Top 2013 – cinéma – les winners

Les films que j’ai aimés donc. A partir du numéro 8 je les aime vraiment beaucoup, difficile de les départager, à part le number one.

Petit aparté pour signaler que les dernières saisons de Breaking Bad et Eastbound and Down font clairement partie du très haut du panier des fictions audiovisuelles de cette année (Mad Men un ton en dessous en revanche mais je suis sûr que la dernière saison va tout péter).

Tu connais désormais le principe : des liens vers les critiques de ceux dont j’ai déjà parlé, quelques explications sur les autres.

#28 Le grand méchant loup

Oui, t’as raison, on peut dire que côté message, c’est pas le top du top même si je suis disposé à laisser aux auteurs le bénéfice du doute.
Il est bien là le problème : « les auteurs », Nicolas & Bruno, dont je suis extrêmement client. Pour resituer, ils sont les immortels créateurs du Message à caractère informatif dont je continue à citer très régulièrement et subrepticement des répliques au quotidien.  La Cogip, les cravate-moustache, le sosie de Francis Cabrel, les plans comptable prévisionnels débriefés autour d’un super potage à la machine à café, Jean-Patrick Ranu, les gros poutous, je m’en lasse pas même après toutes ces années. Là évidemment, on en est loin… Mais justement j’ai trouvé intéressant de chercher Nicolas & Bruno dans cette espèce de grosse comédie bourgeoise un peu malade, à la misanthropie suspecte. Ils sont dans certains choix (Valérie Donzelli dans un rôle important) dans les détails, parfois insignifiants, d’un dialogue ou d’une réplique, ou dans la direction artistique (une BO délicieusement pompidolienne, qui inclue par exemple la reprise du générique de 30 millions d’amis par Air, un caméo d’Arnaud Fleurent-Didier etc) plus que dans une intrigue plan-plan et une « morale » un peu désagréable (ok, « assez désagréable »). Je n’arrive pas à trouver ça mauvais, et j’ai bien ri à plusieurs reprises, tout simplement.

L'excellente Léa Drucker et un Fred Testot étonnamment moins catastrophique que d'ordinaire.
L’excellente Léa Drucker et un Fred Testot étonnamment moins catastrophique que d’ordinaire.


#27 100% cachemire

C’est à peu près la même chose :  je tiens Valérie Lemercier pour l’un des plus grands talents comiques français, sinon le plus grand et malgré un montage hasardeux, bancal, voire jem’enfoutiste, malgré Gilles Lelouche, malgré le happy end amené avec trop peu de subtilité, je ne veux retenir que les quelques très bons gags/répliques/situations.

#26 Effets secondaires

Un sympatoche quasi-nanard.

#25 Pacific Rim

Idem, dans un tout autre registre.

#24 After Earth

Will Smith est insupportable de rigidité compassée, son fils joue comme une patate et on est loin des plus belles réussites shyamalesques mais c’est évidemment sans comparaison avec le scandaleux Dernier maître de l’air. Déjà c’est une grosse machine hollywoodienne qui tient sur la présence de seulement 2 personnages, séparés l’un de l’autre pendant les 3/4 du film, rien que pour ça… Ca manque des fulgurances, aussi bien stylistiques qu’émotionnelles, auxquelles on a longtemps été habitués par le réalisateur mais ça fait du bien de le voir retrouver ses esprits. Et ça finit mieux que ça ne débute ce qui est toujours bon signe.

Bon alors évidemment, il faut être assez solide pour encaisser ce type d'esthétique...
Bon alors évidemment, il faut être assez solide pour encaisser ce type d’esthétique…


#23 Prince of Texas

Finalement, David Gordon Green, un temps neo-Terence Malick, semble nettement plus à son aise dans le registre comique accompagné par les barons actuels (Délire Express avec Seth Rogen et James Franco, Babysitter malgré lui avec Jonah Hill, Eastbound and Down, dont il a réalisé pas mal d’épisodes, avec Danny McBride). Ici, malgré Paul Rudd aka le-type-le-plus-sympa-du-monde©, on est davantage dans la chronique douce-amère. C’est moyen mais plutôt agréable. Emile Hirsch est excellent en revanche : à chaque fois je me dis que ce mec n’a rien et qu’il me gonfle, et à chaque fois je le trouve excellent (Into the Wild, Killer Joe, ici). Il y a beaucoup de gras dans ces quelques lignes.

#22 Elysium

Gentiment bourrin.

#21 Monstres Academy

Un peu trop sage peut-être mais bien.

#20 Les Miller, une famille en herbe

Que j’aime ces films…
Celui-ci n’est certes pas un indispensable du genre : sa résolution est un peu trop paresseuse et pas assez maligne mais le casting est impeccable, les situations bien propices aux dérapages (qui surviennent toujours) et les dialogues hilarants. Je trouve également touchant ce film gentiment trash qui apparait déjà un peu old school comparé aux géniales fulgurances de la génération Seth Rogen/Jonah Hill. Devant C’est la fin , Délire Express ou Observe and Report, on a l’impression de voir le nouvel humour, un humour 4.0, encore totalement inédit. Ici on est bien sûr devant un humour frère (ou plutôt « père » pour être précis) mais qui tournerait un peu au ralenti, qui aurait déjà quelques rhumatismes. Ca me touche. Comédien du milieu (plus vieux que ceux précédemment cités mais plus jeune que la génération des Stiller/Ferrell and co), Jason Sudeikis y trouve un véhicule parfait pour son talent humble et encore trop peu reconnu. A noter que le méchant est interprété par Tomer Sisley. Et que, c’est encore plus notable, ça roule passé l’effet de surprise.

