Un beau voyou – critique

Le commissaire Beffrois attend la retraite avec un enthousiasme mitigé quand un vol de tableau retient son attention. Est-ce l’élégance du procédé ? L’audace du délit ? La beauté de l’œuvre volée ? Beffrois se lance à la recherche d’un voleur atypique, véritable courant d’air, acrobate à ses heures. (Allociné)

Un beau voyou pourrait j’imagine être qualifié de « petit film » : tourné à Paris durant l’été, dans des intérieurs qu’on imagine sans mal « réels » i.e. pas des décors), avec un casting relativement modeste malgré quelques têtes connues. On a un peu oublié Charles Berling, il faut dire ce qui est, et au moment du tournage, Swann Arlaud n’avait pas encore été consacré par son rôle dans Petit Paysan. Encore moins par le César du meilleur acteur que le film d’Hubert Charuel lui a permis d’obtenir.

Sur une trame de « polar léger » relativement convenue (un jeu du chat et de la souris entre un gentleman-cambrioleur, Arlaud, et un flic, Berling, qui voit dans cette enquête, et à quelques jours de la retraite, un moyen à la fois de mettre un peu de piment et de terminer sur un coup d’éclat une carrière qui en a singulièrement manqué), Un beau voyou compose une petite musique très originale.

La mise en scène nous met rapidement sur la voie : personnages isolés, plans serrés (voire gros plans), c’est bien eux et leur singularité qui prime. D’abord le personnage interprété par Berling, flic à la fois terne et fantasque, dont le portrait brossé à coups de petits détails et d’ellipses, révèle quelqu’un qui a sans doute bien plus souffert que ce que son apparente bonhomie le suggère. Puis le personnage campé par Arlaud qui, lui, intrigue son entourage par son opacité : Lucas Bernard, le réalisateur, choisit donc de s’attarder plus longuement et de nous livrer, à nous spectateurs, en quelque sorte son envers du décor. C’est très fin.

Fins également, les dialogues, à la fois très écrits et naturels, plein d’ironie et de malice sans que jamais n’affleure la sensation de la recherche du bon mot, d’une quelconque virtuosité rhétorique.
Dans son côté un peu lunaire, dans sa fantaisie modeste, à la fois désuet et moderne (moderne parce que désuet, mais pas seulement), Un beau voyou rappelle les comédies de Pierre Salvadori (oui, car c’est une comédie, je l’ai pas précisé). Et on se dit qu’on aurait bien gardé un peu de l’unanimité délirante qui s’est abattue sur En liberté ! (que j’ai beaucoup aimé mais bon, il a bénéficié d’un accueil hallucinant) pour la reporter sur ce « petit film » qui, encore une fois, et malgré un accueil globalement positif, risque de quitter les salles trop rapidement. Donc allez-y: Bohemian Rhapsody et Aquaman, vous les verrez à la maison.

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