Le Grand Jeu – critique

La prodigieuse histoire vraie d’une jeune femme surdouée devenue la reine d’un gigantesque empire du jeu clandestin à Hollywood ! En 2004, la jeune Molly Bloom débarque à Los Angeles. Simple assistante, elle épaule son patron qui réunit toutes les semaines des joueurs de poker autour de parties clandestines. Virée sans ménagement, elle décide de monter son propre cercle : la mise d’entrée sera de 250 000 $ ! Très vite, les stars hollywoodiennes, les millionnaires et les grands sportifs accourent. Le succès est immédiat et vertigineux. Acculée par les agents du FBI décidés à la faire tomber, menacée par la mafia russe décidée à faire main basse sur son activité, et harcelée par des célébrités inquiètes qu’elle ne les trahisse, Molly Bloom se retrouve prise entre tous les feux… (Allocine)

Je vais spoiler le billet d’entrée: c’est nul et très dispensable même si plutôt agréable.

Le Grand Jeu est signé Aaron Sorkin, « éminent » scénariste notamment de The Social Network et créateur de The West Wing (qui me gonflent tous les 2 prodigieusement, d’où les guillemets à éminent).
Le truc c’est qu’il anime également des masterclass/séminaires d’écriture de scenario:

Un scenario clé en mains.

Et le truc, bis, c’est que son film ressemble très exactement à l’idée qu’on se fait du travail issu d’un atelier d’écriture: tout est extrêmement bien pensé, agencé, rythmé, enchaîné. Programmatique. Chiant. Tu SAIS que ce conflit-originel-évoqué-au-début va refaire surface dans le dernier quart et qu’il faudra le résoudre; tu SAIS aussi que, le film débutant par un gros flash back, on va y revenir en conclusion afin de boucler la boucle etc etc.
Le film se déroulant dans le milieu du jeu (poker pour être plus précis), il nous gave également d’infos ultra précises, de jargon, de détails pour initiés censés en mettre plein la vue au néophyte et prouver qu’il a bossé, qu’il s’est documenté, qu’il a fait des recherches. Si ça se trouve il est même allé en immersion dans des soirées poker le mec, attention, il se donne tout entier à son art.

Tout ces procédés narratifs, toutes ces recettes j’allais dire, Aaron Sorkin les maîtrise sur le bout des doigts. C’est ce qu’il doit enseigner à ses étudiants.

Tout ça pour dire que Le Grand Jeu est extrêmement professionnel, carré, irréprochable en un sens, mais surtout prévisible, froid, désincarné. Chiant, encore. On ne s’ennuie pas vraiment, c’est même relativement haletant si tant est qu’on est un minimum dedans mais rien ne dépasse, jamais, ni en bien, ni en mal. Je n’y ai pas vu l’once d’une idée originale, d’une voix personnelle (alors que le film est basé sur une histoire vraie, un comble).

Le fond ? Rien que de très classique là encore, de très hollywoodien en tout cas avec ce sentiment de fascination/répulsion pour l’argent facile qu’exhalait également The Big Short récemment. L’argent facile, c’est mal, mais on montre sans trop de distance tout ce qu’il permet de se payer. Super. En tout cas j’attends encore le 1er bon film de 2018.

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Un Homme très recherché – critique

Plus de dix ans après les attentats du 11 Septembre 2001, la ville de Hambourg a du mal à se remettre d’avoir abrité une importante cellule terroriste à l’origine des attaques contre le World Trade Center. Lorsqu’un immigré d’origine russo-tchétchène, ayant subi de terribles sévices, débarque dans la communauté musulmane de Hambourg pour récupérer la fortune mal acquise de son père, les services secrets allemands et américains sont en alerte. Une course contre la montre s’engage alors pour identifier cet homme très recherché : s’agit-il d’une victime ou d’un extrémiste aux intentions destructrices ? (Allocine)

Entre son 1er film consacré à Ian Curtis de Joy Division (le beau mais âpre Control) et son dernier, l’excellent Life, qui revenait sur la relation entre James Dean et le photographe Dennis Stock, Anton Corbjin, ancien photographe « rock » réputé, a réalisé 2 beaux films d’espionnage.
Je lui préfère The American, le premier, également adapté d’un roman de John le Carré, pour son caractère plus intimiste voire minimaliste, pour le côté « italiano » du film, pour les Abruzzes, pour George Clooney. Et bien sûr pour la sublime Violante « bonjour madame » Placido.

Le deuxième, Un Homme très recherché – A Most Wanted Man, est un film plus « global », plus « mondialisé », plus manifestement ambitieux : son propos est de tenter de cerner en quoi, pour les services d’espionnage des plus grandes puissances occidentales, le 11 septembre 2001 a irrémédiablement changé la donne. Il le fait de très belle manière, très élégante, sans maniérisme ni manichéisme, avec beaucoup de justesse, de sensibilité, d’intelligence et d’à propos.

Anton Corbijn choisit encore un cadre inhabituel et relativement peu utilisé au cinéma auparavant, la ville de Hambourg, après le petit village de Castelvecchio dans les Abruzzes donc. Et une nouvelle fois, il choisit d’aborder son histoire, aussi potentiellement lourde et ambitieuse soit-elle, sous l’angle de l’histoire d’un homme, seul, de son caractère trop humain justement et de son drame personnel.

Ca fait d’Un Homme très recherché un portrait mélancolique d’un homme qui n’a plus rien à perdre mais certainement plus rien à gagner non plus, tout autant qu’un film d’espionnage « traditionnel » et haletant. Que ce beau personnage romanesque soit interprété pour sa dernière apparition à l’écran il me semble, par l’excellent et regretté Philip Seymour Hoffman, le rend bien évidemment encore plus émouvant.

