#42 Jean-Louis Murat, Fred Jimenez, Jennifer Charles – A Bird on a Poire

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A Bird on a Poire donc. Que je classe à la lettre « J » comme « Jimenez », Fred de son petit nom, tant on peut le considérer comme son architecte essentiel, même si sur la pochette c’est logiquement le nom de Murat qui ressort . Échappé d’AS Dragon, voire débauché par Jean-Oui si j’ai bien compris pour son album précédent celui-ci (Le Moujik et sa Femme), Fred Jimenez fait aujourd’hui partie du groupe de… Johnny Halliday. Bon. On est pas là pour juger.

Avant ça donc, et avant ce disque, il a pris part à la merveilleuse aventure AS Dragon des années Houellebecq (les meilleures, celles qui voyaient également Peter Von Poehl tenir la guitare rythmique). Il a donc fait partie, je le rappelle une nouvelle fois, du meilleur groupe de rock français du monde, et rien que pour ça, il mérite notre respect éternel.

Sur Le Moujik…, mais encore plus sur ce disque là, il a apporté à Murat une légèreté pop, un sens du rythme également, une souplesse, une « moëlleur », inédites et avec laquelle il n’a que très peu renoué depuis. Bourré d’irrésistibles gimmicks 60s, A Bird on a Poire est donc son album le plus accessible et le plus ensoleillé (même s’il n’exclut évidemment pas la mélancolie).

Et puis bien sûr, il y a le 3ème membre du projet, Jennifer Charles. Déjà au sein d’Elysian Fields, sa voix hyper sensuelle fait des merveilles. Mais alors là… Ok, on comprend pas toujours ce qu’elle raconte mais bordel, on s’en cogne à ce stade là, l’essentiel est ailleurs. Et l’essentiel, c’est qu’elle a une voix interdite aux moins de 18 ans.

#33 Serge Gainsbourg – Histoire de Melody Nelson

Woooooooooow, hey dis donc ça fait plus d’un an que j’ai pas posté de nouvelle entrée dans ma rubrique Top 100 moi. Faut que j’avance un peu car j’ai envie d’attaquer un autre top que je terminerai pas.

Et donc, en me replongeant dans la liste de mes 100 albums fétiches, je me rends compte que j’ai fait un énoooooooooooooooooorme oubli, en l’occurrence l’album ci-dessous.

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Une broutille.

2016 marque le 25ème anniversaire de la mort de Gainsbourg : je ne m’étendrai donc pas et je te laisserai chercher des informations pertinentes tout(e) seul(e) comme un(e) grand(e), y a qu’à se baisser pour les ramasser.

Pour ma part, je suis longtemps resté assez sceptique quant au cas Gainsbourg mais j’en suis aujourd’hui arrivé à la conclusion que je m’en foutais qu’on doive tout à son génie ou à celui de Vanier, Colombier, Birkin, Lulu ou Nana, son bull terrier : ce disque est un chef d’œuvre au pouvoir de séduction et de fascination intacts et c’est tout ce qui compte.

#41 The Jayhawks – Tomorrow The Green Grass

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2 choses :

– j’écoute pratiquement plus d’alt-country, folk, rock etc. US depuis de très longs mois. Chais pas. Weird. Pop anglaise, française, sunshine, psych, electro même, ou alors pop US mais j’ai totalement rayé les chemises à carreaux et tout ce qui s’en approche de près ou de loin de mes playlists. Cette semaine par exemple, j’ai volontairement raté le concert de Kevin Morby : je râlais de pas avoir pu le voir à Nîmes, je voulais le voir à Toulouse du coup mais je n’en avais pas du tout envie en fait.
Total, j’ai pas grand chose à dire sur ce très beau disque. C’est dommage mais c’est comme ça.

– je n’ai de toutes façons pas grand chose à dire tout court sur ce blog, en tout cas qui cadrerait avec l’orientation que j’ai choisi de lui donner à l’origine (« culture » pour faire court). Je sais pas là non plus… Je vois des films, des séries, je lis des livres, j’écoute des nouveautés, passionnants parfois, ou édifiants mais j’ai un peu perdu la flamme je crois. Ou alors c’est juste une passade. Ou j’ai envie d’écrire sur d’autres sujets, ici ou ailleurs, je sais pas encore très bien.

