Mon rêve

Cette nuit j’ai rêvé que j’allais assister à un concert de Wilco dans le Gers. C’était assez précis et détaillé. En fait, je vais voir le groupe à Paris en novembre. Dans le rêve, ça part de là : en achetant mon billet en ligne, je constate à ma grande surprise qu’ils jouent dans le Gers (je sais pas où exactement, y avait juste écrit « Wilco – 32″, le numéro du département.)

Du coup, j’y vais, évidemment. Sur place, je tombe sur 2 quinquagénaires en pleine discussion. L’un d’eux s’appelle Fermement, il est très content de retrouver son quasi clone. Il(s) ressemble(nt) à une fusion Georges MoustakiCorbier, sauce gersoise (fort accent quoi) et c’est lui qui va assurer la 1ère partie de Wilco. En fait hier je suis tombé sur un Tellement Vrai consacré aux sosies de Claude François, ça vient de là je pense.

Bon, je m’apprête à entrer dans la salle (un bar) et là je tombe sur Miou-Miou période Tenue de Soirée (un détail qui aura son importance par la suite), Catherine Deneuve et Charlotte Gainsbourg. La Deneuve s’éclipse très rapidement à mon grand regret. Charlotte Gainsbourg est une grosse tâche, on se fout de sa gueule avec Miou (Miou. Ou Mi Oumiou. Ou M Ioumiou). La Gainsbourg ne sait pas de qui on parle quand on évoque « Jeff » (Tweedy), la lose.

On entre dans la salle et là je sais pas trop où m’asseoir (y a des chaises partout). Ce n’est qu’après m’être installé que je réalise que je me suis assis sur la chaise de Fermement qui s’apprête à attaquer son set. Toute la salle se marre évidemment : c’est clairement la séquence rigolade du rêve, et de la soirée.

Je me lève donc pour aller m’installer ailleurs et je m’assieds à côté de ma nouvelle grande copine Miou-Miou (Charlotte Gainsbourg a manifestement disparu). Là on constate qu’y a pas de scène mais des tables collées les unes aux autres et sur lesquelles le groupe est censé évoluer. On se dit avec Miou que merde, quand même, c’est sympa le Gers mais ça craint un peu de contraindre « Jeff » à jouer dans ces conditions. On est vraiment super potes et très complices.
A tel point qu’on en arrive à un véritable moment « qu’est-ce qui nous arrive? » et qu’on commence à s’embrasser.

Et c’est évidemment à ce moment là que je me réveille. En me félicitant d’être tombé sur la version 80s de Miou-Miou… Et en me sentant immédiatement un peu honteux de ce sentiment un brin misogyne.

#42 Jean-Louis Murat, Fred Jimenez, Jennifer Charles – A Bird on a Poire

a bird on a poire

A Bird on a Poire donc. Que je classe à la lettre « J » comme « Jimenez », Fred de son petit nom, tant on peut le considérer comme son architecte essentiel, même si sur la pochette c’est logiquement le nom de Murat qui ressort . Échappé d’AS Dragon, voire débauché par Jean-Oui si j’ai bien compris pour son album précédent celui-ci (Le Moujik et sa Femme), Fred Jimenez fait aujourd’hui partie du groupe de… Johnny Halliday. Bon. On est pas là pour juger.

Avant ça donc, et avant ce disque, il a pris part à la merveilleuse aventure AS Dragon des années Houellebecq (les meilleures, celles qui voyaient également Peter Von Poehl tenir la guitare rythmique). Il a donc fait partie, je le rappelle une nouvelle fois, du meilleur groupe de rock français du monde, et rien que pour ça, il mérite notre respect éternel.

Sur Le Moujik…, mais encore plus sur ce disque là, il a apporté à Murat une légèreté pop, un sens du rythme également, une souplesse, une « moëlleur », inédites et avec laquelle il n’a que très peu renoué depuis. Bourré d’irrésistibles gimmicks 60s, A Bird on a Poire est donc son album le plus accessible et le plus ensoleillé (même s’il n’exclut évidemment pas la mélancolie).

Et puis bien sûr, il y a le 3ème membre du projet, Jennifer Charles. Déjà au sein d’Elysian Fields, sa voix hyper sensuelle fait des merveilles. Mais alors là… Ok, on comprend pas toujours ce qu’elle raconte mais bordel, on s’en cogne à ce stade là, l’essentiel est ailleurs. Et l’essentiel, c’est qu’elle a une voix interdite aux moins de 18 ans.

