This Is Not A Love Song festival 2015 – Nîmes – Jour 3

Un incident technique indépendant de ma volonté m’a empêché d’assister à la majeure partie de cette 3ème journée du festival : alors oui, j’ai raté les Allah-Las, oui, ça me fait vraiment chier, et même plus, donc, tout comme mon rendez-vous manqué avec Teenage Fanclub, je veux plus aborder ce sujet jusqu’à ce que je réussisse à les voir sur scène un jour. Capisce ? OK.

J’attaque avec les Sleaford Mods, sensation punk-hop de l’an dernier.
J’entre dans la grande salle alors que ça a déjà commencé : un laptop, un mec en bermuda-casquette derrière, un micro, un mec au look vaguement Mod en effet qui tourne autour. le 1er lance un beat, le second vocifère dans le micro. Et c’est génial. C’est. Génial. Jason Williamson, vieux routier désabusé du music business complètement reinventé/retrouvé avec ce nouveau projet (il a déjà 45 ans quand même), raconte les quotidiens de merde faits de mauvaise dope, de boulots à la con, de bière tiède, de fish and chips avariés. « This song is about your fockin’ manager. And if you’re a fockin’ manager, then this song is about you, you cheeky cunt. » Ce qui est génial c’est que les mecs ne se la racontent pas : quand je dis que le casquetté lance le beat, c’est qu’il lance le beat et c’est tout. Il fait pas semblant de bidouiller quoi que ce soit, il appuie sur une touche et recule d’un pas, se contentant de hocher la tête, une bière dans la main gauche, la droite dans sa poche. Pendant que l’autre fait le spectacle, postillonnant comme un goret en crachant sa bile. Même pas bourré le mec : il tête avec constance et avidité une bouteille de Cristalline. Fockin genius. Je l’ai toujours été évidemment mais en ce moment, je me sens particulièrement anglophile : ce concert, ce groupe, tombent pile poil au bon moment pour moi.

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Du coup c’était pas prévu mais je rate le début du show d’Unknown Mortal Orchestra. Pas grave, je les ai déjà vus il y a 2 ans en 1ère partie des Flaming Lips à Villette Sonique. Cette fois, pour se rapprocher des textures et arrangements plus complexes du nouvel album, le trio habituel est accompagné d’un claviériste. Bon, c’était très bien encore une fois : souple et funky, hyper coolos sous le soleil de fin de journée. Toujours aussi virtuose, Ruban Nielson semble désireux à la fois d’élaguer son jeu tout en densifiant ses compositions et ça fonctionne remarquablement bien. Toujours aussi fan du batteur, toujours aussi convaincu que le bassiste pourrait virer sans qu’on s’en rende compte. Pas grand chose à ajouter :  le nouvel album est top, ce groupe est top, ce concert était top.

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Note le cadrage extrêmement précis, quasi technique, de cette photo.

Je vais ensuite faire un tour à The Soft Moon. Je connais que de nom, et le peu que j’ai lu à leur sujet laissait présager que c’était pas DU TOUT pour moi. Et de fait, j’ai tenu 2 chansons je crois. Cold-shoegaze-noise, je sais pas comment qualifier ça mais ça me gonfle profondément. Si le reggae n’existait pas déjà, ça serait mon reggae. Ce qui me gonfle encore plus de surcroît, c’est qu’on disqualifie avec dédain des mecs comme les Allah-Las parce qu’ils ne seraient que de vulgaires retro-fétichistes, tout en encensant ce genre de groupe. Alors que la seule différence entre les 2 c’est qu’ils font une fixette sur une période différente. Point barre final à la ligne.

