#13 Black Mountain – In the Future

Black-Mountain-2008-In-The-Future
Une incongruité (dans mon top je veux dire) qui n’en est pas vraiment une quand on y regarde de plus près.

Black Mountain c’est en effet le heavy-rock pour les popeux et amateurs de sonorités vintage et/ou psychédélique, ceux qui ne crachent pas non plus sur Led Zeppelin ni sur Deep Purple ou le premier Black Sabbath.
Sur leur premier album, on entendait d’ailleurs tout autant, sinon plus, les influences du Velvet que des chevelus sus-mentionnés. Tout comme chez les Pink Mountaintops, l’autre super projet de Stephen McBeam: c’est drogué, c’est sulfureux, mais c’est aussi mélodique, doux et romantique.

C’est également un groupe post-moderne archétypal qui filtre à merveille les influences ci-dessus et rend leur traitement parfois plus séduisant que l’original pour la génération dont je fais partie, et les plus jeunes, au grand dam de nombreux puristes. Et tu commences à savoir ce que j’en pense des puristes. J’aime beaucoup certains albums de Led Zepp, les 2 premiers Sabbath, Deep Purple in Rock mais bon, voilà quoi…

In the Future est vraiment un coup de maître, sur lequel le heavy rock se mue en un clin d’oeil en psych ou cosmic rock. Lourd mais planant. Flirtant avec le prog mais en finesse. Wucan, chef d’oeuvre absolu!

Une alchimie délicate et beaucoup plus subtile qu’on pourrait l’imaginer, que je groupe n’a pas totalement su recréer sur son 3ème album: un peu trop gras ou, à l’inverse, un peu trop mou, il ne trouve pas toujours le bon équilibre.

Pas grave, In The Future est un frangin de Songs for The Deaf de Queens of the Stone Age : un disque de hardos pour les non-hardos, un album crossover parfait.

Melody’s Echo Chamber – Connexion café, Toulouse

Melody’s Echo Chamber aka Melody Prochet a sorti l’an dernier un bon album de dream-psych-pop produit par Kevin Parker de Tame Impala (son boyfriend; enfin, à l’époque en tout cas, j’ignore ce qu’il en est actuellement. Je maîtrise mal le dossier, désolé).

On pouvait croire que pour ce concert, le public ne serait pas le même que pour celui de King Tuff au même endroit la veille. Eh bien non, il n’était pas le même, pas du tout. Pour King Tuff c’était t-shirts à slogans, facial hair en bataille et casquettes de truckers, pour Melody c’est plutôt moustache de hipster, veste cintrée pour monsieur et pimpante robe à fleurs pour mademoiselle (beaucoup plus de filles dans l’assistance évidemment).

Sur scène ils sont 5 et si le public, assez nombreux, est évidemment là pour Melody (entre la blogueuse de mode et une Lou Douillon qui se laverait un peu plus souvent), une partie vibre également pour le bassiste, Benjamin Gilbert, le régional de l’étape. Il est habituellement guitariste des toulousains d’Aquaserge, auteurs récemment d’un album avec April March et groupe de scène de Bertrand Burgalat il y a quelques années. Le batteur d’Aquaserge, l’excellent Julien Barbagallo aka Le Cube, accompagne d’ailleurs Tame Impala sur sa tournée mondiale. Tu suis toujours ?

Cette photo a été prise il y a bientôt 3 mois or hier soir elle portait exactement les mêmes fringues. C'est tout ce que j'ai à dire.
Cette photo a été prise il y a bientôt 3 mois or avant-hier soir elle portait exactement les mêmes fringues. C’est tout ce que j’ai à dire.

Concert de 45 minutes à peine mais qui paraissait en durer beaucoup plus. Bien en place, excellents musiciens, bonnes chansons mais beaucoup trop uniforme. Ca manquait singulièrement de relief. L’impression d’avoir sous les yeux et entre les oreilles une version plus pop de Beach House (que je tiens pour une grosse supercherie), donc forcément, ça m’a pas transcendé.

