Ay, ay, ay, ay, canta y no llores

Puisque le Football est mort lundi à 19h50, vêtu d’un maillot blanc maculé de tâches triangulaires jaunasses-orangeasses-rougeasses,
Puisque désormais ça rigole plus (la compétition, la vraie, a enfin débuté),
et puisque lorsque le niveau s’élève, je préfère laisser la parole aux spécialistes (comme ceux de l’excellent Faute tactique, un exemple parmi d’autres),

je fais aujourd’hui un point commentateurs, autre marotte des footeux avec les maillots, les coupes de cheveux et, pour les plus faibles d’entre nous, les femmes de joueurs.

Grégoire Margotton – Bixente Lizarazu

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Le transfert surprise de l’Euro, puisqu’annoncé à peine un mois avant la compétition. On pensait Christian Jeanpierre en place pour un bon moment, on imaginait aussi Margotton lié « à vie » à Canal Plus (il faisait partie des rares qui n’avaient pas quitté le navire pour Bein sport) mais la direction de TF1 a dû se dire  que CJP commentant les matchs de l’EDF pour un Euro se déroulant en France, ça serait un peu too much.
Bon, je l’aime bien Margotton, c’est un mec cultivé, qui s’exprime bien et reste sobre même s’il a une tendance un peu agaçante à SEXCITERTOUTDUNCOUPCOMMEUNMALADEAVEC UNEVOIXUNPEUCHELOUQUIDESCENDDANSLESGRAVESSURLESMOMENTSCHAUDS. Puis à redescendre (et remonter jusqu’à son timbre naturel) comme si de rien n’était. Mais franchement, après CJP, c’est du velours. Il rend même presque supportable Lizarazu et sa propension très France 98 à constamment nous remémorer la grandeur de ses faits d’armes passés. Presque.

Christian Jeanpierre – Rudi Garcia

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De CJP, on a déjà tout dit. Son enthousiasme de ravi de la crèche  (« Ha ha, regardez Arsène, ce joueur a un sparadrap Mickey sur le front, c’est formidable! J’adore ces images ! »), sa passion pour les fun facts débiles (« Figurez-vous Bitch-and-thé, que Gregor Pistorniak possède une particularité des plus étonnantes : il boit l’urine du joueur qui partage sa chambre tous les soirs avant de se coucher ». Bon ok, mauvais exemple, ça serait plutôt génial d’entendre ça un jour), ses analyses proches du néant ( le désormais légendaire « corner intéressant »).
Privé du Graal du commentateur de football (les matchs de l’Equipe de France), en même temps que de son consultant habituel (Lizarazu donc mais aussi Wenger, débauché par Bein sport je crois) on lui a également attribué un nouveau partenaire : l’ancien entraîneur de Lille et de la Roma, Rudi Garcia. C’est toujours bien d’avoir un consultant entraîneur évidemment (un entraîneur qui ne soit pas Luis Fernandez je veux dire) : le mec explique les phases de jeu bien sûr mais parvient également à interpréter et/ou décrypter des situations parce qu’il connait les joueurs, leur psychologie, leurs réactions dans tel ou tel cas de figure. Là dessus, très bien le Rudi. Il me plaît. Mais bordel, qu’est-ce qu’il est bavard ! Il a des choses à dire et il les dit plutôt bien mais putain, heureusement pour nous parce qu’il s’arrête jamais le mec ! Un match, c’est aussi des temps morts, des silences, pour laisser entendre les tribunes, le jeu même, si je puis dire. Je pinaille parce que c’était une première pour lui je pense, et il est apparu très à l’aise mais ça m’a vraiment gêné. J’ai même senti CJP un peu agacé par moments, c’est un comble !

Christian Jeanpierre – Franck Leboeuf

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Grammaire/syntaxe/vocabulaire hasardeux + rien d’intéressant à dire + humour de merde + beaucoup trop à l’aise : lui, c’est Leboeuf.

