La séance de psy

Durant ma pause déjeuner, dans le jardin public attenant à l’immeuble de mon bureau. Sur le banc en face du mien, une jeune femme (autour de 25 ans), raconte un peu tout et n’importe quoi à sa collègue plus âgée (autour de 45 ans). Je sais, enfin, je me doute qu’elles sont collègues car je les croise régulièrement durant mes pauses, généralement au sein d’un petit groupe très hétérogène quoi qu’exclusivement féminin : je les vois bien bosser dans une administration quelconque, elles pullulent dans le quartier. Mais c’était la première fois que je les voyais déjeuner toutes les 2.

Y avait trop de choses, trop d’informations, trop de punchlines pour un compte-rendu live de leur discussion, d’autant que cette dernière a duré plus d’1h (elles étaient déjà là quand je me suis installé, et je suis parti avant elles).
La plus jeune, la Candide, enchaînait manifestement les aventures foireuses avec des gars sûrs (« mais là tu vois, j’ai plus eu de nouvelles du jour au lendemain parce qu’il était parti s’engager dans l’armée » ou « un jour il m’a dit « je tiens à toi mais j’ai pas de sentiments pour toi » « ). Aventures foireuses que la plus âgée, la Sage, écoutait goulûment avant de livrer un diagnostic définitif et plein d’assurance (« mais ça tu vois c’est parce sa mère a pas été assez attentive à lui quand il était dans son ventre » ou « ah mais ça c’est les gémeaux ça, il est gémeaux non? c’est compliqué les gémeaux, ça c’est sûr »).

Je regrette vraiment de pas avoir eu le temps ni l’opportunité de noter quoique ce soit car c’était une mine cette discussion. Mais la Candide était sur ses gardes, elle arrêtait pas de me jeter des regards en coin. J’avais pourtant adopté mon attitude la plus détachée derrière mes lunettes de soleil, mettant un point d’honneur à prouver à ma salade composée qu’elle et elle seule était l’objet de mon attention.

Au bout de la 4ème histoire de merde, la Sage avait quand même l’air d’en avoir un tout petit peu ras le cul :

– C’est un mec qui faisait du basket mais tu vois, il m’en avait jamais parlé tu vois, c’est comme s’il était…

– Non mais tu sais, je vais te dire une chose (en lui prenant le bras) : les mecs sont LÂCHES.

– Ah ouais ?

– Mais oui, je t’assure : les mecs sont LÂCHES.

– Ah ouais… Ouais ouais non mais t’as raison en fait, c’est ça, ils sont lâches.

Bon tout ça pour ça quoi. Elle m’aurait posé la question, je lui aurais donné la réponse direct.

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