Foxygen sur la grande scène ensuite.
Alors… Premier album, pop sixties meets Beck meets MGMT. Classique instantané. Tchuerie. Deuxième album sorti l’an dernier, port meets nawak meets Todd Rundgren. Et je suis très indulgent : il est quasiment inécoutable. Ratage complet ? Foutage de gueule délibéré ? Crise d’adolescence ? Sans doute un peu les 3 à la fois. Tout ça pour dire que je ne sais vraiment pas à quoi m’attendre ce soir.
Ils déboulent à 5, sans le chanteur Sam France évidemment, dont on se doute qu’il va se faire mousser au maximum. 5 plus 3 danseuses ! Et ça évidemment c’est très cool parce qu’elles sont quand même un peu coquines les coquines. Ca danse donc lascivement et énergiquement à la fois pendant que le groupe balance un We Are The 21st Century Embassadors of Peace and Magic à rallonge. A rallonge car oui, Sam France se fait bien prier. Il déboule donc après plusieurs minutes sous les vivats du public, nombreux et enthousiaste. Très amaigri, les cheveux décolorés, il ressemble énormément à Christopher Owen, le chanteur de Girls. Et on comprend très vite que Foxygen est là pour assurer un spectacle au sens propre du terme : France en fait des caisses dans son rôle de Jagger 2.0, ça joue des petites saynètes entre les morceaux, les danseuses (qui sont également choristes) assurent le show avec une belle abnégation etc etc. A un moment, faisant mine de s’embrouiller (le groupe est notoirement connu pour ses tournées, disons, chaotiques et Pitchfork avait annoncé l’an dernier qu’il avait splitté, information uniquement démentie par l’annonce surprise du nouvel album), tout le monde quitte carrément la scène pendant de longues minutes, pendant que la sono balance un grésillant San Francisco, leur chanson la plus connue. Qu’ils ne joueront donc pas ce soir en live.
Beaucoup dans le public, sans doute lassés par tant d’hystérie et de cabotinage (Sam France en fait VRAIMENT des caisses, il bouge et saute partout, tout le temps), reculent pour peut-être carrément aller voir ailleurs s’ils n’y sont pas : je comprends. Mais moi ça m’a beaucoup plu : déjà le groupe a l’intelligence de se concentrer sur les chansons de son 1er album; il ne garde ensuite du second que les plus abouties, les rendant encore plus classiques dans leur version live, se rapprochant alors d’un mélange entre les Stones de Black and Blue et le Todd Rundgren de Something/Anything; et puis surtout, je trouve ça mignon cette naïveté, ce désir de proposer un spectacle total, de jouer la carte d’un certain glamour décadent, très hollywoodien. C’est peut-être pas toujours réussi, voire c’est souvent maladroit mais c’est fait avec enthousiasme et sincérité, ça me touche. Le dernier morceau, Everyone Needs Love, est sublime pour les mêmes raisons : un peu naïf, très sincère, beaucoup Rundgren, bien interprété / joué, je ne peux qu’adhérer.
« Everyone needs love / we can make it together », vous avez bien raison les jeunes !

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Donc voilà, ça s’est un peu terminé en eau de boudin en ce qui me concerne, plus tôt que prévu en tout cas.

Pas d’interviews finalement, j’ai pas pu avoir ce que je voulais et pour les autres, ça s’est mal goupillé. Ca n’est que partie (Grande) remise. Pouf pouf.

Pas de concerts gratuits non plus ie, les concerts de l’après-midi (le samedi et dimanche, les portes ouvraient à 14h) pour des raisons d’organisation personnelle également. Je jetterai néanmoins une oreille à Johnny Hawaii, Appletop et Only Real qui m’intriguaient pas mal.

