La session de rattrapage 7

Encore quelques films vus récemment sur ma superbe Nokia Nicam Stereo.

Mission Impossible : Protocole Fantôme


Vu avant de me faire l’exceeeeellent 5ème volet. Très bien. Pas grande chose à dire de plus: c’est ce à quoi devraient ressembler tous les blockbusters/films d’actions hollywoodiens dotés de la même puissance de frappe mais qu’on voit évidemment trop peu souvent. Comme quoi c’est pas con de mettre un vrai réalisateur aux manettes… (Brad Bird ici, Christopher Mac Quarrie pour le 5).

Jack Reacher

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Il y a du Cristiano Ronaldo chez Tom Cruise. Ou l’inverse, peu importe. Outre une vague ressemblance physique (ce côté cyborg sans âge, surtout chez Cruise là pour le coup mais il y a fort à parier que CR7 vieillira de la même manière), une obsession de la performance, de la perfection physique là aussi, un ego surdimensionné bien sûr, une nécessité d’être toujours le centre d’attention numéro 1 de leur équipe/film, une part d’ombre (scientologie chez l’un/mais c’est quoi au juste le fin mot de l’histoire avec ce gamin? chez l’autre) un parcours sans faute, quoiqu’on pense d’eux et pourtant une côte d’impopularité assez remarquable chez d’aussi puissantes mega-stars.
Bon, sinon, le film est quand même assez génial. Il est surtout d’une exhaustivité bluffante :  des scènes de dialogue brillantissimes (la scène du bar et ses punchlines débiles à la Last Action Hero), des scènes muettes et de pure mise en scène à couper le souffle (la scène d’ouverture, la poursuite en bagnole; revoir à ce sujet l’excellent premier film de Christopher Mac Quarrie, The Way of the Gun), un scenario malin comme tout (à la Columbo ie on connait l’assassin dès le départ). Si je fais le bilan, on a donc de la comédie, de l’action, du polar, Werner Herzog dans le rôle du bad guy (idée géniale!) et un poil de romance. ET des gros seins. Bilan TRES positif, donc.

Only Lovers Left Alive

Only Lovers Left Alive
Attaqué à reculons: je ne déteste pas Jarmusch, j’aime bien voire beaucoup certains de ses films (Dead Man, Ghost Dog essentiellement) mais je n’aime pas son côté « cinéaste rock », « urbain » « new-yorkais », « errance nocturne ». Vu que j’aime pas le rock. Normal.
C’est en tout cas ainsi que j’avais identifié ce film (un « film rock » donc, pour faire court et si tant est que ça veuille dire quelque chose) sur la fois de quelques images sans doute. Et j’avais, en partie, tort. En partie car oui, le film se veut cool, nonchalant, « rock » et il l’est sans mal.
Mais l’essentiel est ailleurs et cet essentiel pourrait carrément être un manifeste granderemisque en réalité…
Là où Jarmusch est très fin, très intelligent et très sensible, c’est que le point de vue d’Adam, vampire fétichiste et passéiste qui vit dans sa maison-musée entouré des sublimes vestiges matériels et immatériels des siècles passés, point de vue qu’on imagine bien être le sien (et le mien par la même occasion…), est très vite contre balancé, ou plutôt complété, par celui d’Eve et de son besoin d’humain, de légèreté, de joie, de vie. C’était bien avant, mais c’est bien aussi maintenant si on veut bien s’en donner la peine : c’est ce que nous dit le film et ça c’est une putain de leçon de vie tu vois.
Non mais blague à part, c’est très beau, très intelligent (limpide sans être didactique pour autant) et très émouvant à la fois, c’est donc un grand film.

The Limits of Control

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Du coup j’ai enchaîné avec ce film que j’avais sous le coude depuis pas mal de temps mais que je parvenais tout aussi peu que le précédent à me motiver à regarder.
Et là j’avais raison: j’ai trouvé que c’était une grosse blague d’une prétention sans nom. J’ai lu quelques critiques : on parle parfois du chef d’oeuvre de Jarmusch. Je pense pour ma part qu’on est à la limite du foutage de gueule. Oui, c’est beau, très beau même, c’est sublimement cadré, photographié, tout ce que tu veux, c’est énigmatique à souhait mais (puisque c’est là que se situe le hic pour moi) j’ai vu cette opacité comme une pose qui m’a constamment laissé en dehors. Chez Lynch (puisqu’il est parfois cité comme une influence ou un référent du film), les éléments les plus opaques, inexplicables nous intriguent, nous fascinent, nous happent même, pour reprendre l’image de la boîte de Mulholland Drive ou de l’oreille de Blue Velvet, dans un tourbillon des sens vertigineux qui fait de la compréhension un enjeu accessoire voire non avenu. Pour dire les choses d’une autre manière, je suis tout à fait prêt à me faire trimballer par une histoire à laquelle je ne comprends rien si en contrepartie tout le reste m’emballe. Ce qui n’a donc pas été le cas ici, et je suis gentil : ce fut en réalité une purge.