Je lance un audit et je te tiens au courant.

Gros bisous.

#40 Michel Houellebecq – Présence Humaine

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Voilà un album dont la réputation est peu à peu en train de s’affirmer et de s’établir : c’est souvent la même histoire, à force de répéter que tel disque est un classique oublié, il devient un classique tout court au bout d’un certain temps.

En tant que fan de Bertrand Burgalat ET de Michel Houellebecq, je l’ai évidemment tout de suite acheté, aimé et élevé au rang de classique de ma discothèque.
Si le rapprochement entre les 2 auteurs a pu paraître très surprenant à première vue, il est ensuite devenu l’évidence même : l’univers ultra pop et coloré de Burgalat se révèle souvent plus inquiet qu’il n’y paraît et l’écriture de Houellebecq, souvent qualifiée de glauque (pour faire court) n’en est pas moins pourvue d’un vernis ou d’aspirations très solaires. Sommets du genre, Playa Blanca et les Pics de pollutions, qui donnent à la fois envie de jerker avec style ET de se foutre une balle dans le cul (« Fin de soirée, les estivantes prennent un 2ème apéritif. Elles échangent des regards pensifs, remplis de douceur et d’attente »).

Présence humaine c’est aussi la naissance de l’un des meilleurs groupes français du monde, les magnifiques AS Dragon première mouture. J’ai dit tout le bien que je pensais d’eux dans ce papier. Et leur album live, en compagnie de Burgalat, fait partie de mon top 100.
C’est cependant le groupe Eiffel qui joue sur Présence humaine : AS Dragon s’est formé pour la tournée consécutive à la sortie du disque. Le clavier du groupe, Michaël Garçon, revient ici sur un des moments les plus WTF, sublimes et wock’n’woll de l’histoire du rock français.

J’ai eu la chance d’assister au concert toulousain de la tournée et 15 ans après, ça reste un souvenir très fort et vivace : Michel Houellebecq, transpirant et quasiment en transe dans sa parka, déclamant ses textes en dépit de tout sens du rythme, accompagné d’une bande de mecs un peu louches, super classe et qui envoient avec nonchalance, sinon détachement, un rock teinté de heavy soul qui tabasse violemment. Grand souvenir.

#39 The High Llamas – Beet, Maize and Corn

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On va pas se mentir : j’ai complètement perdu le fil de ce top 100. Alors je vais y aller mollo histoire d’avancer malgré tout et d’alimenter un peu ce blog moribond.

3ème album des High Llamas dans mon panthéon personnel donc. Il est entendu que j’aime passionnément tous leurs disques mais le groupe a selon moi enregistré 2 véritables chefs d’oeuvre : Hawaii et celui-ci, Beet, Maize and Corn.

Suite à son disque de transition (la précédente entrée du top, il y a pile 5 mois…) annonciateur d’un changement important, le groupe évoque ici beaucoup moins la côte Ouest des Etats-Unis que la côte Est, voire les rives de la Tamise : on relève trop peu souvent que Sean O’Hagan, grand passionné d’architecture et de paysages urbains autant que bucoliques, consacre l’essentiel de ses paroles à l’évocation de bâtiments, rues, quartiers londoniens. C’est particulièrement le cas ici, ça l’est encore sur les 2 albums suivants.

Musicalement, la tonalité générale est également à la Vieille Europe, à la désuétude. On est loin, trèèèèèèèèès loin du rock, de la pop même. Beet, Maize and Corn est un disque d’un infini raffinement, la musique d’accompagnement de quelque cocktail élégant et précieux des années 20. Une merveille absolue.

J’essaierai à un autre moment peut-être de consacrer aux High Llamas (et à Liam Hayes/Plush, Super Furry Animals, Wes Anderson, Will Ferrell) le billet qu’ils méritent mais aujourd’hui c’est tout ce que j’ai.

