Vice – critique

Fin connaisseur des arcanes de la politique américaine, Dick Cheney a réussi, sans faire de bruit, à se faire élire vice-président aux côtés de George W. Bush. Devenu l’homme le plus puissant du pays, il a largement contribué à imposer un nouvel ordre mondial dont on sent encore les conséquences aujourd’hui… (Allociné)

En retraçant la trajectoire politique de Dick Cheney au cours de la fin du XXème siècle, Vice s’attache à démontrer comment le 11 septembre 2001 a été ce point de bascule qui a permis à une poignée de fdp (pardon mais difficile de le formuler autrement) de légitimer des lois et actions liberticides, en contribuant à modeler notre (dés)équilibre géopolitique actuel, tout en s’en mettant plein les fouilles pour faire bonne mesure. Dick Cheney donc, mais aussi Donald Rumsfled, Karl Rove, Paul Wolfowitz et quelques autres, soit la garde rapprochée d’un George W. Bush plus dépassé et instrumentalisé que véritablement incompétent.

Tout ça, quiconque ayant vécu les événements décrits dans le film, le savait déjà : la falsification éhontée de documents afin de prouver la présence (totalement fausse, donc) d’armes de destructions massives en Irak, la hausse spectaculaire de l’action et des profits d’Halliburton, l’entreprise pétrolière donc Cheney est resté PDG malgré son poste de vice-président à la Maison Blanche, les arrestations arbitraires de prétendus terroristes et les actes de torture de l’armée américaine commis à l’encontre de la convention de Genève à Guantanamo (notamment) etc etc on connait.
Une quinzaine d’années après les faits (en gros), les auteurs de Vice ont encore plus de cartouches à mettre dans leur barillet et ils ne s’en privent pas: multiplication des sources, images d’archives, issues notamment du flot ininterrompu des chaînes d’info, reconstitutions, le montage, brillant, créé un tourbillon d’informations très efficace et d’une fluidité remarquable. Le tout avec humour, dans la lignée de shows d’infotainment dont Jon Stewart, Stephen Colbert et John Oliver se sont faits les spécialistes outre-Atlantique (ici on a Yann Barthès). Rien à dire, c’est très efficace et même, pourrait-on dire, brillant (d’ailleurs on le dit volontiers si j’en juge par l’accueil critique, très positif). Vice met également en lumière la ficelle théorique derrière les actes, via le concept d’ «éxécutif unitaire», interprétation subjective de la Constitution américaine utilisée par Cheney et ses sbires, qui n’est ni plus ni moins qu’une légitimation d’un pouvoir tyrannique et dictatorial.

Alors pourquoi je suis pas convaincu?

Je le suis en réalité : Vice est brillant, à la fois drôle, divertissant, bien informé et édifiant. Cette fois, contrairement à The Big Short, Adam McKay trouve la bonne distance et n’est jamais fasciné par son sujet: Cheney et sa clique sont des ordures réactionnaires, le film a beau être régulièrement assez drôle et décrire les faits avec une distance ironique, il ne laisse aucun doute là dessus. En conclusion, la gangrène atteindra jusqu’à la cellule familiale, seule oasis d’humanité préservée durant tout le film (ou presque donc): son plus beau coup de pute, sa crasse la plus immonde, Cheney la réserve à sa propre fille. Révélation divulguée après un très habile montage parallèle entre cette affaire familiale (que je ne dévoilerai pas) et une opération de transplantation cardiaque qui se conclue sur une image concrète et symbolique à la fois, celle d’un cœur mort. C’est sans appel.

Mais alors, qu’est-ce qui cloche bon sang d’une pipe en bois?

« C’est pas toi, c’est moi »: j’en ai tout petit peu ras le cul de ces films de monteur. Ca me fatigue, tout simplement. Voix off, images arrêtés sur voix off, inserts, images d’archives, faux générique de fin, vrai générique de fin méta etc etc. Ca me fatigue. Des «films de monteur», ou un «style Scorsesien», peu importe comment on le nomme. Ca me fatigue et je trouve ça un peu ringard en vérité, un peu dépassé en 2018. Bon, c’est personnel.

Autre chose: c’est un détail mais, et même si l’énergie du film parviennent à le faire oublier, j’ai mis du temps à passer outre les maquillages et postiches dont sont affublés tous les acteurs du film: Steve Carell 57 ans, et qui interprète Donald Rumsfeld, est censé avoir 40 ans, voire un peu moins lors de sa 1ère apparition à l’écran, puis 70 à la fin du film. Christian Bale, 45 ans, interprète de Dick Cheney donc, a moins de 30 ans lors de son arrivée à Washington. Quelques scènes nous le montrent même alors qu’il était étudiant, dans sa vingtaine donc. Idem pour Amy Adams (qui interprète la femme de Cheney).

Là il est censé avoir 30 ans par exemple.

