Tenu éloigné du niveau des pros, je reviens agile comme Bebeto

Guette ma technique
Je suis physique
Numéro 1 au class’ment des tcha-tcheurs.

Toutes les sélections ont joué 2 fois. On attaque aujourd’hui les derniers matchs de poule.

Groupe A

Roumanie 1-1 Suisse

Je me demandais : le surnom de Gerard Piqué, c’est « Shakiro ». Mais si c’est Shaqiri qui sortait avec Shakira, il pourrait pas avoir le même surnom, ça serait moins « drôle » non? Et puis Shaqiri de toutes façons, c’est presque le pluriel de « Shakiro ». Je me demandais ça.

France 2-0 Albanie

Pogba et Griezmann remplaçants à l’entame donc. Complètement guedin le DD : depuis qu’il doit mâcher sa viande avec des chicots, il en a plus rien à foutre de rien. Il est fort quand même le bougre, on a l’impression qu’il a changé son système uniquement pour être conforté dans son choix initial.
Bien aimé le maillot albanais, qui est leur maillot away, sobrement original. Dur pour eux, et pour la seconde fois…

Groupe B

Angleterre 2-1 Pays de Galles

Les mecs nous collent l’une des plus belles affiches du 1er tour un jeudi à 15h… Je sais bien qu’on peut pas contenter tout le monde, qu’il y a les hasards du tirage au sort, les impératifs télévisuels blablabla mais y avait pas moyen d’inverser avec Ukraine-Irlande du Nord par exemple? Et si c’est la télévision qui dicte sa loi, Angleterre-Pays de Galles, c’est vraiment moins intéressant qu’Allemagne-Pologne pour un prime time ? Tsssss… Bah du coup j’ai rien à en dire parce que j’étais au bureau et que j’ai pu le suivre qu’en pointillé.

Groupe C

Allemagne 0-0 Pologne

L’affiche préférée des profs d’Histoire, des humoristes pseudo-polémiques et des amateurs de Scrabble (« Bla-szczy-kows-ki. Voilà, mot compte triple: 864 points »). Vraiment pas mal cette équipe polonaise. Je crois même que c’est celle qui m’a le plus plu jusqu’ici avec la Croatie.
Chez les Allemands, un peu agacé par Toni Kroos: je l’adore hein, c’est pas le problème, c’est l’un des joueurs les plus classieux à l’heure actuelle. Mais si ces prestations avec le Real sont toujours satisfaisantes (Kroos, c’est le mec qui n’est JAMAIS mauvais), j’ai toujours le sentiment qu’il est un peu en dedans, qu’il pourrait donner davantage (Kroos, c’est le mec qui n’est JAMAIS décisif). Ce qu’il fait avec la Mannschaft, avec laquelle il crève l’écran à chaque prestation. A un moment, je crois que c’est Götze qui fait un centre en retrait un peu aveugle dans la surface, et Kroos arrive comme un mort de faim pour tenter de reprendre le ballon en le taclant. Je suis pas sûr que la position et le rôle dans l’équipe, un peu différents, expliquent tout… Hey Toni, j’aimerais te voir reprendre des ballons dans la surface adverse avec le Real aussi, merde !

Groupe E

Italie 1-0 Suède

C’est rigolo cette équipe italienne caricaturalement italienne mais faudrait pas que ça dure trop longtemps quand même.

Groupe D

République Tchèque 2-2 Croatie

Pendant 70 minutes je me suis régalé, vraiment et j’ai espéré encore plus fort que l’Espagne tape la Turquie ensuite, pensant que dans le cas contraire, ça serait vraiment coton de jouer sa qualification contre les Croates. Quels joueurs bordel… Ces mecs puent le foot, c’est incroyable. Et puis ils nous ont fait la spéciale Yougo : Modric qui sort à la 60ème comme s’il restait que 5 minutes et qu’ils menaient 4-0 (ok, il a préféré prévenir une blessure plus grave mais quand même), des supporters débiles qui se croient au stade Maksimir, un mental en mousse et hop, 2 buts de remontés. Mais c’est aussi pour ça qu’on les aime.

Perisic et sa carte de la Croatie. Qu'il a rasée.
Perisic et sa carte de la Croatie. Qu’il a rasée.

Espagne 3-0 Turquie

RE-GA-LADE. La cacamiseta Desigual contre la Croatie donc, puisque c’est cette dernière qui « recevra ».

Groupe E

Belgique 3-0 Irlande

Je me demande si les Belges ne sont pas tout simplement un peu nuls, en fait. Et c’est pas la branlée infligée à des Irlandais d’une faiblesse insigne qui me fera écrire le contraire. Sur le plan de l’expression collective, c’est d’une pauvreté… En tout cas j’ai complètement revu mon opinion sur cette sélection, qui faisait partie de mes favorites avant le début de la compétition.

Groupe F

Islande 1-1 Hongrie

Ca c’était vraiment une affiche de pervers… Du genre dont on ne retrouve le résumé que sur le darknet. Mais c’était pas mal, principalement en raison du public, très chaud et enthousiaste des 2 côtés, qui a su faire vivre le match.

Portugal 0-0 Autriche

Le Portugal, c’est un peu l’Espagne d’avant 2008, l’Espagne d’avant la gagne. Des individualités confirmées (on les connaît), des joueurs intéressants qui se révèlent à chaque nouvelle compétition internationale (André Gomes, William Carvalho ici), une grande qualité technique, de la cohésion, de la volonté… et aussi de la maladresse, de la malchance, des manques. Cette sélection a besoin d’un déclic et le problème c’est qu’on le sent pas venir.

Fratelli d’Italia, l’Itaaaaaaaaaliaaaaaaaaaa s’è deeeeeeeeeesta

Suite du débrief de l’Euro 2016 sur Grande remise au premier poteau. Toutes les équipes ont joué une fois.

Groupe D

Espagne 1-0 République Tchèque

Pas sûr que j’écrive beaucoup sur les matchs de l’Espagne, ce sont des matchs qui ont pour vertu essentielle d’anesthésier mon second degré et mon sens de l’humour. Voici donc, pour meubler, le maillot away de la Roja, une immondice probablement gerbée par un styliste cubiste de Desigual.

Non mais sans déconner.
Non mais sans déconner.

