Mon inconnue – critique

Du jour au lendemain, Raphaël se retrouve plongé dans un monde où il n’a jamais rencontré Olivia, la femme de sa vie. 
Comment va-t-il s’y prendre pour reconquérir sa femme, devenue une parfaite inconnue ? (Allociné)

J’ignore ce qu’il en est du public mais la critique a ménagé un accueil très favorable à la-nouvelle-comédie-romantique-française-qu’on-sait-faire-comme-les-américains-maintenant-t’as-vu: c’est mérité. Mon Inconnue est une vraie bonne comédie romantique i.e. qui respecte le cahier des charges du genre tout en faisant preuve d’intelligence, d’à propos et de ce soupçon d’originalité qui lui permet de se distinguer. Très bien et très finement mené, le récit culmine dans une conclusion à la fois attendue et surprenante. C’est bieng.

C’est bieng mais si tu connais un peu le blog et le vieux con qui se cache derrière, t’as compris qu’y a un truc qui va pas. Et qui suis-je au fond pour te contredire ?

En effet, y a un truc qui va pas : dans « comédie romantique », y a « comédie » au sens littéraire et grec de « happy end » mais également à celui de « on a ri, MAIS ON A RI ! » Et justement, j’ai pas beaucoup ri moi. C’est fâcheux… Oui, ok, c’est mignon, le sidekick (Benjamin Lavherne) joue bien son rôle de sidekick et de comic relief mais j’ai trouvé ça trop mignon, trop propre. J’aurais aimé plus de mordant, de malice dans les vannes, les répliques entre les 2 potes, les inévitables situations embarrassantes dans lesquelles les personnages se trouvent parfois. Mon vrai comic relief est venue de Camille Lellouche, excellente en petite amie boulet.

A ce moment là, je me suis souvenu ce que je me suis dit quand j’ai vu défiler le générique à la charte graphique très Instagram : ça m’a un peu fait peur pour la suite. J’avais tort : le film vaut mieux que ça encore une fois, il est très réussi. Mais, malgré tout, il a un insupportable petit côté ta-bite-a-un-goût, édulcoré, vannes proprettes et inoffensives. J’allais dire que c’est un détail mais une comédie romantique devant laquelle je ris peu, c’est un petit peu embêtant quand même.

#nofilter #instalove #ilovecamarque #ilovemylife #weekenddereveavecmondoudoudamour

Bon, tant qu’on y est, je poursuis au rayon pinaillage : Joséphine Japy. Oh elle joue très bien, elle est mignonne comme tout, parfaite pour ce type de rôle mais simplement, ce nom, « Joséphine Japy » : j’y crois pas. Je visualise les cuirs un peu cheap Japa ou encore une marque de chaussures discount : « vos pieds sourient en Japy ! ». Je visualise la Halle aux Chaussures, pas une actrice craquante de comédie romantique. C’est qu’elle est incontestablement pendant 2h mais voilà, je suis superficiel et je bloque sur des détails. Mais à part ça, c’est très bien , allez voir le film.

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Ôtez-moi d’un doute – critique

Erwan, inébranlable démineur breton, perd soudain pied lorsqu’il apprend que son père n’est pas son père.
Malgré toute la tendresse qu’il éprouve pour l’homme qui l’a élevé, Erwan enquête discrètement et retrouve son géniteur : Joseph, un vieil homme des plus attachants, pour qui il se prend d’affection.
Comme un bonheur n’arrive jamais seul, Erwan croise en chemin l’insaisissable Anna, qu’il entreprend de séduire. Mais un jour qu’il rend visite à Joseph, Erwan réalise qu’Anna n’est rien de moins que sa demi-sœur. Une bombe d’autant plus difficile à désamorcer que son père d’adoption soupçonne désormais Erwan de lui cacher quelque chose…(Allociné)

Tiens si je parlais d’un film que j’ai pas aimé ? Oh ça va, pour une fois… En plus il est sorti y a un petit moment déjà, c’est dire si on s’en cogne. Seulement, y a un truc qui me chiffonne et faut que ça sorte.

J’y suis allé sur la foi de la bande-annonce et de mon « affection » pour Cécile de France. J’use de guillemets car le mot est sans doute un peu fort. Disons que je la considère très bonne actrice et que j’aime bien le personnage, l’image qu’elle renvoie. Je garde en tout cas un souvenir fort de ses prestations dans Au-delà et Le Gamin au vélo (entre autres).

J’essaie pas de me justifier d’avoir vu cette merde mais bon… C’est pas vraiment une merde d’ailleurs, c’est surtout un gentil téléfilm du samedi soir sur France 3 (ou du vendredi soir sur Arte: Ceux Qui N’ont Pas De Vie savent). Y a vraiment tous les ingrédients, à commencer par le plus important, le contexte provincial très « Reflets de France »: le Morbihan, ces petits ports sympas, sa douceur de vivre à l’aise breizh, ses… démineurs? Ah ok. Tu remplaces Cécile de France et François Damiens par Cristina Reali et Bruno Wolkowich et on est bons. Ôtez-moi d’un doute est tellement confortable en vérité qu’on devrait distribuer des plaids à chaque spectateur à l’entrée de la salle.
On y remarque aussi très rapidement l’absence tout autant essentielle de certains ingrédients, à commencer par le cinéma. Ceci dit y a une petite qualité d’écriture ici et là… Ca pantoufle sévère mais on s’ennuie pas vraiment. Jusqu’à la conclusion, que je trouve incroyablement faux-cul et glauque.

Il a déjà fait un vrai bon film François Damiens ? (question purement rhétorique, j’ai déjà ma petite idée)

Spoilers à gogo: les personnages principaux interprétés par Philippe Caroit et Ingrid Chauvin, qui sont très attirés l’un par l’autre, pourraient avoir le même père. OK. Ils font donc un test de paternité, ou un test ADN, je sais plus et on s’en fout et en gros, au moment où ils ouvrent l’enveloppe pour découvrir les résultats, soit ils se sautent dessus, soit ils repartent la queue entre les jambes (oui je suis vulgaire mais c’est ce que dit et montre littéralement la scène en question).

Évidemment, les résultats sont négatifs: ils n’ont pas le même père, ils peuvent niquer en toute impunité. Normal, on est au cinéma, on est là pour montrer des gens qui s’aiment et niquent, pas des gens de la même famille qui s’aiment mais ne niquent pas.
Mais alors que ce serait-il passé si les résultats s’étaient révélés positifs? Parce que le film joue énormément là dessus en réalité. On nous montre les 2 personnages la langue pendante, le regard de braise pour elle, le bout tout rouge pour lui, putain, ils ont même réservé une chambre d’hôtel en prévision de l’issue qu’ils souhaitent tous les deux ardemment ! La réalisatrice joue sur un suspense sacrément tordu, à tel point qu’on pense pendant tout le film, mieux, au cours même de la fameuse scène de la révélation, qu’ils sont bien (demi)frère et sœur.

Je sais pas, évidemment on est pas dans Game of Thrones, et j’aurais pas souhaité que l’issue soit différente et qu’ils vivent un amour incestueux mais je trouve ça hyper glauque de nous les montrer en train de se consumer de désir tout en nous laissant imaginer qu’ils aient le même père. Tout ça dans un feelgood movie de base, une sorte de chronique familiale qui vire à la comédie romantique. Tranquille.

Bon après, de quoi je parle là ? Ôtez-moi d’un doute est évidemment tout naze et parfaitement dispensable, c’était juste une réflexion comme ça, pour dire rien du tout.