RIP

Mon rêve 15

Aujourd’hui, Faites entrer l’accusé.

Je suis dans la maison familiale (celle dans laquelle j’ai grandi) et l’ambiance est lourde: un meurtre a été commis. J’ignore qui a été tué mais je mène l’enquête en compagnie de l’immense Riad Sattouf, un de mes héros.

J’ignore s’il est mon supérieur hiérarchique, ou l’inverse, j’ai plutôt l’impression qu’on est coéquipiers et que la répartition des rôles du jour veut qu’il interroge le suspect pendant que je passe la maison au peigne fin.

Car il y a un suspect ! Il s’agit du minuscule Samuel Benchetrit, une de mes têtes de turc.

Ouh que je peux pas le saquer lui… Bon, c’est pas la question. Enfin, si, un peu: pas un hasard j’imagine si c’est lui le suspect et pas Sattouf.

Benchetrit est donc le suspect numéro 1. Et il est particulièrement tête à claques là: il n’a pas son habituel regard triste de poète maudit de la life trop déglingos, il est au contraire très sûr de lui, tout en arrogance et petit sourire en coin. Il porte une sorte de costume en cuir marron, façon peau de serpent mais marron clair, particulièrement ridicule.

Riad Sattouf (en costume sobre, sans cravate) et lui s’installent sur 2 chaises face à face, et Riad me fait signe d’aller voir ailleurs : je suis super énervé, j’ai envie de casser la gueule à Benchetrit. Déjà que j’ai envie de le tarter tout court, si en plus il s’avère qu’il a commis un meurtre, tu m’as compris.

Je m’exécute donc pendant qu’ils se lancent dans une sorte de joute verbale, façon Garde à vue. Je n’entends pas ce qu’ils se disent mais j’ai vraiment le sentiment d’assister à un combat à fleurets mouchetés, tout en bons mots et petites piques, alors que personne n’est dupe, surtout pas Sattouf.

De mon côté, je commence donc à fouiller la maison à la recherche d’indices. Je passe d’une pièce à l’autre et au moment d’entrer dans mon ancienne chambre, mon téléphone se met à sonner: je ne l’ai pas sur moi, il est posé sur le bureau (mon bureau à moi que j’utilisais quand j’étais enfant/ado).
Je m’en saisis donc et me mets à hurler lorsque je découvre que mon fond d’écran a (été) changé: en lieu et place des magnifiques armoiries du Royaume-Uni, mon fonds d’écran actuel (je suis esthétiquement royaliste), une cheminée. Une pauvre cheminée sans feu, vide, sale, comme celle-ci:

Je continue à hurler comme un possédé: la faim dans le monde, les enfants-soldats, Marion Cotillard, la loi Travail, un meurtre dans la maison familiale passe encore mais pas mon téléphone, merde !

Et je me réveille.

Top 10 cinéma 2017

Une petite année cinéma pour moi, notamment par rapport à l’an dernier, avec un ratio « films que j’ai pas aimés »/ »films que j’ai aimés », très légèrement en faveur de ces derniers (42 vs 47). Mais c’est la règle quand on voit beaucoup de nouveautés: la majorité de ce qui sort est loin d’être impérissable.
J’ai raté et pas pu rattraper des trucs potentiellement topables, tant pis (Le Jour d’après, Faute d’Amour, Bad Buzz, Certaines femmes entre autres)… Rien qu’hier, j’ai vu le magnifique Florida Project qui aurait eu tout sa place ici mais bon, comme je dis toujours, je vais pas faire mon top en mars non plus.
Le numéro 1 écrase la concurrence, pour les autres le classement ne veut trop rien dire mais ce sont les 9 films qui m’ont le plus ému, convaincu, fait rire, stimulé etc.

Les daubes, ici. Les films que j’ai pas aimés, ici. Les « oui », ici et les « OUI! » ici.

#10 L’Atelier

Avec le recul, je me dis que c’est bien mais que c’est presque trop bien. J’entends par là qu’il me manque quelque chose d’un peu déstabilisant sur la forme, quelque chose d’inattendu ou de sale ou d’imparfait, je sais pas, pour me convaincre totalement ou plutôt pour m’emporter totalement. Parce que convaincu je le suis : c’est d’une subtilité, d’une sensibilité et d’une intelligence remarquables.

 

#9 Thor : Ragnarok

Voilà, ça c’est sûr que c’est moins parfait… Mais justement ! J’en parle ici.

 

#8 Coco

Le film Toutes Les Larmes de Mon Corps de l’année. Au-delà de la manière et de l’intensité dont le film peut toucher la sensibilité de tout un chacun (entre nous: si ça te touche pas, je considère que t’es un nazi. Voilà, c’est dit, bisous), au-delà de l’inévitable aspect « film pour enfants » avec des gags plus ou moins drôles, de l’action, des courses poursuites, des seconds rôles cocasses etc (aspect brillamment traité d’ailleurs), c’est quand même dingue de voir un « film pour enfants » précisément, aborder de manière aussi frontale (j’allais écrire « brutale ») et subtile à la fois les questions du deuil, de la mémoire, de l’héritage, de la « trace » etc. Et puis j’ai trouvé ça visuellement splendide. Je crois que c’est la 1ère fois que je place un DA dans mes films de l’année, j’en suis le premier surpris, surtout après la déception de l’over-hypé et surestimé Vice Versa.