La chute de Londres – critique

Je vois/revois pas mal de films en ce moment, films dont je parlerai en temps voulu mais j’ai évidemment choisi de m’attarder en premier lieu sur le plus pourri d’entre eux, La chute de Londres:

Les plus grands leaders du monde occidental sont attendus à Londres aux funérailles du Premier ministre britannique, mort dans des circonstances plus que douteuses. Mais ce qui avait commencé comme l’évènement le plus sécurisé de la planète tourne rapidement au désastre. Cible d’un complot terroriste, la capitale anglaise est mise à feu et à sang et la plupart des chefs d’état faits prisonniers. Seuls ont pu s’échapper le président américain et l’agent secret Mike Banning, qui vont devoir à la fois combattre pour survivre et mettre fin aux agissements des terroristes. (Allociné)

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Bon, sans surprise, c’est à chier, hyper bourrin, hyper dispendieux tout en restant cheap, bourré de punchlines paresseuses et même pas drôles (genre quand Butler arrive finalement à sauver le président se dernier lui lance: « Bon sang, j’ai cru que vous arriveriez jamais – Désolé, j’avais quelques courses à faire sur le chemin »).
Mais c’est pas inintéressant pour plusieurs raisons, la première étant précisément la relation entre le super garde du corps/chef de la sécurité interprété par Gerard Butler donc, et le président des Etats-Unis/du monde libre/de-tout-ce-qui-mérite-qu-on-se-batte-encore-sur-cette-putain-de-planète, interprété par Aaron Eckhart. Des mecs, des vrais. Burinés, musclés, qui aiment bien se raconter leurs histoires de famille avec une pudeur virile et  se mesurer la longueur de la bite se tirer la bourre lors de leur jogging matinal et quotidien. Qui aimeraient bien se tirer tout court, il faut le dire ! A tel point que lorsque c’est le président qui cette fois porte secours in extremis à son ange gardien, en déboulant tel un diable sortirait de sa boîte, on a droit à un échange assez savoureux:

– It took you very long to come out of the closet
– That’s not funny

Ben si mon vieux, justement, c’est très drôle parce que dans le genre sous-texte homo-érotique à la Top Gun, votre duo se pose un peu là.

Autre passage assez drôle : lorsqu’il débarque  en mode Rambo dans la planque des terroristes, Butler dézingue tous les bad guys sans distinction et avec une précision chirurgicale, SAUF l’un d’eux, amputé des 2 jambes et en chaise roulante : il canarde à tout va mais le mec est simplement touché à l’épaule. On rigole pas avec le politiquement correct aux States, et on ne TUE PAS un handicapé (il mourra quand même un peu plus tard lorsque le bunker sautera) même quand des terroristes pour le moins compétents font vivre à Londres ses heures les plus sombres depuis le blitz.

C’est des détails mais ça fait passer le temps.
Mis à part ça, La chute de Londres est intéressant car contrairement à la plupart des films du même genre, et malgré un aspect vraiment primaire, voire rudimentaire, il cherche (?) à éviter le manichéisme des gentils occidentaux vs les méchants islamistes: le type à la tête des terroristes cherche en fait à venger la mort des membres de sa famille lors de la sournoise attaque d’un drone américain pendant le mariage de sa fille et à plusieurs reprises, la responsabilité des USA quant aux évènements survenus lors des dernières années est mise en avant sans qu’elle soit réellement contredite ou remise en cause. J’irais évidemment pas jusqu’à dire que le film est subversif dans son propos mais c’est pour le moins curieux… C’est pas ID4 quoi. Ca ne rend pas La chute de Londres recommandable pour autant ceci dit mais enfin, tu vois l’idée.

#33 Serge Gainsbourg – Histoire de Melody Nelson

Woooooooooow, hey dis donc ça fait plus d’un an que j’ai pas posté de nouvelle entrée dans ma rubrique Top 100 moi. Faut que j’avance un peu car j’ai envie d’attaquer un autre top que je terminerai pas.

Et donc, en me replongeant dans la liste de mes 100 albums fétiches, je me rends compte que j’ai fait un énoooooooooooooooooorme oubli, en l’occurrence l’album ci-dessous.

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Une broutille.

