d’un adolescent de 15 ans en 2015. Enfin, j’en sais rien évidemment puisque majeur depuis quelques années maintenant, j’ai quelque peu perdu contact avec « les jeunes ». Mais j’imagine.
En tout cas, voici ce que ses détracteurs reprochent à Matthew Vaughn, son réalisateur : « sous Tarantino« , « misogyne », « irresponsable », « superficiel », soit autant de qualificatifs qu’ils substituent à ceux, plus flatteurs, qu’un ado utiliserait. C’est selon moi très injuste.

« Sous Tarantino » d’abord : mais c’est quoi au juste le style Tarantino ? Celui de Jackie Brown ? Celui de Kill Bill ? De Django Unchained ? J’ai l’impression qu’on en est resté à l’acception post Pulp Fiction du terme. Il y a plus de 20 ans donc… En tout cas Kingsman n’a rien à voir avec la mayonnaise, même Bénédicta comme dirait Seth Gueko.

« Misogyne » : oui, OK, le film se conclue sur une blague un peu grasse mais oh, ça va, pas de quoi alerter les Femen non plus. Et ce qui se noue précédemment, on en parle ? Le héros, jeune homme issu des quartiers défavorisés de Londres et accueilli avec animosité par les autres élèves de l’académie Kingsman issus eux, des classes très favorisés, ne trouve en effet appui et réconfort qu’auprès d’une fille (avec qui il n’aura pour autant pas d’histoire d’amour, c’est malin comme tout car c’eut été trop facile). Une fille qui, sans trop dévoiler de détails quant à l’intrigue, sera son alter ego, son égale. Bref : next.

« Irresponsable » : lors de la principale scène incriminée, Colin Firth, kingsman émérite, y dézingue une centaine de rednecks dans une église. Or, son personnage se trouve à ce moment précis sous l’emprise d’ondes meurtrières : ça a l’air couillon dit comme ça mais faut voir le film pour comprendre qu’on est pas vraiment dans une scène de violence exutoire et cool.

« Superficiel » : oui, là d’accord, évidemment. C’est pas Le Genou de ClaireLe Septième sceau ou Soy Cuba, c’est sûr. C’est « teen friendly » oui, on le comprend très vite. Et alors, du moment que c’est fait avec savoir-faire justement, et sincérité? Réalisateur du sympathique Kick-Ass (le 1er hein, le 2 est à chier) et de l’excellent 1er volet de la nouvelle franchise de prequels X-Men (tu suis?), Matthew Vaughn, jeune quarantenaire, est probablement en parfaite adéquation avec son public, où à l’idée que tout le monde s’en fait : gamer, gavé de séries, de séries B, BDs et pop culture en général.
Avec un petit atout non négligeable dans sa manche quand même par rapport à la masse de réalisateurs issus peu ou prou du même moule : Matthew Vaughn est anglais. Comprendre : élégant, ironique, pince sans rire. Élégant : voilà qui a son importance puisque bien entendu, les Kingsmen, ces disciples 2.0 de James Bond, soignent autant leur artillerie que leur apparence. Superbe défilé de montures Cutler & Gross et de costumes sur mesure des meilleurs tailleurs de Savile Row donc.

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Kingsman a du style, tout simplement, et le style, c’est important sur Grande remise. Tu devrais le savoir maintenant nom d’une pipe Peterson.

Et puis l’air de rien, le film nous fait gentiment exploser les élites de la planète dans une chorégraphie aussi psychédélique que subversive qui a fini de me convaincre. Kingsman, c’est drôle, violent, cool ET pas si con que ça en a l’air. J’ai dit.

Birdman – critique

À l’époque où il incarnait un célèbre super-héros, Riggan Thomson était mondialement connu. Mais de cette célébrité il ne reste plus grand-chose, et il tente aujourd’hui de monter une pièce de théâtre à Broadway dans l’espoir de renouer avec sa gloire perdue. Durant les quelques jours qui précèdent la première, il va devoir tout affronter : sa famille et ses proches, son passé, ses rêves et son ego…
S’il s’en sort, le rideau a une chance de s’ouvrir… (Allocine.com)

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Eh bah putain…

Je pourrais m’arrêter là en fait puisque ça s’applique à pratiquement tout ce qui m’est passé par la tête à l’issue du film : « eh bah putain, tout ça pour ça »; « eh bah putain, 4 Oscars pour ce truc?! »; « eh bah putain, quel personnage antipathique ce Iñarritu« ; « eh bah putain, elle a vraiment des yeux flippants en fait Emma Stone« . Etc.