 

#7 Logan

Brutalité toujours. Hurt de Johnny Cash était utilisé dans la bande annonce et ça tombe sous le sens : c’est comme si le traitement appliqué par Rick Rubin à la musique du maître avait été également adopté pour le personnage de Wolverine. J’en parle ici.

 

#6 Une vie violente

Pas très aimable, des personnages pas vraiment sympathiques, des acteurs inconnus ou presque, des dialogues parfois peu audibles et des scènes parfois peu compréhensibles : Une vie violente se donne moins les moyens de trouver son public que Le sens de la fête. C’est cette rudesse qui m’a plu (insérer ici une comparaison avec le peuple et le paysage corses), cette intransigeance, tout autant que cette volonté de ne jamais juger les actes ou les paroles des personnages. Avec tout ça, c’est sûr que c’est pas le film le plus fun de l’année mais c’est remarquable.

 

#5 Logan Lucky

Le feelgood movie de l’année, mais pas que. J’en parle ici.

 

#4 Petit paysan

C’est un film qui me touche beaucoup parce qu’étant issu du milieu agricole et ayant grandi à la ferme, tous les films qui prennent ce cadre et abordent ses problématiques me touchent. Mais au-delà de ça, je trouve ce film excellent car ces problématiques précisément (le poids de la famille, le poids des normes d’hygiène, la pression financière, l’attachement aux animaux qu’on élève, le célibat etc.), il les aborde à travers un récit parfois étonnant et avec un ton à la fois grave et fantasque, drôle, émouvant, parfois un peu effrayant même. Y a un côté « premier film français » type qui est sans doute trop prévisible voire caricatural pour certains mais je sais pas, ça fonctionne ici pour moi. Sans doute parce qu’on est plus près de la fausse légèreté des Combattants que de la fausse gravité d’Ava (exemples pris un peu au hasard).

 

#3 Good Time

Plan large sur la ville. La caméra se rapproche d’un immeuble, et se rapproche encore, et encore, à tel point qu’elle finit par pénétrer dans une pièce (le bureau d’un expert-médecin). C’est ça Good Time: on accède dans les 1ères secondes au coeur de la ville, au coeur des personnages et de leurs actions et on restera à leur côté jusqu’à la toute fin, jusqu’aux toutes dernières secondes là aussi. Cette proximité, cette énergie dingue, cet enthousiasme à filmer, à raconter (le génial flashback du non moins génial Buddy Duress), et à le faire dans la rue avant tout, rappelle évidemment beaucoup le Nouvel Hollywood : mais il faudrait alors parler de « nouveau Nouvel Hollywood » tant le genre semble s’inventer sous nos yeux, indifférent à tout ce qui s’est fait précédemment. Sans doute le film de mon top 10 que j’ai déjà le plus envie de revoir.

 

#2 L’autre côté de l’espoir

Les films sortis en début d’année sont toujours les grands perdants des bilans de fin d’année et c’est parfois injuste : L’autre côté de l’espoir est un très beau Kaurismaki, peut-être pas son meilleur mais une belle prolongation de son oeuvre sur le fond et sur la forme (ces beaux aplats de couleur, cette lumière caractéristiques, sans compter le jeu atone, bressonien, des acteurs évidemment). Il y prolonge avec une vigueur étonnante son plaidoyer pour une Europe ouverte et bienveillante à l’égard des migrants et des laissés pour compte comme dans Le Havre, son précédent film. C’est drôle, c’est beau, c’est émouvant, c’est du grand Cinéma.

 

#1 Twin Peaks, the Return

Je sais pas si c’est 1 film de 18h, 18 films d’1h, une série traditionnelle, ce débat ne m’intéresse pas. Enfin, si je le classe dans mon top films (comme Les cahiers du cinéma notamment), c’est que je dois avoir ma petite idée je suppose.
Je sais surtout que si j’ai trouvé l’année cinéma relativement pauvre, c’est essentiellement parce que cette 3ème saison de Twin Peaks m’a complètement niqué une grande partie de ce que j’ai vu en salle: je n’ai rien vu qui arrive à la cheville de l’invention et de la puissance formelle de ce que David Lynch a créé cette année. Sans jamais laisser les sentiments (humour, effroi ou émotion) de côté. Avec en outre, et outre toutes les (multiples) fascinantes zones d’ombre qui subsistent encore, quelque chose d’un peu surnaturel, d’un peu magique et d’indéfinissable propre à cette merveilleuse forme d’art et contenu parfois dans une simple séquence, une simple apparition, une simple image qui fait que « le cinéma c’est ce qui rend la vie plus belle (mais aussi plus effrayante et plus joyeuse) que le cinéma ».

Top cinéma 2017 – OUI !

Juste en dessous du top 10. Les daubes ici, les quasi daubes ici, les ok-ça-passe ici.

Problemos

Je sais plus où j’ai eu l’info, une interview télé ou sur le net, mais il faut remercier Quentin Dupieux d’avoir fait découvrir The Office (UK évidemment) à Eric Judor: sans ça, pas de Platane, sa géniale série inspirée d’Extras, autre création de Ricky Gervais, et pas de Problemos. Il faut aussi saluer le travail d’écriture et l’interprétation de l’excellente Blanche Gardin, sympathisante Nuit Debout suffisamment lucide et intelligente pour porter un regard acerbe sur les zadistes, alters et gauchos de tout poils. Il faut enfin noter la présence de plusieurs autres keumiques de talents: Monsieur Fraize, une totale découverte pour moi, Bun Hay Mean dans le rôle du chamane-SDF et surtout l’immense Youssef Hajdi, déjà génial dans Platane. Tout ça fait de Problemos la comédie de l’année, haut la main.

