Une dernière chose avant de partir – critique

Coup de théâtre sur Grande remise :  une lecture inopinée est venue se glisser dans la read-list que j’avais établie. Désolé pour le chamboulement, j’espère que ça te déstabilisera pas trop.

Jonathan Tropper - Une dernière chose avant de partir
La couve est vraiment naze, on dirait de la chick lit au rabais.

Drew Silver n’a pas toujours fait les bons choix. Sa gloire éphémère de batteur dans un groupe de rock – qu’un seul et unique tube a propulsé brièvement aux sommets des charts – remonte à près de dix ans. Aujourd’hui, il vit au Versailles, une résidence qui accueille des divorcés un peu paumés, comme lui. Pour gagner sa vie, il a intégré un orchestre spécialisé dans les cérémonies de mariages. Son ex-femme, Denise, est sur le point de se remarier. Et Casey, sa fille qui s’apprête à intégrer Princeton, vient de lui confier qu’elle est enceinte – et ce uniquement parce que de ses deux parents, Silver est celui qu’elle répugne le moins à décevoir. Lorsqu’il apprend que sa vie ne tient plus qu’à un fil et que seule une opération peut le sauver, Silver prend une décision radicale : il refuse l’intervention. Le peu de temps qui lui reste à vivre, il veut le consacrer à renouer avec Casey, à devenir un homme meilleur. Pendant que, sous le regard de sa famille au comble de l’exaspération, Silver bataille ferme avec cette question existentielle, chacun se démène pour recoller les morceaux de cette famille désunie, au risque de l’abîmer davantage encore… (Amazon.fr)

J’aime beaucoup les romans de Jonathan Tropper. Pour situer, il est un peu le Nick Hornby américain : quarantenaire, background toujours un peu rock/indé, références à la pop culture, personnages principaux masculins archétypaux du mâle occidental blanc classe moyenne fondamentalement lâche et attachant. 2 différences majeures : sa judéité et, corrélée, l’importance de la famille. Même si tous ses romans (celui-ci est le 4ème) comportent une intrigue amoureuse, celle-ci est toujours envisagée à travers le prisme de relations familiales compliquées voire castratrices.

Son style est simple, sans fioritures, rilax. Tropper est naturellement cool, sarcastique et smartass juste ce qu’il faut, sans verser dans le cynisme pour autant et sans jamais essayer de désespérément coller à son époque.

Malgré un ton toujours humoristique et une distance ironique, Une dernière chose avant de partir est son roman le plus sombre et le plus risqué. Il y jongle avec des évènements tragiques et potentiellement dangereux, de nombreux rebondissements dramatiques qui lui confèrent un aspect particulièrement rocambolesque parfois un peu lourdingue : adapté au cinéma, ça pourrait donner une horreur absolue d’enchaînements de larmes, de rires, de portes qui claquent, d’embrassades, de scènes hystériques absolument insupportables. Je vois Julia Roberts, je vois Meryl Streep et je paierai certainement pas ma place pour voir ça sur un écran.

Ce qui sauve le bouquin du naufrage, c’est évidemment le talent de Tropper pour l’introspection, pour la description de la psychologie de ses héros gentiment brisés par les regrets, les mauvais choix, les rendez-vous manqués. Ca vaut quelques pages/chapitres assez sublimes, d’une grande mélancolie, d’une grande sensibilité et acuité. Parfois bouleversants pour être honnête.

Il emporte finalement la mise en négociant à merveille LA question, LE dilemme que doit résoudre l’un des personnages dès les premières pages du bouquin. J’ai eu très peur mais non : chez Tropper, l’optimisme de la conclusion, l’indispensable « amélioration » des personnages en fin de course ne se fera jamais via un happy end putassier. Intéressant de voir comment il traite cette question d’ailleurs d’un point de vue sociologique. Difficile d’en dire plus sans spoiler.

Beaucoup aimé donc mais je ne le conseillerais pas pour aborder Tropper si tu ne l’as jamais lu : mieux vaut se lancer dans Le livre de Joe, son premier roman, celui qui l’a rendu célèbre. Un régal.

#26 The Diggers – Mount Everest

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Je mettrais cet album sur le même plan que la 1ère entrée de mon top 100 : un disque foncièrement anecdotique mais parfait dans son genre. Par ailleurs, les 2 sont des albums de pure pop et ils sont l’œuvre d’Écossais.

L’album des Diggers lorgne nettement moins du côté de la power pop et nettement plus du côté des glorieuses mid-60s. Ca zieute au Sud vers les The Beatles et à l’Ouest vers les The Beach Boys. C’est produit par un High Llama (Charlie Francis pour les esthètes). C’est l’unique album sorti par le groupe en pleine effervescence Britpop et il a fait un bide. Voilà pour les faits.

