This Is Not A Love Song festival 2015 – Nîmes – Jour 1

Grande remise  refait donc une incursion au pays des ferias, du total look Desigual  et des 4×4 blancs pour le festival This Is Not A Love Song, Tinals pour les intimes, oasis de précision et de bon goût au pays des ferias, du total look Desigual et des 4×4 blancs.

T’as une impression de déjà vu ? C’est normal, c’est la même intro que l’an dernier : j’aime bien et puis merde, faut dire ce qui est, c’est quand même le festival du mauvais goût dans ce pays nom de Dieu.

C’est aussi le festival du hipster Tinals. A tel point que j’ai pas vu une seule Stan Smith. On se croirait à Londres… Pas vu un seul punk à chien non plus du coup, ça va sans dire.

Cette année, le festival passe à la vitesse supérieure avec encore plus d’animations et d’ateliers, encore plus de scènes (une petite supplémentaire), encore plus de groupes, encore plus de têtes d’affiches. Et, logiquement, encore plus de monde.

Première conséquence : le programme  de cette 1ère journée est chamboulé… la veille au soir : ça n’est plus l’excellent Kevin Morby qui ouvre le weekend nîmois dans la grande salle mais les Swans. Morby (de même que Mikal Cronin) est relégué dans la petite salle, j’y reviendrai.

Les Swans donc, en ouverture du festival. Evidemment, on ne saurait imaginer plus radical et intransigeant comme entrée en matière. On ne saurait non plus imaginer moins Grande remise : j’ai assisté au set, concentré, patient, je connais la réputation cultissime du groupe, son influence énorme… et c’est tout. Cette musique ne me touche pas, tout simplement. Bien sûr, la prestation impressionne : disposés de manière ultra compacte au centre de la scène, les musiciens paraissent comme prêts au combat et de fait, ils envoient du bois comme on ne dit plus depuis des lustres. Sauvage, viscéral, violent même. Oui… Oserai-je le dire néanmoins ? Oh, je vais oser tu le sais bien toi : je m’attendais à bien « pire » ie plus sauvage, plus viscéral, plus violent et surtout, compte  tenu de la réputation du groupe à ce sujet, plus bruyant. Très supportable tout ça finalement.

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Content de sortir prendre l’air quand même.
Dan Deacon attaque son set. Hyper volubile (il le concède lui-même) il fait le show comme personne, demandant aux personnes devant lui de former un large cercle et organisant un dance contest en désignant lui-même les participants (« you, with the Sex Pistols shirt »; « you girl, will you join us please ? »). Gros succès et grosse ambiance, ça va sans dire. « La musique? » dis-tu. Mmmmh « anecdotique » répondrai-je.

Je me rends sans tarder dans la petite salle pour y voir LE concert que je ne veux pas rater aujourd’hui, celui de Mikal Cronin. Vu l’an dernier au même endroit, il accompagnait Ty Segall à la basse. Cette année, il revient défendre son propre répertoire et notamment son 3ème album, sobrement intitulé MCIII. Accompagné de 2 clones de Ty Segall à la batterie et aux claviers, d’un sosie d’Alex Turner (Arctic Monkeys) à la Rickenbacker et d’un bassiste extrêmement barbu-chevelu, il balance 45 minutes de pop 60s survitaminée, surpuissante. Je réalise que son groupe ressemble très exactement à sa musique : un peu garage, un peu heavy, très pop : lui-même, les cheveux courts, avec sa guitare portée haut, prend des faux airs de John Lennon (il ressemble également beaucoup à un Mark Duplass svelte). Quel pied en tout cas ! Sur l’album, moult cordes et arrangements subtils. Sur scène, électricité maximale, solos nerveux, refrains accroche-coeur. Super concert, vraiment, qui aurait mérité la grande salle (merci les Swans 1).

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Retour à l’extérieur : je fais la queue afin de pouvoir me rafraîchir le gosier. Derrière moi, une nana doit expliquer à sa copine la signification de l’acronyme DTC. Mais dans quel monde vit-on je te le demande ? C’est ça la France de 2015 ? On en est encore là ? Et après on s’étonne que le train du progrès nous passe sous le nez… Je leur ai lancé un regard réprobateur bien senti crois moi. Non mais oh.

Là, c’est la foule des grands soirs, ça rigole plus : c’est Thurston Moore, MÔÔÔSSIEUR Sonic Youth en personne. Accompagné de Steve Shelley (qui, c’est drôle, accompagnait Lee Ranaldo au même endroit l’an dernier), de la bassiste de My Bloody Valentine et d’une guitariste, il envoie méchamment lui aussi. Ce rock new-yorkais ne me touche que peu en vérité mais là, bordel, quelle classe. Super concert… Et ce son de guitare incroyable, si caractéristique, qui semble avoir 16 ans pour toujours et balance des « fuck you » goguenards à chaque accord. Pas grand chose à dire de plus : la grande classe.

Je trace à nouveau à l’intérieur (je me rends compte que je ne fais que courir…), je voudrais voir un bout du set de Kevin Morby : peine perdue, il joue donc dans la plus petite salle et une file d’attente impressionnante s’est formée… alors qu’à l’intérieur, c’est déjà plein à craquer ! Lui aussi aurait sans doute mérité la grande salle qui lui était initialement dévolue (merci les Swans 2)

Je me rends donc dans la grande salle où va avoir lieu le concert de Gaz Coombes, ex-leader de Supergrass (tu suis toujours ? Ca va trop vite ? Eh ouais, c’est ça This Is Not A Love Song cette année). Je l’attendais également impatiemment ce concert. Et c’était nul. Enfin… carré, plat. Nul donc. Ah c’est sûr les chansons sont pas du même niveau que celles de son ancien groupe. Il semble vouloir « prouver » lors de chacune d’elles : qu’il a mûri, qu’il s’est amélioré, qu’il est capable d’écrire des chansons plus complexes et plus profondes qu’Alright ou Grace. Il s’assied au piano, la guitare en bandoulière, il jouera des 2 instruments sur le même morceau. Plus tard il passe d’une guitare électrique à une guitare acoustique au milieu de la chanson. Il se donne du mal… Mais rien ne fonctionne malheureusement. Très déçu par ce concert sans relief en tout cas. Sinon il est toujours aussi mignon, pas de problème.


