Blanche comme neige – critique

Claire, jeune femme d’une grande beauté, suscite l’irrépressible jalousie de sa belle-mère Maud, qui va jusqu’à préméditer son meurtre. Sauvée in extremis par un homme mystérieux qui la recueille dans sa ferme, Claire décide de rester dans ce village et va éveiller l’émoi de ses habitants… Un, deux, et bientôt sept hommes vont tomber sous son charme ! Pour elle, c’est le début d’une émancipation radicale, à la fois charnelle et sentimentale… (Allociné)

Il s’agit donc d’une d’une adaptation, ou d’une mise à jour, d’une réinterprétation, appelle ça comme tu veux, du conte de Blanche Neige. On y retrouve par conséquent une version contemporaine de la nanophile la plus célèbre du monde (Lou de Laâge), de la reine (Isabelle Huppert) et des 7 nains (Damien Bonnard x 2, il interprète des jumeaux, Jonathan Cohen, Vincent Macaigne, Benoît Poelvoorde, Pablo Pauly et Richard Fréchette). Certaines situations rappellent celles du conte, en plus de la trame principale. Voilà. C’est nul.

Enfin, « c’est nul »… Ca se regarde, en faisant preuve d’indulgence, essentiellement parce que
1. Lou de Laâge est très régulièrement à poil
2. les acteurs, notamment les 3 plus extravertis (Cohen, Poelvoorde et Macaigne) font leur petit numéro habituel et qu’ils le font bien
3. Lou de Laâge est très régulièrement à poil.

« Tchi es uneu gourmandeu toi hein »

Désolé mais bon, c’est d’une paresse… Ca se veut probablement un peu transgressif, j’ai par exemple lu quelque part qu’il s’agissait d’une version érotique du conte des frères Grimm, ou encore d’une « comédie coquine » (AU SECOURS) mais purée que c’est clicheteux, prévisible et bourgeois…
C’est pas désagréable ceci dit : j’ai une faiblesse coupable pour le cinéma français un peu bourgeois et pantouflard, pour ces films qui flirtent avec le cinéma de Chabrol sans arriver à la cheville de sa maîtrise, de son intelligence et encore moins de son caractère subversif et transgressif et qui ressemblent donc davantage à des téléfilms de luxe. J’ai l’impression que c’est le terrain sur lequel évolue souvent Anne Fontaine.

Qu’est ce qu’elle a fait de bien finalement, de vraiment bien je veux dire ? Nettoyage à sec ? Ca a plus de 20 ans… Mon pire cauchemar, avec, déjà, Poelvoorde et Huppert était pas mal… En faisant preuve d’une certaine indulgence là encore. Anne Fontaine tourne des films qui pourraient être des films du milieu (des films d’auteur populaires) mais dont le résultat n’aboutit qu’à des films au milieu, qui obtiennent tout juste la moyenne, parfois un peu plus, parfois un peu moins. Blanche comme Neige ne déroge pas à sa règle.

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Doubles vies – critique

Alain, la quarantaine, dirige une célèbre maison d’édition, où son ami Léonard, écrivain bohème publie ses romans. La femme d’Alain, Séléna, est la star d’une série télé populaire et Valérie, compagne de Leonard, assiste vaillamment un homme politique. Bien qu’ils soient amis de longue date, Alain s’apprête à refuser le nouveau manuscrit de Léonard… Les relations entre les deux couples, plus entrelacées qu’il n’y paraît, vont se compliquer. (Allociné)

Crise des gilets jaunes, réchauffement climatique, montée du populisme : Olivier Assayas n’élude aucun sujet qui fâche et livre un brûlot incendiaire, un film coup de poing, un uppercut dans la tronche du cinéma français.

Blague à part, je n’aime pas beaucoup Olivier Assayas (et pas beaucoup plus son frère rock critic, Mishka, mais c’est pas le sujet). Je trouve son cinéma appliqué, laborieux même, sans réel talent et donc sans intérêt. Je trouve qu’il n’a jamais rien à dire en vérité, et qu’il le dit mal. Bien sûr, comme tout le monde, il n’est pas à l’abri de la faute de bon goût, et certains de ses films se regardent sans déplaisir (Irma Vep, Demonlover). S’il m’agace autant au fond, c’est que je lui en veux d’être devenu l’incarnation la plus accomplie du cliché tenace que se plaisent à entretenir les contempteurs d’un cinéma français qui, selon eux, ne saurait être que verbeux, chichiteux, parisianiste, bourgeois.

Doubles vies, son dernier film, ne va pas arranger son cas et ceux qui, les pauvres, n’ont jamais pu sentir Rohmer, Truffaut ou Rivette, parleront volontiers d’un film destiné à un public de « gauchiasse boboïsante ».

Je ne rentrerai évidemment pas dans ce débat, qui n’en est d’ailleurs pas un, mais sur un strict plan cinématographique, c’est du pur Assayas: appliqué, laborieux, sans réel talent et (presque) sans intérêt.

