#12 Big Star – #1 Record/Radio City

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Alors je triche un peu là encore mais si je possède évidemment désormais la réédition de chaque album, ma découverte de Big Star s’est faite via l’édition regroupant les 2 disques sur le même CD (je préfère néanmoins #1 Record si jamais tu te posais la question).
Qu’est-ce qu’il me faisait envie ce disque ! Mais j’ai attendu plusieurs années avant de pouvoir jeter une oreille dessus. J’ai d’abord dû tomber sur le bon disquaire.

Bon, quoi d’autre ? Rien oeuf corse. Cette musique est l’évidence même. A chaque écoute (A CHAQUE ECOUTE) je suis toujours autant surpris/atterré/scandalisé/peiné (enchaînement dans cet ordre exact) que le groupe ait eu si peu de succès. Incroyab’. Ce son… L’impression d’être à bord d’un jet, ou d’un quelconque bolide élégant, puissant, fuselé, rapide, souple. Un moment de grâce sans cesse renouvelé.

J’ai versé une larme quand j’ai appris la mort d’Alex Chilton, c’est la première fois que ça m’arrivait pour un artiste. J’étais au bureau, j’ai évidemment rien dit. Petit flottement : un mec de 37 ans qui a les yeux humides, on a dû penser qu’il m’arrivait un truc super grave, que je venais d’apprendre la maladie ou la mort d’un proche. J’aurais dû dire que c’était exactement ce dont il s’agissait.

Les gamins – critique

Eh bien ma foi, voilà un film fort sympathique. Un film assez paradoxal puisqu’aussi mauvais que sympathique. Mais mauvais pour une très bonne raison : parce que trop généreux, du coup trop plein, mal équilibré etc.

Le pitch est en gros l’exact inverse de celui de Mon beau-père et moi : un jeune mec et son futur beau-père s’entendent à peine les présentations faites, ou presque, comme cul et chemise (j’aime beaucoup cette expression qui n’a aucune raison d’être : au nom de quoi un cul et une chemise devraient-ils bien s’entendre ? Un cul et un zlip, ok, une chemise et un torse, je dis oui. Un cul et une chemise ? Mystère.). D’ailleurs, on a comme dans le film de Jay Roach très rapidement droit à la scène de huis-clos en voiture entre les 2 intéressés. Toujours est-il qu’ici, ils s’entendent comme larrons en foire (voiiiiiiiiilààààààà, lààààààà d’accord) et que le beau-père (Chabat, impecc en quinqua dépressif qui passe ses journées sur son canap’ devant MTV Base), nous fait sa petite crise de la cinquantaine et retourne en adolescence, tandis que son beau-fils (Max Boublil, en mode placement de one man show) remet tout en cause et décide d’annuler le mariage.

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Les gamins
se rapproche beaucoup dans l’esprit, de Radiostars : même humour totalement décomplexé, très référentiel et tributaire de la neo-comédie américaine. Ici aussi, on veut en faire beaucoup, montrer comme on a bien tout assimilé, comme on est capable de faire aussi trash que les ricains. Alors on en fait souvent trop, et parce qu’on ne veut absolument rien oublier, on ne bosse pas assez ses scènes/gags ou son scénario (celui-ci est particulièrement cousu de fil blanc, oui ce papier a pour objectif de placer un maximum d’expressions toutes faites).
Donc après un premier gros quart d’heure assez formidable, ça part gentiment en couille et ça n’a pas le talent de ses ambitions. Mais ça distille régulièrement des gags ou des répliques épatantes, jusqu’à la toute fin, et l’ensemble dégage suffisamment d’énergie et d’enthousiasme pour qu’on ne s’ennuie pas et qu’on passe malgré tout un bon moment.

Quoiqu’il en soit, c’est un film qui va dans le bon sens et qui, tout comme Radiostars donc, fera peut-être partie dans quelques années, des précurseurs d’une vague de bonnes comédies françaises. C’est tout le mal que je te souhaite.