Groupe E

République d’Irlande 1-1 Suède

Dans les tribunes, le match qui sera cité en exemple à l’heure du bilan, l’anti Angleterre-Russie : d’un côté de beaux blonds propres et polis (les mecs semblent rangés en tribune, comme sur une étagère Billy), de l’autre de vilains roux à l’alcool joyeux, qui ont bien compris qu’il fallait faire le spectacle pour tenter de masquer l’inanité de leur équipe de foot. J’exagère un peu bien sûr, ils étaient pas si nuls que ça mais quand ton joker offensif se nomme Robbie Williams Keane, 76 ans, 482 sélections…

Belgique 0-2 Italie

Le défi du lundi c’était quand même d’arriver à caser l’épisode de Game of Thrones de la semaine au milieu de 3 matches. Comme dirait le héros de About a Boy de Nick Hornby, avec tout ça, je sais pas comment font les gens pour travailler (j’avais posé mon lundi, merci le Front Populaire).
Le fait du match, c’est le sort subi par la plus belle coupe afro du football international.

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Ouais, t’as fait une connerie là mon vieux.

Bon allez j’arrête de faire le malin: c’était LE match-frisson de ce début de compétition avec, comme d’habitude lorsqu’elle a une sélection faiblarde sur le papier, une Squadra Azzura incroyable d’unité, de volonté, d’abnégation et, au final, de qualité. Un exemple pour toutes les sélections mais particulièrement pour son adversaire du jour bien sûr, aux grandes individualités incapables ou presque d’une expression collective satisfaisante.
Enfin, dans ce Belgique-Italie en particulier, la preuve ultime que l’axiome  football offensif = de gauche / football défensif = de droite, ne tient pas une seule seconde. Le football de gauche, c’est définitivement le football défensif, qui fait appel aux vertus de sacrifice, de solidarité, d’organisation, de planification même. Le catenaccio sera le genre humain.

Groupe F

Autriche 0-2 Hongrie

Une affiche qui sentait bon la Mitteleuropa, Stefan Zweig, les monocles, le Vieux Monde et les valeurs surannées (oui, Sissi aussi). Un truc pour les dandys et les esthètes. Bon, on a pas atteint un tel degré de raffinement mais c’était une chouette confrontation. Et puis c’est très con mais j’adore, vraiment, quand un joueur va fêter son but avec les supporters. C’est une scène à laquelle on assiste de moins en moins, ça m’a fait très plaisir de la revoir.
Enfin, ce match m’intéressait pour le gardien hongrois, connu pour évoluer en bas de survêtement informe, ainsi que pour son grand âge pour un footballeur de haut niveau, 40 ans. Il y a dans le superbe bouquin que l’excellent Thibaud Leplat a consacré à Guardiola (Guardiola, éloge du style , après celui consacré à Mourinho), quelques lignes absolument magnifiques, sur ce point de bascule, crucial, bien connu de tous les amateurs de football qui se respectent, un instant tu et profondément intime, à partir duquel l’amateur de football donc, va nourrir une petite douleur sourde et diffuse, foncièrement mélancolique. Ce moment c’est celui qui voit ses joueurs favoris devenir irrémédiablement plus jeunes que lui. Avec ce moment s’envole un peu plus chaque année cette part d’identification bêta, de fantasme débile, mais essentiel encore, qui lui faisait pensait au fond que « ça serait encore possible de jouer finalement ». Thibaud Leplat non seulement met le doigt sur une caractéristique essentielle du fan de foot, sur un moment qui est celui d’une rupture définitive avec l’enfance, mais le fait de manière extrêmement fine et délicate.
Et donc voilà, cet Autriche-Hongrie m’a rappelé que j’avais 43 ans, que mes joueurs favoris étaient beaucoup plus jeunes que moi depuis bien longtemps mais que lui, Gabor Kiraly, avait « seulement » 40 ans.

Et en plus il est chauve.
Et en plus il est chauve.

Portugal 1-1 Islande

Une affiche qui sentait pas bon le poiscaille : bacalhau vs atlantshafsporskur. La morue quoi.
Une image, géniale, au cours de ce match : après le but de Nani, tous les joueurs portugais se retrouvent autour de lui pour le congratuler et célébrer l’ouverture du score. Joao Mario s’approche de la mêlée et, ne pouvant atteindre le principal intéressé, tend sa main vers Cristiano Ronaldo, en mode high five, tout en marquant un léger temps d’hésitation, jusqu’à ce que Son Altesse Sérénissime le tolère d’un hochement de tête, lui signifiant par là même son consentement: « mouais ok, vas y, tape m’en 5 toi aussi ». Génial.

Oh les champiooooooons, oooooooon est tous ensemble

Puisque c’est l’Euro
Puisqu’il a lieu en France
Puisqu’il faut varier les plaisirs
Et puisqu’il est plus facile et rapide d’écrire n’importe quoi sur du foot que des choses intelligentes sur Julieta ou Elle, j’ai décidé cette fois-ci de balancer mes réflexions sur chacun des matches que j’aurai maté. En somme, pendant un mois, Grande remise devient Grande remise du plat du pied.
Bon, on verra si j’arrive à m’y tenir parce que je compte en mater beaucoup.

Bilan du weekend :

Groupe A

France 2-1 Roumanie

Alors oui, c’était juste UN match, c’était juste la Roumanie mais ça faisait très longtemps que j’avais pas vu un joueur survoler les débats de cette façon. Chacune de ses interventions était décisive. En mode Zidane contre le Brésil en 2006 le Payet.
Big balls on la Dèche qui n’hésite pas à sortir ses 2 stars supposées (Griezmann et Pogba, bien contrariés tous les 2) pour laisser toute la place à l’homme du jour (Dimitri Payet donc), permettant également à ses 2 juniors de remettre en cause la hiérarchie supposée (Kingsley Ronald Coman ça va ? et Anthony David Martial Gayant, tous les deux bien en canes).
Défense über-lolesque quand même. Et ça n’était donc « que » la Roumanie.