Après… Comme pour 18 Wheeler, on est clairement dans la subjectivité pure et dure. Mais je n’en démords pas :  ça fait 15 ans que j’écoute ce disque avec la même envie et le même plaisir. Ca là par exemple : « baby it’s ok, baby it’s alright », faut être sacrément costaud pour ce lancer là-dedans, sous cette forme là, passé 1968. Les « oh oh oh yeah yeah » de l’outro me collent toujours le même sourire après toutes ces écoutes.

Mount Everest est tout à tour euphorisant et mélancolique (il a l’élégance de finir sur une note euphorisante et des « papapa » que tu vas vite reprendre en choeur), il est bien troussé, bien interprété, bien produit, c’est la Pop avec un grand P et c’est donc parmi ce que la vie peut t’offrir de meilleur.

Jacky au royaume des filles – critique

Je poste le pitch même si tout le monde sait de quoi ça parle maintenant:

En république démocratique et populaire de Bubunne, les femmes ont le pouvoir, commandent et font la guerre, et les hommes portent le voile et s’occupent de leur foyer. Parmi eux, Jacky, un garçon de vingt ans, a le même fantasme inaccessible que tous les célibataires de son pays : épouser la Colonelle, fille de la dictatrice, et avoir plein de petites filles avec elle. Mais quand la Générale décide enfin d’organiser un grand bal pour trouver un mari à sa fille, les choses empirent pour Jacky : maltraité par sa belle-famille, il voit son rêve peu à peu lui échapper… (Allocine.fr)

Jacky au royaume des filles
Je ne vais pas m’attarder sur l’aspect fable, le « message » du film, il a été largement évoqué un peu partout. Juste dire qu’effectivement, ça fonctionne super bien, à la fois drôle et édifiant. Édifiant parce que si on remet les choses à l’endroit (si toutefois je puis m’exprimer rainsi), tout est véridique. Et aussi parce que Riad Sattouf a fait attention à des détails qu’on ne remarquera pas toujours mais qui participent beaucoup à la réussite de sa démonstration : le sourire constant et forcé des garçons, le regard blasé, exaspéré et condescendant des filles lorsque les garçons fêtent l’annonce du bal etc.

En gros, si ça fonctionne aussi bien, c’est que Riad Sattouf est un type extrêmement fin, intelligent et doué.
Il ne se contente pas, comme beaucoup l’auraient fait, d’inverser les rôles. Il construit autour de sa parabole tout un univers d’une cohérence esthétique absolument géniale. Au bout de 5 minutes, voire moins, en quelques plans, on y est : les maisonnettes malingres et identiques, les intérieurs faméliques, la grisaille, la boue, les écrans diffusant le message du gouvernement partout et en permanence, on EST, tout de suite, en République de Bubunne. Un univers à la fois légèrement futuriste (les écrans plats présents partout) et salement proche de nous dans sa glauquitude qui m’a rappelé celui qu’il a élaboré autour de son personnage de bd Pascal Brutal.

Ca serait déjà super mais c’est pas tout. Sattouf ajoute un sens de l’absurde proche de celui de Quentin Dupieux : la bouillie, infâme… bouillie qui tient lieu de nourriture officielle (et qui ressemble ni plus ni moins qu’à du sperme); des scènes impeccablement borderline (les 2 viols); une bo à la fois sèche et atmosphérique, évidemment peu commune dans ce qui reste malgré tout une comédie; un sens du rythme et du cadre légèrement déviants; des dialogues à la fois truffés de barbarismes bubunniens (les voileries, les chevalins, les blasphèmeries etc) mais un ton proche de notre quotidien. Tout cela confère à Jacky au royaume des filles une atmosphère quasiment fantastique, d’autant plus remarquable que le film joue majoritairement sur son réalisme dans la description des dictatures totalitaires les plus radicales.

« Radical », c’est le mot que je retiendrai au final pour qualifier le film: c’est drôle mais toujours sur des situations inconfortables, c’est inquiétant, subversif, esthétiquement hyper précis (la scène du bal, ridicule bien sûr mais également très belle), c’est une très belle réussite. Qui sort à un moment propice, alors que le retour à l’ordre moral et au conservatisme le plus bas du front font un retour (?) en force.
Le casting est top de A à Z : Vincent Lacoste est génial, Didier Bourdon super à l’aise de même que Charlotte Gainsbourg ou Noemie Lvovski. Quelques réserves sur le jeu et le phrasé de Michel Hazanasidvicius mais c’est une super idée de lui avoir confié ce rôle.
Bravo Sattouf donc : je lui en aurais pas voulu de me servir Les Beaux Gosses 2 mais il est décidément beaucoup plus doué et talentueux que ça.