C’est sans doute futile mais ça m’a gêné. Evidemment, si le film m’avait totalement emballé, je serais passé outre mais tu sais ce que c’est, quand on ne l’est pas (emballé), on a tendance à bloquer sur le moindre détail.

Et puis quelque part, ça m’emmerde un peu qu’Adam MacKay soit devenu un cinéaste mainstream. OK, il a le bon goût de garder une certaine impertinence et de ne pas avoir fait son Tchao Pantin (pourvu que ça dure…) mais il aura beau récolter les lauriers de la critique, du public, des Oscars (Vice a obtenu 8 nominations et il fait un candidat aussi sérieux que légitime), il restera toujours pour moi le binôme de Will Ferrell et l’immortel auteur d’Anchorman, de Talladega Nights et de Frangins malgré eux.

Enfin, malgré ça et malgré tout (ma relative lassitude voire mon agacement ponctuel face à des procédés de mise en scène décrits plus hauts), c’est un film que je recommande.

#37 Retour à la fac

retour-a-la-fac

Mitch, Frank et Bernard, trois adultes mécontents de leur vie personnelle, décident de retrouver l’ambiance de leurs années de fac en reformant une confrérie. Délaissant leurs compagnes respectives, ils renouent avec les joies du campus. (Allociné)

Comme je le disais à propose de Frangins malgré eux, le concept un peu fourre-tout de neo-comédie pourrait se résumer par le questionnement suivant : comment concilier âge adulte, voire mûr (les protagonistes sont souvent des trentenaires voire quarantenaires) et aspirations adolescentes ?

Avant le génial film d’Adam McKay, Retour à la fac, Old School en vo, se posait la même question et tentait d’y répondre sur un mode plus potache, voire même plus bourrin voire même un peu hétéro-beauf sur les bords (c’est le problème avec Todd Phillips, j’y reviendrai). Mais putain que c’est drôle !

Le film réunit en outre un trio de Frat Packers de haute volée avec Luke Wilson, Vince Vaughn et bien sûr Will Ferrell dans un de ses rôles les plus mémorables. Du coup:

Dans le même registre je recommande :

Starsky & Hutch, autre comédie signée Todd Philips, avec le duo Ben Stiller et Owen Wilson (Vince Vaughn dans le rôle du méchant). Vraiment chouette, à la fois drôle, malin, respectueux de l’original et le remettant bien au goût du jour, c’est un film rarement cité comme une réussite et je ne comprends pas pourquoi. Génial petit rôle pour Will Ferrell en taulard-indic pervers.

Ce qui m’amène à

Les Rois du patin et Semi-pro : pas dans les plus grandes réussites du genre mais rendus indispensables par les interprétations totalement dingues de Will Ferrell.

Ce qui m’amène à

Serial Noceurs : film que je trouve assez moyen pour ne pas dire plus (ou moins en l’occurrence) mais dans lequel Ferrell vole la vedette en quelques minutes:

A la limite, là, t’as vu tout ce qu’il y a à voir dans ce film.

#4 Anchorman – Présentateur vedette : la légende de Ron Burgundy

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Dans les années 70, Ron Burgundy est présentateur vedette à la télévision locale de San Diego. Quand le féminisme entre à la rédaction sous la forme de la présentatrice ambitieuse Veronica Corningstone, Ron se montre tolérant tant que cette dernière reste à sa place. Mais quand celle-ci se campe derrière le bureau des actualités, une véritable guerre se déclenche entre les deux journalistes… (Allocine)

Tu sais quoi ? Parfois les choses sont bien faites. Ainsi, ce top 4 figurerait certainement dans le top 5. Il s’agit en outre d’une comédie avec Will Ferrell, mon héros et maître absolu en la matière, et acteur le plus représenté dans ma sélection.

Anchorman est un film génial car

– il réunit plusieurs piliers de la neo-comédie : Ferrell donc mais aussi Paul Rudd, Steve Carrell, Vince Vaughn et David Koechner aka le-chauve-un-peu-vulgaire-qu-on-sait-jamais-comment-il-s-appelle.

– Son action se situe dans les années 70, terreau fertile pour la comédie (moumoutes, postiches, décalages sociétaux et tout le tintouin) et dans le milieu de la télévision (dont le cinéma aime toujours gentiment se moquer).

– Y a plein de guests très cools dans une séquence mémorable.

– Y a Christina Applegate pour laquelle j’avoue avoir un petit faible, et qui est une super actrice de comédie.

Will Ferrell évidemment, qui trouve dans le personnage de Ron Burgundy le vecteur parfait pour le personnage qu’il a créé et perfectionné au fil des années et qu’il interprète mieux que personne, celui du type très con et sûr de lui.

