60 réflexions pendant la 40ème cérémonie des Césars

cesars
Le retour d’Edouard Baer à la présentation, le sacre de Timbuktu, l’avènement de la jeune génération (Pierre Niney, Adèle Haenel), le fiasco de Saint Laurent. Tout ça c’est très bien mais les 8 heures de retransmission d’une cérémonie des Césars c’est surtout l’occasion de bitcher bien comme il faut et de penser n’importe quoi, n’importe comment :

– C’est quoi cette robe Juliette Binoche ?

– Un peu empâté et barbu, Edouard Baer, que j’apprécie beaucoup, et que je suis très heureux de retrouver en maître de cérémonie, a des faux airs de mon patron, que j’apprécie moins et que je suis modérément heureux de retrouver tous les jours de la semaine.

Edouard Baer a du écrire son discours lui-même. Très drôle, très Baer.

– C’est marrant, je pensais justement à Jean Rochefort hier, en espérant qu’il aille bien. Me voilà rassuré.

– C’est qui cette magnifique brune derrière lui ?

Dany Boon a dû écrire son discours lui même. Pas drôle, très Boon.

– Putain c’est parti pour le festival La Famille Bélier à tous les coups…

– Bingo (Meilleur espoir féminin).

– Allez c’est bon, finis ton discours maintenant.

– Je rêve ou c’était Martin Freeman là ? Je le saurai jamais, on le reverra pas, lui ou son sosie.

– Toujours un sans faute pour Zabou : coiffure + tenue + discours, elle est trop cool/classe. Punchline de la soirée pour conclure.

– TOUT sauf Fidelio putain : j’ai trouvé ce film tellement naze, tellement prétentieux, tellement vide que j’ai tout bonnement oublié de l’inclure dans mon top 2014.

– Ouf (Meilleur premier film pour Les Combattants). Bonne tête ce Thomas Cailley. Il faut décidément que je voie Les Combattants un de ces 4.

– Donc Abd Al Malik, slammeur, poète du bitume, artiste des técis de la street de l’âme écorchée de la life, est désormais cinéaste. OK.

– Allez c’est bon, finis ton discours maintenant.

– On a systématiquement nommé les 2 films sur Yves Saint Laurent dans chaque catégorie? On ménage la chèvre et le chou mais à tous les coups ils vont tous les 2 repartir broucouilles.

– Ouais, Reda Kateb (meilleur second rôle)! Content là.

– OK mon vieux, éloigne toi un peu du micro quand même (mais beau discours)

– Ouh la, trop courts les cheveux Etienne (Daho).

– Ca serait sympa si, à l’avenir, on évitait de placer les nommés aux Césars techniques sur des strapontins dans l’arrière salle ou à la cave.

– J’ai jamais compris ce culte fiévreux et affecté autour de Romy Schneider.

Jean Pierre Léaud et Dorothée (soupir)

Jean-Pierre Léaud et Claude  Jade (soupir)

– C’est beau là (le quatuor à cordes joue le thème de L’Amour en fuite).

– Putain de bordel de merde, pas lui (M. Chedid). Pourquoi? POURQUOI? Dégueulasse.

Ibrahim Maalouf, c’est Mouloud Achour avec 20 kilos de moins.

– Allez c’est bon, finis ton discours maintenant.

– TRRRREEEEEES bonne vanne Edouard. Bien joué (sur Julie Gayet et Denis Podalydès)

Kevin Azais (meilleur espoir masculin), dans la lignée de Vincent Rottiers (son frère) et de l’inoubliable Gérald Thomassin (Le petit criminel de Jacques Doillon), adorables petites racailles du cinéma français.

Pascal Elbé vient attribuer un César donc. Pascal Elbé. OK. Il a fait quoi dernièrement ? Ces 15 dernières années je veux dire.

– Hey Pascal, c’est « Thomas« , pas « Thomasss » (« Thomasss Cailley, Thomasss Lilti« )

– Va falloir que ça s’arrête bientôt là.