Featuring Ron fucking Swanson et cette nana dont on sait jamais comment elle s'appelle
Featuring Ron fucking Swanson et cette nana dont on sait jamais comment elle s’appelle et qu’on s’en cogne


#19 Imogène

Chouette comédie indé.

#18 Le dernier pub avant la fin du monde

Frise le chef d’oeuvre granderemisesque avant de s’aplatir devant l’autel de la geekerie mais c’est déjà pas mal.

#17 Ma vie avec Liberace

Soderbergh au top de ses capacités.

#16 Jeune et jolie

Vaut beaucoup mieux que son enrobage pseudo-provoc le laisse entendre. Fait même partie des plus belles réussites d’Ozon (ce qui ne veut pas dire grand chose, on est d’accord).

#15 Spring Breakers

Film de petit malin tellement malin qu’il parvient à être plus brillant que malin mais film de petit malin quand même. Mais brillant.

#14 Les gamins

Inégal mais très sympathique et régulièrement très drôle. Je serai content de le revoir quand il sera diffusé un lundi soir sur M6.

#13 La reine des glaces

La très bonne surprise de la fin d’année. Visuellement, c’est une merveille absolue : quand la technologie et le talent parviennent à se mettre au service de l’inspiration, de l’élégance et du bon goût. Vraiment splendide. Après, ça parle de solitude, de notre place dans le monde, de fratrie, d’amour, de vie, de mort sur un mode léger mais jamais benêt, ça prend des tours inattendus, c’est malin, super mignon évidemment, c’est vraiment extra. On en oublie même l’inévitable médiocrité des chansons, c’est dire.

#12 20 ans d’écart

Super rom com à la française. Encore un film que j’aurai plaisir à revoir.

#11 16 ans ou presque

Un film cousin de Radiostarz ou Les gamins ie un film qui réussit à greffer la comédie US contemporaine sur un contexte très franco-français (ici la gauche caviar et intello-chiante). Un film proche du génial Old School – Retour à la fac, une de mes comédies favorites de tous les temps, qui dit que l’adolescence n’est jamais aussi belle que lorsqu’elle est vécue avec le recul et la complétude de l’âge adulte. Un faux-film pour ados donc mais un vrai film de trentenaires (d’ailleurs les ados présents dans la salle ne riaient pas du tout). C’est mal écrit, mal monté mais c’est vraiment très, très drôle et Laurent Lafitte confirme qu’il est un comédien à suivre de près. Il est évidemment beaucoup trop bien classé mais que veux tu, j’aime l’humour. A la passion.

Quand il a débarqué il y a quelques années, je pensais que Laurent Lafitte était le fils de Michel Leeb.
Quand il a débarqué il y a quelques années, je pensais que Laurent Lafitte était le fils de Michel Leeb.

#10 Michael Kohlaas

Un poil empesé peut-être mais fort et beau.

#9 L’inconnu du lac

C’est beau, voire très beau. Limpide dans ses intentions et son exécution. J’aime notamment le décor unique découpé en 4 (le lac, la plage, le bois, le parking). Il me manque pourtant quelque chose pour être aussi emballé que la critique. Mais je crois surtout que j’ai de plus en plus de mal avec les films parfaits.

#8 Möbius

Je suis très fan des Patriotes (comme tout le monde), j’ai beaucoup de sympathie pour Eric Rochant (comme tout le monde) mais malgré les quelques bonnes critiques, je n’y croyais pas plus que ça. Et j’avais tort car c’est vraiment très réussi. Un film d’espionnage sans action, tout en rapports tours à tours tendus et sensuels, qui réussit la prouesse d’être à la fois cérébral et touchant. Dujardin est excellent mais il a le beau rôle :  le mec viril, minéral et taciturne qui fait la gueule en permanence (ou presque…), on peut pas se rater. Cécile de France en revanche m’a bluffé : passer de coiffeuse popu chez les Dardenne à trader sophistiquée ici, avec en plus une telle nuances de comportements et d’émotions, eh ben bravo, tout simplement. Très beau film.

Qu'est-ce qu'ils deviennent les autres Nous C Nous ?
Qu’est-ce qu’ils deviennent les autres Nous C Nous ?


#7 Django Unchained

J’aimerais bien le revoir car il est sorti en tout début d’année mais c’était quand même assez génial.

#6 La fille du 14 juillet

Ca c’est vraiment formidable aussi. Un mix de Moullet, Rozier, Godard mais également Zidi et Pécas qui, surtout, ne force jamais aucune porte. De la même façon que les looks ou accessoires vintage s’intègrent parfaitement à l’époque (la notre), tout ici est naturel, semble aller de soi. C’est d’une liberté, d’une fantaisie, d’une énergie et d’une drôlerie oubliées par le cinéma français. Ca m’a également rappelé certains numéros de La grosse boule, l’émission animée à leurs tout débuts sur Canal Plus par le duo Edouard Baer/Ariel Wizman. En (beaucoup) plus fou et (beaucoup) moins poseur. Malgré la culture, évidente, et la précision des références, des costumes, des accessoires donc, tout semble gratuit, rien n’est calculé, c’est ça qui est formidable dans ce film… Il faut le voir !

Joyeusement anar, sexy et précis.