2016 marque le 25ème anniversaire de la mort de Gainsbourg : je ne m’étendrai donc pas et je te laisserai chercher des informations pertinentes tout(e) seul(e) comme un(e) grand(e), y a qu’à se baisser pour les ramasser.

Pour ma part, je suis longtemps resté assez sceptique quant au cas Gainsbourg mais j’en suis aujourd’hui arrivé à la conclusion que je m’en foutais qu’on doive tout à son génie ou à celui de Vanier, Colombier, Birkin, Lulu ou Nana, son bull terrier : ce disque est un chef d’œuvre au pouvoir de séduction et de fascination intacts et c’est tout ce qui compte.

Je suis pas Mac Gyver

Nos fenêtres respectives ouvertes, la conversation au téléphone d’un jeune homme dans l’immeuble d’à côté :

– Je la harcèle pas. Je la harcèle pas. La harceler, c’est 2 ou 3 coups de fils à la suite. Là j’ai laissé un message, c’est pas la harceler ça, je suis dans mon droit.

– blablablablabla

– J’ai le droit de faire ça, c’est pas la harceler…

– blabla

– Elle est moche elle est moche, qu’est-ce que tu veux que je te dise…

– blablablablablablablablablablablablablablabla

– Ah ben j’vais te dire, j’ai de la marge par rapport à elle hein.

– blabla

– Ben c’est de la faute de ses parents alors, c’est à eux que je dois le dire peut-être.

– blablabla

– Mais elle a que ce qu’elle mérite je te dis moi et…

– blablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablabla

– Mais je suis pas courageux ! Je suis pas courageux ! Je suis un lâche moi hein, je suis pas… Mac Gyver.

– blablablabla

– Eh bé moi je suis lâche dans la vie.

– bla

– Et j’assume, je l’assume.

– blablablablablablablablablablablablablablabla

– D’accord mais JA-MAIS j’aurais pensé entendre ça sur ma messagerie en sortant du bureau et…

– blablablablablablabla

– Eh ben si elle dit « non » je conclurai par « sale pute » et puis voilà.

– blablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablablabla

– Mais si elle fait ça je vais chez elle, et je la brûle, voilà.

– blablablablabla

– Mais j’en ai marre moi et… ok au revoir. Au revoir.

 

L’autre jour j’ai raté la suite de la conversation, cette fois, le début. C’est vraiment frustrant à force.

La banane sur le gâteau

– Ah bah tu vois finalement hein ?

– Ah mais ouais mais trooooooop quoi !

– Ah la la, c’était bieeeeeeeen…

– Ouais mais trop bien quoi !

– Oh la la et puis Florence à la fin quoi !

– Ouaaaaaaaaaaaiiiiiiiiiiiiis oh la la…

– Trop trop beau !

– Ouais, trop beau…

– Et toi qui voulait pas y aller au départ haha !

– Oh la la ouais mais c’était trooooooooop beau !

– Ouais et puis bon, j’ai envie de dire… Anthony pour le dernier jour… c’était la banane sur le gâteau !

– …

– Non mais tu t’es bien éclatée quand même je veux dire…

– …

– Enfin je veux dire c’était super non ?

 

Elles marchaient beaucoup plus vite que moi, j’ai pas pu entendre la suite de la conversation. C’est bien dommage.

Sélectionneurs

Bon ben voilà, c’est déjà la fin.

On va pas se mentir : c’était décevant, surtout après une coupe du monde 2014 spectaculaire. Un haut du tableau vraiment haut (Allemagne, Italie, Espagne, France), un bas du tableau vraiment bas (Hongrie, Pays de Galles, Portugal, Belgique), avec les différences de niveau technique, tactique et d’intensité qui vont avec. On l’a dit et répété, avant et pendant la compétition : passer de 16 à 24 équipes, c’était pas une bonne idée sur un plan purement footballistique… Bien sûr, c’est super pour le Pays de Galles, pour l’Irlande, l’Islande, pour leurs supporters qui se sont souvent déplacé en masse et ont mis de superbes ambiances dans les stades et dans les villes, j’dis pas, c’est bien pour eux mais bon…

Et puis faut pas rêver : les « grands » joueurs sont arrivés rincés. Je me souviens d’un temps ou la période de préparation durait 1 mois. On le sait, le football de clubs a tué le football de sélections depuis longtemps mais malgré ça, on continue d’avoir avec ces dernières le même niveau d’exigence. Or cette année, la finale de la Ligue des Champions avait lieu 10 jours avant le début de la compétition…

Avant la grande finale, coup de projecteur comme on dit chez les professionnels de la profession, sur quelques-uns des entrainôrs les plus marquants de la compétition (pour Grande remise). En commençant par les 2 principaux concernés :

Fernando Santos

Si on considère que le Portugal est ce pays essentiellement peuplé de petits hommes poilus au regard triste, Fernando Santos est l’homme de la situation : cet homme transpire le travail, l’humilité, le profil bas, les économies pour la villa de fin de vie à Paredes de Coura. Touchant.

