#32 The Flying Burrito Bros – The Gilded Palace of Sin

tumblr_kzpsbsQh931qz7iyl
Mon top, à quelques exceptions près, est très conventionnel : que des classiques ou au moins des groupes/artistes que tout le monde connait un tant soit peu désormais. Tu prends l’Iphone du moindre petit branleur à frange du parvis de Saint-Etienne (To Loose reprazent) et tu y trouveras du Phoenix, du Foals mais aussi du Tyler, du Rhianna, du Big Star, du Jackson C. Frank etc. Tout est désormais accessible, le populaire comme le (jadis) confidentiel… C’est bieng. Ils connaissent pas leur chance ces petits cons.

Je fais partie d’une génération qui a découvert certains disques autrement. Laborieusement parfois. Celui-ci, je l’ai découvert assez tard puisque mes dealers officiels ne le possédaient tout simplement pas. Pas le choix. Ou alors il fallait commander, pffff… C’était compliqué parfois la province. La vraie je veux dire, celle où la grande ville la plus proche de chez toi était à 1h de route et ne comptait de toutes façons que 60 000 habitants.

Le jour où je suis finalement tombé dessus, c’était du pur High-Fidelity : je l’ai trouvé sans l’avoir vraiment cherché et j’ai filé direct à la caisse, tout fébrile, comme si quelqu’un allait me le prendre des mains. Je l’ai tendu au patron des lieux, qui a regardé l’objet, m’a regardé, a baissé les yeux, pris une longue inspiration et prononcé ces quelques mots qui ont suffi à sceller une connivence de music nerd : « Super choix… C’est un très très bel album ». Il avait évidemment raison.

#31 Flotation Toy Warning – Bluffer’s Guide to the Flight Deck

a2660577388_10
Eh oui c’est fini le bon temps où ça causait foot, gel Vivelle Dop, sauterelle géante et poutre apparente sur Grande remise. Retour à la normale donc car on ne change pas une équipe qui fait match nul.

Voici ce que j’avais écrit à la sortie de cet album il y a 10 ans :

« Lorsqu’on se rend sur le site officiel des anglais de Flotation Toy Warning, il faut y regarder à 2 fois pour se persuader qu’on n’a pas échoué sur une annexe du museum d’histoire naturelle. C’est en effet dans la peau d’explorateurs du XIXème siècle que le groupe aime à se présenter, (fausse) biographie et (fausses) photos à l’appui. Outre               un amusant pied de nez, la démarche (qui rappelle un peu celle de Simian pour son premier album) fait véritablement figure de profession de foi pour une formation qui entend redonner à la pop un certain esprit aventureux, une grosse part de mystère, ainsi que de nouvelles lettres de noblesse. Au sens propre.

Car malgré son indéniable aspect expérimental, il se dégage de ce premier album une atmosphère désuète, un certain hiératisme fourbu, la sensation d’entendre à l’œuvre quelque aristocrates désenchantés et sur le déclin mais toujours debouts.
Si la nostalgie se taille la part du lion, c’est toujours en accord avec une certaine excentricité toute britannique (voir le chanteur d’opéra qui déboule en plein milieu de Losing Carolina, immédiatement relayé par une slide-guitar divine). D’où également ce parfum de Vieille Europe que leurs morceaux exhalent la plupart du temps, malgré d’évidentes influences états-uniennes : on a beaucoup cité, et à raison, Mercury Rev, Grandaddy ou les Flaming Lips à leur propos. Ces longues chansons majestueuses (souvent 7-8 minutes) ne sont également pas sans rappeler celles de Polyphonic Spree. Mais alors un Polyphonic Spree qui aurait égaré son Prozac, dérivant entre l’Amérique et le vieux continent sur un radeau de fortune.
Attention, ne pas croire pour autant d’après cette comparaison que Flotation Toy Warning évolue dans une bulle dépressive/primante : ce qu’il donne à entendre est le son d’un groupe extrêmement mélancolique (ces rythmiques mollassonnes et métronimiques, ces arrangements comme sortis d’une vieille malle mirifique), mais toujours ludique, éminemment joueur, jamais avare d’un coq à l’âne ou d’une quelconque cocasserie.