Je ressors, Caribou a déjà commencé (ça va vite. Ca va beaucoup trop vite). Chouette prestation electro-pop, dansante et légère, chouette light-show, chouette groupe. Au milieu de la nuit, dans une atmosphère déjà un peu humide (il tombe quelques gouttes et la fraîcheur se fait sentir puisqu’il est minuit passé), ça l’effectue parfaitement serais-je tenter de dire. D’ailleurs je l’ai dit.

Et puis… rideau. Pas envie de revoir Thee Oh Sees qui m’avaient énormément déçus à l’automne dernier.

Bilan mitigé pour cette 1ère journée et surtout, le sentiment, la certitude même que le festival a bel et bien franchi un palier en termes de notoriété et d’envergure. Sans pour autant perdre de sa convivialité et de son atmosphère gentiment artisanale. Simplement, les concerts du jour m’ont parfois un peu déçu. Mais ça n’est que le début !

A suivre donc.

This Is Not A Love Song festival 2015

Une fois de plus, le festival nîmois This Is Not A Love Song écrase la concurrence des grands raouts estivaux. Mêlant grands noms/quasi mythes vivants (Thurston Moore, Swans), vieilles gloires indie toujours pertinentes (Gaz Coombes, Divine Comedy), alt-country (Sun Kil Moon, Giant Sand), WTF (Foxygen, Ariel Pink), découvertes (souvent françaises… et gratuites !) dans le cadre hyper accueillant de Paloma, je ne lui vois guère que La Route du Rock comme sérieux concurrent hexagonal. Il faut plutôt regarder de l’autre côté de la Manche, vers les superbes Green Man et End of the Road festivals pour trouver une programmation aussi pointue et cohérente (le End of the Road de cette année mon Dieu, quelle tuerie).10403319_941543639219698_1519468646241871777_n
Je vais à nouveau devoir méchamment jongler pour réussir à choper tout ce qui m’intéresse, surtout le 1er jour où la prestation de Gaz Coombes (ex leader de mes chouchous Supergrass pour rappel) chevauche celle de Caribou, et Thurston Moore celles de Shamir et des Swans. Problème de riche.

Un peu contrarié, et surpris, de noter que le groupe que j’ai le plus envie de voir (les Allah-Las) jouera le dernier soir, sur le (quasiment) tout dernier créneau soit à… minuit vingt. Et à l’intérieur qui plus est : je les imaginais nous balancer nonchalamment leur retro- pop 100% calif » en plein cagnard où encore mieux, au soleil couchant sur la scène extérieure, tant pis… Problème de riche là encore.

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La programmation 2015

Grande remise sera donc sur le qui vive durant les 3 jours cette fois (je n’avais assisté qu’aux 2 premières journées lors de l’édition 2014) pour des comptes-rendus de concerts bourrés de bonnes (j’espère…) et mauvaises vannes, sarcasmes, emballements injustifiés, coups de gueules gratuits mais également des réponses aux questions que personne ne se pose : les Foxygen tiennent-ils correctement la vodka-pomme ? Ariel Pink est-il aussi tordu qu’on le dit ? Les Allah-Las poussent-ils le vice jusqu’à utiliser des Iphones vintage ?

Stay tuned !

Super Furry Animals – O2 Brixton Academy, Londres

J’ai donc passé quelques jours à Londres, où la France a encore été dignement représentée.

J’y allais principalement pour assister au concert de l’un de mes 2 groupes préférés all time, les Super Furry Animals (l’autre étant les High Llamas. D’ailleurs Sean O’Hagan, leader de ces derniers, réalise les arrangements de cordes de leurs albums : y a pas de hasard comme je dis toujours).

Cette série de concerts, à laquelle ont été ajoutées des prestations dans quelques festivals estivaux, est arrivée un peu par surprise, annoncée à peine un mois avant la 1ère date, à un moment où le groupe n’a pas vraiment d’actualité sinon la réédition de Mwng, son album en langue galloise sorti en 2000. C’est ça (entre autres) que j’aime chez ce groupe : ils n’ont jamais annoncé qu’ils splittaient, ni qu’ils continuaient à enregistrer. Juste, ils font leurs trucs chacun de leur côté (Gruff Rhys notamment bien sûr, dont la carrière solo est magnifique) et se revoient quand ils en ont envie, naturellement et simplement. Là ils avaient donc décidé de se lancer dans une mini tournée britannique aux allures de célébration : les fans étaient invités à leur envoyer leurs setlists idéales.

Ces concerts, les premiers depuis 6 ans, possédaient donc une forte valeur symbolique puisque, même s’il n’y a jamais rien de définitif avec eux, on peut légitimement penser que le « projet » Super Furry Animals n’en est plus qu’un parmi d’autres pour chacun de ses membres. Pas évident du tout qu’ils ressortent un jour un nouvel album… En un mot :  je pouvais pas rater ça.

Je les avais déjà vus en concert à Toulouse il y a près de 15 ans à l’occasion de la tournée consécutive à Rings Around the World, l’un de leurs tous meilleurs albums : une salle pourrie, un public très clairsemé et malgré une prestation haut de gamme, la sensation que je ne les avais pas vus dans les meilleures conditions.
Là, c’est sûr, ça serait une autre histoire.

La salle déjà, l’une des plus connues de Londres.20150509_193317
Superbe, dans un style classique tendance rococo, elle m’a un peu fait penser à l’Olympia.