Et puis c’est vrai, même si c’est la règle du jeu de toutes les manifestations culturelles de ce type et qu’on le sait pertinemment, on a parfois la sensation de se trouver dans la position du gamin dans la confiserie comme disent les anglo-saxons, ou d’adopter une attitude un peu consumériste pour adopter une tournure nettement plus négative : on veut tout voir, se gaver au maximum de musique, on court d’une scène à l’autre toute la journée de peur de manquer quelque chose d’important (en tout cas, je fonctionne comme ça mais je suis peut-être minoritaire, je ne sais pas).
Et le lieu s’y prête merveilleusement : Tinals, malgré son évolution et sa « progression » (sur le plan quantitatif, fréquentation et nombre de groupes/concerts) reste un festival à taille humaine, artisanal et ses 4 scènes sont réunies dans un périmètre réduit. C’est évidemment très appréciable. Mais je pense que l’année prochaine, je ferai le choix de choisir justement, et de voir moins de concerts peut-être, mais de les voir mieux.

Parce que oui, même si j’ai globalement été moins enthousiasmé par les prestations de cette édition que par celles de l’année dernière, un tel lieu, une telle organisation, une telle programmation, c’est absolument immanquable. Rendez-vous en 2016 donc !

This Is Not A Love Song festival 2015 – Nîmes – Jour 2

Giant Sand, Ariel Pink, Sun Kil Moon et Divine Comedy en têtes d’affiche de la 2ème journée de This Is Not A Love Song à Nîmes : difficile de faire plus éclectique. Une programmation des plus roboratives. Tinals met les bouchées doubles pour cette nouvelle édition.

Merde, j’ai planté, je me crois dans Télérama.

Hipster, nul à chier, dément, n’importe quoi, sans déconner, DTC, Zooey Deschanel, Wes Anderson, Real Madrid.
Voilà, ça va mieux.

Aquaserge dans la grande salle pour débuter la journée.
Aquaserge est un groupe toulousain, je les ai vus en concert à de nombreuses reprises. J’étais très curieux de les revoir pour la 1ère fois depuis un an, après la sortie de leur 1er album (A l’amitié), après, surtout, leur 1ère véritable tournée. Et comme je m’y attendais, ils ont énormément progressé : tout le monde est hyper bien en place, les enchaînements absolument déments, et par conséquent, servie pas l’excellente acoustique d’une véritable salle de concert, leur pop hybride mêlant influences retro, prog et jazz rock (on peut aussi bien songer à Stereolab, pour qui ils avaient d’ailleurs ouvert il y a quelques années, qu’à Gong, pour situer) prend littéralement forme sous nos yeux. Une forme ronde, élastique et mouvante, en constante évolution. Excellent concert donc, l’un de ceux que je retiendrai sur ces 3 jours.

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Je vais faire un saut à l’extérieur pour jeter un oeil à Twerps : c’est mignon, c’est bien fichu mais je m’attarde pas trop, j’en ai un peu marre de ce revival indie pop 90s, guitares graciles et mélodies un peu floues. Et puis Giant Sand à suivre.

La grande salle est bien pleine pour accueillir un des groupes phares et cultes de l’americana, avec un public plus âgé et très masculin. Un mec dans l’assistance gueule « Teuksone ! » lorsque le groupe débarque. Howe Gelb, très charismatique, présente d’emblée chacun de ses musiciens et rappelle ainsi à tout le monde que Tucson se prononce « toussonn ».
Et c’est parti pour une grosse heure de country-folk-rock racé et classieux qui rappelle à chacun que Giant Sand fait bien partie des pionniers et des tous meilleurs représentants de ce genre aujourd’hui fermement établi. A mi-concert, Gelb s’assied au piano, seulement accompagné de sa section rythmique, pour un passage limite piano bar qui me convainc modérément. Le reste du groupe le rejoint pour un final plus rock qui finit de mettre l’assistance à genoux. Ca sera pour beaucoup le meilleur concert du festival. Pas pour moi : c’est excellent, mais surtout dans la 1ère partie en fait, après ça se délite un peu. Et Howe Gelb a beau avoir une présence phénoménale, avec des interventions toujours très drôles, pertinentes, spirituelles, je reste un peu sur ma faim. Disons que ça ne m’a pas totalement bouleversé. Mais ça restera un des moments forts du festival, et c’est une grande chance que d’avoir pu assister à un concert de ce groupe.

