La session de rattrapage 3

A la faveur d’une  BVGDM (Bonne Vieille Grippe De Merde), je me suis enquillé plusieurs films dispensables dans la semaine. « Dispensables » ou que je n’étais pas spécialement impatient de voir parce que tu comprends, quand on a la grippe ie qu’on est à l’article de la mort, on est pas dans les meilleures dispositions pour découvrir Citizen Kane ou Pierrot le Fou.
Je vais le faire en 2 fois parce que j’ai été malade toute une semaine, j’ai donc vu plein de flims.

Kick Ass 2

J’avais bien aimé le 1er, sans doute dans un excès d’indulgence. J’en ai un vague souvenir de croisement entre le teen et le vigilante movie, avec suffisamment de recul et d’ambiguïté à la fois pour rendre le truc intéressant. Un film d’action smartass et bien rythmé quoi.
Cette suite est totalement merdique, vulgaire, sale et irresponsable. A oublier, et c’est d’ailleurs déjà fait.

Jim Carrey et son pseudo-accent italo-américain font peine à voir/entendre
Jim Carrey et son pseudo-accent italo-américain font peine à voir/entendre


Prisoners

Ca c’est nettement plus intéressant. Parce que c’est bien foutu, déjà. Ca se suit sans sourciller, la mécanique du thriller tourne de manière harmonieuse même si le film est beaucoup trop long. C’est intéressant aussi de constater comment le réalisateur, Denis Villeneuve, sous couvert d’une intrigue à suspense et à rebondissement donc, fait potentiellement passer des idées douteuses sur la justice et l’auto-justice. « Potentiellement » car on ne sait pas bien si c’est de l’irresponsabilité là encore, de la maladresse où s’il s’agit d’une démarche consciente. Bon, on n’est pas chez Eastwood ou Friedkin non plus hein, ça reste du cinéma hollywoodien calibré pour créer de l’émotion instinctive. Mais c’est pas mal, ça se regarde quoi. Jackman est bien, Gyllenhaal toujours un peu trop juvénile pour le rôle.

Ca se voit pas là mais Gyllenhaal a la coupe de Diego Simeone
Ca se voit pas là mais Gyllenhaal a la coupe de Diego Simeone

Le Prénom

J’avais pas encore vu ce petit phénomène de société car je savais pertinemment à quoi m’attendre et je n’ai pas été déçu : du théâtre filmé où chaque acteur a droit à son moment de bravoure, où chacun attend patiemment que l’autre ait fini de dire sa réplique avant de balancer la sienne. Ca m’a beaucoup fait penser, en beaucoup moins sympathique et beaucoup moins drôle, au mineur mais un peu culte Cuisines et dépendances (l’une des premières créations de BacriJaoui dans les années 90). Sauf  que si ce dernier est évidemment de gauche, jetant un regard tendre sur tous ses protagonistes, même les plus pathétiques, Le Prénom penche clairement à droite. Quel mépris pour les personnages (notamment le couple d’intellectuels de gauche), quel cynisme : le seul moment un peu touchant (la révélation et le récit de l’histoire d’amour cachée) se voit immédiatement flingué, ridiculisé de manière extrêmement violente (y compris diégétiquement bien sûr, pour ceux qui ont vu le film).
Ce passage est d’ailleurs intéressant (je vais spoiler mais tout le monde l’a vu ce film de toutes façons n’est-ce pas?):  lorsque Guillaume de Tonquedec raconte son secret, ménage le suspense et qu’on commence donc à imaginer qu’il se tape la femme de Bruel, des inserts, très brefs, images mentales des autres convives autant que les nôtres, les montrent dans des ébats sauvages et enflammés. Et lorsqu’on apprend que c’est en fait avec Françoise Fabian qu’il vit une histoire secrète, pas d’inserts évidemment, c’eut été jugé trop choquant, déplacé : je suis SÛR que des cinéastes moins frileux, moins tiédasses ne se seraient pas privés d’un tel effet comique et donc de filmer ces quelques plans un peu crades (j’ai pensé très fort aux Farrelly à ce moment là). Pour moi tout le film tient dans ce renoncement : un ton qui se voudrait incisif, sans concession mais qui n’est que conformiste. Au final, un film assez méprisable donc.

