La session de rattrapage 8

Session « vus à la télé » (oui, j’enchaîne comme si de rien n’était, c’est ce qui m’a semblé le mieux à faire après réflexion).

Qui regarde encore des films à la télé d’ailleurs ? Des films qui démarrent à un horaire (plus ou moins) précis, avec une ou plusieurs coupures pubs au miyeu pendant lesquelles on ne peut que prendre son mal en patience.
Je pensais à ça l’autre jour alors que j’avais repéré sur le programme The American, un film que j’aime beaucoup, avec George Clooney et Violante « bonjour Madame » Placido, une❤❤❤ que j’adore. Je le connais par❤ mais j’ai eu envie de le revoir. Comme quand, en bagnole, tu allais mettre un CD dans le lecteur mais que l’animateur annonce une chanson que tu adores à la radio (genre Belle Île en Mer ou Manhattan Kaboul quoi, Nooooooooooos-taaaaaaaal-giiiiiiiiiiiiiie) : c’est un plaisir différent que de l’écouter de manière inattendue.
Bref, du coup j’ai dû me fader 20 minutes d’un Touche pas à mon poste qui avait largement dépassé l’horaire prévu initialement. Putain c’est incroyable quand même… Note qu’étrangement, je me suis fait la même réflexion à la première apparition de Violante: « putain, c’est incroyable quand même… ». Touche pas à mon poste donc, cette… ce… truc, totalement incompréhensible, dont le succès apparemment pas démenti me désespère tout en ne cessant de m’interroger, puis 10 bonnes minutes de pub.
Qui a encore la patience de faire face à un laps de temps incompressible alors que tout est à portée de click ?
Je pensais à ça l’autre jour.

Love Is All You Need

Vu un peu par hasard sur Arte  parce que j’avais envie ce soir-là de voir un truc complètement inconséquent. A la télé, donc.
La majeure partie du film se déroule tout près de Sorrente, dans le Sud de l’Italie. C’est beau. Très beau même. On se croirait dans une pub Santa Lucia de Galbani avec ses paysages méditerranéens sublimes, ses gens beaux et joyeux qui chantent plus qu’ils ne parlent, leurs vêtements colorés, du chianti et de la mozzarella Santa Lucia de Galbani sur la table du jardin.

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Le film vaut quand même un peu plus que ce vernis carte postale : il s’agit d’une comédie romantique middle-aged sur fond de drame médical. Non non, pars pas, c’est mieux que ça en a l’air ! C’est assez direct (c’est danois et ces gens là sont généralement assez directs me suis-je laissé dire) et pas lacrymal pour un sou, ni manichéen même si la romance est cousue de fil blanc, assez fin en vérité. Et Pierce Brosnan est parfait pour ce type de rôle/film. Je le conseillerai pas pour autant mais c’est pas mal.

The November Man

Vu à la faveur d’un weekend où j’ai bénéficié gratuitement des chaînes Canal Sat. Ca survient généralement lors d’un weekend réservé aux matches internationaux : sont pas cons, ils vont pas nous permettre de mater gratos des machs de Premier League ou de Ligue 1.
C’est vraiment pas terrible: un film d’espionnage pas suffisamment old-school pour se démarquer avec charme des tom cruiseries actuelles et évidemment trop cheap pour les concurrencer (c’est réalisé par le vétéran Roger Donaldson et ça pue à plein nez la co-production americano-européenne).

Cool guys don't look at explosions.
Cool guys don’t look at explosions.

Ca se passe d’ailleurs en Europe sur fond de crimes de guerre en Tchétchénie. C’est un peu vulgaire (un peu trop, ou pas assez), un peu violent (un peu trop, ou pas assez), un peu manichéen (un peu trop, ou pas assez). Un film très moyen donc, qui bande mou. En parlant de ça (pardon…), Pierce Brosnan est lui aussi trop vieux (pour les scènes d’action) ou pas assez (pour la patine du vieux-sage-qui-a tout-vu-tout-connu). Il arrive quand même à se taper Olga Kurylenko, de 30 ans sa cadette. Ben voyons. Elle en revanche n’est ni trop, ni pas assez: elle est à tomber, comme toujours.

