Inside Llewyn Davis – critique

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Les frères Coen, du folk, des chats, un anti-héros qui n’a pas de chance et/ou fait les mauvais choix :  je ne pouvais qu’adorer et j’ai adoré.

C’est rigolo sinon : tout le monde a l’air de découvrir que les Coen sont encore capables de réaliser un grand film… Eh oh, réveillez-vous : ça fait bientôt 30 ans qu’ils ne savent faire que ça.

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#18 Cardinal

Cardinal - premier album
Très fan de cette pochette et du regard caméra d’Eric Matthews.

Ce disque est lié à un réveillon de Noël. Je venais de l’acheter sur la foi de la critique des Inrocks (ie les Saintes Ecritures à l’époque) ou de l’avis de Bernard Lenoir, je sais plus. Je n’avais pas eu le temps de l’écouter avant de me rendre chez mes parents pour les traditionnelles vacances de fin d’année, je l’ai donc passé pendant la soirée. Et il était étonnamment bien passé, ça je m’en souviens bien. « Étonnamment » parce que c’était pas vraiment le genre de la maison que d’écouter de la musique pendant la soirée du réveillon, encore moins de la musique inconnue aux oreilles de tout le monde. On était de toute façon trop nombreux et bruyants pour ça. Voilà pour le contexte personnel.

Le disque a merveilleusement traversé les années : il avait dès sa sortie des allures de classique instantané, à la fois accessible parce qu’évident et un peu intimidant parce que très élégant. Il équilibrait parfaitement une certaine sècheresse rock (Richard Davies) et une préciosité pop (Eric Matthews). A l’époque, alors qu’on était encore bien envahi par le grunge, et pas encore par la britpop, c’était pas commun.

Les 2 compères se sont ensuite épanouis dans des carrières solo parfois himalayesques (oui oui, « himalayesques » ; j’y reviens plus loin), se refusant à donner une suite à leur aventure commune. Jusqu’à l’an dernier (ou l’année d’avant ? J’ai la flemme de vérifier) et un deuxième album intitulé Hymns. Décevant, forcément décevant, surtout après une si longue attente. Largement recommandable quand même. Disons que les 2 sont pour le moins compétents lorsqu’il s’agit d’écrire une chanson donc ça va, ça s’écoute.
M’enfin, si tu ne connais ni Cardinal, ni Richard Davies, ni Eric Matthews, c’est par ici qu’il faut commencer.

Phoenix – Le Zénith, Toulouse

Je n’ai rien dit jusqu’ici mais c’est le moment de tomber le masque : Bankrupt! m’a beaucoup déçu. Je me bats avec lui depuis sa sortie, j’aime beaucoup certains titres, je lui trouve des qualités mais c’est pas vraiment ça :  si je suis parfaitement honnête, je n’y vois qu’un reboot, en moins bien, de Wolfgang Amadeus Phoenix.

Je ne comptais donc pas aller voir le groupe sur scène au cours de cette tournée (alors que je les avais vu 7 fois auparavant, dont 3 pour la tournée WAP). D’autant que ça y est, fini les petites salles : fini donc le Bikini à Toulouse, maintenant le groupe se produit au Zénith. Et le Zénith… Tu vois ce que je veux dire. Youssiwaddamine.
Bon finalement j’y suis allé.

Mon problème avec Bankrupt ! c’est que pour la toute première fois, un de mes groupes (contemporains) fétiches m’a déçu. Air, The Coral, les High Llamas, Super Furry Animals, Belle and Sebastian : bien entendu, j’aime certains albums nettement plus que d’autres, mais ils n’en ont jamais sorti de mauvais. Là… Je ne trouve pas Bankrupt !  mauvais mais, c’est peut-être pire, paresseux. Disons que le groupe m’avait habitué à un tel niveau d’excellence et surtout, était parvenu à se réinventer à chaque reprise. Là j’ai eu l’impression que les 4 années séparant les 2 albums n’avaient pas vraiment été mises à profit en quelque sorte. Aller voir le groupe sur scène c’était donc un moyen  de peut-être me réconcilier avec lui. Et puis après les péripéties de la semaine (3 concerts annulés à cause de la voix défaillante de Thomas Mars), je me disais que le groupe serait remonté à bloc et délivrerait une belle performance.