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Pourtougaoul 

Didier Deschamps

Stress? Excès d’Haribos? D’acide? Il faudrait quand même un jour résoudre le mystère de ces dents de plus en plus rachitiques chaque année…

Hardcore
Hardcore

Joachim Löw

Evidemment LA star des bancs de touche de cet Euro avec Antonio Conte. Je ne reviendrai pas sur ses perversions olfactives, on en a désormais soupé. Je noterai simplement qu’après la chemise blanche et le pull col en V bleu clair, c’est le pull col en V noir qui a eu sa préférence cette année.

J'insiste pas mais cette séquence quand même
J’insiste pas mais cette séquence quand même…

Antonio Conte

La Squadra Azzura 2016 s’est révélée italienne jusqu’à la caricature : son sélectionneur incarnait son leader à la perfection. Gesticulant et vociférant de la 1ère à la dernière seconde, il est donc l’autre sélectionneur star de cet Euro et il a fait le bonheur de tous ceux qui sont enclins à penser que ah-la-la-ces-italiens-faut-toujours-qu-ils-en-fassent-des-tonnes. En même temps, 32ème minute du premier match : le mec se fait quasiment péter le nez sur la célébration du premier but de ses protégés. Et dire que certains doutaient de son implication quand ils ont appris qu’il rejoindrait Chelsea dès la fin de l’Euro. Costard impeccable pour lui, ça va sans dire.

Les yeux-revolvers-qui-disent-vaffanculo
Les yeux-revolvers-qui-disent-vaffanculo

Vicente Del Bosque

Toujours plus effacé et placide, sa proverbiale sérénité a fini par davantage ressembler à de la résignation qu’à de la force tranquille. Il a annoncé qu’il quittait son poste de sélectionneur. C’est sans doute la meilleure décision pour lui et pour la Roja mais il faut désormais se souvenir que Vincent Du Bois, c’est 1 Ligue des Champions, 1 Coupe du Monde, 1 Euro : respect éternel, joder.

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Adios mister

Roy Hodgson

Idem: le regard perdu du lapin pris dans la lumière des phares, quasiment choqué, il a personnifié à merveille une sélection anglaise pleine de certitudes mais en réalité totalement et irrémédiablement larguée. Fin de parcours également pour cet autre grand monsieur du football mondial.

Respect là aussi
Respect là aussi

Marc Wilmots

Marrant comme chaque sélectionneur reflète parfaitement son équipe au bout du compte. Boudiné dans sa chemise blanche cintrée, Marc Wilmots est le prototype de l’ancien joueur qui s’est bien bien relâché mais ne veut pas se l’avouer. Et de la même manière, il continue à claironner qu’il n’est pour rien dans la faillite de sa sélection de prétendus cadors (voir également à ce sujet l’hallucinante interview post-élimination de Meunier, qui compare la sélection belge aux Galactiques du Real).

Trop de fricadelle
Excès de fricadelle

Adam Nawalka

Avec son visage fermé, voire polonais, ses lunettes moyennement fun et ses vêtements bien repassés, il m’a constamment fait penser à un prof de physique ou d’économie. Vraiment, j’arrivais pas à me défaire de l’image de ce type, droit dans ses bottes pendant le conseil de classe, alors que le proviseur essaie de lui faire monter la note du petit Bryan Rodriguez.

"Kevin, au tableau"
« Bryan, au tableau »

Ay, ay, ay, ay, canta y no llores

Puisque le Football est mort lundi à 19h50, vêtu d’un maillot blanc maculé de tâches triangulaires jaunasses-orangeasses-rougeasses,
Puisque désormais ça rigole plus (la compétition, la vraie, a enfin débuté),
et puisque lorsque le niveau s’élève, je préfère laisser la parole aux spécialistes (comme ceux de l’excellent Faute tactique, un exemple parmi d’autres),

je fais aujourd’hui un point commentateurs, autre marotte des footeux avec les maillots, les coupes de cheveux et, pour les plus faibles d’entre nous, les femmes de joueurs.