Christophe Hutteau – Alain Boghossian

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Christophe Hutteau : pas vraiment d’opinion, le mec ne m’a ni choqué ni emballé. Il fait son boulot.
Étonnamment, j’ai trouvé Boghossian plutôt pas mal : à l’aise mais moins ramenard que ses collègues de France 98 (Lizarazu, Leboeuf, Desailly, Dugarry mais c’est normal: il n’était « que » remplaçant), prenant la parole à bon escient, livrant régulièrement des réflexions pertinentes. Ok, c’est pas Reynald Denoueix sur le plan de l’analyse du jeu mais ça va quoi. En revanche, cet accent tapenade-aïoli, c’est pas possible : « Soixanteu et dixième sélectiong pour JérAUme Bo-atengueu ». Le tue-le-foot absolu.

Benjamin Da Silva – Omar Da Fonseca

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Mon duo favori, et de loin. Marrant cette similarité dans leur nom; c’est un hasard bien sûr mais c’est marrant. La star, c’est évidemment Da Fonseca : c’est lui le plus bavard, lui qui fait le show et Da Silva semble parfaitement s’en accommoder. Ce dernier possède un truc rarement souligné quand on parle des commentateurs : une voix et un timbre très agréables, qu’il module parfaitement. Reposant. Mais Da Fonseca, je l’adore, vraiment. Il exemplifie à merveille ma thèse selon laquelle on s’en fout au final de la syntaxe, de la grammaire, du vocabulaire : ce qui compte, c’est d’avoir des choses intéressantes à dire. Non parce que lui, en ce qui concerne le vocabulaire, il invente carrément des mots à chaque match quand il ne trouve pas les bons (je rappelle que même s’il vit en France depuis très longtemps, il est argentin) ! Et à chaque fois, il sort des barbarismes très justes, très imagés, presque poétiques parfois, qui définissent parfaitement ce qu’on vient de voir et qu’il voulait transmettre. C’est fort ça. Et puis cet enthousiasme bien sûr, 100% sud-américain. C’est con mais il me colle le sourire à chaque fois. Son compère se marre régulièrement lui aussi, le chambre gentiment : les 2 font preuve d’une complicité qui paraît non feinte et qui fait plaisir à entendre.

et last but not least

Denis Balbir – Jean-Marc Ferreri

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Mon duo détesté, et de loin. Entre Balbir, le commentateur péremptoire qui crie « but!!! » à la moindre frappe et nous récite sa litanie de statistiques imprimées à la va-vite 1h avant la prise d’antenne, et Ferreri, le type tout aussi péremptoire qui va sans ciller sortir des conneries plus grosses que lui avec une assurance édifiante, mon cœur balance (c’est ballot: j’ai beau me creuser la tête, j’ai pas d’exemple qui me vient là. Mais il sort vraiment, tranquilou, sûr de lui, 2-3 grosses conneries facilement vérifiables par match).
En plus, mais ça ça me fait plutôt marrer, les 2 ont l’air de pas très bien s’entendre. Ça se manifeste par un non-dialogue permanent : chacun commente le match de son côté, personne ne rebondit jamais sur ce que l’autre vient de dire. A part, à de rares reprises, Ferreri, qui laisse à ce moment-là une porte ouverte, une invitation à l’approbation, à l’échange, que l’autre ignore toujours souverainement. Il me fait un peu de peine, du coup.

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Hen Wlad fy Nhadau

Sentiments mitigés au sujet de la 3ème journée de poules : des confrontations décisives et excitantes parfois mais aussi moins de matchs (puisque les 4 équipes de la poule jouent en même temps afin de respecter un maximum d’équité) i.e. le début de la fin de la compétition i.e. le retour à la normale. Et pour couronner le tout, la semaine prochaine, c’est le finale de la saison 6 de Game of Thrones. Mais qu’est-ce qu’on va devenir nom de Dieu ?!?!

Groupe A

Suisse 0-0 France

37ème minute : Pogba s’accroche au maillot de Xhaka et le déchire (bis repetita après Sagna sur Mehmedi dans le 1er quart d’heure). Denis Balbir : « Va falloir revoir la qualité de la lessive (???)… voire même du textile ». Et arrêter de tirer sur leurs maillots, ça pourrait pas aider ? Ceci dit, on a vu sur la toute dernière action que les maillots n’étaient pas si fragiles que ça (gros ouf de soulagement au département conception de Puma) et que de toutes façons l’arbitre en avait rien à cirer #totemdimmunitejusquaupoteaux. Nom de Dieu de bordel de merde, cette équipe en bois va se retrouver en demis sans avoir jamais rencontré de véritable opposition, ça me gonfle !

