Ouvert la nuit – critique

169454-jpg-r_1280_720-f_jpg-q_x-xxyxxLuigi a une nuit pour sauver son théâtre. Une nuit pour trouver un singe capable de monter sur les planches et récupérer l’estime de son metteur en scène japonais ; une nuit pour regagner la confiance de son équipe et le respect de sa meilleure amie – qui est aussi sa plus proche collaboratrice… et pour démontrer à la jeune stagiaire de Sciences Po, tellement pétrie de certitudes, qu’il existe aussi d’autres façons dans la vie d’appréhender les obstacles…(Allociné)

« Hep taxi! » semble dire Edouard Baer sur l’affiche du film. « Hep taxi! » ou « Patron, la même! », ça marche aussi : Ouvert la nuit est LE film qu’on l’imaginait créer un jour : une sorte de road trip nocturne dans Paris, de bar en bar, de taxi en taxi, de rencontre en rencontre.

Il y a 20 ans, le duo qu’il formait avec Ariel Wizman, et qui survolait les débats de très très haut, avait signé, dans le cadre de leur programme court A la rencontre de divers aspects du monde contemporain ayant pour point commun leur illustration sur un support audiovisuel diffusé le samedi midi sur Canal Plus (j’ai encore des VHS avec les meilleurs épisodes mon vieux), un épisode génial intitulé Paris by Night (visible ici) : on y suivait une caricature de noctambule parisien dans ses déambulations et divagations.
C’était avant tout une parodie : Ouvert la nuit serait le pendant sincère et premier degré de ce Paris by Night, une déclaration d’amour au théâtre, aux comédiens, aux artistes, aux petites mains, à Paris, à la nuit, à Paris la nuit. Doublée d’une déclaration d’amour à Edouard Baer, par Edouard Baer, avec Edouard Baer : c’est à la fois ce qui fait le charme et la limite du film. Baer est un personnage irrésistible, drôlissime, charmant, brillant mais le problème c’est qu’il en a un peu trop conscience. Ca a toujours été le cas, certes, mais c’est particulièrement flagrant ici.

Après, autre petite réserve, et là c’est encore plus personnel, j’ai un peu de mal avec le côté « poésie urbaine/nocturne », avec l’ode aux artistes qui n’est jamais loin de celle aux saltimbanques, avec l’amour des rencontres fortuites et improvisées non-mais-je-te-jure-on-a-passé-un-moment-unique-avec-Petit-Joe-tu-sais-le-SDF-qui-squatte-rue-Mouffetard-ça-a-changé-ma-vie… C’est le côté « j’aime tout le monde, tout le monde a son histoire et sa poésie » d’Edouard Baer, qui le rend attachant mais qui peut aussi fatiguer. Moi en tout cas ça me fatigue un peu parfois, en tout cas j’ai un peu de mal.
Mais comme c’est un type intelligent, il prend soin d’apporter une légère contradiction à son enthousiasme débordant, via le personnage interprété par Sabrina Ouazani, qui essaie de lui remettre les idées en place, ou via une scène comme celle de la visite à ses 2 filles. « Légère » contradiction seulement, ça reste mineur dans un film globalement euphorique et euphorisant mais c’est là et c’est bien que ça soit là.

Bilan ? Bah c’est quand même très positif tout ça… Malgré ces quelques réserves, j’ai passé un bon moment et c’est quand même un film au cours duquel j’ai bruyamment éclaté de rire à plusieurs reprises, c’est pas rien.

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