#5 2 automnes, 3 hivers

Difficile, très difficile de parler d’un film dont on se sent aussi proche. Par son ton, sa forme, ses préoccupations, ses personnages, des détails troublants parfois (souvent…). Le film de la génération-que-l’on-ne-nomme-pas dont je parlais dans un récent billet (la flemme de le retrouver), celle des 30-35 ans. En pendant filmique d’un Sébastien Tellier ou Philippe Katerine, Vincent Macaigne l’incarne à lui seul de manière magistrale. C’est un double de rêve qu’on a à la fois envie de garder pour soi et de faire connaître à tout le monde.

Vincent Macaigne, homme de l’année


#4 Inside Llewyn Davis

Granderemisque à fond.

#3 C’est la fin

Granderemisque fond à.

#2 Les coquillettes

Granderemisesque à donf.

#1 Mud

Rien à ajouter à ce que j’ai pu dire à sa sortie :  un genre de film total et idéal.

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Top 2013 – cinéma – les losers

J’ai vu encore moins de films en salles cette année qu’en 2012. Peut-être je vais arrêter le cinéma. On sait pas.

Voici en tout cas la 1ère moitié de mon top : les films que je n’ai pas aimés /que j’ai trouvés mauvais. Y en a nettement moins que dans la seconde à venir demain, ce qui prouve bien que je ne suis pas un mauvais bougre et que je dis « oui » à la vie.

Avec des liens vers les critiques de films publiées pendant l’année, quelques lignes sur les autres. Il est peut-être encore temps de poser une RTT si tu veux tout lire.

# 47 Tip Top

Plus qu’un mauvais film, un film profondément agaçant. Il avait pourtant tout pour me plaire (humour pas drôle/à froid, comique de situation, aplats de couleurs et ambiance blafarde à la Kaurismaki, mélange des genres). Problème : tout sent la pose, le volontarisme forcené. Et ça n’est pas le casting de stars venues s’encanailler (Kiberlain, Huppert) et de guests forcément inattendues (Sami Nacery chez Bozon !  Ouais mais c’est trop cool tu vois !) qui arrangent l’affaire. L’exact opposé de La fille du 14 juillet, au hasard, qui lui respire vraiment la liberté et le geste gratuit.

En fait, il est assez surestimé François Damiens.
En fait, il est assez surestimé François Damiens.

# 46 Albator

Ca ne m’a jamais intéressé et j’ai trouvé ça  visuellement moche et cacophonique. J’ai même eu un gros trou d’un bon quart d’heure au milieu, sans même avoir dormi. Costaud dans le genre.

# 45 Very Bad Trip 3

Aussi mauvais que le 1er est inépuisable.

# 44 Star Trek Into Darkness

J’ai de la sympathie pour JJ Abrams (j’adore Lost, j’ai beaucoup aimé Super 8, j’avais bien aimé le 1er volet) mais là c’est le prototype du blockbuster qui révulse les lecteurs de Télérama : une débauche indécente de moyens, un étalage hallucinant de pognon, au service de rien.

# 43 Machete Kills

Dans le premier volet, Rodriguez réalisait un vrai film de série Z, jubilatoire, violent, drôle, politique même, sous la grosse farce. Avec en argument Sopalin une starlette déchue et trash, Lindsay Lohan. Ici, il bénéficie d’un budget nettement plus conséquent et le montre à chaque plan. Résultat : moins de punchlines débiles, plus d’effets spéciaux inutiles. Avec cette fois Amber Heard, starlette montante et aseptisée. CQFD.

# 42 Quai d’Orsay

La bd a une telle réputation que je me suis laissé tenter. Au final, un film de vieux, pour les vieux : des gags d’un autre temps et d’un autre monde, un rythme arthritique, un propos dépassé. Les gens dans la salle, âgés en grande majorité, avaient l’air satisfaits. CQFD.

# 41 Happiness Therapy

Je sauverai la dernière séquence et la mignoncité de Jennifer Lawrence (davantage IRL que grimée façon middle class biatch) mais qu’est ce que c’est lourdingue nom de Dieu… La bipolarité pour les nuls. C’est toujours l’horreur absolue lorsqu’Hollywood essaie de digérer le cinéma d’auteur (ici Cassavetes, oui oui, sans charres) pour le recracher, pardon, le gerber, via un casting oscarisable et un scénario bien balisé. Et, ça va sans dire, une belle morale en guise de cerise sur le gâteau: c’est OK d’être fragile voire déséquilibré et tout et tout du moment que les billets verts sont au rendez-vous. God Bless America.

Cette photo n'a absolument pas été choisie au hasard.
Cette photo n’a absolument pas été choisie au hasard.

# 40 Lincoln

Über chiant.

# 39 Oblivion

Nuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuul.

# 38 Ma meilleure amie, ma soeur et moi

Frédéric Lopez likes this.

# 37 The Immigrant

Certes, j’ai vu peu de films et peut-être pas les meilleurs mais ça n’aurait pas changé la donne : je suis pas loin de trouver ça à chier. Un peu pub Shalimar, un peu saga télévisée type L’Amour en héritage (l’émotion en moins) et un peu trop Marion Cotillard. Non mais sans déconner… C’est pas possible cette fille. No can do. No es posible. Er det ikke muligt*. Je ne comprends pas. I don’t understand. Etc.

"T'es une belle personne, t'es vraiment une belle personne Ludo". Marion Cotillard in Les petits mouchoirs. Never forget.
« T’es une belle personne, t’es vraiment une belle personne Ludo ». Marion Cotillard in Les petits mouchoirs. Never forget.

# 36 Frances Ha

La version longue, moins tête à claques mais également moins intrigante, d’un épisode de Girls.