Pour être franc, j’ai déjà oublié ce concert… Et j’ai bien peur que c’était déjà le cas à peine sorti de la salle. Je continuerai néanmoins d’écouter l’album à l’occasion. C’est mignon ça.

King Tuff – Connexion café, Toulouse

KingTuff
Une quarantaine de personnes seulement pour assister à ce concert dans un bar habituellement dévolu à de l’electro merdique.
Après une première partie locale que je suis bien content d’avoir évité (je suis arrivé sur leur dernier morceau) le King Tuff trio installe son matos tranquilou dans la bonne humeur et en se faisant des hugs tro kawaii.
Ils  annoncent arriver du Primavera et racontent y avoir passé un bon moment. Ils prolongent le plaisir en sirotant du vin rouge sur scène.

Set très court de 45 minutes mais il en fallait pas plus : passé cette durée, ça peut lasser. Là c’était parfait : une douzaine de bombinettes power-pop enchaînées à tombeau ouvert et interprétées de manière un poil hasardeuse (le nombre de breaks ratés par le batteur: lolilol).
King Tuff (aussi incroyable que ça puisse paraître, c’est un pseudonyme: il s’appelle Kyle Thomas) apparait fidèle à ses chansons: débonnaire, souriant, sans doute un peu pété en permanence. C’est un mec qui introduit une chanson par « you guys make the best wine this song is called I’ll still be a freak when I’m dead » et qui colle parfaitement à la chanson et à cette image de slacker éternel : look de roadie-redneck avec blouson sans manches bourré de badges et clouté « King Tuff » dans le dos. Et une casquette de trucker, forcèment. Très bon look du bassiste moustachu également dans un registre surfer calif’ sur le retour davantage porté sur la bibine que les rouleaux.

Sur Keep on Movin, merveilleux tube évidemment ignoré, King Tuff chante « I let my guitar drool/ That’s how I stay so cool ». Bref, on sent bien le mec qui a davantage potassé les oeuvres complètes de Joey Ramone que celles de Fitzgerald ou Faulkner. Et c’est ça qui est bon ! Thomas possède un vrai talent pour la catch phrase un peu débile mais réjouissante, de préférence parée d’un enrobage hyper mélodique et accrocheur. Car sous ses allures de branleur, le gars écrit des compos inattaquables, toutes des classiques et tubes en puissance. Il faut vraiment écouter son album sorti l’an dernier, c’est une source ininterrompue de joie et de plaisir.

Pas grand chose à dire de plus: c’était court, intense, jouissif et un peu couillon comme un bon single punk-pop. Une chouette soirée « sixteen again » en somme.

Et là, le coup de théâtre, le twist de la mort, digne d’une apparition d’Ole-Gunnar Solskjaer dans les arrêts de jeu: je vois en sortant de la salle que Melody’s Echo Chamber joue au même endroit le lendemain. Non mais c’te folie! Dingue! 3 concerts en 4 jours! Wouuuuuuuuuuuuuuuuh! Spring break forever bitches!

Donc, demain, compte-rendu du concert toulousain de Melody’s Echo Chamber.

Melody's Echo Chamber

Crane Angels / Unknown Mortal Orchestra / Flaming Lips – Festival La Villette Sonique, Paris

Je découvrais le Parc de la Villette, le lieu m’a paru fort agréable et sympathique, quoiqu’un peu frisquet en ce qui concerne la Grande Halle. La température est graduellement montée, de même que l’ambiance même si, encore une fois, j’ai envie de pointer du doigt la relative froideur du public parisien (tu me vois pas mais j’ai le doigt pointé et le sourcil contrarié là).