Je connais ce film par cœur, ses répliques me viennent en tête n’importe où, n’importe quand, dans la rue, chez moi, en réunion. Je peux le revoir à l’infini. « Hey, lady in the red hat, yeah! »

Ca y est, j’ai envie de le revoir…

Dans le même registre, je recommande :

Ricky Bobby, roi du circuit
Anchorman 2
à un degré moindre Very Bad Cops
soit les autres collaborations de Will Ferrell avec son binôme, le réalisateur Adam MacKay.
J’omets volontairement leur chef d’oeuvre, Frangins Malgré Eux, j’y reviendrai plus en détail.

A Deadly Adoption / Grossesse sous surveillance – critique

C’est un téléfilm donc je ne l’inclurai pas dans mon bilan cinéma annuel. Mais ça mérite quelques mots car c’est un « objet » vraiment unique.

Le pitch: Un couple s’attache les services d’une jeune femme, afin qu’elle soit la mère porteuse de leur enfant. Ils l’accueillent chez eux, mais l’innocence de la future maman est trompeuse… (Allociné.fr)

Il s’agit en réalité d’une parodie de ces téléfilms comme on peut encore en voir tous les après-midis sur TF1 ou M6 notamment, à base de familles parfaites et parfaitement heureuses, victimes un jour d’un drame terrible (maladie incurable de la maman ou du petit dernier) ou jouets d’une baby sitter maléfique en quête de vengeance.

Mais c’est une parodie d’un genre très particulier puisqu’on serait bien en peine d’y déceler quelque décalage que ce soit. On se situe donc davantage dans le registre du pastiche, mais là aussi, d’un pastiche qui tiendrait carrément du copié-collé.

Tout répond en effet aux canons du genre : A Deadly Adoption aligne les poncifs du genre avec une science consommée et une application remarquable. Rien, absolument rien ne manque : ouverture plan aérien avec la petite musique qui va bien, maison de rêve, couple idéal (lui, auteur à succès, elle, tient un stand de produits bio dans leur petite ville proprette), drame « fondateur » (enceinte de leur 2ème enfant, elle le perd suite à un accident sur le ponton du lac au bord duquel ils vivent; le 1er, une adorable gamine évidemment blonde comme les blés, souffre de diabète, ET JE TE PRIE DE CROIRE QUE CA AURA SON IMPORTANCE A UN MOMENT), arrivée de la mère porteuse forcement suspecte (elle est brune, jeune et bonne, si ça c’est pas suspect), meilleur ami de la mère forcément gay, twist de la mort, répliques entendues mille fois (« How could you do this to our family? », « I’m your new mommy now ») etc etc jusqu’à l’inévitable happy end et l’indispensable carton final « inspiré d’une histoire vraie ». Vu et revu mille fois, hyper prévisible. Zéro gag, zéro second degré.

Alors quoi ? Pourquoi s’intéresser à ce qui ressemble, de près comme de loin, à une grosse daube ? Et surtout, pourquoi ça serait une parodie ?
Parce que les rôles principaux sont tenus par Kristen Wiig et Will Ferrell bien sûr (et que c’est produit par Adam McKay, le binôme de Ferrell).

a deadly adoption
Alors évidemment, tout ce qu’on voit à l’écran est à recevoir très différemment… Et là où ils sont décidément très forts, c’est qu’ils jouent le jeu à fond, sans jamais montrer de signe qu’ils s’adonnent à un exercice parodique encore une fois : si quelqu’un regarde A Deadly Adoption sans rien savoir d’eux, il ou elle croira à un véritable téléfilm Lifetime (la chaîne qui les diffuse principalement aux Etats-Unis, et qui l’a diffusé il y a quelques mois; un genre de Téva pour faire court). Ferrell est parfait en père de famille vertueux et successful, Wiig impeccable en housewife comblée puis bafouée mais, mère courage, prête à tout pour sauver sa famille. Tout juste peut-on noter que Ferrell arbore une fausse barbe un peu grossière mais ça aussi ça fait souvent partie du cahier des charges du genre. Wiig déploie quant à elle une garde robe absolument irréprochable de soccer mom 2.0.

Le radicalisme de la démarche amuse donc mais impressionne aussi pas mal : si aucun signe, manifeste ou pas, ne dévoile le caractère factice et parodique de l’entreprise, où est-ce qu’on se situe ? On peut légitimement penser aux happenings d’Andy Kaufman, à une video d’art contemporain même, pourquoi pas ?

A Deadly Adoption offre aussi un aperçu de ce qu’aurait pu être la carrière de ces 2 génies comiques s’ils avaient décidé, comme bon nombre de leurs congénères avant eux, de donner à leur carrière un virage dramatique (connu en France comme « syndrôme Tchao Pantin« ).
A défaut, et en optant à l’opposé pour le franchissement d’un nouveau palier via un geste purement gratuit et théorique, il est une nouvelle preuve que ces 2 là peuvent tout se permettre et qu’ils sont décidément très, très au-dessus de la mêlée.

Top 2014 – cinéma – j’ai aimé – 1ère partie

J’ai aimé nettement plus de films en fait. Numbers don’t lie (37 vs. 14). Et après on dit que je suis méchant, aigri et j’en passe. C’est vous les méchants. Vous, les ronds de cuir.

