#34 Un poisson nommé Wanda

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Un avocat fort coincé, Archie Leach, flanqué d’une épouse snob, une belle americaine sexy, Wanda, aux jambes qui n’en finissent pas, son fougueux « latin lover » Otto, ex-agent de la CIA, un grand timide et ami des bêtes, Ken Pile, un poisson exotique nomme Wanda qui finit tristement dans l’estomac d’Otto et, enfin, George, minable gangster dans l’esprit duquel germe le enième hold-up du siècle. Tel est l’équipe de gagnants qui composent cette comédie policière, dans laquelle chacun d’entre eux va essayer de tirer profit de l’autre.
(Allociné)

Encore une comédie de toujours, c’est à dire une comédie que j’ai découverte enfant et qui continue à me suivre encore aujourd’hui.

A l’époque, je savais à peine qui étaient les Monty Pythons et je n’avais donc pas conscience que finalement, même si 2 membres du groupe sont dans le film (John Cleese et Michael Palin), le registre humoristique d’Un poisson nommé Wanda ne leur doit pas tant que ça. On serait davantage du côté de Fawlty Towers s’il fallait vraiment situer…

Ce sont les différences et l’antagonisme entre l’Angleterre et les Etats-Unis, entre le Vieux et le Nouveau Monde qui nourrissent la grande majorité des gags du film. Et là il faut évidemment évoquer la géniale interprétation de Kevin Kline, complètement déchaîné en ex-agent de la CIA (?) décérébré et susceptible (« Ne me traite jamais… jamais… jamais ! De débile… »).
Il y a quelque chose de profondément joyeux et euphorisant dans ce film: il parvient à se mettre au diapason de l’expérience vécue par le personnage interprété par John Cleese, avocat anglais jusqu’à la caricature, qui se libère totalement au contact de l’américaine Jamie Lee Curtis. J’ai encore revu le film il y a quelques semaines et c’est vraiment un délice.

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#82 Spiritualized – Let It Come Down

 

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Le chef d’oeuvre de Spiritualized, c’est évidemment Ladies and Gentlemen, We Are Floating in Space, . Un album très identifiable à sa pochette, façon boîte de médicaments, qu’on retrouve souvent dans les classements des meilleurs albums de tous les temps:

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Mais Let It Come Down, l’album qui le suit dans la discographie du groupe, est celui via lequel je suis venu à lui donc voilà.

C’est à peu près le même puisque Spiritualized est ce genre de groupe qui enregistre pratiquement le même album à chaque fois, avec quelques petites variations. Ici, LA variation, c’est que Jason Pierce aka Jason Spaceman (ex Spacemen 3 faut il le rappeler), était manifestement en pleine crise de mégalomanie car Let It Come Down n’est pas un album mais un péplum. Comprendre : c’est HENAAAAAAAAAAAUUUUUUUUUUURME. Cordes, cuivres, choristes : c’est pas des musiciens qui ont été embauchés mais des villages entiers. Énorme.

Et c’est parfait : s’il y a bien un groupe et une musique qui s’accommodent parfaitement d’un certain gigantisme, c’est le space-rock de Spiritualized. Let It Come Down est donc son album le plus spectorien (j’ai du mal à dire « leur album » tellement le groupe est le prolongement de son leader; il a beau s’entourer de 346 personnes, il reste le seul maître à bord), via par exemple le quasi-pastiche Do It All Over Again. Une de ses chansons les plus ouvertement positives aussi, c’est suffisamment rare pour être souligné (« I gotta hope for the best and the best looks good now baby »).

Mais c’est sans doute sur Out of Sight et ses paroles pleines de jeux de mots et marabout-bouts de ficelles (« If I am good I could add years to my life / I would rather add some life to my years ») que le gigantisme de Let It Come Down se fait le mieux entendre. Sans doute le titre le plus impressionnant de l’album, et celui que je préfère:

Raaaaaaah cet harmonica qui brise le mur de cuivres à la fin… Un péplum je te dis.