# 35 Passion

J’ai lu des choses passionnantes sur ce film mais je crois sincèrement qu’elles ne relèvent que de l’auto-persuasion. Alors oui, évidemment ce dernier quart d’heure remet un peu les pendules à l’heure avec du vrai, du grand cinéma. Mais jusque là, pfiou… Pas compliqué : jusqu’à ce qu’il décide de reprendre un peu les choses en main et dévier du scenario originel, Passion suit à la trace le Crime d’amour d’Alain Corneau (dont il est le remake). Et c’est d’une fadeur assez décourageante. Brian, je t’aime d’amour, bon nombre de tes films figurent dans mon panthéon personnel mais il faut bien s’y résoudre : désormais tu bandes mou.

# 34 Les stagiaires

Je pensais aimer, j’aurais aimé aimer, d’autant que le film m’a été puissamment vendu à plusieurs reprises mais non. Je ne dis pas que je n’ai pas trouvé ça parfois mignon (notamment dans le rapport entretenu par 2 générations contraintes de se comprendre pour réussir). Je ne dis pas que je n’ai pas aimé les constantes références de Vince Vaughn à Flashdance. Je ne dis pas qu’Owen Wilson n’a pas des cheveux super soyeux. Je ne dis pas que je ne suis pas amoureux de Rose Byrne. Mais je ne n’ai pas ri ou même souri à une seule reprise (bon, si, ok, durant la scène de Will Ferrell évidemment) ce qui est quand même un petit peu problématique. Shawn Levy, réalisateur notamment des 2 fadasses volets de La nuit au musée, est décidément un cinéaste horriblement… fadasse. Pas étonnant finalement de le voir diriger ce long et parfois édifiant spot de pub pour Google.

Lol ?
Lol ?


# 33 La vie d’Adèle

Trop de morve (manifestement une tendance Actor’s Studio en 2013, cf The Immigrant), de bolognese, d’huîtres, de préjugés débiles sur l’art et son univers. Je m’attendais à un tremblement de terre, j’ai eu droit à un pétard mouillé. Après, évidemment, c’est bien fichu, je dis pas.

# 32 The Bling Ring

Jeune et joli. Et un peu nul aussi, malheureusement.

# 31 Gravity

Aurait effectivement pu être mémorable si Cuaron avait un peu moins le melon.

# 30 Le Temps de l’Aventure

Moui… mais non.

# 29 40 ans, mode d’emploi

Grosse, très grosse, énorme déception puisque je suis un incommensurable fan de Judd Apatow. 2 gros problèmes ici selon moi: les dialogues manquent terriblement de ce mordant auquel le maître nous avait habitué. Encéphalogramme plat. Et surtout, terrible problème de réalisme/vraisemblance, appelle ça comme tu veux. C’est pourtant l’un des points forts d’Apatow. Ici, on marche sur la tête : la famille est endettée mais vit dans une maison-château avec immense jardin et piscine (il est quand même question de la vendre, ouf…), se vautre dans les I-pads, I-phones et autres gadgets technologiques, roule dans un énorme 4×4, organise une fête d’anniversaire à 50 000$, se tape un weekend dans un resort hyper luxueux (et commande TOUT ce qu’il y a de disponible sur la carte en room service, véridique !). Ca peut paraitre superficiel de s’arrêter à ce type de détails mais ils sont ici trop nombreux pour qu’ils soient laissés de côté. Après, évidemment, de belles scènes, très étirées comme toujours chez Apatow, de beaux seconds rôles (les 2 pères) et une scène de comédie géniale (celle ou Melissa McCarthy pète les plombs) mais c’est trop peu.

Apatow, Paul Rudd, un t-shirt Ween :  c'était pourtant gagné d'avance
Judd Apatow, Paul Rudd, un t-shirt Ween : c’était pourtant gagné d’avance
*C’est pas possible.

Le sapin, les guirlandes et les boules

Il n’aura pas échappé aux mieux informés d’entre vous que ça y est, on y est, cette fois c’est sûr, on va pas y couper : c’est Noël.

Bonne nouvelle, fléau international, « enfin ! », catastrophe absolue, « youpi », « faischierputaindemerderaslecul » etc. :  cet évènement somme toute assez régulier inspire une large palette de sentiments. Si tu as choisi « je m’emmmmmmmmeeeeeeeeeeeerde », tu peux toujours passer le temps grâce au bingo de Noël de Topito.

Grande remise ne déroge pas à la règle et fait une pause de quelques jours, jusqu’à la nouvelle année on va dire.

Je te souhaite donc de joyeuses fêtes, du fond du coeur. Et je te dis à dans une dizaine de jours pour la révélation, en mondovision, de mon top films 2013.

Gros poutous de Toulouse.

Top albums 2013 – 2ème partie

Le haut du panier donc, nous y voilà.
Dix albums pas forcément meilleurs que ceux qui les précédent mais ce sont ceux que j’ai le plus écouté cette année, et du coup j’en ai déduit que ce sont ceux que je préfère.
En toute simplicité.

#10 Jonathan Wilson – Fanfare

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C’est compliqué… C’est compliqué parce que « objectivement », c’est un album très impressionnant. Mais je reste un peu sur ma faim. Je m’explique : sur Gentle Spirit, son précédent, on entendait une voix à la fois familière (le folk rock californien du début des années 70) et singulière (influences de Pink Floyd, très inattendues dans ce contexte). Sur Fanfare, Jonathan Wilson s’est fait plaisir et a sans doute enregistré l’album dont il rêvait depuis longtemps : invités prestigieux, arrangements opulents. Il se révèle à bientôt 40 ans donc on ne lui en veut pas trop d’avoir cédé à ce genre de tentation. D’autant que son talent est intact. Mais je le préfère quand il ne fait « que » du Jonathan Wilson, quand il poursuit la voie qu’il s’est tracé tout seul, un peu trop rarement ici donc, et pas de la resucée (un coup Dennis Wilson, un coup CSNY etc.), aussi bluffante soit-elle. Ceci dit, encore une fois, c’est régulièrement grandiose et certains passages m’emportent complètement : un genre de fantasme musical devenu réalité.

