#20 The Coral – Magic and Medicine

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Je l’ai déjà dit plusieurs fois je crois : The Coral fait partie de mes groupes contemporains préférés. Par « contemporain » j’entends « toujours en activité ». Quoiqu’en ce qui les concerne, on sait pas trop s’ils sont encore actifs en fait… Et c’est pareil pour un autre de mes groupes fétiches d’ailleurs, les Super Furry Animals.

J’aime absolument tout ce qu’ils ont enregistré. Mieux, je les fait entrer sans aucun doute dans la catégorie des groupes-frères, ceux qui me parlent comme peu le font et qui incarnent une sorte d’idéal, de groupe d’île déserte.

Magic and Medicine est leur album le plus abouti me semble-t-il, d’un point de vue « objectif » s’entend : c’est ce qui a tranché en sa faveur. Parce que si je dois refaire un choix demain, je pourrais choisir n’importe lequel de leurs 5 autres albums, y compris les 2 derniers. OK, le groupe a un peu perdu à la fois de sa délicatesse et de sa folie après le départ du guitariste Bill Ryder-Jones mais leur dernier album en date, The Butterfly House, continue d’écraser la concurrence du créneau retro-pop 60s sans forcer.

Top albums 2013 – 2ème partie

Le haut du panier donc, nous y voilà.
Dix albums pas forcément meilleurs que ceux qui les précédent mais ce sont ceux que j’ai le plus écouté cette année, et du coup j’en ai déduit que ce sont ceux que je préfère.
En toute simplicité.

#10 Jonathan Wilson – Fanfare

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C’est compliqué… C’est compliqué parce que « objectivement », c’est un album très impressionnant. Mais je reste un peu sur ma faim. Je m’explique : sur Gentle Spirit, son précédent, on entendait une voix à la fois familière (le folk rock californien du début des années 70) et singulière (influences de Pink Floyd, très inattendues dans ce contexte). Sur Fanfare, Jonathan Wilson s’est fait plaisir et a sans doute enregistré l’album dont il rêvait depuis longtemps : invités prestigieux, arrangements opulents. Il se révèle à bientôt 40 ans donc on ne lui en veut pas trop d’avoir cédé à ce genre de tentation. D’autant que son talent est intact. Mais je le préfère quand il ne fait « que » du Jonathan Wilson, quand il poursuit la voie qu’il s’est tracé tout seul, un peu trop rarement ici donc, et pas de la resucée (un coup Dennis Wilson, un coup CSNY etc.), aussi bluffante soit-elle. Ceci dit, encore une fois, c’est régulièrement grandiose et certains passages m’emportent complètement : un genre de fantasme musical devenu réalité.

#9 Sébastien Tellier – Confection

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Je suis un grand défenseur de My God Is Blue, dont le seul défaut était finalement de davantage relever de la performance globale et pas seulement musicale. Un disque et un geste incompris. Je regrette donc un peu que Tellier ait en quelque sorte remis les pendules à l’heure à peine un an après avec cet album qui ressemble à du Tellier et qui a rassuré celles et ceux qu’il avait perdus en route. Mais évidemment si on juge cet album hors contexte, uniquement pour ce qu’il est, on tient une pure merveille de pop orchestrale vintage, élégante et mélancolique. Une bande-originale imaginaire qui ferait se croiser le Polnareff de la Folie des grandeurs et François de Roubaix.

#8 Kelley Stoltz – Double exposure

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Ca fait plus de 10 ans que ce mec sort des disques de pure pop impeccables, voire parfois géniaux (Circular Sounds) ça fait plus de 10 ans que je le dis, maintenant c’est foutu, c’est trop tard pour lui malgré la reconnaissance que les groupe garage de San Francisco (notamment les Thee Oh Sees) essaient de lui conférer. Il souffre du syndrome Super Furry Animals : albums essentiels mais allure quelconque et pochettes à chier.  Moi-même j’ai plus envie de batailler. Triste.

#7 Unknown Mortal Orchestra – II

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En studio, le groupe bénéficie d’une production très langoureuse (notamment dans le traitement de la voix) qui sied à merveille à son psychédélisme sexy. Ruban Neilson, guitariste de l’année. J’adore la pochette par ailleurs, peut-être même mon top 1 pochettes 2013.

#6 Kurt Vile – Wakin on a pretty daze

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J’en ai parlé très récemment, j’insiste pas.

