#7 The Beatles – Rubber Soul

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Il y a sur ce disque celle qui a été ma première chanson préférée des Beatles (Nowhere Man), celle qui l’est devenue par la suite (You Won’t See Me) et enfin celle qui l’est toujours à l’heure actuelle (In My Life).

« Quelle fut la cause, et quel l’effet ? La musique, ou le malheur ? Est-ce que je me suis mis à écouter de la musique parce que j’étais malheureux ? Ou étais-je malheureux parce que j’écoutais de la musique ? […] Les gens s’inquiètent de voir les gosses jouer avec des pistolets, les ados regarder des films violents ; on a peur qu’une espèce de culture du sang ne les domine. Personne ne s’inquiète  d’entendre les gosses écouter des milliers – vraiment des milliers – de chansons qui parlent de cœurs brisés, de trahison, de douleur, de malheur et de perte. Les gens les plus malheureux que je connaisse, sentimentalement, sont ceux qui aiment la pop music par-dessus tout ; je ne sais pas si la pop music est la cause de leur malheur, mais je sais qu’ils ont passé plus de temps à écouter des chansons tristes qu’à vivre une vie triste. A vous de conclure. » (Nick Hornby, Haute-Fidelité)

#6 Beachwood Sparks

beachwood sparks

Eh oui, je passe à autre chose : 3 albums des Beatles (spoiler alert !), un seul des Beach Boys. Pourtant j’ai une nette préférence pour les seconds. Même si avec l’âge… Surtout en ce moment, j’ai un gros, gros retour de Beatles là… J’aurais pu y mettre les coffrets Good Vibrations, les Pet Sounds ou Smile sessions mais ce sont des coffrets…

En ce qui concerne Beachwood Sparks, j’ai tout dit ici.

#4 The Best of Badfinger

best of badfinger

Je ne suis pas snob. Du tout. Et encore moins collectionneur. Alors là mon vieux, si tu cherches un collectionneur puriste, t’es pas au bon endroit. Bien sûr, je connais No Dice, Straight Up, je les ai, mais le disque qui m’a fait découvrir et aimer Badfinger, c’est ce best of roboratif. Je le trouve parfait et pour moi, Badfinger, c’est ça. Donc oui, il y a un best of dans mon top.

Que dire d’autre ? Que Badfinger est le chaînon manquant entre les Beatles et Big Star. Que ce groupe humble et à l’histoire tragique me touche profondément. Et enfin que la pochette de Straight Up témoigne d’une audace capillaire difficilement envisageable de nos jours.

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#3 Alfie – Do You Imagine Things ?

alfie - do you imagine things?
Ah tu l’avais pas vu venir çui-là hein ? Moi non plus à vrai dire. C’est d’ailleurs le cas à chaque fois que je pense à mon top (eh oui, je fais partie de « ces gens » qui pensent régulièrement à leurs tops. Avec un s, absolument): je me dis que je ne peux décemment pas faire passer cet album devant un Tim Buckley,  un Van Morrison, un Robert Wyatt, que, si tu as suivi mon idée, tu ne trouveras donc pas dans ma sélection (Grande remise, le bon goût décomplexé). Et du coup je le réécoute. Et je suis scotché. 10 ans que ce disque me scotche à chaque fois que je le réécoute alors forcément…

Alfie donc. Groupaillon originaire de Manchester et signé à la fin des années 90 sur le label de Badly Drawn Boy. Ils seront d’ailleurs son groupe de scène avant d’enregistrer leurs propres chansons. Premier album gentillet et totalement ignoré, y compris par moi. Deuxième album, Do You Imagine Things ? Boum. Chansons impeccables. Arrangements chiadés mais justes, jamais ostentatoires. Psychédélisme austère et un peu rugueux, lennonien, définitivement lennonien. Et jusqu’auboutiste : My Blood Smells Like Thunderstorms, quel magnifique titre pour une chanson, déjà.  Un genre de sunshine pop mancunienne enfin, donc soleil voilé, pour le moins. Super disque, vraiment. Bon, ok, le chanteur est un peu faible… Un peu quelconque…