#11 Belle and Sebastian – If You’re Feeling Sinister

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Je suis passé à côté de ce disque et de ce groupe pendant un moment. C’est con quand même vu ce qu’il représente pour moi aujourd’hui…

A l’époque de la sortie de cet album, je commençais à m’ « ouvrir » à d’autre univers musicaux (il était temps…). J’écoutais de plus en plus de folk et de country, de pop late 60’s, un peu de soul, un chouïa d’electro (pardon, pas de l’electro: du trip-hop.).
Ce que je lisais sur B&S ne m’attirait pas. Il ressortait des différents articles qui leur étaient consacrés l’image d’un groupe caricatural, de quasi-autistes un peu versés dans les bondieuseries, d’ayatollahs de l’indie-pop touche-pipi etc. Moi je commençais à être à fond dans Beck, Ween et Johnny Cash donc bon…
Un an plus tard peu ou prou j’ai même reçu The Boy with the Arab Strap qu’on m’avait demandé de chroniquer. Et puis finalement non, la chronique n’était apparemment plus d’actualité : je n’avais toujours pas écouté le disque, du coup je l’ai laissé dormir sur une étagère…
Mais c’est une chronique de cet album qui m’a convaincu : l’excellent Stéphane Deschamps des Inrocks y disait en substance qu’on parle toujours des disques qu’on emporterait sur une île déserte mais que les membres de B&S eux, n’en emporteraient aucun puisqu’ils la jouaient cette musique d’île déserte. Ca m’a plu, du coup j’ai écouté et là évidemment, c’est devenu illico un de mes groupes fétiches.

Rétrospectivement, on réalise à quel point cet album est… parfait. De la première à la dernière seconde, de A à Z, il semble pensé, conçu, écrit, interprété en sachant en permanence quel résultat obtenir et comment l’obtenir.
On constate également qu’il marque un tournant dans la carrière du groupe, la fin d’un époque (déjà, après seulement 2 albums.). Après ... Sinister, Stuart Murdoch lâche du lest, permet à ses acolytes d’écrire et/ou interpréter certains titres. Les albums du groupe se diversifient un peu, peu à peu, et ne sont plus exclusivement des ouvrages de folk-pop late 60’s (pour résumer).

Beaucoup regrettent ce qui est généralement et sans doute à raison considéré comme l’âge d’or du groupe mais pas moi.
J’aime la façon dont le groupe a évolué, en s’ouvrant de plus en plus vers l’extérieur (essentiellement la blue eyed soul), tout en restant fidèle à ses manies de vieux garçons/vieille fille.
Tous ses albums consécutifs contiennent au moins une ou deux compositions mémorables et estomaquantes. Sur The Boy with the Arab Strap, le titre éponyme bien sûr ou Seymour Stein, premier sublime enregistrement du guitariste Stevie Jackson auquel Jack Black a rendu un vibrant hommage. Sur Fold Your Hands…, The Model ou The Wrong Girl. Sur Dear Catastrophe Waitress, peut-être celui que je préfère avec …Sinister, I’m a Cuckoo, Wrapped Up in Books. Sur The Life Pursuit, Another Sunny Day, sur le dernier, I Didn’t See It Coming.  Bon, je pourrais en citer une bonne vingtaine.
Je dirai en guise de conclusion que Belle & Sebastian fait partie de ces rares groupes/artistes qui n’ont selon moi jamais publié une seule mauvaise chanson.

Mud – critique

Il y a les films qu’on aime parce qu’ils ressemblent à un possible prolongement de notre propre existence Les coquillettes) et il y a les films qu’on aime parce qu’ils sont l’incarnation de notre vie rêvée, d’une existence fantasmée. Je n’ai plus 14 ans depuis quelques années, je ne vis pas en Arkansas et je suis bien incapable de remettre en état une épave de bateau de mes propres mains : Mud appartient donc à la seconde catégorie. J’ai en tout cas trouvé là un duo de films parfaits qui devraient se retrouver aux premières places de mon top de fin d’année.J’arrête de parler de moi pour une fois.