D’une grande richesse émotionnelle grâce notamment à des chœurs, cordes et cuivres renversants (ou plutôt « chavirants » vu le contexte très fortement aquatique dans lequel le groupe nous fait évoluer…), les indépassables Popstar Reaching Oblivion ou Donald Pleasance sont un peu les titres que Radiohead aurait pu un jour composer s’il avait décidé d’écouter son cœur plutôt que son cerveau. En mille fois mieux. Flotation Toy Warning est tout bonnement le groupe le plus sentimental, poétique et mystérieux que la pop nous ait offert depuis des lustres. »

Je pensais enrichir cette chronique voire la corriger mais en fait non, je suis d’accord avec ce que j’ai écrit à l’époque (je suis souvent d’accord avec moi mais là n’est pas le sujet. Pour info, je me fais également beaucoup rire).
Le groupe n’a toujours pas donné suite à ce disque et quelque part, ça fait tellement longtemps maintenant que j’aimerais qu’ils en restent là. Un diamant noir et puis s’en vont. La classe.

#30 The Flaming Lips – Yoshimi Battles the Pink Robots

TheFlamingLips-YoshimiBattlesThePinkRobots
J’ai tenté d’expliquer ici ce qu’aura été l’immense apport des Flaming Lips à la musique de ces 20 dernières années.
Concernant le choix de cet album, y a eu gros match avec The Soft Bulletin qui est LE séisme Lipsien, y a pas débat. Disque majeur, l’un des meilleurs des années 90, par un groupe majeur, l’un des meilleurs des 20 dernières années. Et vu ce qu’ils ont encore réussi à pondre l’an dernier, c’est sans doute pas fini.

Mais je préfère celui-ci parce que plus pop sans doute, parce que l’enchaînement In the Morning of the Magicians / Ego Tripping at the Gates of Hell / Are You a Hypnotist?? (cette dernière me rend dingue). Et parce que Do You Realize?? évidemment.

#29 Jason Falkner – Presents Author Unknown

MI0000107166
Beaucoup de « D » au bout du compte dans mon top mais pas de Dylan :toocoolforschool: Je citerai encore une fois Nick Hornby dans son recueil 31 songs cette fois :

« Je possède bien évidemment Blonde on Blonde et Highway 61 Revisited. Ainsi que Bringing It All Back Home et Blood on the Tracks. Tout amateur de musique a ces 4 albums dans sa discothèque. Et je m’intéresse également assez à Dylan pour avoir acheté les volumes 1 à 3 des Bootlegs series et cet album live dont on sait aujourd’hui qu’il n’a pas été enregistré au Royal Albert Hall »

Il continue comme ça pendant un gros paragraphe en citant une dizaine d’albums de Dylan qui font également partie de sa discothèque.

« Certaines personnes – ma mère par exemple, qui n’a pas plus de vingt CD en tout et pour tout – en concluraient que je suis un fan de Dylan. Or, des fans de Dylan, j’en connais, et ils ne reconnaitraient pas l’un de leurs en moi. […] Je ne connais aucun texte de ses chansons en entier – juste un ou deux vers par-ci, par-là. Je ne considère pas que Dylan soit plus important ni plus talentueux qu’Elvis Presley, Marvin Gaye, Bob Marley ou plusieurs autres artistes majeurs […] Simplement, j’aime bien quelques mélodies, ce qui, ai-je été amené à croire, ne suffit absolument pas. » (31 songs, pp 53,54,55)

Ca ne lui suffit pas non plus pour intégrer mon top et crois moi qu’il doit bien avoir les boules à l’heure qu’il est mais tant pis pour lui, c’est la vie, eh oh c’est bon, il va s’en remettre quand même.

Donc le disque suivant dans mon top est ce sublime exemple de power pop anglophile qui n’aura malheureusement pas vraiment de suite digne de ce nom. Jason Falkner est un musicien supérieurement doué dont on s’est très rapidement arraché les services (Air, Beck, McCartney, Glenn Campbell pour ne citer que les plus illustres), au détriment sans doute de sa propre carrière d’auteur-compositeur. C’est dommage car ce 1er album tutoie la perfection : il fait partie de ceux auxquels je pense immédiatement lorsque je cherche un album qui équilibre à parts égales pop, rock et folk.