Ouverture de la soirée par les bordelais de Crane Angels.

crane angels
Je ne les connaissais pas. Je n’ai appris que la veille qu’ils seraient de la partie, je n’ai pas eu le temps d’écouter. Juste lu la chronique de Magic qui parle d’une sorte de Polyphonic Spree en plus âpre. Visiblement le mec ne s’était pas donné la peine d’écouter l’album avant d’en parler parce que rien à voir. Ou alors, s’il suffit d’être plus de 4 sur scène pour évoquer Polyphonic Spree, ok (ils étaient 9). Bon, on s’en fout, je vais pas pinailler là-dessus, c’était mauvais, c’est tout ce qu’il y a à savoir.  Pas en place, bordélique, compositions moyenasses… Mauvais. Hé les mecs, faut bosser un peu hein. Surtout quand on veut jouer les branlotins entre les morceaux. C’est quand même la base ça, merde.

Les choses sérieuses commencent avec Unknown Mortal Orchestra.

Unknown Mortal Orchestra
II (quelle magnifique pochette n’est-ce pas ?) fait partie de mes favoris de l’année en cours, un prétendant sérieux au top 10, voire plus, et leur présence en 1ère partie des Lips a fini de me motiver pour assister à ce concert. Pour situer, si tu ne les connais pas, ils sont un peu à Jimi Hendrix ce que Tame Impala est aux Beatles : une sorte d’émanation à la fois ultra-référentielle et douée de vie propre. C’est déjà relativement évident sur disque, où leur psychédélisme rock affleure même sur les morceaux les plus écrits. UMO crée une musique incroyablement funky au sens « je vais te faire bouger ton p’tit cul » et « je vais te faire le cul » à la fois. Dansant ET sexy donc. Exemple type avec l’un des tubes de l’année, featuring le grand Christopher « Mac Lovin » Mintz-Plasse.

Le parallèle avec Tame Impala devient carrément flagrant sur scène, où les morceaux d’UMO, même les plus calmes, s’étirent en longues jams acides au cours desquelles la guitare de Ruban Nielson s’en donne à cœur joie. Ca peut paraitre chiant comme ça mais c’est tout le contraire : Nielson est un guitariste extrêmement inventif, au style unique (actuellement en tout cas) qui ne se laisse jamais emporter par ses capacités techniques très au-dessus de la moyenne (euphémisme). Pareil pour le batteur, parfait de A à Z. Le bassiste on s’en fout (look vaguement skateur pas très raccord avec les 2 autres d’ailleurs), à tel point qu’on se dit parfois que le groupe fonctionnerait parfaitement en duo guitare-batterie. Bon, c’était bieng, très bieng même. Un peu frustré qu’au final ils aient joué à peine plus longtemps que les branleurs qui les précédaient mais c’était super.

Place aux Flaming Lips donc.

flaming lips
Comment ne pas aimer ce groupe ? Comment ne pas aimer Wayne Coyne surtout, sa dinguerie totale, son enthousiasme débordant, sa voix ? On parle quand même là d’un type qui vit dans cette baraque et qui poste régulièrement sur son compte Twitter des photos de lui et/ou de sa femme à poil. J’aime bien cet épisode là aussi. Et je ne parle même pas des projets les plus fous du groupe, la liste serait trop longue. Je ne placerais pas les Lips dans mon panthéon des groupes contemporains (encore que…) mais c’est un groupe que j’aime beaucoup et que j’admire surtout pour son parcours, son exigence, sa créativité. L’exemple-type du groupe dont tu es ravi qu’il récolte un jour une reconnaissance populaire.