Tonnerre – critique

Un rocker trop sentimental, une jeune femme indécise, un vieux père fantasque. Dans la petite ville de Tonnerre, les joies de l’amour ne durent qu’un temps. Une disparition aussi soudaine qu’inexpliquée et voici que la passion cède place à l’obsession. (Allociné.fr)

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J’attendais ce film avec grande impatience depuis la découverte du magnifique moyen-métrage Un monde sans femmes.

Tonnerre appartient à une veine dont j’ai peu parlé jusqu’à présent sur Grande remise mais qui n’en est pas moins granderemisque que les comédies de Jonah Hill, l’americana ou la pop de Bertrand Burgalat. Sans doute le genre se fait-il plus rare, c’est tout. Je nommerai ça le FF, le Film Français. Les coquillettes, la Fille du 14 juillet ou 2 automnes, 3 hivers, films granderemisques s’il en est (et films de nationalité française comme il ne t’aura pas échappé), n’appartiennent pourtant pas au genre.

Le FF est plus conventionnel, plus immédiatement accessible. Voire même plus bourgeois parfois (ça n’est pas du tout un reproche : j’aime l’argent). Il se déroule généralement en province, dans un lieu où l’on se sent bien d’emblée. Un lieu très français (ici la Bourgogne par exemple). Le ton est réaliste ou plutôt vraisemblable. Des gens proches de nous, un univers familier, des dialogues vrais même si indéniablement très écrits. Province est ici un mot clé. Le FF est souvent une comédie dramatique, il brouille un peu les pistes.

Tonnerre a ceci de particulier qu’il est un FF irrigué par cette nouvelle vague de films français cités plus hauts, via la présence de Vincent Macaigne.

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Evidemment, il marque encore plus de points du coup.
Toujours aussi touchant et générationnel (j’ai rarement vu un acteur aussi en adéquation avec son époque), Macaigne y montre davantage sa folie et la violence sourde décelable sous son regard de gros ours touchant et maladroit. Il est génial encore une fois.

Car le film de Guillaume Brac opère un changement de ton brutal en son milieu : confortable, chaleureux, voire débonnaire (les scènes avec Bernard Menez, avec le « viticulteur farceur » comme il est désigné dans le générique de fin), il vire subitement au drame (géniale scène avec le frère du « viticulteur farceur » justement, qui annonce la suite). Tonnerre creuse une veine romantique très franco-française (décidément) : un poème d’Alfred de Musset est récité dès les premières minutes. Tonnerre creuse beaucoup de veines en vérité, ce qui n’est pas la moindre de ces qualités : on songe ici aussi bien et aussi légitimement à Rohmer qu’à Chabrol, Pialat, Lang voire même Lynch.

Polar, film  noir, comédie, drame, chronique provinciale, familiale etc, Tonnerre est donc un peu tout cela à la fois. On pourrait dire de lui qu’il est une version expressionniste d’Un monde sans femmes, tant il semble en reprendre les motifs pour les exacerber et pousser certaines situations jusqu’à l’extrême.
Il appartient également à un genre que j’affectionne tout particulièrement et que je nommerai « film du retour aux sources ». J’entends par là un film où le héros, exilé dans la grande métropole, revient dans la ville ou le village qui l’a vu grandir. J’adore ça. Les américains s’en sont fait les spécialistes, c’est un genre prolifique là bas. Ici, Macaigne arrive de Paris avec ses habits de rocker, blouson de cuir et santiags. Une fois à Tonnerre, il les abandonne graduellement au profit de grosses chaussures de travail et d’une parka.

Je n’en dirai pas plus, j’ai d’ailleurs l’impression d’en avoir déjà trop dévoilé. Mais contrairement à ce qu’on pourrait peut-être penser à la lecture de ces lignes, le film ne se perd jamais dans ses diverses influences et dans les nombreuses pistes qu’il aborde : de la première à la dernière seconde, Tonnerre fait preuve de la même justesse, maîtrise et audace. C’est brillant sans être ostentatoire, ça dit et montre des choses bouleversantes sans avoir l’air d’y toucher, sous un vernis faussement téléfilmesque (une caractéristique essentielle du FF). Avec en prime la meilleure interprétation animale depuis un bail.

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Ca faisait longtemps que je n’avais pas vu un aussi beau FF : le Larrieu était beaucoup plus fantaisiste et inégal (ce qui fait d’ailleurs son intérêt). Y a même du foot, avec des caméos d’Olivier Kapo et Cédric Hengbart de l’AJA, ce qui confère au film un petit côté Coup de tête (pas vraiment de rapport mais bon, c’était pour citer un exemple parfait de FF).
Pour conclure, 2 détails granderemisques de la mort qui ont fini de m’achever : Macaigne porte un t-shirt Superbad (MacLovin entouré des 2 flics, le moment où ils l’ont « cockblocked ») et Bernard Ménez regarde sur Internet la finale LendlMcEnroe de Roland-Garros en 1984.

Je n’en dirai pas plus, il faut simplement aller voir ce très beau film. Allez file.