Ici donc, des films parfois plus mauvais que ceux de mon billet précédent mais que j’ai aimés. A l’inverse, certains sont peut-être meilleurs que ceux de mont top 10 mais je les ai « juste » aimés.
Je découpe en 2 parties sinon ça va faire un gros pavé indigeste. Comme ça ça fera 2 petits pavés indigestes. Plus le top 10.

37. Fiston

Mauvais bien sûr (Kev Adams + Frank Dubosc, un genre de cauchemar absolu) mais pas catastrophique. Disons qu’y a 2-3 vannes… Disons que j’étais bien luné… Disons que jesuistropbonclientpourcegenredefilms. A noter Helena Noguerra dans un rôle de pure MILF, preuve que le temps passe pour tout le monde.

 

36. Prêt à tout

Je garde un très bon souvenir des Gamins, le « premier » film de Max Boublil. J’étais donc relativement motivé (au sens où j’avais davantage envie de le voir que, mettons, Winter Sleep). C’est pas nul mais c’est beaucoup plus sage, avec des situations, des gags plus convenus et traités de manière nettement moins audacieuse. Y a de bons passages quand même, c’est sympathique. Je dis toujours la même chose, d’ailleurs je l’ai redit pas plus tard que juste au-dessus mais c’est tellement ça que je vais le reredire encore une fois : je suis trop bon client pour ce genre de films.

Sooouuuuuuuuuuuuus le sol-ei-ei-ei-ei-ei-eil
Sooouuuuuuuuuuuuus le sol-ei-ei-ei-ei-ei-eil


35. Le crocodile du Botswanga

Bah ouais : vu un peu en désespoir de cause sur la foi d’un simili pseudo avis vaguement positif et en fait je me suis bien marré. N’Gijol, que je trouve médiocre en stand up, a quand même un abattage assez formidable dans son rôle de dictateur de république bananière. Nan sérieux, c’est pas mal…

 

34. Fast Life

Et du coup je suis allé voir son film à lui (à Thomas N’Gijol). C’est pas un « bon » film non plus évidemment mais ça se démarque clairement des comédies que le cinéma français nous pond au kilomètre (et dont je suis parfois client, voir ci-dessus mais c’est pas le problème). N’Gijol a une grosse qualité selon moi, LA qualité essentielle à un bon comique même: il n’a pas peur du ridicule, ni d’endosser le mauvais rôle. Pas dans une posture auto-dépréciative « sacrificielle » et narcissique qui créerait l’empathie : non, ici il joue un vrai connard, irrécupérable. Ca me fait penser à ces mots très justes du grand Chris Esquerre qui disait que la majorité des comiques français se donnaient toujours le beau rôle au fond, ne voulaient pas passer pour des blaireaux, qu’ils se prenaient pour des rocks stars alors que l’essence même du comique, c’est le ridicule (et ne pas en avoir peur donc). Eh bien Thomas N’Gijol a au moins ce mérite de pratiquer son art sans se brosser ni lui ni son public dans le sens du poil pour s’attirer ses faveurs (au public). Je me suis perdu dans cette dernière phrase.

Là pour le coup il est pas mal Olivier Marchal
Là pour le coup il est pas mal Olivier Marchal

 

33. Dragons 2

Très fan du 1er, que j’ai d’ailleurs revu avec grand plaisir. Celui-ci tombe dans le piège classique des suites en rajoutant beaucoup trop de tout : de spectaculaire, de personnages, de blagues, de sentiments et enfin de minutes (une grosse vingtaine à sabrer ici). A mi-parcours néanmoins, il se passe un truc assez étonnant (que je ne dévoilerai évidemment pas) et consécutivement, le traitement appliqué à la description du couple et de la cellule familiale prouve que les auteurs sont quand même un peu au-dessus de la mêlée. Visuellement et plastiquement, c’est une merveille.

 

32. Des lendemains qui chantent

Très sympathique ce film. Ici.

 

31. Situation amoureuse : c’est compliqué

J’ai dit et redit tout le bien que je pensais, que je pense toujours d’ailleurs, de Radiostars, petit jalon de la neo-comédie française. On a ici affaire à la même équipe, à la différence que Romain Lévy, son réalisateur, se contente de l’écriture et d’un bref second rôle, Manu Payet assumant un vrai premier rôle (Radiostars était un film de bande) ainsi que la réalisation. Et c’est vraiment pas mal. Moins potache, plus mélancolique, avec de vrais bons passages de comédie et de « romance » à la fois. Et surtout, surtout, le génial Jean-François Cayret (le mec qui veut être surclassé dans la pub Volkswagen) dans un rôle bien écrit à la base mais dans lequel il crève l’écran.