Le presque, c’est l’un des volets de ce film double, celui de la comédie sentimentale. Oh, rien de fulgurant, encore moins d’inédit mais une classique histoire d’adultère entre couples amis, servie par une bonne distribution (avec un petit bémol pour Nora Hamzawi mais à sa décharge, pas facile d’exister face à 3 acteurs aussi aguerris et installés que Binoche, Canet et Macaigne).

Le second volet de Doubles vies, celui consacré à une réflexion autour des enjeux contemporains de l’édition, en particulier ceux liés à l’édition numérique, est édifiant. Un catalogue de clichés, de lieux communs, débités lors d’interminables tunnels de dialogues qu’on jurerait compilés à partir d’articles de L’Obs / Libération / Télérama sur le sujet. Et dire qu’Assayas passe pour un cinéaste-clairvoyant-sur-le-sujet-des-nouvelles-technologies… Idem lorsqu’il se hasarde sur le terrain de la création, avec une belle enfilade de clichés, encore, sur la fiction, l’auto-fiction, la réalité qui inspire les romanciers, la violation de l’intimité etc. Clichés éculés en plus. LE gag du film: le personnage interprété par Vincent Macaigne raconte dans son dernier bouquin s’être fait sucer lors d’une séance du Ruban blanc d’Haneke, alors que dans la réalité, il s’agissait de Star Wars, la Menace fantôme. On sent qu’Assayas sent qu’il tient un truc, qu’il s’amuse de sa pseudo-audace, que ça l’excite même peut-être. Misère… De manière générale, les tentatives d’humour sont assez pathétiques, avec toujours cette impression que sa bite (à l’humour) a un goût, qu’il aimerait bien mais qu’il ose pas. Ou qu’il ne sait pas, tout simplement.

Lorsqu’il se hasarde sur le terrain de la politique, Assayas vise (un peu) plus juste, en se reposant sur le personnage touchant et moins manichéen qu’il n’y parait de prime abord interprété par Nora Hamzawi. Là encore, rien de fantastique mais on échappe (un peu) aux lieux communs, à la condamnation  des politiques cyniques et de leurs porte-flingues sans états d’âme. C’est peu, mais au vu des considérations servies par ailleurs, il faut s’en contenter.

Top 10 cinéma 2014

Je préfère te prévenir même si tu le remarqueras très bien tout seul : ça sent la fatigue.

10. A most wanted man

Je lui préfère The American, précédent film d’Anton Corbjin également adapté d’un roman de John le Carré, pour son caractère plus intimiste voire minimaliste, pour le côté « italiano » du film, pour les Abruzzes, pour Clooney. Et bien sûr pour la sublime Violante « bonjour madame » Placido. A Most Wanted Man est un film plus « global », plus « mondialisé », plus manifestement ambitieux : son propos est de tenter de cerner en quoi, pour les services d’espionnage des plus grandes puissances occidentales, le 11 septembre 2001 a irrémédiablement changé la donne. Il le fait de très belle manière, très élégante, sans maniérisme ni manichéisme, avec beaucoup de justesse, d’intelligence et d’à propos. Corbijn choisit encore un cadre inhabituel et relativement peu utilisé au cinéma auparavant, la ville de Hambourg, après le petit village de Castelvecchio dans les Abruzzes donc. Et une nouvelle fois, il choisit d’aborder son histoire, aussi potentiellement lourde et ambitieuse soit-elle, sous l’angle de l’histoire d’un homme, seul, de son caractère trop humain justement et de son drame personnel. Que ce personnage soit interprété pour sa dernière apparition à l’écran il me semble, par l’excellent et regretté Philip Seymour Hoffman, le rend bien évidemment encore plus émouvant.

RIP
RIP


9. Wrong cops

Il s’agit a priori d’une « récréation » pour Quentin Dupieux, avant son gros projet, Reality, sur lequel il bosse depuis plusieurs années il me semble. Il s’agit également d’un retour à la « comédie » pure après la tentative meta complètement foirée (détestable même) de Rubber. Et c’est peu dire que c’est jubilatoire : des petits films comme ça, supposément bâclés, tournés à la va-vite, on en redemande. De la part de Quentin Dupieux hein, pas Luc Besson. Super bo aussi, évidemment, genre de best of de Mr Oizo : ses disques, toujours passionnants, sont parfois à la limite du supportable (pour moi en tout cas); celui-ci est irrésistible et fait figure de porte d’entrée idéale.

Marylin Manson joue très bien la comédie.
Marylin Manson joue très bien la comédie.


8. Une nouvelle amie

Bénéficie peut-être de l’atout fraîcheur puisqu’il est sorti en fin d’année mais non, je crois pas : c’est un très JF (Joli Film), un excellent FF (Film Français, tourné à l’étranger de surcroît, en l’occurrence au Canada) et un film QFA (Qualité Française Auteuriste) exemplaire. Le grand chelem. Pas sûr que ce soit un FT en revanche (Film Télérama), je parie qu’ils ont trouvé ça trop kitsch ou trop populaire. J’en parle succinctement ici. Accessoirement, il s’agit du 3ème film featuring Anaïs Demoustier, définitivement le Petit Chou Grande Remise 2014.