Foutez-moi ça en taule!
Foutez-moi ça en taule!

Groupe B

Russie 0-3 Pays de Galles

Affiche sur laquelle je vais un peu m’attarder puisque j’ai eu la chance d’assister au match au Stadium de Toulouse.
Arrivés dès le samedi, les supporters gallois avaient déjà mis le feu au concert des Super Furry Animals le soir même. Le dimanche ils étaient un peu partout en ville (enfin, « partout »… Dans les bars quoi), à chanter (et boire) sans relâche. Pas vu de Russes en revanche, ou alors ils se cachaient. Sales rouges.
Au Stadium du coup, y avait vraiment pas photo : une bonne moitié je pense était galloise, contre un gros quart de virage pour les Russes. J’étais hyper bien placé : tribune centrale (côté buts gallois en 1ère mi-temps), suffisamment près de la pelouse pour être proche des joueurs, suffisamment haut pour bien voir le jeu. Impeccab’.

J'étais bien placé.
Hyper bien placé.

Côté match, je sais pas de quoi ça avait l’air à la télé mais y en a pas eu (de match) : les Gallois ont fait ce qu’ils ont voulu du début à la fin face à des Russes totalement apathiques (c’en était presque suspect). Très impressionné par l’activité de Joe Allen, la justesse d’Aaron Ramsey. Et par Gareth Bale du seigneur évidemment, la star de l’équipe. Impressionnant physiquement (i.e. : super bien gaulé le salaud), il a écrasé le match à chacune de ses courses et de ses prises de balle. Impressionnant, y a pas d’autre mots. Et puis un leader technique, un vrai, qui sait prendre le jeu à son compte, mais également s’appuyer et mettre en valeur ses coéquipiers.
Côté tribunes… Bah, c’était fantastique… J’étais pas dans le virage tout rouge mais néanmoins entouré de Gallois (quelques Russes étaient perdus dans ma zone, dont un avec un incroyable t-shirt à l’effigie de Poutine. Je voulais essayer de le choper sur une photo mais sa tronche à accomplir des basses œuvres dans les rues interlopes de Novossibirsk m’en a dissuadé) et les mecs ont mis le feu de la première à la dernière seconde. Sur les buts, fallait faire attention à soi quand même. Ambiance Buzzcocks 1977. Mais gentil : sur le 2ème but, mon voisin m’a pris dans ses bras et m’a claqué une grosse bise sur la joue.
Et ces chants bon sang… J’ai toujours voulu aller voir un mach de foot dans un stade anglais, je pense que c’est ce qui s’en rapprochait le plus.
Du coup je les connais tous maintenant : « Gimme hope Joe Allen » (sur l’air de Gimme hope Joanna), « There’s only one Gary Speed » (à la gloire de l’ancien grand joueur/sélectionneur qui s’est suicidé chez lui et sans raison apparente à seulement 42 ans; cf le chouette papier qui lui est consacré dans le So Foot spécial Euro 2016) et LE tube, repris à plusieurs reprises au cours du match:

« Please don’t take me home
Just don’t wanna go to work
Wanna stay here
Drink all the beer
Please don’t please don’t take me home »

Efficace.
Sans oublier l’hymne national évidemment, qui donne son titre à ce billet, repris une fois par mi-temps. Je suis pas très sensible aux symboles/démonstrations patriotiques ou nationalistes (euphémisme) mais putain… Frissons.
Soirée inoubliable, vraiment.

Groupe D

Croatie 2-1 Espagne

– Bon alors t’as le choix mon vieux. A gauche, c’est tout droit. Tu vas rencontrer des chatons, manger du caviar et à l’arrivée y a Charlize Theron. Elle t’attend. A droite en revanche c’est boueux, ça grimpe pas mal, y a rien à bouffer et il caille. A l’arrivée, y a Rossy de Palma. Ah oui j’oubliais : tu devras aussi porter ce maillot dégueulasse.
– Je vais réfléchir.
– Sérieux ?
– 2 secondes.
– Comme tu veux mais magne-toi.
– …
– Dépêche !
– Euh, je crois que je vais prendre à g…
– Trop tard : tu prends à droite, le mec au maillot Lustucru vient de te passer devant.

