Michael Kohlaas – critique

Au XVIème siècle dans les Cévennes, le marchand de chevaux Michael Kohlhaas mène une vie familiale prospère et heureuse. Victime de l’injustice d’un seigneur, cet homme pieux et intègre lève une armée et met le pays à feu et à sang pour rétablir son droit. (Allocine.fr)

Alors déjà c’est « Michel » Kohlaas, pas « Mickael » ni « Mike ». Parce que l’action se déroule sur la terre de France. D’une. Et de deux, don’t fuck with Michael’s horses. L’injustice s’exerce en effet d’abord contre 2 chevaux laissés en gage au dit seigneur, puis envers sa propre femme.

Marrant comme avec un tel pitch, on pourrait tout aussi bien se retrouver devant une horreur absolue. Là tout de suite, je pense par exemple aux horreurs costumées réalisées par Ridley Scott et je me sens pas très bien.
Michael Kohlaas emprunte un chemin exactement inverse. J’ai bien quelques réserves mais c’est globalement assez sublime.

Des Pallières, dont c’est le premier film que je voyais, choisit l’épure et surtout l’ellipse pour mener son récit: beaucoup de scènes sont coupées avant leur terme supposé, beaucoup de faits sont laissés dans l’ombre, ou plutôt à l’interprétation du spectateur. En lieu et place, la puissance d’évocation des paysages et des hommes qui s’y inscrivent. D’un surtout, Mads Mikkelsen, superbe. Genre de Viggo Mortensen pour films d’auteurs, il bouffe l’écran à chacune de ses apparitions. Et il apparait beaucoup.

La gamine est bluffante également
La gamine est bluffante également

En fait je crois que j’aurais aimé que le film soit encore plus animal et existentiel. Qu’il y ait encore moins de dialogues et de psychologie. Même si, à ma grande surprise, la longue scène de joute verbale confrontant Kohlaas et le personnage de pasteur interprété par Denis Lavant, fonctionne remarquablement bien.
En revanche, toutes les scènes réunissant Michael et sa femme m’ont paru totalement factices, maladroitement lyriques, hors de propos. On comprend bien qu’elles servent à expliquer ce qui va suivre mais elles me semblent en contradiction totale avec la sècheresse de l’ensemble du film.

Détail sans importance au bout du compte: Michael Kohlaas est une œuvre forte qui laisse une empreinte durable notamment en raison de sa conclusion en crescendo, genre d’opera austère et protestant (l’action se déroule en terre réformée). Bel acteur, belle histoire (qui m’a également un peu rappelé Josey Wales, hors la loi), belle mise en scène: beau film.

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2 réflexions sur “Michael Kohlaas – critique

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