#28 Nick Drake – Five Leaves Left

Five+Leaves+Left+PNG
Il m’est, « physiquement » j’ai presqu’envie de dire, impossible de parler de ce disque. Autant Pink Moon et Bryter Layter, ses 2 autres albums, pourquoi pas, j’arrive à avoir un peu de recul mais celui là, ça m »est impossible. C’est trop beau, trop fort, trop triste. Five Leaves Left, c’est comme le Panthéon à Rome ou la vallée de Glencoe en Ecosse : tu encaisses et tu te tais.

#27 The Divine Comedy – Liberation

Liberation+The+Divine+Comedy
Il y a 20 ans, Neil Hannon incarnaitt un peu le messie. En période post-grunge et pré-Britpop, avec donc une « pop » pure et dure un peu en berne, l’apparition d’un petit mec qui prétendait vouloir se mesurer à Burt Bacharach ou Scott Walker, et qui semblait en mesure de s’élever au niveau de son ambition, ça faisait du bien.

Aujourd’hui Neil Hannon n’intéresse plus grand monde (c’est dommage mais c’est pas le sujet) : il faut pourtant retourner à ses premiers disques, et notamment à celui-ci, magistral condensé de pop ambitieuse, sophistiquée et classieuse.

Liberation donc. Un titre presque trop évident pour un premier album en forme de déclaration d’intention mais surtout de jaillissement. Avant un final d’un lyrisme tout anglo-saxon, rentré et frémissant, le feu sous la glace. Et toutes guitares dehors ! C’est le beau paradoxe de Liberation que de s’achever sur une forme plutôt « traditionnelle » (comprendre : on y entend beaucoup les guitares) alors qu’il n’aura été jusque là qu’un vibrant plaidoyer pour cordes, cuivres, hautbois, harpe, clavecin. La doublette Queen of the South / Victoria  Falls notamment, ne cesse de me fasciner.

Le deuxième album de Divine Comedy, Promenade, enfonce le clou d’une pop de chambre précieuse et snob, loin, très loin des canons traditionnels de l’époque. Un album que j’adore également et que j’ai failli substituer à celui-ci pour la seule Summerhouse, très très haut dans le top des chansons qui me laissent en lambeaux à chaque écoute.

Le suivant, Casanova, est plus outré, plus léger, plus grand-guignolesque mais tout aussi virtuose, avec notamment la meilleure imitation de Scott Walker imitant Jacques Brel jamais enregistrée (The Dogs and the Horses).

Ensuite, mis à part sur le EP A Short Story About Love, parfois terrassant, Neil Hannon s’est perdu dans ses fantasmes symphoniques (le pénible Fin de Siècle). Il a tenté de se réinventer sous la férule du tout aussi pénible Nigel Godrich mais ça ne fonctionnait pas.
Il est finalement revenu à ce qu’il sait faire de mieux, tout en ne cédant plus aux sirènes de la grandiloquence et en gardant constamment une certaine légèreté : ces 2 derniers albums, passés inaperçus, démontrent toujours un savoir-faire assez bluffant.

#26 The Diggers – Mount Everest

diggers1997
Je mettrais cet album sur le même plan que la 1ère entrée de mon top 100 : un disque foncièrement anecdotique mais parfait dans son genre. Par ailleurs, les 2 sont des albums de pure pop et ils sont l’œuvre d’Écossais.

L’album des Diggers lorgne nettement moins du côté de la power pop et nettement plus du côté des glorieuses mid-60s. Ca zieute au Sud vers les The Beatles et à l’Ouest vers les The Beach Boys. C’est produit par un High Llama (Charlie Francis pour les esthètes). C’est l’unique album sorti par le groupe en pleine effervescence Britpop et il a fait un bide. Voilà pour les faits.

Après… Comme pour 18 Wheeler, on est clairement dans la subjectivité pure et dure. Mais je n’en démords pas :  ça fait 15 ans que j’écoute ce disque avec la même envie et le même plaisir. Ca là par exemple : « baby it’s ok, baby it’s alright », faut être sacrément costaud pour ce lancer là-dedans, sous cette forme là, passé 1968. Les « oh oh oh yeah yeah » de l’outro me collent toujours le même sourire après toutes ces écoutes.

