Cogan, Killing Them Softly – critique

Un escroc à la petite semaine flaire le coup parfait: dévaliser un tripot tenu par un mec (Ray Liotta) qui s’était braqué lui-même quelques années auparavant sans se faire gauler. Sauf que, hyper fier de son coup, il l’avait finalement fait savoir sous le coup de l’euphorie et d’un coup dans le nez… Donc si le même coup se reproduit, on pensera forcément que ça vient encore de lui et il paiera en lieu et place des coupables réels.

Ca démarre donc très bien, comme une bonne petite série B jouissive: l’ambiance crandingue/poisseuse, les personnages pathétiques, le pseudo coup parfait qui flaire la catastrophe à plein nez. En gros, l’intrigue marche dans les pas des frères Coen, avec un traitement plus formaliste encore et auteurisant.

Sauf qu’Andrew Dominik (qui avait déjà commis le lourdingue Assassinat de Jesse James, je l’ai su qu’après sinon je me serais davantage méfié) il vise pas la bonne petite série B jouissive. Non lui, son truc, c’est de réaliser un Grand Film. Un truc pour la postérité. Avec un propos derrière et tout. Alors il se sent obligé d’étirer ses scènes de manière signifiante, prenant le risque de flinguer une fois sur deux d’excellents dialogues, se croyant obligé surtout, de parasiter sa classique mais solide intrigue par des inserts de discours de politique intérieure américaine, censés éclairer ou illustrer cette chronique du banditisme ordinaire et minable. C’est très prétentieux et surtout, ça ne sert à rien… Complètement inutile.

Il a pris, le Brad...
Il a pris, le Brad…

Alors tout n’est pas mauvais, on passe même un assez bon moment selon notre seuil d’indulgence. Les dialogues, encore une fois, sont excellents. L’intrigue, bien carrée comme il faut, enchaînement de péripéties certes un peu prévisible mais efficace (comme je dit toujours, « sans suprise » signifie aussi « sans mauvaise surprise »). Les acteurs font leur numéro avec compétence (Ray Liotta, les 2 losers qui font le casse, Brad Pitt, toujours parfait dans les rôles de kéké) voire brio (James Gandolfini, génial, même s’il a il est vrai hérité des meilleures lignes). Les scènes de baston/meurtre, un peu racoleuses peut-être ont néanmoins le mérite de faire passer le message, graphiquement mais aussi via la bande-son (le bruit des coups!).

En revanche utiliser Heroin du Velvet pour illustrer une scène de shoot d’héroïne… Tu te demandes d’abord si c’est pas ironique, si y aurait pas un 2ème niveau de lecture mais non, malheureusement: il utilise bien, au premier degré, Heroin du Velvet pour illustrer une scène de shoot d’héroïne… Purée…
Et surtout, surtout, ces putains de discours de politique intérieure US bon sang! Alors qu’ils nous avaient foutu la paix pendant un moment, qu’on croyait en être débarrassé, il en remet une couche le Dominik, il trouve son idée vraiment géniale et il veut qu’on comprenne bien (qu’on comprenne quoi d’ailleurs? Qu’il est relou? Ca, c’est bon) donc il termine son film là-dessus. Dommage…

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