« L’enfant »

Money

Ici.

Life: Origine Inconnue

Pas vu le (catastrophique il semblerait) volet d’Alien sorti cette année mais ce film donne parfaitement le change: ça n’invente absolument rien (puisque c’est quasiment un remake du tout premier Alien) mais c’est fait avec énergie et enthousiasme, c’est ramassé, bien interprété, maling. Que demander de plus ?

« Oh qu’il est meugnooooon »

Lala Land

Ici

Detroit

C’est fort quand un film parvient à combiner pamphlet et mise en scène. Message / cinéma. C’est pas facile pour un réalisateur de ne pas se laisser submerger par ce qu’il/elle veut transmettre, et de ne pas faire que les spectateurs soient submergés eux aussi, par l’émotion, en l’occurrence un sentiment de rage et de révolte. C’est ce que réussissent, ô combien Detroit et Kathryn Bigelow. Rien à dire de plus, ce film est peut-être la plus grande évidence de 2017, sur les 2 plans là encore, le pamphlet et la mise en scène. En gros: ça calme.

FDP de l’année

 

Happy Birth Dead

Ici

 

La confession

Un remake de Léon Morin, prêtre avec Romain Duris dans le rôle titre, on était en droit de flipper. Mais avec le subtil, quoiqu’inconstant, Nicolas Boukhrief aux manettes, on pouvait légitimement être rassuré. Et de fait c’est plus que correct puisque c’est même un beau film Qualité Française, qui n’apporte peut-être pas grand chose à l’original mais ne le déshonore absolument pas, au contraire. Excellente Marina Vacth également, comme toujours.

Il en a fait du chemin, le Tomasi du Péril jeune…

John Wick 2

Ici

 

Dunkerque

C’est le 1er film signé Christopher Nolan que j’apprécie quasiment sans réserves: 1. cette « musique » là, omniprésente, m’a presque gâché certaines séquences et 2. conclusion trop patriotique. Ca va qu’il est Anglais et au-delà de tout soupçon le gars (?) parce que si un Français ou un Américain fait ça… Mais c’est bien prenant, bien mis en scène et régulièrement impressionnant. Comme quoi, il est capable de faire du travail correc lorsqu’il s’est pas mis en tête de nous expliquer la Vie, La Mort, le Cosmos et les toupies.

Quand ça presse vraiment beaucoup beaucoup

 

20th century woman

Ici

 

Que Dios nos perdone

Polar madrileño. Un peu cliché parfois (le flic psycho-rigide et bégayant, son appartement clinique) mais super efficace. Supers acteurs aussi globalement, avec une mention pour Roberto Alamo, aussi drôle et subtil qu’animal. Et puis s’il y a bien un truc que les Espagnols savent utiliser dans une fiction, c’est 2 des piliers de l’espagnolité, à savoir les vieux et la religion. Les 2 ensemble ça donne droit à des moments bien glauques.

Quand tu supportes le Real et ton collègue l’Atletico.

 

La colère d’un homme patient

Un peu comme ci-dessus, en plus sec, plus minimaliste. Belle galerie de personnages et de gueules, notamment lorsque le scenario va faire un détour par un Madrid moins carte postale et plus populo.

 

Cessez-le-feu

Encore une belle interprétation de Romain Duris: je pouvais pas le supporter mais depuis 4-5 ans, il enchaîne, rien à dire, et il me convainc à chaque fois. Curieux film que ce Cessez-le-feu: à la fois film d’aventures méditatif inspiré par l’expérience africaine de Rimbaud (je grossis bien évidemment le trait hein), et film Qualité Française (la reconstitution historique, la romance) mais nouvelle manière (la romance… contrariée on va dire, la sécheresse du ton, le refus du sentimentalisme, du manichéisme). Beau film, vraiment, un peu passé inaperçu et qui mérite une seconde chance en DVD. Ou à gratos évidemment, je vais pas te faire un dessin.

Ceci n’est pas un cigare

 

Un jour dans la vie de Billy Lynn

Ici

 

Les Gardiennes

Après les moines de Des dieux et des hommes, Xavier Beauvois s’intéresse au quotidien d’une autre communauté, celui des femmes vivant dans une ferme du Nord de la France pendant la Première Guerre Mondiale, pendant que les hommes (enfants et pères) sont partis combattre. On y retrouve sa rigueur quasi-documentaire mais cette fois la fiction est plus présente, à travers la trajectoire de la véritable héroïne du film, Francine (formidable Iris Bry), une orpheline embauchée par le personnage interprété par Nathalie Baye. Ca rigole pas beaucoup (je me suis laissé dire que ça rigolait pas des masses à l’époque) mais c’est beau, à la fois sur le fond et sur la forme: on pense évidemment à l’Angelus de Millet mais le film parvient heureusement à s’en détacher. C’est parfois maladroit mais sans concession et j’aime bien l’utilisation de la musique (signée Michel Legrand), à la fois très parcimonieuse et dramatique, qui fait à chacune de ses interventions basculer le film de la fiction documentaire à l’aventure romanesque. La famille Smet s’en sort très bien, notamment Nathalie Baye dans un rôle pas vraiment à son avantage. Ca sent les multiples nominations aux Césars pour tout dire, et ça sera pas volé.