C’est précisément ce que j’aime bien également : les mecs ne sont clairement pas taillés pour ces chansons. On les sent un peu désemparés, pris dans une espèce de tourbillon qu’ils ne maîtrisent pas, en pilotage automatique d’un moment de grâce. Comme si tu te retrouvais à emballer sans difficulté et à ta plus grande surprise Charlize Theron dans une soirée : tu ressembles à rien mais on dirait bien que tu lui plais et tout ce que tu peux dire la fascine ou la fait rire. Et en te réveillant à ses côtés le lendemain matin, t’y crois toujours pas. Du coup t’es plus effrayé qu’autre chose et tu donnes aucune suite (Grande remise, le blog où tu chopes Charlize Theron ET TU LA RAPPELLES PAS). Donc la soirée d’après, tu revois tes ambitions à la baisse. C’est très exactement ce a fait qu’Alfie en livrant un 3ème album assez réussi mais beaucoup plus modeste. Puis le groupe jettera l’éponge, découragé par l’indifférence du public (les critiques elles, sont plutôt très bonnes tout du long).

J’aimerais bien savoir ce qu’ils sont devenus tiens… Ils deviennent quoi ces gars qui ont une petite notoriété, sortent parfois un super album mais se voient contraint d’arrêter faute de ventes décentes ? Comme ces joueurs de foot qui malgré une belle carrière n’ont pas acquis un statut suffisant pour se reconvertir en consultants ou panneaux publicitaires et du coup… bah reprennent une vie « normale ». Nicolas Ouédec, typiquement, est aujourd’hui gérant d’un hôtel Première Classe dans la banlieue de Nantes. Merde, Nicolas Ouédec quand même ! Tristesse…

#2 Air – The Virgin Suicides OST

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Air fait partie, tout comme Phoenix, les High Llamas, Super Furry Animals, The Coral, Belle and Sebastian (j’ai fait le tour en ce qui concerne les contemporains je crois), de ces groupes « frères », qui m’accompagnent depuis leur première note et ne m’ont jamais, absolument jamais, déçu. Ces groupes qui me font dire à chaque nouvelle livraison « voilà, c’est exactement ça, c’est MA musique ». J’insiste pas, tu m’as compris.

J’aurais donc pu choisir Moon Safari ou 10000 Hz Legend, que je juge tout aussi, sinon plus remarquables encore. Mais j’essaie autant que faire se peut de ne garder qu’un disque par artiste/groupe dans mon top (sauf exception beatleso-neilyoungo-kinksienne). C’est donc celui-ci parce que je le trouve extrêmement cohérent et puissant tout simplement. Aussi planant que Moon Safari mais beaucoup plus dark bien sûr. Gainsbourg meets John Carpenter meets Pink Floyd.

La musique de Air repose sur des fondations profondément ordonnées, cartésiennes, pragmatiques. Parfois trop, comme sur le très (trop donc) lisse Pocket Symphony, leur point de non retour. Rien de plus normal en fait : Jean-Benoît Dunckel était professeur de mathématiques, Nicolas Godin étudiant et grand amateur d’architecture. Mais sur la grande majorité de leurs albums et de leurs enregistrements, ils parviennent à totalement transcender ce côté un peu programmatique, souvent par la grâce d’une mélodie romantique, d’un simple changement d’accord au sentimentalisme exacerbé, pour atteindre une sorte de béatitude, d’extase electro-acoustique absolument époustouflantes. « Entre le cerveau et la main, le médiateur, c’est le cœur » : je connais peu de groupes illustrant aussi parfaitement et rigoureusement l’adage de Fritz Lang.
C’est par exemple le cas sur l’immense Suicide Underground qui clôt l’album en une lente, sourde, solennelle et funèbre explosion planante et synthétique dont 15 ans d’écoutes intensives n’ont aucunement terni la magie.