Première partie assurée par les oubliés Magic Numbers. « Oubliés » car suite à une petite hype dans la foulée de la sortie de leur 1er album en 2005, ils ont un peu disparus de la circulation. Sans que ça soit réellement scandaleux, on va pas se mentir. Prestation carrée et honnête dans une salle quasiment vide (elle se remplira totalement au dernier moment), je me suis poliment fait chier selon l’expression consacrée. RAS, vraiment.

21h pétantes, la salle est enfin plongée dans le noir. Le public, masculin essentiellement, des mecs de mon âge, qui ont sans doute comme moi connu le groupe dès ses débuts en 1995 et l’ont religieusement suivi jusqu’à aujourd’hui, est chaud bouillant. Les premières mesures de l’instrumental (A) Touch Sensitive résonnent sur fond de projections de logos et animations emblématiques de la carrière du groupe. Le groupe dont la formation n’a absolument pas changé en 20 ans (c’est suffisamment rare pour être souligné) débarque en combinaison blanche de scientifiques, empoigne ses instruments et double la bande son, qui s’efface. Puissant, déjà. A l’issue, 1er tube, 1ère baffe : Rings Around the World, l’un de leurs morceaux les plus efficaces et fédérateurs, repris en choeur par TOUTE la salle. Premiers frissons* donc : quel plaisir que cette sensation immédiate d’assister à un grand moment, dans une communion totale, joyeuse et généreuse.

Do or Die et Ice Hockey Hair s’enchaînent immédiatement, sans transition : quel pied putain !

Mais comme disait le grand Francis, c’est que le début (d’accoreuh d’accoreuh) : le logo de l’album Radiator (le meilleur et le favori de Ceux Qui Savent) apparaît en arrière-plan, deux trompettistes rejoignent le groupe qui se lance dans Demons, premier très grand moment de ce concert. C’est parti très, très fort mais là ça décolle VRAIMENT pour le coup, sur un morceau-synthèse de ce groupe à la fois accessible, expérimental, fondamentalement joyeux et toujours mélancolique. Pas le temps de souffler et de se remettre d’une version alanguie absolument sublime, ils enchaînent sur Northern Lites  leur irrésistible calypso sauce mariachi ! « There’s a distant light / A forest fire burning everything in sight » : je chante à tue-tête, j’aurai plus de voix dans 2h.

Petit moment de répit, Gruff remercie la salle une 1ère fois. Je comprends pas tout ce qu’il dit, il a quand même un putain d’accent le bougre. Le logo de Mwng, leur album chanté en gallois donc, est désormais projeté derrière le groupe.

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Suivent 4 chansons tirées de ce disque merveilleux, plaidoyer humble et bouleversant pour une langue très largement minoritaire, qui réussit la prouesse de ne jamais sentir le folklorisme ou le régionalisme. Passage d’autant plus touchant que c’est le seul moment de le soirée au cours duquel le public montre une certaine distance voire inattention (j’entends nettement les gens discuter alors que je suis plus proche de la scène que du fond de la salle) : j’ai toujours pensé que les gallois étaient un peu les parents pauvres de la Grande Bretagne, moins populaires que les Irlandais, moins forts en gueules que les Ecossais. La preuve encore ce soir : quand ça chante en gallois, les anglais s’en foutent un peu, s’impliquent en tout cas nettement moins. Je trouve ça triste et beau à la fois car le groupe n’en a cure, il semble particulièrement impliqué, pénétré même durant ces 4 morceaux. Il ne revendique rien de toutes façons et cet album, Mwng, s’apparente davantage à un geste esthétique qu’à un véritable manifeste militant. En tout cas c’est un très beau passage et je chante en phonétique les paroles de Y Gwyneb Iau ou Pan Ddaw’r Wawr. Grande remise, le blog qui n’a pas peur du ridicule.

Le best of reprend ensuite son cours. Bon, je vais pas citer les titres un par un, mais c’est absolument génial. Le groupe joue au cordeau des titres qu’il connaît et maîtrise par cœur. La setlist est idéale, parfaite, mêlant tubes attendus (Juxtaposed With U) et faces B ayant accédé au statut d’incontournables (Arnofio / Glô in the Dark). Immense émotion sur Hello Sunshine, une de mes chansons fétiches (tout court, pas seulement du groupe). Grösseu folieu sur Golden Retriever : toute la salle beugle et saute dans tous les sens. Mon voisin un peu imbibé me marche sur les pieds : il s’excuse très poliment; je lui réponds que c’est rien, il me prend par l’épaule pour sauter de plus belle sur la fin du morceau. Je retiendrai également un superbe Zoom ! auquel je ne m’attendais absolument pas.

Alors qu’ils jouent depuis près de 2h, Gruff se lance dans son plus long discours : il évoque bien sûr la réélection de David Cameron l’avant-veille et se déclare « pissed off for the next 5 years ». Il remercie ensuite chaleureusement le public et parle d’une série de concerts  très importants  pour eux (c’est le dernier ce soir avant les festivals d’été) et très chargés émotionnellement. Ovation.

Bim, Fire in My Heart, love song sincère et tordue. Beaucoup de types d’âge mûr ont les yeux humides en faisant les « papapapapa » du final. Faut en garder un peu car Gruff annonce le dernier morceau : Mountain People, déclaration d’amour au peuple gallois, ritournelle country-pop qui s’achève dans une frénésie techno surpuissante.

Dernier morceau ? Non évidemment : ils ne peuvent pas ne pas jouer le dernier morceau que tout le public attend, que nous savons pertinemment qu’ils vont nous asséner pour nous achever. Ils attaquent donc sans transition ou presque leur hymne anti-establishment (construit sur un sample de Showbiz Kids de Steely Dan, la classe de ces mecs putain), The Man Don’t Give A Fuck. Public en fusion. A mi morceau, ils quittent la scène quelques minutes alors que la coda techno du titre s’étire et reviennent affublés de leurs costumes de yétis pour reprendre la chanson là où ils l’avaient laissée. Là c’est VRAIMENT n’importe quoi dans le public, le délire total : « you know they don’t give a fuck about anybody else, you know they don’t give a fuck about anybody else, you know they don’t give a fuck about anybody else » ad lib, à gorge déployée, pendant que sur scène les 5 headbangent méchamment.