#5 MGMT

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Finalement, la « grande tendance de ses dernières années » comme on dit à l’heure des bilans dans les Inrocks et Hot Video, c’est le psychédélisme. Tame Impala l’an dernier, les Flaming Lips tout le temps depuis 15 ans, Kurt Vile ou Unknown Mortal Orchestra dans des styles bien différents cette année… Sous toutes ses formes, le psychédélisme irrigue la musique de jeunes. MGMT fait partie des champions incontestables et incontestés de sa forme la plus littérale et frontale. L’a un peu chuté quand même cet album, je le voyais plus haut à sa sortie…

#4 She & Him – Volume 3

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Pochette un peu décevante, il faut dire ce qui est…

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Là, ça va mieux.
Plus sérieusement, sur le créneau rétro pop, difficile de faire mieux à l’heure actuelle. Sérieux ! Qui d’autre hein? Qui?!?! Non mais sans déconner, I mean it.
Oh et puis merde : c’est MON top, avec MES goûts à MOI et MES disques préférés de l’année, je fais ce que veux.

#3 Foxygen – We Are the 21st Century Ambassadors of Peace and Magic

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Le disque le plus granderemisesque de 2013, après le number 1 bien sûr. Un feu de paille sans doute (le groupe existe-t-il encore seulement ? D’ailleurs je crois qu’ils vendent déjà des t-shirts « Foxygen is dead » ces petits branleurs) mais c’est pas grave : la (sunshine)pop 60s canonique et savamment débraillée, classieuse mais toujours canaille, c’est ici qu’on la trouvait cette année. San Francisco, chanson la plus charmante de l’année. No Destruction, meilleure chanson des Stones depuis 40 ans. Marrant ce clip d’ailleurs, avec des images d’archives des membres du groupe quand ils étaient petits. Il y a 5 ans donc.

#2 Daft Punk – Random Access Memories

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L’équivalent discographique d’un Superman ou Transformers réalisé par Stanley Kubrick ou David Lynch. Soit un disque immensément spectaculaire mais jamais putassier, grand public mais toujours exigeant. Un DPP (Disque Pop Parfait) qui écrase la concurrence de manière évidente. Tout est parfait dans Random Access Memory :  la pochette, les clips, la communication. Depuis quand la planète entière ne s’était pas excitée comme ça pour un disque? Pour une chanson ? Car au final, ce disque replace la musique et la musique seule comme élèment essentiel, au coeur de tout le bordel. Derrière là débauche de moyens, derrière le savoir-faire, derrière le défilé de guests tous plus classe les uns que les autres, c’est très humble et émouvant je trouve. Ah ils sont forts les cons…

Mais ce top est évidemment un top très subjectif et le disque le plus Grande remise de 2013, c’est de loin

#1 Chateau Marmont – The Maze

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Encore une magnifique pochette. Cette année était décidément de fort belle facture de ce côté là. Oui, de fort belle facture.
Chateau Marmont, grosse affaire voyons !  Ah ils m’auront fait poireauter les salauds :  ça n’est pas seulement l’un des albums que j’attendais le plus cette année, c’est l’un des albums que j’attendais le plus ces dernières années. Je commençais à désespérer. Leurs premiers morceaux ont en effet été publiés en 2009 et le groupe a été fondé en 2005 !
Ils ont pas chomé entre temps (le curieux album d’Alizée notamment, réalisé en partenariat avec Rob, un de leurs modèles) mais cette attente leur a indéniablement porté préjudice :  ils passent désormais pour de vulgaires suiveurs (Air, Phoenix) alors qu’ils sont évidemment bien plus que ça.
Mais bordel ça valait le coup d’attendre en tout cas. The Maze est un disque monstrueux, hors-normes, un véritable dédale en effet qui fait se croiser brillamment et harmonieusement prog-rock, retro-futurisme 70s, soft rock, variété française (subliiiiiiiiime Affaire Classée aux accents Pull Marine, chantée par la non moins sublime Alka Balbir dont j’ai appris il y a peu qu’elle était avec Gaspar de Justice ah putain ils ont tout pour eux ces branleurs), electro pop, pop tout court. Ca démarre fort, ça faiblit jamais et ça finit encore plus fort, dans les étoiles, ou dans le cortex, on sait plus très bien :  la marque des grands. Et puis les mecs ont de bonnes têtes de barbus à la coule, ils ont l’air chouettes, ils sont passionnants en interview. Et ils sont tarbais à la base nom de Dieu. TARBAIS.
Maintenant ce qui serait bien ça serait de :
1 reprogrammer le concert toulousain
2 ne pas attendre 12 ans avant de sortir un deuxième album
3 ne pas à nouveau le sortir quasiment en même temps que le Phoenix et le Daft Punk

Top albums 2013 – 1ère partie

Déjà le deuxième top albums de Grande remise.

Ah la la, comme le temps passe. Nous voilà donc à nouveau en cette période de déprime totale joie et d’allégresse, autour d’une bonne tasse de chocolat chaud, prêts à découdre de tel ou tel choix…
Non, je déconne : ce top est IN-DIS-CU-TABLE.
Mais classer ces 20 albums a été très difficile, davantage que l’an dernier, sauf pour le vainqueur, indiscutable là encore. A la limite j’aurais pu faire une liste de 19 en vrac + le grand gagnant.