#38 High Llamas – Buzzle Bee

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Buzzle Bee est un album un peu à part dans la discographie des High Llamas, ne serait-ce que pour la simple et bonne raison que le groupe s’y présente sous le nom High Llamas tout court, sans « the ». Et puis il n’est pas sorti en Europe. Enfin, au moment où il est sorti en tout cas ; il a peut-être été réédité depuis, je sais pas et je m’en fous.
C’est aussi l’album où l’on entend pour la dernière fois la regrettée Mary Hansen, membre fondatrice de Stereolab et vocaliste-chanteuse régulière du groupe. Elle est morte en 2002, renversée par un camion alors qu’elle roulait à vélo dans les rues de Londres.

C’est enfin selon moi un album de transition très important dans la carrière du groupe, dans sa démarche artistique s’entend. Sean O’Hagan y décide de ne plus jouer que sur des guitares à cordes de nylon, ça fait toute la différence. Une tonalité d’ensemble encore plus douce, pour faire court.
Plus minimaliste que les précédents, il annonce également la « transition géographique » dans ce qu’évoque le groupe en quelque sorte, des côtes du Pacifique à celles de l’Atlantique. Il commence à ancrer le groupe dans l’esthétique davantage européenne et londonienne qui sera la sienne par la suite.
To be continued.

#37 The High Llamas – Hawaii

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Ah pour disséquer le documentaire sur Zahia, les bouses littéraires ou cinématographiques et les coupes de douille des footballeurs y a du monde mais pour parler d’un disque qui m’a autant marqué… (je dis pas « changé ma vie » mais c’est uniquement parce que j’assume pas le caractère pompeux de la formule. Top 3 des disques-séismes dans l’ordre chronologique de leur découverte : 1 The SmithsHatful of Hollow 2 The High LlamasHawaii 3 The ByrdsSweetheart of the Rodeo).

En tout cas, s’il ne fallait en garder qu’un sur les 100, ça serait celui là. Depuis de nombreuses années maintenant, donc je suis plutôt sûr de mon choix.

Les High Llamas, c’est le groupe qui me parle comme aucun autre, tout simplement. A la fois théorique et immédiat, il réunit absolument tout ce que je cherche dans la musique. Ce disque foisonnant, léger, euphorisant, mélancolique, moderne, nostalgique, d’une élégance rare m’a ouvert sur tellement de nouvelles œuvres et de nouveaux univers, m’a tellement affecté dans ma vie de tous les jours même que ne saurais pas par où commencer si j’avais l’occasion d’en parler à Sean O’Hagan. D’ailleurs je n’ai pas trop su quoi lui dire lorsque j’ai eu la chance d’échanger quelques mots avec lui après un concert. Hawaii, c’est mon Eden musical absolu, la matérialisation sonore de mon Eden tout court.

J’arrête, Sean lui-même a parfaitement résumé l’affaire : « I give up, this litterature is fluff ».

#36 The Heavy Blinkers – The Night and I Are Still So Young

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Parmi la longue cohorte de disciples des Beach Boys apparus à travers les décades, les Heavy Blinkers font à coup sûr partie des plus doués. Et là je me mords les doigts de ne pas avoir fait figurer dans ce top les jeunots d’Explorers Club dont le premier album, Freedom Wind, est quand même une putain d’incroyable tuerie de pop californienne pur jus. C’est le vie comme on dit à Venice beach.

Les canadziens Heavy Blinkers (de Halifax sur la côte Est) évoluent davantage dans la catégorie des High Llamas, à savoir celle des groupes influencés par les Beach Boys d’après Pet Sounds, pour lesquels aucune orchestration n’est trop luxuriante, trop délicate ou trop sophistiquée. Et pourtant, malgré le savoir-faire et l’érudition, ici aussi, tout est d’une légèreté, d’une grâce folles. Ambiances doucement aquatiques, soul, folk voire country : tout concourt à un sentiment de bien-être teinté de mélancolie. C’est vraiment sublime et un des sommets du genre.

Leur album précédent, Better Weather, fait également partie de mes favoris et contient une de mes chansons préférées de tous les temps, I Used to Be a Design.