Là c’est fini, c’est sûr. 2h15 sans répit, un concert total comme on parle de football total : je me dis pour la énième fois que ce groupe est tellement et injustement sous-estimé alors qu’il touche à tout avec une facilité déconcertante (pop, folk, glam, punk, electro, psych etc), s’adressant au plus grand nombre comme aux music nerds les plus exigeants. Un groupe pop au sens le plus pur et noble du terme. Avec ce petit zeste de folie ou d’excentricité, peu importe comment on le qualifie, qui finit de le distinguer et de le rendre irrésistible.

C’est très rare que je connaisse au cours d’un concert ce sentiment sans doute un peu couillon de fraternité générationnelle, de partage, de communion autour d’une même passion. Les Super Furry Animals sont quasiment inconnus en France : lorsque je les avais vu à Toulouse nous étions je pense très très peu nombreux (la grande majorité étaient des britanniques) à partager la même ferveur. Et nous devions être une petite centaine à tout casser… Ce soir nous étions près de 5000 et c’était bon.
Ca fait beaucoup de superlatifs, j’en fais des caisses, j’en ai conscience. Mais j’ai illico rangé ce concert dans mon panthéon de concerts marquants et inoubliables, aux côtés de ceux d’Elliott Smith, Neil Young ou Ty Segall.

C’est couillon, encore, mais j’ai simplement envie de dire merci à ces 5 types, Gruff, Huw, Daffyd, Guto et Cian, parce qu’ils ont des prénoms géniaux déjà, mais surtout pour ce très beau moment et tous ceux, innombrables, qu’ils m’ont offert depuis 20 ans. Ils ressemblent à rien, ont un sens visuel proche du néant (toutes leurs pochettes d’albums, ou presque, sont véritablement immondes) mais je leur dois parmi mes plus belles émotions musicales, et donc émotions tout courts, depuis autant d’années. Je les aime encore plus après ce concert, ce qui n’est pas peu dire.

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Diolch i chi ❤

*les titres dont j’ai mis le lien on été enregistrés lors de cette dernière tournée. C’est sans doute ma subjectivité qui va s’exprimer là mais j’ai le net sentiment que les versions auxquelles j’ai eu droit étaient encore meilleures… J’ai fait mes propres videos mais j’ai pas pu m’en empêcher, on m’entend chanter dessus donc bon voilà quoi.

#40 Michel Houellebecq – Présence Humaine

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Voilà un album dont la réputation est peu à peu en train de s’affirmer et de s’établir : c’est souvent la même histoire, à force de répéter que tel disque est un classique oublié, il devient un classique tout court au bout d’un certain temps.

En tant que fan de Bertrand Burgalat ET de Michel Houellebecq, je l’ai évidemment tout de suite acheté, aimé et élevé au rang de classique de ma discothèque.
Si le rapprochement entre les 2 auteurs a pu paraître très surprenant à première vue, il est ensuite devenu l’évidence même : l’univers ultra pop et coloré de Burgalat se révèle souvent plus inquiet qu’il n’y paraît et l’écriture de Houellebecq, souvent qualifiée de glauque (pour faire court) n’en est pas moins pourvue d’un vernis ou d’aspirations très solaires. Sommets du genre, Playa Blanca et les Pics de pollutions, qui donnent à la fois envie de jerker avec style ET de se foutre une balle dans le cul (« Fin de soirée, les estivantes prennent un 2ème apéritif. Elles échangent des regards pensifs, remplis de douceur et d’attente »).

Présence humaine c’est aussi la naissance de l’un des meilleurs groupes français du monde, les magnifiques AS Dragon première mouture. J’ai dit tout le bien que je pensais d’eux dans ce papier. Et leur album live, en compagnie de Burgalat, fait partie de mon top 100.
C’est cependant le groupe Eiffel qui joue sur Présence humaine : AS Dragon s’est formé pour la tournée consécutive à la sortie du disque. Le clavier du groupe, Michaël Garçon, revient ici sur un des moments les plus WTF, sublimes et wock’n’woll de l’histoire du rock français.

J’ai eu la chance d’assister au concert toulousain de la tournée et 15 ans après, ça reste un souvenir très fort et vivace : Michel Houellebecq, transpirant et quasiment en transe dans sa parka, déclamant ses textes en dépit de tout sens du rythme, accompagné d’une bande de mecs un peu louches, super classe et qui envoient avec nonchalance, sinon détachement, un rock teinté de heavy soul qui tabasse violemment. Grand souvenir.

#39 The High Llamas – Beet, Maize and Corn

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On va pas se mentir : j’ai complètement perdu le fil de ce top 100. Alors je vais y aller mollo histoire d’avancer malgré tout et d’alimenter un peu ce blog moribond.

3ème album des High Llamas dans mon panthéon personnel donc. Il est entendu que j’aime passionnément tous leurs disques mais le groupe a selon moi enregistré 2 véritables chefs d’oeuvre : Hawaii et celui-ci, Beet, Maize and Corn.

Suite à son disque de transition (la précédente entrée du top, il y a pile 5 mois…) annonciateur d’un changement important, le groupe évoque ici beaucoup moins la côte Ouest des Etats-Unis que la côte Est, voire les rives de la Tamise : on relève trop peu souvent que Sean O’Hagan, grand passionné d’architecture et de paysages urbains autant que bucoliques, consacre l’essentiel de ses paroles à l’évocation de bâtiments, rues, quartiers londoniens. C’est particulièrement le cas ici, ça l’est encore sur les 2 albums suivants.