Sinon, que dire ? Spiritualized c’est une musique souvent maximaliste donc, comme ici, mais finalement très simple et pure : inspiration biblique, parallèles constants entre les Saintes Ecritures, la toxicomanie et le sentiment amoureux, sur fond de soul-pop-gospel-space-rock. Une musique spiritualisée.

Et comme toujours, le packaging de cet album était très soigné, avec une édition limitée, genre de boîtier en relief, très réussie :

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Le compact-disque lui-même est doré, c’est super classe.

Nocturnal Animals – critique

Susan Morrow, une galeriste d’art de Los Angeles, s’ennuie dans l’opulence de son existence, délaissée par son riche mari Hutton. Alors que ce dernier s’absente, encore une fois, en voyage d’affaires, Susan reçoit un colis inattendu : un manuscrit signé de son ex-mari Edward Sheffield dont elle est sans nouvelles depuis des années. Une note l’accompagne, enjoignant la jeune femme à le lire puis à le contacter lors de son passage en ville. Seule dans sa maison vide, elle entame la lecture de l’oeuvre qui lui est dédicacée. (Allociné)

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J’avais été plus qu’agréablement surpris par A Single Man, premier film du styliste Tom Ford (Gucci, Yves Saint-Laurent et maintenant sa propre marque) : variation supra-esthétique et supra-mélancolique sur l’errance nocturne (déjà) de son personnage principal interprété par un magnifique Colin Firth, il parvenait à émouvoir malgré une immense froideur apparente… et il émouvait donc d’autant plus.

Nocturnal Animals est à la fois plus ambitieux et plus classique. Plus ambitieux car il enchâsse 2 récits : celui du personnage principal interprété par Amy Adams, et celui du roman écrit et envoyé par son premier mari interprété par Jake Guilaine Al. Plus classique car la méditation stylisée, quasiment abstraite, qui faisait tout le prix de A Single Man, est ici reléguée au second plan, au profit d’un récit somme toute assez rebattu de fait divers et de revenge story à la sauce redneck (texane pour être plus précis), avec suspense, tension et rebondissements plus ou moins attendus.

J’aime pas mal de choses dans ce film. Ses interprètes par exemple : Amy Adams et Jacques-Guy Lénal, tous deux impeccables, ainsi que Michael Shannon dans le rôle plus attendu et taillé sur mesure du policier texan. J’aime aussi la façon dont Tom Ford appréhende son meta-récit : il raconte le livre dans le film de manière très directe, sans voix off, sans distance, comme s’il s’agissait d’un second film doté de vie propre, un film qu’il faudrait raconter de A à Z, sans que la hiérarchie supposée le fasse passer au second plan (il constitue même le cœur du film). Une idée simple mais intelligente et parfaitement mise en œuvre.

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Le flim

J’aime surtout le fait que Tom Ford soit honnête, avec lui d’abord et surtout avec les spectateurs, qu’il ne prend pas pour des cons : il évolue dans le milieu de la mode, un milieu qu’on imagine sans peine incroyablement luxueux, superficiel et déconnecté de la réalité. Soit, il assume : il parlera de ce qu’il connait et ses personnages évolueront dans un milieu incroyablement luxueux, superficiel et déconnecté de la réalité. Comme dans son premier film. Je trouve ça très honnête de sa part, très éthique, de ne pas se faire passer pour ce qu’il n’est pas. Malheureusement, cette éthique cinématographique ne se double pas d’une morale irréprochable, j’y reviens plus loin.

C’est donc dans ce registre raffiné que le film excelle et sur un plan purement esthétique, Nocturnal Animals est une merveille. Le mec a du goût quoi, et un talent pour le romanesque. La scène du premier rendez-vous entre Amy Adams et Jake Donnie Darko pfiou… Quelle merveille… Le découpage, l’écriture, l’interprétation… Difficile de ne pas tomber illico amoureux de leur couple et de chacun d’eux séparément. Il était là le film pour moi, dans ce couple, dans leur rendez-vous manqué. Il y a en germe un superbe mélo franc du collier dans Nocturnal Animals mais le problème c’est qu’il y a aussi ce putain de récit dans le récit qui vient tout foutre en l’air.

