Budapest – avant-première Gaumont Wilson, Toulouse

Vincent et Arnaud ont beau avoir fait la plus grande école de commerce française, ils s’ennuient ferme dans leur travail. 
L’un, Vincent, travaille avec acharnement pour une multinationale sans aucune reconnaissance. L’autre, Arnaud, stagne dans la société du père de sa femme, Audrey. A l’occasion de l’enterrement de vie de garçon d’un de leurs amis, qui est un vrai échec, ils font la rencontre d’une strip-teaseuse qui leur parle de Budapest. Vincent a alors une idée qui va changer leur vie : créer une entreprise qui organise des enterrements de vie de garçon dans cette ville de débauche, où les boîtes de nuit pullulent, l’alcool coule à flots et la démesure est au rendez-vous.
Après avoir abandonné leur emploi, et emprunté beaucoup d’argent, Vincent et Arnaud se lancent. Avec l’aide de Georgio, un expatrié qui leur a fait découvrir les « trésors cachés » de Budapest, ils créent l’agence de voyage « Crazy Trips ».
Après des débuts hésitants, « Crazy Trips » envoie de plus en plus de clients à Budapest, pour y faire la fête arrosée à la palinka, danser enchaînés à des stripteaseuses, mais aussi profiter de certaines activités offertes par ce pays d’ex-URSS comme conduire des tanks et tirer à la kalachnikov sur des cibles. Mais cette aventure entrepreneuriale va bouleverser l’existence de Vincent et Arnaud. Car cette nouvelle vie entre Paris et Budapest mettra à l’épreuve à la fois leur amitié fraternelle, mais aussi leur couple. Et ils vont se confronter aux risques du métier…(Allociné)

Trop long ce pitch…

En quelques mots pour les impatients : Budapest raconte l’histoire (vraie) de 2 amis qui décident d’organiser des séjours-EVG à Budapest parce que c’est moins cher et donc plus rentable qu’à Paris, Londres ou même Berlin (« c’est Berlin mais gratos! » dit à un moment le personnage interprété par Jonathan Cohen).

On va pas se mentir : malgré toute la sympathie que peuvent inspirer ses 3 interprètes principaux, elle fait peur cette bande-annonce. Genre de Very Bad Trip à la française tro délir, elle laisse en outre craindre sinon une apologie, du moins une utilisation/mise en scène légère de l’un des trucs les plus beaufs et cons devenus à la mode ces dernières années : les « packs » EVG (séjours enterrement de vie de garçon incluant vol, hôtel, activités, beuverie etc etc). Bonus glauquerie si organisé dans un pays de l’Est, avec tout ce que ça implique en termes de fantasmes cheap et malsains.

Mais, justement, il est là le truc : les 3 interprètes principaux. Manu Payet, Monsieur Poulpe, Jonathan Cohen, soit 3 des meilleurs keumiques/acteurs de comédie apparus ces dernières années en France. C’est évidemment pour eux avant tout que je me suis rendu à l’avant-première de Budapest, avec malgré tout l’espoir également que le film ne serait pas

exactement conforme à sa bande-annonce.

Eh ben j’ai pas été déçu : sans être exempte de lourdeurs, longueurs, facilités voire complaisances, Budapest est une comédie qui réserve régulièrement de très bons gags/moments/répliques. Pas tout à fait le véhicule hétéro-beauf redouté donc.

Pas tout à fait mais un peu quand même : Payet (qui a co-écrit le film et devait le réaliser à la base; c’est finalement, et étonnamment Xavier Gens, réalisateur notamment de Hitman, qui s’y est collé) explique à son issue avoir voulu raconter une success story française et ça n’est évidemment pas un hasard s’il a choisi l’histoire des 2 fondateurs de Crazy Nights (rebaptisé en « Crazy Trips » dans le film) plutôt que celle de Michel et Augustin (comme il lui a été suggéré par une spectatrice). Il l’a dit lui-même avec humour et honnêteté, les conflits et enjeux au centre du projet de 2 gars qui montent ce type d’entreprise sont un poil plus intéressants que ceux de 2 types qui se demandent avant tout s’il faut rajouter du beurre ou du chocolat dans leurs cookies.