Le pitch, rapidement: deux jeunes adolescents tombent par hasard sur un île au milieu du Mississippi, non pas sur Joe l’Indien mais sur un homme en cavale qui se fait mystérieusement appeler Mud (McConaughey). Il leur raconte qu’il a assassiné l’amant de la femme qu’il aime depuis toujours (Reese Witherspoon, en mode cagole de l’Arkansas abîmée par la life), et qui est censée le retrouver. Les deux gamins vont l’aider à remettre en étant un bateau abandonné afin qu’il puisse fuir avec sa belle et échapper à la justice. Mud est un film d’une rare générosité. Un film idéal qui embrasse à la fois la mythologie de l’Americana (la countriste, les casquettes de trucker, les pick up, les bars miteux, les motels lambda : tout est là), les rêves et les désillusions de l’enfance, l’apprentissage de la vie d’homme, de l’amour, la vérité d’une amitié, les réalités de la vie de couple, le rêve, le fantastique, la comédie, le polar. Et l’aventure. L’Aventure, mec.

Un film-somme, un genre de best-of de ce que le cinéma peut offrir de plus vrai, de plus irréel, de plus beau, de plus émouvant. On rit, on pleure, de joie, de tristesse, on a peur, on sursaute, on vibre…Jeff Nichols se rachète ici totalement à mes yeux : Take Shelter manquait foncièrement d’épaisseur romanesque, de croyance en une véritable fiction. Cette fin ouverte que les défenseurs du film louent s’apparentait pour moi à une tiédeur, une impossibilité de trancher de la part du cinéaste qui ne jouait pas vraiment en sa faveur : savait-il lui-même ou il voulait en venir ? Et quand bien même il savait très bien ce qu’il faisait, en quoi cette fin valait-elle mieux que celle du premier petit malin venu et des twists épate-la-galerie qu’on ne peut plus souffrir ? Évidemment, tout cela était supérieurement filmé et mis en scène…

La filiation de Mud avec Take Shelter est évidente mais Nichols semble n’avoir gardé de son précédent film que le meilleur : le contexte, les personnages issus de l’ultra-prolétariat des small towns de l’Amérique profonde et le regard profondément humain et plein d’empathie qu’il porte sur eux, mais surtout l’omniprésence de la nature et le goût pour le fantastique, d’autant plus impressionnant et évocateur qu’il est vu à travers les yeux de 2 jeunes adolescents (sublimes scènes de nuit sur l’île ou au fil de l’eau). Nichols y ajoute donc cet ingrédient qui peut, parfois, éventuellement, moi je dis ça je sais pas hein, s’avérer important : la fiction. Mud n’a pas peur de raconter une histoire (tant et si bien qu’il en raconte plusieurs) et de clore chacune d’elles sans ambiguïté, sans qu’absolument aucun personnage ne soit laissé de côté. Et il a la suprême élégance, la générosité ultime de nous laisser sur… Sur un plan que je ne dévoilerai évidemment pas.
Et j’ai même pas parlé des 2 gamins, fantastiques, de MacConaughey, au-delà de tout éloge…

Va le voir, c’est tout ce que j’ai à ajouter. Ca me fera plaisir et plus important, ça te fera du bien.

Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates – critique

Il y a quelques temps, faute de mieux et on va pas se mentir, autant par envie de lire un truc pas trop impliquant que par curiosité malsaine, j’ai attaqué ce pilier de la littérature contemporaine que constitue apparemment Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates. Un best-seller en tout cas.

J’aime bien de temps en temps me plonger dans un ouvrage dont je sais pertinemment que je vais le détester mais dans lequel je vais me vautrer avec une délectation un peu masochiste. C’est pareil pour la musique ou le cinéma bien sûr: s’écouter/se mater de temps à autres du Lady Gaga, un Besson, Justin Bieber, Radiohead ou un Carax, ça fait avancer, quelque part.
C’est ainsi que je me suis déjà fait, avec toujours un petit frisson d’interdit, un Marc Lévy, un Anna Gavalda, un Harlan Coben etc. Tu vois l’idée.

Là, ça s’annonçait quand même costaud. Le titre déjà. Et puis… Non, c’est tout.
En 4ème de couverture, Gavalda confesse avoir trouvé le livre « Absolument délicieux ! »: j’ai eu un renvoi acide à ce moment-là, suivi d’une déglutition pénible à cause du point d’exclamation. Autant dire que j’allais en chier, et sur 400 pages en plus.