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Allez hop, je traîne pas, je veux absolument voir Ariel Pink sur la grande scène extérieure.
Compliqué Ariel Pink évidemment, très compliqué… Insupportable personnage la plupart du temps (gros poseur ? véritable dingo ? Mystère…) mais du talent, c’est indéniable, et des fulgurances créatives qui le rendent, au minimum, intrigant. Ils sont super nombreux sur scène (7 ou 8, je sais plus ezactement) et mettent énormément de temps à se mettre en place :  je crains le pire. D’autant qu’ils jouent fort, TRES fort : les bouchons d’oreille sont de sortie dans une large proportion du public. Mais très vite, ça se met en place : ça passe constamment du coq à l’âne, de la pop déviante au hair metal en passant par le punk rock ou l’electro vicieuse mais ça tient étonnamment bien la route, ça prend du sens au fur et à mesure. Je ne m’y suis à mon grand regret encore jamais rendu mais pour moi, Ariel Pink, c’est la bande son du Los Angeles des années 2010 : une ville hybride, à la fois crade, glamour et complètement tordue. Il en est en tout cas un excellent ambassadeur.

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Je tente ensuite de me rendre au set de Wand dans la petite salle mais c’est peine perdue, la file d’attente pour entrer est à nouveau décourageante. Dommage, j’aurais bien aimé assister au concert de ces protégés de Ty Segall.

Je me rapatrie donc vers la grande salle où le concert de Sun Kil Moon a déjà débuté. Je comptais pas y assister, ça me gonfle Sun Kil Moon… C’est du folk hyper narratif et plombant, c’est pas pour moi. Surprise : Mark Kozelek, l’homme derrière ce nom primesautier (et derrière feu Red House Painters), est accompagné de 2 guitaristes et d’un batteur. Je pensais qu’il se produirait seul, en musicien qui fait jouer ses mains sur un morceau de bois. Il arpente la scène comme un lion en cage, déclamant ses textes décrivant essentiellement, le deuil, le sentiment de perte et autres joyeusetés, de manière hyper agressive. Intrigant… Entre chaque morceau, il invective le public, lui demandant constamment de se taire (« stop whispering »). Il cherche la confrontation, c’est évident, il s’en amuse. On songe par moments à un Springsteen minimaliste et janséniste, aussi austère et « malaimable » que Bruce est généreux et exubérant. Je peux pas dire que ça me plaît mais je suis curieusement comme hypnotisé, je n’arrive pas à m’arracher de mon siège (oui, je suis au balcon, confortablement assis, comme au cinéma, et comme le vieux que je suis). C’est un moment fort finalement, l’un de ceux que je retiendrai…