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Le flim dans le flim

D’une, il est très convenu : un père, sa femme et sa fille s’accrochent avec la mauvaise bagnole et les mauvais passagers, la nuit, en plein désert texan et ça tourne mal, comme on peut très vite s’y attendre et comme on l’a déjà vu mille fois.
De deux, ce récit dans le récit, qui est donc un livre écrit par le personnage de Jake Gyllenhaal pour son ex-femme Amy Adams, est évidemment une HENAURME métaphore de leur histoire qui lui permet de lui faire comprendre comment il a vécu leur histoire commune.
Et c’est là que ça coince définitivement pour moi, et pas qu’un peu parce que c’est d’une misogynie à la fois crasse et puérile : au sein du récit enchâssé en lui-même déjà (en gros et sans trop en dévoiler : si les femmes la ramenaient pas autant, elles auraient moins de problèmes), et surtout dans ce qu’il veut signifier à travers lui. Difficile de ne pas en dire plus sans spoiler là encore mais la conclusion m’a paru d’un cynisme et d’une misogynie donc, rédhibitoires. Tels en vérité, qu’ils font reconsidérer tout ce qu’on a vu auparavant, et le regard que Tom Ford porte sur son personnage principal : par un tour de passe-passe de petit malin qui a bien ménagé ses effets (j’espère que c’est pas le retour du twist de petit malin, cf la baudruche Premier contact), elle n’est plus une héroïne tragique essayant de renouer le fil d’une histoire brisée trop vite mais une salope insensible, doublée d’une pauvre conne qui n’a que ce qu’elle mérite. Suuuuuuuuuuuupeeeeeeeeeeer…

Conclusion : le prototype du film agaçant car brillant formellement mais annulé par un discours indéfendable.

Ouvert la nuit – critique

169454-jpg-r_1280_720-f_jpg-q_x-xxyxxLuigi a une nuit pour sauver son théâtre. Une nuit pour trouver un singe capable de monter sur les planches et récupérer l’estime de son metteur en scène japonais ; une nuit pour regagner la confiance de son équipe et le respect de sa meilleure amie – qui est aussi sa plus proche collaboratrice… et pour démontrer à la jeune stagiaire de Sciences Po, tellement pétrie de certitudes, qu’il existe aussi d’autres façons dans la vie d’appréhender les obstacles…(Allociné)

« Hep taxi! » semble dire Edouard Baer sur l’affiche du film. « Hep taxi! » ou « Patron, la même! », ça marche aussi : Ouvert la nuit est LE film qu’on l’imaginait créer un jour : une sorte de road trip nocturne dans Paris, de bar en bar, de taxi en taxi, de rencontre en rencontre.

Il y a 20 ans, le duo qu’il formait avec Ariel Wizman, et qui survolait les débats de très très haut, avait signé, dans le cadre de leur programme court A la rencontre de divers aspects du monde contemporain ayant pour point commun leur illustration sur un support audiovisuel diffusé le samedi midi sur Canal Plus (j’ai encore des VHS avec les meilleurs épisodes mon vieux), un épisode génial intitulé Paris by Night (visible ici) : on y suivait une caricature de noctambule parisien dans ses déambulations et divagations.
C’était avant tout une parodie : Ouvert la nuit serait le pendant sincère et premier degré de ce Paris by Night, une déclaration d’amour au théâtre, aux comédiens, aux artistes, aux petites mains, à Paris, à la nuit, à Paris la nuit. Doublée d’une déclaration d’amour à Edouard Baer, par Edouard Baer, avec Edouard Baer : c’est à la fois ce qui fait le charme et la limite du film. Baer est un personnage irrésistible, drôlissime, charmant, brillant mais le problème c’est qu’il en a un peu trop conscience. Ca a toujours été le cas, certes, mais c’est particulièrement flagrant ici.