Gros point d’interrogation avant le concert : que vont-ils jouer ? Un best of euphorisant avec ballons, confettis et déguisements ? Une jam inaudible de 3h ? Leur dernier album en intégralité (je penchais un peu pour cette éventualité) ?
En tout cas, la mise en place d’éléments scéniques relativement complexes et élaborés laissent peu de doute quant à la création d’un gros dispositif et d’un show au sens propre du terme. J’ai un sens visuel horrible et des capacités descriptives proches du néant, je me contenterai donc de dire qu’il s’agissait là, en termes purement plastiques et sensoriels, du concert le plus impressionnant et stimulant auquel j’ai pu assister (et c’est un gars qui a vu le Roi Soleil de Monsieur Kamel Ouali qui le dit, autant que tu saches que je plaisante pas). Un déluge de projections visuelles hautement lysergiques, de spots clignotants, de néons et lasers qui collait parfaitement, et ne nuisait jamais, à la musique. Une petite photo pour donner une vague idée de ce que à quoi ça ressemblait (avec notamment les grosses boules métalliques qui m’ont fait penser à Kusama)

flaming lips live
La setlist a savamment mélangé des titres de tous leurs derniers albums (à l’exception d’Embryonic), avec, c’est logique, une majorité de titres du dernier, le si bien nommé The Terror (sublime pochette pinkfloydienne là encore). Surprenant a priori mais très logique là aussi au bout du compte.

Quelle est la grande trouvaille du groupe depuis The Soft Bulletin, l’album qui l’a fait accéder au rang de ceux qui comptent ? C’est selon moi d’avoir réussi à s’approprier des concepts aussi lourds que l’Amour, la Vie, la Mort dans ce qu’ils ont de plus essentiels et viscéraux (la beauté du visage de l’être aimé, la peur de le perdre, le miracle permanent de la Vie) et de l’avoir fait de la manière la plus pure, innocente et belle, qui soit. C’est ce qui fait de Do You Realize ?? leur hymne absolu, la quintessence de leur art pour cette période et une des plus belles chansons jamais écrites (Do you realize / That everyone/ You know/ Someday/ Will Die ?/ And instead of saying all of your goodbyes/ Let them know you realize that life goes fast/ It’s hard to make the good things last/ You realize the sun doesn’t go down / It’s just an illusion caused/ By the world/ Spinning round/ Dooooooooooooooo Youuuuuuuuuuuuu realiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiize ooooooooooooooh oooooooooooh ooooooooooh, ça y est je suis parti).
Parvenir à jongler avec ces concepts sans jamais être niais, pompeux, prétentieux mais au contraire frais, juste et profondément émouvant est absolument miraculeux. Dernière parenthèse, ma préférée dans ce registre est My Cosmic Autumn Rebellion, dans le top 3 des chansons-qui-me-laissent-la-gorge-serrée-à-tous-les-coups.

Or sur le dernier album, The Terror donc, ce sont les mêmes thématiques que le groupe aborde mais en allant cette fois à fond dans le côté obscur de l’angoisse (celui qui crée une peur panique, une terror) et non sur son versant lumineux (celui qui insuffle la pulsion de vie). Tout n’est donc qu’affaire d’ajustement pour faire se rejoindre 2 univers apparemment éloignés qui ne sont en fait que les 2 faces de la même pièce. Je m’arrête là je crois que t’as compris.

Setlist surprenante mais parfaite donc et lightshow époustouflant, qui convoquait plus que jamais les qualificatifs de « psychédélique », « psychotrope », « lysergique » souvent appliqués au groupe. En guise de cerise sur le gâteau, une reprise inattendue, WTF et émouvante, totalement Flaming Lips donc, du Heroes de Bowie (« that song makes you feel good, right ? » dira Wayne Coyne à son issue).

Ajoute à ça quelques interventions attendues mais toujours croustillantes du beau grisonnant aux frisettes (évidemment ravi d’avoir appris qu’il jouait ce soir-là dans d’anciens abattoirs) et tu comprendras que j’ai passé une bien belle soirée.

Demain, compte-rendu du concert toulousain de King Tuff !

king tuff

#12 Big Star – #1 Record/Radio City

big_star
Alors je triche un peu là encore mais si je possède évidemment désormais la réédition de chaque album, ma découverte de Big Star s’est faite via l’édition regroupant les 2 disques sur le même CD (je préfère néanmoins #1 Record si jamais tu te posais la question).
Qu’est-ce qu’il me faisait envie ce disque ! Mais j’ai attendu plusieurs années avant de pouvoir jeter une oreille dessus. J’ai d’abord dû tomber sur le bon disquaire.