Grégoire Margotton – Bixente Lizarazu

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Le transfert surprise de l’Euro, puisqu’annoncé à peine un mois avant la compétition. On pensait Christian Jeanpierre en place pour un bon moment, on imaginait aussi Margotton lié « à vie » à Canal Plus (il faisait partie des rares qui n’avaient pas quitté le navire pour Bein sport) mais la direction de TF1 a dû se dire  que CJP commentant les matchs de l’EDF pour un Euro se déroulant en France, ça serait un peu too much.
Bon, je l’aime bien Margotton, c’est un mec cultivé, qui s’exprime bien et reste sobre même s’il a une tendance un peu agaçante à SEXCITERTOUTDUNCOUPCOMMEUNMALADEAVEC UNEVOIXUNPEUCHELOUQUIDESCENDDANSLESGRAVESSURLESMOMENTSCHAUDS. Puis à redescendre (et remonter jusqu’à son timbre naturel) comme si de rien n’était. Mais franchement, après CJP, c’est du velours. Il rend même presque supportable Lizarazu et sa propension très France 98 à constamment nous remémorer la grandeur de ses faits d’armes passés. Presque.

Christian Jeanpierre – Rudi Garcia

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De CJP, on a déjà tout dit. Son enthousiasme de ravi de la crèche  (« Ha ha, regardez Arsène, ce joueur a un sparadrap Mickey sur le front, c’est formidable! J’adore ces images ! »), sa passion pour les fun facts débiles (« Figurez-vous Bitch-and-thé, que Gregor Pistorniak possède une particularité des plus étonnantes : il boit l’urine du joueur qui partage sa chambre tous les soirs avant de se coucher ». Bon ok, mauvais exemple, ça serait plutôt génial d’entendre ça un jour), ses analyses proches du néant ( le désormais légendaire « corner intéressant »).
Privé du Graal du commentateur de football (les matchs de l’Equipe de France), en même temps que de son consultant habituel (Lizarazu donc mais aussi Wenger, débauché par Bein sport je crois) on lui a également attribué un nouveau partenaire : l’ancien entraîneur de Lille et de la Roma, Rudi Garcia. C’est toujours bien d’avoir un consultant entraîneur évidemment (un entraîneur qui ne soit pas Luis Fernandez je veux dire) : le mec explique les phases de jeu bien sûr mais parvient également à interpréter et/ou décrypter des situations parce qu’il connait les joueurs, leur psychologie, leurs réactions dans tel ou tel cas de figure. Là dessus, très bien le Rudi. Il me plaît. Mais bordel, qu’est-ce qu’il est bavard ! Il a des choses à dire et il les dit plutôt bien mais putain, heureusement pour nous parce qu’il s’arrête jamais le mec ! Un match, c’est aussi des temps morts, des silences, pour laisser entendre les tribunes, le jeu même, si je puis dire. Je pinaille parce que c’était une première pour lui je pense, et il est apparu très à l’aise mais ça m’a vraiment gêné. J’ai même senti CJP un peu agacé par moments, c’est un comble !

Christian Jeanpierre – Franck Leboeuf

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Grammaire/syntaxe/vocabulaire hasardeux + rien d’intéressant à dire + humour de merde + beaucoup trop à l’aise : lui, c’est Leboeuf.

Christophe Hutteau – Alain Boghossian

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Christophe Hutteau : pas vraiment d’opinion, le mec ne m’a ni choqué ni emballé. Il fait son boulot.
Étonnamment, j’ai trouvé Boghossian plutôt pas mal : à l’aise mais moins ramenard que ses collègues de France 98 (Lizarazu, Leboeuf, Desailly, Dugarry mais c’est normal: il n’était « que » remplaçant), prenant la parole à bon escient, livrant régulièrement des réflexions pertinentes. Ok, c’est pas Reynald Denoueix sur le plan de l’analyse du jeu mais ça va quoi. En revanche, cet accent tapenade-aïoli, c’est pas possible : « Soixanteu et dixième sélectiong pour JérAUme Bo-atengueu ». Le tue-le-foot absolu.