Ils sont censés avoir le même âge, c'est quand même un peu gros.
Ils sont censés avoir le même âge, c’est quand même un peu gros.


7. La planète des singes : l’affrontement

Le blockbuster de l’année, tout simplement : spectaculaire et intelligent à la fois, il divertit et fait réfléchir, impressionne et questionne dans un même élan. Techniquement, c’est assez incroyable même si c’est évidemment accessoire : j’ignore si le choix de n’utiliser que des acteurs relativement  peu connus ou « modestes » (le plus célèbre étant Gary Oldman, pas vraiment une superstar hollywoodienne) relève d’un choix purement artistique et/ou économique mais il permet de laisser la vedette aux singes, beaux, émouvants, effrayants, sauvages, humains, bien sûr. Sur le fond, ce que dit le film sur la nature humaine, le pouvoir et son exercice, loin de tout manichéisme, angélisme ou à l’inverse cynisme, simplement avec lucidité et peut-être un certain fatalisme, me semble passionnant.

Un homme, un vrai.
Un homme, un vrai.


6. Gaby Baby Doll

J’ai revu les Coquillettes et j’en suis toujours aussi fan. Gaby Baby Doll, « vrai » film en comparaison (au sens de « plus traditionnel »), perd sans doute en spontanéité et punkitude ce qu’il gagne en ampleur, profondeur et émotion. Mais la manière dont il le gagne est absolument magnifique : il s’agit ni plus ni moins d’une réinvention du conte de fées traditionnel avec cette fois un prince éploré et une princesse charmante. Doucement subversif donc, drôle et émouvant. Très émouvant même.

J'aimerais bien savoir s'il s'agit d'une vraie ou d'une fausse barbe
J’aimerais bien savoir s’il s’agit d’une vraie ou d’une fausse barbe


5. 22 Jump Street

Bon, ça c’est moins émouvant, c’est sûr. Mais quel pied putain… Ces 2 mecs (Phil Lord et Chris Miller) sont vraiment très brillants… C’est eux qui ont réalisé La Grande Aventure Lego aussi cette année, mince ! Costauds les mecs… Si le 1er (Lego movie donc) repose sur une connaissance et une utilisation sans faille de la culture pop la plus pointue et fédératrice à la fois, sans une once de démagogie ni de putasserie, celui-ci fonctionne sur une connaissance et une utilisation sans faille… du 1er volet (21 Jump Street donc), dont il est, au plan près, le remake absolument conscient, délibéré et constamment amusé. Aussi brillant au premier qu’au second degré, le film met également, et à nouveau, en lumière, l’incroyable alchimie entre Jonah Hill, pilier de la neo-comédie US, et Channing Tatum, ex-pilier des Chippendales. Y a une espèce d’osmose improbable entre les 2, assortie d’une émulation, et d’une complicité évidemment, évidentes, qui fait tout bêtement plaisir à voir.

22-Jump-Street-Hill-Tatum
Fucking geniuses


4. Jacky au royaume des filles

J’en parle ici. J’en profite pour signaler que cette année, Riad Sattouf a également publié un nouvel ouvrage, L’Arabe du Futur (ce titre, déjà), absolument génial et indispensable. Cette BD, très différente de ce film, associée à lui, donne l’impression qu’il est en train d’atteindre une sorte de plénitude artistique et surtout, qu’il a encore beaucoup de films et livres grandioses, et différents les uns des autres, en lui. Enfin, j’en sais rien, peut-être que j’interprète complètement mais en tout cas j’ai hâte de découvrir ce qu’il nous réserve pour la suite, quel que soit le support.

L'instant Sopalin
Instant Sopalin


3. Tonnerre

Ici. Très envie de le revoir, ce qui est en général très bon signe. Vincent Macaigne, sorte de Patrick Dewaere de la génération Y (dans ce film en tout cas), y atteint de nouveaux sommets.

Comment ne pas aimer ce mec ?
Comment ne pas aimer ce mec ?