– Ah on me dit que non :  il reste encore 23 récompenses à décerner.

– ALLEZ C’EST BON, FINIS TON DISCOURS MAINTENANT PUTAIN DE BORDEL DE MERDE.

– C’était hyper casse-gueule, c’était vraiment mal barré mais très bien le sketch où ils tournent un film en direct dans la salle. Très bonnes vannes sur Luc Besson et sur la sortie du film en Chine. Edouard, tu commences à faire des vannes de vieux (« je vous demande de vous arrêter ») mais t’as encore le mojo.

– D’ailleurs : qu’est-ce qu’il fout là Luc Besson ? Bien calé dans les 1ers rangs en plus.

– Bon ben je vais voir ce qui se passe sur Facebook.

– Ouh putain Marion Cotillard : ça peut être LE grand moment de la soirée.

– Ca a vraiment de la gueule le théâtre du Châtelet avec ses 4 ou 5 (?) balcons.

– Y a pas à dire : belle carrière Sean Penn.

Cotillard pleure en recevant la personne honorée, monopolise la parole pendant 10 minutes (contre 2 pour Sean Penn) : vive la France

César d’honneur pour Sean Penn : 20 minutes. Hommage à Alain Resnais : 3 minutes. Vive la France

– Qu’est-ce qu’elle est belle Charlize Theron

– Prévisible mais pas mal aussi le petit sketch sur le cinéma français judeo-catholiquo-islamo-sataniste

Marianne « The Joker » Denicourt

Sils Maria, ça me fait systématiquement penser à Silmarils et à cet impérissable tube ardissonien (faut suivre là). « On sort de l’ombre, faites chauffer les amplis ». Ouais gros.

– Ca lui va bien cette coupe à Kristen Stewart (meilleur second rôle féminin). Faut qu’elle ralentisse un peu la coke en revanche, ça commence à se voir.

Joey Starr vient remettre une récompense : non, non, NON. Je ne supporte pas cette respectabilité qu’il est en train de gagner en faisant l’acteur, ce sourire amusé et bienveillant d’absolument tout le monde devant chacune de ses saillies. Un mec qui cogne sur des femmes et des animaux putain…

– J’écoute/je vois plus rien là, je veux juste que ça s’arrête.

– Tiens, Monaco a gagné à Nice. Cool ça avant d’aller à Arsenal. Cool cool cool.

– Manifestement, les actrices françaises ne savent pas marcher avec des talons hauts (Binoche, Cécile de France etc). Fort heureusement Charlize Theron n’était pas conviée sur scène, ça leur a évité une grosse teuhon.

– A chaque fois que j’en vois des images, j’ai l’impression qu’Yves Saint Laurent, c’est Saint Laurent pour les nuls.

– Non mais sérieusement c’est QUOI cette robe Binoche ?

– Bien Pierre Niney (meilleur acteur). J’aurais nettement préféré Duris, Ulliel ou Canet (dans cet ordre) mais chouette discours. C’est très joli d’avoir évoqué l’autre film et l’autre acteur.

– Il a l’air un peu triste Vincent Lacoste, ça me fait de la peine. Allez mon grand, y en aura d’autres, c’est évident ❤

– Non mais en fait c’est un choix cette année d’avoir des discours interminables non ? Un choix voire un ordre.

Guillaume Gallienne qui prend la scène sur Lisztomania de Phoenix. OK.

– Rho trop mimi Adèle Haenel (meilleure actrice). Très classe d’avoir évoqué Téchiné (L’Homme qu’on aimait trop) dans lequel elle est très bien.

– Ah pas mal le discours de clôture de Dany Boon, pas mal du tout…

– Allez Timbuktu (meilleur film), 12ème récompense de la soirée, c’est fini, c’est fini, c’est FI-NI PUTAIN J’EN PEUX PLUS

C’est moi où c’était la plus longue cérémonie depuis un bail ? 4 heures putain ! Mais j’ai passé un bon moment : ça faisait plaisir de retrouver Edouard Baer (oui, je me répète), il a fait de très bonnes vannes et quelques sketches étaient parmi les meilleurs vus ses dernières années. Quant au palmarès… Bah, j’ai vu ni Timbuktu ni Les Combattants donc…

Bon weekend mes petits chatons.

