Top albums 2013 – 2ème partie

Le haut du panier donc, nous y voilà.
Dix albums pas forcément meilleurs que ceux qui les précédent mais ce sont ceux que j’ai le plus écouté cette année, et du coup j’en ai déduit que ce sont ceux que je préfère.
En toute simplicité.

#10 Jonathan Wilson – Fanfare

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C’est compliqué… C’est compliqué parce que « objectivement », c’est un album très impressionnant. Mais je reste un peu sur ma faim. Je m’explique : sur Gentle Spirit, son précédent, on entendait une voix à la fois familière (le folk rock californien du début des années 70) et singulière (influences de Pink Floyd, très inattendues dans ce contexte). Sur Fanfare, Jonathan Wilson s’est fait plaisir et a sans doute enregistré l’album dont il rêvait depuis longtemps : invités prestigieux, arrangements opulents. Il se révèle à bientôt 40 ans donc on ne lui en veut pas trop d’avoir cédé à ce genre de tentation. D’autant que son talent est intact. Mais je le préfère quand il ne fait « que » du Jonathan Wilson, quand il poursuit la voie qu’il s’est tracé tout seul, un peu trop rarement ici donc, et pas de la resucée (un coup Dennis Wilson, un coup CSNY etc.), aussi bluffante soit-elle. Ceci dit, encore une fois, c’est régulièrement grandiose et certains passages m’emportent complètement : un genre de fantasme musical devenu réalité.

#9 Sébastien Tellier – Confection

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Je suis un grand défenseur de My God Is Blue, dont le seul défaut était finalement de davantage relever de la performance globale et pas seulement musicale. Un disque et un geste incompris. Je regrette donc un peu que Tellier ait en quelque sorte remis les pendules à l’heure à peine un an après avec cet album qui ressemble à du Tellier et qui a rassuré celles et ceux qu’il avait perdus en route. Mais évidemment si on juge cet album hors contexte, uniquement pour ce qu’il est, on tient une pure merveille de pop orchestrale vintage, élégante et mélancolique. Une bande-originale imaginaire qui ferait se croiser le Polnareff de la Folie des grandeurs et François de Roubaix.

#8 Kelley Stoltz – Double exposure

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Ca fait plus de 10 ans que ce mec sort des disques de pure pop impeccables, voire parfois géniaux (Circular Sounds) ça fait plus de 10 ans que je le dis, maintenant c’est foutu, c’est trop tard pour lui malgré la reconnaissance que les groupe garage de San Francisco (notamment les Thee Oh Sees) essaient de lui conférer. Il souffre du syndrome Super Furry Animals : albums essentiels mais allure quelconque et pochettes à chier.  Moi-même j’ai plus envie de batailler. Triste.

#7 Unknown Mortal Orchestra – II

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En studio, le groupe bénéficie d’une production très langoureuse (notamment dans le traitement de la voix) qui sied à merveille à son psychédélisme sexy. Ruban Neilson, guitariste de l’année. J’adore la pochette par ailleurs, peut-être même mon top 1 pochettes 2013.

#6 Kurt Vile – Wakin on a pretty daze

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J’en ai parlé très récemment, j’insiste pas.

#5 MGMT

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Finalement, la « grande tendance de ses dernières années » comme on dit à l’heure des bilans dans les Inrocks et Hot Video, c’est le psychédélisme. Tame Impala l’an dernier, les Flaming Lips tout le temps depuis 15 ans, Kurt Vile ou Unknown Mortal Orchestra dans des styles bien différents cette année… Sous toutes ses formes, le psychédélisme irrigue la musique de jeunes. MGMT fait partie des champions incontestables et incontestés de sa forme la plus littérale et frontale. L’a un peu chuté quand même cet album, je le voyais plus haut à sa sortie…

#4 She & Him – Volume 3

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Pochette un peu décevante, il faut dire ce qui est…

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Là, ça va mieux.
Plus sérieusement, sur le créneau rétro pop, difficile de faire mieux à l’heure actuelle. Sérieux ! Qui d’autre hein? Qui?!?! Non mais sans déconner, I mean it.
Oh et puis merde : c’est MON top, avec MES goûts à MOI et MES disques préférés de l’année, je fais ce que veux.