Donc Budapest se met en mode success story et ne remet pas vraiment en cause le fait que les mecs se fassent du blé en alimentant les fantasmes à base de putes de l’Est (disons les choses comme elles sont) de jeunes mecs en mal de sensation fortes ( ?) … mais un peu malgré tout : c’est là que le film se montre plus fin que ce qu’on peut légitimement craindre à la lecture de son pitch et en voyant sa bande annonce. En effet, cette dernière occulte notamment les personnages des 2 compagnes des héros (excellentes Alice Belaidi et Alix Poisson, interprètes des épouses de Manu Payet et Jonathan Cohen respectivement). Elles apportent constamment un contrepoint aussi salutaire que pertinent, révélateur du fait que les auteurs et le réalisateur ne sont pas dupes ni complices. D’ailleurs, au bout du compte, Budapest ne joue finalement pas tant que ça sur les clichés des bonnasses-du-Danube et c’est évidemment à mettre à son crédit. Voir également la peinture assez fine de l’évolution, en parallèle des 2 couples (même si celle du couple Cohen/Poisson n’échappe pas à certains clichés justement).

J’aurais bien aimé leur poser la question ceci dit, pour avoir le fin mot de l’histoire (au-delà du fait que c’est sans doute un bon terreau pour une comédie, ils en pensent quoi au fond des EVGs de ce genre?), j’étais dans les starting-blocks mais j’étais évidemment pas le seul, tous les spectateurs qui le souhaitaient n’ont pas pu avoir la parole, loin s’en faut.

Ceci étant, fin de la parenthèse fond-du-film: ça reste une pure comédie et dans ce registre seul, Budapest réserve de très bons moments dus notamment à l’abattage, à la complicité évidente et au talent de ses 3 interprètes principaux, encore eux. Comme dans Radiostars ou Situation amoureuse c’est compliqué, autres comédies auxquelles Payet a largement contribué et dans le registre desquelles Budapest se situe par bien des aspects, on sent le mec vraiment à l’aise dans les scènes à 2 ou 3 qui racontent l’amitié, la complicité, à base de petits détails anodins, de petites annotations qui mises bout à bout créent un ton et font la valeur de son écriture. Enfin, tout ça pour dire que le mec a du talent, c’est évident, et qu’il a trouvé en Jonathan Cohen et Monsieur Poulpe (dans un registre davantage électron libre) des partenaires de jeu idéaux.

Bonne surprise donc même si je conseillerais pas le film à tout le monde: c’est parfois très cru, de manière très naturelle d’ailleurs, encore un bon point, mais du coup ça plaira évidemment pas à tout le monde.

Après la séance, Manu Payet et Monsieur Poulpe se sont livrés au traditionnel exercice des questions-réponses avec le public : malgré la lassitude de fin de tournée (qu’ils ont eux-mêmes confessée), ils n’en ont rien laissé paraître et se sont montrés égaux à l’image qu’on peut avoir d’eux à savoir disponibles, drôles, alertes. Ils nous ont même gratifié d’un mini-sketch sur le mode vrai-faux incident en direct live, très drôle. Questions sur le film pour faire gagner quelques cadeaux, vannage des spectateurs, auto-vannage, ils ont fait le show et c’était aussi réussi qu’agréable.

Après 45 bonnes minutes, ils se sont livrés au désormais traditionnel exercice des selfies avec le public. Très pros sans en avoir l’air là aussi.
Chouette soirée donc.

Top 2014 – cinéma – j’ai aimé – 1ère partie

J’ai aimé nettement plus de films en fait. Numbers don’t lie (37 vs. 14). Et après on dit que je suis méchant, aigri et j’en passe. C’est vous les méchants. Vous, les ronds de cuir.

Ici donc, des films parfois plus mauvais que ceux de mon billet précédent mais que j’ai aimés. A l’inverse, certains sont peut-être meilleurs que ceux de mont top 10 mais je les ai « juste » aimés.
Je découpe en 2 parties sinon ça va faire un gros pavé indigeste. Comme ça ça fera 2 petits pavés indigestes. Plus le top 10.