Une superbe année donc, avec des mastodontes au rendez-vous, des révélations, des renaissances, des déceptions aussi, ne nous voilons pas la face. Oui, c’est ça, exactement mon vieux : la vie.

Avant d’attaquer la liste à proprement parler, quelques remarques.

– ça a donc été une très belle année musicale et beaucoup de très bons disques auraient mérité de figurer dans ce classement. En vrac : Jim James, William Tyler, Arctic Monkeys, Kavinsky, The Leisure Society, Steve Mason, Camera Obscura, Eleanor Friedberger, Hypnolove, Midlake, Queens of the Stone Age. Rien que d’en écrire certains, j’ai envie de refaire mon top…

– Le disque de Matthew E. White que j’ai classé l’an dernier est en fait sorti en France début 2013. Je ne l’ai pas remis dans ce classement-ci évidemment mais c’est un album qui se bonifie avec le temps : top 5 voire top 3 à l’aise.

– Si l’album de Lafayette est du niveau de ses 3 premiers singles parus cette année, je connais déjà le vainqueur de mon top 2014. Fantastique trilogie que sa Trilogie amoureuse (Mauvaise mine / Eros automatique / La glanda) et je pèse mes mots. Il est là le redressement productif !

Allez, top départ. Première partie ci-dessous, la suite demain. Je ménage le suspense.

#20 Adam Green & Binki Shapiro

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Un album mineur, très court, un petit bonbon au mieux. Mais voilà :  un mec, une fille, une ambiance folk-pop, une basse au médiator, un peu Nancy, un peu Lee, je résiste pas.

#19 Nick Cave and the Bad Seeds – Push the Sky Away

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Le revenant de l’année. Fut un temps, j’étais très client de Nick Cave. Romantisme, théâtralité, grands mythes américains, la Bible, le blues, la violence, le sexe, ça me plaisait beaucoup. Ca m’a passé, même si j’ai continué à suivre sa carrière et parfois beaucoup apprécier ses albums (notamment le double Abattoir Blues). Grinderman en revanche, ça me gonfle. Là il parvient à créer un album de son âge qui ne sonne jamais comme un disque de vieux. Un album mature mais jamais adulte. Tout en faux calme et faux plat, constamment sous tension. La très grande classe.

#18 Thee Oh Sees – Floating Coffin

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Déjà à l’honneur l’an dernier avec l’excellent Putrifiers II, les garage rockers de San Francisco remettent ça moins d’un an après avec un album encore plus électrique et vicieux. Un des clips/singles de l’année : le riff de malade.

 #17 Cate Le Bon – Mug Museum

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On serait pas sur un blog de si bonne tenue, je dirais qu’elle est mon « coup de cœur » de ces dernières années. Mais on a des principes sur Grande remise .
Ca va donc faire maintenant plus de 5 ans que je le dis : cette fille possède un immense talent, et ses albums mériteraient tous de figurer dans les palmarès de fin d’année. Exactement comme ceux de son mentor Gruff Rhys (et des Super Furry Animals) en somme… C’est pas une bonne nouvelle pour elle vu le scandaleux anonymat dans lequel ils continuent d’exister mais pour nous c’est vraiment super.
Si tu ne la connais pas encore, elle pratique une sorte de folk-pop ou pop-folk un peu velvetienne à la fois charmante et excentrique, classique mais avec ce junusékwa comme disent les ricains. Quelque chose d’un peu surréaliste voire inquiétant par moments. Ceci dit Mug Museum est sans doute son album le plus accessible et le plus joli.

#16 Ian Skelly – Cut From a Star

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C’est le premier album solo du batteur de The Coral, qui est décidément un groupe plein de ressources (quand votre batteur sort un disque de ce calibre, vous êtes parés pour l’aventure): on a également eu droit cette année à un superbe album solo du guitariste démissionnaire Bill Ryder-Jones ainsi qu’à un très agréable album pop-soul du chanteur, James Skelly.
Cut From a Star, l’album de son frère (faut suivre) est un disque de pop psychédélique vintage plein de fantaisie et d’inventivité, à rapprocher de ceux de Jim Noir. Un délice pour anglophiles.

#15 Bill Callahan – Dream River

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Une relative déception au final. Disons que les réserves que je pouvais formuler dans mon billet à sa sortie ne se sont pas dissipées, au contraire. Pour être franc, je ne comprends pas l’engouement autour de ce disque, je trouve qu’il est relativement mineur et qu’il a fait beaucoup mieux. Après, évidemment, Small Planes

#14 The Flaming Lips – The Terror

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Un album, une démarche, très impressionnants. Quelle carrière… Mais The Terror est trop radical pour moi. Sublimissime pochette (c’est mon fond d’écran depuis plus de 6 mois puisqu’il faut vraiment tout te dire), qui a de plus le mérite de parfaitement coller au fond et à la forme du disque.