L’amour est un crime parfait – critique

Professeur de littérature à l’université de Lausanne, Marc a la réputation de collectionner les aventures amoureuses avec ses étudiantes. Quelques jours après la disparition de la plus brillante d’entre elles qui était sa dernière conquête, il rencontre Anna qui cherche à en savoir plus sur sa belle-fille disparue… (Allocine.fr)

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J’avais peur, après le four d’un film aussi coûteux et personnel que les Dernier Jours du Monde, que les Larrieu aient cédé au film de commande, passage obligé pour se racheter auprès des financiers avant de pouvoir à nouveau mener à bien un projet plus personnel. C’est ce que la bande-annonce laissait craindre. Un peu de nichons, un peu de meurtres, un peu de stars, un film plus sage, plus classique, plus Télérama-friendly et hop, c’est reparti.

L’Amour est un crime parfait remplit ce cahier des charges là. Partiellement : il est un film des Larrieu avant tout et c’est évidemment une très bonne nouvelle.

Ca démarre comme un Chabrol des familles : famille, justement, torve, opaque, bourgeoise, provinciale (ou Suisse, ce qui pour nous français équivaut à la même chose), ça ronronne gentiment. Des dialogues brillants laissent néanmoins poindre un potentiel déraillement ainsi que la singularité de l’entreprise.
Qui dévie donc, après une introduction un peu longuette. On se retrouve enfin en plein territoire Larrieu, avec un scénario qui évacue la dimension polar pour se concentrer sur son personnage principal, un homme, Mathieu Amalric de préférence, à la recherche de l’amour fou.
C’est la meilleur partie du film, celle, en son milieu, toute en dialogues/situations à la fois prosaïques et surréalistes, qui relie L’Amour est un crime parfait aux plus belles réussites des frangins, Un homme, un vrai ou Les Derniers jours du monde. On frise même le fantastique (Bunuel, l’Age d’Or, André Breton sont explicitement convoqués). J’aime beaucoup enfin la façon dont les Larrieu « utilisent » Almaric, leur acteur fétiche: séducteur, séduisant mais aussi fragile, lâche, « trop humain », vieillissant (le tour de rein qu’il se fait de manière ridicule avec Sara Forestier). L’acteur, parfois agaçant par son omniprésence ces dernières années, est ici magnifique. Et les dialogues, encore une fois, élégants, fins, drôles, sont un délice.

La résolution, en nécessaire raccrochage de wagons à une intrigue criminelle pour laquelle ils n’ont que peu d’intérêt, serait bâclée ? Oui, peut-être. Elle est en tout cas cohérente avec ce qui a été abordé juste avant, et avec ce qui les motive depuis toujours.

Je ne suis pas très inspiré pour en dire davantage. C’est un film dans lequel je me suis senti à l’aise, un univers familier, comme peuvent l’être les disques de Tellier, Katerine ou Burgalat, que l’on qualifiera volontiers de « décalé » je suppose. Et puis on est toujours plus indulgent lorsqu’on a finalement affaire à une bonne surprise alors qu’on s’attendait, sinon au pire, du moins à être déçu.

Un mot quand même sur le casting puisque c’est lui qui me faisait craindre le pire. Maïwenn est supportable, Sara Forestier encore mieux que ça. Karin Viard, déjà très à son aise dans Les Derniers jours… est parfaite. Podalydès apporte le savoir-faire bonhomme qu’on lui connait, en contre-point terre à terre de l’étrangeté environnante.

J’ai vu Le Loup de Wall Street aussi ce weekend. Je n’en parlerai pas en détail car j’arrive après la bataille et des tonnes de papiers très intéressants je suppose mais j’ai trouvé ça aussi drôle qu’effrayant. Un regard cruel, plus moral et moins ambigu que dans Les Affranchis et Casino. Beaucoup aimé.

C’est la fin – This is the end – critique

Une fois n’est pas coutume je ne parlerai pas de 2 films que je n’ai pas aimés et pourtant vus ce weekend (Machete Kills et La vie d’Adèle), pour m’attarder sur celui qui m’a réellement enthousiasmé.

Bon allez, quelques mots puisque t’insistes: dans le 1er, Rodriguez s’est « vendu » en quelque sorte, gonflant artificiellement son budget et son intrigue mais retombant irrémédiablement à plat alors que le premier volet charmait parce qu’il collait justement avec candeur et sincérité à une esthétique série Z absolument réjouissante. Un film grindhouse, ça marche quand c’est un vrai film grindhouse : le gonfler aux hormones n’a pas de sens.
Et le 2ème, quoique « bon », m’a déçu car pour la 1ère fois, j’ai trouvé Kechiche caricatural, maîtrisant mal son sujet (les discussions sur et la description du monde de l’art: au secours) et surtout ne faisant reposer son film que sur des ressorts empathiques forcément subjectifs (pas que j’en ai rien à foutre d’Adèle au final mais pas loin…).