Il est génial le papy en arrière-plan

Pris de court

Ici

 

Split

The Visit l’annonçait, Split le confirme: retour en forme pour l’ex-wonder boy des années 2000. On est pas encore revenu au niveau des Incassable, Signes ou The Village mais certaines séquences impressionnent à la fois par ce qu’elles montrent et/ou par la seule puissance de leur mise en scène. Rien que la scène somme tout assez banale sur le papier de l’apparition du personnage interprété par James McAvoy au tout début, sur le parking, pfiou… Et puis évidemment, cet épilogue qui m’a mis le kiki tout dur je l’avoue. Welcome back M. Night.

James McAvoy, plus régulier dans la performance que son sosie Mesut Ozil

 

La Villa

J’y vois des défauts et des choses qui ne me plaisent pas (c’est trop didactique et les personnages s’expriment parfois un peu trop comme s’ils se trouvaient sur une scène de théâtre ou dans une AG de Lutte ouvrière) mais c’est un film qui défie foncièrement tout jugement objectif de ma part: j’ai pleuré quasiment du début jusqu’à la fin.

 

Paddington 2

Tu me juges. Je sais que tu me juges. Tu juges de plus haut. Et pourtant… Les auteurs de Paddington (les mêmes pour les 2 volets) réussissent une chose rare et bluffante dont on a perdu la recette: le film de bébé pour adultes. UN film universel quoi, autant appréciable par les enfants, petits, moyens, grands (bon, OK, les ados auront peut-être un peu de mal devant un tel étalage de mignoncité), que par les adultes, si tant est que ces derniers veuillent bien se donner la peine de le voir. Mais ceux qui savent, savent. Après, et après la grande Nicole (Kidman) dans le premier volet, c’est le grand Hugh Grant qui endosse avec délectation le costume du méchant. Et il en endosse justement des costumes dans le film, illustrant à merveille ce concept purement anglais, intraduisible et très subtil du camp qui englobe à la fois l’extravagance, l’entertainment, le style etc.
Un mot enfin sur la direction artistique, à tomber, comme si le Village Green des Kinks était revisité par Wes Anderson.

The Grand Budapest Hotel

Top cinéma 2017 – Oui

Certains n’ont été repêchés que par la peau des fesses, certains autres pourraient figurer dans la catégorie supérieure mais j’ai aimé les films ci-dessous. Les daubes, ici, les films que j’ai pas aimés, ici.

Moonlight

C’est un tout petit oui. C’est mignon. C’est un peu « le cinéma d’auteur pour les nuls » quand même mais c’est mignon. Evidemment ils sont pas trop habitués aux Oscars alors si en plus c’est une histoire de garçons pas blancs qui se font des guilis au kiki, ça les défrise complètement. M’enfin, ça se regarde. Dernier plan à la fois prévisibe et inadmissibe en revanche.

 

Le Brio

Là aussi c’est un tout petit oui, un tout petit moui même car c’est d’un conformisme dans ses grandes lignes… M’enfin, Yvan Attal les gère avec une certaine malice, une certaine distance, une certaine justesse aussi, il faut bien l’avouer, qui font que c’est pas dégueulasse alors qu’on pouvait s’attendre au pire. Disons que c’est un téléfilm qui se regarde bien.

Camelia Jordana joue tellement bien qu’on l’oublie complètement et qu’on se dit jamais « dis donc, elle joue super bien en fait Camelia Jordana« . Si tu me suis.

 

My Cousin Rachel

Petite meringue anglaise pour lesquelles j’ai un faible, type Confident royal. Du coup, cf ci-dessous.

 

Confident royal

Ici

 

The Young Lady

Ca pourrait entrer dans la même catégorie que les 2 films précédents car c’est aussi un genre de period piece comme disent les anglo-saxons (un « film historique ») mais c’est moins pittoresque, moins aimable. Moins meringue. Il s’agit en réalité d’une sorte de conte froid et cruel qui à ce titre mériterait d’être scandinave. C’est pas mal. Pas dingue mais pas mal. Comme un film scandinave.

Quand t’a choisi le Klövall 2 places et que tu regrettes de pas avoir pris le Stygruld 3 places.

 

T2 Trainspotting

Ici

 

Un beau soleil intérieur

Ici

 

Get out

L’un des films plébiscités cette année : faut pas déconner quand même… Mais c’est bien foutu oui, à la fois plaisant et édifiant, efficace dans son versant pamphlétaire. Utilisation un peu trop systématique et paresseuse des jump scares dans les scènes de suspens/horrifiques en revanche.

Quand tu regardes Coco.

 

Ouvert la nuit

Ici

 

The Meyerowitz Stories

Celui-là il était vraiment à ça d’aller dans la catégorie inférieure, voire dans le Flop 2017: insupportable caricature de cinéma new-yorkais bourgeois, avec d’insupportables personnages bourgeois qui s’écoutent parler de leurs insupportables préoccupations bourgeoises d’insupportables bourgeois new-yorkais. Mais en se recentrant in extremis sur le personnage le plus humain et touchant (celui interprété par un excellent Adam Sandler), le film finit par toucher in extremis là aussi. Mais j’ai beaucoup de mal avec le cinéma de Noah Baumbach

Ben Stiller est vraiment le sosie de Claude Puel dans ce film

 

Santa & Cie

Ici

 

KO

Ca démarre comme une satyre féroce, brutale même, du milieu de la télévision (Fabrice Gobert est le créateur de la série Les Revenants, sympa l’image qu’il donne de ce milieu qu’il connait donc bien…) puis ça bascule sans crier gare vers du Lynch soft. Dommage que la fin, un peu édulcorée, dilue ce qui a été mis en place précédemment mais KO mérite une 2ème chance si t’en as l’occasion.

Elle a pris Chiara.