#13 Ty Segall – The Sleeper

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Le petit prodige garage pop californien ralentit le rythme et débranche la guitare : un seul album cette année, de folk sec, anglophile et psyché. Toujours aussi énervé par moments et, plus important, toujours aussi brillant. En outre, il remporte indirectement le prix de la meilleure utilisation de chanson dans une fiction cette année (ex-aequo avec Badfinger pour Breaking Bad) : The Keepers dans le final de l’épisode 5 de la sublime dernière saison d’Eastbound and Down.

#12 Aline – Regarde le Ciel

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Au début ça me faisait doucement marrer ces groupes français qui font du Smiths 30 ans après le reste de la planète. Et puis j’ai finalement écouté l’album et j’y ai avant tout entendu de grandes et belles chansons, émouvantes et surtout sacrément accrocheuses. L’un des tubes de l’année est chanté en français, c’est suffisamment rare pour être souligné.

#11 Phoenix – Bankrupt !

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L’élu de la dernière heure : jusqu’à il y a un mois, il n’aurait même pas figuré dans le top 20 et là, tcharrément, boum, 11ème. Le concert a joué évidemment, même s’il ne m’avait pas plus convaincu que ça. C’est surtout que j’ai eu l’impression d’enfin comprendre ce que Phoenix avait voulu faire avec ce disque : Wolfgang Amadeus Phoenix oui, mais les guitares derrière, les synthés devant. Rien à voir donc au final.

Grand concours top albums 2013

Dans un grand élan de générosité et d’égocentrisme (les 2 mamelles de Grande remise) je te propose aujourd’hui de jouer avec moi.

Devine mes 5 disques préférés de 2013, dans le désordre; envoie tes réponses sur concoursgranderemise@gmail.com. Une seule proposition par personne évidemment (enfin, une seule liste de 5 quoi), clôture des votes le 18 décembre, date à laquelle je dévoilerai mon top 20 albums 2013.

A la clé pour le grand vainqueur, outre mon respect éternel, un exemplaire CD de l’un des tous meilleurs albums de l’année. No shit. Je dis pas lequel évidemment pour pas t’influencer. Mais c’est un super disque et, ce qui ne gâte rien, un bel objet. C’est vous qui êtes gâtés mes petits chatons.
Si personne ne cite les 5 albums en question (c’est plus que probable), le vainqueur sera celui ou celle s’en approchant le plus. Ce qui signifie qu’il y aura un vainqueur quoiqu’il en soit : je le précise pour que tu comprennes bien qu’il ne faut pas prendre cette histoire à la légère.

En cas de participation massive (au-delà de 3 réponses donc), je rééditerai la chose pour mon top ciné, avec cette fois un DVD à gagner. Alors fais tourner mon ami.

Si la tâche te parait trop compliquée mais que tu veux quand même m’écrire, pas de problème : bisous, câlins, virements bancaires, lolcats, insultes, doléances, confessions intimes, photos de nus, j’accepte tout. Et je peux même répondre parfois.

#19 Gene Clark – No Other

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J’aurais également pu  mettre The Fantastic Voyage of Dillard & Clark, son disque avec les Gosdin Brothers ou White Light, l’une des plus belles pochettes de tous les temps. Même Roadmaster, je l’adore celui-là.

Gene Clark, grosse affaire bien sûr.

Dans tous les groupes, faut choisir son camp: Lennon ou McCartney (Macca), Mike Love ou Brian Wilson (y en a qui préfèrent Mike Love ? sérieusement?), Morrissey ou Johnny Marr (Morrissey), Jagger ou Richards (Brian Jones. Ou Mick Taylor. M’en fous quoi. Je t’ai déjà dit que j’aimais pas les Stones ?).

Les Byrds c’était plus compliqué puisqu’ils étaient 3. Pour moi ça a été Gene Clark, immédiatement, parce que je trouvais qu’il avait une allure d’enfer et qu’il avait toujours l’air un peu triste et absent. Et puis il écrivait les meilleures chansons et ça faisait chier les 2 autres, j’adorais ça. S’il a évidemment pondu bon nombre de pop-songs canoniques, elles possèdent la plupart du temps une sorte de halo mystérieux, quelque chose de mystique, une grandiloquence un peu fânée aussi qui les rendent évidemment très séduisantes et complètement à part. Et puis lui-même, son personnage et sa figure, son parcours, sont séduisants. C’est sans doute le héros, le mythe pop ultime.