Mount Everest est tout à tour euphorisant et mélancolique (il a l’élégance de finir sur une note euphorisante et des « papapa » que tu vas vite reprendre en choeur), il est bien troussé, bien interprété, bien produit, c’est la Pop avec un grand P et c’est donc parmi ce que la vie peut t’offrir de meilleur.

#25 Denim – Back in Denim

Back+in+Denim
Grosse, très grosse affaire.
Un disque à la fois pré et post, qui préfigure la Britpop tout en envisageant déjà son inanité. Costaud.

Jingle « flashback sur les années Denim« :

Le groupe est mené par Lawrence, héros absolu de l’indie-pop dans les années 80 à la tête de Felt : pop gracile et atmosphérique, intégrité artistique frisant l’intégrisme tout court. Morrissey à côté, c’était Bézu. Succès critique, statut quasi immédiat de « groupe culte » (pour une fois le mot n’est pas galvaudé :  les fans se comptaient au nombre de 3 et demi et ils auraient pu mourir pour le groupe), chiffres de ventes modestes. Si tu veux en savoir davantage, va sur Wikipédia, ici c’est Grande remise.

Alors à la fin des années 90, Lawrence envoie tout balader. Et reviens en 1992 à la tête de ce groupe-concept qui fait s’étrangler ses fans des années 80 : beats maousse, grosses guitares, synthés et bruitages cheesy. Son nouveau credo :  le rock middle of the road, celui qui passe à longueur de journée à la radio et plaît à papa, maman et aux enfants. Il est « back in denim » comme il le dit dans le programmatique premier morceau de l’album : choeurs virils, rythmique à la We Will Rock You, riffs saignants, il revient « to put the soul back in rock’n’roll ».

Sauf qu’évidemment, ça n’est pas aussi simple que ça : s’il conchie à longueur de chansons les 80s qui n’ont pas su reconnaître son génie (il embrasse en revanche à pleine bouche le glitter rock des 70s ainsi que les années 90 naissantes dont il est certain qu’elles vont lui apporter la puissance et la gloire), s’il écrit des refrains putassiers à reprendre en choeur, un genou à terre, s’il recherche, sincèrement, à toucher le plus grand nombre, Lawrence reste constamment fidèle à lui-même.

Back in Denim est un album beaucoup trop revanchard, méchant, fielleux même et intelligent pour être honnête. Il est voué d’emblée à la confidentialité, aux happy few. S’il semble louer les glorieuses seventies, il en pointe également les horreurs (immense The Osmonds). Et lorsqu’il baisse la garde, Lawrence démontre, facile, qu’il peut écrire l’une des plus belles chansons d’amour des 90s, l’inusable I Saw the Glitter On Your Face. L’album se conclut sur un titre euphorisant comme peu, dans lequel Lawrence déballe avec une morgue invraisemblable et une haine palpable ses griefs généraux et intimes envers les 80s, le bien nommé I’m Against the Eighties. L’outro et son décompte des années (« 82… 83… 84… ») sur fond de solo de guitare, handclaps, cordes, synthés cheapos invente une forme d’apothéose subversive tout simplement géniale.

Back in Denim revêt une importance cruciale : il ouvre une voix royale à la Britpop et à la réaffirmation d’une anglicité fière et triomphante (pour le meilleur et pour le pire) mais aussi et surtout à l’un des groupes les plus brillants, fins et accrocheurs de la décennie, Pulp, qui décrochera lui la timbale (sans jamais rien concéder pour autant, ce qui est admirable).

Back in Denim est le disque qui m’a appris que le second degré ne devait pas obligatoirement s’inscrire en opposition au premier, que le post-modernisme pouvait revêtir des accents sincères, que la pop pouvait être à la fois populaire, élitiste, conceptuelle, idiote, émouvante, drôle et mauvaise. Il est, à l’instar de Hatful of Hollow des Smiths, Bandwagonesque de Teenage Fanclub, Hawaii des High Llamas, Moon Safari de Air, Sweetheart of the Rodeo des Byrds (dans leur ordre de découverte), l’un des albums qui a changé ma vie.