Groupe F

Hongrie 3-3 Portugal

Ce que j’aime pas non plus dans les 3èmes journées de poule, c’est qu’il faut faire un choix. J’aime pas faire des choix. Là j’ai donc opté pour cette affiche (l’autre était Islande 2-1 Autriche) et ma foi, je crois que c’était pas ma plus mauvaise décision. Quel match mes aïeux ! LE match pour l’instant, avec 20 minutes, à l’entame de la 2ème mi-temps, totalement folles (4 buts, 8 occasions par minute. De chaque côté). Les célébrations buteurs/supporters hongrois font toujours autant plaisir à voir. J’espère quand même qu’il n’y a pas trop de fachos dans leurs rangs…

Groupe E

Suède 0-1 Belgique

Isaksson, Kallstrom, Ibrahimovic: j’ai l’impression que la sélection suédoise n’a pas bougé depuis 25 ans. Note que ça s’est un peu senti au cours de cet Euro. Moins au cours de ce match, je le concède.

Allez, bye bye, tu me manqueras pas.
Allez, bye bye, tu me manqueras pas.

Super Furry Animals – Prairie des filtres, Toulouse

Quelques mots sur le concert « surprise » de mes Super Furry Animals chéris-adorés dans la capitale du patchouli à la violette. « Surprise » car je l’ai appris très tard et j’aurais pu facilement le manquer : ils étaient en effet à l’affiche du festival Rio Loco, noyés dans une programmation toujours aussi gargantuesque et fort peu granderemisesque.

Non parce que le festival Rio Loco… Comment dire? Comment dire sans me faire tomber dessus par le tribunal international de Genève s’entend… Tu es inscrit en fac de psycho, tu joues du djembé, tu portes un sarouel et tu milites pour une approche minimaliste de l’hygiène corporelle ? Tu vas à Rio Loco les yeux fermés, quelle que soit la programmation. Tu m’as compris.

Imagine donc ma surprise de voir les Gallois à l’affiche de cette édition 2016. Mais voilà, cette dernière était consacrée aux « Mondes celtes ».
Coïncidence heureuse, la sélection du Pays de Galles affrontait la Russie 2 jours après le concert, ce qui promettait donc une horde de supporters enthousiastes dans le public.

Les fans de foot gallois avaient bien devancé l’appel du match, mais au delà de mes prévisions : hallucinante ambiance digne d’un match dans le public avec évidemment plein de maillots, de drapeaux ornés du dragon rouge, et des chants ininterrompus, qui se sont prolongés longtemps après que le groupe avait quitté la scène. Complètement dingue et du jamais vu à un concert de rock en ce qui me concerne.

Evidemment, dans une telle atmosphère, le show en devenait presque anecdotique. Pas grave parce que
1. je les ai vus l’an dernier à Londres dans des conditions optimales pour leur reformation et c’était un des meilleurs concerts de ma vie (compte-rendu hagiographique ici)
2. l’ambiance était vraiment géniale
3. ils ont quand même vachement bien assuré

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C’était pourtant un concert de reprise, et la technique était pas toujours de leur côté: ça nous a valu un Bad Behaviour un peu bancal et un Golden Retriever tronqué. La setlist était joliment remaniée par rapport à l’an dernier: nettement plus électrique, avec davantage d’uptempos, forcément plus adaptés à la configuration « festival-plein air ». Idem pour les arrangements, parfois très différents de ce à quoi j’avais eu droit l’an dernier, avec notamment un Zoom! absolument terrible et un Mountain People toujours aussi émouvant. Paradoxalement, alors qu’ils étaient au programme d’un festival de musiques celtiques (pour faire court), ils n’ont donc joué qu’une seule chanson issue de Mwng, leur album en langue galloise (Dawc Hi, pas ma préférée) et à dominante acoustique.
C’était vraiment super de les revoir, sur une grande scène cette fois, ils y sont parfaitement à l’aise. Ils ont quand même 20 ans de carrière, ça va, ils déroulent les mecs… Et puis de toutes façons, livrer une performance irréprochable n’était pas la priorité pour le groupe je pense : ils jouaient quasiment à domicile et les « bonsoir Toulouse » et autres « merci beaucoup » prononcés avec un accent impeccable par Gruff, paraissaient presque incongrus : il aurait paru plus logique de s’adresser au public en gallois. L’essentiel n’était pas dans la prestation (même si elle était vraiment chouette encore une fois) : ils étaient visiblement surpris de cet accueil incroyable, de la présence d’autant de compatriotes; leur étonnement, leur joie et leurs sourires faisaient vraiment plaisir à voir.