"J'ai pas touchaõ"
« J’ai pas touchaõ« 

Albanie 0-1 Suisse

Christian Jean-Pierre aux commentaires nom de Dieu ! The C to the J to the P ! Pensais qu’il avait été viré moi. Il m’a pas manqué sur le match de la France, faut pas déconner mais je lui souhaitais pas le chômage non plus le pauvre. Seulement, vicieuse, la direction de TF1 lui a collé Rudi Garcia dans les pattes. Je l’aime bien Rudi Garcia, y compris pour des raisons extra-patronymiques mais il est bavard le bougre. Très bavard. On entendait plus que lui ! A la limite de la logorrhée même. Pauvre CJP… Il galérait avec les réponses mono-syllabiques d’Arsène Wenger, on lui colle son exact opposé. Next stop, Eurosport.

Groupe B

Pays de Galles 2-1 Slovaquie

Manifestement décidés à laisser leur empreinte sur la compétition, les Slovaques mettent la barre très haut, entre un maillot immonde et quelques mines moyennement kawaii qui n’auraient pas dépareillé les contingents de bad guys dans 24h Chrono.
Et ça s’est traduit sur le terrain par une vraie défense de bouchers, notamment de Skrtel. Incompréhensible qu’il ait pu terminer le match (il a seulement pris un jaune… à la 92ème minute !). Content donc pour le Pays de Galles et pour son magnifique public. Touchant aussi de voir la joie de Gareth Christian Bale de jour (oui, ça va être ça pendant un mois) au coup de sifflet final, comme s’il venait de remporter la Ligue des Champions.

Profession : défenseur central / équarrisseur de chatons mignons.
Martin Skretl, profession défenseur central / équarrisseur de chatons mignons.

Angleterre 1-1 Russie

Malgré Denis Balbir et Jean-Marc Ferreri aka la pire doublette de commentateurs à l’Ouest de Thierry Roland, un chouette mach, intense et plein d’allant. Quelle ambiance de dingo sur le but de l’Angleterre nom de Dieu ❤ Je trouve toujours cette sélection foireuse et surestimée (même si cette année…) mais bordel, on lui doit toujours des moments sublimes. Angleterre-Pays de Galles jeudi après-midi va être génial ! (tous en RTT).

Groupe D

Turquie-Croatie

Affiche silky smooth entre les bouillants turcs et les esthètes croates. Les Vrais savaient, ils étaient devant leur écran. Et… ils se sont un peu fait chier. Beaucoup d’intensité, d’engagement mais un jeu beaucoup trop hâché. Très content que Modric ait marqué, c’est mon jouôr préféré depuis le départ de Mesut Özil à Arsenal (comment t’as pu me faire ça Mesut?). Crochets, accélérations, jeu long, extérs : il a encore régalé le David Guetta des Balkans.

"Quelle belle image !"
« Quelle belle image ! »

A noter enfin qu’au Challenge Grande remise de la coupe de cheveux la plus dégueulasse, le croate Perisic a pris une longueur d’avance : en effet, le facétieux latéral s’est fait dessiner sur les tempes, d’un côté son numéro, le 4, et de l’autre, la carte de la Croatie. N’importe quoi.

Groupe C

Pologne 1-0 Irlande du Nord

Je suis allé voir Ma Loute en fait.

Ah ben non, je suis allé voir Ma loute en fait.

Allemagne 2-0 Ukraine

Les futurs champions d’Europe en rodage. Deutsche qualitat. Tellement carré, tellement allemand que j’ai rien à dire en fait.

Le roi de France

Je rédige rarement des billets informatifs car je pars du principe qu’ici c’est chez moi et que ça doit être un endroit qui me ressemble autant que possible. Et puis si c’est de l’info que tu cherches, on est sur Internet mon vieux, et j’imagine que tu sais te servir de Google.

Mais je fais une exception aujourd’hui pour présenter un garçon et des chansons qui me tiennent particulièrement à cœur.

Lafayette
Lafayette

J’ai découvert comme tout le monde celui qui se présente donc sous le nom de Frédéric Lafayette par sa trilogie amoureuse (Eros automatique / Mauvaise mine / La glanda).
Mais Eros automatique n’est pas son premier morceau : il s’agit en réalité des Dessous féminins, toujours indisponible à ce jour autrement que via son video clip .

Je crois que c’est l’un des fondateurs du magnifique label Entreprise, qui abrite Lafayette donc, mais également Moodoïd, Bagarre, Fishbach ou Mehdi Zannad, qui parlait à son sujet dans une interview d’ « hyper variété ». Et c’est à mon sens très juste : c’est chanté en français, ça flatte l’oreille bien sûr, mais d’une manière plus subversive que s’il s’agissait de pop stricto sensu, ça parle aux novices tout autant qu’aux music nerds les plus exigeants. Et dès Les Dessous féminins, tout Lafayette est là : précision des mots, détachement élégant et manifeste mais de surface puisque la légèreté masque toujours une certaine mélancolie. La musique populaire française dans ce qu’elle a de meilleur sur un axe qui irait de Jacques Dutronc à Bertrand Burgalat en passant par Etienne Daho ou Jacno.

Lafayette a donc en réalité débarqué via sa trilogie amoureuse, avec tout d’abord Eros automatique, en compagnie de l’über-sursublimissime Alka Balbir (fille de l’insupportable Denis « buuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuutt !!! ah non, ça passe à côté » Balbir).

Plus synthétique, il pose Lafayette en digne héritier des jeunes gens modernes de la fin des années 70, l’esprit pop en prime.

« Si j’pense à toi mon amour
A un détail symbolique
J’revois toujours tes dents un peu asymétriques
Ivoire aux bords coupants
Qui m’a vampirisé
Dont je cherche le mordant dans mes nouveaux baisers »

Joli hein? Joli ET malin.

Second volet de sa trilogie, Mauvaise mine et son clip très Les Nuits de la pleine lune de Rohmer :

Sur les pas d’Eros automatique, et en compagnie cette fois de Liza Manili, il creuse le sillon d’une electro pop à la fois ironique et touchante, drôle et délicate : « Dis moi qu’tu vois pas quelqu’un / Ou plutôt non, ne dis rien / Dès demain j’me prends en main ».