Arrivée à 20h piles (l’horaire inscrit sur le billet) et le Zénith est déjà plein comme oeuf : autant pour le traditionnel quart d’heure toulousain…
On sent tout de suite que le groupe a changé de dimension :  la taille de la salle bien sûr, mais la nature du public également. Jusque là, je dirais pas des hipsters mais un public très pop et branché, jeune et plutôt pointu. Au Zénith, beaucoup, beaucoup (vraiment beaucoup) de lycéens ou jeunes étudiants mais aussi beaucoup de néo-bourgeois toulousains issus des bureaux d’Airbus et/ou de la sphère rugby. Un public qui ne va pas au concert mais au spectacle.

1ère partie assurée par les américaines de Haim. Du rock californien lourdaud et un peu vulgaire, assez pénible (sur scène en tout cas, j’ai quand même bien envie de jeter une oreille à leur dernier album). Ca me fatigue très vite mais je me dis pourtant que c’est ce genre de musique qui faisait rêver Phoenix sur United et que ça serait pas mal qu’ils réintroduisent un peu de ce mauvais goût dans leur production. Haim ne joue qu’une demie-heure, c’est suffisant en ce qui me concerne.

Entracte (de la synth pop 80s, Fool to Cry des Stones, des percussions tribales) puis les lumières s’éteignent à 21h précises. Ca déconne pas au Zénith. Les accords d’Entertainment retentissent dans une salle vraiment blindée jusque dans ses moindres recoins. Manifestement, la voix de Thomas est revenue, pas de problème. Tout le monde est merveilleusement en place dès le début. Le son a tendance à s’envoler un peu (normal) mais il est de bien meilleure qualité que je ne le craignais, puissant et clair.

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Comme d’habitude avec Phoenix, ce qui impressionne, c’est la setlist : Entertainment, Lasso, Lisztomania, Long Distance Call d’entrée, évidemment, ça calme. Et ça ne faiblit pas :  le groupe ne sait composer que des tubes, c’est comme ça. Ou presque : les titres du dernier album, assez peu nombreux comme par hasard (4 au total) font un peu retomber l’excitation. Je veux bien croire que je suis un peu buté m’enfin… Bankrupt ! (le morceau) par exemple est un peu inséré à Love Like Sunset, la fin de Drakkar Noir est substituée à celle de Trying to Be Cool (comme dans l’excellent clip) : tout ça aurait quand même tendance à étayer ma théorie comme quoi les 2 derniers albums seraient très proches, trop proches. Ce concert ressemble d’ailleurs énormément à ceux de la tournée précédente, alors que, encore une fois, plus de 4 ans se sont écoulés.

Je fais la fine bouche bien sûr, je réagis un peu en amoureux déçu.
Malgré tout Phoenix sur scène, ça sera toujours des instants magiques pour moi, des instants qui me transportent complètement : l’intro de Too Young (ici judicieusement couplé à Girlfriend), celle de If I Ever Feel Better, l’euphorie débridée des refrains de Lasso et Consolation Prizes. Ou Rome, un de leurs sommets, toujours aussi puissant émotionnellement, joué en clôture avant que Thomas ne prenne un bain de foule sur une reprise du final d’Entertainment. Je retiendrai également une très belle version de Run, Run, Run et un joli Countdown en rappel intimiste.

En 1h25 montre en main.
Bilan plutôt mitigé donc même si j’ai conscience d’en demander beaucoup : concert de grande qualité, spectacle magnifique (sublime light show et belle utilisation de l’écran géant derrière la scène) mais tout ça m’a paru dénué de surprise, de prise de risques. J’en suis ressorti avec le sentiment renforcé que le groupe avait besoin de se réinventer.

Celà étant j’ai rererererereredonné sa chance à Bankrupt ! depuis samedi et, bien entendu, je le trouve de mieux en mieux.