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Gone Girl

David Fincher est, avec Christopher Nolan, le cinéaste dont j’ai décidé de ne plus aller voir les films en salle. J’ai craqué pour Nolan : me suis bien fait avoir encore une fois, je serai fort désormais.
Semi-craquage pour Fincher puisque j’ai vu le film chez moi. Et, là aussi, je le regrette amèrement. Je comprends pas. Je. Comprends. Pas. Qu’est-ce que que c’est que ce thriller misogyne de merde? Pardon, pas seulement misogyne : misanthrope aussi. Tant qu’à faire. Complètement con… Je parlais, au sujet d’Effets secondaires de Steven Soderbergh, de version de luxe des téléfilms de la série Hollywood Night. C’est, encore, exactement ça, encore plus même : ça chichite, ça transpire la thune, les « production values » comme disent les professionnels de la profession mais au service de quoi ? De rien. RIEN. Il veut dire quoi Fincher dans ce film? Je n’y ai vu qu’une longue pub ringarde (et misogyne/misanthrope donc). Et on compare ce mec à Kubrick ? Ca m’a mis en colère, tu l’auras compris. C’est toujours aussi moche en plus, avec ces filtres verdâtres de merde, cette fascination complaisante pour une sexualité d’un autre âge : faut il rappeler que ce mec a réalisé ces clips là (entre autres)? Soyons sérieux…

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Les films du weekend

Spring Breakers

Je me suis légèrement emmerdé devant le premier tiers, pas franchement aidé par un quatuor d’adolescentes aussi bruyantes que promptes à utiliser leurs téléphones dans la rangée devant moi ni par le montage étrangement malickien. Je me suis finalement pris au jeu et maintenant je me surprends à y repenser en bien : ça ressemble donc à un film que j’ai aimé.
En fait, Spring Breakers, c’est une sorte de Projet X réussi : moins drôle certes mais aussi moins faux-cul, moins réac, plus naïf, plus sincère. On pense d’abord que Korine marche dans les pas moralistes de Larry Clark mais il est plus malin et plus subversif que ça. Plus jeune quoi. La conclusion se révèle ainsi à la fois joliment ironique et profondément morale (ce qui n’est évidemment pas du tout la même chose que chez Clark). Pas mal, voire pas mal du tout donc. Sinon, belle prestation de James Franco mais je manque d’objectivité, je l’aime beaucoup. Les filles sont impec elles aussi, mise à part Vanessa Hudgens qui n’a rien compris et nous montre tout du long comment c’est trop cool de casser son image, t’as vu.

20 ans d’écart

20 ans d'écart
Super !
Ah ça fait plaisir, après L’Arnacoeur, Radiostars et Populaire de voir une comédie hexagonale qui réussit à calquer son programme sur les réussites US du genre tout en gardant une spécificité très française. Qui tient à quoi finalement ? Des détails sans doute : le chauffeur de taxi invisible, le carton pourri dans lequel Efira va fourguer ses affaires de bureau, le look vaguement nappy (en plus casual quand même) de Pierre Niney...
Virginie Efira, en mode « belgian Katherine Heigl« , est taillée pour le rôle mais c’est bien l’épatant jeune homme qui crève l’écran. Tro mignon ❤ Charles Berling est surprenant dans un rôle dans lequel on ne l’attend pas forcément (mais à bien y réfléchir je crois qu’on ne l’attend plus nulle part lui… Si tant est qu’on l’ait jamais attendu quelque part d’ailleurs). C’est drôle (parfois très), c’est émouvant et le fond, très casse-gueule puisqu’encore tabou, ne pâtit pas de l’apparente superficialité de son traitement. On en oublie même les 2-3 défauts ou facilités, que je ne mentionnerai donc pas. Et la bo est chouette.
Vraiment super.