Bon, quoi d’autre ? Rien oeuf corse. Cette musique est l’évidence même. A chaque écoute (A CHAQUE ECOUTE) je suis toujours autant surpris/atterré/scandalisé/peiné (enchaînement dans cet ordre exact) que le groupe ait eu si peu de succès. Incroyab’. Ce son… L’impression d’être à bord d’un jet, ou d’un quelconque bolide élégant, puissant, fuselé, rapide, souple. Un moment de grâce sans cesse renouvelé.

J’ai versé une larme quand j’ai appris la mort d’Alex Chilton, c’est la première fois que ça m’arrivait pour un artiste. J’étais au bureau, j’ai évidemment rien dit. Petit flottement : un mec de 37 ans qui a les yeux humides, on a dû penser qu’il m’arrivait un truc super grave, que je venais d’apprendre la maladie ou la mort d’un proche. J’aurais dû dire que c’était exactement ce dont il s’agissait.

#11 Belle and Sebastian – If You’re Feeling Sinister

belle and sebastian-if you're feeling sinister

Je suis passé à côté de ce disque et de ce groupe pendant un moment. C’est con quand même vu ce qu’il représente pour moi aujourd’hui…

A l’époque de la sortie de cet album, je commençais à m’ « ouvrir » à d’autre univers musicaux (il était temps…). J’écoutais de plus en plus de folk et de country, de pop late 60’s, un peu de soul, un chouïa d’electro (pardon, pas de l’electro: du trip-hop.).
Ce que je lisais sur B&S ne m’attirait pas. Il ressortait des différents articles qui leur étaient consacrés l’image d’un groupe caricatural, de quasi-autistes un peu versés dans les bondieuseries, d’ayatollahs de l’indie-pop touche-pipi etc. Moi je commençais à être à fond dans Beck, Ween et Johnny Cash donc bon…
Un an plus tard peu ou prou j’ai même reçu The Boy with the Arab Strap qu’on m’avait demandé de chroniquer. Et puis finalement non, la chronique n’était apparemment plus d’actualité : je n’avais toujours pas écouté le disque, du coup je l’ai laissé dormir sur une étagère…
Mais c’est une chronique de cet album qui m’a convaincu : l’excellent Stéphane Deschamps des Inrocks y disait en substance qu’on parle toujours des disques qu’on emporterait sur une île déserte mais que les membres de B&S eux, n’en emporteraient aucun puisqu’ils la jouaient cette musique d’île déserte. Ca m’a plu, du coup j’ai écouté et là évidemment, c’est devenu illico un de mes groupes fétiches.

Rétrospectivement, on réalise à quel point cet album est… parfait. De la première à la dernière seconde, de A à Z, il semble pensé, conçu, écrit, interprété en sachant en permanence quel résultat obtenir et comment l’obtenir.
On constate également qu’il marque un tournant dans la carrière du groupe, la fin d’un époque (déjà, après seulement 2 albums.). Après ... Sinister, Stuart Murdoch lâche du lest, permet à ses acolytes d’écrire et/ou interpréter certains titres. Les albums du groupe se diversifient un peu, peu à peu, et ne sont plus exclusivement des ouvrages de folk-pop late 60’s (pour résumer).