No Other c’est la matérialisation la plus parfaite de ce statut d’icône absolue. C’est un disque lui-même mythique (parce totalement fou, suicidaire commercialement et longtemps disparu) qui arrive à se hisser sans mal au niveau de sa réputation, comme peuvent le faire également Third de Big Star ou à un degré moindre Fed de Plush. C’est un disque qui continue à surprendre et à sidérer même quand on a tout écouté (je parle pas de moi là hein).

Kurt Vile – Wakin on a pretty daze – critique

J’aurais pu me contenter d’y revenir dans mon futur top 2013 au sein duquel il occupera une place de choix mais j’avais envie de réserver à ce disque un billet unique. Un talent de songwriter (et de guitariste !) comme celui-là, il n’en éclot pas tous les 6 mois.

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Même si Kurt Vile est in da house depuis déjà quelques années. 4ème album il me semble mais j’ai l’impression qu’il est encore largement ignoré en France : il bénéficie du soutien indéfectible d’Uncut en Grande-Bretagne et de Pitchfork aux USA mais ici… Il a pourtant sorti il y a 3 ans un véritable classique instantané de folk moderne, Smoke Ring for My Halo.

Wakin on a pretty daze est immédiatement identifiable (rhaaaaaa cette intro… Sans doute mon morceau préféré de 2013) mais il se révèle vite assez différent. Beaucoup plus long, plus varié aussi, il est davantage le fruit d’un travail d’un groupe : l’album typique du mec qui a tourné pendant de longs mois et qui a envie que cette atmosphère soit immortalisée sur son nouvel album studio.

Ce que j’aime par dessus tout je crois dans les disques de Kurt Vile, c’est qu’ils sont de véritables disques de folk urbain : même quand il joue acoustique, dépouillé, on ne voit pas d’images mentales de la campagne, ou des grands espaces, on voit la ville, les immeubles, les graffitis, les gens qui font la gueule. A ce titre, écouter ses chansons au casque dans les transports en commun ou dans la rue est une merveilleuse expérience. C’est particulièrement le cas sur cet album-ci puisqu’il est plus électrique que ces précédents. Mais même :  tu peux faire le test avec Smoke Ring for My Halo, tu verras, ça fonctionne du feu de Dieu et c’est une belle expérience.

Ce qui rend ce disque particulièrement touchant enfin, c’est que derrière son image de pothead chevelu et narquois (ce dont il se défend mollement dans le beau Gold Tones), Kurt Vile fait l’éloge de la vie domestique et familiale. Comme si le slacker y avait trouvé son Graal. Glander à la maison avec femme et enfants après avoir glandé ado avec ses potes, c’est ça le bonheur ultime pour Kurt Vile.

Bon, y a peut-être un ou 2 fillers comme disent les anglo-saxons (des titres superflus, dont on aurait pu se passer) mais tout le reste est d’une telle constance dans l’excellence… Wakin on a Pretty Daze est un des temps forts de cette belle année musicale.

#18 Cardinal

Cardinal - premier album
Très fan de cette pochette et du regard caméra d’Eric Matthews.

Ce disque est lié à un réveillon de Noël. Je venais de l’acheter sur la foi de la critique des Inrocks (ie les Saintes Ecritures à l’époque) ou de l’avis de Bernard Lenoir, je sais plus. Je n’avais pas eu le temps de l’écouter avant de me rendre chez mes parents pour les traditionnelles vacances de fin d’année, je l’ai donc passé pendant la soirée. Et il était étonnamment bien passé, ça je m’en souviens bien. « Étonnamment » parce que c’était pas vraiment le genre de la maison que d’écouter de la musique pendant la soirée du réveillon, encore moins de la musique inconnue aux oreilles de tout le monde. On était de toute façon trop nombreux et bruyants pour ça. Voilà pour le contexte personnel.

Le disque a merveilleusement traversé les années : il avait dès sa sortie des allures de classique instantané, à la fois accessible parce qu’évident et un peu intimidant parce que très élégant. Il équilibrait parfaitement une certaine sècheresse rock (Richard Davies) et une préciosité pop (Eric Matthews). A l’époque, alors qu’on était encore bien envahi par le grunge, et pas encore par la britpop, c’était pas commun.

Les 2 compères se sont ensuite épanouis dans des carrières solo parfois himalayesques (oui oui, « himalayesques » ; j’y reviens plus loin), se refusant à donner une suite à leur aventure commune. Jusqu’à l’an dernier (ou l’année d’avant ? J’ai la flemme de vérifier) et un deuxième album intitulé Hymns. Décevant, forcément décevant, surtout après une si longue attente. Largement recommandable quand même. Disons que les 2 sont pour le moins compétents lorsqu’il s’agit d’écrire une chanson donc ça va, ça s’écoute.
M’enfin, si tu ne connais ni Cardinal, ni Richard Davies, ni Eric Matthews, c’est par ici qu’il faut commencer.