 

Marie-Francine

Ici

La Mécanique de l’ombre

Ici

La colle

Chaque année, j’attends avec une certaine impatience l’article/bilan/top de Slate sur les comédies françaises de l’année. Je suis souvent en phase et il me fait découvrir des films négligés ou que je n’ai pas eu le temps de voir. Cette année par exemple, La colle, chouette teen movie plus que comédie en réalité, énième mais efficace variation sur Un jour sans fin. J’en dis pas plus, l’article en parle très bien. Après, son problème (à l’article en question), c’est qu’il donne aussi très envie de voir les daubasses de l’année…

L’un des couples de l’année

 

The Lost City of Z

Je pensais le mettre dans la catégorie supérieure parce que c’est quand même beau, c’est parfois fort et la conclusion est superbe. Mais il m’en reste quasiment rien sinon un gros sentiment de frustration : je trouve que ça manque d’ampleur, que c’est trop court, que ça va trop vite. C’est paradoxal pour un film aussi long et probablement assez cher mais j’ai vraiment eu le sentiment d’un film un peu tronqué, un peu inabouti. Pas hyper convaincu par l’acteur principal non plus (Charlie Hunnam), qui se donne pourtant beaucoup de mal et se donne tout court. Sienna Miller est excellente en revanche.

 

L’Echange des princesses

En littérature, il y a Didier Van Cauwelaert, Erik Orsenna, Jean-Claude Ruffin (ou Marc Dugain, réalisateur du film également auteur), des écrivains que je qualifierais de « patrimoniaux », sérieux, dignes, français et un peu chiants (j’en ai évidemment lu aucun, c’est un jugement gratuit). L’Echange des princesses est à l’image de cette littérature confortable et bourgeoise : y a pas beaucoup de cinéma mais c’est pas scandaleux non plus, ça se regarde assez bien. En réalité, le film tient uniquement grâce à son intérêt historique (il narre un épisode relativement méconnu mais passionnant) et si je n’en avais aucun à son égard (d’intérêt. Pour l’intérêt historique), j’aurais trouvé ça chiant comme la pluie.

« Retrouvez Secrets d’Histoire avec Stéphane Bern tout de suite après la météo d’Anaïs Baydemir« 

 

Spider-Man: Homecoming

Si j’ai bien compris, l’AMN (Amicale des Marveliens Nazis) conchie ce film. Mais bon, si j’ai bien compris aussi, ils sont jamais contents ces gens-là. Moi qui ne suis ni marvelien, ni amical, ni nazi, je me fous un peu de leurs débats: j’ai passé un bon moment. Ok, c’est scandaleux que Peter Parker n’ait visiblement pas été génétiquement modifié et qu’il doive se ravitailler en fluide comme on va faire le plein d’essence, Michael Keaton reprend son rôle, voire son costume de Birdman, et c’est beaucoup trop long, comme tous les Marvels. Mais l’acteur qui interprète Peter Parker est vraiment super, son pote side-geek est super, la petite nana est super, les vannes sont super (drôles). Que demander de plus ?

 

Numéro une

Marrant comme certains films donnent l’impression d’avoir été tournés dans l’ordre chronologique: ça démarre très bien, ça s’essouffle un peu jusqu’à un gros coup de mou au début du dernier tiers et puis c’est comme s’ils s’étaient rendu compte que ça partait en couille, hop, ça remet un bon coup de collier et ça se termine bien. En tout cas c’est globalement de la belle ouvrage comme on dit. Un sujet très 2017, forcément, et puis réalisé par une femme, parfait… Enfin, mais ça c’est très perso, j’aime beaucoup les films qui se déroulent dans le milieu des grandes entreprises (cf Corporate aussi par exemple, que j’ai nettement moins aimé mais que j’ai quand même aimé pour cette raison. Oui j’ai plus rien à dire et je m’enlise, à demain pour la suite).

Il a pris Zoukim Batchiary Bey.

Top cinéma 2017 – Non

Des films, nombreux, que j’ai pas aimés sans qu’ils m’aient fait régurgiter mes shortbreads pour autant. Les daubes, c’est ici.

Baby Driver

J’ai trouvé ça plutôt agréable sur le coup, même si le film ne tient pas sa promesse du formidable 1er quart d’heure. Le problème c’est que je n’en retiens rien et que je l’ai même totalement oublié dès le générique de fin. Et puis j’ai un problème avec l’acteur principal que je trouve inintéressant et anti-charismatique au possible. Et puis j’ai pas ri ni même souri une seule fois, c’est embêtant…

Charisma level: Pierre Rochefort.

 

La planète des singes: Suprématie

Énorme déception car j’en attendais beaucoup après des critiques quasiment unanimes et un 2ème volet absolument parfait. A vrai dire je l’ai lui aussi rayé de ma mémoire, je saurais plus expliquer ce qui m’a déplu/gêné ici. Je crois que j’ai jamais été dedans, tout simplement, et que je n’ai pas adhéré à la forme (et au fond) nettement plus universaliste de ce volet.

 

Brimstone

Centré sur la condition des femmes dans le Far West, condition dont on peut dire qu’elle était peu enviable, Brimstone est un western gothique néerlandais (wtf) construit comme une variation sur La Nuit du chasseur : un pasteur maléfique (Guy Pearce) poursuit une jeune femme (Dakota Fanning) sur 4 chapitres modestement intitulés « exode », « genèse » etc. Ça se veut lourd de sens mais c’est prétentieux et emphatique, ça s’imagine gore, c’est surtout sadique voire complaisant. C’est super long en plus. Et l’utilisation, sadique là aussi, qui est faite de Carice Van Houten, qui a par ailleurs rencontré son mari (Guy Pearce) sur le tournage mais bon, passons, je saurai attendre, est proprement scandaleuse : on la voit jamais à poil.