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Je sors néanmoins un peu avant la fin, je ne veux absolument pas manquer une seconde du concert de Divine Comedy sur la grande scène extérieure.
J’ai déjà expliqué ici l’importance qu’à ce groupe pour moi, l’affection que je porte à Neil Hannon. Divine Comedy, c’est aussi un sublime concert de 1996 au Bikini, à l’époque où le groupe se produisait avec une formation classique complète (une trentaine de musiciens de mémoire) : je ne peux pas nier la dimension nostalgique que revêt la prestation de ce soir même si je continue à suivre, et à trouver excellente, une carrière qui a connu quelques bas, mais qui est à nouveau très intéressante sur les derniers albums.
Ce soir c’est formation réduite : basse, batterie, clavier, Neil Hannon à la guitare (acoustique le plus souvent) et… un accordéoniste pour les parties de corde. J’ai peur mais ça l’effectue parfaitement en réalité, je suis rassuré d’entrée : Absent Friends, cavalcade-ode à l’amitié qui me touche énormément. Sur les titres les plus cabarets, où Neil Hannon nous rejoue son numéro de petit Brel irlandais, je trouve ça un peu too much mais c’est beau.
Et puis c’est con mais y a une très belle ambiance dans le public : essentiellement des fans de la 1ère heure, des trente-quarantenaires donc, tranquilles, un sourire un peu couillon aux lèvres (j’arbore le même air de ravi de la crèche), simplement heureux d’être là (je le suis moi aussi). La setlist s’apparente à un best of (Songs of Love, Becoming More Like Alfie, Your Daddy’s Car, Generation Sex, Bang Goes the Knighthood). Il annonce The Summerhouse, je sens que je vais craquer. Ah non, finalement, il s’est planté, elle arrive un peu plus tard. Mais il finit par la jouer, elle est sublime… Cette chanson me touche énormément, elle me met immanquablement les larmes : c’est dire si j’ai l’air con ce soir.
Entre chaque morceau, Neil Hannon (qui boit évidemment du vin rouge dans, évidemment, un très joli verre à pied) s’adresse au public : il est drôle, fin, spirituel, élégant et proche à la fois. Nous sommes entre gens de bonne tenue mais ça n’est jamais corseté ou trop sage, ça ressemble plutôt à une réunion de vieux amis. Sur Alfie, il rate le solo final, s’en amuse, s’en excuse, et en conclut que ça serait le moment idéal pour crasher sa guitare sur son ampli. « But not me : I was brought up well ». Voilà : de l’humour, de l’auto-dérision, une musique exquise, des refrains à reprendre en choeur, c’est un très beau moment. Qui se conclut pas un Tonight We Fly, chanson d’amour absolue s’il en est dans un répertoire qui en compte un bon paquet, des plus approprié et célébré comme il se doit.

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J’aimerais bien voir Bagarre dans l’absolu, The Juan Mc Lean aussi, mais non, j’ai envie de rester là dessus (et puis je suis un peu fatigué aussi, faut dire ce qui est).
Ca fait beaucoup de groupes, de bons groupes, de très bons groupes même, c’est à la fois très grisant et frustrant, j’ai l’impression de courir, de ne pas en profiter comme il se doit : comme quand on se tape Alison Brie et Charlize Theron 3 ou 4 super films dans la même journée.

Alors ciao, bonne nuit, à demain. Et merci Neil

This Is Not A Love Song festival 2015 – Nîmes – Jour 1

Grande remise  refait donc une incursion au pays des ferias, du total look Desigual  et des 4×4 blancs pour le festival This Is Not A Love Song, Tinals pour les intimes, oasis de précision et de bon goût au pays des ferias, du total look Desigual et des 4×4 blancs.

T’as une impression de déjà vu ? C’est normal, c’est la même intro que l’an dernier : j’aime bien et puis merde, faut dire ce qui est, c’est quand même le festival du mauvais goût dans ce pays nom de Dieu.

C’est aussi le festival du hipster Tinals. A tel point que j’ai pas vu une seule Stan Smith. On se croirait à Londres… Pas vu un seul punk à chien non plus du coup, ça va sans dire.

Cette année, le festival passe à la vitesse supérieure avec encore plus d’animations et d’ateliers, encore plus de scènes (une petite supplémentaire), encore plus de groupes, encore plus de têtes d’affiches. Et, logiquement, encore plus de monde.

Première conséquence : le programme  de cette 1ère journée est chamboulé… la veille au soir : ça n’est plus l’excellent Kevin Morby qui ouvre le weekend nîmois dans la grande salle mais les Swans. Morby (de même que Mikal Cronin) est relégué dans la petite salle, j’y reviendrai.