 

30. Sin City 2

Pas du tout envie de le voir à la base et puis je l’ai chopé un peu par hasard et finalement j’ai passé un très bon moment. Une pure série B, ni plus ni moins, qui connait ses limites mais remplit parfaitement son cahier des charges. Eva Green y est biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip, ce qui ne gâche rien.

Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip
Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip

 

29. Anchorman 2

Si un jour je fais un top comédies sur le modèle de mon top 100 musique (faudrait que je me retrouve au chômage pour ça mais bon), Anchorman (Présentateur vedette : la légende de Ron Burgundy) sera très très haut. C’est avec Dumb and Dumber, Supergrave et 40 ans, toujours puceau, une de mes comédies préférées de ces 20 dernières années et un des sommets de la geste willferrellienne, ce génie absolue de l’humour. J’étais bien sûr hyper content qu’une suite lui soit donnée même si un peu craintif en même temps. Pas de surprise :  j’ai ri, beaucoup parfois, mais c’est nettement moins bien que le 1er volet. C’est beaucoup trop long surtout : passée la 1ère heure, extra, ça s’étire beaucoup, beaucoup trop. Évidemment, le challenge était de taille : comment donner une suite digne de ce nom à une comédie culte ? La réponse plus loin dans mon top.

 

28. Les contes de la princesse Kagoya

Je vois que le film est très bien classé dans pas mal de tops de fins d’année et c’est mérité. Formellement c’est une merveille et quelques séquences impriment durablement la rétine. L’histoire, basée sur une légende populaire, est touchante. « Alors quoi ? » Alors je m’y suis un peu fait chier…

C'est beau.
C’est beau.


27. L’Homme qu’on aimait trop

Du Téchiné pur jus : à la fois cossu et singulier, bourgeois et personnel. Le fait divers qui préside au film aurait pu être traité de manière totalement différente, en se focalisant uniquement sur l’un ou l’autre des 2 personnages principaux :  Téchiné y ajoute même un 3ème (celui de Catherine Deneuve) et parvient à ménager un espace à tout le monde sans que son film paraisse jamais bancal ni tiède. Je le redis là aussi encore une fois : dans un rôle bien écrit, Guillaume Canet est un putain de bon acteur.

 

26. Saint Laurent

Je suis pas totalement convaincu mais la 1ère partie, avec les scènes de boîte et les tubes de Northern Soul, ainsi que la fin, avec cette idée géniale d’utiliser Helmut Berger pour jouer Saint Laurent vieux, m’ont emballé. On peut légitimement trouver ça poseur, prétentieux, que sais-je encore mais il me parait difficile de ne pas concéder que Bonnello fait du cinéma.

 

25. Pas son genre

Ca frise le très bon FF (Film Français) mais c’est pas tout ça fait ça : la faute au désormais habituel didactisme de Lucas Belvaux. Il a l’air adorable ce garçon, très intelligent, très sensible mais il doit être un tout petit peu chiant quand même. Le genre, au cours d’une soirée, à te coincer pendant 2h dans un coin de la pièce pour une discussion interminable sur la fin des idéaux de gauche, quand tout le monde est en train de se mettre minable sur Big Bisou. Bon, c’est quand même un très JF (Joli Film, j’essaierai d’en donner la définition à l’occasion) à la fois très léger et très grave puisque ça laisse un sale goût amer dans la bouche. Difficile enfin de ne pas avoir un mot pour Emilie Dequenne qui emporte tout et tout le monde sur son passage, et ce mot c’est « irrésistible ».

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Petit chou ❤


24. La chambre bleue

J’ai l’impression qu’à moins de s’appeler Luc Besson, il est très difficile de rater l’adaptation d’un récit de Simenon. Alors quand on s’appelle Mathieu Amalric forcément… Non pas que je le considère comme un génie mais bon, tu vois l’idée. C’est donc une réussite, proche de ce qu’à pu faire Chabrol dans ses dernières années, avec un soupçon d’érotisme estival en plus.

Top films 2012 – 2ème partie, les winners

Eh oui mon vieux, que veux-tu, les tops c’est comme la vie: il y a des perdants et il y a des gagnants.

Ci-dessous, mes films préférés parmi ceux que j’ai vu au cours de l’année écoulée. Et comme ils sont winners jusqu’au bout de la pellicule (ho ho!) je leur ai choisi une belle photo tirée d’eux pour les illustrer. Eux.

19 – Peace, love et plus si affinités

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Un titre français débile pour une comédie relativement moyenne mais que veux-tu, c’est mon gros péché mignon. Ici, Paul Rudd, l’acteur-le-plus-sympa-du-monde et Jennifer Aniston (on l’aime tous elle aussi même si elle ressemble un peu trop à son oncle) forment un couple de new-yorkais qui cède à la tentation communautaire. C’est cousu de fil blanc (lui, moteur de l’initiative, va vite déchanter, elle, d’abord réticente, va s’y abandonner; le gourou qui trahit la communauté; l’égoïsme des babos), ça tombe parfois à plat mais je suis très (trop) bon public pour ce genre de films dès lors que quelques gags/scènes/répliques me font éclater de rire et que le casting est réussi.