Leur album suivant, Health, qui a mis 9 ans à voir le jour et qui est sorti l’an dernier, m’a en revanche énormément déçu. Le leader et fondateur du groupe, Jason Mac Isaac, s’est retrouvé seul aux commandes et l’album, d’un raffinement sans doute encore supérieur à ce à quoi le groupe nous avait habitués, pêche par excès de sophistication et d’ambition (c’est une sorte de concept album sur la guerre. Enfin, je crois). Sans la légèreté ni la joie des précédents enregistrements, la musique passe de mélancolique à grave, dramatique voire plombante. Beau par moments mais trop retors, trop de circonvolutions. Presqu’indigeste au bout du compte.

Mais The Night and I Are Still So Young, entre Brian Wilson, Burt Bacharach, Harry Nilsson et quelques autres orfèvres pop de la fin des années 60 est une vraie pépite qui mérite qu’on s’y attarde encore et encore. Il fait en tout cas partie des quelques albums de mon top qui sont encore largement méconnus donc ça me ferait plaisir que tu y jette une oreille et que tu prêche à ton tour la bonne parole.

#35 Richard Hawley

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Je résume en quelque sorte ce que m’inspire la musique de Richard Hawley dans cet article. Article que je n’aime pas beaucoup car j’y parle particulièrement mal de cet artiste merveilleux mais bon.

Je précise pour les puristes qu’au sein d’une discographie impeccable et dont chaque élément me ravit et me touche profondément, j’ai opté pour son premier album, qui n’est pas un album car c’est un long single (7 titres). C’est devenu un album par la suite (en 2007 pour être précis), lorsqu’il a été réédité et agrémenté de plusieurs titres. C’est cette version là que j’ai retenue.

Et cet « album » ci donc parce que… c’est le premier tout simplement. Parce qu’on y entend pour la 1ère fois la musique et surtout la voix d’un type dont on pressent, même quand on ne sait rien de lui, qu’il a vécu. Et en effet, après les sessions studio avec All Saints (!), les disques des médiocres Longpigs, après l’alcool, la came et enfin les tournées salvatrices en compagnie de Pulp, Richard Hawley a déjà vécu lorsque sortent ses premiers enregistrements véritablement personnels :  il a d’ailleurs 34 ans.

Et puis il y a cette pochette bien sûr, sublime, qui a de plus le mérite (exactement comme celle de son véritable premier album, Late Night Final) d’encapsuler absolument TOUT son univers : l’Angleterre (quoi de plus anglais que le bingo ?), la nostalgie (le manège), le rock’n’roll (total look blue jean), la coolitude (la clope), le romantisme (si on additionne tout ce qui précède).

Comme je le disais dans l’article auquel je renvoie en préambule, le dernier album de Richard Hawley m’a un tantinet déçu. A peine : avec le temps, je l’ai révisé à la hausse. Il est en tout cas celui qui se démarque le plus des jalons que celui-ci a posé il y a plus de 10 ans. Ca n’est sans doute pas un hasard : Richard Hawley fait partie de ses artistes qui ne sont jamais aussi bons que lorsqu’ils creusent encore et encore le même sillon. Et ce sillon, il n’a selon moi jamais été aussi pur et limpide que sur ces tout premiers enregistrements.

Bon, j’arrête là, décidément, je n’arrive pas à écrire de manière satisfaisante sur l’un des artistes contemporains, toutes disciplines confondues, qui me touchent le plus. J’ai vraiment beaucoup, beaucoup d’admiration et d’affection pour cet homme, son art et son parcours, je crois que c’est tout ce que je voulais dire finalement.

#34 Gorky’s Zygotic Mynci – How I Long to Feel That Summer in My Heart

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Je pense que tout le monde s’accordera à dire que nous avons vécu cette année ce que les professionnels de la profession  ont coutume de nommer un « été de merde ».
Mais le hasard faisant bien les choses, l’entrée suivante dans mon top 100 est un disque estival, mieux même, un disque sur la nostalgie de l’été. Par un autre de mes groupes fétiches, malheureusement plus en activité depuis quelques années.