Après, autre petite réserve, et là c’est encore plus personnel, j’ai un peu de mal avec le côté « poésie urbaine/nocturne », avec l’ode aux artistes qui n’est jamais loin de celle aux saltimbanques, avec l’amour des rencontres fortuites et improvisées non-mais-je-te-jure-on-a-passé-un-moment-unique-avec-Petit-Joe-tu-sais-le-SDF-qui-squatte-rue-Mouffetard-ça-a-changé-ma-vie… C’est le côté « j’aime tout le monde, tout le monde a son histoire et sa poésie » d’Edouard Baer, qui le rend attachant mais qui peut aussi fatiguer. Moi en tout cas ça me fatigue un peu parfois, en tout cas j’ai un peu de mal.
Mais comme c’est un type intelligent, il prend soin d’apporter une légère contradiction à son enthousiasme débordant, via le personnage interprété par Sabrina Ouazani, qui essaie de lui remettre les idées en place, ou via une scène comme celle de la visite à ses 2 filles. « Légère » contradiction seulement, ça reste mineur dans un film globalement euphorique et euphorisant mais c’est là et c’est bien que ça soit là.

Bilan ? Bah c’est quand même très positif tout ça… Malgré ces quelques réserves, j’ai passé un bon moment et c’est quand même un film au cours duquel j’ai bruyamment éclaté de rire à plusieurs reprises, c’est pas rien.

#33 Papy fait de la résistance

papy-fait-de-la-resistanceEn 1943, les Bourdelle se voient eux aussi envahis par les Allemands, et se retrouvent logés à la cave. Le fils, GuyHubert, dissimulé derrière les traits d’un coiffeur homosexuel, est en fait Super-Résistant, sorte de Zorro du moment, et qui complote contre les nazis. (Allociné)

Sans doute la comédie, voire le film que j’ai le plus vu de ma vie. Il serait inutile de répertorier toutes les répliques et expressions que j’en ai gardé dans mon langage quotidien, il y en a beaucoup trop. J’ai vraiment fait chier beaucoup de monde et pendant très longtemps avec ce film (série en cours).

Avec le recul critique de l’âge adulte, et presque 35 ans après sa sortie et son premier visionnage, j’en suis toujours extrêmement fan. Je pense que c’est une vraie bonne comédie, bien foutue, bien rythmée, avec un parfait équilibre entre ancrage réaliste (disons plutôt « vraisemblable ») et fantaisie débridée (pour ne pas dire « portnawak complet »).

Et puis c’est assez osé : le final, parodie d’un numéro des Dossiers de l’écran, qui démystifie et écorne le mythe des résistants, fallait… oser, précisément. « De plus je sais que c’est Super Résistant qui a étranglé froidement de ses mains le nain Enrique parce qu’il couchait avec Colette sa sœur !!! » Fantastique Gérard Jugnot dans le rôle d’Adolfo Ramirez Jr, fils de collabo exilé en Colombie. Quand on voit ce film, son énergie, son inventivité, et son iconoclasme donc, on se demande plus que jamais comment ces mecs (et ces filles) là ont pu devenir aussi conformistes voire, pour certains, puants (entre ici, Christian Clavier)…

Quoiqu’il en soit, Papy fait de la résistance représente une sorte d’apogée pour eux, en même temps qu’un point de non retour : le film allie leur habituel esprit corrosif à celui d’une « grosse » (eine grösseu) comédie populaire française à la Gérard Oury. Gros budget, casting « Cérémonie des Césars« , acteurs patrimoniaux (Maillan, Galabru, et on aurait même dû avoir De Funès), je me souviens que le film était présenté comme un énorme événement à l’époque et qu’il avait quasiment fait de l’ombre au Retour du Jedi qui sortait au même moment.
Mais après Papy…, c’est fini pour le Splendid : Michel Blanc (déjà à peine présent ici) se barre avec Patrice Leconte et Jean-Marie Poiré collabore de plus en plus étroitement avec Clavier seul pour des projets de plus en plus hystériques, et de moins en moins réussis. Le génial Mes meilleurs copains fait figure d’exception.