18 – Thérèse Desqueyroux

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Je me dis qu’il serait bien plus bas dans mon top si j’avais vu davantage de films mais c’est pas si sûr… Oui c’est plan-plan, oui ça frise l’académisme, oui c’est Gilles Lellouche (qui ne démérite pas non plus) mais Miller transmet assez bien la sensation de claustrophobie, de mollesse étouffante de la bourgeoisie landaise, la nature foncièrement anxiogène du roman de Mauriac. Donc c’est plutôt pas mal, voire pas mal du tout et j’ai passé un bon-mauvais moment.

17 – Ted

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Dans le haut du panier mais c’est une déception. J’avais presqu’envie d’écrire une « franche déception »: j’en attendais beaucoup car sur le papier, c’était vraiment calibré pour moi. Malheureusement, malgré une super mise en place, malgré quelques gags/répliques formidables, le film n’arrive pas à rester sur le fil et à ne pas verser à de trop nombreuses reprises dans la vulgarité/la misogynie/le conformisme. Dommage, donc.

16 – Take Shelter

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Bon film, indéniablement, mais un peu surestimé. Je n’ai rien d’autre à en dire, ça veut sans doute tout dire.

15 – Astérix et Obélix au Service secret de sa Majesté

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Grande remise, le blog qui classe le dernier Astérix devant Holy Motors, Camille redouble et Take Shelter. Et qui le pense!
Le film de Tirard est non seulement une très belle réussite sur le plan de la direction artistique (c’est suffisamment rare en France pour être souligné), mais il tire en plus un excellent profit de ses 2 choix les plus tranchés: Edouard Baer en Astérix (il fait bien entendu du Edouard Baer mais il le fait ici avec une fraîcheur évidente) + un scénario basé sur 2 des meilleurs albums de la série, qui comptent également parmi mes préférés, Astérix chez les Bretons et Astérix et les Normands. C’est joli, c’est mignon, c’est drôle (pas super drôle non plus mais on sourit tout du long), le casting est nickel: c’était une des bonnes surprises de l’année.

14 – Radiostars

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Encore un film totalement surclassé mais j’assume: ca n’a pas le talent de ses ambitions (grosso modo les bromances de la neo-comédie US), Cornillac n’a rien à faire là-dedans, y a de grosses, très grosses maladresses mais y a aussi de très bons gags/répliques et de très bons moments (tout le long passage avec le rappeur même si ça se termine en hallucinante pub pour McDo, la saucinette, la scène dans la boîte de nuit en Province « c’est con t’as raté Dr Alban ») qui me rendent l’ensemble sympathique. Je regrette que ce film, qui malgré tout tente quelque chose dans l’univers pantouflard de la comédie française, ait fait un four. La BO est signée d’un de mes chouchous Rob, le morceau principal est sublime et on entend même West Coast de Coconut Records. Tout ça suffit à mon bonheur.

13 – Our Idiot Brother

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Joli film indé qui aurait pu être caricatural (hippies, hipsters et bobos new-yorkais à tire-larigot) mais qui adopte pile-poil la bonne distance. Un film cousin de Peace, love.. en quelque sorte mais si le premier est dans la farce et la caricature, celui-ci serait davantage dans la chronique tendre. C’est quand même dingue le capital sympathie dont dispose Paul Rudd, il est génial ce mec. Alors dans un rôle de proto-Dude naïf et un peu concon, n’en parlons pas. On a presque envie de davantage le câliner lui que son son beau golden retriever, Willie Nelson (le nom du chien dans le film). Sinon à part ça y a Elizabeth Banks, Rashida Jones et Zooey Deschanel qui jouent dedans. OK.

12 – American Pie 4

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Avec le temps, je suis devenu un énorme fan du premier épisode dont je connais par cœur et cite régulièrement bon nombre de répliques. En vf bien sûr, je l’ai jamais vu et je VEUX ABSOLUMENT PAS le voir en vo : « pur Arabicaca », « il s’agit manifestement d’un Piero della Francesca », « maman de Stifler… » suivi d’un râle de plaisir etc. Il s’agit en plus, de mémoire, de la première occurrence, je ne dirai pas invention, de l’acronyme « MILF », rien que pour ça (encore une parenthèse: j’ai du récemment expliquer à une collègue ce qu’était une MILF… en 2013… et après on dit que j’ai un chouette boulot, j’te jure…). Je suis donc allé voir avec motivation ce 4ème volet réunissant le casting originel et nostalgie mise à part, j’ai été très agréablement surpris, j’ai beaucoup ri. C’est essentiellement gras et y a donc du mauvais gras bien sûr mais  y a davantage de bon gras donc c’est chouette. Et Sean William Scott donne vraiment de sa personne, il force le respect.