2. Dumb and Dumber De

Je me souviens très bien du jour où j’ai vu pour la 1ère fois Le Mépris. Peau d’Âne, Mulholland Drive aussi. Sueurs Froides, Le bon, la brute et le truand, 2001 l’odyssée de l’espace, Les Moissons du Ciel. Et Dumb and Dumber : un samedi matin, réveillé beaucoup trop tôt à mon goût de ma nuit d’étudiant glandeur et donc déjà posté à 9h du matin devant Canal Plus, en quête d’un film devant lequel prendre mon petit-déjeuner. Et là : Le Mépris. Peau d’Âne. Mulholland Drive, Sueurs Froides, Le bon, la brute et le truand, 2001 l’odyssée de l’espace, Les Moissons du Ciel. Pas moins. Une révélation. Une épiphanie. « Ah mais on peut faire ce genre de films? Avec cet humour là? ». Je m’en suis pas remis : TOUTE la comédie que j’aime aujourd’hui, et tu commences à savoir à quel point j’aime la comédie, vient de là.
Alors très exactement 20 ans après, quoi ? La joie, immense, à l’annonce de la mise en chantier de ce 2ème volet des aventures d’Harry et Lloyd, suivie aussitôt de la crainte évidemment : est-ce qu’ils (les Farrelly, Jim Carrey, Jeff Daniels) sont pas trop vieux maintenant ? Est-ce que cet humour n’a pas été enterré par sa géniale progéniture (la galaxie Apatow) ? Est-ce qu’ils ne vont pas jouer que sur la nostalgie du 1er volet ? Réponse, dans l’ordre : non, non et non. Dumb and Dumber De est tout simplement miraculeux : comme si le projet avait bénéficié d’un alignement de planètes, d’un état de grâce, d’une conjonction optimale d’ondes positives. Je n’en dirai pas plus : j’ai envie de citer 50 gags/répliques mais je n’en ferai rien pour ne rien dévoiler. Simplement, et c’était ma plus grosse crainte, les gags les plus débiles sont vraiment débiles (et drôles), les gags les plus élaborés sont vraiment génialement élaborés (et drôles), les gags les plus trash sont vraiment trash (et drôles), les clins d’oeil au 1er volet, à la fois parcimonieux et jubilatoires, en nombre pile poil suffisant, toujours traités de la plus belle des manières (le coup de la fourgonette-chien nom de Dieu MAIS QUELS PUTAINS DE GENIES). L’émotion, réelle, à la fois orchestrée et pudique, en prime. Émotion de retrouver ces 2 couillons ultimes 20 ans après, émotion de revoir les Farrelly au meilleur de leur forme, émotion de constater avec quel talent et quelle intelligence ils ont traité ce projet sacrément casse-gueule, émotion d’une histoire plus « profonde » qu’il n’y parait (le bonus par rapport au 1er volet) qui ne touchera donc pas uniquement les fans de la 1ère heure. Jim Carrey, totalement déchaîné, (re)trouve là son meilleur rôle depuis un bail. Jeff Daniels, plus en retrait, est génial lui aussi. Peter et Bobby Farrelly, merci, merci, merci. AESD ❤

Toutes les scènes sur la route sont absolument gé-nia-les
Toutes les scènes sur la route sont absolument gé-nia-les


1. The Grand Budapest Hotel

Eh oui, je suis prévisible. Mais j’ai d’autant plus envie d’aimer et défendre ce film qu’il n’a pas fait l’unanimité. En effet, pour beaucoup, de plus en plus nombreux, Wes Anderson ferait TOUJOURS le même film et ça commencerait à bien faire justement. Attention, gros scoop : la réponse est oui, il fait toujours le même film. Dingue. Comme Brian de Palma (pour prendre un exemple contrastant à l’extrême) ou comme les High Llamas, qui eux enregistrent toujours le même disque (pour prendre un exemple un peu plus approprié). Mais comme toujours, ceux qui savent, savent. Qu’il s’agit là de son film le plus raffiné, le plus élégant, le plus précieux. Mon Dieu quelle merveille. Cet homme, Wes Anderson, possède un goût absolument infaillible (et je m’y connais). Non mais quelle élégance encore récemment pour la cérémonie des Golden Globes ! Musique, costumes, décors, accessoires, dialogues : c’est toujours absolument délicieux et c’est l’épitomé du style Grande remise si tant est qu’il y en ait un (enfin, I wish…). Et cette préciosité, ce raffinement, ce souci du détail, n’ont jamais été aussi justifiés qu’ici, dans cette magnifique histoire de transmission (comme TOUJOURS chez lui, oui, tout à fait) et ce manifeste sincère et désabusé à la fois pour un monde plus beau. Dire des choses aussi profondes, aussi essentielles et les dire avec une telle élégance, une telle pudeur, m’a, une nouvelle fois, bouleversé.
« To be frank, I think his world had vanished long before he ever entered it – but, I will say: he certainly sustained the illusion with a marvelous grace ».

Tristesse Club – critique

Si vous aimez les jeux de pistes, les vieilles Porsche, les soeurs qui n’en sont pas, les pères pas vraiment morts, les lacs et leurs secrets: bienvenue au club. (Allocine.fr)

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L’histoire c’est plus précisément celle de Léon (Laurent Lafitte) et Bruno (Vincent Macaigne) 2 frères qui ont la surprise de faire la connaissance de Chloé, celle qui prétend être leur demie-soeur (Ludivine Sagnier), aux funérailles de leur père.