#9 Sébastien Tellier – Confection

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Je suis un grand défenseur de My God Is Blue, dont le seul défaut était finalement de davantage relever de la performance globale et pas seulement musicale. Un disque et un geste incompris. Je regrette donc un peu que Tellier ait en quelque sorte remis les pendules à l’heure à peine un an après avec cet album qui ressemble à du Tellier et qui a rassuré celles et ceux qu’il avait perdus en route. Mais évidemment si on juge cet album hors contexte, uniquement pour ce qu’il est, on tient une pure merveille de pop orchestrale vintage, élégante et mélancolique. Une bande-originale imaginaire qui ferait se croiser le Polnareff de la Folie des grandeurs et François de Roubaix.

#8 Kelley Stoltz – Double exposure

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Ca fait plus de 10 ans que ce mec sort des disques de pure pop impeccables, voire parfois géniaux (Circular Sounds) ça fait plus de 10 ans que je le dis, maintenant c’est foutu, c’est trop tard pour lui malgré la reconnaissance que les groupe garage de San Francisco (notamment les Thee Oh Sees) essaient de lui conférer. Il souffre du syndrome Super Furry Animals : albums essentiels mais allure quelconque et pochettes à chier.  Moi-même j’ai plus envie de batailler. Triste.

#7 Unknown Mortal Orchestra – II

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En studio, le groupe bénéficie d’une production très langoureuse (notamment dans le traitement de la voix) qui sied à merveille à son psychédélisme sexy. Ruban Neilson, guitariste de l’année. J’adore la pochette par ailleurs, peut-être même mon top 1 pochettes 2013.

#6 Kurt Vile – Wakin on a pretty daze

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J’en ai parlé très récemment, j’insiste pas.

#5 MGMT

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Finalement, la « grande tendance de ses dernières années » comme on dit à l’heure des bilans dans les Inrocks et Hot Video, c’est le psychédélisme. Tame Impala l’an dernier, les Flaming Lips tout le temps depuis 15 ans, Kurt Vile ou Unknown Mortal Orchestra dans des styles bien différents cette année… Sous toutes ses formes, le psychédélisme irrigue la musique de jeunes. MGMT fait partie des champions incontestables et incontestés de sa forme la plus littérale et frontale. L’a un peu chuté quand même cet album, je le voyais plus haut à sa sortie…

#4 She & Him – Volume 3

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Pochette un peu décevante, il faut dire ce qui est…

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Là, ça va mieux.
Plus sérieusement, sur le créneau rétro pop, difficile de faire mieux à l’heure actuelle. Sérieux ! Qui d’autre hein? Qui?!?! Non mais sans déconner, I mean it.
Oh et puis merde : c’est MON top, avec MES goûts à MOI et MES disques préférés de l’année, je fais ce que veux.

#3 Foxygen – We Are the 21st Century Ambassadors of Peace and Magic

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Le disque le plus granderemisesque de 2013, après le number 1 bien sûr. Un feu de paille sans doute (le groupe existe-t-il encore seulement ? D’ailleurs je crois qu’ils vendent déjà des t-shirts « Foxygen is dead » ces petits branleurs) mais c’est pas grave : la (sunshine)pop 60s canonique et savamment débraillée, classieuse mais toujours canaille, c’est ici qu’on la trouvait cette année. San Francisco, chanson la plus charmante de l’année. No Destruction, meilleure chanson des Stones depuis 40 ans. Marrant ce clip d’ailleurs, avec des images d’archives des membres du groupe quand ils étaient petits. Il y a 5 ans donc.

#2 Daft Punk – Random Access Memories

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L’équivalent discographique d’un Superman ou Transformers réalisé par Stanley Kubrick ou David Lynch. Soit un disque immensément spectaculaire mais jamais putassier, grand public mais toujours exigeant. Un DPP (Disque Pop Parfait) qui écrase la concurrence de manière évidente. Tout est parfait dans Random Access Memory :  la pochette, les clips, la communication. Depuis quand la planète entière ne s’était pas excitée comme ça pour un disque? Pour une chanson ? Car au final, ce disque replace la musique et la musique seule comme élèment essentiel, au coeur de tout le bordel. Derrière là débauche de moyens, derrière le savoir-faire, derrière le défilé de guests tous plus classe les uns que les autres, c’est très humble et émouvant je trouve. Ah ils sont forts les cons…

Mais ce top est évidemment un top très subjectif et le disque le plus Grande remise de 2013, c’est de loin