La petite minute, entre 2’20 et 3’10,, cette alchimie entre la basse de Godin, la batterie de Reitzell et les synthés in space de Dunckel, puis le cut, sec, et la reprise de la guitare, sèche elle aussi, mon Dieu… CA, cette petite minute là, encapsule définitivement pour moi la magie de Air et suffit à les faire entrer à jamais donc mon panthéon personnel.

Bon après, pour être un peu moins mélo-dramatique, j’aime aussi et plus simplement le fait qu’il ait été réalisé en équipe réduite, juste le duo et Brian Reitzell donc, un de mes batteurs préférés.

Brian, je t’assure, y a plus de poussière dans les coins là.

Je ne pense pas beaucoup m’avancer en écrivant qu’on fonctionne un peu tous de la même manière : il y a souvent un moment bien précis qui nous fait comprendre un disque ou une chanson, un moment M de totale empathie, une sorte de connexion cosmique, émotionnelle et intellectuelle à la fois qui logiquement reste gravée dans notre mémoire et associe tel disque/chanson à tel moment.

Cet album-ci m’a tout de suite plu et relativement impressionné (je me souviens l’avoir acheté dès le jour de sa sortie, il était vendu avec un t-shirt, que j’ai toujours d’ailleurs, oui, je suis soigneux, je possède des vêtements qui ont 10, 15, 20 ans et qui sont encore en très bon état, je suis soigneux mais pas maniaque tu vois, alors là forcément, c’est un t-shirt noir et il a un peu délavé mais c’est quand même « TA GUEUUUUUUUULE !!! ») mais il restera toujours associé à l’épreuve du Capes que j’ai passée, et ratée, la même année, sur l’île du Ramier à Toulouse. Je m’y étais rendu en écoutant le CD sur mon discman… Si ça se trouve tu sais même pas ce que c’est un discman… Quoiqu’il en soit, associer Capes et Virgin Suicides… Je crois que mon inconscient essayait de me faire passer un message ce jour-là.

Je garde aussi en mémoire ces propos de Nicolas Godin lors d’une interview télévisée quelques mois après la sortie du film. Il expliquait que Sofia Coppola avait en fait été relativement (quoique poliment) déçue par la bo qu’ils lui avait livrée : elle s’attendait à quelque chose de beaucoup moins sombre, de beaucoup plus moonsafarien (elle a d’ailleurs utilisé Ce matin-là dans le film). Du coup on n’entend pratiquement pas la musique composée spécialement par Air dans Virgin Suicides. Godin semblait le regretter un peu, forcément.
C’est à nouveau ce qu’ils racontent tous les 2 cette fois, à l’occasion du 15ème anniversaire la sortie du disque, et de sa luxueuse réédition, dans cette belle interview pour les Inrocks.

#1 18 Wheeler – Twin Action

Eh ben ouais, ça m’a pris comme ça ce matin pendant que je faisais semblant d’écouter, hochements de tête concernés à l’appui, mon voisin de bureau m’exposer en détail ses plans pour les vacances d’été.
Mes 100 albums préférés. PREFERES j’ai dit. Pas les meilleurs, pas des indiscutables absolus de l’Histoire du rock. Ou pas que en tout cas.
Pas la peine donc de hurler d’effroi, de m’insulter ou de saisir le tribunal international de La Haye à la lecture de certaines entrées : tu y trouveras, c’est certain, des disques totalement anecdotiques voire que tu jugeras mauvais. Voire que moi-même je juge mauvais, c’est dire. Mais je les aime tous d’amour parce qu’ils ont compté à un moment important, parce que j’y suis attaché et/ou parce qu’ils ont eu une résonance et/ou un pouvoir d’attraction très important à un moment ou un autre de ma vie. Et qu’ils l’ont toujours. Et puis de toutes façons, t’auras beau râler tout ce que tu peux, sur Grande remise comme dirait Nikos, c’est moi le taulier.

Et je commence justement par:

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Voilà très précisément un disque anecdotique.