Allez, C’est la finThis is the end.

This-Is-The-EndInvités à une fête chez James Franco, Seth Rogen, Jonah Hill et leurs amis sont témoins de l’Apocalypse. (Allociné.fr)

Si tu me connais un peu et/ou si tu suis un peu Grande remise, tu sais que ce film là fait nécessairement partie de mes 2 films les plus attendus cette année (le second étant bien sûr Anchorman 2).

J’ai adoré et trouvé que c’était un film non seulement extrêmement drôle (c’est ce qu’on lui demande avant tout) mais également très intéressant d’un point de vue « théorique ».

Sa seule limite à mon avis: difficile d’en profiter pleinement si on n’est pas vraiment familier du travail des 6 principaux protagonistes. C’est pas du domaine de la private joke (même s’il y en a certainement énormément mais, par définition, impossible de les repérer) mais qui n’a pas vu Pineapple Express, Eastbound and Down, Votre majesté, Trop belle! etc etc (vais pas tous les citer) aura du mal, sinon à adhérer, en tout cas à profiter pleinement des nombreuses auto-références.

1ère bonne idée: laisser autant de place à Jay Baruchel (le petit maigrichon) et Craig Robinson (le gros black). Moins connus que leurs désormais illustres collègues de rigoulade, ils ne sont pas moins talentueux et ça fait très plaisir qu’il leur soit enfin octroyé des rôles aussi conséquents dans un film de ce type.

2ème bonne idée: c’est VRAIMENT l’Apocalypse. La fin du monde quoi. La toute première partie est absolument hilarante: c’est la mégateuf chez James Franco et tout le monde joue de son image avec un plaisir non dissimulé. Rhianna fait la gueule et fout une baffe à un Michael Cera le nez dans la poudreuse, Emma Watson et Craig Robinson traitent Jay Baruchel de hipster (« You do seem to hate a lot of things and the bottom of your pants are awfully tight »), James Franco s’enlise dans son amour pour l’art contemporain (et pour Seth Rogen…) etc. Tout ça est extrêmement drôle mais ça ne dure qu’un gros quart d’heure : Rogen et son compère d’écriture/réalisation Evan Goldberg sont trop malins pour ignorer qu’ils ne peuvent pas faire reposer leur film uniquement là-dessus. Donc, Apocalypse. Qui fournit dès lors des ressorts comiques extérieurs à l’auto-dérision et à l’auto-référence et devient source de tensions dramatiques, de rebondissements  intéressants. Ca crée un scénario, tout simplement.

Pour le reste: on peut souvent lire que le film est complaisant, prétentieux, qu’il se limite à un « délire de potes » auto-satisfaits et égocentriques (déjà l’emploi du mot « délire » est passible de poursuites graves sur Grande remise, il faut le savoir). C’est tout le contraire justement : comme indiqué un peu plus haut, 2 des 3 rôles principaux sont tenus par les moins connus de la bande. Suis peut-être un peu de parti pris mais je trouve que c’est généreux.
Ensuite, et surtout, parce que les acteurs, jouant donc leur propre rôle ou plutôt leur caricature, une vision distordue d’eux-mêmes (distordue par leur propre regard amusé sans doute, par celui que nous avons sur eux très certainement aussi), ne se contentent pas de jouer la carte de l’auto-dérision: à mi-parcours, lorsque la « situation » se révèle vraiment critique (c’est VRAIMENT l’Apocalypse je te dis), les vannes et dialogues se font de plus en plus trash et les masques tombent, révélant des types d’une lâcheté, d’une bassesse, d’une méchanceté, assez effrayantes. Le malaise n’est pas loin : il ne s’agit plus seulement de « jouer avec son image » comme on a coutume de dire, on frise carrément le masochisme. James Franco est l’artiste de la bande mais il est superficiel et surtout, totalement débile; Jonah Hill fait preuve d’une obséquiosité exacerbée plus que suspecte, Danny McBride est 1000 fois plus veule, vicieux et crade que son doppelganger Kenny Powers etc.

C’est la fin, c’est aussi la fin d’une époque probablement. La suite nous le dira. Mais il serait étonnant qu’après un tel acte à la fois célébratoire et, quasiment, suicidaire, la petite bande continue ensemble et dans ce même registre. Là encore, Rogen et Goldberg poussent le « film de potes » dans ses derniers retranchements, littéralement à son point de non-retour. Et ils le font, attention, signe fort, pour la première fois sans leur mentor Judd Apatow. C’est la fin (ou This is the end, qui sonne comme une réponse au This is 40 d’Apatow) a vraiment des allures de solde de tout compte et adopte la politique de la terre brûle: c’est l’Apocalypse dehors et dedans. Après ça, il va falloir reconstruire. D’ailleurs dans la toute première scène du film, Rogen se fait interpeler par un passant sur le mode « Hey Seth Rogen! Alors tu vas encore jouer le même rôle ou tu vas enfin devenir acteur? ». Difficile de faire plus explicite. Il serait en tout cas extrêmement étonnant que tout ce petit monde continue sur le même mode, comme si ce film n’avait pas existé.

