#46 The Kingsbury Manx

The Kingsbury ManxEncore un disque éponyme et relativement mineur mais qui ne me quitte pas depuis sa sortie.

Là on est quand même un cran au dessus par rapport à des marottes type Alfie ou les Keys dont je concède volontiers qu’elles sont très personnelles : je pense sincèrement que The Kingsbury Manx est un genre de classique des années 2000. Et puis les Kingsbury Manx (ce nom, qui fait référence à l’île de Man en Ecosse, est quand même super classe) n’en sont pas restés à ce magnifique coup d’essai: ils ont ensuite sorti une poignée d’albums très recommandables, dans un registre un poil plus enjoué, comme des Kinks folk. Mais ils n’ont jamais retrouvé la magie ni la grâce de ces compositions mélancoliques, au psychédélisme doux et réconfortant.

#45 The Keys

the keys first album too pure
Putain le bordel pour trouver ne serait-ce que la pochette de cet album certes assez confidentiel… Il y a apparemment pas mal de groupes qui s’appelle « Keys » ou « The Keys » et il est sorti sur un label, Too Pure, qui a aujourd’hui mis la clé sous la porte, ceci explique en grande partie cela.

Bon, toujours est-il que les Keys étaient un groupe gallois, auteurs d’une poignée d’albums qu’ils ont qualifié eux-mêmes d’ « urban folk », ce qui n’est pas idiot au fond. On les a un peu paresseusement comparé aux Super Furry Animals (en raison de leurs origines je suppose) ou à The Coral, ce qui parait déjà plus pertinent. Il s’agit en effet d’un mélange de folk et country électrifiés, avec un soupçon de power pop. Des refrains catchy, une propension à la mélancolie, un curseur qui a du mal à dépasser les 60s : le premier qui pense « Byrds » ou « Gene Clark » voit juste, comme les titres l’indiquent (notamment le très explicite The Strength of Strings, puisqu’un mémorable titre du même nom se trouve également sur le non moins mémorable No Other de Gene Clark).

Tout comme Twin Action de 18 Wheeler, The Keys est le prototype du grand « petit album » : un bonbon, un disque mineur mais auquel je reviens très régulièrement depuis que je l’ai découvert à sa sortie (2003). Ca fait plus de 10 ans, ça suffit à justifier sa présence dans mon top.

#18 Cardinal

Cardinal - premier album
Très fan de cette pochette et du regard caméra d’Eric Matthews.

Ce disque est lié à un réveillon de Noël. Je venais de l’acheter sur la foi de la critique des Inrocks (ie les Saintes Ecritures à l’époque) ou de l’avis de Bernard Lenoir, je sais plus. Je n’avais pas eu le temps de l’écouter avant de me rendre chez mes parents pour les traditionnelles vacances de fin d’année, je l’ai donc passé pendant la soirée. Et il était étonnamment bien passé, ça je m’en souviens bien. « Étonnamment » parce que c’était pas vraiment le genre de la maison que d’écouter de la musique pendant la soirée du réveillon, encore moins de la musique inconnue aux oreilles de tout le monde. On était de toute façon trop nombreux et bruyants pour ça. Voilà pour le contexte personnel.

Le disque a merveilleusement traversé les années : il avait dès sa sortie des allures de classique instantané, à la fois accessible parce qu’évident et un peu intimidant parce que très élégant. Il équilibrait parfaitement une certaine sècheresse rock (Richard Davies) et une préciosité pop (Eric Matthews). A l’époque, alors qu’on était encore bien envahi par le grunge, et pas encore par la britpop, c’était pas commun.

Les 2 compères se sont ensuite épanouis dans des carrières solo parfois himalayesques (oui oui, « himalayesques » ; j’y reviens plus loin), se refusant à donner une suite à leur aventure commune. Jusqu’à l’an dernier (ou l’année d’avant ? J’ai la flemme de vérifier) et un deuxième album intitulé Hymns. Décevant, forcément décevant, surtout après une si longue attente. Largement recommandable quand même. Disons que les 2 sont pour le moins compétents lorsqu’il s’agit d’écrire une chanson donc ça va, ça s’écoute.
M’enfin, si tu ne connais ni Cardinal, ni Richard Davies, ni Eric Matthews, c’est par ici qu’il faut commencer.