Troisième et dernier volet de la trilogie amoureuse, La Glanda:

Et là mon vieux, LA, ça déconne plus.
Entendons-nous bien : tout ce qui précède est charmant, malin, drôle, touchant, brillant même mais selon moi, avec ce titre, on passe à un niveau encore supérieur. La Glanda c’est tout simplement LE slow et LA chanson de l’été de ceux qui désespéraient d’entendre un jour un titre à aimer sans entraves, dans un genre pourtant dévolu aux grosses scies baveuses (mais pas toujours désagréables, on est d’accord).
« On fout rien, on est bien, ça nous va la glanda » : là aussi, ça commence comme une petite blague mais on comprend très vite que ça va bien au delà. Sur La Glanda, Lafayette se mue en Polnareff post-moderne pour narrer avec élégance toujours et beaucoup de pudeur, ces instants magiques et parfaits vécus au cours d’un été qu’on jurerait sans fin.

Après… outre cet aspect universel qu’il a su saisir et retranscrire avec une finesse et une délicatesse infinies (la magie fugace d’un été parfait donc), il y a dans La Glanda une production ouatée et moelleuse, une pâte electro-acoustique héritée des 70s mais intemporelle, une forme d' »hyper variété » là encore, qui en ont fait pour moi un classique instantané et, à titre personnel, une de ces chansons-compagnons qui m’accompagnent sur de nombreuses années. Je trouve ce morceau absolument parfait et il me touche énormément, tout simplement.

L’an dernier, il y a « juste » eu cette petite chose :

Un remix de l’excellent Le chrome et le coton de Jérôme Echenoz. J’aime bien le titre original, j’aime bien également l’album de Jérôme Echenoz, mais sans vouloir lui faire offense, cette version élève sérieusement le morceau, le transposant sur le terrain d’un lyrisme rentré qui le rend assez ébouriffant.
Accessoirement, ça te dit peut-être quelque chose : la chanson a en effet été utilisée pour une pub (Citroen DS 3).

Aujourd’hui, Lafayette revient donc avec un nouveau simple, La mélancolie française :

Et il semble à nouveau s’être réinventé, donnant à son titre une ampleur inédite (hors le remix ci-dessus). Lafayette y incarne pleinement, tout autant qu’il s’en amuse, sa nature essentielle d’artiste français, convoquant des figures bigger than l’Hexagone pour mieux les liquider. Brillant, encore.

La mélancolie française pourrait bien être à Lafayette ce que France Culture fut à Arnaud Fleurent-Didier il y a quelques années: un titre somme, étendard, programmatique, définitif, en même temps qu’un sésame pour l’univers du grand public (toutes proportions gardées évidemment).
On verra. C’est en tout cas tout le mal que je lui souhaite car je pense sincèrement que ce garçon possède un talent rare et précieux que je trouverais dommage de ne réserver qu’à un nombre restreint d’esthètes et initiés. Et ce que je te souhaite à toi, et à moi par la même occasion, c’est un album, et vite parce que ça commence à faire long !

1 réflexion pendant l’épisode 6.02 de Game of Thrones

2ème épisode de la saison, 2ème séquence « fuck yeah » donc. Peu importe qu’elle fut attendue, écrite bien à l’avance voire qu’elle se déroulât quasi exactement comme quasi tout le monde le pensait (Lady M. aux manettes) : c’était bon nom de Dieu !
Et puis Tyrion qui revient en force (magnifique scène avec les dragons), Ramsay qui s’affirme encore un peu plus, comme si besoin était, comme LE salopard qui fait pâlir de jalousie Belzébuth,  Luis Suarez et Gordon Ramsay réunis, Daenerys qui est aux abonnées absentes, Jaqen « sexy Jesus » H’Ghar qui fait sa 1ère apparition de la saison : Gaaaaaaaaaaaaame of Thrones baby !!!

46 réflexions devant le season premiere de Game of Thrones

– Tam TatatatAm TatatatAm TatatatAm TatatatAm : Game of Throooooooooooooooooooooooooones!!!

game-of-thrones

– Je suis à bloc.

– Je ne chante absolument pas le générique.

– Le générique le plus long du monde.

– Tam TatatatAm TatatatAm TatatatAm TatatatAm

– Bon, il est mort? Il est pas mort?

– Naaaan il est pas mort.

– A l’heure qu’il est, la trace de sang laissée par son corps sur la neige doit déjà faire l’objet de théories plus improbables les unes que les autres.

– Il est mort putain…

– « She smelled of dog »: Ramsay va essayer de nous faire pleurer. A sa manière, mais quand bien même.

– « Feed her to the hounds » : ok, ça sera pas encore pour cette fois donc.

– Eh ouais misérable petit cafard, tu ne seras jamais qu’un bâtard aux yeux de ton père.

– « It’s too cold, I wont make it, I’ll die » (Sansa et Theon devant la rivière gelée qu’ils doivent traverser)

– Ah ben c’était pas si froid que ça finalement: on les retrouve après un bon gros cut, comme si de rien n’était.

– Oh Theon qui serre Sansa dans ses bras… Première séquence émotion de la saison.

– Voilàààààààààà, c’eeeeeeeeeest ça, envoie Sansa à Châteaunoir, là où elle se retrouvera encore livrée à elle-même. Putain, le calvaire de cette pauvre fille ne connaîtra donc jamais de fin?

– Fuck yeah Lady Brienne!!!!

– Et Podrick!!!

– Défoncez moi tout ça nom de Dieu!!! Youhou!!!

– Ce bon Podrick, non content de savoir manier sa queue, sait donc également manier l’épée. Good boy.

– Je me souvenais plus exactement qui avait poignardé Jon Snow mais les talents de niqueur de Podrick, ça je m’en souviens bien évidemment.

– Nom de Dieu de bordel de merde, c’était bon ça! C’est pas comme si Game of Thrones nous noyait sous les séquences jouissives pour le spectateur ET pour nos personnages favoris…

Sansa semble désormais entre de bonnes mains : le bout du tunnel?

Cersei mon amour.

Port-Royal, cité la plus puissante de tout Westeros mais j’ai le sentiment qu’à chaque fois qu’un bateau y accoste ou en part, ça se passe dans ce petit port de rien du tout.

– The neverending loose… Mais ça va chiiiiiiiiiiiieeeeeeeeeeeeer maintenant que Jaime est rentré!