Beaucoup regrettent ce qui est généralement et sans doute à raison considéré comme l’âge d’or du groupe mais pas moi.
J’aime la façon dont le groupe a évolué, en s’ouvrant de plus en plus vers l’extérieur (essentiellement la blue eyed soul), tout en restant fidèle à ses manies de vieux garçons/vieille fille.
Tous ses albums consécutifs contiennent au moins une ou deux compositions mémorables et estomaquantes. Sur The Boy with the Arab Strap, le titre éponyme bien sûr ou Seymour Stein, premier sublime enregistrement du guitariste Stevie Jackson auquel Jack Black a rendu un vibrant hommage. Sur Fold Your Hands…, The Model ou The Wrong Girl. Sur Dear Catastrophe Waitress, peut-être celui que je préfère avec …Sinister, I’m a Cuckoo, Wrapped Up in Books. Sur The Life Pursuit, Another Sunny Day, sur le dernier, I Didn’t See It Coming.  Bon, je pourrais en citer une bonne vingtaine.
Je dirai en guise de conclusion que Belle & Sebastian fait partie de ces rares groupes/artistes qui n’ont selon moi jamais publié une seule mauvaise chanson.

#10 Beck – Odelay

Beck - Odelay

A une époque, à la fois pas très lointaine et qui semble appartenir à un monde parallèle, Beck était « l’homme le plus fort du monde » comme l’avait titré Technikart (qu’à ce moment là je lisais aussi passionnément que So Foot ou Uncut aujourd’hui). Et je trouvais qu’ils avaient sacrément raison. Le mec était en train d’enchaîner, comme ça, peinard, Odelay, Mutations et Midnight Vultures en l’espace de 4 ans. Boum, boum et boum.

En ce qui me concerne c’est couasiment une révolution : lorsque sort Mellow Gold, je suis VRAIMENT un connard d’indie-popeux arrogant, méprisant et surtout, très logiquement, assez chiant. T’écoutes de l’indie-pop essentiellement britannique, tu rêves de grisaille mancunienne : t’es chiant, y a pas débat. L’éclectisme était beaucoup moins de mise il y a 20 ans… Le mec qui se justifie, tsé.
Bon, quoiqu’il en soit, là-dessus débarque un petit blondinet californien qui t’explique que le folk c’est super cool, que la country c’est hype et que tiens, tu peux même rajouter un peu de soul et de hip-hop par-dessus, tu vas voir comme c’est bon.
Et en effet, c’est bon. C’est même TRES bon. Je m’en rends pas compte tout de suite, note : j’achète Mellow Gold, j’aime bien mais ça me fait pas sauter au plafond non plus. Même Odelay, j’accroche pas tout de suite. J’attends d’ailleurs un peu avant de l’acheter, je suis méfiant tu vois.

Cet été là je pars bosser en Irlande et on y entend Devil’s Haircut un peu partout : c’est ma porte d’entrée pour un album absolument génial qui pour moi synthétise à merveille la décomplexion (la bonne), l’ironie (avec malgré tout la capacité d’émerveillement), le second degré qui en fait n’en est pas vraiment (je viendrai d’ailleurs à Ween grâce à Beck qui soit-dit en passant, peut leur dire merci), le post-modernisme quoi, caractéristiques de l’époque. J’irai même plus loin : tout ce que je viens de décrire, les 90’s, sont dans le clip de Where It’s At, un des clips les plus cools de tous les temps.

Et puis la joie. La Joie! « Beck » suivi d’un point d’exclamation, ce chien totalement fou qui saute gaiment un obstacle… Si t’as l’occasion de choper ce show dans son intégralité par exemple, ou un show de la tournée Odelay, tu comprendras.

Beck, à ce moment là, c’est l’Amérique éternelle, celle de Steinbeck, John Ford, Dylan, Gram Parsons ou Prince mais à notre époque. Vivant. The Golden Age putain…. Il est logiquement devenu un compagnon, un de mes artistes fétiches jusqu’à la première moitié des années 2000.

Et puis plus rien, ou presque. Ses disques sont toujours intéressants mais je les trouve trop calculés, trop froids. Quand il essaie de réamorcer la pompe Odelay (sur Guero ou The Information), ça sonne faux, ça manque de spontanéité, de joie. Quand il se fait plus grave, ça ne marche pas non plus, il n’atteint pas les accents douloureux de Sea Change ou la mélancolie pop de Mutations. Modern Guilt est un bon album, c’est certain, mais je le trouve mortifère, sur le fond et surtout, sur la forme, ce qui me gêne davantage.