#24 The Delgados – Hate

The Delgados - Hate
Il y a un an (oui ça fait un an, un peu plus même que j’ai démarré mon top 100. T’es pressé toi ? Bon alors ça va, ça sert à rien de râler.) cet album n’aurait peut-être pas eu droit à tant d’honneur. Disons qu’il ne figurait pas parmi les 80 indiscutables. Mais là je suis dans une période où j’en ai un peu marre du folk et de l’americana (j’ai l’impression d’avoir tout entendu, je n’y trouve rien qui m’excite depuis un bon moment etc) et où je me recentre à mort sur mon Moi profond qui est comme chacun sait celui d’un petit chiot mélancolique et joyeux à la fois, fondamentalement poppy.

Ceci dit, cet album est objectivement une petite pépite. Il est sorti à une époque où Dave Fridmann était THE producteur, auréolé d’insurpassables réussites avec Mercury Rev et les Flaming Lips (que tu retrouveras bien évidemment un peu plus loin dans mon top. Dans 3 ans donc.).
Il me touche en outre beaucoup car c’est l’archétype de l’album sur lequel des mecs (et une nana) un peu lambda se surpassent totalement parce que touchés par la grâce, parce que secondés par LA bonne personne (Dave Fridmann donc), parce que l’instant T, parce qu’au bon endroit, au bon moment, tout simplement.

Pas manchots ceci dit les Delgados, ni avant (The Great Eastern), ni après (Universal Audio). Un bon petit groupe qui vieillit très bien.
Mais ici… Des chansons superlatives (ouverture genre bo de la Création, single parfait, accrocheur et fielleux avec All You Need Is Hate, mélodie irréelle d’apparente banalité et pourtant inépuisable avec Coming In From the Cold, une chanson totalement linéaire mais qui n’a besoin d’aucune variation puisqu’elle évolue du début à la fin dans la stratosphère) magnifiées, que dis-je transcendées, par la production over the top de Dave Fridmann. Qui nous ressort ici ses plus beaux atouts : cordes from heaven, batteries et cymbales péplumesques from les entrailles de la terre, flûtes graciles, choeurs danny elfmanesques. Un producteur qui sait quand sortir l’artillerie lourde mais qui sait également quand laisser respirer ses protégés. Du travail d’orfèvre. Le dernier titre, modèle de pop ascensionnelle aux « hallelujahs » plus qu’appropriés semble avoir été composé pour illustrer le mot « apothéose ».

Ce disque bénéficie d’une petite aura, il a été salué à sa sortie mais je pense qu’il est encore assez largement méconnu et c’est dommage.

#23 Richard Davies – Telegraph

richard davies - telegraph
Pour situer un peu les choses, Richard Davies est une moitié de Cardinal, sa moitié lennonesque disons. Je parlerai de l’autre moitié du groupe, Eric Matthews, en temps voulu.
Ici pourtant, Davies est en mode laid-back, quelque part entre Lou Reed et Neil Young (tu commences à situer le niveau là ?). Ce qui frappe le plus c’est l’aisance, l’évidence avec laquelle ce disque s’impose dès la première écoute. La triplette d’ouverture… La triplette d’ouverture. Écoute et tu comprendras.

Du coup cet album est l’un de ceux auxquels je pense et me réfère spontanément lorsqu’on me demande de citer un album pop américain modèle. 10 chansons, 38 minutes, pas un gramme de superflu. Un disque de musique à dominante acoustique sans être folk pour autant, à la fois classieuse, douce, ouvragée mais un peu rugueuse aussi, disons campagnarde ou rustique sans être country non plus. Les pieds bien ancrés au sol dans des bottes mais la tête dans les étoiles.

J’aime bien cette pochette qui ressemble à rien aussi. Enfin, qui m’évoque une cabane rescapée de la période de la ruée vers l’or par exemple (Telegraph), ce qui finit de placer cet album, dans ma tête en tout cas, parmi la liste des classiques du rock américain (même si Davies est australien).

Je me sens confus, je m’arrête là.
Cet album est un classique instantané, c’est tout ce qu’il faut retenir de ce billet.