Les Swans donc, en ouverture du festival. Evidemment, on ne saurait imaginer plus radical et intransigeant comme entrée en matière. On ne saurait non plus imaginer moins Grande remise : j’ai assisté au set, concentré, patient, je connais la réputation cultissime du groupe, son influence énorme… et c’est tout. Cette musique ne me touche pas, tout simplement. Bien sûr, la prestation impressionne : disposés de manière ultra compacte au centre de la scène, les musiciens paraissent comme prêts au combat et de fait, ils envoient du bois comme on ne dit plus depuis des lustres. Sauvage, viscéral, violent même. Oui… Oserai-je le dire néanmoins ? Oh, je vais oser tu le sais bien toi : je m’attendais à bien « pire » ie plus sauvage, plus viscéral, plus violent et surtout, compte  tenu de la réputation du groupe à ce sujet, plus bruyant. Très supportable tout ça finalement.

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Content de sortir prendre l’air quand même.
Dan Deacon attaque son set. Hyper volubile (il le concède lui-même) il fait le show comme personne, demandant aux personnes devant lui de former un large cercle et organisant un dance contest en désignant lui-même les participants (« you, with the Sex Pistols shirt »; « you girl, will you join us please ? »). Gros succès et grosse ambiance, ça va sans dire. « La musique? » dis-tu. Mmmmh « anecdotique » répondrai-je.

Je me rends sans tarder dans la petite salle pour y voir LE concert que je ne veux pas rater aujourd’hui, celui de Mikal Cronin. Vu l’an dernier au même endroit, il accompagnait Ty Segall à la basse. Cette année, il revient défendre son propre répertoire et notamment son 3ème album, sobrement intitulé MCIII. Accompagné de 2 clones de Ty Segall à la batterie et aux claviers, d’un sosie d’Alex Turner (Arctic Monkeys) à la Rickenbacker et d’un bassiste extrêmement barbu-chevelu, il balance 45 minutes de pop 60s survitaminée, surpuissante. Je réalise que son groupe ressemble très exactement à sa musique : un peu garage, un peu heavy, très pop : lui-même, les cheveux courts, avec sa guitare portée haut, prend des faux airs de John Lennon (il ressemble également beaucoup à un Mark Duplass svelte). Quel pied en tout cas ! Sur l’album, moult cordes et arrangements subtils. Sur scène, électricité maximale, solos nerveux, refrains accroche-coeur. Super concert, vraiment, qui aurait mérité la grande salle (merci les Swans 1).

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Retour à l’extérieur : je fais la queue afin de pouvoir me rafraîchir le gosier. Derrière moi, une nana doit expliquer à sa copine la signification de l’acronyme DTC. Mais dans quel monde vit-on je te le demande ? C’est ça la France de 2015 ? On en est encore là ? Et après on s’étonne que le train du progrès nous passe sous le nez… Je leur ai lancé un regard réprobateur bien senti crois moi. Non mais oh.

Là, c’est la foule des grands soirs, ça rigole plus : c’est Thurston Moore, MÔÔÔSSIEUR Sonic Youth en personne. Accompagné de Steve Shelley (qui, c’est drôle, accompagnait Lee Ranaldo au même endroit l’an dernier), de la bassiste de My Bloody Valentine et d’une guitariste, il envoie méchamment lui aussi. Ce rock new-yorkais ne me touche que peu en vérité mais là, bordel, quelle classe. Super concert… Et ce son de guitare incroyable, si caractéristique, qui semble avoir 16 ans pour toujours et balance des « fuck you » goguenards à chaque accord. Pas grand chose à dire de plus : la grande classe.

Je trace à nouveau à l’intérieur (je me rends compte que je ne fais que courir…), je voudrais voir un bout du set de Kevin Morby : peine perdue, il joue donc dans la plus petite salle et une file d’attente impressionnante s’est formée… alors qu’à l’intérieur, c’est déjà plein à craquer ! Lui aussi aurait sans doute mérité la grande salle qui lui était initialement dévolue (merci les Swans 2)