Phoenix – Le Zénith, Toulouse

Je n’ai rien dit jusqu’ici mais c’est le moment de tomber le masque : Bankrupt! m’a beaucoup déçu. Je me bats avec lui depuis sa sortie, j’aime beaucoup certains titres, je lui trouve des qualités mais c’est pas vraiment ça :  si je suis parfaitement honnête, je n’y vois qu’un reboot, en moins bien, de Wolfgang Amadeus Phoenix.

Je ne comptais donc pas aller voir le groupe sur scène au cours de cette tournée (alors que je les avais vu 7 fois auparavant, dont 3 pour la tournée WAP). D’autant que ça y est, fini les petites salles : fini donc le Bikini à Toulouse, maintenant le groupe se produit au Zénith. Et le Zénith… Tu vois ce que je veux dire. Youssiwaddamine.
Bon finalement j’y suis allé.

Mon problème avec Bankrupt ! c’est que pour la toute première fois, un de mes groupes (contemporains) fétiches m’a déçu. Air, The Coral, les High Llamas, Super Furry Animals, Belle and Sebastian : bien entendu, j’aime certains albums nettement plus que d’autres, mais ils n’en ont jamais sorti de mauvais. Là… Je ne trouve pas Bankrupt !  mauvais mais, c’est peut-être pire, paresseux. Disons que le groupe m’avait habitué à un tel niveau d’excellence et surtout, était parvenu à se réinventer à chaque reprise. Là j’ai eu l’impression que les 4 années séparant les 2 albums n’avaient pas vraiment été mises à profit en quelque sorte. Aller voir le groupe sur scène c’était donc un moyen  de peut-être me réconcilier avec lui. Et puis après les péripéties de la semaine (3 concerts annulés à cause de la voix défaillante de Thomas Mars), je me disais que le groupe serait remonté à bloc et délivrerait une belle performance.

Arrivée à 20h piles (l’horaire inscrit sur le billet) et le Zénith est déjà plein comme oeuf : autant pour le traditionnel quart d’heure toulousain…
On sent tout de suite que le groupe a changé de dimension :  la taille de la salle bien sûr, mais la nature du public également. Jusque là, je dirais pas des hipsters mais un public très pop et branché, jeune et plutôt pointu. Au Zénith, beaucoup, beaucoup (vraiment beaucoup) de lycéens ou jeunes étudiants mais aussi beaucoup de néo-bourgeois toulousains issus des bureaux d’Airbus et/ou de la sphère rugby. Un public qui ne va pas au concert mais au spectacle.

1ère partie assurée par les américaines de Haim. Du rock californien lourdaud et un peu vulgaire, assez pénible (sur scène en tout cas, j’ai quand même bien envie de jeter une oreille à leur dernier album). Ca me fatigue très vite mais je me dis pourtant que c’est ce genre de musique qui faisait rêver Phoenix sur United et que ça serait pas mal qu’ils réintroduisent un peu de ce mauvais goût dans leur production. Haim ne joue qu’une demie-heure, c’est suffisant en ce qui me concerne.

Entracte (de la synth pop 80s, Fool to Cry des Stones, des percussions tribales) puis les lumières s’éteignent à 21h précises. Ca déconne pas au Zénith. Les accords d’Entertainment retentissent dans une salle vraiment blindée jusque dans ses moindres recoins. Manifestement, la voix de Thomas est revenue, pas de problème. Tout le monde est merveilleusement en place dès le début. Le son a tendance à s’envoler un peu (normal) mais il est de bien meilleure qualité que je ne le craignais, puissant et clair.

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Comme d’habitude avec Phoenix, ce qui impressionne, c’est la setlist : Entertainment, Lasso, Lisztomania, Long Distance Call d’entrée, évidemment, ça calme. Et ça ne faiblit pas :  le groupe ne sait composer que des tubes, c’est comme ça. Ou presque : les titres du dernier album, assez peu nombreux comme par hasard (4 au total) font un peu retomber l’excitation. Je veux bien croire que je suis un peu buté m’enfin… Bankrupt ! (le morceau) par exemple est un peu inséré à Love Like Sunset, la fin de Drakkar Noir est substituée à celle de Trying to Be Cool (comme dans l’excellent clip) : tout ça aurait quand même tendance à étayer ma théorie comme quoi les 2 derniers albums seraient très proches, trop proches. Ce concert ressemble d’ailleurs énormément à ceux de la tournée précédente, alors que, encore une fois, plus de 4 ans se sont écoulés.

