#43 Antonio Carlos Jobim – The Composer of Desafinado, Plays

Antonio Carlos Jobim - The Composer of Desafinado Plays
La musique brésilienne, la bossa nova en particulier, et l’oeuvre de Jobim encore plus précisément, est mon genre de prédilection en dehors du « rock ». Plus que la soul, le classique ou le jazz. Et le disque de la révolution en ce qui me concerne et en ce qui concerne un grand nombre de ceux qui ont un jour vu la lumière auriverde, le meilleur, le plus accessible, celui qu’on doit passer à quelqu’un qui n’a jamais entendu cette musique, c’est celui-ci, y a pas débat.

The Composer of Desafinado, Plays me fait encore aujourd’hui, après un nombre incalculable d’écoutes, le même effet que le premier album de Big Star : je suis fasciné par la pureté de ce son, par son raffinement. S’il fallait trouver une description audio au terme « élégance », ce disque figurerait à coup sûr parmi les candidats les plus crédibles. Ce piano aristocratique, ces percussions délicates et nimbées d’écho… Ces nuages de corde, des alizées…
Dans son versant « joyeux », la musique de Jobim convoque des images de party raffinée et stylée au bord de la piscine d’une villa conçue par Oscar Nimeyer. Dans sa version la plus mélancolique, on songe à une histoire d’amour tragique, à la séparation irrémédiable de deux amants… Le génie de Jobim est à mon sens d’être parvenu à composer une musique dont l’élégance confine au détachement sans que paradoxalement, l’émotion créée, et ressentie, en pâtisse. Quelle merveille nom de Dieu… Et que des tubes ! The Composer of Desafinado, Plays est tout simplement selon moi l’un des plus grands disques jamais enregistrés.

Mon rêve

Cette nuit j’ai rêvé que j’allais assister à un concert de Wilco dans le Gers. C’était assez précis et détaillé. En fait, je vais voir le groupe à Paris en novembre. Dans le rêve, ça part de là : en achetant mon billet en ligne, je constate à ma grande surprise qu’ils jouent dans le Gers (je sais pas où exactement, y avait juste écrit « Wilco – 32″, le numéro du département.)

Du coup, j’y vais, évidemment. Sur place, je tombe sur 2 quinquagénaires en pleine discussion. L’un d’eux s’appelle Fermement, il est très content de retrouver son quasi clone. Il(s) ressemble(nt) à une fusion Georges MoustakiCorbier, sauce gersoise (fort accent quoi) et c’est lui qui va assurer la 1ère partie de Wilco. En fait hier je suis tombé sur un Tellement Vrai consacré aux sosies de Claude François, ça vient de là je pense.

Bon, je m’apprête à entrer dans la salle (un bar) et là je tombe sur Miou-Miou période Tenue de Soirée (un détail qui aura son importance par la suite), Catherine Deneuve et Charlotte Gainsbourg. La Deneuve s’éclipse très rapidement à mon grand regret. Charlotte Gainsbourg est une grosse tâche, on se fout de sa gueule avec Miou (Miou. Ou Mi Oumiou. Ou M Ioumiou). La Gainsbourg ne sait pas de qui on parle quand on évoque « Jeff » (Tweedy), la lose.

On entre dans la salle et là je sais pas trop où m’asseoir (y a des chaises partout). Ce n’est qu’après m’être installé que je réalise que je me suis assis sur la chaise de Fermement qui s’apprête à attaquer son set. Toute la salle se marre évidemment : c’est clairement la séquence rigolade du rêve, et de la soirée.

Je me lève donc pour aller m’installer ailleurs et je m’assieds à côté de ma nouvelle grande copine Miou-Miou (Charlotte Gainsbourg a manifestement disparu). Là on constate qu’y a pas de scène mais des tables collées les unes aux autres et sur lesquelles le groupe est censé évoluer. On se dit avec Miou que merde, quand même, c’est sympa le Gers mais ça craint un peu de contraindre « Jeff » à jouer dans ces conditions. On est vraiment super potes et très complices.
A tel point qu’on en arrive à un véritable moment « qu’est-ce qui nous arrive? » et qu’on commence à s’embrasser.

Et c’est évidemment à ce moment là que je me réveille. En me félicitant d’être tombé sur la version 80s de Miou-Miou… Et en me sentant immédiatement un peu honteux de ce sentiment un brin misogyne.

#42 Jean-Louis Murat, Fred Jimenez, Jennifer Charles – A Bird on a Poire

a bird on a poire

A Bird on a Poire donc. Que je classe à la lettre « J » comme « Jimenez », Fred de son petit nom, tant on peut le considérer comme son architecte essentiel, même si sur la pochette c’est logiquement le nom de Murat qui ressort . Échappé d’AS Dragon, voire débauché par Jean-Oui si j’ai bien compris pour son album précédent celui-ci (Le Moujik et sa Femme), Fred Jimenez fait aujourd’hui partie du groupe de… Johnny Halliday. Bon. On est pas là pour juger.

Avant ça donc, et avant ce disque, il a pris part à la merveilleuse aventure AS Dragon des années Houellebecq (les meilleures, celles qui voyaient également Peter Von Poehl tenir la guitare rythmique). Il a donc fait partie, je le rappelle une nouvelle fois, du meilleur groupe de rock français du monde, et rien que pour ça, il mérite notre respect éternel.

