#39 The High Llamas – Beet, Maize and Corn

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On va pas se mentir : j’ai complètement perdu le fil de ce top 100. Alors je vais y aller mollo histoire d’avancer malgré tout et d’alimenter un peu ce blog moribond.

3ème album des High Llamas dans mon panthéon personnel donc. Il est entendu que j’aime passionnément tous leurs disques mais le groupe a selon moi enregistré 2 véritables chefs d’oeuvre : Hawaii et celui-ci, Beet, Maize and Corn.

Suite à son disque de transition (la précédente entrée du top, il y a pile 5 mois…) annonciateur d’un changement important, le groupe évoque ici beaucoup moins la côte Ouest des Etats-Unis que la côte Est, voire les rives de la Tamise : on relève trop peu souvent que Sean O’Hagan, grand passionné d’architecture et de paysages urbains autant que bucoliques, consacre l’essentiel de ses paroles à l’évocation de bâtiments, rues, quartiers londoniens. C’est particulièrement le cas ici, ça l’est encore sur les 2 albums suivants.

Musicalement, la tonalité générale est également à la Vieille Europe, à la désuétude. On est loin, trèèèèèèèèès loin du rock, de la pop même. Beet, Maize and Corn est un disque d’un infini raffinement, la musique d’accompagnement de quelque cocktail élégant et précieux des années 20. Une merveille absolue.

J’essaierai à un autre moment peut-être de consacrer aux High Llamas (et à Liam Hayes/Plush, Super Furry Animals, Wes Anderson, Will Ferrell) le billet qu’ils méritent mais aujourd’hui c’est tout ce que j’ai.

#38 High Llamas – Buzzle Bee

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Buzzle Bee est un album un peu à part dans la discographie des High Llamas, ne serait-ce que pour la simple et bonne raison que le groupe s’y présente sous le nom High Llamas tout court, sans « the ». Et puis il n’est pas sorti en Europe. Enfin, au moment où il est sorti en tout cas ; il a peut-être été réédité depuis, je sais pas et je m’en fous.
C’est aussi l’album où l’on entend pour la dernière fois la regrettée Mary Hansen, membre fondatrice de Stereolab et vocaliste-chanteuse régulière du groupe. Elle est morte en 2002, renversée par un camion alors qu’elle roulait à vélo dans les rues de Londres.

C’est enfin selon moi un album de transition très important dans la carrière du groupe, dans sa démarche artistique s’entend. Sean O’Hagan y décide de ne plus jouer que sur des guitares à cordes de nylon, ça fait toute la différence. Une tonalité d’ensemble encore plus douce, pour faire court.
Plus minimaliste que les précédents, il annonce également la « transition géographique » dans ce qu’évoque le groupe en quelque sorte, des côtes du Pacifique à celles de l’Atlantique. Il commence à ancrer le groupe dans l’esthétique davantage européenne et londonienne qui sera la sienne par la suite.
To be continued.

#37 The High Llamas – Hawaii

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Ah pour disséquer le documentaire sur Zahia, les bouses littéraires ou cinématographiques et les coupes de douille des footballeurs y a du monde mais pour parler d’un disque qui m’a autant marqué… (je dis pas « changé ma vie » mais c’est uniquement parce que j’assume pas le caractère pompeux de la formule. Top 3 des disques-séismes dans l’ordre chronologique de leur découverte : 1 The SmithsHatful of Hollow 2 The High LlamasHawaii 3 The ByrdsSweetheart of the Rodeo).

En tout cas, s’il ne fallait en garder qu’un sur les 100, ça serait celui là. Depuis de nombreuses années maintenant, donc je suis plutôt sûr de mon choix.

Les High Llamas, c’est le groupe qui me parle comme aucun autre, tout simplement. A la fois théorique et immédiat, il réunit absolument tout ce que je cherche dans la musique. Ce disque foisonnant, léger, euphorisant, mélancolique, moderne, nostalgique, d’une élégance rare m’a ouvert sur tellement de nouvelles œuvres et de nouveaux univers, m’a tellement affecté dans ma vie de tous les jours même que ne saurais pas par où commencer si j’avais l’occasion d’en parler à Sean O’Hagan. D’ailleurs je n’ai pas trop su quoi lui dire lorsque j’ai eu la chance d’échanger quelques mots avec lui après un concert. Hawaii, c’est mon Eden musical absolu, la matérialisation sonore de mon Eden tout court.

J’arrête, Sean lui-même a parfaitement résumé l’affaire : « I give up, this litterature is fluff ».

#36 The Heavy Blinkers – The Night and I Are Still So Young

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Parmi la longue cohorte de disciples des Beach Boys apparus à travers les décades, les Heavy Blinkers font à coup sûr partie des plus doués. Et là je me mords les doigts de ne pas avoir fait figurer dans ce top les jeunots d’Explorers Club dont le premier album, Freedom Wind, est quand même une putain d’incroyable tuerie de pop californienne pur jus. C’est le vie comme on dit à Venice beach.

Les canadziens Heavy Blinkers (de Halifax sur la côte Est) évoluent davantage dans la catégorie des High Llamas, à savoir celle des groupes influencés par les Beach Boys d’après Pet Sounds, pour lesquels aucune orchestration n’est trop luxuriante, trop délicate ou trop sophistiquée. Et pourtant, malgré le savoir-faire et l’érudition, ici aussi, tout est d’une légèreté, d’une grâce folles. Ambiances doucement aquatiques, soul, folk voire country : tout concourt à un sentiment de bien-être teinté de mélancolie. C’est vraiment sublime et un des sommets du genre.

Leur album précédent, Better Weather, fait également partie de mes favoris et contient une de mes chansons préférées de tous les temps, I Used to Be a Design.

Leur album suivant, Health, qui a mis 9 ans à voir le jour et qui est sorti l’an dernier, m’a en revanche énormément déçu. Le leader et fondateur du groupe, Jason Mac Isaac, s’est retrouvé seul aux commandes et l’album, d’un raffinement sans doute encore supérieur à ce à quoi le groupe nous avait habitués, pêche par excès de sophistication et d’ambition (c’est une sorte de concept album sur la guerre. Enfin, je crois). Sans la légèreté ni la joie des précédents enregistrements, la musique passe de mélancolique à grave, dramatique voire plombante. Beau par moments mais trop retors, trop de circonvolutions. Presqu’indigeste au bout du compte.

Mais The Night and I Are Still So Young, entre Brian Wilson, Burt Bacharach, Harry Nilsson et quelques autres orfèvres pop de la fin des années 60 est une vraie pépite qui mérite qu’on s’y attarde encore et encore. Il fait en tout cas partie des quelques albums de mon top qui sont encore largement méconnus donc ça me ferait plaisir que tu y jette une oreille et que tu prêche à ton tour la bonne parole.