Plus sérieusement (enfin…), je m’attendais pas à un film aussi cynique et désagréable.
Iñarritu veut-il en venir au fond ? Je pose légitimement et le plus sincèrement du monde la question puisque au vu de son dernier film, rien ni personne ne trouve grâce à ses yeux, et je ne sais réellement pas ce qu’il a voulu dire à part : les films de super-héros ? Tout justes bons à engraisser les nababs hollywoodiens et abrutir les masses. Les acteurs hollywoodiens ? Des pantins incultes dopés à l’admiration des foules (débiles les foules, bien entendu) et en quête de reconnaissance artistique. Les comédiens de théâtre alors peut-être ? Des divas hystériques et puériles en manque d’amour elles aussi. Les critiques? Des artistes frustrés, que dis-je, des êtres humains de la pire lâcheté qui préfèrent se réfugier derrière leur calepin plutôt que d’avoir le courage de monter sur une scène ou évoluer devant une caméra.

Je rappelle pour mémoire que le réalisateur mexicain est l’auteur d’œuvres aussi impérissables que le pontifiant 21 grammes ou la saga mondialo-fromagère Ba(by)bel. Ici, il se surpasse vraiment : cynique, aigri, condescendant, donneur de leçons (sa petite morale à 2 balles sur notre dépendance aux réseaux sociaux, mon Dieu…), Iñarritu nous fait la totale et j’ai peine à me souvenir de la dernière fois où j’ai assisté à un tel déversement de bile et d’ondes négatives. Pendant 2h, on se demande qui il va bien « sauver » de sa caméra vengeresse, ou au moins qui il va consentir, dans sa grande miséricorde, à pourvoir d’un semblant d’humanité.

On y croit, où on veut y croire, avec le personnage d’Edward Norton qui apporte un peu de légèreté, de verve, et oui, d’humanité. Mais ça ne dure pas et le réalisateur expédie son personnage avec un je m’en foutisme (au mieux) et un mépris (au pire) assez hallucinants.

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« J’ai bien vu que t’avais essayé de me niquer pendant le 4 à la suite, me refait plus jamais ça »

Merci quand même Edward, tu m’as fait regarder l’écran avec davantage d’intensité à chacune de tes apparitions.

En parlant de ça : première mention « petit chou Grande remise » de 2015 pour Naomi Watts ❤ Fallait que ça soit dit.

« C’est tout ? » C’est tout : je ne me fais évidemment plus d’illusions sur l’Académie des Oscars (ou des Césars) depuis bien longtemps et de toutes façons, la « concurrence » était tout aussi insignifiante. Mais couronner un film et un réalisateur qui portent un regard aussi méprisant sur le métier d’acteurs et l’industrie du spectacle, c’est vraiment n’importe quoi. Ca a du le faire jubiler en plus à ce con: « ha ha ils sont trop nazes, ils voient pas que je me fous de leur gueule ». La boucle est bouclée, tout va pour le mieux.

#39 The High Llamas – Beet, Maize and Corn

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On va pas se mentir : j’ai complètement perdu le fil de ce top 100. Alors je vais y aller mollo histoire d’avancer malgré tout et d’alimenter un peu ce blog moribond.

3ème album des High Llamas dans mon panthéon personnel donc. Il est entendu que j’aime passionnément tous leurs disques mais le groupe a selon moi enregistré 2 véritables chefs d’oeuvre : Hawaii et celui-ci, Beet, Maize and Corn.

Suite à son disque de transition (la précédente entrée du top, il y a pile 5 mois…) annonciateur d’un changement important, le groupe évoque ici beaucoup moins la côte Ouest des Etats-Unis que la côte Est, voire les rives de la Tamise : on relève trop peu souvent que Sean O’Hagan, grand passionné d’architecture et de paysages urbains autant que bucoliques, consacre l’essentiel de ses paroles à l’évocation de bâtiments, rues, quartiers londoniens. C’est particulièrement le cas ici, ça l’est encore sur les 2 albums suivants.

Musicalement, la tonalité générale est également à la Vieille Europe, à la désuétude. On est loin, trèèèèèèèèès loin du rock, de la pop même. Beet, Maize and Corn est un disque d’un infini raffinement, la musique d’accompagnement de quelque cocktail élégant et précieux des années 20. Une merveille absolue.

J’essaierai à un autre moment peut-être de consacrer aux High Llamas (et à Liam Hayes/Plush, Super Furry Animals, Wes Anderson, Will Ferrell) le billet qu’ils méritent mais aujourd’hui c’est tout ce que j’ai.