37. Fiston

Mauvais bien sûr (Kev Adams + Frank Dubosc, un genre de cauchemar absolu) mais pas catastrophique. Disons qu’y a 2-3 vannes… Disons que j’étais bien luné… Disons que jesuistropbonclientpourcegenredefilms. A noter Helena Noguerra dans un rôle de pure MILF, preuve que le temps passe pour tout le monde.

 

36. Prêt à tout

Je garde un très bon souvenir des Gamins, le « premier » film de Max Boublil. J’étais donc relativement motivé (au sens où j’avais davantage envie de le voir que, mettons, Winter Sleep). C’est pas nul mais c’est beaucoup plus sage, avec des situations, des gags plus convenus et traités de manière nettement moins audacieuse. Y a de bons passages quand même, c’est sympathique. Je dis toujours la même chose, d’ailleurs je l’ai redit pas plus tard que juste au-dessus mais c’est tellement ça que je vais le reredire encore une fois : je suis trop bon client pour ce genre de films.

Sooouuuuuuuuuuuuus le sol-ei-ei-ei-ei-ei-eil
Sooouuuuuuuuuuuuus le sol-ei-ei-ei-ei-ei-eil


35. Le crocodile du Botswanga

Bah ouais : vu un peu en désespoir de cause sur la foi d’un simili pseudo avis vaguement positif et en fait je me suis bien marré. N’Gijol, que je trouve médiocre en stand up, a quand même un abattage assez formidable dans son rôle de dictateur de république bananière. Nan sérieux, c’est pas mal…

 

34. Fast Life

Et du coup je suis allé voir son film à lui (à Thomas N’Gijol). C’est pas un « bon » film non plus évidemment mais ça se démarque clairement des comédies que le cinéma français nous pond au kilomètre (et dont je suis parfois client, voir ci-dessus mais c’est pas le problème). N’Gijol a une grosse qualité selon moi, LA qualité essentielle à un bon comique même: il n’a pas peur du ridicule, ni d’endosser le mauvais rôle. Pas dans une posture auto-dépréciative « sacrificielle » et narcissique qui créerait l’empathie : non, ici il joue un vrai connard, irrécupérable. Ca me fait penser à ces mots très justes du grand Chris Esquerre qui disait que la majorité des comiques français se donnaient toujours le beau rôle au fond, ne voulaient pas passer pour des blaireaux, qu’ils se prenaient pour des rocks stars alors que l’essence même du comique, c’est le ridicule (et ne pas en avoir peur donc). Eh bien Thomas N’Gijol a au moins ce mérite de pratiquer son art sans se brosser ni lui ni son public dans le sens du poil pour s’attirer ses faveurs (au public). Je me suis perdu dans cette dernière phrase.

Là pour le coup il est pas mal Olivier Marchal
Là pour le coup il est pas mal Olivier Marchal

 

33. Dragons 2

Très fan du 1er, que j’ai d’ailleurs revu avec grand plaisir. Celui-ci tombe dans le piège classique des suites en rajoutant beaucoup trop de tout : de spectaculaire, de personnages, de blagues, de sentiments et enfin de minutes (une grosse vingtaine à sabrer ici). A mi-parcours néanmoins, il se passe un truc assez étonnant (que je ne dévoilerai évidemment pas) et consécutivement, le traitement appliqué à la description du couple et de la cellule familiale prouve que les auteurs sont quand même un peu au-dessus de la mêlée. Visuellement et plastiquement, c’est une merveille.

 

32. Des lendemains qui chantent

Très sympathique ce film. Ici.

 

31. Situation amoureuse : c’est compliqué

J’ai dit et redit tout le bien que je pensais, que je pense toujours d’ailleurs, de Radiostars, petit jalon de la neo-comédie française. On a ici affaire à la même équipe, à la différence que Romain Lévy, son réalisateur, se contente de l’écriture et d’un bref second rôle, Manu Payet assumant un vrai premier rôle (Radiostars était un film de bande) ainsi que la réalisation. Et c’est vraiment pas mal. Moins potache, plus mélancolique, avec de vrais bons passages de comédie et de « romance » à la fois. Et surtout, surtout, le génial Jean-François Cayret (le mec qui veut être surclassé dans la pub Volkswagen) dans un rôle bien écrit à la base mais dans lequel il crève l’écran.