Scandaleux

 

Le sens de la fête

Ici

 

The Square

Quand un film censé créer le malaise (et il se donne du mal pour y arriver) génère plutôt de l’embarras qu’autre chose. Enfin, je suis réducteur, pardon : de l’embarras, de l’ennui, de l’agacement. Et puis comme j’ai une haute opinion de moi, j’aime pas me faire faire la leçon. Mais alors quand je me la fais faire par un type qui n’a rien à m’apprendre… Enfin, c’est pas insupportable, c’est déjà ça je suppose.

Quand tu veux pas faire tourner les serviettes.

 

Thelma

J’ai pas trouvé ça mauvais, je vois mal comment on peut trouver ça mauvais d’ailleurs tant le film s’évertue à avoir tout juste, sur tout, tout le temps, mais précisément, c’est ce qui me gêne et finit par m’agacer : ce côté « ta bite a un goût », « film de genre pour lecteur de Télérama« . C’est trop propre, trop chichiteux, trop aseptisé. Si on compare avec le film dont il se rapproche le plus (Carrie)… C’est vraiment scandinave. Mais ça se regarde plutôt bien. C’est scandinave.

 

Ça

J’ai pas lu le bouquin et j’ai pas vu non plus le célèbre (?) téléfilm multi-diffusé et qui a traumatisé des générations (?) de téléspectateurs. Tout ça pour dire que je suis simplement allé voir un film, sans attentes ni a priori. Bon, je me suis pas ennuyé m’enfin… Ca surfe à mort sur le succès de Stranger Things, qui lui-même est redevable de tout ce que Ca synthétise (Stephen King, les productions Amblin, les enfants martyrs/vengeurs, « les années 80 » pour faire court etc).  On se retrouve donc devant un film qui s’inspire d’une série qui elle-même s’inspire en partie du livre dont il est l’adaptation. L’un des gamins de la bande est carrément l’un des gamins de Stranger Things, c’est dire s’ils se sont cassé le cul les mecs.

 

Le Bonhomme de neige

La critique a massacré le film et c’est un peu exagéré : ça va, c’est pas non plus la catastrophe absolue décrite par beaucoup. C’est simplement très mal branlé, avec un montage bancal qui confère au film un rythme inconfortable: on dirait un cycliste qui change de braquet toutes les 2 minutes sans jamais parvenir à trouver le bon. Pour rappel, la production n’a pas pu filmer tout ce qu’elle voulait faute de budget et devant le résultat, forcément foireux, le studio a complètement remonté le film. C’est dommage car j’aime beaucoup les 2 précédents films d’Alfredson (Morse et surtout La Taupe) et s’il y a bien un mec qui aurait pu sublimer une somme tout classique histoire de serial-killer bien glauque, c’était lui. Malheureusement, on ne verra probablement jamais le film qu’il avait en tête.

Sinon évidemment, y a Rebecca « coeur avec les doigts » Ferguson

 

Les Proies

J’étais à ça de le mettre dans mon flop de l’année mais c’est joli, comme toujours avec Sofia Coppola. Quelle paresse intellectuelle quand même… Y a vraiment rien ici qui n’était déjà dans le film original. Et qu’on ne vienne pas me parler d’un regard féminin/iste, ça aussi c’était dans le film de Siegel.

 

Kingsman 2

J’aurais aimé l’aimer, je l’attendais avec une certaine impatience: j’ai revu le 1 juste avant et j’en sous toujours aussi fan. Malheureusement j’ai l’impression d’y trouver tout ce que certains reprochent au premier volet: puéril, superficiel, vulgaire etc. Et puis c’est loooooooong. Gros coeur avec la bite les doigts pour Julianne Moore en revanche.

Ah la la…

 

Corporate

Ici

 

120 battements par minute

Ca m’a un peu impressionné sur le coup, à défaut de m’emporter mais plus le temps a passé, moins le film m’a laissé un grand souvenir. C’est assez programmatique et convenu en fait cette façon de ne pas céder au pathos, d’être (un peu) radical, de créer malgré tout l’émotion par la bande. C’est prévisible, sur le fond et sur la forme. Je remets pas en doute la sincérité ni l’ « importance » du projet évidemment mais 120 battements par minute matérialise une autre forme de conformisme cinématographique en réalité. Enfin, j’aimais beaucoup Adèle Haenel quand elle a débarqué mais putain, ses éternels yeux ronds grands ouverts et bouche pincée/air interdit, j’en peux plus. Elle était à ça de mon top « dégage ».

 

Rock’n’Roll

Il faut être honnête : ça commence bien. Si si, vraiment. C’est tout pompé sur Platane et donc Ricky Gervais mais c’est drôle. En version un peu édulcorée certes mais drôle quand même. Sauf que ça dure qu’une petite demie-heure. Et qu’après ça, il faut s’enquiller 1h45 de private joke complaisante et plus drôle du tout. M’enfin ça évite le flop car un truc aussi suicidaire, ça force le respect quelque part.