C’est enfin, comme toujours dans la neo-comédie US, un film d’une extrême générosité, totalement dénué de cynisme: oui c’est très cruel, non le malaise n’est jamais très loin mais C’est la fin, quasiment un remake de Supergrave finalement, est avant tout une célébration de la camaraderie et de l’amitié. Et quand ils s’agit de célébrer, les mecs savent y faire. Donc: final en apothéose, super premier degré, super mignon.

Je suis sorti de là galvanisé, me remémorant les répliques et situations les plus drôles, avec aussitôt l’envie de les revoir; l’envie aussi d’être avec les gens que j’aime, de rire et d’être bon avec eux. La neo-comédie US a fait de la générosité une véritable profession de foi et This is the end, film-testament du genre peut-être, ne déroge pas à la règle.
Merci les gars, du fond du cœur et à très vite j’espère, où que ce soit.

Jeune et jolie – critique

J’ai complètement oublié de parler de ce film que j’ai pourtant vu il y a pas mal de temps. Mauvais signe en général mais là non: j’ai trouvé ça bien voire très bien. Sans comparaison en tout cas avec le précédent Ozon, Dans la maison, totalement foireux/é.

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Je vais pas faire le pitch, tout le monde sait de quoi ça parle. En revanche je vais spoiler.

Les critiques mentionnent peu le fait que ce qui relève de la prostitution à proprement parler s’achève relativement vite. Le vrai sujet du film, c’est la cellule familiale et ses dysfonctionnements (sujet ozonesque s’il en est). Ne pas croire les critiques offusquées/émoustillées donc: le film n’est pas du tout racoleur. Les scènes de passes sont filmées avec le plus d’objectivité possible, frontalement mais assez froidement (rencontre, transfert d’argent, « prestation », départ). On ne connaitra pas non plus les raisons du passage à l’acte d’Isabelle, l’héroïne et c’est tant mieux. D’ailleurs Ozon choisit d’en faire une gamine issue d’une famille aisée et mineure : ficelles de caractérisation un peu commodes sans doute, mais qui lui permettent d’éviter l’écueil de la chronique socio-judiciaire didactique et caricaturale, du film à thèse.

Tu me diras que c’est déjà pas mal. Mais là ou le film excelle vraiment c’est dans la peinture de la famille de l’héroïne et des rapports de ses différents membres. Jeune et jolie baigne dans une ambiance vaguement délétère de suspicion, d’espionnage domestique soft très bien rendue. Chacun aura droit à son moment de gêne et de turpitude profonde: la mère (excellente Géraldine Pailhas comme d’habitude, par ailleurs toujours plus ❤ ) qui entretient une aventure extra-conjugale avec un ami proche de la famille, et qui se fait gauler par sa fille; le beau-père (Frédéric Pierrot, bonne tête de bobo bonhomme) qui badine voire flirte naïvement avec Isabelle, et qui se fait gauler par sa femme; le petit frère qui observe sa grande soeur en train de se caresser, et qui se fait plus tard gauler à son tour par son beau-père en train de se masturber.

La subversion dont Ozon semble finalement dire qu’elle n’est jamais aussi bien et autant incarnée que par le simple fait d’être adolescent(e), surgit donc là où on l’attendait pas forcément, c’est évidemment une très bonne chose : le réalisateur a parfois fait n’importe quoi mais il n’est pas idiot. Idem pour le rapport à l’argent et cette scène à la fois étonnante et évidente au cours de  laquelle Isabelle insiste pour payer ses séances de psy avec l’argent de ses passes.

J’ignore si le film joue encore mais il est à voir même pour qui en a ras le bol d’Ozon (c’était mon cas avant la séance).

J’ai également vu Tip-Top de Serge Bozon mais je n’en parlerai pas car j’ai trouvé ça terriblement mauvais. Pas envie de perdre du temps à dire pourquoi mais en tout cas c’est une grosse déception, surtout après avoir lu le gros dossier que So Film lui a consacré le mois dernier.

Mes 3 prochaines séances sont des films que j’attends impatiemment depuis longtemps: Machete Kills, La vie d’Adèle et This is the end.

Bonne soirée les déglingos.