Il aura été actif durant plus de 10 ans et 8 albums mais les chefs d’œuvre alignés aussi implacablement que les moutons dans un pré gallois n’y ont rien fait : tout le monde se foutait de Gorky’s Zygotic Mynci (et tout le monde continue de s’en foutre d’ailleurs). Eux n’avaient pas l’air de t’en tenir rigueur pour autant (« tout le monde » c’est toi mon vieux) : ils semblaient jouer pour leur simple plaisir et pour leurs quelques fidèles fans (ça c’est moi), sortant tous les ans ou presque leur meilleur album depuis le dernier et jusqu’au prochain. Pour situer rapidement, une pop-folk rurale britannique et incroyablement naïve, mâtinée d’un psychédélisme ludique et tranquille.

Gorky’s Zygotic Mynci a pourtant débarqué en pratiquant une pop foutraque sur Barafundle ou Patio Song : des enregistrements assez barrés où ils n’avaient pas peur de fondre 3 chansons en une, chanter en gallois ou apparaître habillés comme des druides sur les photos de presse. Un groupe rapidement catalogué « excentrique », « rigolo » et « drogué ». Ce qui était certes réducteur mais pas faux non plus, il faut être honnête.

Leur musique s’est adoucie avec les années. Plus les années passaient et plus les Gorky semblaient seuls au monde. Plus ils semblaient seuls au monde, plus leur musique est devenue belle, fondamentalement belle : c’est tout bête mais je ne trouve pas d’autre mot pour définir cette musique simple et pure, qui ne connaît ni calcul, ni distance.

On entend chez eux à n’en pas douter ce qui se jouait dans le Village Green imaginé par Ray Davies, à ceci près que Daisy n’épouse plus le fils de l’épicier, et que Walter reste pour toujours l’ami qui fumait des cigarettes derrière le préau de l’école. Sur cet album en particulier, Gorky’s Zygotic Mynci joue la bande-son d’une campagne idéalisée, d’une perfection pastorale tout droit sortie des romans de Thomas Hardy : ici les filles vous transpercent le coeur de leur simple sourire (« Have you seen her smile? / Doesn’t it just make you wanna cry? » sur Stood on Gold) et on n’aspire qu’à des choses simples telles que contempler la lumière d’un nouveau jour et se retrouver entre amis autour d’un air antédiluvien.

Pas de méprise pourtant : aucune tentation folklorique ou traditionaliste chez eux (ils ne chantent d’ailleurs plus en gallois sur leurs 3 derniers albums), aucun clichés hippie sentant la crevardise : Gorky’s Zygotic Mynci est un groupe pop entiché de folk. Ils sont cette formation rêvée par tous les amateurs de chansons dignes de ce nom, capable de vous envoyer dans les étoiles et de vous faire sangloter en même temps, sur une seule mélodie ou harmonie. Il se dégage de leurs disques une chaleur, une joie et une mélancolie extrêmes auxquelles rien que ce que nous connaissons sur la scène musicale actuelle ne nous habitue plus (je le pense).
Ils semblaient être en quête de toujours plus de pureté, tant dans l’instrumentation utilisée que dans les sentiments évoqués. La chanson titre, vignette nostalgique d’un été parfait (« and the days were so long / and nothing could go wrong ») au moment où il faut quitter la campagne pour retrouver la ville (« oh I long to stay but I’ve got to go / where money is made, cold winds blow »), me noue la gorge à chaque écoute. C’est tout simplement une de mes chansons préférées (allez, au débotté, au moment où je tape ces lignes, elle accompagne Teenage FanclubThe Concept, The ByrdsFeel a Whole Lot Better, Super Furry AnimalsHometown Unicorn, The High LlamasCampers in Control).

Le groupe n’existe donc plus à l’heure actuelle mais on imagine une séparation douce et cordiale, sans heurts ni querelles vulgaires autour des royalties (de toutes façons probablement très maigres). Le principal compositeur/interprète, Euros Childs (c’est son vrai nom, il est magnifique et il le porte à merveille) sort chaque année un nouvel album de chansons simples, naïves et belles que le monde continue d’ignorer royalement (‘le monde », c’est TOI). Il a également sorti il y a 3 ans et en compagnie de Norman Blake de Teenage Fanclub (un autre de mes héros) un super album de power pop-folk sous le nom de Jonny.