Fargo – critique

« Lorne Malvo », tueur à gages et manipulateur hors-pair, verse le sang sur son passage. Notamment dans une petite ville du Minnesota, en émoi suite à quelques cadavres laissés ici et là. Très futée, l’adjointe Molly Solverson mène son enquête. Parviendra-t-elle à faire éclater la vérité ? (Allocine.fr)

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Chouette visuel promo

Fargo la série n’est pas une relecture du film des frères Coen. Elle n’en est pas non plus le prolongement. Ni le prologue. Ni complètement autre chose. Mais elle est aussi un peu tout celà à la fois et c’est bien là son problème : elle a constamment le cul entre 2 chaises, ne sachant pas véritablement où se situer (ou peut-être que si : peut-être que tout celà est entièrement voulu mais à ce moment là c’est raté à mon sens). Elle se résume à une sorte d’exercice de style, de variation autour des principaux motifs du film et ça la limite grandement.

Les 3 premiers épisodes sont relativement embarrassants : malgré une bonne réalisation/écriture/interprétation, ils multiplient les clins d’oeil ou références au film et on ne sait trop quoi en penser. Certaines scènes sont reproduites à l’identique, ou quasiment, je ne comprends pas. C’est vraiment too much, la série ferait mieux de se concentrer sur ce qu’elle essaie de construire (une intrigue tirée d’un fait divers assez proche). Même si le personnage de Billy Bob Thornton (aka Le Mal) n’est qu’un décalque de celui de Javier Bardem dans No Country for Old Men : froid, sauvage, absurde, existentiel, Coenien.

Ca se suit finalement, c’est du travail bien fait évidemment mais j’ai l’impression qu’en les empilant sans fond ni réelle maîtrise, dans un simple souci d’accumulation et de connivence avec le spectateur, la série révèle les tics des Coen dans ce qu’ils peuvent avoir de plus agaçant pour leurs détracteurs. Un genre de worst of, superficiel et volontariste, comme son titre : « Fargo » uniquement pour raccrocher les wagons, évoquer un univers déjà clairement identifié et familier, alors que la ville en elle-même n’a quasiment aucune importance dans l’intrigue (celle-ci se déroule à Bemidji mais forcément, ça sonne moins bien).

Mais ça se suit oui, jusqu’au bout et même si on se dit qu’il y avait quelque chose à faire de la place de la femme dans ce monde là (elles sont soit absentes soit mortes, quasi-systématiquement mais la série n’en fait rien évidemment), l’intrigue est suffisamment prenante pour qu’on aille sans trop de peine au bout des 10 épisodes.

Finalement, Fargo, la série, restera toujours dans cet espèce d’entre-deux qui l’empêche d’accéder à la 1ère division : plus longue, plus fouillée, elle existe déjà, elle s’appelle Breaking Bad. Plus courte, plus sèche, plus elliptique, elle existe aussi : c’est Fargo, le film des frères Coen.

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