Benjamin Da Silva – Omar Da Fonseca

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Mon duo favori, et de loin. Marrant cette similarité dans leur nom; c’est un hasard bien sûr mais c’est marrant. La star, c’est évidemment Da Fonseca : c’est lui le plus bavard, lui qui fait le show et Da Silva semble parfaitement s’en accommoder. Ce dernier possède un truc rarement souligné quand on parle des commentateurs : une voix et un timbre très agréables, qu’il module parfaitement. Reposant. Mais Da Fonseca, je l’adore, vraiment. Il exemplifie à merveille ma thèse selon laquelle on s’en fout au final de la syntaxe, de la grammaire, du vocabulaire : ce qui compte, c’est d’avoir des choses intéressantes à dire. Non parce que lui, en ce qui concerne le vocabulaire, il invente carrément des mots à chaque match quand il ne trouve pas les bons (je rappelle que même s’il vit en France depuis très longtemps, il est argentin) ! Et à chaque fois, il sort des barbarismes très justes, très imagés, presque poétiques parfois, qui définissent parfaitement ce qu’on vient de voir et qu’il voulait transmettre. C’est fort ça. Et puis cet enthousiasme bien sûr, 100% sud-américain. C’est con mais il me colle le sourire à chaque fois. Son compère se marre régulièrement lui aussi, le chambre gentiment : les 2 font preuve d’une complicité qui paraît non feinte et qui fait plaisir à entendre.

et last but not least

Denis Balbir – Jean-Marc Ferreri

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Mon duo détesté, et de loin. Entre Balbir, le commentateur péremptoire qui crie « but!!! » à la moindre frappe et nous récite sa litanie de statistiques imprimées à la va-vite 1h avant la prise d’antenne, et Ferreri, le type tout aussi péremptoire qui va sans ciller sortir des conneries plus grosses que lui avec une assurance édifiante, mon cœur balance (c’est ballot: j’ai beau me creuser la tête, j’ai pas d’exemple qui me vient là. Mais il sort vraiment, tranquilou, sûr de lui, 2-3 grosses conneries facilement vérifiables par match).
En plus, mais ça ça me fait plutôt marrer, les 2 ont l’air de pas très bien s’entendre. Ça se manifeste par un non-dialogue permanent : chacun commente le match de son côté, personne ne rebondit jamais sur ce que l’autre vient de dire. A part, à de rares reprises, Ferreri, qui laisse à ce moment-là une porte ouverte, une invitation à l’approbation, à l’échange, que l’autre ignore toujours souverainement. Il me fait un peu de peine, du coup.

Hen Wlad fy Nhadau

Sentiments mitigés au sujet de la 3ème journée de poules : des confrontations décisives et excitantes parfois mais aussi moins de matchs (puisque les 4 équipes de la poule jouent en même temps afin de respecter un maximum d’équité) i.e. le début de la fin de la compétition i.e. le retour à la normale. Et pour couronner le tout, la semaine prochaine, c’est le finale de la saison 6 de Game of Thrones. Mais qu’est-ce qu’on va devenir nom de Dieu ?!?!

Groupe A

Suisse 0-0 France

37ème minute : Pogba s’accroche au maillot de Xhaka et le déchire (bis repetita après Sagna sur Mehmedi dans le 1er quart d’heure). Denis Balbir : « Va falloir revoir la qualité de la lessive (???)… voire même du textile ». Et arrêter de tirer sur leurs maillots, ça pourrait pas aider ? Ceci dit, on a vu sur la toute dernière action que les maillots n’étaient pas si fragiles que ça (gros ouf de soulagement au département conception de Puma) et que de toutes façons l’arbitre en avait rien à cirer #totemdimmunitejusquaupoteaux. Nom de Dieu de bordel de merde, cette équipe en bois va se retrouver en demis sans avoir jamais rencontré de véritable opposition, ça me gonfle !

Foutez-moi ça en taule!
Foutez-moi ça en taule!

Groupe B

Russie 0-3 Pays de Galles

Affiche sur laquelle je vais un peu m’attarder puisque j’ai eu la chance d’assister au match au Stadium de Toulouse.
Arrivés dès le samedi, les supporters gallois avaient déjà mis le feu au concert des Super Furry Animals le soir même. Le dimanche ils étaient un peu partout en ville (enfin, « partout »… Dans les bars quoi), à chanter (et boire) sans relâche. Pas vu de Russes en revanche, ou alors ils se cachaient. Sales rouges.
Au Stadium du coup, y avait vraiment pas photo : une bonne moitié je pense était galloise, contre un gros quart de virage pour les Russes. J’étais hyper bien placé : tribune centrale (côté buts gallois en 1ère mi-temps), suffisamment près de la pelouse pour être proche des joueurs, suffisamment haut pour bien voir le jeu. Impeccab’.