– C’est quoi cette histoire de sorcière en revanche? Complètement oublié ce truc…

– On s’en fout un peu de la reine Margaeri non? J’avais complètement oublié son existence à elle aussi.

– Vas-y pour démêler ses cheveux quand elle sortira de prison.

– Aaaaaaaaaaalleeeez, 1er décanillage d’un personnage important (le roi de Dorne)

– Mais quelle salope celle-là nom de Dieu.

– Fais chier je l’aimais bien lui. Fragile, sensé, sensible: il pouvait pas faire long feu mais sa mort est quand même super inattendue.

– Et allez, deuxième dézingage (son fils). Un peu gratuite cette scène en revanche.

VarysTyrion: ça ronronne gentiment entre les 2 esthètes.

JorahDaario, l’amoureux malheureux / l’amant comblé, duo classique. A voir.

– C’est l’île de Skye ça non? Première fois en 51 épisodes qu’un décor naturel aussi aisément identifiable est filmé.

– Elle me gonfle Daenerys, en fait.

– Elle est longue cette séquence… Me gonflent les Dothraki, aussi.

– Yeaaaaaaaaaah Lady M.

– J’ai compris : Lady Melisandre va ressusciter Jon Snow par la seule puissance de sa nudité. Habile.

– L’intro de Let’s Go Away For A While / le but d’Iniesta en finale de la coupe du monde / la place du Pantheon à Rome / les seins de Carice Van Houten.

– Mmmmh… c’est quoi ce reflet bizarre dans le miroir?

– Hein????

– Nom de Dieu de bordel de merde.

Shining.

– Et elle se fout sous la couette, tranquilou.

Bon ben c’était super! Un épisode de reprise assez exemplaire, qui expose tous les enjeux, de tous les personnages principaux, de manière extrêmement méthodique, avec une grande logique (Chateaunoir, puis Sansa, puis Ramsay etc etc pour revenir à Chateaunoir en guise de conclusion) et un super sens du rythme. Exemplaire.
Ca m’a fait tout de drôle de ne pas pouvoir enquiller un 2ème épisode en suivant et l’attente qui naît sur le générique de fin rend évident que cette série est une putain de grande réussite sur cet aspect précis, essentiel : une fois achevé, on attend avec énormément d’impatience l’épisode de la semaine suivante. C’est l’essence même d’une série feuilletonnante et c’est ça qui est bon !

Avertissement 2

Suite au succès de mon précédent message de mise en garde (vous étiez plus de 1 à me réclamer un deuxième volet), voici une mise à jour des termes et expressions passibles d’extradition, ou, au minimum, d’une exécution en place publique :

What else?

Impactant

Qui va bien

Raconter une histoire – « Ce que j’aime chez ce cuisinier, c’est que chacun de ses plats raconte une histoire »

Ca, c’est fait!

Se mettre en danger

…ou pas – « Bon bah ça c’est fait… ou pas! lol »

Bonne fin d’appétit

Température ressentie

Yesssssss!!! (bonus poing serré)

Butternut

La session de rattrapage 10

Aujourd’hui, du lourd.

Winter’s Bone

Il passait directement après Sunset Boulevard donc je me suis dit, hey, pourquoi pas? Il me semblait en avoir eu/lu de bons échos en fait même si j’étais plus très sûr de quoi il s’agissait.
Bon, c’est donc l’histoire d’une adolescente interprétée par une (très) jeune Jennifer Lawrence qui doit s’occuper de sa mère quasi-catatonique (on ne saura jamais ce qui lui arrive/est arrivé) et de ses 2 jeunes frère et sœur, après que son père, petit margoulin redneck notamment fabriquant de méthadone, est porté disparu suite à sa sortie de prison. Précision importante : l’intrigue se déroule dans les inhospitaliers monts Ozarks, petite chaîne entre le Missouri et l’Arkansas à côté desquels les décors de Delivrance ou de Justified font office d’aimable parc d’attraction.

Je suis de moins en moins fan des films « sociaux »ou des films naturalistes, peu importe la manière dont on les désigne, qu’ils soient français, américains ou autres mais ici, la rigueur documentaire alliée à une intrigue à la forte puissance d’évocation, emporte le morceau. On songe évidemment un peu à la Nuit du Chasseur, référence inévitable de toutes les histoires américaines d’enfants perdus, et c’est précisément lorsque le film crée de la fiction, avec une atmosphère tirant vers le fantastique, qu’il convainc le plus. La Lawrence est très bien, et on a le plaisir de retrouver dans un second rôle important l’excellent John Hawkes dont le physique de hillbilly émacié a notamment été vu, et apprécié dans Eastbound and Down (il y interprétait le frère de Kenny Powers).

L’Enfant sauvage

Je l’avais vu il y a très longtemps, lorsque j’étais enfant je pense, autant dire que ce fut une redécouverte totale même s’il m’en restait des images fortes. C’est évidemment magnifique. Je n’ai honnêtement pas grand chose à dire de plus tellement le film est limpide, évident. Presque documentaire, collant au plus près au journal tenu par le Docteur Itard, il nous dit simplement, sans pathos, sans porter de jugement, que vivre dans le monde des hommes est une chose magnifique et terrible à la fois.

« Aujourd’hui, Victor a pleuré pour la première fois ». Magnifique.

Sunset Boulevard

La chair est triste, ok, mais je suis loin d’avoir lu tous les livres. En revanche, j’ai écouté tous les disques ou presque.  Je veux dire, tous les disques qui comptent : Revolver, Pet Sounds, Exile On Main Street, Autobahn, Blonde On Blonde, London Calling, tous les Grands Disques, ceux qui sont plébiscités à la fois par le public et par la critique. Et j’ai également vu tous les Grands Films : Citizen Kane, Le Voyage à Tokyo, La Dolce Vita, La Prisonnière du Désert, La Maman et la Putain, tous les classiques du monde cités dans tous les tops et les classements du monde. A l’exception notable de Sunset Boulevard. Je me suis donc retrouvé dans une position que je n’avais plus connue depuis des années et que je ne connaîtrai peut-être plus jamais de ma vie. C’est une sensation étrange…

Bon, quelques mots sur le film quand même, avant d’aller me tirer une balle dans le cul : on est évidemment « in the presence of greatness » comme disent les anglo-saxons, ça se discute difficilement il me semble. J’ai donc évidemment trouvé ça génial, je n’ai pas été déçu le moins du monde. Ce qui m’a le plus emballé et touché c’est que malgré ce regard ironique et sans concessions qui participe beaucoup de la modernité du film et qui lui confère son statut de classique, de Grand Film encore, c’est que constamment, la tendresse et la bienveillance l’emportent (par rapport à l’industrie, au personnage de Gloria Swanson). Distance/empathie, premier/second degrés, classicisme/post-modernisme, c’est fort de parvenir à concilier les 2 à la fois. Enfin, je sais pas si c’est fort mais c’est une chose à laquelle je suis très sensible. Au cinéma, dans la musique et dans la vie même serais-je tenté de dire. Donc je le dis.

