Babyshambles – Le Bikini, Toulouse

Babyshambles
Babyshambles, c’est le groupe de Pete Doherty.
Oui, je sais, je sais… « Keuwaaaaa? » « Mais… non, ça ne se peut… » « Je n’ose l’imaginer » « Je savais bien qu’il commettrait une erreur un jour ».

Ce jour n’est pas encore arrivé : non, je ne suis pas fan de ce groupe, encore moins de Pete Doherty. Mais voilà, mon filleul m’a offert la place pour le concert toulousain du groupe. J’ai trouvé ça adorable, ça me faisait très plaisir de l’accompagner lui et sa copine (c’est elle qui aime le plus le groupe, lui était surtout curieux).

Les jours précédents, j’essaie de ne pas trop nourrir mes a priori. J’essaie même d’écouter attentivement les 2 albums du groupe : je jette l’éponge au bout de 4 ou 5 morceaux (les « tubes » en gros). Ca n’est tout simplement pas (ou plus) pour moi et je n’arrive pas à dépasser le « personnage » Doherty. C’est comme ça.

Arrivée au Bikini et surprise, beaucoup de vieux. Je veux dire, des vrais vieux. Plus vieux que moi quoi, entre 45 et 55 ans. On se demande tous les 3 s’ils accompagnent leurs enfants mais non, la suite montre qu’ils sont là parce qu’ils aiment le groupe. Beaucoup de jeunes trentenaires aussi. Et bien sûr beaucoup d’adolescent(e)s dont les plus hardcore arborent le même chapeau que leur idole.

Première partie assurée par les Florentines dont je n’ai toujours pas compris s’ils étaient français ou anglais (la flemme de vérifier) : la première fois qu’il s’adresse au public, le chanteur semble avoir un léger accent britannique, les fois suivantes, plus du tout. Curieux. Une demie-heure de pop punky 100% britonne, un peu Clash, un peu Franz Ferdinand. Bouaif. Un dernier morceau qui décolle  un peu (y compris de ces influences trop évidentes) mais pour le reste… Bon, je suis sévère, c’était pas désagréable non plus.

Une heure passe avant que Doherty et ses 4 acolytes prennent la scène dans une chaude ambiance. L’ex de Kate Moss saccage les accords des Copains d’abord en guise d’introduction puis le choc : c’est génial. Merde alors… Le morceau d’ouverture s’intitule Nothing Comes to Nothing et je le trouve absolument génial, je peux pas dire autre chose. C’est une compo pop classique mais sans affectation inutile, très efficace et le groupe l’interprète avec beaucoup de classe. Et Doherty chante bien. Ah ben merde alors… Bon, après, l’arrivée d’un groupe sur scène, en particulier au Bikini, salle que j’adore et dans laquelle je prends toujours beaucoup de plaisir à me rendre, est toujours un moment d’émotion pour moi. Je ne fais pas suffisamment de concert chaque année (4-5 en moyenne je pense) pour être blasé.

Je me sens un peu con mais heureusement pour mon indéfectible confiance en mes a priori et pour ma mauvaise foi, tout rentre dans l’ordre dès le 2ème morceau. C’est moins précis, Doherty commence à faire son cinéma etc. Et ça continue à décliner comme ça au fur et à mesure. Ah quand même, j’me disais aussi ! Mais ce 1er morceau, qu’est ce qu’il s’est passé alors ? Il était encore sobre ?
Non parce que si j’ai d’abord eu l’impression qu’il jouait au mec bourré, les demis enfilés cul sec entre les morceaux laissent peu de place au doute : Doherty est bien le pochetron annoncé et c’est pas joli à voir. Ni à entendre: il gueule comme un putois dans le micro entre les morceaux (ça c’est pire pour les oreilles que le plus fort des concerts de Mogwai), le balance par terre, nous gratifie d’apartés incompréhensibles, rate un accord sur 2 : quel couillon. A ce moment-là je me souviens avec regret qu’il ne va pas sur ces 21 ans mais sur ses 35.

Le groupe: une section rythmique très compétente qui fait ce qu’elle peut pour sauver les meubles, un guitariste aussi pathétiquement imbibé que son leader (le mec à la gueule de déterré sur la photo) et un clavier totalement transparent. « Bordélique » s’inscrit en lettres de néon dans tous les esprits. « Shambolic » comme disent les britons (j’imagine le titre du compte-rendu du NME : « Babyshambolics! ») mais c’est encore trop flatteur car en l’occurrence, c’est carrément merdique. Le groupe ne nous épargne pas 2 morceaux reggaeisants absolument nullissimes. L’embarras me gagne.

Sur le dernier titre, un adolescent intrépide à grosse mèche réussit à grimper sur la scène pour embrasser son idole, Morrissey-style. Il y parvient mais se fait agripper par un mec de la sécurité. Doherty lui tend quand même le micro, l’ado chante alors impeccablement et malgré la confusion le refrain du titre en cours avant d’être poliment évacué : assurément le meilleur moment du show.

Les Babyshambles quittent la scène au bout d’une heure. Ils reviendront pas moins de 10 minutes plus tard, montre en main. Non mais sans déconner… Et le public, résigné, trop conscient qu’ils peuvent tout aussi bien ne jamais revenir, ne les réclame même pas. Mais ils reviennent pour deux titres (dont LE tube, Fuck Forever, correct je dois l’avouer) et c’est fini.

Dialogue d’un couple de trentenaires entendu au vol en sortant :
– Putain le guitariste il était bien rock’n’roll lui aussi !
– Ouais putain grave.

Misère…

Au final j’ai passé une très bonne soirée mais c’était pas grâce à cette grosse tâche de Doherty.

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