Le vide

2 semaines se sont écoulées depuis le dernier article de Grande remise.
Le blog hiberne gentiment en ma compagnie. J’ignore si c’est pareil pour toi mais j’ai des périodes d’hibernation culturelle en quelque sorte : je ne regarde pas grand-chose, je n’écoute pas grand-chose (ou pas grand-chose de nouveau en tout cas), je ne vais pas au cinéma (et je n’en ai pas forcément très envie) pendant 2 ou 3 semaines, 2 ou 3 fois dans l’année. J’hiberne et j’attends que ça se passe.
Bon, là il se trouve que j’ai du boulot. Mais j’éprouve parfois le besoin de faire une cure de silence ou d’écran noir pour mieux repartir à l’assaut. Car je sais pertinemment que très vite je vais redevenir hystérique : je vais avoir 34 nouveaux disques à écouter en 3 jours (et je DOIS les écouter frénétiquement en un minimum de temps, c’est comme ça), toutes les sorties ciné vont m’exciter et je vais stocker 6 nouvelles séries de 12 saisons chacune sur mon DD. Sans compter qu’on arrive dans le money time de la Champion’s League (un article foot te pend au nez, j’aime autant te le dire franchement). En somme, le grand n’importe quoi boulimique et permanent de l’amateur professionnel.

J’ai quand même regardé un truc assez sidérant le weekend dernier. Zahia de Z à A, le documentaire sur la… sur euh… sur Zahia quoi (je ne sais sincèrement pas quel est le métier de cette personne).

Bon, la nana a l’air débile, elle a 4 mots de vocabulaire, c’est le néant le plus total, ok, c’est entendu.

Mais l’intérêt du docu, c’est qu’il s’agit justement d’un docu : on est pas dans Tellement vrai ou Enquête exclusive : c’est un vrai documentaire, chiadé, avec un générique et tout. Et donc un point de vue, logiquement. Tu parles…C’est là que ça devient effarant: on est plus proche du publi-reportage à ce niveau de docilité.

Non pas que je tienne absolument à la charger cette pauvre fille à qui je ne souhaite évidemment que du bien mais enfin, pas une seule seconde on ne s’attarde sur les zones d’ombres, les « mystères » comme dit… mystérieusement la voix off. Ca en devient fascinant.

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A n’en pas douter, LE moment fort du docu

Zahia fait des shootings en Espagne avec 78 assistants, elle loue des locaux immenses et entièrement refaits à neuf en plein Paris, elle emploie 56 couturiers, stylistes, etc, le défilé de sa collection se fait dans un hôtel particulier luxueux et visiblement sublime, avec des dizaines de mannequin et tout ça est tout à fait normal. Zahia, 19 ans, est passée de cadeau d’anniversaire de Ribéry à néo Chantal Thomas en 3 ans et tout le monde trouve ça absolument normal.
Toi tu trouves ça quand même un petit peu n’importe quoi à un moment faut arrêter de prendre les gens pour des cons? Il faudra te contenter d’un « son mécène est un investisseur venu de Honk-Kong ». Mais putain c’est qui ce mec ? D’où vient sa fortune? Pourquoi Zahia? Hallucinant. Il était pourtant là le docu : qui peut financer un publi-reportage arty (le mec se la joue Loïc Prigent du pauvre, c’est dire : décadrages étudiés, instants volés et tremblements signifiants à l’appui) aussi décomplexé ? C’est fascinant. Et je parle même pas du moment ou The Artist redessine la robe de mariée…
Non parce que tout ça, c’est Zahia hein : pendant une heure on te bourre le crâne à coups de « la collection dessinée par Zahia », « le bureau où elle travaille », « j’ai toujours eu envie de dessiner » (pas « j’ai toujours dessiné » tu noteras… On touche peut-être quelque chose du doigt là non? Bah non apparemment, on va plutôt continuer à filmer son cul tiens). Alors que, in fine, on la voit pas tant dessiner que ça la Zahia… Ce qu’on voit en revanche c’est plein de monde qui bosse, ça oui, ils/elles se démènent, pas de problème, et au milieu de toute cette activité une adolescente maladroite (qui, soit dit en passant, se paie une putain de scoliose, sans déconner, c’est pas humain à ce niveau là…) qui se contente de donner son aval à des décisions déjà prises pour elles ou, summum de sa créativité et de son emprise sur ce qui l’entoure, à qui on demande de choisir entre 2 couleurs (spoiler : elle choisit toujours le rose).

J’ai l’air de tirer sur une ambulance mais pas du tout : c’est l’auteur du docu, la chaîne (Paris Première) qui diffuse ce monument d’inanité et de vacuité que je vise (Grande remise, le blog qui sortira le prochain Watergate). Il faut le voir pour le croire. Et on peut le voir ici.

Vas-y, fais pas le malin, je sais pertinemment que je t’ai donné envie maintenant.

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