Je fais la fine bouche bien sûr, je réagis un peu en amoureux déçu.
Malgré tout Phoenix sur scène, ça sera toujours des instants magiques pour moi, des instants qui me transportent complètement : l’intro de Too Young (ici judicieusement couplé à Girlfriend), celle de If I Ever Feel Better, l’euphorie débridée des refrains de Lasso et Consolation Prizes. Ou Rome, un de leurs sommets, toujours aussi puissant émotionnellement, joué en clôture avant que Thomas ne prenne un bain de foule sur une reprise du final d’Entertainment. Je retiendrai également une très belle version de Run, Run, Run et un joli Countdown en rappel intimiste.

En 1h25 montre en main.
Bilan plutôt mitigé donc même si j’ai conscience d’en demander beaucoup : concert de grande qualité, spectacle magnifique (sublime light show et belle utilisation de l’écran géant derrière la scène) mais tout ça m’a paru dénué de surprise, de prise de risques. J’en suis ressorti avec le sentiment renforcé que le groupe avait besoin de se réinventer.

Celà étant j’ai rererererereredonné sa chance à Bankrupt ! depuis samedi et, bien entendu, je le trouve de mieux en mieux.

Souvenirs d’Elliott Smith, seconde partie

Là on est à Toulouse, fin juin 2000. Figure 8 vient de sortir, c’est un nouveau sommet dans la carrière d’Elliott Smith. C’est pour l’instant son disque le plus abouti, le mieux arrangé, le plus riche en termes de production et de textures sonores. Le concert a lieu au Bikini, ce qui d’emblée rassure, ravit même quant à la qualité de sa sonorisation.

Arrivée sur les lieux: personne ou presque. Entrée dans la salle: personne ou presque. OK…
Il s’avère qu’une grande majorité d’étudiants a déjà quitté la ville pour les vacances d’été et surtout, ce soir là, la France affronte le Portugal en demi-finale de l’Euro de foot. Un grand écran a d’ailleurs été installé sur la gauche de la scène pour permettre à la très maigre audience de suivre le match. Or ce putain de match, il s’éternise. Prolongations. Et bien sûr, le concert ne démarrera pas avant qu’il s’achève… Surréaliste : t’es au Bikini, l’une des meilleures salles de concert de France, tu vas voir Elliott Smith, prodige pop comme il en sort un tous les 20 ans au mieux, et tu te retrouves à bloquer sur la coupe de cheveux dégueulasse d’Abel Xavier sur écran géant.

Bon, le concert finit par débuter mais super tard du coup. Bien sûr, y a une première partie. Un Toulousain dont j’ai complètement oublié le nom. Pov’ gars… Enfin « pov’ gars » : il peut quand même se vanter d’avoir fait la 1ère partie d’Elliott Smith. Mais sur le moment, malgré l’euphorie de la victoire de la France (euphorie toute relative hein ceci dit), le public commence un peu à fatiguer et se taper ce genre de première partie, comment dire… Bon, je jette un voile pudique sur ce moment de la soirée.

Débarquent enfin Elliott Smith et son groupe. Il est cette fois accompagné du même Sam Coomes de Quasi à la basse mais aussi d’un 2ème guitariste (un petit jeunot que je n’ai pas revu depuis) et de l’excellent Joey Waronker à la batterie (il a joué avec à peu près tout le monde depuis 15 ans lui, de Beck à Air en passant par REM). Autant dire, sans vouloir faire offense au duo qui l’accompagnait pour le concert bordelais, que c’est du sérieux. ET C’EST GÉNIAL PARCE QUE Y A VRAIMENT PERSONNE BORDEL. On doit être, je sais pas, une petite centaine. Dingue. Donc, premier rang, sans être pressé ni serré de près, loin s’en faut, j’hallucine totalement.

Ouverture sur Independence Day comme au Jimmy. Bim. La baffe, immédiate. Une sono d’enfer, un groupe d’une précision démoniaque. Et une voix putain… LA voix d’Elliott Smith, tout de suite, dès la première phrase, cette voix irréelle d’angelot, d’une modestie et d’une pureté… Là tu te dis d’emblée que ça peut être un grand moment ce soir.

Et ça l’est, c’est évident. Son of Sam arrive très vite : j’en ai encore des frissons rien que de penser à cette interprétation à la fois tout en rondeur pop et en nervosité. Le contraste est saisissant avec le concert vu moins de 2 ans auparavant : malgré la complexité des arrangements des nouvelles chansons, leur retranscription en live est d’une richesse, d’une inventivité folles. Sur le final en apothéose de Stupidity Tries les 4 parviennent par on ne sait quel miracle à faire oublier les opulents arrangements de cordes de la version studio. Incroyab.
Comme par hasard, Elliott a l’air beaucoup plus en forme qu’à Bordeaux : plus tonique, plus « vivant ». Il est super mignon ce soir là. Il sourit beaucoup, s’autorise quelques mots (j’ose pas appeler ça des plaisanteries) entre les morceaux. Durant le rappel solo acoustique, un mec totalement pété (ou un déséquilibré ?) grimpe sur scène et veut lui prendre le micro :  il réagit très calmement, avec le sourire toujours, laisse le gars se donner en spectacle quelques minutes avant qu’il ne dégage de lui-même sans faire d’histoires.
Il se lance alors dans Say Yes mais se plante, recommence, a oublié les paroles, s’excuse, reprend puis s’arrête à nouveau car il n’a pas envie de la chanter finalement. C’est peut-être son titre le plus terrassant et le plus emblématique au bout du compte, on a tous envie qu’il le joue mais c’est pas grave, ce soir, personne n’oserait lui en tenir rigueur.