#3 Foxygen – We Are the 21st Century Ambassadors of Peace and Magic

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Le disque le plus granderemisesque de 2013, après le number 1 bien sûr. Un feu de paille sans doute (le groupe existe-t-il encore seulement ? D’ailleurs je crois qu’ils vendent déjà des t-shirts « Foxygen is dead » ces petits branleurs) mais c’est pas grave : la (sunshine)pop 60s canonique et savamment débraillée, classieuse mais toujours canaille, c’est ici qu’on la trouvait cette année. San Francisco, chanson la plus charmante de l’année. No Destruction, meilleure chanson des Stones depuis 40 ans. Marrant ce clip d’ailleurs, avec des images d’archives des membres du groupe quand ils étaient petits. Il y a 5 ans donc.

#2 Daft Punk – Random Access Memories

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L’équivalent discographique d’un Superman ou Transformers réalisé par Stanley Kubrick ou David Lynch. Soit un disque immensément spectaculaire mais jamais putassier, grand public mais toujours exigeant. Un DPP (Disque Pop Parfait) qui écrase la concurrence de manière évidente. Tout est parfait dans Random Access Memory :  la pochette, les clips, la communication. Depuis quand la planète entière ne s’était pas excitée comme ça pour un disque? Pour une chanson ? Car au final, ce disque replace la musique et la musique seule comme élèment essentiel, au coeur de tout le bordel. Derrière là débauche de moyens, derrière le savoir-faire, derrière le défilé de guests tous plus classe les uns que les autres, c’est très humble et émouvant je trouve. Ah ils sont forts les cons…

Mais ce top est évidemment un top très subjectif et le disque le plus Grande remise de 2013, c’est de loin

#1 Chateau Marmont – The Maze

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Encore une magnifique pochette. Cette année était décidément de fort belle facture de ce côté là. Oui, de fort belle facture.
Chateau Marmont, grosse affaire voyons !  Ah ils m’auront fait poireauter les salauds :  ça n’est pas seulement l’un des albums que j’attendais le plus cette année, c’est l’un des albums que j’attendais le plus ces dernières années. Je commençais à désespérer. Leurs premiers morceaux ont en effet été publiés en 2009 et le groupe a été fondé en 2005 !
Ils ont pas chomé entre temps (le curieux album d’Alizée notamment, réalisé en partenariat avec Rob, un de leurs modèles) mais cette attente leur a indéniablement porté préjudice :  ils passent désormais pour de vulgaires suiveurs (Air, Phoenix) alors qu’ils sont évidemment bien plus que ça.
Mais bordel ça valait le coup d’attendre en tout cas. The Maze est un disque monstrueux, hors-normes, un véritable dédale en effet qui fait se croiser brillamment et harmonieusement prog-rock, retro-futurisme 70s, soft rock, variété française (subliiiiiiiiime Affaire Classée aux accents Pull Marine, chantée par la non moins sublime Alka Balbir dont j’ai appris il y a peu qu’elle était avec Gaspar de Justice ah putain ils ont tout pour eux ces branleurs), electro pop, pop tout court. Ca démarre fort, ça faiblit jamais et ça finit encore plus fort, dans les étoiles, ou dans le cortex, on sait plus très bien :  la marque des grands. Et puis les mecs ont de bonnes têtes de barbus à la coule, ils ont l’air chouettes, ils sont passionnants en interview. Et ils sont tarbais à la base nom de Dieu. TARBAIS.
Maintenant ce qui serait bien ça serait de :
1 reprogrammer le concert toulousain
2 ne pas attendre 12 ans avant de sortir un deuxième album
3 ne pas à nouveau le sortir quasiment en même temps que le Phoenix et le Daft Punk

Neil Young & Crazy Horse, Big Festival – Stade Aguilera, Biarritz

Jonathan Wilson + Neil Young à l’affiche de cette nouvelle édition du Big Festival sur la côte basque, chez moi, dans l’endroit que j’aime le plus au monde! Et dire qu’il y a encore un mois, j’ignorais complètement qu’ils seraient à l’affiche de ce festival… C’est grâce à mon boulot que je suis tombé par hasard sur l’info. Il aura au moins servi à ça…

Surprise : je me gare très facilement non loin du stade Aguilera où a lieu le concert : j’ai beau connaitre le coin et savoir où trouver une place, ça me parait un peu suspect. J’aurai la confirmation le lendemain que mon impression visuelle n’était pas erronée et qu’il n’y avait pas tant de monde que ça : 8000 personnes pour un tel concert, ça me parait assez moyen.

