#28 Mes meilleures amies

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Annie a la poisse. Son fiancé l’a quittée et son nouvel amant est un goujat. Lillian, sa meilleure amie, file quant à elle le parfait amour. Lorsqu’elle lui annonce son futur mariage, Annie oublie ses soucis pour se consacrer à son rôle de témoin et transformer les préparatifs en un moment magique et privilégié. Mais c’est sans compter sur les autres amies de Lillian, l’insatiable et athlétique dragueuse Megan, la candide Becca,l’ex-beauté Rita et l’ultra-snob Helen… toutes incontrôlables et décidées à donner de la voix pour imposer leurs choix dans l’organisation de l’enterrement de vie de jeune fille. Débute alors une délirante aventure…!
(Allocine)

Même si elle n’est pas aberrante, la référence à Bridget Jones sur l’affiche fait quand même un tout petit peu mal au cul.

A l’origine de Mes meilleures amies (Bridesmaids en vo), il y a Judd Apatow. A l’époque, il est déjà auréolé de plusieurs succès mais 2 choses le chiffonnent : primo, on lui reproche de réaliser des films plutôt « masculins », en ce sens qu’ils s’attacheraient à décrire ou traiter de problématiques essentiellement masculines, et qui font donc la part (trop) belle aux personnages/acteurs masculins. Conjugué à ce reproche formulé par une partie de la critique, il y a le succès de Very Bad Trip, un film qu’Apatow n’affectionne pas vraiment et qu’il juge trop… « mecs » justement. Au sens virée d’une bande de mecs qui font des trucs à Vegas, la ville des virées de bandes de mecs par excellence. Je n’ai jamais vraiment compris l’aversion qu’il pouvait avoir pour ce film, même si la suite de la carrière de Todd Phillips, le réalisateur de la franchise Very Bad Trip, et notamment son horrible War Dogs sorti cette année lui a donné raison. Bon, toujours est-il qu’à ce moment là, Apatow a l’idée de produire une « vraie » comédie de filles, c’est à dire faite par, avec et pour les filles.

Il faut maintenant mettre en valeur le travail de Paul Feig, le réalisateur choisi, déjà aux manettes de la géniale série Freaks and Geeks, la première production de Judd Apatow. Simple exécutant ici (il n’est donc pas à l’initiative du projet et ne participe pas à l’écriture), Feig s’acquitte merveilleusement du cahier des charges de son producteur (film de filles + virée à Vegas) tout en le dynamitant à travers notamment la scène de l’essayage de la robe et du vol vers Las Vegas justement. Paul Feig a trouvé un second souffle grâce à l’énorme succès de ce film: il enchaînera avec les tout aussi drôles Les flingueuses (à voir absolument malgré son titre français débile !) et Spy.  Son remake de SOS Fantômes sorti cette année n’est pas du même niveau mais il est chouette quand même.

Et s’il est chouette ce remake, et si Mes meilleures amiesBridesmaids est un film aussi génial, c’est évidemment grâce au talent d’écriture et d’interprétation de Kristen Wiig. Elle a 38 ans quand sort le film et pas mal d’années de Saturday Night Live derrière elle : c’est sans doute cette maturité, aussi bien personnelle que professionnelle, qui lui permet de viser aussi juste et d’être aussi touchante sur un thème qui résonne pleinement avec son âge au moment de l’écriture et du tournage.
Sans parler de son talent, que dis-je, de son génie comique : des tonnes de sketches du Saturday Night Live sont visibles sur Youtube, il faut les voir et profiter du talent de ces gens-là : Kristen Wiig donc, mais aussi Andy Samberg, Bill Hader, Jason Sudeikis et Fred Armisen avec lesquels elle a travaillé dans le fameux show télévisé. Des génies, je le pense vraiment. Mais pour en revenir à Kristen Wiig seule : sérieusement, comment ne pas tomber amoureux d’elle dans ce film ?

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Et dans tous les autres évidemment.

Les cerveaux – critique

La vie de David Ghantt n’a rien de compliqué. Chaque jour, c’est la même routine : au volant de son camion blindé, il transporte des millions de dollars qui ne lui appartiennent pas. Le seul rayon de soleil dans son existence banale, c’est sa jolie collègue, Kelly Campbell. C’est elle qui va l’attirer dans une combine foireuse…
Malgré la bande de bras cassés à qui il a affaire, dirigée par Steve Chambers, et en dépit d’un plan grotesquement mal ficelé, David réussit quand même l’exploit de voler 17 millions de dollars… Le problème, c’est qu’il se fait doubler par ses complices, qui disparaissent avec le butin et lui mettent tout sur le dos.
David est dedans jusqu’au cou. Sa seule chance est de remonter la piste que laissent les braqueurs en claquant l’argent de façon aussi voyante que ridicule.
En cavale, traqué par les autorités et pourchassé par un drôle de tueur à gages, David va tout tenter pour reprendre l’avantage et doubler à son tour ceux en qui il avait le plus confiance…(Allociné)

J’aime beaucoup les films de Jared Hess, il a un style véritablement unique dans la comédie américaine. J’en parle plus en profondeur ici.