Magic In the Moonlight

C’est étonnant comme Emma Stone parvient à être aussi charmante alors qu’elle accumule les défauts objectifs : morphologie de crevette, yeux vraiment creepy, bouche suspecte. Mais elle est mignonne. Mais ces yeux putain…
Encore un film dans lequel un cinquantenaire se tape une nana d’à peine 20 ans, normal hein, pourquoi s’emmerder ? Évidemment, ça n’a plus rien de surprenant chez Woody Allen mais bon, c’est pas une raison pour ne pas le relever :  ça m’a paru particulièrement gênant ici… Peut-être aussi parce qu’Emma Stone sera toujours pour moi associée à Superbad, ce film définitif sur l’adolescence que j’aime plus que tout.

Petit chou quand même
Petit chou quand même

A part ça, ça ronronne quand même beaucoup… Où sont les dialogues prétendument brillants ? Les fameux one-liners alleniens ? Les situations drôlatiques ? C’est vraiment un film de vieux. Woody Allen devrait selon moi désormais se consacrer aux drames, ça lui va bien mieux : cf L’Homme irrationnel, pas génial certes mais 100 coudées au dessus de cet objet totalement inconséquent/inoffensif ou cf, plus loin dans le temps, Match Point et Le rêve de Cassandre, ses derniers vrais bons films.

Le doulos

Ce fut un choc lorsque je le découvris à 20 ans et je ne l’avais pas revu depuis. Bah, que dire? C’est tout simplement un classique absolu du film noir, un de ceux qui figureraient à coup sûr dans tout top du genre qui se respecte, qu’elle que soit sa provenance, France, Etats-Unis ou Taïwan, qu’elle que soit la publication, pointue, ou grand public.
On n’y retrouve pas encore tout à fait le Melville supra-minimaliste, contemplatif et révolutionnaire de la fin des années 60 mais plutôt celui qui, malgré l’extrême minutie de la mise en scène, des dialogues et malgré les décors de studio, se rapprochait de la Nouvelle Vague. Des personnages hyper ambigus, tous doubles, meta-physiques, l’atmosphère un peu glauque d’une France encore incertaine et en pleine reconstruction, des pardessus, des cigarettes sans filtres. Et des doulos. Un régal.

Une des rares scènes sans doulos
Une des rares scènes sans doulos justement

Enfin, la scène d’interrogatoire est toujours aussi impressionnante. On a vraiment l’impression que la nana se fait dérouiller…

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Inception

Ah ça fait mal juste après le Melville… Le prototype du film qui voudrait faire passer sa complexité de surface pour de la profondeur, alors qu’il ne dit rien, absolument rrrrrriiiiiiiiiiieeeeen sur le monde, la Vie, la Mort etc. Tout le contraire du Melville donc. Et sur la forme, j’ai trouvé ça insupportable : le rêve dans le rêve dans le rêve dans la tête dans le cul. ON S’EN FOUT NOM DE DIEU ! Qui sont ces personnages ? Qu’est ce qui les anime ? Tout ça c’est Nolan qui s’en fout, et pas qu’un peu. Il veut juste nous en mettre plein la vue avec son scenario d’adolescent fumeur de shit et son esthétique d’album de rock progressif des années 80. Complètement con.

Ouais, trop fort man.
Ouais, trop fort man.

Et comble du truc, il parvient à rendre Di Caprio moche, faut le faire.
J’attendais un seul truc, LA scène avec Michel Sardouille et celle-ci survient au début donc je me suis vraiment, mais vraiment fait chier après ça. Ce mec, Christopher Nolan, est vraiment la pire imposture du cinéma actuel. Tellement que j’ai réussi à dire tout mon mépris pour cette grosse merde prétentieuse sans mentionner une seule fois Marion Cotillard. Costaud, le mec.

Pour la peine et parce que je m’en lasse pas (c’est lui, c’est vraiment lui !!) :

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Rapt

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J’aime ce film. Un capitaine d’industrie un peu tombeur, un peu flambeur (Yvan Attal, très bien), se fait kidnapper. Alors qu’on négocie pour sa libération et la remise de la rançon, sa double vie fait peu à peu surface en même temps que la une de la presse people. Si bien que lorsqu’il est enfin libéré après avoir subi un calvaire, c’est lui qu’on montre du doigt et qui passe pour coupable auprès de ses associés et de sa famille. Le film est simple, direct, limpide, alternant scènes en captivité et scènes de tractations dans les bureaux feutrés et luxueux hôtels particuliers qui font le quotidien de Stanislas (Attal). Je trouve Lucas Belvaux parfois un peu trop didactique, un peu trop transparent dans ses intentions mais ici, ça fonctionne parfaitement. C’est sec et tendu, c’est un excellent polar, inspiré du véritable kidnapping du baron Empain en 1978.

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