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La session de rattrapage 4

Suite de mes visionnages sous paracétamol donc, avec des films que j’avais davantage envie de voir : normal, je me sentais un petit peu mieux au fil des jours.
Pour plus de détails techniques sur ma grippe en elle-même (températures diurnes moyennes, composition et consistance des glaires etc.), merci de contacter mon secrétariat.

Le sens de l’humour

Au début ça fait très très peur car ça ressemble comme 2 gouttes d’eau à l’idée du film d’auteur français que doivent se faire les gens qui détestent les films d’auteurs français. You get the picture. Et puis ça se met doucement en place et on s’attache à chacun des personnages : à cette mère revêche et libre avant tout, à cet amoureux de la dernière chance, à ce gamin en mal de figure paternelle. Les gens qui détestent les films d’auteurs français n’auront aucun mal à caricaturer tout ça jusqu’à la dernière seconde mais pour les autres, Le sens de l’humour impose patiemment et au forceps une tendresse et une chaleur singulières qui n’est pas sans rappeler, toutes proportions gardées, le cinéma de Maurice Pialat. Joli flim donc. Réalisé par son actrice principale, Maryline Canto.

J'aime bien Antoine Chappey
J’aime bien Antoine Chappey


Je suis supporter du Standard

Ca c’est vraiment très mauvais…
J’ai beau (comme tout le monde) avoir beaucoup de sympathie pour Riton Liebman et Léa Drucker (irréprochable, comme d’hab’. Lui en revanche a du mal à soutenir la comparaison dans les scènes à 2) y a rien à sauver ou presque. Le « presque » c’est la bo de Rob, superbe, qui est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai eu envie de regarder ce film. Qui, outre une musique composée par un de mes chouchous donc, avait tout pour me plaire puisque le pitch reprend un peu celui du Terrain d’entente des Farrelly : un mec rencontre une nana et la possibilité d’une histoire se heurte à sa passion dévorante pour un club de foot (le Standard de Liège). A la différence du film des Farrelly (outre qu’il s’agit de foot et non plus de base ball) le mec s’en rend compte très vite et ne cherche pas à s’en accommoder, il veut soigner son addiction (il se dit lui-même « footballique »). Tout ça ça me parle évidemment, j’étais une montagne d’indulgence a priori mais tout est raté, la comédie comme la romance ou le « drame » familial. Ca me fait mal de le dire mais c’est à éviter.

J'aime bien Léa Drucker
J’aime bien Léa Drucker


La vie domestique

Excellent ça ! Certes, c’était gagné d’avance car je suis très client des films/livres décrivant l’aliénation et le cauchemar soft des classes moyennes/banlieues chic. Mais c’est pas parce que c’est gagné d’avance que c’est gagné à la fin, voir le film ci-dessus.
Ici donc, les 24h, très précisément, de la vie d’une femme (Emmanuelle Devos, géniale) dans son quotidien de femme au foyer entre préparation du petit-déjeuner, accompagnement des enfants à l’école, remplissage du caddie, obligations mondaines etc etc. Rien d’autre. Le cauchemar. Soft, mais le cauchemar. Avec en filigrane, comme une scorie potentielle de ce tableau pseudo-idyllique, un fait divers suivi de loin en loin mais qui vient se rappeler au bon souvenir de tout le monde avec une douloureuse régularité. Et en arrière-plan, les hommes, petit maîtres trop conscients de leurs rôles mais pas de leurs privilèges, absents mais dont la présence se fait ressentir à chaque plan, à chacune des actions de leurs épouses. Une mise en scène au diapason de cet univers feutré, aseptisé et finalement étouffant, photo léchée, montage harmonieux, mouvements de caméra élégants. Tout dans les détails (d’un plan, d’une ligne de dialogue, d’un accessoire). Super film, j’ai vraiment adoré.