Il est pourtant à mon sens le disque pop parfait (entre Teenage Fanclub et Velvet Crush pour le situer dans son époque).
Tu trouveras en effet derrière cette immonde pochette digne du plus pompier des groupes de metal : refrains canoniques et ensoleillés, choeurs gouleyants, riffs tranchants, solos (j’aime pas « soli ») mélodiques et limpides,  soit la power pop dans toute sa splendide innocence. Y a même le petit passage beachboysien de bon aloi et le mid-tempo countrysant avec pedal-steel réglementaire. Un genre de best of du genre qui n’aura malheureusement pas de suite (pas de suite digne d’intérêt s’entend). Pas grave, le mal est fait en ce qui me concerne : j’écoute toujours très régulièrement ce disque avec autant de plaisir que lors de sa découverte.

Top albums 2012

1. Tame Impala – Lonerism

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La pop d’hier, d’aujourd’hui et de demain en 50 minutes tubesques, rêveuses, lysergiques. Un grand trip psyché qui s’achève au son des vagues du Pacifique, parfait. Le disque produit par Kevin Parker pour sa nana, Melody’s Echo Chamber est très bien également.

2. Beachwood Sparks – The Tarnished Gold

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Retour inespéré de l’un de mes groupes fétiches. J’ai déjà tout dit ici.

3. Neville Skelly – Poet & the Dreamer

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Richard Hawley s’est à moitié manqué cette année mais c’est pas grave : Neville Skelly a pris le relais d’un crooning anglais sombre et classieux mais versant folk/sixties. Il est accompagné par The Coral, y a pas de hasard. Sans doute ma pochette préférée de l’année.

4. Sébastien Tellier – My God Is Blue

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Un album qui m’a d’abord déçu (je n’aimais pas du tout la seconde moitié). Mais mais mais… Il propose des choses très fortes formellement: ces rythmiques hénaurmes, ce côté pop moscovite grandiloquent. C’est pas un disque tiède du tout quoi. Et puis c’est un grand disque d’amour… Je pense que Tellier essaie avant tout de manière un peu naïve peut-être, par la simple puissance d’une mélodie, d’un changement d’accord ou de tonalité, de toucher à des sentiments très purs. Disons qu’il y a là une croyance très touchante en la puissance universelle de la musique. Ca par exemple, c’est très très fort je trouve. Bon et puis y a eu ce concert incroyable qui biaise totalement mon avis sur ce disque.

5. Ty Segall – Twins

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L’homme de l’année (sauf en France évidemment où il bénéficie de zéro exposition): 3 albums, une compil de singles et à chaque fois que du bon, ou presque. Ici en tout cas c’est un sans faute: du garage-psych-rock qui lévite autant qu’il tabasse. C’est super pêchu, c’est mélodique, c’est malin, c’est joyeux, c’est malsain, c’est Nuggets à mort donc évidemment ça me parle beaucoup!

6. Father John Misty – Fear Fun

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Le grand disque Californien de l’année (il brasse plus large celui des Beachwood Sparks), succédant à celui de Jonathan Wilson l’an dernier . Le mec était batteur pour les Fleet Foxes… Tu m’étonnes qu’il s’y sentait un peu à l’étroit… Super, super album. Très varié, avec des chansons douces, mélancoliques et d’autres carrément enlevées, très basiques.

7. Jim Noir – Jimmy’s Show

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Un de mes pitits chouchous, un des invités potentiels de mes soirées idéales: Jim Noir c’est l’Angleterre pleine de fantaisie, excentrique, élégante et insulaire dont la lignée débuterait avec Lewis Carroll et se poursuivrait avec les Kinks, le Magical Mystery Tour, les Small Faces, Le Prisonnier ou plus récemment Gruff Rhys. Un mec qui écrit des chansons sur le thé, sa maman ou sa vieille Ford Escort. Un mec bien.