Eh bien je n’ai pas été déçu. Dans le genre littérature britonne Laura-Ashley-pique-nique-charmant-et-un-peu-guindé-dans-le-Kent-mais-avec-toujours-cet-humour-british-tu-sais, ça se pose là. C’est pas compliqué : au bout de 3 lettres (c’est un roman épistolaire), j’avais l’impression de manger un scone.
Entendons-nous bien, et je souhaite un maximum de clarté là-dessus : j’adore les scones. C’est pas le problème. Un bon scone, y a rien de mieux: un scone bien beurré avec de la confiture de fraises ou d’oranges mmmmmh, c’est bon ça. Mais un scone c’est une pâtisserie, c’est pas de la littérature. Tu me suis ?

Si tu tombes sur ce livre dans une librairie, une bibliothèque ou chez des amis, fuis. Et change d’amis.

Et puis c’est agaçant parce que c’est le genre de bouquin dont on comprend illico qu’il va un jour ou l’autre être adapté au cinéma. Et on voit tout aussi rapidement trrrrrèèèèès bien ce que ça va donner.
Ferme les yeux : l’écrivain un peu effrontée, subtilement affranchie des codes sociaux de son époque (l’immédiat après 2ème Guerre Mondiale), oui, c’est Keira Knightley. En plus, le contexte fait de privations et rationnements drastiques lui fournira une super excuse pour perdre 27 kilos supplémentaires, elle va kiffer. L’éleveur de porcs bègue, si timide et si touchant, c’est Colin Firth, of course. Le fils à papa cultivé et sûr de lui qui courtise l’héroïne: Jonathan Rhys Meyers, you betcha. Et là, cette femme mûre, si digne malgré le poids des difficultés de la guerre, qui taille les rosiers dans son jardin, un chapeau de paille à large bord sur la tête… mais oui, c’est Judi Dench (ou Helen Mirren… ou Meryl Streep, une américaine, certes, mais elle peut tout jouer). Le gentil ivrogne du village, truculent et un cœur gros comme ça : un rôle pour Brendan Gleeson ça (ou Meryl Streep: elle peut tout jouer).

Je veux bien accorder une chose à ce livre : il nous plonge assez bien dans ce que furent les années de guerre en Grande-Bretagne, toutes ces années « Keep calm and carry on » qui nous fascinent toujours un peu nous continentaux. Mieux, il décrit avec parfois une certaine puissance d’évocation, ce que fut l’occupation de Guernesey et des îles anglo-normandes, seul territoire britannique occupé par les troupes du IIIème Reich.

Pour le reste, c’est un supplice : mièvrerie, apologie du bon sens terrien (ah ces braves paysans qui ont si bien saisi avec leurs moyens limités ce qu’est VRAIMENT la poésie de Wordsworth ou Shakespeare), émotion embuée mais retenue devant  la noblesse de cœur des petites gens… Hypocrisie des auteurs surtout : il s’agit d’un roman épistolaire donc, et choral mais ô miracle, tous les protagonistes, de l’ivrogne au dandy en passant par l’éleveur de porcs, la rebouteuse du village ou l’écrivain londonienne s’expriment dans le même langage châtié. Sérieusement?!?! Et puis cousu de fil blanc bien sûr : toi qui viens d’entamer le bouquin et qui te demande qui Juliet, la charmante écrivain si piquante et si spirituelle, va choisir entre l’esthète richissime, arrogant et condescendant et le modeste éleveur de porcs sensible, généreux et amateur de littérature de l’île de Guernesey, je vais te donner la réponse. Elle choisit de se faire démonter donner son cœur à l’éleveur de porcs, voilà ce qu’elle fait. Wow.

Voilà, je viens de te faire économiser de précieuses heures de lectures. De rien.

Beachwood Sparks

Ca devait être en 2000 je pense, ou 2001 peut-être, je me souviens plus très bien. J’ai également oublié ce qui m’a poussé à acheter le disque, sans doute une critique dans un magazine bien informé. Quoiqu’il en soit, j’ai tout de suite aimé sa pochette, au psychédélisme doux, naïf et enfantin, et son verso, collage bouillonnant, juvénile et gentiment hippie. Je savais bien sûr à quoi m’attendre, et le premier contact, visuel, a confirmé que j’avais à faire à un disque de cosmic american music, autrement dit de pop-folk-country psychédélique et définitivement californien. Sans compter le nom du groupe bien sûr, hommage à cette merveille .