J'aime bien Laurent Poitrenaux (et beaucoup Emmanuelle Devos)
J’aime bien Laurent Poitrenaux (et beaucoup Emmanuelle Devos)


D’amour et d’eau fraîche

Et du coup j’ai enchaîné direct (vive le futur, c’est quand même génial ça) avec le précédent film de la réalisatrice, Isabelle Czajka. Belle versatilité de sa part : si dans La Vie Domestique sa mise en scène colle à cet univers feutré et neo-bourgeois, elle s’adapte ici aussi parfaitement à son sujet d’étude, une jeune fille de 23 ans (Anaïs Demoustier), avec un filmage beaucoup plus brut et heurté. Il est ainsi très intéressant d’enquiller les 2 films à la suite, à la fois parce qu’ils représentent chacun une radiographie de la femme moderne à 2 âges différents (la petite vingtaine / la petite quarantaine) et parce que leur mise en scène colle parfaitement à leur sujet respectif. Sans qu’on soit jamais du côté de l’exercice de style, plutôt de celui de la totale empathie. A noter, argument important pour mon lectorat féminin je le sais, un Pio Marmaï hyper baisable. Salopard.

J'aime bien... "oh ta gueule!!!"
J’aime bien… « oh ta gueule!!! »


Un beau dimanche

Pffffffffff…
C’est pas mauvais mais qu’est-ce que je m’y suis fait chier nom de Dieu. Interminabe. Le sentiment de voir un film incroyablement daté. Et la sensation que Nicole Garcia n’a pas beaucoup évolué/progressé depuis ses bons débuts : des problèmes d’argents, des relations familiales compliquées, des non-dits, des silences, des dialogues surécrits (qui parle comme ça sans déconner?). De la sensibilité mais de la lourdeur aussi. Louise Bourgoin fait tout son possible pour faire popu (elle joue une serveuse en galère, pour faire court) mais elle a trop d’élégance naturelle pour le rôle. Quant à Pierre Rochefort (fils de Jean Rochefort et Nicole Garcia) on va dire que ça tombe bien qu’il ait le rôle du mec taiseux au lourd passé sans beaucoup de lignes de dialogue…

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J’aime pas les fils de

 

Enfin, comme la grippe c’est pas rigolo-rigolo et qu’il faut se mettre du baume au cœur de temps en temps, j’ai également revu :

Jacky au royaume des filles

Vraiment génial. Cette fois c’est le casting qui m’a semblé parfait, des attendus Vincent Lacoste, Noémie Lvovsky ou Valérie Bonneton aux plus surprenants Michel Hazanavicius (qui n’avait jamais fait l’acteur à bien y réfléchir) ou Didier Bourdon, qui semble pour l’occasion retrouver  sa verve des années La télé des Inconnus.

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Moonrise Kingdom

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A bord du Darjeeling Limited

I guess I still got some more healing to do
Un jour j’essaierai de trouver le temps d’écrire quelque chose d’un peu consistant sur les films de Wes Anderson. Un jour.


Le Nom de la Rose

Ca faisait très longtemps que j’avais pas revu ce classique absolu de quand j’étais petit. En vf bien sûr pour une expérience 100% madeleine. C’est sans doute mon inconscient qui m’a commandé de le revoir maintenant (et pas il y a, ou dans 3 mois) car c’est dingue comme il colle à la dramatique actualité récente et aux débats qui s’en sont suivis sur la liberté d’expression et de représentation des figures religieuses : « Le rire tue la peur, et sans la peur il n’est pas de foi. Car sans la peur du diable, il n’y a plus besoin de Dieu » dit le coupable lorsqu’il est confondu. A part ça ça fonctionne toujours impec et le casting de gueules dégénérées impressionne toujours autant.

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