#1 Chateau Marmont – The Maze

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Encore une magnifique pochette. Cette année était décidément de fort belle facture de ce côté là. Oui, de fort belle facture.
Chateau Marmont, grosse affaire voyons !  Ah ils m’auront fait poireauter les salauds :  ça n’est pas seulement l’un des albums que j’attendais le plus cette année, c’est l’un des albums que j’attendais le plus ces dernières années. Je commençais à désespérer. Leurs premiers morceaux ont en effet été publiés en 2009 et le groupe a été fondé en 2005 !
Ils ont pas chomé entre temps (le curieux album d’Alizée notamment, réalisé en partenariat avec Rob, un de leurs modèles) mais cette attente leur a indéniablement porté préjudice :  ils passent désormais pour de vulgaires suiveurs (Air, Phoenix) alors qu’ils sont évidemment bien plus que ça.
Mais bordel ça valait le coup d’attendre en tout cas. The Maze est un disque monstrueux, hors-normes, un véritable dédale en effet qui fait se croiser brillamment et harmonieusement prog-rock, retro-futurisme 70s, soft rock, variété française (subliiiiiiiiime Affaire Classée aux accents Pull Marine, chantée par la non moins sublime Alka Balbir dont j’ai appris il y a peu qu’elle était avec Gaspar de Justice ah putain ils ont tout pour eux ces branleurs), electro pop, pop tout court. Ca démarre fort, ça faiblit jamais et ça finit encore plus fort, dans les étoiles, ou dans le cortex, on sait plus très bien :  la marque des grands. Et puis les mecs ont de bonnes têtes de barbus à la coule, ils ont l’air chouettes, ils sont passionnants en interview. Et ils sont tarbais à la base nom de Dieu. TARBAIS.
Maintenant ce qui serait bien ça serait de :
1 reprogrammer le concert toulousain
2 ne pas attendre 12 ans avant de sortir un deuxième album
3 ne pas à nouveau le sortir quasiment en même temps que le Phoenix et le Daft Punk

Top albums 2013 – 1ère partie

Déjà le deuxième top albums de Grande remise.

Ah la la, comme le temps passe. Nous voilà donc à nouveau en cette période de déprime totale joie et d’allégresse, autour d’une bonne tasse de chocolat chaud, prêts à découdre de tel ou tel choix…
Non, je déconne : ce top est IN-DIS-CU-TABLE.
Mais classer ces 20 albums a été très difficile, davantage que l’an dernier, sauf pour le vainqueur, indiscutable là encore. A la limite j’aurais pu faire une liste de 19 en vrac + le grand gagnant.

Une superbe année donc, avec des mastodontes au rendez-vous, des révélations, des renaissances, des déceptions aussi, ne nous voilons pas la face. Oui, c’est ça, exactement mon vieux : la vie.

Avant d’attaquer la liste à proprement parler, quelques remarques.

– ça a donc été une très belle année musicale et beaucoup de très bons disques auraient mérité de figurer dans ce classement. En vrac : Jim James, William Tyler, Arctic Monkeys, Kavinsky, The Leisure Society, Steve Mason, Camera Obscura, Eleanor Friedberger, Hypnolove, Midlake, Queens of the Stone Age. Rien que d’en écrire certains, j’ai envie de refaire mon top…

– Le disque de Matthew E. White que j’ai classé l’an dernier est en fait sorti en France début 2013. Je ne l’ai pas remis dans ce classement-ci évidemment mais c’est un album qui se bonifie avec le temps : top 5 voire top 3 à l’aise.

– Si l’album de Lafayette est du niveau de ses 3 premiers singles parus cette année, je connais déjà le vainqueur de mon top 2014. Fantastique trilogie que sa Trilogie amoureuse (Mauvaise mine / Eros automatique / La glanda) et je pèse mes mots. Il est là le redressement productif !

Allez, top départ. Première partie ci-dessous, la suite demain. Je ménage le suspense.

#20 Adam Green & Binki Shapiro

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Un album mineur, très court, un petit bonbon au mieux. Mais voilà :  un mec, une fille, une ambiance folk-pop, une basse au médiator, un peu Nancy, un peu Lee, je résiste pas.

#19 Nick Cave and the Bad Seeds – Push the Sky Away

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Le revenant de l’année. Fut un temps, j’étais très client de Nick Cave. Romantisme, théâtralité, grands mythes américains, la Bible, le blues, la violence, le sexe, ça me plaisait beaucoup. Ca m’a passé, même si j’ai continué à suivre sa carrière et parfois beaucoup apprécier ses albums (notamment le double Abattoir Blues). Grinderman en revanche, ça me gonfle. Là il parvient à créer un album de son âge qui ne sonne jamais comme un disque de vieux. Un album mature mais jamais adulte. Tout en faux calme et faux plat, constamment sous tension. La très grande classe.

#18 Thee Oh Sees – Floating Coffin

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Déjà à l’honneur l’an dernier avec l’excellent Putrifiers II, les garage rockers de San Francisco remettent ça moins d’un an après avec un album encore plus électrique et vicieux. Un des clips/singles de l’année : le riff de malade.

 #17 Cate Le Bon – Mug Museum

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On serait pas sur un blog de si bonne tenue, je dirais qu’elle est mon « coup de cœur » de ces dernières années. Mais on a des principes sur Grande remise .
Ca va donc faire maintenant plus de 5 ans que je le dis : cette fille possède un immense talent, et ses albums mériteraient tous de figurer dans les palmarès de fin d’année. Exactement comme ceux de son mentor Gruff Rhys (et des Super Furry Animals) en somme… C’est pas une bonne nouvelle pour elle vu le scandaleux anonymat dans lequel ils continuent d’exister mais pour nous c’est vraiment super.
Si tu ne la connais pas encore, elle pratique une sorte de folk-pop ou pop-folk un peu velvetienne à la fois charmante et excentrique, classique mais avec ce junusékwa comme disent les ricains. Quelque chose d’un peu surréaliste voire inquiétant par moments. Ceci dit Mug Museum est sans doute son album le plus accessible et le plus joli.