8. Spiritualized – Sweet Heart, Sweet Light

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Longtemps le number one mais je m’en suis un peu lassé… Je pense en réalité que l’album n’est pas complètement à la hauteur de son ouverture, LA chanson de l’année (je n’aime pas du tout ce clip ceci dit). Ces 3 dernières minutes ascensionnelles nom de Dieu… M’enfin, je pinaille, ça reste du très très haut niveau tout du long. La pochette WTF de l’année.

9. Neil Young & Crazy Horse – Psychedelic Pill

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Comment fait-il pour rester aussi pertinent et enflammé après tous ces albums, tous ces chefs d’œuvre, toutes ces années, toutes ces vies? Ce mec est un dieu…

10. Damien – Flirt

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Ici

11. Matthew E. White – Big Inner

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Modeste en apparence, assez dingue quand on creuse, le prototype du disque qui se bonifie avec les écoutes et les années. Entre Randy Newman, Allen Toussaint et Dr John, une soul sophistiquée et orchestrale absolument sublime.

12. Air – Le Voyage dans la Lune

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Depuis Love 2, Air semble complètement revigoré, osant à nouveau jouer des morceaux enlevés et rythmés, ne se contentant plus de faire (très bien mais un peu en pilotage automatique) du Air. Très impatient d’entendre la suite de leurs aventures.

13. Rufus Wainwright – Out of the Game

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Après un premier album parfait, Rufus a toujours un peu déçu malgré un talent hors-norme. Il y a encore ici des titres un peu faiblards mais le reste est délicieux: il a eu la bonne idée de lâcher un peu la bride à son producteur, Mark Ronson, qui lui a concocté un son 100% moelleux, 100% esprit Calif’. Ca lui va à merveille alors qu’on l’imaginait pas forcément sur ce créneau.

14. Bonnie Prince Billy & Trembling Bells – The Marble Downs

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Depuis bientôt 20 ans, Will Oldham sort un disque par an (à peu près). Et chacun d’eux, ou presque, mériterait de figurer dans les tops de fin d’année. Celui-ci ne déroge pas à la règle. Et remet les choses à leur place: une bonne chanson country, c’est souvent un mec et une nana qui se chamaillent amoureusement dedans. La nana vient du Vieux Continent et fait partie des jeunots écossais de Trembling Bells (dont les albums sont d’ailleurs plus que recommandables), le mec c’est donc Will Oldham, Nouveau Continent. Et ça fonctionne à merveille.

15. The Fresh and Onlys – Long Slow Dance

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Groupe garage originaire de San Francisco. Plus pop que Ty Segall ou Thee Oh Sees. Pas leur meilleur, un peu trop produit à mon goût: ils perdent un peu leur mystère, leur côté « spectral » et mortifère (qui leur valaient des comparaisons avec The Coral). Mais ce sont de très bonnes chansons et le disque est très agréable.

16. Thee Oh Sees – Putrifiers II

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Again, from San Francisco, du garage rock mélodique, malin, vicieux. Du garage rock donc. Pochette immonde.

17. Euros Childs – Summer Special

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Non content de porter l’un des plus beaux noms qui soient, Euros Childs écrit depuis désormais plus de 20 ans (il était co-leader de Gorky’s Zygotic Mynci) quelques unes des meilleures chansons pop contemporaines. Cet album est dans la lignée de celui de Jonny l’an dernier (son projet avec Norman Blake de Teenage Fanclub): naïf, enjoué, primitif, mélancolique.

18. The Explorers Club – Grand Hotel

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Encenser Real Estate, Tristesse Contemporaine ou Lescop et balayer d’un revers de la main ce groupe parce qu’il serait passéiste, c’est quand même du gros foutage de gueule : il y aurait donc une hiérarchie dans le revivalisme? Allons allons… Explorers Club écrit de superbes chansons et les interprète impeccablement: c’est tout ce qui devrait compter. Magnifique pochette ceci dit.