Une journée en enfer

Une journée en enfer
Du coup j’ai enchaîné avec ça illico parce que c’était diffusé sur une quelconque chaîne de la TNT et que j’avais besoin de me laver un peu le cerveau. Ca m’a fait bien plaisir de le revoir, ça faisait longtemps. « Eh ducon, une seconde! Tu vois, tu dis « ducon » et il s’arrête » : à voir évidemment et impérativement en VF pour profiter de la voix géniale de Patrick Poivey. J’adore ce film, vraiment, c’est mon préféré dans la trilogie Die Hard.
Sinon, marrant de constater que ce film, sorti en 1995, après le grunge donc, pendant les années Clinton, au moment de l’apparition d’un Beck par exemple, puait encore les années 80.

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La session de rattrapage 6

Je continue mon petit récap de quelques « vieux » films (ie non 2015) vus ou revus ces derniers mois.

Papa Was Not a Rolling Stone

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Bon ben c’est pas fameux… Une chronique de la vie en cité dans les années 80, mélange improbable de Tout ce qui brille (duo de filles et désirs d’évasion), Stars 80 (nostalgie des tubes français des années 80, notamment Goldman) et humour early-Jamel Debbouze (j’en peux plus de ce comique langagier nom de Dieu). Starring Aure Atika, Marc Lavoine et Sylvie Testud. Cameo de Monsieur Kamel Ouali. Faut-il que je développe davantage ? J’ai fait la vaisselle pendant la dernière demie-heure.

Mes meilleurs copains

Photo chopée sur le site de la revue Challenges, c'est génial.
Photo chopée sur le site de la revue Challenges, c’est génial.

Revu ce désormais classique de la comédie française. « Désormais » car il me semble que le film n’avait pas très bien marché à sa sortie et qu’il a conquis son public sur le tard, à la faveur des diffusions télé. Il s’agit de la dernière vraie réussite du duo PoiréClavier : après ça ils feront L’Opération Corned-Beef et les Visiteurs et ça sera plus jamais pareil.
Mes meilleurs copains fait figure de solde de tout compte : il se base notoirement sur les souvenirs et la propre expérience de Jean-Marie Poiré en tant que musicien au début des années 70. Nostalgique et vachard à la fois, lucide donc et en tout cas jamais passéiste, il constitue à ce titre un exemple assez unique en France, ce pays où plus qu’ailleurs semble-t-il, « c’était mieux avant ».
Il constitue aussi, pour la troupe du Splendid, une tentative de renouvellement dont on peut regretter qu’elle n’ait pas été prolongée : exit Lhermitte et (quasiment) Marie-Anne Chazel, place à des nouveaux (Gérard Lanvin, Philippe Khorsand, Jean-Pierre Bacri).
C’est enfin une des comédies françaises que je connais le mieux, avec des répliques qui peuvent sortir n’importe quand, n’importe comment : « Libérez Billy the Kid », « Quoi, tu dînes pas avec Nanette?? Putain, ça craint! », « J’vais m’faire un grand jus avec ces super fruits », « Mais pas du tout enfin, le type est roux! ». Inépuisable.

Wet Hot American Summer

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J’ai voulu voir le film original avant d’enchaîner avec la série Netflix sortie cet été (dont je parlerai sans doute pas donc juste dire qu’elle est super).
Complètement inconnu en France, il a acquis aux Etats-Unis et au fil des années une telle aura que certains le considèrent comme précurseur des comédies sorties ces 10 dernières années. Il a en tout cas mis le pied à l’étrier ou sous les feux des projecteurs un grand nombre d’actrices et acteurs devenus célèbres ces dernières années : Christopher Meloni, Paul Rudd, Amy Poehler, Bradley Cooper, Elizabeth Banks pour n’en citer que quelques uns. David Wain, son réalisateur, a quant à lui signé les très plaisants Les grands frères et Peace, Love et plus si affinités.
On voit bien ce qui a tant pu séduire le public américain et certains critiques : totalement en roue libre (à la fois délibérément et faute d’un budget décent), Wet Hot American Summer fait le lien entre l’humour absurde des comédies ZAZ (les Y a-t-il..?) et l’école Apatow qui allait s’affirmer au milieu de la décennie (trash + grande humanité, pour faire court). Un registre humoristique à la fois absurde, burlesque, complètement navrant et très fin à la fois, (très fin parce que complètement navrant), d’une grande tendresse pour tous ses personnages. Très plaisant donc même s’il serait très exagéré de classer le film dans les indispensables du genre.

22 Jump Street

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J’ai déjà eu envie de revoir ce fleuron de ce que j’ai envie de considérer comme de la post-neo-comédie (ça devient compliqué là) tellement ça va vite, loin et fort. Vraiment génial.

Le Loup de Wall Street

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Je vais pas m’appesantir, tout a été dit. Grand film, grand Scorsese, qui prend tout le monde à contre-pied en ne complétant pas le dyptique Les Affranchis / Casino par un 3ème film sur la mafia à proprement parler mais de manière détournée, en désignant sans ambiguïté les vrais gangsters et salopards de l’Amérique et du monde moderne. A la fois extrêmement drôle et effrayant (ce dernier plan, écho à celui de l’arrivée des clients à la fin de Casino), il est évidemment et malheureusement plus que jamais d’actualité. A montrer dans toutes les écoles de commerce à tous les petits cons apprentis gros enculays.