Et vu le contexte, ils ont joué Bing Bong, bien sûr, l’hymne officieux du Pays de Galles pour cet Euro! (l’officiel a été composé par les pénibles Manic Street Preachers et sans l’avoir écouté, je pense que ça doit moins rigoler)

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En conclusion, l’inévitable The Man Don’t Give a Fuck (qui, je le rappelle là aussi, est génialement basé sur le génial Showbiz Kids des géniaux Steely Dan). Avé les fourrures bien sûr, et les postures de guitar-heroes. Là, dans le public, disons qu’il fallait aimer les jets de bière…
Mais c’était vraiment super, à tous points de vue. SFA OK !

Tenu éloigné du niveau des pros, je reviens agile comme Bebeto

Guette ma technique
Je suis physique
Numéro 1 au class’ment des tcha-tcheurs.

Toutes les sélections ont joué 2 fois. On attaque aujourd’hui les derniers matchs de poule.

Groupe A

Roumanie 1-1 Suisse

Je me demandais : le surnom de Gerard Piqué, c’est « Shakiro ». Mais si c’est Shaqiri qui sortait avec Shakira, il pourrait pas avoir le même surnom, ça serait moins « drôle » non? Et puis Shaqiri de toutes façons, c’est presque le pluriel de « Shakiro ». Je me demandais ça.

France 2-0 Albanie

Pogba et Griezmann remplaçants à l’entame donc. Complètement guedin le DD : depuis qu’il doit mâcher sa viande avec des chicots, il en a plus rien à foutre de rien. Il est fort quand même le bougre, on a l’impression qu’il a changé son système uniquement pour être conforté dans son choix initial.
Bien aimé le maillot albanais, qui est leur maillot away, sobrement original. Dur pour eux, et pour la seconde fois…

Groupe B

Angleterre 2-1 Pays de Galles

Les mecs nous collent l’une des plus belles affiches du 1er tour un jeudi à 15h… Je sais bien qu’on peut pas contenter tout le monde, qu’il y a les hasards du tirage au sort, les impératifs télévisuels blablabla mais y avait pas moyen d’inverser avec Ukraine-Irlande du Nord par exemple? Et si c’est la télévision qui dicte sa loi, Angleterre-Pays de Galles, c’est vraiment moins intéressant qu’Allemagne-Pologne pour un prime time ? Tsssss… Bah du coup j’ai rien à en dire parce que j’étais au bureau et que j’ai pu le suivre qu’en pointillé.

Groupe C

Allemagne 0-0 Pologne

L’affiche préférée des profs d’Histoire, des humoristes pseudo-polémiques et des amateurs de Scrabble (« Bla-szczy-kows-ki. Voilà, mot compte triple: 864 points »). Vraiment pas mal cette équipe polonaise. Je crois même que c’est celle qui m’a le plus plu jusqu’ici avec la Croatie.
Chez les Allemands, un peu agacé par Toni Kroos: je l’adore hein, c’est pas le problème, c’est l’un des joueurs les plus classieux à l’heure actuelle. Mais si ces prestations avec le Real sont toujours satisfaisantes (Kroos, c’est le mec qui n’est JAMAIS mauvais), j’ai toujours le sentiment qu’il est un peu en dedans, qu’il pourrait donner davantage (Kroos, c’est le mec qui n’est JAMAIS décisif). Ce qu’il fait avec la Mannschaft, avec laquelle il crève l’écran à chaque prestation. A un moment, je crois que c’est Götze qui fait un centre en retrait un peu aveugle dans la surface, et Kroos arrive comme un mort de faim pour tenter de reprendre le ballon en le taclant. Je suis pas sûr que la position et le rôle dans l’équipe, un peu différents, expliquent tout… Hey Toni, j’aimerais te voir reprendre des ballons dans la surface adverse avec le Real aussi, merde !