Aujourd’hui 5 janvier 2018, je n’ai aucun commentaire négatif à émettre au sujet de Marion Cotillard

 

Ava

Cahier des charges « premier film français » respecté à la lettre: récit d’apprentissage, éveil à la sexualité, ancrage naturaliste, acteurs amateurs, acteurs films-d’auteur (Laure Calamy) etc etc. Qu’est ce qui fait qu’ici ça m’ennuie alors qu’ailleurs (j’ai pas d’exemple qui me vienne là), avec les mêmes éléments, je peux marcher à fond ? Difficile à dire…

 

Wind River

Le cinéma indé américain a ses poncifs lui aussi : les grands espaces métaphysiques, la violence sèche, les oubliés du rêve américain (l’action se déroule dans une réserve indienne), l’ambiguïté morale, les acteurs bankable/grand public venus s’encanailler (Jeremy Renner et Elizabeth Olsen). Il y a tout ça dans Wind River, et ça se regarde bien car cette forme de mythologie US inversée dont Les Raisins de la colère de Steinbeck seraient le terreau (avec le Nebraska de Springsteen en bande son), ça marche toujours. Mais j’ai trouvé ça un peu forcé, un peu prévisible, notamment dans les touches d’humour censées désamorcer la tragédie… J’ai vu au générique de fin que c’était produit par le lourdingue Peter Berg, qui, après le succès (mérité) de Friday Night Lights, s’est fait le dépositaire de ce registre viril-humain-pathos-sans-être-complètement-pathos-non-plus et ça ne m’a pas du tout surpris.

Petit, moche et jamais marquant mais pourtant toujours casté sur des « gros » films : Jeremy Renner est une énigme totale pour moi

 

Loving

Ici

 

D’après une histoire vraie

Le film s’est fait massacrer, il est resté qu’une semaine à l’affiche dans « mon » ciné. Bon, c’est nul mais ça va, c’est pas du Carax non plus, faut pas déconner. On sent un petit peu la patte du maître au détour d’un plan, d’une ligne de dialogue. Faut chercher évidemment parce que oui, c’est naze mais bon, c’est déjà ça.

 

Chez nous

Complètement oublié ce truc… Je suis bien en peine d’en dire quoique ce soit sinon que je m’y suis puissamment fait chier et que j’ai trouvé ça lourdaud.

Je viens de percuter que le jeune gars là joue aussi dans le film de Xavier Beauvois. Acteur ch’ti donc.

 

Le Redoutable

J’avais envie d’aimer, parce que le film s’est fait démolir un peu par principe j’ai l’impression (alors que le sujet me paraissait intéressant), parce que je suis un énorme fan des 2 volets d’OSS 117 et parce que j’ai beaucoup d’affection pour Michel Hazana(sid)vicius, cinéaste-cinéphile intelligent, humble, cultivé, passionné et par conséquent foncièrement aimable. Je me suis pas ennuyé mais bon… Qu’est-ce qu’on en retient au-delà de la reconstitution fétichiste et bluffante? Pas grand chose j’en ai bien peur. Ceci étant, je n’en démords pas, je trouve ça intéressant et même courageux d’avoir fait ce film alors que Godard est à la fois intouchable (on l’a bien vu avec les réactions critiques) et que plus personne n’en a rien à foutre de lui : fais un sondage autour de toi pour vérifier qui a déjà vu un de ses films, tu vas rire (ou pleurer).

 

Coexister

C’est une déception car j’aime les précédents films de Fabrice Éboué et qu’ici, le film ne va jamais plus loin que son postulat. Alors oui, y a de très bons gags (les parodies de tubes au début par exemple), vraiment terribles mais c’est un peu paresseux/prévisible. C’est en outre un film foncièrement bienveillant, surtout avec l’idée même de religion, c’est peut-être ça qui me gêne au fond. J’imagine que vu le climat ambiant, Eboué a préféré jouer cette carte là mais j’eusse aimé davantage d’iconoclasme, d’irrévérence et de mauvais esprit d’autant qu’il est coutumier du fait.

Jonathan Cohen réclame un vrai premier rôle pour lui tout seul : il le mérite.

 

Jackie

Ici

 

Alibi.com

Bon, c’est nul évidemment… Mais y a quelque chose de sympathique, parce que modeste, chez cette petite bande qui me les rendra jamais détestables. En revanche je suis pas allé voir Épouse moi mon pote, leur autre film sorti cette année, faut quand même pas déconner.

 

It Comes at Night

Encore un film de genre-d’auteur. Et les films de genre… bah c’est bien quand c’est fait par quelqu’un qui aime ça et qui y va à fond quand même. Et puis quand tu te fais chier pendant un film très court…

Quand tu veux pas du tout spoiler le film

 

Le Caire Confidentiel

Je sais plus quelle était la phrase exacte mais j’ai pensé à ce qu’a dit Godard un jour: qu’en gros, on aurait progressé lorsque le public irait voir aussi bien un mauvais film turc qu’un mauvais film américain. En ce sens, le relatif succès de Le Caire Confidentiel (film égyptien), est une bonne nouvelle. Je suis peut-être un peu sévère : c’est pas si mauvais que ça, je me suis simplement ennuyé devant cette histoire de flic corrompu pris d’un sursaut d’amour-propre et d’intégrité lors d’une affaire de meurtre couverte par une hiérarchie encore plus corrompue que lui. Un récit très classique jamais transcendé sur le plan cinématographique, le seul intérêt étant qu’il se déroule dans un décor inédit pour le public occidental.

 

La grande muraille

Là encore un film qui s’est fait massacrer de manière un peu disproportionnée selon moi: c’est nul mais c’est pas non plus hyper nul. Putain les mecs, voyez les comédies signées Farrugia ou Philippe de Chauveron et on reparle. Ici au moins on s’ennuie pas. Mais c’est nul oui, y a pas débat.

Le plus naze dans cette histoire, c’est Matt Damon et ses propos de gros beauf au sujet de l’affaire Weinstein