Musicalement, la tonalité générale est également à la Vieille Europe, à la désuétude. On est loin, trèèèèèèèèès loin du rock, de la pop même. Beet, Maize and Corn est un disque d’un infini raffinement, la musique d’accompagnement de quelque cocktail élégant et précieux des années 20. Une merveille absolue.

J’essaierai à un autre moment peut-être de consacrer aux High Llamas (et à Liam Hayes/Plush, Super Furry Animals, Wes Anderson, Will Ferrell) le billet qu’ils méritent mais aujourd’hui c’est tout ce que j’ai.

Liam Hayes and Plush – Le Pop up du Label, Paris

Je pense que pas mal de mes lecteurs ne le savent pas donc petite précision liminaire : Plush, c’est lui

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Eh non, c’est pas moi sur mon avatar.
Plus exactement, il s’agit de la pochette de l’album qui l’a rendu « célèbre », Fed (je reviendrai une autre fois et en détails sur le pourquoi des guillemets).

Il semble avoir abandonné son alias, passant progressivement de Plush à Liam Hayes and Plush et désormais Liam Hayes tout court pour son dernier album, Slurrup.

Tout ça pour dire, puisque le mec fait partie des mes héros absolus depuis pas mal d’années, que ma carte bleue n’a fait qu’un tour lorsqu’il y a 1 mois environ j’ai vu qu’il jouait à Paris le 16 janvier.
J’en revenais pas bordel… Neil Young tourne régulièrement, Brian Wilson, Paul Mac Cartney aussi, plus ou moins… Disons que je sais que je peux les choper un jour ou l’autre (cette possibilité faiblit chaque année évidemment…), en tout cas, j’en ai déjà eu l’opportunité. Tout comme Belle and Sebastian ou Wilco pour citer 2 groupes que je souhaite ardemment voir sur scène un jour. Mais Liam Hayes… Il donne peu de concerts, encore moins en Europe, et il me semblait bien qu’en 20 ans de carrière, c’était la 1ère fois qu’il jouait en France (j’en ai eu la confirmation).

Le concert avait lieu au Pop Up du Label, restaurant-bar-salle de concert proche de la gare de Lyon.
Première partie assurée par les parisiens de Clint Is Gone, dont les amis et la famille remplissaient la salle aux 3/4 (je n’exagère pas). Folk-pop sympathique… Bon, ok je me suis fait chier. A ma décharge, tu m’aurais mis n’importe qui, je me serais fait chier aussi tellement j’étais impatient. Je dois avouer qu’ils étaient plutôt bien en place et que leurs compositions ne manquent pas de savoir-faire sinon de charme. Public très enthousiaste donc, ça a du leur faire chaud au cœur.

Mais du coup, quand vient le moment pour Liam Hayes de prendre la scène avec son imposant et débonnaire bassiste et son batteur évadé des Small Faces… ben tout le monde ou presque s’en fout et se rapatrie vers l’arrière de la salle : sans exagérer là encore, je pense qu’on devait être une 30aine, et encore (sur 200 à la louche), à être vraiment là pour lui (dont le grand Mehdi Zannad aka Fugu, aux premières loges). Ca me rend triste ce genre de choses, sachant que le mec fait partie selon moi des tout meilleurs orfèvres pop actuels et que sa carrière chiffre déjà 20 ans d’ancienneté (mais je pourrais justement dire la même chose au sujet de Mehdi Zannad qui lui aussi continue d’évoluer dans une scandaleuse confidentialité).

Bon, que dire? De toutes façons, je manque totalement d’objectivité, ce mec me fascine. Sa carrière, ses disques, ses compositions, en elles-mêmes puis à cause de l’importance qu’elles ont prises dans ma vie quel que soit l’enrobage qu’il a choisi de leur donner (piano-voix du petit matin, soul-pop tordue, soul-pop gouleyante, pop canonique, power pop). On touche ici à l’intime, à l’inexplicable, à l’irrationnel même, au fait que CETTE chanson, CE film, va résonner en toi au moment M, créer un cataclysme émotionnel et t’accompagner, tu le sais, pour le restant de ta vie. Et quand ces chansons (ou ces films) se multiplient chez le même artiste, on en arrive à mettre Liam Hayes sur le même plan que Sean O’Hagan, Neil Young, Wes Anderson ou Clint Eastwood dans son panthéon.

Pour en revenir à son art, le voir et l’entendre jouer ses compositions de la sorte (en trio guitare-basse-batterie) a révélé si besoin était, leur caractère unique de chansons certes aimables, foncièrement pop, mais pleines de chausses-trappes car basées sur des accords et des suites d’accords complexes (ces lignes de guitare de malade nom de Dieu…). C’était particulièrement flagrant sur les titres de Fed, son album le plus orchestré : joués de manière quasiment dépouillée en comparaison de l’album, elles révélaient encore d’insondables richesses.
Tu l’auras compris : c’était absolument génial puisqu’en même temps, très simple, très bonhomme, très joyeux et très dansant. Comme lu récemment, Liam Hayes est un artiste culte pour artiste culte mais c’est aussi quelqu’un qui compose des chansons que tout un chacun peut aisément fredonner : ce ce que son concert a encore démontré, et de quelle manière !
La set list ci-dessous :

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C’était d’ailleurs la 1ère fois que je récupérais la setlist d’un concert. Je vais la faire encadrer (je suis sérieux).

Il a joué des titres de tous ses albums, en privilégiant bien entendu le dernier, très power pop, qui se prête donc particulièrement à ce traitement scénique direct et nerveux. Mais les titres de Fed nom de Dieu (Whose Blues, I’ve Changed My Number)…

Une heure de concert je dirais, j’ai pas fait gaffe, c’est passé en un clin d’oeil.
A la sortie, il était à la table de merchandising, j’en ai donc évidemment profité pour acheter son dernier album sorti quelques jours auparavant à peine, me le faire dédicacer et lui dire tout le bien que je pense de lui.