Il ne t’aura pas échappé que je n’ai pas parlé cinéma depuis un moment. J’ai bien vu quelques flims mais je n’avais aucune envie d’en dire quoi que ce soit : parce qu’ils n’étaient pas très bons (Godzilla, The Homesman) ou parce qu’ils ne m’inspirent pas grand chose malgré leurs nombreuses qualités (La Chambre Bleue, Pas Son Genre).
Tristesse club est sans doute celui qui m’a le plus enthousiasmé. C’est aussi le plus granderemisesque, il fallait que j’en dise quelques mots.

L’intrigue/le décor du film puise de manière assez transparente dans 2 films qui me sont chers, 2 films qui eux aussi traitent de la quête d’un père absent ou défaillant : La Famille Tenembaum de Wes Anderson d’un côté, Tout feu, tout flamme de Jean-Paul Rappeneau de l’autre.
Dans les 2, un père flamboyant, plein de panache, coureur de jupons, magouilleur, menteur, absent, défaillant donc. Le film de Wes Anderson semble être l’influence la plus évidente: Tristesse Club parle ainsi d’une fratrie aux liens distendus par la faute d’un géniteur avec lequel il va falloir renouer d’une manière ou d’une autre. Par ailleurs, Laurent Lafitte interprète un ex-champion de tennis à la carrière stoppée en plein vol, exactement comme Ritchie Tenembaum.
L’influence de Tout feu tout flamme semble peut-être un peu moins évidente mais Vincent Mariette, le réalisateur, situe le coeur de son intrigue (et la grande majorité de ses scènes) dans un hôtel abandonné en bord de lac, comme dans le final du film de Rappeneau.

Bon, c’est juste pour donner une idée et si ça se trouve ces similitudes ont été relevées par tout le monde mais je ne lis plus les critiques de films depuis un bail.
Quoi qu’il en soit Tristesse Club se démarque très bien de ces 2 films et trouve rapidement son ton : celui, en train de s’affirmer, d’une néo-comédie française ambitieuse, lettrée sans être élitiste, populaire sans pour autant faire de concessions. Normal dès lors d’y retrouver un Vincent Macaigne toujours aussi impeccable ou un Laurent Lafitte vraiment tout terrain, aussi bon dans des comédies plus grand publics (le mignon De l’autre côté du périph’) qu’ici donc. L’alchimie entre les 2 acteurs, indispensable puisqu’ils interprètent 2 frères aux relations qu’on devine très vite compliquées, saute aux yeux. Ludivine Sagnier, un peu en retrait, est très bien elle aussi.

Le film n’est pas exempt de quelques petites longueurs ou maladresses (notamment l’histoire de la machine fabriquée par le père, dont on sent bien que Mariette hésite à en faire quelque chose de symbolique mais sans trop l’appuyer par peur d’être trop lourd, et qui donc au final n’en fait rien) mais l’ensemble est très drôle, touchant et malin (les potentielles et évidentes péripéties de l’intrigue rapidement désamorcées).

Encore une bonne comédie française donc et ça fait bien plaisir ma foi.

Tonnerre – critique

Un rocker trop sentimental, une jeune femme indécise, un vieux père fantasque. Dans la petite ville de Tonnerre, les joies de l’amour ne durent qu’un temps. Une disparition aussi soudaine qu’inexpliquée et voici que la passion cède place à l’obsession. (Allociné.fr)

tonnerre
J’attendais ce film avec grande impatience depuis la découverte du magnifique moyen-métrage Un monde sans femmes.

Tonnerre appartient à une veine dont j’ai peu parlé jusqu’à présent sur Grande remise mais qui n’en est pas moins granderemisque que les comédies de Jonah Hill, l’americana ou la pop de Bertrand Burgalat. Sans doute le genre se fait-il plus rare, c’est tout. Je nommerai ça le FF, le Film Français. Les coquillettes, la Fille du 14 juillet ou 2 automnes, 3 hivers, films granderemisques s’il en est (et films de nationalité française comme il ne t’aura pas échappé), n’appartiennent pourtant pas au genre.

Le FF est plus conventionnel, plus immédiatement accessible. Voire même plus bourgeois parfois (ça n’est pas du tout un reproche : j’aime l’argent). Il se déroule généralement en province, dans un lieu où l’on se sent bien d’emblée. Un lieu très français (ici la Bourgogne par exemple). Le ton est réaliste ou plutôt vraisemblable. Des gens proches de nous, un univers familier, des dialogues vrais même si indéniablement très écrits. Province est ici un mot clé. Le FF est souvent une comédie dramatique, il brouille un peu les pistes.

Tonnerre a ceci de particulier qu’il est un FF irrigué par cette nouvelle vague de films français cités plus hauts, via la présence de Vincent Macaigne.

vincent macaigne
Evidemment, il marque encore plus de points du coup.
Toujours aussi touchant et générationnel (j’ai rarement vu un acteur aussi en adéquation avec son époque), Macaigne y montre davantage sa folie et la violence sourde décelable sous son regard de gros ours touchant et maladroit. Il est génial encore une fois.