J’arrive alors que John Berkhout a déjà commencé : ce sont les traditionnels « régionaux de l’étape » du festival, des basques donc (basques espagnols pour être plus précis), qui jouent une espèce d’indie-folk délicate et sans grande originalité. Le leader s’adressait au public en basque entre les morceaux.

Le public justement : pour la 1ère fois depuis très longtemps, je ne fais pas partie des plus âgés. Même si, comme me l’a si bien dit une de mes collègues récemment, je ne suis pas vieux car je suis « jeune dans ma tête ». Je l’ai évidemment giflée et dénoncée aux autorités compétentes sur le champ.
Le public donc, est plutôt varié comme je m’y attendais. Deuxième surprise néanmoins : enooooooooooooooooooooormément d’espagnols (basques espagnols là encore). Ils sont toujours très nombreux dans la région mais là ils sont très clairement majoritaires. J’apprends en discutant avec une nana que la tournée de Young ne passe pas par l’Espagne cette fois, ceci expliquant cela. Pour le reste : des jeunes nappy biarrots (bermuda rose, pull sur les épaules et grosse mèche), leurs parents endimanchés, des vieux babs qui roulent des joints et des fans de Johnny.

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Jolie casquette

Je m’approche des premiers rangs pour ne rien manquer de la prestation de Jonathan Wilson, dont le 1er album, Gentle Spirit m’a conquis il y a 2 ans. Proclamé « new king of Laurel Canyon » par la presse anglo-saxonne, il est l’un des plus dignes héritiers actuels de Neil Young et sa présence à l’affiche relève de la plus parfaite évidence.

Son quintet déboule nonchalamment sur scène, super cool, en total look Laurel Canyon 1971. A côté de moi, celui qui semble être le chef d’une bande d’ados excités (i.e. celui a déjà roulé une pelle à une fille) s’écrit « ouais John Lennon ! » : je l’ai évidemment giflé et dénoncé aux autorités compétentes sur le champ.

Wilson a une dégaine d’enfer : grand, mince, cheveux longs, Ray-Bans, boots en daim, chemise à motif navajo, il cartonne.

Jonathan Wilson - Big Festival, BiarritzJonathan Wilson - Big Festival, BiarritzJonathan Wilson - Big Festival, Biarritz

More cowbell!!
More cowbell!!

Jonathan Wilson - Big Festival, Biarritz
Évidemment, sa musique sur scène est plus musclée que sur son album même si elle ne perd rien ou pas grand chose de son caractère atmosphérique: elle évoque un croisement improbable entre les Black Crowes actuels et Pink Floyd. Il a joué peu de morceaux de son dernier album au bout du compte, privilégiant les nouvelles compositions. Il a joué peu de morceaux tout court d’ailleurs : il a tendance à les étirer au maximum, un peu trop parfois ; c’est d’ailleurs également le seul reproche que je formulerais au sujet de son disque. Jonathan, si tu me lis, et je sais que tu me lis, sois plus concis. Gotta make it shorter dude ! Je pinaille, c’était vraiment excellent. Esprit Calif’ à mort, cruisin’ music classieuse, avec ce qu’il faut de mystère et de mélancolie pour se singulariser. J’avais un peu peur que sa douce voix ne supporte pas l’épreuve de la scène mais pas du tout: là aussi, il parvient à « épaissir » un peu le trait sans rien perdre de sa subtilité ni de sa douceur.
Très pro, le groupe fait abstraction apparente de son passage prématuré (ils ne sont que 3ème sur l’affiche) et de l’indifférence hallucinante du public à son arrivée. Ils sont pro mais sans doute sûrs de leur force aussi : ils assurent comme des brutes, avec classe et compétence et conquièrent logiquement l’audience peu à peu. Tant et si bien qu’ils finiront sous une belle ovation qui m’a fait bien plaisir, avec le sublime Valley of the Silver Moon. Super concert, vraiment, qui laisse présager un excellent nouvel album.

Place à Gary Clark Jr, qui a donc les honneurs de la véritable première partie. Jamais entendu parler de ce mec pourtant (genre, je connais absolument tout tu vois)… Bon, c’était pas désagréable m’enfin… Blues électrique dont on pense de prime abord qu’il pourrait pencher du côté des Black Keys sauf qu’on déchante très rapidement, c’est beaucoup plus gras et démonstratif. Un côté Ben Harper finalement. Vite fatigant. Ca m’a d’autant plus fait regretter que Jonathan Wilson n’ouvre pas pour Neil Young : il aurait été parfait dans le soleil couchant… Au lieu de ça, le gars Clark se touche méchamment la nouille et enchaîne les solos à rallonge. Gros succès auprès du public.