11 – 5 ans de réflexion

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C’est bien mais c’est presque trop bien. J’entends par là qu’il manque peut-être un grain de folie voire quelques moments faibles, qui conféreraient au film un aspect un peu plus rugueux, un peu moins lisse… Ca manque à la fois de très bons gags et de moments réellement émouvants, comme on pouvait en avoir dans Sans Sarah, rien ne va, dont le film pourrait être la suite. Mais après tout, ça n’était peut-être pas l’objectif initial, peut-être les auteurs se situaient-ils délibérément sur le terrain de la chronique conjugale douce-amère… Auquel cas c’est une très belle réussite car c’est extrêmement bien écrit. T’as vu j’ai même pas parlé d’Alison Brie.

10- Moi, député

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Je l’ai évidemment adoré avant de l’avoir vu et je n’ai pas été déçu. Si la satire politique fonctionne parfaitement (on tient là un de ces films au cours duquel on peut se dire sans trop de risques et avec un léger frisson que « la fiction ne dépassera jamais la réalité », dé-délocalisation comprise), ce qu’on retient avant tout, ce sont évidemment les gags, énormes, culottés, outranciers, géniaux. Celui-ci comporte mon préféré de l’année, la beigne au chien de The Artist. Galifianakis est génial en freak white trash précieux et psycho-rigide, Ferrell trouve encore de nouvelles variations sur le personnage dont on peut dire qu’il l’a complètement réinventé tellement il l’a fait sien, celui de l’Abruti Congénital.

9- Voisins du 3ème type

The-Watch
« Aaaaaaallez, encore une comédie US… ». Et c’est pas fini. On peut parler de passion à ce niveau-là, j’en suis conscient. C’est ma Nouvelle Vague à moi que veux-tu (je le pense en plus).
Voisins du 3ème type a divisé même les amateurs du genre, c’est un mystère. C’est le côté SF qui rebute? Je ne comprends pas. On s’en fout de l’intrigue… Car le film est un pur produit de l’école Apatow : ici ce qui compte c’est de discuter avec les gens qu’on aime. Le personnage-clé est ainsi celui de Vince Vaughn, faux beauf, vrai gentil: il s’en fout lui au fond de chasser l’alien ou de protéger le quartier; il veut bien faire plaisir à Ben Stiller du moment que ça signifie passer du temps ensemble en sifflant quelques bières. Ce sont les meilleures scènes du film, celles où il ne se passe absolument rien, où les dialogues s’étirent jusqu’à l’épuisement, créant une sensation de douce euphorie, concomitante du groupe, de la communauté. Le groupe, la bande, les amis, rendent plus fort. C’est très joli, très touchant. En plus d’être très drôle évidemment.

8 – La taupe

Tinker Tailor Soldier Spy 1
Critiques hyper élogieuses, avis spectateurs très mitigés (« soporifique… alambiqué… étouffant… chiant »). Comme souvent, la vérité se situe sans doute au miyeu mais j’ai beaucoup aimé. Pendant la séance, c’est vrai, il faut un peu s’accrocher: l’intrigue n’est pas si compliquée que ça mais le montage, les ellipses, les dialogues un peu cryptiques (superbes dialogues dans une langue anglaise des plus soignée) prennent un malin plaisir à brouiller les pistes. Un peu trop, et c’est dommage. Mais formellement, c’est une splendeur. L’action se situe en 1973, qui est comme chacun sait, la plus belle des années, et pour peu qu’on ait comme moi un faible pour l’esthétique tout en tons brunâtres/orangés et les textures cosy de l’époque, c’est un délice. Découpage, mouvements de caméra, interprétation, décors, costumes (un festival de costumes en tweed) tout concourt à créer une atmosphère à la fois suprêmement élégante, feutrée, paranoïaque et étouffante: les personnages semblent dans l’impossibilité concrète de vivre ou se mouvoir à l’air libre (sinon pour mourir), ils sont tous des taupes (l’agent « reconverti » en professeur vivra d’ailleurs dans une caravane, comme pour reproduire les conditions d’enfermement de son ancienne activité), écrasés par la bureaucratie, la hiérarchie, le poids des responsabilités, les jeux de dupes. Vraiment remarquable et après Morse, que je ne n’avais que moyennement apprécié mais dont je reconnais les nombreuses qualités, une confirmation qu’Alfredson est un réal à suivre de près.

7 – Skyfall

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Des amis très chers et aux goûts très sûrs ont tenté, avec conviction, de me faire changer d’avis via des arguments tout à fait recevables. Je les ai écoutés, je les ai entendus. J’ai douté, j’ai fléchi même… J’ai vécu des heures sombres, j’ai traversé de sales moments: je vais pas te mentir, ça n’a pas été facile tous les jours. Mais je m’en suis sorti et je peux le clamer aujourd’hui haut et fort: j’aime Skyfall.