#16 Ian Skelly – Cut From a Star

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C’est le premier album solo du batteur de The Coral, qui est décidément un groupe plein de ressources (quand votre batteur sort un disque de ce calibre, vous êtes parés pour l’aventure): on a également eu droit cette année à un superbe album solo du guitariste démissionnaire Bill Ryder-Jones ainsi qu’à un très agréable album pop-soul du chanteur, James Skelly.
Cut From a Star, l’album de son frère (faut suivre) est un disque de pop psychédélique vintage plein de fantaisie et d’inventivité, à rapprocher de ceux de Jim Noir. Un délice pour anglophiles.

#15 Bill Callahan – Dream River

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Une relative déception au final. Disons que les réserves que je pouvais formuler dans mon billet à sa sortie ne se sont pas dissipées, au contraire. Pour être franc, je ne comprends pas l’engouement autour de ce disque, je trouve qu’il est relativement mineur et qu’il a fait beaucoup mieux. Après, évidemment, Small Planes

#14 The Flaming Lips – The Terror

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Un album, une démarche, très impressionnants. Quelle carrière… Mais The Terror est trop radical pour moi. Sublimissime pochette (c’est mon fond d’écran depuis plus de 6 mois puisqu’il faut vraiment tout te dire), qui a de plus le mérite de parfaitement coller au fond et à la forme du disque.

#13 Ty Segall – The Sleeper

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Le petit prodige garage pop californien ralentit le rythme et débranche la guitare : un seul album cette année, de folk sec, anglophile et psyché. Toujours aussi énervé par moments et, plus important, toujours aussi brillant. En outre, il remporte indirectement le prix de la meilleure utilisation de chanson dans une fiction cette année (ex-aequo avec Badfinger pour Breaking Bad) : The Keepers dans le final de l’épisode 5 de la sublime dernière saison d’Eastbound and Down.

#12 Aline – Regarde le Ciel

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Au début ça me faisait doucement marrer ces groupes français qui font du Smiths 30 ans après le reste de la planète. Et puis j’ai finalement écouté l’album et j’y ai avant tout entendu de grandes et belles chansons, émouvantes et surtout sacrément accrocheuses. L’un des tubes de l’année est chanté en français, c’est suffisamment rare pour être souligné.

#11 Phoenix – Bankrupt !

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L’élu de la dernière heure : jusqu’à il y a un mois, il n’aurait même pas figuré dans le top 20 et là, tcharrément, boum, 11ème. Le concert a joué évidemment, même s’il ne m’avait pas plus convaincu que ça. C’est surtout que j’ai eu l’impression d’enfin comprendre ce que Phoenix avait voulu faire avec ce disque : Wolfgang Amadeus Phoenix oui, mais les guitares derrière, les synthés devant. Rien à voir donc au final.

Grand concours top albums 2013

Dans un grand élan de générosité et d’égocentrisme (les 2 mamelles de Grande remise) je te propose aujourd’hui de jouer avec moi.

Devine mes 5 disques préférés de 2013, dans le désordre; envoie tes réponses sur concoursgranderemise@gmail.com. Une seule proposition par personne évidemment (enfin, une seule liste de 5 quoi), clôture des votes le 18 décembre, date à laquelle je dévoilerai mon top 20 albums 2013.

A la clé pour le grand vainqueur, outre mon respect éternel, un exemplaire CD de l’un des tous meilleurs albums de l’année. No shit. Je dis pas lequel évidemment pour pas t’influencer. Mais c’est un super disque et, ce qui ne gâte rien, un bel objet. C’est vous qui êtes gâtés mes petits chatons.
Si personne ne cite les 5 albums en question (c’est plus que probable), le vainqueur sera celui ou celle s’en approchant le plus. Ce qui signifie qu’il y aura un vainqueur quoiqu’il en soit : je le précise pour que tu comprennes bien qu’il ne faut pas prendre cette histoire à la légère.

En cas de participation massive (au-delà de 3 réponses donc), je rééditerai la chose pour mon top ciné, avec cette fois un DVD à gagner. Alors fais tourner mon ami.

Si la tâche te parait trop compliquée mais que tu veux quand même m’écrire, pas de problème : bisous, câlins, virements bancaires, lolcats, insultes, doléances, confessions intimes, photos de nus, j’accepte tout. Et je peux même répondre parfois.

#19 Gene Clark – No Other

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J’aurais également pu  mettre The Fantastic Voyage of Dillard & Clark, son disque avec les Gosdin Brothers ou White Light, l’une des plus belles pochettes de tous les temps. Même Roadmaster, je l’adore celui-là.

Gene Clark, grosse affaire bien sûr.

Dans tous les groupes, faut choisir son camp: Lennon ou McCartney (Macca), Mike Love ou Brian Wilson (y en a qui préfèrent Mike Love ? sérieusement?), Morrissey ou Johnny Marr (Morrissey), Jagger ou Richards (Brian Jones. Ou Mick Taylor. M’en fous quoi. Je t’ai déjà dit que j’aimais pas les Stones ?).

Les Byrds c’était plus compliqué puisqu’ils étaient 3. Pour moi ça a été Gene Clark, immédiatement, parce que je trouvais qu’il avait une allure d’enfer et qu’il avait toujours l’air un peu triste et absent. Et puis il écrivait les meilleures chansons et ça faisait chier les 2 autres, j’adorais ça. S’il a évidemment pondu bon nombre de pop-songs canoniques, elles possèdent la plupart du temps une sorte de halo mystérieux, quelque chose de mystique, une grandiloquence un peu fânée aussi qui les rendent évidemment très séduisantes et complètement à part. Et puis lui-même, son personnage et sa figure, son parcours, sont séduisants. C’est sans doute le héros, le mythe pop ultime.