Gary Clark Jr - Big Festival, BiarritzGary Clark Jr - Big Festival, BiarritzGary Clark Jr - Big Festival, Biarritz
Entracte. Au moment où je veux me rapprocher de la scène (j’avais reculé pour Gary Clark), je constate que le public est déjà en place et les premiers rangs serrés. Du coup je suis bien placé mais un peu trop loin à mon goût. Quel couillon…

Ca s’affaire désormais méchamment sur scène où une armée de roadies installe le matos de Crazy Horse (et non « le matos du Crazy Horse » : ça serait pas tout à fait le même matos). Là ça commence à sérieusement monter en moi quand même…

Bon parce qu’enfin… Neil Young… Autant j’admire certains artistes, autant certains d’entre eux sont même des « héros », des types que j’admire énormément, autant là… On bascule dans une autre catégorie : McCartney, Eastwood, Sean O’Hagan. Et lui.

Je ne vais pas m’étendre, je ne veux pas verser dans le sentimentalisme et je n’ai de toutes façons pas envie d’expliquer ce que cet homme représente pour moi ni de raconter à quel point il a pu m’aider et m’aide encore. Je dirais donc juste que j’étais extrêmement ému à l’idée de pouvoir enfin le voir sur scène. Et, voir le logo du groupe être hissé à l’arrière de la scène une fois le gros du matos installé, n’a pas arrangé les choses.

22h40, les lumières s’éteignent enfin.
C’est ridicule mais à ce moment-là je suis un peu ailleurs: je ne sais plus sur quelle musique ni comment ça s’est passé exactement (ni même s’ils sont arrivés en musique d’ailleurs) mais je vois tout d’un coup 4 vieux types arpenter la scène : l’un d’eux, qui s’installe derrière la batterie, porte une casquette à l’envers. Un autre, un peu fort, porte un t-shirt sans manches à l’effigie de Jimi Hendrix. Pathétiques les vioques… Un 3ème, arborant un chapeau à large bord, s’empare d’une Les Paul noire.
Et là je sais pas ce qui se passe mais au premier accord de guitare, les 4 vieux se transforment comme par enchantement en Neil Young & Crazy Horse.
Ils jouent l’intro de Love and Only Love et c’est parti pour 2h15 de masterclass.

Setlist :

Love and Only Love donc : ouverture impeccable, très électrique, qui donne le ton d’emblée. Le groupe se fige dès l’intro dans sa configuration fétiche, devenue sa marque de fabrique sur scène : Sampedro, Talbot et Young regroupés devant la batterie de Molina. Ils sont parfois si proches les uns des autres qu’on jurerait qu’ils se touchent…Un gang. Dont on comprend très vite qu’il se serre les coudes, qu’il s’isole pour mieux s’immerger dans sa musique certes mais aussi qu’il agit ainsi pour décupler sa puissance et bien tabasser son public. Dans ces moments-là, qui se reproduisent très régulièrement et dont on se fout de savoir s’ils sont calculés ou s’ils sont toujours vécus aussi intensément par le groupe après toutes ces années, ces mecs sont beaux. Ils sont vieux, ridés, flapis, ne ressemblent à rien (enfin, si : Billy Talbot et Ralph Molina, à 2 pizzaiolo à la retraite de Little Italy), mais ils sont Crazy Horse, et ils sont beaux. Neil est un peu voûté, grimaçant, il bouge un peu maladroitement et fait la gueule, comme toujours mais il se donne déjà sans compter sur Old Black, sa guitare fétiche. Il a évidemment un charisme de dingue. Et cette voix…
« Poncho » Sampedro est déjà souriant, il communique avec le public au premier rang. Talbot est toujours très concentré et il est toujours aussi cocasse de voir un batteur aussi « basique » que Molina derrière une batterie aussi imposante.
Je ne dirais pas qu’ils sont immédiatement en place, ça serait leur faire injure : ces mecs-là sont nés en place. En tout cas ça démarre très, très fort.

Powderfinger : je me doutais qu’ils la joueraient mais malgré une interprétation un peu en-dedans à mon sens, j’ai été complètement cueilli. Ca frise l’irrationnel de manière un peu ridicule là (encore), je me dis que merde, j’y suis… Les « ooooooooouh » de Crazy Horse, putain…

Psychedelic Pill: simple, efficace, un parfait morceau de transition. Parce que juste après, ça déconne pas.