19. Rumer – Boys Don’t Cry

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Alors là attention, c’est très précis. On est évidemment pas dans le rock, on est même quasiment plus dans la pop : on est dans la variété. La variété au sens Bacharach et Jimmy Webb du terme mais la variété quand même. Et ici plus qu’ailleurs, faut pas se rater : un milligramme de sucre, une lichette de crème fouettée en trop et c’est l’indigestion. Rumer reste toujours du bon côté de la barrière parce qu’elle a un goût à toute épreuve (reprises de Paul Williams, Todd Rundgren, Townes Van Zandt, ça calme), qu’elle sait s’entourer et qu’elle a une voix à faire passer Karen Carpenter pour Hélène Ségara. Évidemment, pour un fan de Minor Threat, Passion Pit ou Autechre, c’est juste de la soupe : il faut avoir les bons outils pour apprécier ce type de mixtures, c’est pas donné à tout le monde. En revanche, le premier qui dit que le sucre et la crème fouettée sont peut-être pas passé dans sa musique mais directement sur ses fesses a totalement raison.

20. Alabama Shakes – Boys & Girls

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Un des albums plébiscités dans tous les tops qui comptent et c’est mérité. Alabama Shakes c’est un peu le groupe que Kings of Leon aurait pu devenir s’ils avaient pas préféré être U2 à la place de Coldplay et s’ils avaient eu une chanteuse. De la country-soul sudiste comme on l’aime, qui donne envie de tailler la route dans son pick up, une casquette de trucker sur la tête, une serveuse un peu fatiguée ramassée après son service sur le siège passager, une glacière pleine de bières fraîches à l’arrière.

The Vaccines

Les Vaccines, un groupe anglais comme le NME nous en encense 23 chaque semaine : c’est la raison pour laquelle je n’avais jusqu’à il y a quelques jours jeté aucune oreille sur leur musique.

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La première écoute confirme en quelque sorte mon a priori négatif : c’est du pur indie-rock briton comme on en fait depuis Jesus & Mary Chain, en passant par les Smiths, Supergrass, les Libertines. Sauf que voilà… Je ne cite pas ces noms là par hasard : on va quand même attendre un peu avant de dire que le nom des Vaccines peut être accolé à cette belle liste mais ils en sont en tout cas pour l’instant les dignes héritiers.

Les Vaccines c’est l’air de rien le groupe indé qui peut changer ta vie à l’adolescence. Celui qui te fait découvrir ce qu’est le rock indé ; qui te fait ouvrir les yeux sur l’Angleterre, les modes, les chapelles; qui te rend un peu péteux, voire prétentieux; qui te fait changer d’amis, tomber amoureux de filles un peu différentes, pas du tout les mêmes qui te plaisaient jusque-là; qui peut te faire prendre une guitare, une caméra ou un stylo. Qui te fait grandir en somme, en ayant 17 ans pour toujours. Dans mon cas c’était les Smiths, pour d’autres ça aura été Blur ou Pulp, pour les plus jeunes Franz Ferdinand ou encore les Libertines ou The Pains of Being Pure at Heart (US mais c’est du rock anglais).

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Rien de très original donc, de l’indie-pop comme on en faisait en 1985 et comme on continuera à n’en pas douter à en faire en 2065 : mélodique, tranchante, énergique, dansante même. Car la particularité des Vaccines (il en faut bien une, sinon quel intérêt?) est de chercher son inspiration du côté du rock’n’roll, le vrai, celui qui sent bon le lait-fraise, la gomina et les guitares qui font twang. Évidemment, ils en livrent une version complètement filtrée et très 2012 mais ils seraient en quelque sort l’équivalent des américains de Girls ou des Drums, autres groupes très marqués par la musique des 50s. La leur est délibérément joyeuse et entraînante, ce qui n’empêche évidemment pas des instants plus mélancoliques, grâce notamment à des paroles assez futées. Chose de plus en plus rare, le deuxième album est meilleur que le premier.
Les Vaccines donc, que je classerai dans la même catégorie que Best Coast.