Mulholland Drive

Je l’ai vu 4 fois en salles à sa sortie (performance inédite et inégalée, et qui le restera je pense) et je ne l’avais pas revu depuis.
Je vais pas en faire des caisses ni des tartines, c’est évidemment l’un des plus beaux films du monde et, peut-être, le dernier Grand Film, le dernier équivalent à Vertigo, Sunset Boulevard, La Prisonnière du Désert, tous ces films qu’on trouve régulièrement dans les classements des meilleurs films de l’Histoire du cinéma. Je réfléchis, je n’en vois pas d’autre sur ces 15 dernières années. Un film mythique au sens propre i.e. qui appartient à un mythe (ici Hollywood, envisagé comme tel à chaque seconde), qui est plus ou moins irréel mais aussi idéalisé (ou « cauchemardisé » parfois). Et bien sûr qui est devenu lui-même un mythe à part entière.

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En ayant visionné les 2 films quasiment à la suite, ce qui m’a frappé c’est à quel point Sunset Boulevard m’a fait penser à Mulholland Drive, alors que l’inverse, pas du tout. C’est à dire que Lynch a tellement intégré et digéré le film de Wylder que son influence ne se fait jamais sentir de manière évidente ou manifeste (sauf peut-être lors de ce plan de l’entrée des studios Paramount). C’est fort ça…

Après, avec le recul, il apparaît encore plus évident que Mulholland Drive constitue à la fois « le bout du chemin » pour David Lynch, c’est à dire le film qui va à la fois réunir tous ces précédents films en les transcendant, et un moment de grâce, de transcendance précisément, absolu. Et cette grâce explose véritablement dans ces instants purement lynchiens au cours desquels le temps est suspendu, où l’on a la sensation de toucher du doigt un absolu, quelque chose de l’ordre de l’Éternité ou même du divin : la scène du baiser et son définitif « I’m in love with you », la scène du « secret path » à la fin, portée par le lyrisme du thème d’Angelo Badalamenti. Ces 2 scènes là… Pfiou… C’est une chose de créer de l’émotion, c’en est une autre de la créer et de la rendre palpable à la fois pour les spectateurs, pour les personnages et probablement pour les acteurs eux-mêmes lors du tournage.

Les quelques boni du DVD (un bonus, des boni) m’ont également rappelé que Mulholland Drive a d’abord été envisagé comme le pilote d’une série, que le projet a été annulé et que Lynch a rebondi en le transformant en long-métrage… un an et demi après les premiers tours de manivelle ! Faire d’un obstacle, d’une impasse même une opportunité créative, laisser sa part de hasard à un projet aussi méticuleux et aussi maîtrisé en apparence, voilà peut-être la preuve ultime de son génie en même temps qu’un geste lynchien définitif.

Un mot enfin, au sujet de Naomi Watts, dont la performance est au-delà de l’éloge. Là aussi, Lynch a su faire de son 1er premier rôle un moment de grâce qui va au-delà de la mise en abyme. Elle a fait une belle carrière depuis mais ce que qu’elle donne dans ce film putain… C’est miraculeux. Mais tout le film est miraculeux évidemment.

Commentaires sur Game of Thrones – suite et fin

Je suis donc arrivé au bout de mon marathon Game of Thrones. Me souviens plus ezactement quand j’ai commencé mais c’est allé vite. Très vite. J’ai enquillé nom de(s) (7) Dieu(x).

Quelques réflexions donc. J’essaie de pas spoiler mais bon…

J’ai fait un premier bilan au bout de 25 épisodes (il y en a 50 en tout) soit à la moitié de la saison 3. Evidemment, je ne savais pas que la fin de cette saison 3 marquait un tel tournant dans la série : l’épisode du « red wedding », inattendu, brutal, choquant même, marque la fin de GoT première version, un peu de la même manière que la confession de Don Draper à Betty à la fin de la saison 3 de Mad Men marquait une sorte de point de non retour.

Les Stark définitivement (?) hors circuit, la série n’est donc plus vraiment centrée, ou plus seulement, sur la lutte pour le pouvoir. Elle doit se réinventer.
Elle fait donc le choix de laisser de côté un fil rouge (Stark vs Lannister en résumant) pour assumer totalement une narration éclatée avec plusieurs protagonistes principaux, même si les Lannister demeurent au centre des débats, aussi bien niveau intra qu’extradiégétique.

J’aime bien cette réorientation : la série devient moins politique, moins shakespearienne si on peut dire et elle tend davantage vers le conte horrifique. J’aime ainsi beaucoup tout ce qui tourne autour des jeunes enfants Stark depuis qu’on les sait absolument livrés à eux-mêmes : la série joue à merveille sur le ressort de leur impossible réunion sans pour autant que cela confère à de la cruauté, à un jeu gratuit avec les nerfs du spectateur. Du coup, chacun d’eux vit sa propre série d’épreuves, son propre roman d’apprentissage, qui confine parfois à une descente aux enfers. Je pense évidemment à Sansa, ballottée et malmenée selon le bon vouloir de ses bourreaux successifs et désormais aux mains de ce qui ressemble quand même d’assez près à un ogre. En tout cas une saloperie de raclure intergalactique de très très haut niveau. Le mystère reste entier en revanche quant au destin du plus jeune, celui qui voyageait avec Bran et qui est partie avec la Sauvageonne. Il sent le come back kid à plein nez celui là.

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Tiens bon choupinette, la routourne finit toujours par tourner.