J'étais bien placé.
Hyper bien placé.

Côté match, je sais pas de quoi ça avait l’air à la télé mais y en a pas eu (de match) : les Gallois ont fait ce qu’ils ont voulu du début à la fin face à des Russes totalement apathiques (c’en était presque suspect). Très impressionné par l’activité de Joe Allen, la justesse d’Aaron Ramsey. Et par Gareth Bale du seigneur évidemment, la star de l’équipe. Impressionnant physiquement (i.e. : super bien gaulé le salaud), il a écrasé le match à chacune de ses courses et de ses prises de balle. Impressionnant, y a pas d’autre mots. Et puis un leader technique, un vrai, qui sait prendre le jeu à son compte, mais également s’appuyer et mettre en valeur ses coéquipiers.
Côté tribunes… Bah, c’était fantastique… J’étais pas dans le virage tout rouge mais néanmoins entouré de Gallois (quelques Russes étaient perdus dans ma zone, dont un avec un incroyable t-shirt à l’effigie de Poutine. Je voulais essayer de le choper sur une photo mais sa tronche à accomplir des basses œuvres dans les rues interlopes de Novossibirsk m’en a dissuadé) et les mecs ont mis le feu de la première à la dernière seconde. Sur les buts, fallait faire attention à soi quand même. Ambiance Buzzcocks 1977. Mais gentil : sur le 2ème but, mon voisin m’a pris dans ses bras et m’a claqué une grosse bise sur la joue.
Et ces chants bon sang… J’ai toujours voulu aller voir un mach de foot dans un stade anglais, je pense que c’est ce qui s’en rapprochait le plus.
Du coup je les connais tous maintenant : « Gimme hope Joe Allen » (sur l’air de Gimme hope Joanna), « There’s only one Gary Speed » (à la gloire de l’ancien grand joueur/sélectionneur qui s’est suicidé chez lui et sans raison apparente à seulement 42 ans; cf le chouette papier qui lui est consacré dans le So Foot spécial Euro 2016) et LE tube, repris à plusieurs reprises au cours du match:

« Please don’t take me home
Just don’t wanna go to work
Wanna stay here
Drink all the beer
Please don’t please don’t take me home »

Efficace.
Sans oublier l’hymne national évidemment, qui donne son titre à ce billet, repris une fois par mi-temps. Je suis pas très sensible aux symboles/démonstrations patriotiques ou nationalistes (euphémisme) mais putain… Frissons.
Soirée inoubliable, vraiment.

Groupe D

Croatie 2-1 Espagne

– Bon alors t’as le choix mon vieux. A gauche, c’est tout droit. Tu vas rencontrer des chatons, manger du caviar et à l’arrivée y a Charlize Theron. Elle t’attend. A droite en revanche c’est boueux, ça grimpe pas mal, y a rien à bouffer et il caille. A l’arrivée, y a Rossy de Palma. Ah oui j’oubliais : tu devras aussi porter ce maillot dégueulasse.
– Je vais réfléchir.
– Sérieux ?
– 2 secondes.
– Comme tu veux mais magne-toi.
– …
– Dépêche !
– Euh, je crois que je vais prendre à g…
– Trop tard : tu prends à droite, le mec au maillot Lustucru vient de te passer devant.

Groupe F

Hongrie 3-3 Portugal

Ce que j’aime pas non plus dans les 3èmes journées de poule, c’est qu’il faut faire un choix. J’aime pas faire des choix. Là j’ai donc opté pour cette affiche (l’autre était Islande 2-1 Autriche) et ma foi, je crois que c’était pas ma plus mauvaise décision. Quel match mes aïeux ! LE match pour l’instant, avec 20 minutes, à l’entame de la 2ème mi-temps, totalement folles (4 buts, 8 occasions par minute. De chaque côté). Les célébrations buteurs/supporters hongrois font toujours autant plaisir à voir. J’espère quand même qu’il n’y a pas trop de fachos dans leurs rangs…

Groupe E

Suède 0-1 Belgique

Isaksson, Kallstrom, Ibrahimovic: j’ai l’impression que la sélection suédoise n’a pas bougé depuis 25 ans. Note que ça s’est un peu senti au cours de cet Euro. Moins au cours de ce match, je le concède.