Je me rends donc dans la grande salle où va avoir lieu le concert de Gaz Coombes, ex-leader de Supergrass (tu suis toujours ? Ca va trop vite ? Eh ouais, c’est ça This Is Not A Love Song cette année). Je l’attendais également impatiemment ce concert. Et c’était nul. Enfin… carré, plat. Nul donc. Ah c’est sûr les chansons sont pas du même niveau que celles de son ancien groupe. Il semble vouloir « prouver » lors de chacune d’elles : qu’il a mûri, qu’il s’est amélioré, qu’il est capable d’écrire des chansons plus complexes et plus profondes qu’Alright ou Grace. Il s’assied au piano, la guitare en bandoulière, il jouera des 2 instruments sur le même morceau. Plus tard il passe d’une guitare électrique à une guitare acoustique au milieu de la chanson. Il se donne du mal… Mais rien ne fonctionne malheureusement. Très déçu par ce concert sans relief en tout cas. Sinon il est toujours aussi mignon, pas de problème.


Je ressors, Caribou a déjà commencé (ça va vite. Ca va beaucoup trop vite). Chouette prestation electro-pop, dansante et légère, chouette light-show, chouette groupe. Au milieu de la nuit, dans une atmosphère déjà un peu humide (il tombe quelques gouttes et la fraîcheur se fait sentir puisqu’il est minuit passé), ça l’effectue parfaitement serais-je tenter de dire. D’ailleurs je l’ai dit.

Et puis… rideau. Pas envie de revoir Thee Oh Sees qui m’avaient énormément déçus à l’automne dernier.

Bilan mitigé pour cette 1ère journée et surtout, le sentiment, la certitude même que le festival a bel et bien franchi un palier en termes de notoriété et d’envergure. Sans pour autant perdre de sa convivialité et de son atmosphère gentiment artisanale. Simplement, les concerts du jour m’ont parfois un peu déçu. Mais ça n’est que le début !

A suivre donc.

This Is Not A Love Song festival 2015

Une fois de plus, le festival nîmois This Is Not A Love Song écrase la concurrence des grands raouts estivaux. Mêlant grands noms/quasi mythes vivants (Thurston Moore, Swans), vieilles gloires indie toujours pertinentes (Gaz Coombes, Divine Comedy), alt-country (Sun Kil Moon, Giant Sand), WTF (Foxygen, Ariel Pink), découvertes (souvent françaises… et gratuites !) dans le cadre hyper accueillant de Paloma, je ne lui vois guère que La Route du Rock comme sérieux concurrent hexagonal. Il faut plutôt regarder de l’autre côté de la Manche, vers les superbes Green Man et End of the Road festivals pour trouver une programmation aussi pointue et cohérente (le End of the Road de cette année mon Dieu, quelle tuerie).10403319_941543639219698_1519468646241871777_n
Je vais à nouveau devoir méchamment jongler pour réussir à choper tout ce qui m’intéresse, surtout le 1er jour où la prestation de Gaz Coombes (ex leader de mes chouchous Supergrass pour rappel) chevauche celle de Caribou, et Thurston Moore celles de Shamir et des Swans. Problème de riche.

Un peu contrarié, et surpris, de noter que le groupe que j’ai le plus envie de voir (les Allah-Las) jouera le dernier soir, sur le (quasiment) tout dernier créneau soit à… minuit vingt. Et à l’intérieur qui plus est : je les imaginais nous balancer nonchalamment leur retro- pop 100% calif » en plein cagnard où encore mieux, au soleil couchant sur la scène extérieure, tant pis… Problème de riche là encore.

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La programmation 2015

Grande remise sera donc sur le qui vive durant les 3 jours cette fois (je n’avais assisté qu’aux 2 premières journées lors de l’édition 2014) pour des comptes-rendus de concerts bourrés de bonnes (j’espère…) et mauvaises vannes, sarcasmes, emballements injustifiés, coups de gueules gratuits mais également des réponses aux questions que personne ne se pose : les Foxygen tiennent-ils correctement la vodka-pomme ? Ariel Pink est-il aussi tordu qu’on le dit ? Les Allah-Las poussent-ils le vice jusqu’à utiliser des Iphones vintage ?

Stay tuned !