#81 The Sneetches – Sometimes That’s All We Have

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Je sais plus à propos de que album/artiste je disais que l’ère de l’Internet avait permis d’innombrables exhumations et réhabilitations, laissant de moins en moins de poches de confidentialité : les Sneetches en font partie. Il faut croire que la pure pop, celle en droite ligne des plus grand orfèvres de la seconde moitié des années 60 (les Zombies, The Left Banke, que le groupe a d’ailleurs tous 2 repris avec brio sinon génie), est condamnée à rester l’apanage de quelques esthètes monomaniaques.

Les Sneetches sont donc un groupe culte, un vrai, à savoir confidentiel et objet de dévotion de la part de ses fans. Sometimes That’s All We Have est leur premier et meilleur album, sans conteste, même si tout ce qu’il ont enregistré est, au minimum, bon. L’écouter c’est l’adopter, je ne sais pas dire mieux : un classique pop immédiat, dans la lignée de ses glorieuses influences donc, mais qui a su coller à son époque (la fin des années 80) via une subtile patine Paisley Underground (ce mouvement de retour aux années 60 ayant pris place en Californie durant les années 80), power pop et new wave.

Un disque de chevet en ce qui me concerne, qui synthétise parfaitement tout ce que j’aime, et un probable album top 10 si je devais me plier à l’exercice. Idem pour la chanson-titre, un de mes morceaux favoris de tous les temps.

Je conseille également tout particulièrement la compilation 1985-1991, qui réunit leur premier EP, Lights Out with the Sneetches! plus quelques inédits et reprises (les Raspberries, le Monochrome Set, si c’est pas la classe absolue ça).

La mécanique de l’ombre – critique

Deux ans après un « burn-out », Duval est toujours au chômage. Contacté par un homme d’affaire énigmatique, il se voit proposer un travail simple et bien rémunéré : retranscrire des écoutes téléphoniques. Aux abois financièrement, Duval accepte sans s’interroger sur la finalité de l’organisation qui l’emploie. Précipité au cœur d’un complot politique, il doit affronter la mécanique brutale du monde souterrain des services secrets. (Allociné)

Premier film de 2017, bonne pioche.

La 1ère moitié est même assez formidable : elle campe bien les personnages, les enjeux (ou plutôt l’invisibilité des enjeux, puisque le mystère est savamment entretenu) à travers une mise en scène tendue, sobre et sans fioriture : des lieux blêmes voire glauques, une tâche monotone et technique (illustrée par les inserts, détails et gros plans du mécanisme de la machine à écrire). C’est le côté kafkaïen du film, qui l’entraîne logiquement du côté des Coen : Cluzet ne sait rien et n’a de prise sur rien, il est entraîné dans un engrenage apparemment inarrêtable.

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Ensuite ça se gâte un peu car évidemment, à un moment, la mécanique parfaitement huilée s’enraye, et le personnage principal (Cluzet donc) doit se transformer en héros. Et c’est à partir de cette mue que ça coince un peu selon moi : l’homme terne, sans relief et manipulé que les circonstances forcent à se dépasser, c’est un ressort connu et toujours efficace, c’est pas le problème. Le problème c’est qu’ici, c’est trop, et trop vite : Cluzet passe en un clin d’œil de victime d’enjeux qui le dépassent à acteur majeur qui prend le contrôle non seulement de son destin mais aussi… des enjeux qui le dépassent. Le personnage principal devient héros un peu trop rapidement/facilement en somme. Pour une femme bien sûr : classique aussi, et efficace, sauf que rien, ou presque, ne laisse supposer jusque-là qu’il soit prêt à prendre autant de risques pour elle (ils se sont même pas fait un petit bisou, rien, que tchi).

C’est dommage parce que c’était vraiment bien parti. Mais en l’état, c’est quand même à voir je pense.

A noter enfin, pour mon lectorat féminin (et pas que évidemment), un Sami Bouajila grisonnant des plus BG.

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