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Instant groupie très embarrassant sur lequel je jetterai un voile pudique.
J’étais vraiment très ému, c’était un très très grand moment pour moi ce concert.

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Top albums 2014 – 2ème partie

Comme l’an dernier, un neumbeur ouane indiscutable, le reste très difficile à départager. Pour les places de 20 à 11, c’est ici que ça se passe.

10 – The Pearlfishers – Open Up Your Coloring Book

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Malgré la « révolution numérique » comme on dit dans les hebdomadaires sérieux, il y a encore, en 2014, des artistes/groupes importants qui semblent encore marginaux, au sens où très peu de gens connaissent leur existence. Les écossais Pearlfishers en font partie, j’y reviendrai dans mon top 100. Leur dernier album ne déroge pas à leur règle : sensible, précieux, sophistiqué, il milite pour une pop de (très) grande classe qui verraient se rejoindre, comme dans un rêve, Burt Bacharach, Todd Rundgren, les Beach Boys et Belle and Sebastian. Cet album se heurte à la même limite que tous leurs précédents (un déficit de charisme chez son leader à la voix trop limitée) mais d’un simple point de vue compositions/arrangements, c’est peut-être le plus beau disque de l’année.

9 – Timber Timbre – Hot Dreams

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L’exception americana qui confirme la règle. Un album d’une volupté phénoménale qui évoque souvent les atmosphères à la fois sensuelles et oniriques de David Lynch. « I wanna wake from hot dreams of you », punchline lovah lovah de l’année.

8 – Tahiti 80 – Ballroom

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J’ai une relation compliquée avec Tahiti 80… Théoriquement, c’est un groupe que j’aime de façon inconditionnelle : une éthique pop à faire passer Phoenix pour Motorhead, des mecs coolos au goût exquis (voir les mixtapes géniales qu’ils postent très régulièrement et gratuitement donc sur Facebook), de belles pochettes, des connections irréprochables (Mehdi Zannad, Richard Swift). Concrètement, je suis souvent un peu déçu par leurs albums, que je trouve toujours trop tarabiscotés alors que le groupe n’est jamais aussi bon que lorsqu’il va à l’essentiel (comme sur Activity Center, leur chef d’oeuvre selon moi). Ici, j’ai l’impression qu’ils sont enfin parvenus à un équilibre parfait entre leur ça « ligne claire » et leur surmoi expérimental. Et c’est super !

7 – Temples – Sun Structures

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Je les ai longtemps taxés de « Tame Impala du pauvre » et c’est assez injuste. D’abord parce que leur musique n’a pas grand chose à voir avec celle des australiens finalement (même s’ils affectionnent tous 2 le psychédélisme late 60s), ensuite parce qu’elle possède beaucoup de qualités. Principalement, celle qui me bluffera toujours chez tous les branlotins britanniques du même ordre qu’on se ravise in extremis de baffer : on peut convoquer toutes les références qu’on veut, on peut louer la production à la fois rétro et jamais passéiste, Sun Structures c’est avant tout des refrains hyper accrocheurs et des tunes comme disent les anglo-saxons qui rentrent illico dans la tête pour ne plus en sortir. Cet incroyable talent mélodique chez les britanniques à peine sortis de l’adolescence me bluffera toujours.

6 – Jim Noir – Finnish Line

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J’ai tenté d’expliquer récemment toute l’affection, l’amour même que je pouvais porter à ce mec et à son dernier album. Tellement traditionnel selon ses critères qu’il en deviendrait presque expérimental.

5 – Liam Hayes – Korp Sole Roller

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J’en reparlerai dans mon top 100 là aussi mais Liam Hayes… Gros, très gros dossier. Dans l’immédiat et pour faire court, après avoir incarné l’un des seuls vrais mythes pop de ces 20 dernières années (sous son pseudonyme Plush), il avance désormais sous son propre nom et s’est un peu ouvert au monde : Roman Coppola a fait appel à lui pour composer la bande originale de son dernier film et dans la foulée de cette exposition sans doute inattendue pour lui (et du succès, même tout relatif, qu’elle a engendrée) il a donc sorti un nouvel album cette année… avant d’en sortir un autre dès janvier 2015 ! Bon, après, pour situer rapidement : c’est de la pop de très, très haute volée, mélodique à souhait, élégante et immédiate à la fois, teintée de soul, qui évolue à la marge mais s’adresse à tout un chacun. Un mec né à la mauvais époque : aujourd’hui plaisir d’esthète pour 3 pelés alors qu’il aurait pu être superstar dans les années 70.

4 – Forever Pavot – Rhapsode

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Rhapsode c’est un peu le disque que j’attendais depuis des années sans jamais le voir venir. Un albeum qui ravive le souvenir des grands compositeurs français des années 70 (Goraguer, Vannier, De Roubaix) sans jamais sentir la naphtaline. Un disque aussi prog que pop, aussi précis qu’accessible, aussi aimable que dérangeant (je pense souvent à Quentin Dupieux en l’écoutant). Coup de maître !

3 – Allah Las – Worship the Sun

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J’écrivais à propos de Tahiti 80 que c’était un groupe que j’adorais théoriquement mais pas toujours sur disque et bien ici on a affaire à un groupe 100% Grande remise. C’en est presque caricatural… Ces mecs ont TOUT juste :  les tronches, les fringues, les pochettes, les titres de chansons et, cerise sur le gâteau, les chansons elles-mêmes. Allah-Las, c’est le groupe dont j’ai toujours rêvé, qui synthétise tout ce que j’aime esthétiquement et musicalement. Ceci étant, j’aime un tout petit peu moins cet album que leur premier car s’il est tout aussi « californien », il me semble moins influencé par la mer que par l’intérieur des terres (ambiances un peu plus « désertiques »). Il sent moins les embruns, un peu plus la poussière quoi. Autre bémol : si sur le 1er album ils parvenaient à une synthèse miraculeuse de surf/pop/garage qui n’appartient qu’à eux, ils évoquent ici d’autres groupes qu’eux mêmes (les Sadies, les Beachwood Sparks). Bon je chipote, ils sont numéro 3 sur une grosse cinquantaine de disques écoutés cette année, c’est dire si je les aime.

