Only Lovers Left Alive – critique

Dans les villes romantiques et désolées que sont Détroit et Tanger, Adam, un musicien underground, profondément déprimé par la tournure qu’ont prise les activités humaines, retrouve Eve, son amante, une femme endurante et énigmatique. Leur histoire d’amour dure depuis plusieurs siècles, mais leur idylle débauchée est bientôt perturbée par l’arrivée de la petite sœur d’Eve, aussi extravagante qu’incontrôlable. Ces deux êtres en marge, sages mais fragiles, peuvent-ils continuer à survivre dans un monde moderne qui s’effondre autour d’eux ? (Allociné)

Only Lovers Left Alive
Attaqué à reculons: je ne déteste pas Jarmusch, j’aime bien voire beaucoup certains de ses films (Dead Man, Ghost Dog essentiellement) mais je n’aime pas son côté « cinéaste rock », « urbain » « new-yorkais », « errance nocturne ». Vu que j’aime pas le rock. Normal.

C’est en tout cas ainsi que j’avais identifié ce film (un « film rock » donc, pour faire court et si tant est que ça veuille dire quelque chose) sur la foi de quelques images sans doute. Et j’avais, en partie, tort. En partie car oui, le film se veut cool, nonchalant, « rock » et il l’est sans mal, il faut bien l’avouer.

Mais l’essentiel est ailleurs et cet essentiel pourrait carrément être un manifeste granderemisque en réalité… En même qu’il constitue une sorte d’adaptation/variation sur le A rebours de Huysmans (bon, de loin, mais quand même).

Là où Jarmusch est très fin, très intelligent et très sensible, c’est que le point de vue d’Adam (interprété par Tom Hiddleston), vampire fétichiste et passéiste qui vit dans sa maison-musée entouré des sublimes vestiges matériels et immatériels des siècles passés, point de vue qu’on imagine bien être le sien (et le mien par la même occasion…), est très vite contre balancé, ou plutôt complété, par celui d’Eve (interprétée par Tilda Swinton) et de son besoin d’humain, de légèreté, de joie, de vie. C’était bien avant, mais c’est bien aussi maintenant si on veut bien s’en donner la peine : c’est ce que nous dit le film et ça c’est une putain de leçon de vie tu vois.

Non mais blague et cynisme à part, c’est très beau, très intelligent (limpide sans être didactique pour autant) et très émouvant à la fois, c’est donc un grand film. Sinon plus.

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