 

30. Sin City 2

Pas du tout envie de le voir à la base et puis je l’ai chopé un peu par hasard et finalement j’ai passé un très bon moment. Une pure série B, ni plus ni moins, qui connait ses limites mais remplit parfaitement son cahier des charges. Eva Green y est biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip, ce qui ne gâche rien.

Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip
Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip

 

29. Anchorman 2

Si un jour je fais un top comédies sur le modèle de mon top 100 musique (faudrait que je me retrouve au chômage pour ça mais bon), Anchorman (Présentateur vedette : la légende de Ron Burgundy) sera très très haut. C’est avec Dumb and Dumber, Supergrave et 40 ans, toujours puceau, une de mes comédies préférées de ces 20 dernières années et un des sommets de la geste willferrellienne, ce génie absolue de l’humour. J’étais bien sûr hyper content qu’une suite lui soit donnée même si un peu craintif en même temps. Pas de surprise :  j’ai ri, beaucoup parfois, mais c’est nettement moins bien que le 1er volet. C’est beaucoup trop long surtout : passée la 1ère heure, extra, ça s’étire beaucoup, beaucoup trop. Évidemment, le challenge était de taille : comment donner une suite digne de ce nom à une comédie culte ? La réponse plus loin dans mon top.

 

28. Les contes de la princesse Kagoya

Je vois que le film est très bien classé dans pas mal de tops de fins d’année et c’est mérité. Formellement c’est une merveille et quelques séquences impriment durablement la rétine. L’histoire, basée sur une légende populaire, est touchante. « Alors quoi ? » Alors je m’y suis un peu fait chier…

C'est beau.
C’est beau.


27. L’Homme qu’on aimait trop

Du Téchiné pur jus : à la fois cossu et singulier, bourgeois et personnel. Le fait divers qui préside au film aurait pu être traité de manière totalement différente, en se focalisant uniquement sur l’un ou l’autre des 2 personnages principaux :  Téchiné y ajoute même un 3ème (celui de Catherine Deneuve) et parvient à ménager un espace à tout le monde sans que son film paraisse jamais bancal ni tiède. Je le redis là aussi encore une fois : dans un rôle bien écrit, Guillaume Canet est un putain de bon acteur.

 

26. Saint Laurent

Je suis pas totalement convaincu mais la 1ère partie, avec les scènes de boîte et les tubes de Northern Soul, ainsi que la fin, avec cette idée géniale d’utiliser Helmut Berger pour jouer Saint Laurent vieux, m’ont emballé. On peut légitimement trouver ça poseur, prétentieux, que sais-je encore mais il me parait difficile de ne pas concéder que Bonnello fait du cinéma.

 

25. Pas son genre

Ca frise le très bon FF (Film Français) mais c’est pas tout ça fait ça : la faute au désormais habituel didactisme de Lucas Belvaux. Il a l’air adorable ce garçon, très intelligent, très sensible mais il doit être un tout petit peu chiant quand même. Le genre, au cours d’une soirée, à te coincer pendant 2h dans un coin de la pièce pour une discussion interminable sur la fin des idéaux de gauche, quand tout le monde est en train de se mettre minable sur Big Bisou. Bon, c’est quand même un très JF (Joli Film, j’essaierai d’en donner la définition à l’occasion) à la fois très léger et très grave puisque ça laisse un sale goût amer dans la bouche. Difficile enfin de ne pas avoir un mot pour Emilie Dequenne qui emporte tout et tout le monde sur son passage, et ce mot c’est « irrésistible ».

300143
Petit chou ❤


24. La chambre bleue

J’ai l’impression qu’à moins de s’appeler Luc Besson, il est très difficile de rater l’adaptation d’un récit de Simenon. Alors quand on s’appelle Mathieu Amalric forcément… Non pas que je le considère comme un génie mais bon, tu vois l’idée. C’est donc une réussite, proche de ce qu’à pu faire Chabrol dans ses dernières années, avec un soupçon d’érotisme estival en plus.