Question bad karma toujours, le parcours de Cersei se pose également un peu là lors de cette seconde partie. D’abord manipulatrice incestueuse, sa disgrâce la voit s’incarner en mater dolorosa trash puis en martyr expiatoire de tout Port-Royal voire de tout Westeros, voire de toute la gameofthronosphère : la séquence de son chemin de croix inversé (puisqu’il il s’achève sur le Golgotha rassurant du Donjon Rouge) est quand même très puissante…

C’est d’ailleurs sans doute dans sa radicalité que la série franchit le plus de paliers : les scènes violentes, parfois réellement spectaculaires, se multiplient (coucou Prince Oberyn); les scènes de violence psychologique marquent elles davantage encore les esprits : en vrac et parmi les plus marquantes pour moi, tout ce qui touche aux enfants Stark ou à Cersei Lannister donc mais aussi Reek ou Stannis Baratheon, sorte de pendant masculin de Cersei; je pense également à la scène véritablement glaçante du bordel au cours de laquelle Meryn, le soldat de la Garde royale qu’Arya Stark va tuer, choisit ses proies… Radical également mais dans la démarche cette fois, l’épisode intégralement dévolu à l’attaque du Mur par les Sauvageons puis celui du rapatriement de ces mêmes Sauvageons et de l’attaque surprise des White Walkers, qui n’ont rien à envier en termes d’intensité et de mise en scène à certains longs métrages. Disons, pour faire court, que Game of Thrones ne fait pas les choses à moitié. Et c’est évidemment pour ça que que c’est aussi bien et que ça marche aussi fort.

Un truc totalement anecdotique enfin, mais marrant. Le dénommé Daario Naharis alias le nouveau boy toy de Daenerys, ressemble à ça à la fin de la saison 3 :

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Et quand on le retrouve au début de la saison 4, tadaaaaaaaaaaam :

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C’est la première fois que je vois un truc de ce genre (remplacer un acteur par un autre pour interpréter le même personnage) dans une série qui ne soit pas une télé-novela. Ni les Feux de l’Amour. Je te parlerai des Feux de l’Amour un jour, tu verras. Mais ils ont bien fait de changer, le premier avait vraiment un physique insupportable.

Grosse régalade en somme, je regrette pas du tout de m’être lancé dans ce marathon. J’aurais du mal à placer Game of Thrones au même niveau que Lost, les Sopranos, Mad Men ou Curb Your Enthusiasm dans mon Pantheon personnel car la série me parle de manière moins intime mais en termes de qualité, c’est vraiment impeccable. Super hâte que la saison 6 démarre !

Pour conclure, mon top personnages, sérieusement chamboulé :

1 Jaime Lannister

J’ai posté mes premières impressions au moment précis où son personnage prenait un virage à la fois radical et naturel : son cynisme ne pouvait être que de façade, masquant forcément une âme romantique. Le mec arrive quand même à te faire chialer quand il se dévoilé à la fille qu’il a eu avec sa sœur. Costaud.

Jaime-Lannister-Game-Of-Thrones-HBO
Gossbo


2 Cersei Lannister

Cheveux longs/cheveux courts, robe de satin/robe de bure/pas de robe : cette femme est parfaite en toutes circonstances. J’aime. A part ça évidemment, c’est LA salope, c’est entendu. Mais d’après ce que suggère la bande-annonce de la saison 6, je pense qu’on a encore RIEN vu nom de Dieu.

Toi là sur la gauche, tu vas en chier ma pauvre.
Toi là sur la gauche, tu vas en chier à un moment donné, c’est sûr.

3. Jaqen H’Ghar

Ouh il me plaît lui… Il se passait toujours quelque chose quand il apparaissait parcimonieusement et maintenant qu’on le voit un petit peu plus, c’est encore mieux : qui est-il ? Quel est cet endroit exactement (dans lequel Arya Stark a trouvé refuge)? Que fait-il exactement de ce pouvoir extraordinaire ou que va-t-il en faire? Il soulève beaucoup de questions hyper excitantes.

Charisma level : 99
Charisma level : 99


4. Stannis Baratheon

Le Cersei masculin donc. Le mec qui a tout faux en tout cas, toujours. La scène du sacrifice de sa fille purée… Magnifique personnage de tragédie. Et puis je trouvais l’acteur excellent, super charismatique.

stannis-baratheon
Et une mauvaise décision de plus, une.


5. Ser Jorah

Là c’est mon côté fleur bleue et amateur de beautiful losers qui s’exprime évidemment.

jorah

Tyrion Lannister, anciennement neumbeur ouane, disparaît du classement car moins présent, surtout dans la saison 5. Et puis il appartient finalement aux personnages dont le caractère et la personnalité évoluent peu. Bon, faut dire qu’il est assez irréprochable depuis le tout premier épisode.

Sinon, côté… euh… côté… comment dire… côté tu-m-as-compris, pas de grosse révélation. La série se calme vraiment là dessus à partir de la saison 3 (la fermeture du bordel de Lord Baelish y est pour beaucoup) et il n’y a guère plus que Carice Van Houten aka Lady Melisandre pour donner de sa personne.

Moi aussi je peux montrer des nichons sur mon blog de manière totalement gratuite
Moi aussi je peux montrer des nichons de manière totalement gratuite sur mon blog

Toujours un peu de mal avec Daenerys, à tout points de vue. On la quitte en fâcheuse position, et les quelques images la concernant dans la bande annonce de la saison 6 suggère que les auteurs se sont décidés à la sadiser en lieu et place de la pauvre Sansa. A voir. Et je réalise à ce moment précis que je viens de suggérer que ça me ferait plaisir qu’elle soit sadisée alors que pas du tout mais c’est trop tard, le mal est fait donc je vais vite mettre un terme à ce billet.

Reprise le 24 avril mes p’tits chatons !

La session de rattrapage 9

J’ai encore été malade quelques jours, voici donc une nouvelle salve de films vus ou revus à la maison:

Blue Jasmine

Parmi les derniers Woody, c’est sans doute celui que j’avais le plus envie de voir. C’est chose faite depuis sa diffusion télé il y a peu (un dimanche soir, juste après Anaïs Baydemir).
Bon, c’est pas mal, voire pas mal du tout. Néanmoins j’ai le même sentiment qu’avec son dernier en date, L’Homme Irrationnel : c’est un peu bâclé, pas assez fouillé. C’est pas mal mais ça aurait pu être super. C’est très noir sur le fond mais on a le sentiment qu’il n’ose pas y aller à fond et c’est dommage. Ceci étant, la conclusion est vraiment glaçante mais sa noirceur irrémédiable tombe de manière un peu trop abrupte. Enfin, je trouve.