Ma vie avec Liberace – critique

Avant Elvis, Elton John et Madonna, il y a eu Liberace : pianiste virtuose, artiste exubérant, bête de scène et des plateaux télévisés. Liberace affectionnait la démesure et cultivait l’excès, sur scène et hors scène. Un jour de l’été 1977, le bel et jeune Scott Thorson pénétra dans sa loge et, malgré la différence d’âge et de milieu social, les deux hommes entamèrent une liaison secrète qui allait durer cinq ans. « Ma Vie avec Liberace » narre les coulisses de cette relation orageuse, de leur rencontre au Las Vegas Hilton à leur douloureuse rupture publique. (Allocine.fr)

Le précédent Soderbergh m’avait laissé pas mal indifférent: ni foncièrement mauvais, ni réussi, un film moyen typique. Plutôt sympathique néanmoins.
Mais depuis le temps, on sait le gars capable du meilleur quand il veut bien se sortir les doigts (désolé mais j’adore cette expression et j’attendais avec impatience de pouvoir la placer.). C’est le cas pour Ma vie avec Liberace (Behind the candelabra en vo), récit des dernières années de la vie du pianiste camp et de son idylle avec le dénommé Scott.

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Très vite, on réalise que Soderbergh n’effectue que les bons choix : Liberace était absolument over the top (« excentrique », « folle », « kitsch » sont des adjectifs qu’une seule et unique image de lui suffit à rendre totalement caduques), sa demeure ressemblait à une miniature du plus over the top des casinos de Las Vegas, il aimait le sexe et les jeunes mecs. En un mot, tout pourrait justifier de multiples effets de manche, un traitement clinquant, tout semble crier La cage aux folles de toutes ses forces mais Soderbergh fait le choix de la sobriété.  La dope, le sexe, les liftings (incroyable Rob Lowe, dont le visage trop parfait est merveilleusement utilisé pour le transformer en total freak), il montre tout, absolument tout, mais sans jamais en rajouter. Pas la peine : le personnage, sa démesure, ses excès, suffisent à remplir l’écran, constituent des effets puissants à eux seuls.

Pas, ou très peu de musique non plus : on risquerait la surcharge là encore. En lieu et place du biopic flamboyant avec effets virevoltants, du biopic « vegasien » en somme auquel on serait en droit de s’attendre, la chronique tantôt drôle, tantôt cruelle, d’une histoire d’amour qui finit mal. Son film démarre avec la rencontre des 2 amants, s’achève avec leur rupture. Ligne droite. Pas de flashbacks explicatifs et signifiants (le seul flashback est une scène racontée en direct par Douglas à Damon, une illustration de ses propos donc).

Ne pas croire pour autant que s’il ne joue pas la carte de la surenchère, Soderbergh pêche du coup par jansénisme. Il garde simplement la bonne distance, au plus près de ce couple finalement très classique, privilégiant sur la forme les longues scènes de dialogues entre les 2 (souvent dans la chambre, au lit ou dans la jacuzzi).
Il ne se permet quelques « fantaisies » que lors de la dernière séquence, absolument sublime, lors de laquelle il lâche les chevaux côté émotion, chose rare chez lui. Sa puissance en est d’autant plus forte, c’est logique.

Tu as sans doute pu lire partout si tu t’intéresses au film que les 2 acteurs sont au top: c’est très vrai. Et là encore, tout se fait naturellement, de manière évidente: pas de performance ostentatoire, juste 2 mecs, Michael Douglas et Matt Damon, qui connaissent leur boulot et qui visiblement avaient à cœur de bien le faire à ce moment-là.

Très beau film donc.

Bill Callahan – Dream River – critique

Que dire, sincèrement?

Bill Callahan a depuis quelques années intégré la caste des auteurs-compositeurs qui évoluent dans une autre dimension et défient par conséquent le concept même de critique/chronique. Ses albums sont à la fois toujours les mêmes et apportent néanmoins toujours un ingrédient nouveau. On sait qu’on va les aimer, plus ou moins que le précédent, on s’en fout en fait, on n’en est plus là. A mesure que sa voix s’est faite plus grave et plus profonde, il est devenu un roc et fait désormais partie du paysage. Il est ailleurs je te dis. Comme peuvent l’être Leonard Cohen, Johnny Cash, Neil Young, Will Oldham ou Nick Cave.

bill callahan dream river
Ceci étant dit, Dream River me plaît a priori moins que ses disques précédents. « A priori » parce que ça peut changer: c’est un disque qu’on pourra toujours écouter dans 2, 5, 10, 15 ans, ça va, on est pas pressé.
Il me plaît moins parce que je le trouve une peu trop « joli », ou plutôt « joli » d’une manière qui ne me convainc pas totalement. Sais pas…

Je suis peut-être également influencé par cette interview que j’ai lue un peu avant ma première écoute: Callahan y raconte qu’il ne se considère plus vraiment comme un artiste à part entière depuis quelques années (au sens de quelqu’un qui ne vit que pour son art), qu’il a désormais envie de lâcher un peu prise, de vivre son métier un peu moins intensément. Pour mieux vivre à côté car il a réalisé qu’il ne voulait pas mourir seul (de fait, il va se marier l’an prochain avec la videaste Hanly Banks). J’ai trouvé ça à la fois terriblement touchant évidemment, surtout venant de sa part, mais aussi un peu triste pour son « art » justement.