No Other c’est la matérialisation la plus parfaite de ce statut d’icône absolue. C’est un disque lui-même mythique (parce totalement fou, suicidaire commercialement et longtemps disparu) qui arrive à se hisser sans mal au niveau de sa réputation, comme peuvent le faire également Third de Big Star ou à un degré moindre Fed de Plush. C’est un disque qui continue à surprendre et à sidérer même quand on a tout écouté (je parle pas de moi là hein).

Kurt Vile – Wakin on a pretty daze – critique

J’aurais pu me contenter d’y revenir dans mon futur top 2013 au sein duquel il occupera une place de choix mais j’avais envie de réserver à ce disque un billet unique. Un talent de songwriter (et de guitariste !) comme celui-là, il n’en éclot pas tous les 6 mois.

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Même si Kurt Vile est in da house depuis déjà quelques années. 4ème album il me semble mais j’ai l’impression qu’il est encore largement ignoré en France : il bénéficie du soutien indéfectible d’Uncut en Grande-Bretagne et de Pitchfork aux USA mais ici… Il a pourtant sorti il y a 3 ans un véritable classique instantané de folk moderne, Smoke Ring for My Halo.

Wakin on a pretty daze est immédiatement identifiable (rhaaaaaa cette intro… Sans doute mon morceau préféré de 2013) mais il se révèle vite assez différent. Beaucoup plus long, plus varié aussi, il est davantage le fruit d’un travail d’un groupe : l’album typique du mec qui a tourné pendant de longs mois et qui a envie que cette atmosphère soit immortalisée sur son nouvel album studio.

Ce que j’aime par dessus tout je crois dans les disques de Kurt Vile, c’est qu’ils sont de véritables disques de folk urbain : même quand il joue acoustique, dépouillé, on ne voit pas d’images mentales de la campagne, ou des grands espaces, on voit la ville, les immeubles, les graffitis, les gens qui font la gueule. A ce titre, écouter ses chansons au casque dans les transports en commun ou dans la rue est une merveilleuse expérience. C’est particulièrement le cas sur cet album-ci puisqu’il est plus électrique que ces précédents. Mais même :  tu peux faire le test avec Smoke Ring for My Halo, tu verras, ça fonctionne du feu de Dieu et c’est une belle expérience.

Ce qui rend ce disque particulièrement touchant enfin, c’est que derrière son image de pothead chevelu et narquois (ce dont il se défend mollement dans le beau Gold Tones), Kurt Vile fait l’éloge de la vie domestique et familiale. Comme si le slacker y avait trouvé son Graal. Glander à la maison avec femme et enfants après avoir glandé ado avec ses potes, c’est ça le bonheur ultime pour Kurt Vile.

Bon, y a peut-être un ou 2 fillers comme disent les anglo-saxons (des titres superflus, dont on aurait pu se passer) mais tout le reste est d’une telle constance dans l’excellence… Wakin on a Pretty Daze est un des temps forts de cette belle année musicale.

Inside Llewyn Davis – critique

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Les frères Coen, du folk, des chats, un anti-héros qui n’a pas de chance et/ou fait les mauvais choix :  je ne pouvais qu’adorer et j’ai adoré.

C’est rigolo sinon : tout le monde a l’air de découvrir que les Coen sont encore capables de réaliser un grand film… Eh oh, réveillez-vous : ça fait bientôt 30 ans qu’ils ne savent faire que ça.

#18 Cardinal

Cardinal - premier album
Très fan de cette pochette et du regard caméra d’Eric Matthews.

Ce disque est lié à un réveillon de Noël. Je venais de l’acheter sur la foi de la critique des Inrocks (ie les Saintes Ecritures à l’époque) ou de l’avis de Bernard Lenoir, je sais plus. Je n’avais pas eu le temps de l’écouter avant de me rendre chez mes parents pour les traditionnelles vacances de fin d’année, je l’ai donc passé pendant la soirée. Et il était étonnamment bien passé, ça je m’en souviens bien. « Étonnamment » parce que c’était pas vraiment le genre de la maison que d’écouter de la musique pendant la soirée du réveillon, encore moins de la musique inconnue aux oreilles de tout le monde. On était de toute façon trop nombreux et bruyants pour ça. Voilà pour le contexte personnel.

Le disque a merveilleusement traversé les années : il avait dès sa sortie des allures de classique instantané, à la fois accessible parce qu’évident et un peu intimidant parce que très élégant. Il équilibrait parfaitement une certaine sècheresse rock (Richard Davies) et une préciosité pop (Eric Matthews). A l’époque, alors qu’on était encore bien envahi par le grunge, et pas encore par la britpop, c’était pas commun.

Les 2 compères se sont ensuite épanouis dans des carrières solo parfois himalayesques (oui oui, « himalayesques » ; j’y reviens plus loin), se refusant à donner une suite à leur aventure commune. Jusqu’à l’an dernier (ou l’année d’avant ? J’ai la flemme de vérifier) et un deuxième album intitulé Hymns. Décevant, forcément décevant, surtout après une si longue attente. Largement recommandable quand même. Disons que les 2 sont pour le moins compétents lorsqu’il s’agit d’écrire une chanson donc ça va, ça s’écoute.
M’enfin, si tu ne connais ni Cardinal, ni Richard Davies, ni Eric Matthews, c’est par ici qu’il faut commencer.