Walk Like a Giant : premier grand moment de la soirée. Epique, dantesque, déchirant. « I used to walk like a giant on the land, now I feel like a leaf floating in a stream ». La fin s’étire de manière totalement improbable, aux frontières de l’expérimental : on se croirait sur Arc, son album uniquement composé de larsens de fins de morceaux. Certaines personnes autour de moi commencent à se dire qu’elles n’auront peut-être pas droit à un concert-best of.

Hole in the Sky : après l’orage, le début de l’éclaircie.

Heart of Gold : début de l’intermède acoustique. Le public est ravi (sans doute un peu rassuré aussi) et reprend toutes les paroles en chœur. Je n’aime pas beaucoup cette chanson (pas par snobisme : j’adore la plupart de ses « tubes ») mais gros frisson lorsqu’il souffle dans son harmonica : c’est encore une image de la mythologie youngienne qui s’anime devant nous…

Human Highway : très chouette interprétation de ce chouette morceau tiré du chouette et sous-estimé Comes a Time

Blowin’ in the Wind : alors là… LE grand moment œcuménique du concert. Grosse émotion chez les vieux de la vieille. Pour moi on est à la limite de la faute de goût. Je veux dire, il a quand même quelques albums derrière lui le mec, c’est pas comme s’il manquait de matière… Et il nous reprend ce… truc… OK OK, je connais son importance m’enfin. J’étais à 2 doigts de le gifler et de le dénoncer aux autorités compétentes.

Singer Without a Song : joli moment avec Neil au piano et Crazy Horse au complet sur scène (et non « le Crazy Horse au complet sur scène »: ça ferait beaucoup plus de monde. Et de nichons, oui, je sais que tu l’as pensé.)

Ramada Inn : LE grand moment du concert pour moi. Neil Young & Crazy Horse mon vieux. Dingue de se dire que ce morceau date de l’an dernier, qu’il n’est pas un classique datant de 30 ou 40 ans. Les solos de Neil sont tous d’une inventivité et d’une violence folles, le beat de Crazy Horse absolument dément. Du psychédélisme électrique à l’état pur. A partir de là le groupe communique beaucoup, sourit, semble bien. Il finira donc le concert totalement furibard, bien décidé à nous laminer avec une triplette d’enfer.

Surfer Joe and Moe the Sleaze, de l’album Re-a-ctor !!

Sedan Delivery, complètement hystérique

Rockin in a Free World : public totalement déchainé, Neil est hilare ( !)

Ils quittent la scène. Tellement de basques espagnols dans le public qu’on ne crie pas « une autre, une autre ! » mais « beste bat ! beste bat ! » son équivalent basque.
Rappel donc :

Mr Soul : puuuuuuuuuuuuuuuuuuutain ! Alors celle-là je m’y attendais pas ! Revisitée par Crazy Horse, c’est presque du punk rock. C’est encore un peu plus la folie chez les purs et durs à ce moment-là.

Hey Hey My My (Into the Black) : l’épaisseur, la lourdeur du riff putain, je peux presque le toucher. Là c’est comme pour Powderfinger, t’as beau te douter que tu vas y avoir droit, t’es cueilli et tu fonds.

Et c’est fini.

Ils s’attardent sur la scène pour saluer le public, très chaleureusement, tout sourires. 2h15 de pur rock électrique, psychédélique et mélodique, interprété de façon MA-GIS-TRA-LE. Je regarde autour de moi: nous sommes plusieurs à être un peu sonnés.

Ils n’ont pas joué Cinnamon Girl ni Everybody Knows This Is Nowhere comme je l’espérais mais si je commence à lister celles que j’aurais aimé entendre, t’en as encore pour 4000 signes à me supporter.
Non, la setlist était parfaite, faisant la part belle à Psychedelic Pill, un disque sorti l’an dernier. Après 44 ans de carrière (avec Crazy Horse). A 68 ans. Neil Young putain…

Neil Young & Crazy Horse - Big Festival, BiarritzNeil Young & Crazy Horse - Big Festival, BiarritzNeil Young & Crazy Horse - Big Festival, BiarritzNeil Young & Crazy Horse - Big Festival, BiarritzNeil Young & Crazy Horse - Big Festival, BiarritzNeil Young & Crazy Horse - Big Festival, BiarritzNeil Young & Crazy Horse - Big Festival, Biarritz