Le prochain article de Grande remise sera mon top album 2012. Je sais, c’est cruel de teaser ainsi, j’espère que tu réussiras quand même à dormir un peu d’ici là.

La tuerie

Je vais pas y aller par 4 chemins : à l’époque, A.S Dragon n’est pas seulement le meilleur groupe de rock français, il est avant tout le seul. De tous les temps. Ecoute le live Bertrand Burgalat meets A.S Dragon et essaie de me prouver le contraire : impossib.

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Chéri BB et ses petites frappes

Je n’ai vu le groupe qu’une fois sur scène, en tant que backing band de Michel Houellebecq : je me souviens autant de la transe hallucinée/ante d’un Michou transpirant dans sa parka que de ce groupe super précis, à la dégaine d’enfer, bastonnant ses instruments avec un détachement classieux et délivrant une espèce de heavy soul late sixties souple et puissante tout simplement sans précédent dans l’Hexagone. Le contraste entre les chansons pop de Burgalat ou les textes de Houellebecq et leur interprétation à la fois sensuelle et dangereuse par le groupe fonctionnait à merveille. Ca serait d’ailleurs une très bonne définition du rock (ou de la subversion, c’est pareil) selon moi: des chansons d’angelots interprétées par des mecs un peu chelou. Lorsque le groupe joue ses propres compositions, plus traditionnelles, moins inspirées il faut bien l’avouer, de manière là aussi plus traditionnelle et généralement plus rentre-dedans, le résultat est nettement moins intéressant. Plus prévisible en tout cas.

Le groupe bénéficiait alors de l’apport de Peter Von Poehl à la guitare rythmique et de Fred Jimenez à la basse : le premier s’est lancé dans une honorable carrière solo, la second a revigoré (et pas qu’un peu !) la carrière ronronnante de Jean-Oui Murat. Il a également sorti un charmant album solo. Depuis leur départ en tout cas, c’est plus pareil.

J’ai eu beau chercher les infos, j’ignore exactement qui joue sur leur reprise d’ Easy Tiger de Depeche Mode mais j’aime à croire qu’il s’agit de cette mouture là, celle qui accompagnait Houellebecq sur scène et qui était présentée par Bertrand sur le live dont je parle plus haut :

Batterie : Hervé Bouétard
Basse : Fred Jimenez
Claviers : Mickael Garçon (et Bertrand bien sûr)
Guitares : Peter Von Poehl et Stéphane Salvi

Sauf que problème, j’entends qu’une guitare sur Easy TigerSalvi je pense…
Non mais c’est important, j’aimerais bien savoir moi ! Parce qu’Easy Tiger nom de Dieu… Ce morceau me rend dingue, littéralement : j’y reviens régulièrement depuis que je l’ai découvert il y a quelques années et quand j’y reviens, c’est pas pour rien : plusieurs écoutes par jour, pendant plusieurs jours. Je le connais par cœur évidemment : l’intro sépulcrale, l’arrivée cool et menaçante à la fois, en mode James Bond, de la basse sinueuse et dandy, puis avec la batterie aux breaks as if there was no tomorrow, la mise en place d’une rythmique DE DINGUE, répétitive et groovy; c’est elle qui donne vie à Easy Tiger, qui apporte sa véritable pulsation à un morceau à la base plutôt minimaliste, voire famélique ; suivent les inévitables chœurs éthérés et le petit clavier « spécial Bertrand ».

Tout ça c’est déjà super mais la grande affaire d’Easy Tiger c’est la guitare : monomaniaque, maniaque tout court, acérée, vicieuse, elle est la coupe au bol de Brian Jones, les costards cintrés des Small Faces, la morgue des Yardbirds, en un mot, la classe à l’état pur. C’est sans doute ma partie de guitare préférée… Sachant évidemment qu’en tant que fan de pop, les parties de guitare hein… Mais quand même, mais quand même… Ca fait en tout cas d’Easy Tiger mon number 1 du top des chansons qui me rendent dingue (si t’as un peu suivi, t’en connais 3 autres).