Car le film de Guillaume Brac opère un changement de ton brutal en son milieu : confortable, chaleureux, voire débonnaire (les scènes avec Bernard Menez, avec le « viticulteur farceur » comme il est désigné dans le générique de fin), il vire subitement au drame (géniale scène avec le frère du « viticulteur farceur » justement, qui annonce la suite). Tonnerre creuse une veine romantique très franco-française (décidément) : un poème d’Alfred de Musset est récité dès les premières minutes. Tonnerre creuse beaucoup de veines en vérité, ce qui n’est pas la moindre de ces qualités : on songe ici aussi bien et aussi légitimement à Rohmer qu’à Chabrol, Pialat, Lang voire même Lynch.

Polar, film  noir, comédie, drame, chronique provinciale, familiale etc, Tonnerre est donc un peu tout cela à la fois. On pourrait dire de lui qu’il est une version expressionniste d’Un monde sans femmes, tant il semble en reprendre les motifs pour les exacerber et pousser certaines situations jusqu’à l’extrême.
Il appartient également à un genre que j’affectionne tout particulièrement et que je nommerai « film du retour aux sources ». J’entends par là un film où le héros, exilé dans la grande métropole, revient dans la ville ou le village qui l’a vu grandir. J’adore ça. Les américains s’en sont fait les spécialistes, c’est un genre prolifique là bas. Ici, Macaigne arrive de Paris avec ses habits de rocker, blouson de cuir et santiags. Une fois à Tonnerre, il les abandonne graduellement au profit de grosses chaussures de travail et d’une parka.

Je n’en dirai pas plus, j’ai d’ailleurs l’impression d’en avoir déjà trop dévoilé. Mais contrairement à ce qu’on pourrait peut-être penser à la lecture de ces lignes, le film ne se perd jamais dans ses diverses influences et dans les nombreuses pistes qu’il aborde : de la première à la dernière seconde, Tonnerre fait preuve de la même justesse, maîtrise et audace. C’est brillant sans être ostentatoire, ça dit et montre des choses bouleversantes sans avoir l’air d’y toucher, sous un vernis faussement téléfilmesque (une caractéristique essentielle du FF). Avec en prime la meilleure interprétation animale depuis un bail.

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Ca faisait longtemps que je n’avais pas vu un aussi beau FF : le Larrieu était beaucoup plus fantaisiste et inégal (ce qui fait d’ailleurs son intérêt). Y a même du foot, avec des caméos d’Olivier Kapo et Cédric Hengbart de l’AJA, ce qui confère au film un petit côté Coup de tête (pas vraiment de rapport mais bon, c’était pour citer un exemple parfait de FF).
Pour conclure, 2 détails granderemisques de la mort qui ont fini de m’achever : Macaigne porte un t-shirt Superbad (MacLovin entouré des 2 flics, le moment où ils l’ont « cockblocked ») et Bernard Ménez regarde sur Internet la finale LendlMcEnroe de Roland-Garros en 1984.

Je n’en dirai pas plus, il faut simplement aller voir ce très beau film. Allez file.

Top 2013 – cinéma – les winners

Les films que j’ai aimés donc. A partir du numéro 8 je les aime vraiment beaucoup, difficile de les départager, à part le number one.

Petit aparté pour signaler que les dernières saisons de Breaking Bad et Eastbound and Down font clairement partie du très haut du panier des fictions audiovisuelles de cette année (Mad Men un ton en dessous en revanche mais je suis sûr que la dernière saison va tout péter).

Tu connais désormais le principe : des liens vers les critiques de ceux dont j’ai déjà parlé, quelques explications sur les autres.

#28 Le grand méchant loup

Oui, t’as raison, on peut dire que côté message, c’est pas le top du top même si je suis disposé à laisser aux auteurs le bénéfice du doute.
Il est bien là le problème : « les auteurs », Nicolas & Bruno, dont je suis extrêmement client. Pour resituer, ils sont les immortels créateurs du Message à caractère informatif dont je continue à citer très régulièrement et subrepticement des répliques au quotidien.  La Cogip, les cravate-moustache, le sosie de Francis Cabrel, les plans comptable prévisionnels débriefés autour d’un super potage à la machine à café, Jean-Patrick Ranu, les gros poutous, je m’en lasse pas même après toutes ces années. Là évidemment, on en est loin… Mais justement j’ai trouvé intéressant de chercher Nicolas & Bruno dans cette espèce de grosse comédie bourgeoise un peu malade, à la misanthropie suspecte. Ils sont dans certains choix (Valérie Donzelli dans un rôle important) dans les détails, parfois insignifiants, d’un dialogue ou d’une réplique, ou dans la direction artistique (une BO délicieusement pompidolienne, qui inclue par exemple la reprise du générique de 30 millions d’amis par Air, un caméo d’Arnaud Fleurent-Didier etc) plus que dans une intrigue plan-plan et une « morale » un peu désagréable (ok, « assez désagréable »). Je n’arrive pas à trouver ça mauvais, et j’ai bien ri à plusieurs reprises, tout simplement.