Groupe E

Italie 1-0 Suède

C’est rigolo cette équipe italienne caricaturalement italienne mais faudrait pas que ça dure trop longtemps quand même.

Groupe D

République Tchèque 2-2 Croatie

Pendant 70 minutes je me suis régalé, vraiment et j’ai espéré encore plus fort que l’Espagne tape la Turquie ensuite, pensant que dans le cas contraire, ça serait vraiment coton de jouer sa qualification contre les Croates. Quels joueurs bordel… Ces mecs puent le foot, c’est incroyable. Et puis ils nous ont fait la spéciale Yougo : Modric qui sort à la 60ème comme s’il restait que 5 minutes et qu’ils menaient 4-0 (ok, il a préféré prévenir une blessure plus grave mais quand même), des supporters débiles qui se croient au stade Maksimir, un mental en mousse et hop, 2 buts de remontés. Mais c’est aussi pour ça qu’on les aime.

Perisic et sa carte de la Croatie. Qu'il a rasée.
Perisic et sa carte de la Croatie. Qu’il a rasée.

Espagne 3-0 Turquie

RE-GA-LADE. La cacamiseta Desigual contre la Croatie donc, puisque c’est cette dernière qui « recevra ».

Groupe E

Belgique 3-0 Irlande

Je me demande si les Belges ne sont pas tout simplement un peu nuls, en fait. Et c’est pas la branlée infligée à des Irlandais d’une faiblesse insigne qui me fera écrire le contraire. Sur le plan de l’expression collective, c’est d’une pauvreté… En tout cas j’ai complètement revu mon opinion sur cette sélection, qui faisait partie de mes favorites avant le début de la compétition.

Groupe F

Islande 1-1 Hongrie

Ca c’était vraiment une affiche de pervers… Du genre dont on ne retrouve le résumé que sur le darknet. Mais c’était pas mal, principalement en raison du public, très chaud et enthousiaste des 2 côtés, qui a su faire vivre le match.

Portugal 0-0 Autriche

Le Portugal, c’est un peu l’Espagne d’avant 2008, l’Espagne d’avant la gagne. Des individualités confirmées (on les connaît), des joueurs intéressants qui se révèlent à chaque nouvelle compétition internationale (André Gomes, William Carvalho ici), une grande qualité technique, de la cohésion, de la volonté… et aussi de la maladresse, de la malchance, des manques. Cette sélection a besoin d’un déclic et le problème c’est qu’on le sent pas venir.

Fratelli d’Italia, l’Itaaaaaaaaaliaaaaaaaaaa s’è deeeeeeeeeesta

Suite du débrief de l’Euro 2016 sur Grande remise au premier poteau. Toutes les équipes ont joué une fois.

Groupe D

Espagne 1-0 République Tchèque

Pas sûr que j’écrive beaucoup sur les matchs de l’Espagne, ce sont des matchs qui ont pour vertu essentielle d’anesthésier mon second degré et mon sens de l’humour. Voici donc, pour meubler, le maillot away de la Roja, une immondice probablement gerbée par un styliste cubiste de Desigual.

Non mais sans déconner.
Non mais sans déconner.

Groupe E

République d’Irlande 1-1 Suède

Dans les tribunes, le match qui sera cité en exemple à l’heure du bilan, l’anti Angleterre-Russie : d’un côté de beaux blonds propres et polis (les mecs semblent rangés en tribune, comme sur une étagère Billy), de l’autre de vilains roux à l’alcool joyeux, qui ont bien compris qu’il fallait faire le spectacle pour tenter de masquer l’inanité de leur équipe de foot. J’exagère un peu bien sûr, ils étaient pas si nuls que ça mais quand ton joker offensif se nomme Robbie Williams Keane, 76 ans, 482 sélections…

Belgique 0-2 Italie

Le défi du lundi c’était quand même d’arriver à caser l’épisode de Game of Thrones de la semaine au milieu de 3 matches. Comme dirait le héros de About a Boy de Nick Hornby, avec tout ça, je sais pas comment font les gens pour travailler (j’avais posé mon lundi, merci le Front Populaire).
Le fait du match, c’est le sort subi par la plus belle coupe afro du football international.

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Ouais, t’as fait une connerie là mon vieux.