Sur Le Moujik…, mais encore plus sur ce disque là, il a apporté à Murat une légèreté pop, un sens du rythme également, une souplesse, une « moëlleur », inédites et avec laquelle il n’a que très peu renoué depuis. Bourré d’irrésistibles gimmicks 60s, A Bird on a Poire est donc son album le plus accessible et le plus ensoleillé (même s’il n’exclut évidemment pas la mélancolie).

Et puis bien sûr, il y a le 3ème membre du projet, Jennifer Charles. Déjà au sein d’Elysian Fields, sa voix hyper sensuelle fait des merveilles. Mais alors là… Ok, on comprend pas toujours ce qu’elle raconte mais bordel, on s’en cogne à ce stade là, l’essentiel est ailleurs. Et l’essentiel, c’est qu’elle a une voix interdite aux moins de 18 ans.

La chute de Londres – critique

Je vois/revois pas mal de films en ce moment, films dont je parlerai en temps voulu mais j’ai évidemment choisi de m’attarder en premier lieu sur le plus pourri d’entre eux, La chute de Londres:

Les plus grands leaders du monde occidental sont attendus à Londres aux funérailles du Premier ministre britannique, mort dans des circonstances plus que douteuses. Mais ce qui avait commencé comme l’évènement le plus sécurisé de la planète tourne rapidement au désastre. Cible d’un complot terroriste, la capitale anglaise est mise à feu et à sang et la plupart des chefs d’état faits prisonniers. Seuls ont pu s’échapper le président américain et l’agent secret Mike Banning, qui vont devoir à la fois combattre pour survivre et mettre fin aux agissements des terroristes. (Allociné)

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Bon, sans surprise, c’est à chier, hyper bourrin, hyper dispendieux tout en restant cheap, bourré de punchlines paresseuses et même pas drôles (genre quand Butler arrive finalement à sauver le président se dernier lui lance: « Bon sang, j’ai cru que vous arriveriez jamais – Désolé, j’avais quelques courses à faire sur le chemin »).
Mais c’est pas inintéressant pour plusieurs raisons, la première étant précisément la relation entre le super garde du corps/chef de la sécurité interprété par Gerard Butler donc, et le président des Etats-Unis/du monde libre/de-tout-ce-qui-mérite-qu-on-se-batte-encore-sur-cette-putain-de-planète, interprété par Aaron Eckhart. Des mecs, des vrais. Burinés, musclés, qui aiment bien se raconter leurs histoires de famille avec une pudeur virile et  se mesurer la longueur de la bite se tirer la bourre lors de leur jogging matinal et quotidien. Qui aimeraient bien se tirer tout court, il faut le dire ! A tel point que lorsque c’est le président qui cette fois porte secours in extremis à son ange gardien, en déboulant tel un diable sortirait de sa boîte, on a droit à un échange assez savoureux:

– It took you very long to come out of the closet
– That’s not funny

Ben si mon vieux, justement, c’est très drôle parce que dans le genre sous-texte homo-érotique à la Top Gun, votre duo se pose un peu là.

Autre passage assez drôle : lorsqu’il débarque  en mode Rambo dans la planque des terroristes, Butler dézingue tous les bad guys sans distinction et avec une précision chirurgicale, SAUF l’un d’eux, amputé des 2 jambes et en chaise roulante : il canarde à tout va mais le mec est simplement touché à l’épaule. On rigole pas avec le politiquement correct aux States, et on ne TUE PAS un handicapé (il mourra quand même un peu plus tard lorsque le bunker sautera) même quand des terroristes pour le moins compétents font vivre à Londres ses heures les plus sombres depuis le blitz.

C’est des détails mais ça fait passer le temps.
Mis à part ça, La chute de Londres est intéressant car contrairement à la plupart des films du même genre, et malgré un aspect vraiment primaire, voire rudimentaire, il cherche (?) à éviter le manichéisme des gentils occidentaux vs les méchants islamistes: le type à la tête des terroristes cherche en fait à venger la mort des membres de sa famille lors de la sournoise attaque d’un drone américain pendant le mariage de sa fille et à plusieurs reprises, la responsabilité des USA quant aux évènements survenus lors des dernières années est mise en avant sans qu’elle soit réellement contredite ou remise en cause. J’irais évidemment pas jusqu’à dire que le film est subversif dans son propos mais c’est pour le moins curieux… C’est pas ID4 quoi. Ca ne rend pas La chute de Londres recommandable pour autant ceci dit mais enfin, tu vois l’idée.

#33 Serge Gainsbourg – Histoire de Melody Nelson

Woooooooooow, hey dis donc ça fait plus d’un an que j’ai pas posté de nouvelle entrée dans ma rubrique Top 100 moi. Faut que j’avance un peu car j’ai envie d’attaquer un autre top que je terminerai pas.

Et donc, en me replongeant dans la liste de mes 100 albums fétiches, je me rends compte que j’ai fait un énoooooooooooooooooorme oubli, en l’occurrence l’album ci-dessous.

serge_gainsbourg_lhistoire_de_melody_nelson
Une broutille.

2016 marque le 25ème anniversaire de la mort de Gainsbourg : je ne m’étendrai donc pas et je te laisserai chercher des informations pertinentes tout(e) seul(e) comme un(e) grand(e), y a qu’à se baisser pour les ramasser.

Pour ma part, je suis longtemps resté assez sceptique quant au cas Gainsbourg mais j’en suis aujourd’hui arrivé à la conclusion que je m’en foutais qu’on doive tout à son génie ou à celui de Vanier, Colombier, Birkin, Lulu ou Nana, son bull terrier : ce disque est un chef d’œuvre au pouvoir de séduction et de fascination intacts et c’est tout ce qui compte.