Aujourd’hui Beck est devenu un peu chiant en somme, un peu triste. Il est scientologue, il a les cheveux longs et ressemble à un bobo californien. Il produit (plutôt bien d’ailleurs) et n’a plus l’air très intéressé par sa propre carrière; il a l’air un peu perdu mais ça c’est sans doute mon interprétation…
Quoiqu’il en soit je reviens toujours aussi naturellement à Odelay. Et à ses 3 successeurs donc, qui auraient pu figurer dans ce classement. Mais non.

#9 The Beatles – Abbey Road

beatles-abbey-road

« And in the end, the love you take is equal to the love you make. »

Là on est plus dans seulement dans le top 100 mais dans le top 10 voire 5. « Le crwème de le crwème » comme disent les états-uniens.

Et mon éternelle gratitude à celui ou celle qui pourra m’expliquer ce qui se passe à partir de You never give me your money jusqu’à The End. Parce qu’après plus de 20 ans d’écoutes, j’ai toujours pas compris.

Rome

Danger-Mouse-Daniele-Luppi-Rome-CoverJe fais une pause dans mon top 100 pour revenir un instant sur cet album qui date de 2011 et qui est me semble-t-il passé relativement inaperçu. Je l’ai moi-même écouté pour la première fois il y a quelques semaines seulement. C’est depuis lors l’un de ceux qui tournent le plus sur ma chaîne.

Le très prolifique Brian Burton aka Danger Mouse s’y est associé au compositeur de musiques de films Daniele Luppi, auteur par exemple de la musique de la série Magic City (dont je pourrais parler à l’occasion tiens, c’est pas mal Magic City…).

Leur objectif: « recréer » sinon la musique à proprement parler, du moins l’atmosphère des bo d’Ennio Morricone. Ils ont pour ce faire convié certains des musiciens de l’époque. Ils ont également invité Jack White et Norah Jones à chanter quelques titres (3 chacun).
Si Jack White se coule facilement dans le costume spaghetti (au point de vampiriser un tantinet les titres qu’il interprète), Norah Jones… Comment dire… Bon, ok, j’ai du mal avec cette fille. Beaucoup de mal. Mais objectivement, les habits de vamp/bad girl qu’elle tente  de revêtir ici ne lui conviennent pas du tout. C’est pas dramatique non plus mais bon… C’est un bémol en ce qui me concerne.

Dommage parce que c’est quand même globalement assez sublime: Luppi déploie sa science de l’arrangement « classique » et Danger Mouse apporte une touche pop des plus élégantes (mmmmh, cette basse au médiator… qu’est ce que j’aime ça nom de Dieu!). On a parfois l’impression d’entendre Air reprendre Morricone et ça évidemment, ça ne peut que me séduire.

Un bel album donc qui s’adresse autant aux amateurs de musique de films qu’aux fans de pop.

#8 The Beatles – Revolver

beatles-revolver

Même en postant une entrée par jour, ce que je ne fais et ne ferai pas, j’en aurais pour plus de 3 mois avant d’arriver au numéro 100… Donc quand c’est superflu, j’en rajoute pas. Là c’est comme pour Rubber Soul ou Pet Sounds, c’est une évidence.

Non parce que je te vois venir : « ouais ça y est, il a lâché l’affaire, ça va finir par du simple postage de pochette cette histoire, de toutes façons j’y ai jamais cru, bla bla bla il nous a mentis bla bla bla il a pas les épaules bla bla bla si ça se trouve c’est même pas vrai qu’il a le 06 de Zooey Deschanel » etc etc j’en passe et des meilleures.

Mais tu verras mon pote. Oooooh oui, tu verras.

Juste, quand c’est superflu, j’en rajoute pas.