Tro mignon

Bon, je l’ai finalement écouté ce disque et là… Boum : les grands espaces, les Byrds, Laurel Canyon, Gram Parsons, Big Sur, les plages de Los Angeles, les vagues du Pacifique, les chemises à carreaux, tout ça me submerge illico tant le groupe m’apparait comme une synthèse parfaite de tout ce que je recherchais à ce moment-là et que je recherche d’ailleurs toujours.

Alors les vieux cons sont toujours prompts à casser les enthousiasmes des plus jeunes en leur renvoyant le manque d’originalité et la fadeur supposées des objets de leur engouement : « les Beatles ? C’est nul, ils ont tout piqué aux Everly BrothersT-Rex ? Bah, c’est du Eddie Cochran en version commerciale pour les jeunes générations… ». Notez que ça marche aussi pour le ciné : « Leos Carax ? Pffff, une version bourgeoise de Petit Jo, le cracheur de feu de la place St Aubin » (ça c’est moi qui l’ai dit, et c’est pas des propos de vieux con. J’y reviendrai.).

Tout ça pour dire que Beachwood Sparks s’inspirait indéniablement de la scène folk californienne de la fin des années 60, mais j’en avais absolument rien à carrer : c’était MES Byrds, MON Buffalo Springfield, MES Flying Burrito Brothers. Même si j’écoutais déjà passionnément la musique de ces groupes, ils en livraient une version fraîche, revitalisée et surtout contemporaine, chose évidemment essentielle dans le processus d’adhésion et d’identification. Canyon Ride est tout de suite devenu un hymne intime, un Eden musical, un refuge mélodique, harmonique… philosophique même : si mon idéal de vie devait se matérialiser en une poignée de minutes de musique, elles ressembleraient à ça. J’ai beau l’avoir écouté un nombre incalculable de fois, j’ai toujours des frissons lorsque le solo de pedal-steel emmène le morceau encore plus loin dans la rêverie.

Prends ça collection automne-hiver 2013

Un deuxième album a suivi, un peu décevant à mon goût mais pas grave, le mal était fait. Le disque suivant a enfoncé le clou : plus alanguis, cools et laid-back que jamais, plus longs aussi, plus mélancoliques encore, ses quelques titres ont achevé de faire des Beachwood Sparks un de mes groupes fétiches, au même titre que les High Llamas, les Super Furry Animals ou The Coral.

Évidemment, l’annonce d’un nouvel album après un break de 10 ans, m’a réjoui au plus haut point. D’autant que dans l’intervalle, tout ce que le groupe prônait lorsqu’il a débarqué (le folk mélodique, les harmonies vocales, les chemises à carreaux) et dont PERSONNE n’avait rien à foutre à l’époque est devenu non seulement tendance, mais également rentable commercialement. J’aime bien quand un groupe ou un artiste à l’origine d’un courant, a la possibilité de récolter quelques dividendes, ne serait que « moraux », sur les lauriers et brouzoufs amassés par d’autres. Bref, 10 ans après, ils accumulent effectivement papiers et critiques très positifs, un écho et une exposition en tout cas qu’ils n’ont jamais eu du temps de leur « activité » (puisqu’on ne sait toujours pas aujourd’hui si le groupe va poursuivre l’aventure). En ce qui concerne les chiffres de ventes, faut pas rêver hein.

Et puis l’essentiel : j’avais un peu peur mais le disque est bon, très bon. Merveilleux même. Je retrouve comme si l’interruption de 10 ans n’avait jamais eu lieu ces harmonies vocales d’une infinie modestie et douceur, cette identité mélodique si particulière, capable de vous élever ou de vous arracher le cœur sur un changement d’accord. La musique de Beachwood Sparks c’est tout simplement la matérialisation d’un idéal, celui de la Californie du Pacifique, des routes côtières, des falaises de Big Sur, du bruit des vagues, de sourires doux et accueillants, de l’endless summer. Et des chemises à carreaux.