Il jouera 20 morceaux ce soir là, pratiquement 2h, malgré l’horaire extrêmement tardif. On sait d’où il revient, d’où il est revenu à plusieurs reprises même et ce soir il a l’air tellement bien, ça fait plaisir à voir et c’est très émouvant, au-delà de la qualité, absolument exceptionnelle, de sa prestation.

Quelques mois plus tard, voire quelques semaines, commencent à circuler des photos où il a l’air nettement moins en forme. Merde… Il fera une nouvelle cure de désintox, enregistrera tant bien que mal un album supplémentaire mais finira par se donner la mort un peu plus de 3 ans après ce concert donc.

Je garderai toujours cette image de lui ce soir là, souriant, détendu, avec sa belle Gibson rouge.

Elliott-Smith

Souvenirs d’Elliott Smith, première partie

On a commémoré il y a 2 jours (le 21 octobre), le 10ème anniversaire de la mort d’Elliott Smith. Je me souviens comme si c’était hier du moment où j’ai appris la nouvelle et de l’émotion qui m’a immédiatement saisi.

Je ne vais pas revenir sur le personnage (Pitchfork s’en est très bien chargé) ni sur sa musique en elle-même. J’ai en revanche eu la chance de le voir 2 fois en concert, dans des lieux, circonstances et pour des prestations très différentes : c’est ce que j’ai envie d’évoquer. 15 ans après, ce sont encore des souvenirs très vivaces dans mon esprit.

Avec son t-shirt fétiche
Avec son t-shirt fétiche

La première fois, c’était à Bordeaux en 1998. Au Jimmy.
Ah le Jimmy… Une salle un peu fantasmée lorsque, encore pauvre palois, j’entendais chez Bernard Legris (ma grosse vanne de l’époque ça) que tous les groupes qui comptaient pour moi y faisaient étape. Le concert d’Elliott Smith dans les lieux, c’était donc avant tout la découverte d’une salle quasiment mythique ou en tout cas mythifiée.

Autant te dire que j’ai démythifié tout ça à peine arrivé sur place. Un sol poisseux, une estrade surélevée d’à peine une dizaine de centimètres (il fallait d’ailleurs traverser la « scène » pour aller aux toilettes), un bar et c’est tout. Ah oui, une sale odeur de tabac froid bien sûr. Un genre de CBGB sauce médoquine donc, et non la place to be pour hipsters exigeants que j’avais imaginée. Bon.

Beaucoup, beaucoup de monde dans cette toute petite salle, pardon, ce tout petit bar. Tant et si bien que certains font un malaise avant même que la soirée ne débute réellement. Grosse attente: XO vient de sortir (ou va sortir, je sais plus), Elliott Smith est sur la voie sinon du succès, du moins d’une importante notoriété. Il a notamment été nommé aux Oscars quelques mois auparavant.
C’est Quasi qui assure la première partie. Le duo synthés-batterie de Sam Coomes et Janet Weiss (également derrière les fûts pour Sleater-Kinney, grosse côte à l’époque), plutôt habile et agréable sur disque, se montre vite limité et bénéficie d’une sono atroce. Pendant ce temps, Elliott fait la gueule en mangeant un encas sur un coin du bar.

C’est le même duo qui l’accompagne quand vient son tour, Sam Coomes passant à la basse. Ouverture hésitante sur le sublime Independence Day : « hésitant », c’est l’adjectif que je retiendrai pour qualifier cette prestation. En tout cas, il est absolument conforme à l’image qu’on se fait de lui: un type fragile, hyper timide, hyper sensible et pas vraiment à son aise sur scène. Pas un sourire, pas une parole mis à part quelques « thank you » prononcés d’une petite voix. Sa voix justement : hésitante également, mais gagnant en assurance, en justesse et en netteté au fil des titres. Pour finir au top : sur les quelques titres interprétés en acoustique avant le rappel, l’émotion est palpable dans la salle. OK, d’accord, LA on y est vraiment.

Un bon souvenir donc mais davantage marqué par le sentiment de « l’avoir vu », de pouvoir dire « j’y étais » que d’avoir réellement assisté à un grand concert.

Moins de 2 ans plus tard, c’est une toute autre histoire (la suite dans les 2 prochains jours).