Sur le papier, Les cerveaux est presque trop beau pour être vrai : un réalisateur très singulier donc, servi par un casting 5 étoiles (Zach Galifianakis, Kristen Wiig, Owen Wilson, Jason Sudeikis, Kate McKinnon, n’en jetez plus). Un genre de fantasme granderemisesque.
Sur l’écran, C’EST trop beau pour être vrai : ça ne fonctionne pas. Ou trop peu. Je crois que le style quasiment bressonien de Jared Hess s’accommode mieux de comédiens moins connus et donc plus malléables : ça fonctionnait déjà moins bien dans Super Nacho, vampirisé par Jack Black.

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Les comédiens présents ici sont évidemment excellents (notamment Kristen Wiig, à croquer, et Galifianakis) mais ils donnent l’impression de surjouer, ou même de jouer tout court (Owen Wilson, complètement hors jeu pour le coup) annulant par là même toute la singularité d’un cinéaste qu’on ne reconnaît par conséquent que trop peu, encore une fois. L’humour de Jared Hess, au delà de son regard à la fois sans concession et plein de compassion pour l’Amérique white trash des trailer parks et des malls, repose en effet sur le minimalisme, l’absence de punchlines, un tempo offbeat, et des comédiens quasiment atones. Rien de tout ça ici. Disons, en caricaturant à peine, que la réalisation aurait pu être signée par n’importe qui d’autre. Et c’est quand même dommage quand on la possibilité d’avoir un regard et un style aussi uniques. Mais voilà, les 2 derniers films de Hess ont été des fours: j’ignore si celui-ci est une commande ou s’il a été embauché en tant que simple exécutant, c’est en tout cas celui qui s’éloigne le plus de ce qu’il a fait précédemment.

Après, y a quand même de bons moments et ça se regarde très bien : il doit encore jouer dans quelques salles, je le recommande. Mais ce réalisateur + ce casting, c’était sans doute une fausse bonne idée en réalité.

Imogène – Girl Most Likely – critique

Déjouant toutes les attentes placées en elle, la géniale Kristen Wiig revient donc après le carton critique et public du non moins génial Mes meilleures amies avec ce petit film simple, modeste et un peu anecdotique. Un genre de comédie indé (sans le côté caricatural), bien loin des grosses productions à la tête desquelles beaucoup la voyaient déjà: elle a refusé Mes meilleures amies 2, j’espère qu’elle tiendra bon.

On pourrait même paresseusement et grossièrement dire qu’Imogène est un genre de remake de Mes Meilleures amies: une trentenaire à qui tout semblait réussir se voit contrainte de retourner vivre chez sa mère, soit selon les standards US, de toucher le fond, avant bien évidemment de se reconstruire et d’enfin trouver une forme d’accomplissement et d’épanouissement personnel.

Le ton est encore plus mélancolique, la galerie de personnages moins typée tout en étant sans doute plus grossière, les gags moins marqués (et moins nombreux): les différences abondent, pas forcément à l’avantage d’Imogène. Je passe évidemment pas mal de détails qui ont leur importance mais dans le fond, oui, il s’agit peu ou prou du même film. Avec les mêmes effets: c’est drôle, c’est tendre, c’est sans doute prévisible, certes mais comme je dis toujours, « sans surprise » signifie également « sans mauvaise surprise ». C’est le prototype du joli film: ça pourrait être péjoratif mais ici je suis sincère. Et puis Kristen, évidemment ❤

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C’est curieux: j’ai passé un moment très agréable et je pense qu’il s’agit foncièrement d’un bon film mais je n’ai vraiment pas grand chose à en dire. Et je n’aime pas vraiment le peu que j’en dis en plus… Mais c’est vachement bien hein! S’il passe encore dans un ciné près de chez toi, va le voir, ça te remontera le moral (je sais que t’es un peu down en cette période de rentrée. T’as pensé à faire une cure de magnésium?)

C’est souvent le cas: je suis plus prolixe pour parler des choses que je n’ai pas aimées. Surtout les films, c’est moins le cas pour les disques.  Peut-être parce que j’ai moins d' »outils » de lecture cinématographiques (encore que), ou plus certainement parce que le cinéma m’intéresse moins qu’il y a quelques années. Peut-être aussi parce que j’ai toujours pensé qu’il était aussi important de bien savoir ce qui nous déplaît que ce qui nous attire, de se construire contre et pas seulement pour.
Peut-être surtout parce que c’est plus drôle et que Grande remise c’est le blog qui aime l’humour et la rigolade.