Bon allez j’arrête de faire le malin: c’était LE match-frisson de ce début de compétition avec, comme d’habitude lorsqu’elle a une sélection faiblarde sur le papier, une Squadra Azzura incroyable d’unité, de volonté, d’abnégation et, au final, de qualité. Un exemple pour toutes les sélections mais particulièrement pour son adversaire du jour bien sûr, aux grandes individualités incapables ou presque d’une expression collective satisfaisante.
Enfin, dans ce Belgique-Italie en particulier, la preuve ultime que l’axiome  football offensif = de gauche / football défensif = de droite, ne tient pas une seule seconde. Le football de gauche, c’est définitivement le football défensif, qui fait appel aux vertus de sacrifice, de solidarité, d’organisation, de planification même. Le catenaccio sera le genre humain.

Groupe F

Autriche 0-2 Hongrie

Une affiche qui sentait bon la Mitteleuropa, Stefan Zweig, les monocles, le Vieux Monde et les valeurs surannées (oui, Sissi aussi). Un truc pour les dandys et les esthètes. Bon, on a pas atteint un tel degré de raffinement mais c’était une chouette confrontation. Et puis c’est très con mais j’adore, vraiment, quand un joueur va fêter son but avec les supporters. C’est une scène à laquelle on assiste de moins en moins, ça m’a fait très plaisir de la revoir.
Enfin, ce match m’intéressait pour le gardien hongrois, connu pour évoluer en bas de survêtement informe, ainsi que pour son grand âge pour un footballeur de haut niveau, 40 ans. Il y a dans le superbe bouquin que l’excellent Thibaud Leplat a consacré à Guardiola (Guardiola, éloge du style , après celui consacré à Mourinho), quelques lignes absolument magnifiques, sur ce point de bascule, crucial, bien connu de tous les amateurs de football qui se respectent, un instant tu et profondément intime, à partir duquel l’amateur de football donc, va nourrir une petite douleur sourde et diffuse, foncièrement mélancolique. Ce moment c’est celui qui voit ses joueurs favoris devenir irrémédiablement plus jeunes que lui. Avec ce moment s’envole un peu plus chaque année cette part d’identification bêta, de fantasme débile, mais essentiel encore, qui lui faisait pensait au fond que « ça serait encore possible de jouer finalement ». Thibaud Leplat non seulement met le doigt sur une caractéristique essentielle du fan de foot, sur un moment qui est celui d’une rupture définitive avec l’enfance, mais le fait de manière extrêmement fine et délicate.
Et donc voilà, cet Autriche-Hongrie m’a rappelé que j’avais 43 ans, que mes joueurs favoris étaient beaucoup plus jeunes que moi depuis bien longtemps mais que lui, Gabor Kiraly, avait « seulement » 40 ans.

Et en plus il est chauve.
Et en plus il est chauve.

Portugal 1-1 Islande

Une affiche qui sentait pas bon le poiscaille : bacalhau vs atlantshafsporskur. La morue quoi.
Une image, géniale, au cours de ce match : après le but de Nani, tous les joueurs portugais se retrouvent autour de lui pour le congratuler et célébrer l’ouverture du score. Joao Mario s’approche de la mêlée et, ne pouvant atteindre le principal intéressé, tend sa main vers Cristiano Ronaldo, en mode high five, tout en marquant un léger temps d’hésitation, jusqu’à ce que Son Altesse Sérénissime le tolère d’un hochement de tête, lui signifiant par là même son consentement: « mouais ok, vas y, tape m’en 5 toi aussi ». Génial.

Oh les champiooooooons, oooooooon est tous ensemble

Puisque c’est l’Euro
Puisqu’il a lieu en France
Puisqu’il faut varier les plaisirs
Et puisqu’il est plus facile et rapide d’écrire n’importe quoi sur du foot que des choses intelligentes sur Julieta ou Elle, j’ai décidé cette fois-ci de balancer mes réflexions sur chacun des matches que j’aurai maté. En somme, pendant un mois, Grande remise devient Grande remise du plat du pied.
Bon, on verra si j’arrive à m’y tenir parce que je compte en mater beaucoup.