Allez, bye bye, tu me manqueras pas.
Allez, bye bye, tu me manqueras pas.

Super Furry Animals – Prairie des filtres, Toulouse

Quelques mots sur le concert « surprise » de mes Super Furry Animals chéris-adorés dans la capitale du patchouli à la violette. « Surprise » car je l’ai appris très tard et j’aurais pu facilement le manquer : ils étaient en effet à l’affiche du festival Rio Loco, noyés dans une programmation toujours aussi gargantuesque et fort peu granderemisesque.

Non parce que le festival Rio Loco… Comment dire? Comment dire sans me faire tomber dessus par le tribunal international de Genève s’entend… Tu es inscrit en fac de psycho, tu joues du djembé, tu portes un sarouel et tu milites pour une approche minimaliste de l’hygiène corporelle ? Tu vas à Rio Loco les yeux fermés, quelle que soit la programmation. Tu m’as compris.

Imagine donc ma surprise de voir les Gallois à l’affiche de cette édition 2016. Mais voilà, cette dernière était consacrée aux « Mondes celtes ».
Coïncidence heureuse, la sélection du Pays de Galles affrontait la Russie 2 jours après le concert, ce qui promettait donc une horde de supporters enthousiastes dans le public.

Les fans de foot gallois avaient bien devancé l’appel du match, mais au delà de mes prévisions : hallucinante ambiance digne d’un match dans le public avec évidemment plein de maillots, de drapeaux ornés du dragon rouge, et des chants ininterrompus, qui se sont prolongés longtemps après que le groupe avait quitté la scène. Complètement dingue et du jamais vu à un concert de rock en ce qui me concerne.

Evidemment, dans une telle atmosphère, le show en devenait presque anecdotique. Pas grave parce que
1. je les ai vus l’an dernier à Londres dans des conditions optimales pour leur reformation et c’était un des meilleurs concerts de ma vie (compte-rendu hagiographique ici)
2. l’ambiance était vraiment géniale
3. ils ont quand même vachement bien assuré

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C’était pourtant un concert de reprise, et la technique était pas toujours de leur côté: ça nous a valu un Bad Behaviour un peu bancal et un Golden Retriever tronqué. La setlist était joliment remaniée par rapport à l’an dernier: nettement plus électrique, avec davantage d’uptempos, forcément plus adaptés à la configuration « festival-plein air ». Idem pour les arrangements, parfois très différents de ce à quoi j’avais eu droit l’an dernier, avec notamment un Zoom! absolument terrible et un Mountain People toujours aussi émouvant. Paradoxalement, alors qu’ils étaient au programme d’un festival de musiques celtiques (pour faire court), ils n’ont donc joué qu’une seule chanson issue de Mwng, leur album en langue galloise (Dawc Hi, pas ma préférée) et à dominante acoustique.
C’était vraiment super de les revoir, sur une grande scène cette fois, ils y sont parfaitement à l’aise. Ils ont quand même 20 ans de carrière, ça va, ils déroulent les mecs… Et puis de toutes façons, livrer une performance irréprochable n’était pas la priorité pour le groupe je pense : ils jouaient quasiment à domicile et les « bonsoir Toulouse » et autres « merci beaucoup » prononcés avec un accent impeccable par Gruff, paraissaient presque incongrus : il aurait paru plus logique de s’adresser au public en gallois. L’essentiel n’était pas dans la prestation (même si elle était vraiment chouette encore une fois) : ils étaient visiblement surpris de cet accueil incroyable, de la présence d’autant de compatriotes; leur étonnement, leur joie et leurs sourires faisaient vraiment plaisir à voir.

Et vu le contexte, ils ont joué Bing Bong, bien sûr, l’hymne officieux du Pays de Galles pour cet Euro! (l’officiel a été composé par les pénibles Manic Street Preachers et sans l’avoir écouté, je pense que ça doit moins rigoler)

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En conclusion, l’inévitable The Man Don’t Give a Fuck (qui, je le rappelle là aussi, est génialement basé sur le génial Showbiz Kids des géniaux Steely Dan). Avé les fourrures bien sûr, et les postures de guitar-heroes. Là, dans le public, disons qu’il fallait aimer les jets de bière…
Mais c’était vraiment super, à tous points de vue. SFA OK !