1 – Ty Segall – Manipulator / Sébastien Tellier – L’Aventura

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Impossibles à départager vraiment… J’ai autant écouté l’un que l’autre, préféré alternativement l’un à l’autre, vu chacun d’eux en concert cette année (2 fois Ty Segall). Ce sont les 2 disques de l’année pour moi, loin devant tous les autres.
Pas grand chose en commun évidemment, tout semble même les opposer mais ensemble, ils synthétisent tout ce que j’aime et attends de la Pop : immédiate et mélodique chez l’un (Ty Segall, comme chez les Allah-Las ou Thee Oh Sees pour résumer), sophistiquée et aventureuse chez l’autre (Tellier, comme Forever Pavot par exemple). Ils fonctionnent en outre comme 2 genres de best of de leur auteur : Manipulator, usine à tubes pop, garage, glam, folk, introduction parfaite pour qui ne connaitrait rien de l’univers du californien; L’Aventura, synthèse impeccable de tous les précédents albums du divin barbu, qui emprunte à chacun d’eux sans exception et par lequel il serait tout à fait judicieux de le découvrir.

A bientôt pour le top ciné.

Top albums 2014 – 1ère partie

2014 année pop sur Grande remise. Je veux dire, encore plus que d’habitude.

J’ai laissé tomber, ou presque, l’Americana. Lassé… L’impression d’avoir un peu fait le tour de la question même si c’est absurde de dire ça tellement le genre est vaste et diversifié. Mais tout ce que j’ai pu écouter cette année d’approchant (Angel Olsen, War on Drugs pour citer 2 exemples de très bons albums) a fini par me fatiguer.  Du coup, pas écouté non plus une seule fois Bill Callahan par exemple. PAS ECOUTE UNE SEULE FOIS NEIL YOUNG BORDEL. Weird… Ca reviendra certainement mais c’est pas pour tout de suite. Gros gros recentrage pop ces derniers mois. Me suis même remis à des trucs que j’avais laissé de côté depuis un bon moment (Bacharach, Esquivel, Morricone).

Du coup, un top chamarré, mélodique et harmonique à souhait. Et un peu mélancolique aussi. Oui, absolument : un top Grande remise.

20 – The War on Drugs – Lost in a Dream

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Bon, je le mets quand même parce que c’est un très bel album. Il est parmi les plus plébiscités cette année, tout en haut des tops de fin d’année quelle que soit la publication, et c’est très mérité. Pour ceux qui l’auraient pas encore écouté : c’est très beau mais on a quand même envie d’ouvrir la fenêtre en grand après hein.

19 – The Coral – The Curse of Love

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J’ai déjà clamé maintes fois haut et fort mon amour pour ce groupe. Album enregistré en 2008 mais gardé « secret » jusqu’à cette année, The Curse of Love m’a d’abord un peu déçu. Mécréant que je suis : c’est du Coral première mouture (avant le départ de leur guitariste virtuose Bill Ryder-Jones donc) de tout premier ordre : romantique à souhait, avec ce je-ne-sais-quoi de spectral et un peu flippant et cette inimitable ambiance maritime et nocturne. Genre veillée sur la plage de Hoylake (leur ville d’origine) au 19ème siècle.

18 – Nick Waterhouse – Holly

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Un peu trop poli et ripoliné sur disque, Nicolas Maison de l’Eau doit sa place à un concert absolument phénoménal que j’ai relaté ici. M’enfin, même avec ce bémol, c’est la grosse classe et le jour où il arrivera à capter en studio ce dont il est capable en live, ça sera immense. Si je devais classer les albums selon leur pochette uniquement, Holly serait évidemment bien plus haut.

17 – Ariel Pink – Pom Pom

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Le Branleur dans toute sa splendeur. Mais le BD, le Branleur Doué, agaçant donc et pour lequel on a malgré tout une certaine admiration. On sent qu’il en a encore sous la pédale en plus ce petit con.

16 – François & the Atlas Mountains – Piano Ombre

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J’en parle un peu ici. Je n’ai pas grand chose à dire de plus : François & the Atlas Mountains, c’est un genre de Pop totale (comme on peut parler de « football total ») qui investie tous les terrains avec un appétit formidable et contagieux et qui a peu d’équivalents à l’heure actuelle. Pas seulement en France.

15 – Dorian Pimpernel – Allombon

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Ca se confirme d’année en année : la pop française se porte à merveille. Rejetons d’une famille qui irait de Bertrand Burgalat à Fugu/Mehdi Zannad en passant par Aquaserge, les Dorian Pimpernel n’aiment rien tant que d’aller d’un point A à un point B en passant par toutes les autres lettres de l’alphabet. Dans le désordre. Un disque exigeant donc, sous des atours aimables. Très stimulant.

14 – Avi Buffalo – At Best Cuckold

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Du 1er album d’Avi Buffalo, je garde le souvenir d’un disque assez sympathique mais plutôt anecdotique. Là il nous sert l’histoire du mec qui a franchi un palier sans que personne le voie venir et qui se retrouve un peu ailleurs. Vers le Mercury Rev de Deserter’s Song, pas moins. Overwhelmed with pride, un des plus belles chansons de l’année.

13 – Thee Oh Sees – Drop

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Dans mon top pour la 3ème année consécutive : sacrée constance donc y compris dans la laideur des pochettes. Sinon, des chansons toujours aussi hargneuses, vicieuses et accrocheuses à la fois. On sent le groupe qui n’accèdera jamais à la véritable excellence, qui a sans doute atteint ses limites mais c’est quand même très bieng.