Bilan du weekend :

Groupe A

France 2-1 Roumanie

Alors oui, c’était juste UN match, c’était juste la Roumanie mais ça faisait très longtemps que j’avais pas vu un joueur survoler les débats de cette façon. Chacune de ses interventions était décisive. En mode Zidane contre le Brésil en 2006 le Payet.
Big balls on la Dèche qui n’hésite pas à sortir ses 2 stars supposées (Griezmann et Pogba, bien contrariés tous les 2) pour laisser toute la place à l’homme du jour (Dimitri Payet donc), permettant également à ses 2 juniors de remettre en cause la hiérarchie supposée (Kingsley Ronald Coman ça va ? et Anthony David Martial Gayant, tous les deux bien en canes).
Défense über-lolesque quand même. Et ça n’était donc « que » la Roumanie.

"J'ai pas touchaõ"
« J’ai pas touchaõ« 

Albanie 0-1 Suisse

Christian Jean-Pierre aux commentaires nom de Dieu ! The C to the J to the P ! Pensais qu’il avait été viré moi. Il m’a pas manqué sur le match de la France, faut pas déconner mais je lui souhaitais pas le chômage non plus le pauvre. Seulement, vicieuse, la direction de TF1 lui a collé Rudi Garcia dans les pattes. Je l’aime bien Rudi Garcia, y compris pour des raisons extra-patronymiques mais il est bavard le bougre. Très bavard. On entendait plus que lui ! A la limite de la logorrhée même. Pauvre CJP… Il galérait avec les réponses mono-syllabiques d’Arsène Wenger, on lui colle son exact opposé. Next stop, Eurosport.

Groupe B

Pays de Galles 2-1 Slovaquie

Manifestement décidés à laisser leur empreinte sur la compétition, les Slovaques mettent la barre très haut, entre un maillot immonde et quelques mines moyennement kawaii qui n’auraient pas dépareillé les contingents de bad guys dans 24h Chrono.
Et ça s’est traduit sur le terrain par une vraie défense de bouchers, notamment de Skrtel. Incompréhensible qu’il ait pu terminer le match (il a seulement pris un jaune… à la 92ème minute !). Content donc pour le Pays de Galles et pour son magnifique public. Touchant aussi de voir la joie de Gareth Christian Bale de jour (oui, ça va être ça pendant un mois) au coup de sifflet final, comme s’il venait de remporter la Ligue des Champions.

Profession : défenseur central / équarrisseur de chatons mignons.
Martin Skretl, profession défenseur central / équarrisseur de chatons mignons.

Angleterre 1-1 Russie

Malgré Denis Balbir et Jean-Marc Ferreri aka la pire doublette de commentateurs à l’Ouest de Thierry Roland, un chouette mach, intense et plein d’allant. Quelle ambiance de dingo sur le but de l’Angleterre nom de Dieu ❤ Je trouve toujours cette sélection foireuse et surestimée (même si cette année…) mais bordel, on lui doit toujours des moments sublimes. Angleterre-Pays de Galles jeudi après-midi va être génial ! (tous en RTT).

Groupe D

Turquie-Croatie

Affiche silky smooth entre les bouillants turcs et les esthètes croates. Les Vrais savaient, ils étaient devant leur écran. Et… ils se sont un peu fait chier. Beaucoup d’intensité, d’engagement mais un jeu beaucoup trop hâché. Très content que Modric ait marqué, c’est mon jouôr préféré depuis le départ de Mesut Özil à Arsenal (comment t’as pu me faire ça Mesut?). Crochets, accélérations, jeu long, extérs : il a encore régalé le David Guetta des Balkans.

"Quelle belle image !"
« Quelle belle image ! »

A noter enfin qu’au Challenge Grande remise de la coupe de cheveux la plus dégueulasse, le croate Perisic a pris une longueur d’avance : en effet, le facétieux latéral s’est fait dessiner sur les tempes, d’un côté son numéro, le 4, et de l’autre, la carte de la Croatie. N’importe quoi.

Groupe C

Pologne 1-0 Irlande du Nord

Je suis allé voir Ma Loute en fait.

Ah ben non, je suis allé voir Ma loute en fait.

Allemagne 2-0 Ukraine

Les futurs champions d’Europe en rodage. Deutsche qualitat. Tellement carré, tellement allemand que j’ai rien à dire en fait.