Maintenant…

Maintenant, évidemment, on parle de Bill Callahan pas de ……………… (insère ici le nom d’un tâcheron surestimé), autrement dit d’un type un peu au dessus de la moyenne. Malgré mes quelques réserves, toutes relatives en plus, ça s’écoute assez bien quoi.

Et puis histoire de clarifier un peu plus choses si besoin était quant au statut du bonhomme, il y a Small Plane, qui se hisse illico dans le top 5 de ses chansons les plus bouleversantes. Il y raconte que la plénitude d’une relation est comparable à ce qui se passe dans le cockpit qu’un petit avion, où chacun peut à un moment ou un autre laisser les commandes à son partenaire en toute confiance.

Sometimes you sleep when I take us home
That’s when I know
We really have a home

MGMT – critique

La grosse affaire de la rentrée. Enfin, en ce qui me concerne, l’une des 2 grosses affaires de la rentrée avec le nouveau Bill Callahan. Pour schématiser, c’est, à un degré moindre, l’équivalent automnal du Daft Punk.

Eh bien je ne suis pas déçu. Et tu ne devrais pas l’être non plus. MGMT apporte tout ce qu’on attend désormais d’un album de MGMT, y compris, surtout même, ce à quoi on ne s’attendait pas (et qu’on va finir par attendre à chaque fois désormais. OK j’arrête).

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Ca démarre gentiment. Enfin, pour eux: les mecs déroulent sans forcer leur savoir-faire de maîtres de la pop psychédélique, dans la lignée de Congratulations. Pop song psyche-glam parfaite, Alien Days donne à entendre ce qu’on attend a priori désormais de la part de MGMT. Un morceau qui pourrait être programmatique, premier d’une série de pépites virutoses mais on constate très vite qu’il n’en est rien. Pas grave: rien que là dessus, on a la confirmation que les Flaming Lips ont décidément trouvé des mecs qui pourraient leur tenir tête, c’est super (j’utilise le conditionnel car entre 3 albums d’un côté et quasiment 30 ans d’existence de l’autre, faut encore garder son calme…).

Cerise sur le gâteau en ce qui me concerne, on retrouve toujours cette influence sunshine pop dans les mélodies et le traitement des voix (entre ici Curt Boettcher), j’adore. Mais cette impression de facilité surtout ! On sent qu’ils pourraient nous sortir le meilleur album psyché pop de l’année à chaque fois. Seulement, comme je le laisse entendre plus haut, ça ne les intéresse pas (Cool Song No. 2 et son tribalisme au sale teint nous le signale juste après Alien Days). Mais bon, ça reste « du MGMT » comme on a coutume de dire (rhaaaaaa Introspection :smileyquibavedeplaisir: ).

Arrive donc Your life is a lie au beau milieu de l’album. Une irrésistible fantaisie glam-carrolienne, le morceau le plus « bankable » de l’album sans doute et un titre qu’il faut prendre au pied de la lettre : ta vie est un mensonge, donc cet album est un mensonge aussi. Ce que tu as entendu jusqu’ici est peut-être très brillant mais ça n’est pas le véritable nouvel album de MGMT.

Celui-ci arrive juste après en fait, avec 5 derniers titres un peu fous, à la fois logiques dans la progression du groupe et totalement inattendus.

On ne savait pas trop comment prendre les déclarations préalables qui prétendaient le disque influencé par Aphex Twin. Eh bien il fallait les prendre au pied de la lettre: beats vicieux et vrillés, superpositions de textures malaisantes, c’est pas vraiment racoleur tout ça. Mais ça cherche, tout le temps, et ça trouve, souvent. « Je ne cherche pas, je trouve » disait Picasso: on n’en est peut-être pas encore là mais enfin… La production évoque un univers interne grouillant, proliférant et synthétique, inquiétant, toujours. Sur le sublime I love you too, death, on croirait entendre le croisement des Flamings Lips de Embryonic et The Terror. Le morceau enfle, et enfle encore, porté par une mélodie d’une grande mélancolie, c’est vraiment troublant. A ce moment de l’album, la fantaisie Plenty of Girls in the Sea quoique gentiment baisée elle aussi, apporte une bouffée d’air frais. On respire un peu, avant un final en grandes pompes mais d’une grande mélancolie lui aussi. On finit un peu épuisé il faut bien le dire, avec l’impression d’avoir accompli quelque voyage intérieur des plus périlleux.

Grand, très grand groupe, et si Daft Punk n’avait pas annihilé toute la concurrence depuis plusieurs mois, on avait là, de loin, le meilleur album de 2013 pour l’instant.