6 – Cherchez Hortense

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Je n’ai pas grand chose à en dire: c’est très péteux, très cultureux, très bourgeois, très français, assez agaçant j’imagine, voire indéfendable pour pas mal de monde mais j’ai adoré. J’aime beaucoup Bacri et il trouve ici un de ses meilleurs rôles. Chacune de ses confrontations avec Claude Rich, insupportable mandarin mitterandien, est un régal. Et puis sous le vernis Film Qualité France Culture, il y a de vraies propositions et de vrais « sentiments » de cinéma (injustice, rébellion, exaltation amoureuse).

5 – Populaire

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Il se passe un truc en France depuis quelques années. On a juste 30 ans de retard mais c’est pas grave, ça arrive lentement mais sûrement. Ca n’a l’air de rien mais c’est énorme: le grand public français est en train de découvrir ce qu’est la pop culture. La pop culture, c’est Radiostars et ses références californiennes, Astérix et ses références britonnes (une BD en plus) mais c’est aussi les Gordini, Roger Tallon, les Stinky Toys, les montres Lip ou Elli & Jacno. C’est ce qu’on voit dans Populaire, le bien nommé. Qui aurait même pu s’appeler Pop… Des couleurs… de la légèreté… une certaine élégance… une volonté d’universalisme (la pop culture n’est pas la culture de masse: plaire à tout le monde signifie également plaire aux plus élitistes).
Bon, je m’égare, pour dire que Populaire est fondamentalement un film pop que ça soit par son accessibilité, sa légèreté (de façade bien sûr), sa direction artistique etc. Quels décors mes aïeux, quels costumes! C’est précis, c’est chiadé et surtout ça transpire le plus grand dénominateur commun, sans démagogie, sans nivellement par le bas. Il y a dans Populaire des références au cinéma de Papa de Gilles Grangier mais aussi à Hitchcock, Clouzot ou Jacques Demy (entre autres). Ca brasse large et surtout, ça brasse juste. Quand en plus tout ça est enrobé d’une intrigue maline, virevoltante, pétrie de sentiments nobles et purs, difficile de lutter. Deborah François est adorable et après l’Arnacoeur, c’est la 2ème fois consécutive que je trouve Romain Duris quasiment craquant, c’est vraiment qu’il s’agit d’un film à part… Un délice, vraiment. En plus la BO est co-signée par Rob (qu’on retrouve également au générique de Radiostars, comme par hasard…) et on voit même Bill Trumendous à la fin! TOP 5, eh ouais mon pote!

4 – Une vie meilleure

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« Putain, ENFIN un vrai bon film dans son top de merde! »
Eh oh ça va, pas besoin d’être insultant non plus… Sache pour ta gouverne que mon top me plaît beaucoup et qu’il serait en bonne place dans mon top de tops.
Mais oui, Une vie meilleure est un vrai bon film et ça fait plaisir de retrouver Cédric Khan à son meilleur niveau, celui de Roberto Succo. Les 2 films sont d’ailleurs assez proches : dans les 2 cas, cette sensation étouffante et haletante de fuite en avant effrénée (pour Succo), de descente aux enfers sans fin (pour celui-ci) : on a le sentiment que ça ne s’arrêtera jamais, on se croirait dans 24.
Ca m’a également fait penser à L’Enfant des Dardenne: dans les 2 cas, la matière sociale n’est jamais utilisée à des fins purement discursives, psychologiques et encore moins lacrymales bien entendu, elle sert à élaborer une vraie fiction de cinéma, avec ses rebondissements, son suspens qui te prend aux tripes. Enfin, après mon coming-out Duris, je suis prêt à le verbaliser: dans un vrai bon film, avec un vrai personnage superbement écrit, Guillaume Canet peut être un super acteur.

3 – Wrong

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Après le gros ratage Rubber, Dupieux rectifie le tir. S’il n’atteint pas le niveau des fulgurances freaky-hype de Steak (« bottine »), il ajoute dans Wrong un ingrédient qu’on n’attendait peut-être pas chez lui: l’émotion. C’est génial. C’est hyper précis esthétiquement. C’est flippant. C’est drôle. Et c’est donc désormais émouvant.

2 – Baby-sitter malgré lui

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La voilà la grande comédie US de l’année et évidemment, elle n’a bénéficié que d’une sortie technique. The Sitter (titre original) relève de l’évidence: il faut le voir, rire et être ému, point.

1 – Moonrise Kingdom

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Loin, très loin devant les autres, une évidence là encore. Je suis trop paresseux pour me lancer dans une véritable analyse, qui de toute manière me semble totalement superflue tellement tout est limpide, évident encore. Je n’ai pas non plus envie, je l’avoue, de me lancer dans une explication des raisons pour lesquelles les films de Wes Anderson me parlent et me touchent autant. Disons que je mets ses films sur le même plan que Pet Sounds, Hawaii ou Village Green Preservation Society (exemples évidemment pas du tout choisis au hasard). Voilà.