L'excellente Léa Drucker et un Fred Testot étonnamment moins catastrophique que d'ordinaire.
L’excellente Léa Drucker et un Fred Testot étonnamment moins catastrophique que d’ordinaire.


#27 100% cachemire

C’est à peu près la même chose :  je tiens Valérie Lemercier pour l’un des plus grands talents comiques français, sinon le plus grand et malgré un montage hasardeux, bancal, voire jem’enfoutiste, malgré Gilles Lelouche, malgré le happy end amené avec trop peu de subtilité, je ne veux retenir que les quelques très bons gags/répliques/situations.

#26 Effets secondaires

Un sympatoche quasi-nanard.

#25 Pacific Rim

Idem, dans un tout autre registre.

#24 After Earth

Will Smith est insupportable de rigidité compassée, son fils joue comme une patate et on est loin des plus belles réussites shyamalesques mais c’est évidemment sans comparaison avec le scandaleux Dernier maître de l’air. Déjà c’est une grosse machine hollywoodienne qui tient sur la présence de seulement 2 personnages, séparés l’un de l’autre pendant les 3/4 du film, rien que pour ça… Ca manque des fulgurances, aussi bien stylistiques qu’émotionnelles, auxquelles on a longtemps été habitués par le réalisateur mais ça fait du bien de le voir retrouver ses esprits. Et ça finit mieux que ça ne débute ce qui est toujours bon signe.

Bon alors évidemment, il faut être assez solide pour encaisser ce type d'esthétique...
Bon alors évidemment, il faut être assez solide pour encaisser ce type d’esthétique…


#23 Prince of Texas

Finalement, David Gordon Green, un temps neo-Terence Malick, semble nettement plus à son aise dans le registre comique accompagné par les barons actuels (Délire Express avec Seth Rogen et James Franco, Babysitter malgré lui avec Jonah Hill, Eastbound and Down, dont il a réalisé pas mal d’épisodes, avec Danny McBride). Ici, malgré Paul Rudd aka le-type-le-plus-sympa-du-monde©, on est davantage dans la chronique douce-amère. C’est moyen mais plutôt agréable. Emile Hirsch est excellent en revanche : à chaque fois je me dis que ce mec n’a rien et qu’il me gonfle, et à chaque fois je le trouve excellent (Into the Wild, Killer Joe, ici). Il y a beaucoup de gras dans ces quelques lignes.

#22 Elysium

Gentiment bourrin.

#21 Monstres Academy

Un peu trop sage peut-être mais bien.

#20 Les Miller, une famille en herbe

Que j’aime ces films…
Celui-ci n’est certes pas un indispensable du genre : sa résolution est un peu trop paresseuse et pas assez maligne mais le casting est impeccable, les situations bien propices aux dérapages (qui surviennent toujours) et les dialogues hilarants. Je trouve également touchant ce film gentiment trash qui apparait déjà un peu old school comparé aux géniales fulgurances de la génération Seth Rogen/Jonah Hill. Devant C’est la fin , Délire Express ou Observe and Report, on a l’impression de voir le nouvel humour, un humour 4.0, encore totalement inédit. Ici on est bien sûr devant un humour frère (ou plutôt « père » pour être précis) mais qui tournerait un peu au ralenti, qui aurait déjà quelques rhumatismes. Ca me touche. Comédien du milieu (plus vieux que ceux précédemment cités mais plus jeune que la génération des Stiller/Ferrell and co), Jason Sudeikis y trouve un véhicule parfait pour son talent humble et encore trop peu reconnu. A noter que le méchant est interprété par Tomer Sisley. Et que, c’est encore plus notable, ça roule passé l’effet de surprise.

Featuring Ron fucking Swanson et cette nana dont on sait jamais comment elle s'appelle
Featuring Ron fucking Swanson et cette nana dont on sait jamais comment elle s’appelle et qu’on s’en cogne


#19 Imogène

Chouette comédie indé.

#18 Le dernier pub avant la fin du monde

Frise le chef d’oeuvre granderemisesque avant de s’aplatir devant l’autel de la geekerie mais c’est déjà pas mal.

#17 Ma vie avec Liberace

Soderbergh au top de ses capacités.

#16 Jeune et jolie

Vaut beaucoup mieux que son enrobage pseudo-provoc le laisse entendre. Fait même partie des plus belles réussites d’Ozon (ce qui ne veut pas dire grand chose, on est d’accord).

#15 Spring Breakers

Film de petit malin tellement malin qu’il parvient à être plus brillant que malin mais film de petit malin quand même. Mais brillant.

#14 Les gamins

Inégal mais très sympathique et régulièrement très drôle. Je serai content de le revoir quand il sera diffusé un lundi soir sur M6.