BLUE-JASMINE
Une qui ne fait pas les choses à moitié en revanche, c’est la Blanchett. Je ne compte pas spécialement parmi ses admirateurs, ni parmi ses détracteurs d’ailleurs, elle m’indiffère plutôt à vrai dire, mais là, elle force le respect. J’ai toujours une certaine admiration pour les acteurs qui n’ont peur ni du ridicule, ni de s’enlaidir ou en tout cas de se montrer sous leur meilleur jour, y compris physiquement (c’est peut-être un peu idiot mais ça n’est pas si fréquent que ça lorsqu’on y regarde de plus près) et là, on peut dire qu’elle y va à fond.

Le Monde de Charlie

Ca c’est vraiment pas terrible, alors que le film bénéficie d’une réputation assez flatteuse. Je dirais même que tant sur le fond que sur la forme, c’est pas gégéne.
Le Monde de Charlie serait donc un teen movie osé et sensible, une réussite du genre. Alors oui, bien sûr, le film fait le portrait des outcasts ou des freaks du lycée, peu importe comment on les désigne, de ceux qui ne sont ni dans l’équipe de football ni dans celle des cheerleaders, qui sont homosexuels et/ou excentriques et/ou fan des Smiths et/ou trop sensibles etc etc. Déjà vu à maintes reprises mais pourquoi pas. C’est sans relief et hyper clicheteux dans la description du malaise adolescent (description à tendance esthétisante) mais bon, passons. Sauf qu’ici, point d’aspiration à la singularité et à la différence, tout ce petit monde aspire au conformisme le plus absolu : une bonne fac, un bon boulot, une bonne maison avec un beau drapeau étoilé planté devant, emballé c’est pesé. Et sur la forme donc, le scenario révèle en bout de course et de manière très putassière le pourquoi du mal-être du héros. Cette manière de ménager le suspense, d’y aller crescendo sur les flashbacks et les indices tout au long du film, de suggérer, enfin, qu’il y a forcément un terrible trauma derrière son inadaptation, et de montrer, au final, en quoi consiste ce trauma, m’est apparu comme un renoncement un peu dégueulasse en même temps qu’une facilité de scenario peu glorieuse.

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En fait, Le Monde de Charlie est la version cinéma édulcorée, mainstream et ratée de la géniale série Freaks and Geeks. Mieux vaut (re)visionner celle-ci donc.

Made in France

Le film maudit. Je rappelle son pitch, qui lui a valu une sortie repoussée puis un direct-to-VOD: « Sam, journaliste indépendant, profite de sa culture musulmane pour infiltrer les milieux intégristes de la banlieue parisienne. Il se rapproche d’un groupe de quatre jeunes qui ont reçu pour mission de créer une cellule djihadiste et semer le chaos au cœur de Paris. » (Allociné)

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Nicolas Boukhrief est un réalisateur-cinéphile intéressant. Ami d’enfance de Christophe Gans, il a été comme lui membre de l’aventure Starfix au milieu des années 80. Moins porté sur la SF et le fantastique sans doute, moins geek en somme, il a une certaine prédilection pour le polar, en phase avec « les enjeux de société » comme on dit. Il semblait être la personne indiquée pour s’attaquer à un sujet aussi casse-gueule. Et en effet, c’est pas mal. Pas manichéen, pas psychologisant, carré, sans fioritures, il applique le traitement qu’il fallait. Maintenant… Difficile de savoir si ces problèmes étaient là dès le départ ou si le film a été remanié dans un second, voire un troisième temps (il a été tourné avant les attentats de Charlie Hebdo et sa sortie en salles était prévue 5 jours après les attentas de novembre) mais il manque sans doute un peu… d' »épaisseur » : longueur, budget, figurants, décors (bon, budget quoi en gros puisque ce dernier induit tout le reste, ou presque). C’est un peu léger. Mais c’est pas mal et c’est à voir malgré tout, davantage en tout cas qu’Un Français, l’autre film polémique de 2015

A Most Violent Year

Ce film à la fois violent, documenté et austère, raconte les déboires d’un jeune chef d’entreprise new-yorkais (impeccable Oscar Isaac même s’il est sans doute un peu trop jeune pour le rôle) pour faire croître son affaire tout en gardant les mains propres : il dirige une entreprise de transport de carburant et voit ses projets d’expansion mis en péril à la fois par le vol régulier de ses camions et de leur chargement et par des autorités judiciaires qui ont décidé d’examiner ses comptes de plus près. Mais lui ne veut rien lâcher, il s’obstine et tient à continuer d’avancer sans pour autant franchir la ligne jaune : on comprend que le père de son épouse (excellente Jessica Chastain, qui vaut décidément mieux que les rôles de beauté diaphane et virginales qu’on lui a longtemps attribués) est membre de la Mafia et il se refuse à ce que ses chauffeurs soient armés pour se défendre.

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L’histoire d’Abel Morales, le personnage interprété par Isaac, c’est celle que tout immigré s’est racontée avant de poser le pied à Staten Island. Le sacro-saint rêve américain, toutes ces histoires glorifiant les self-made men créées par le romancier Horatio Alger au XIXème siècle, imprègnent encore très fortement l’inconscient collectif de ceux qui vivent ou souhaitent aller vivre aux Etats-UnisJC Chandor, le réalisateur, raconte une autre de ces histoires avec ce qu’il faut de sécheresse et d’ampleur à la fois pour en faire une histoire universelle. Si l’écueil scorcesien est habilement contourné grâce au traitement rigoureux, moyennement fun, d’un scenario que le maître aurait très bien pu réaliser, A Most Violent Year n’est pas sans rappeler The Wire : ici aussi, on ausculte l’Histoire de l’Amérique sans jugement et sans encore moins de détours. Et c’est le même constat et goût amer que la conclusion apportent. Ca calme. Excellent film, vraiment.