12 – Gruff Rhys – American Interior

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Gruff, je l’ai dit à maintes reprises, est un de mes héros absolus et chacun de ses albums, en solo ou avec les Super Furry Animals, c’est top 5 ou top 10 minimum. Ce « mauvais » classement (pour lui) révèle donc une légère déception : je préfère le Gruff Rhys bricolo des 3 premiers albums (et j’aime pas du tout cette pochette). Mais c’est évidemment de la Pop avec un grand P et ce mec est un génie pour lequel j’ai une affection et une admiration intactes.

11 – Molto Groovy Christmas

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Il faut toujours un élu de dernière minute et cette année c’est lui. J’en parle un peu ici. Après… je me rends compte que tous ceux qui ont chroniqué ce disque, même quand ils en disent du bien, le font de manière un peu pincée et ça m’énerve. Putain, c’est hyper bien réalisé, c’est super élégant, ça fourmille d’idées, c’est euphorisant, c’est même émouvant parfois, c’est de la Pop avec un grand P, pourquoi toujours cette légère condescendance envers cette musique ? La même dont on fait preuve envers les comédies. Ca m’énerve !  Je suis énervement là, je suis colère, je suis bitch resting face. Les comédies, la Pop, c’est la vie bordel ! Quel pied ce disque ! Oui ! Avec des points d’exclamation tout partout ! A demain ! Pour le top 10 !

Le sapin, les guirlandes, les boules… et le groove !

Il n’aura pas échappé aux mieux informés d’entre vous que ça y est, on y est, cette fois c’est sûr, on va pas y couper : c’est Noël.

Ceux qui savent, savent que j’ai déjà rédigé ce billet l’an dernier à la même époque. Il est toujours d’actualité et le bingo de Noël de Topito  (vraiment bien vu ce top) te sauvera peut-être à nouveau, sinon la vie, du moins la journée.

Mais cette année c’est la fête ! Youpi ! Et ce grâce à cette petite merveille qui entre illico dans le top des meilleurs albums de Noël (un billet que j’aurai peut-être le temps de rédiger l’an prochain).

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C’est produit par Roman Coppola et Alessandro Casella et réalisé par le multi-instrumentiste Carlo Poddighe. C’est bourré d’orgues qui glougloutent, de basses au médiator, de guitares qui fuzzent, de breaks de batterie hystériques. Ca sent le jerk, la surf music, les bo italiennes des années 60 ou 70, le freakbeat, la heavy soul, la pop psyché, appelle ça comme tu veux. Un soupçon de jazz pour le côté classieux, une petite lichette de Moog Cookbook pour faire bonne mesure versant cheapos-rigolo et on obtient LE disque de Noël 2014, funky, dansant, festif. Une tuerie de tous les instants.

Molto Natale, Molto buono, Molto Groovy !

The Go! Team

Coup de projecteur, coup de cœur sur un groupe encore trop méconnu. En plus pile poil le jour où le groupe annonce un nouvel album pour 2015, comment c’est bien foutu quand même. Grande remise, le blog qui est trop sur le coup.

The Go! Team
The Go ! Team est un groupe anglais (de Brighton je crois) auteur de 3 albums très similaires sur la forme et de qualité quasiment égale. Il possède une identité sonore très forte, singulière et rapidement identifiable répondant à une philosophie fondamentalement « samples, collages et joyeux bordel ». Rock, hip hop, soul, génériques TV vintage (le premier truc auquel j’ai pensé quand j’ai entendu ce groupe c’est le générique de Hawaii, police d’Etat), J-pop, samples savants (même si pas tant que ça en fait, beaucoup de parties sont jouées live), tout se mélange dans des proportions variables selon les titres pour un résultat invariablement tubesque. Sans oublier, bien sûr, LA trouvaille du groupe, sa distinction la plus évidente, sa marque de fabrique pourrait-on dire : les double-dutch chants, autrement dit ces chants hyper pêchus d’écolières américaines sautant à la corde. Des chants de cours de récré en somme.

The Go ! Team, c’est l’euphorie absolue, la bande-son d’un sentiment d’invincibilité et d’exaltation total. Cette musique que tu entendais dans ta tête lorsque tu obtenais le cadeau que tu n’aurais jamais osé demander pour Noël ou pour ton anniversaire (genre une panoplie de cow-boy incluant notamment 2 flingues et un gilet à franges, je dis ça comme ça hein, c’est un exemple tout à fait au hasard pas du tout du tout basé sur une expérience personnelle), lorsque tu te baladais dans la rue avec tes potes, fiers comme des couillons parce que vous aviez réussi à choper une canette de bière à vous partager à 5 dans un coin ou encore que tu marquais un but de dingue devant les filles pendant une partie de foot à la récré (tu n’as compris que trop tard pour ta dignité que celles qui n’en avaient tout simplement rien à secouer se foutaient plutôt de ta gueule). La pochette de leur 2ème album, Proof of Youth (le titre, déjà) synthétise bien cet esprit fun, fier et casse-cou. Ose me dire qu’après avoir entendu n’importe lequel de leurs titres, tu n’es pas gonflé à bloc pour faire un saut à l’élastique / envoyer chier ton supérieur hiérarchique / verser le lait avant les céréales dans ton bol.

Rien que les titres, déjà : Ladyflash, The Power is on, Junior Kickstart, T.O.R.N.A.D.O., Ready to Go Steady, Titanic Vandalism, voilà qui n’engendre pas la mélancolie ! Même si elle est bien présente : The Go ! Team, c’est la bande-son de la pré-adolescence, de ce moment-clé où tu pressens que tu vas définitivement quitter le monde de l’enfance, que c’est formidablement excitant mais que ça te rend un peu triste en même temps. C’est très beau d’avoir réussi à capter et retranscrire ce moment si précieux je trouve, sur ce morceau par exemple.