#13 La reine des glaces

La très bonne surprise de la fin d’année. Visuellement, c’est une merveille absolue : quand la technologie et le talent parviennent à se mettre au service de l’inspiration, de l’élégance et du bon goût. Vraiment splendide. Après, ça parle de solitude, de notre place dans le monde, de fratrie, d’amour, de vie, de mort sur un mode léger mais jamais benêt, ça prend des tours inattendus, c’est malin, super mignon évidemment, c’est vraiment extra. On en oublie même l’inévitable médiocrité des chansons, c’est dire.

#12 20 ans d’écart

Super rom com à la française. Encore un film que j’aurai plaisir à revoir.

#11 16 ans ou presque

Un film cousin de Radiostarz ou Les gamins ie un film qui réussit à greffer la comédie US contemporaine sur un contexte très franco-français (ici la gauche caviar et intello-chiante). Un film proche du génial Old School – Retour à la fac, une de mes comédies favorites de tous les temps, qui dit que l’adolescence n’est jamais aussi belle que lorsqu’elle est vécue avec le recul et la complétude de l’âge adulte. Un faux-film pour ados donc mais un vrai film de trentenaires (d’ailleurs les ados présents dans la salle ne riaient pas du tout). C’est mal écrit, mal monté mais c’est vraiment très, très drôle et Laurent Lafitte confirme qu’il est un comédien à suivre de près. Il est évidemment beaucoup trop bien classé mais que veux tu, j’aime l’humour. A la passion.

Quand il a débarqué il y a quelques années, je pensais que Laurent Lafitte était le fils de Michel Leeb.
Quand il a débarqué il y a quelques années, je pensais que Laurent Lafitte était le fils de Michel Leeb.

#10 Michael Kohlaas

Un poil empesé peut-être mais fort et beau.

#9 L’inconnu du lac

C’est beau, voire très beau. Limpide dans ses intentions et son exécution. J’aime notamment le décor unique découpé en 4 (le lac, la plage, le bois, le parking). Il me manque pourtant quelque chose pour être aussi emballé que la critique. Mais je crois surtout que j’ai de plus en plus de mal avec les films parfaits.

#8 Möbius

Je suis très fan des Patriotes (comme tout le monde), j’ai beaucoup de sympathie pour Eric Rochant (comme tout le monde) mais malgré les quelques bonnes critiques, je n’y croyais pas plus que ça. Et j’avais tort car c’est vraiment très réussi. Un film d’espionnage sans action, tout en rapports tours à tours tendus et sensuels, qui réussit la prouesse d’être à la fois cérébral et touchant. Dujardin est excellent mais il a le beau rôle :  le mec viril, minéral et taciturne qui fait la gueule en permanence (ou presque…), on peut pas se rater. Cécile de France en revanche m’a bluffé : passer de coiffeuse popu chez les Dardenne à trader sophistiquée ici, avec en plus une telle nuances de comportements et d’émotions, eh ben bravo, tout simplement. Très beau film.

Qu'est-ce qu'ils deviennent les autres Nous C Nous ?
Qu’est-ce qu’ils deviennent les autres Nous C Nous ?


#7 Django Unchained

J’aimerais bien le revoir car il est sorti en tout début d’année mais c’était quand même assez génial.

#6 La fille du 14 juillet

Ca c’est vraiment formidable aussi. Un mix de Moullet, Rozier, Godard mais également Zidi et Pécas qui, surtout, ne force jamais aucune porte. De la même façon que les looks ou accessoires vintage s’intègrent parfaitement à l’époque (la notre), tout ici est naturel, semble aller de soi. C’est d’une liberté, d’une fantaisie, d’une énergie et d’une drôlerie oubliées par le cinéma français. Ca m’a également rappelé certains numéros de La grosse boule, l’émission animée à leurs tout débuts sur Canal Plus par le duo Edouard Baer/Ariel Wizman. En (beaucoup) plus fou et (beaucoup) moins poseur. Malgré la culture, évidente, et la précision des références, des costumes, des accessoires donc, tout semble gratuit, rien n’est calculé, c’est ça qui est formidable dans ce film… Il faut le voir !

Joyeusement anar, sexy et précis.


#5 2 automnes, 3 hivers

Difficile, très difficile de parler d’un film dont on se sent aussi proche. Par son ton, sa forme, ses préoccupations, ses personnages, des détails troublants parfois (souvent…). Le film de la génération-que-l’on-ne-nomme-pas dont je parlais dans un récent billet (la flemme de le retrouver), celle des 30-35 ans. En pendant filmique d’un Sébastien Tellier ou Philippe Katerine, Vincent Macaigne l’incarne à lui seul de manière magistrale. C’est un double de rêve qu’on a à la fois envie de garder pour soi et de faire connaître à tout le monde.

Vincent Macaigne, homme de l’année


#4 Inside Llewyn Davis

Granderemisque à fond.

#3 C’est la fin

Granderemisque fond à.

#2 Les coquillettes

Granderemisesque à donf.

#1 Mud

Rien à ajouter à ce que j’ai pu dire à sa sortie :  un genre de film total et idéal.

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